Lois relatives au sacrilège · Chapitre 8
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 535 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Celui qui fait avec sa vache le foulage de vesces appartenant aux biens consacrés est tenu de museler la vache. Bien que pour des produits non consacrés, il y ait un interdit de la Thora de museler l’animal qui foule le grain, cet interdit ne s’applique pas aux produits consacrés, ainsi qu’il est dit : « tu ne muselleras pas le bœuf dans son foulage », c’est-à-dire quand il foule quelque chose qui convient pour son alimentation, ce qui exclut les produits consacrés.
3. On ne peut pas rendre profane une chose consacrée en transférant sa sainteté sur un travail, autrement dit, on ne peut pas donner à l’ouvrier une chose consacrée en salaire du travail effectué, mais on doit d’abord transférer sa sainteté sur de l’argent. Comment cela ? Un artisan qui a effectué pour le trésor du Temple un travail payé un mané, on ne lui donne pas en salaire un animal ou un vêtement qui appartiennent aux biens consacrés, tant que leur sainteté n’a pas été transférée sur de l’argent. Une fois l’animal ou le vêtement devenus profanes, on peut les donner en salaire à l’artisan si l’on souhaite. Si cet animal est apte à être offert en sacrifice, on peut ensuite racheter l’animal à l’artisan avec de l’argent issu du « prélèvement de la chambre ».
4. Lorsque l’on bâtit le Temple, on n’achète pas le bois et les pierres pour la construction avec de l’argent consacré et on ne construit pas l’édifice avec l’intention qu’il soit saint au moment de la construction, mais on construit tout l’édifice en achetant les matériaux avec de l’argent non consacré. C’est là un décret rabbinique, de crainte qu’on n’en vienne à tirer profit au cours de la construction de l’ombre offerte par l’édifice ou qu’on ne s’appuie sur une pierre ou une poutre au cours du travail. Une fois l’édifice achevé, on prend de l’argent consacré correspondant au prix de tout l’édifice, y compris le salaire des artisans, et on transfère la sainteté de l’argent consacré sur la construction. Et lorsque les trésoriers ont besoin de bois pour le Temple en vue de travaux de réfection qui prennent une journée seulement, ils peuvent acheter le bois avec de l’argent consacré, car ces travaux ne dureront pas plusieurs jours pour que l’on craigne qu’un homme s’appuie sur le bois et commette un acte de meïla.
5. Lorsqu’on convient avec les artisans de leur salaire pour la construction et les réfections du Temple et de ses cours, on convient avec eux d’un salaire de tant de sélas pour tant de coudées construites, en considérant qu’une coudée est égale à 20 doigts. Et une fois le travail effectué, lorsqu’on mesure pour eux ce qu’ils ont construit, on mesure et on calcule les coudées suivant des grandes coudées de 24 doigts ; cela, afin qu’ils n’en viennent pas à un détournement de biens sacrés s’ils reçoivent plus que ce qui leur est dû car on manque de précision dans les mesures.
6. En vertu d’une stipulation du tribunal, les cohanim peuvent bénéficier du sel et du bois qui appartiennent au Temple pour assaisonner et cuire la nourriture sacrificielle qui leur revient. Mais ils ne doivent pas mettre le sel du Temple dans leur nourriture profane.
7. Le sel qui a été répandu sur un membre d’un sacrifice en vue de sa combustion sur l’autel est sujet à meïla. Mais le sel qui se trouve sur la rampe et sur le haut de l’autel n’est pas sujet à meïla.
8. Il appartient à chacun de méditer les lois de la sainte Thora et d’appréhender leur finalité selon ses moyens. Et lorsqu’il ne trouve pas de raison et qu’il ne voit aucune cause, que la chose ne soit pas légère à ses yeux ! Qu’il ne s’aventure pas à monter vers D.ieu de peur qu’il ne périsse ! Il ne la considérera pas en son esprit comme il considère les sujets profanes. Viens et vois combien la Thora s’est montrée stricte concernant le détournement de biens consacrés : du bois, des pierres, de la terre et de la cendre auxquels le nom du Maître de l’univers a été attaché par de simples paroles deviennent consacrés et quiconque en fait un usage profane commet dès lors une faute envers D.ieu qui requiert une expiation, même en cas d’agissement involontaire. A fortiori les commandements que le Saint Béni soit-Il nous a prescrits ne doivent-ils pas être traités avec mépris par celui qui n’en connaît pas la raison. Il « n’imaginera contre l’Éternel des choses qui ne sont pas convenables » et ne nourrira pas des pensées profanes à leur égard. Voici qu’il est dit dans la Thora : « Vous observerez tous mes décrets et tous mes préceptes et vous les accomplirez ». Les Sages ont dit : afin que les décrets (‘houkim) bénéficient de la même observance et du même accomplissement que les préceptes (michpatim). L’accomplissement, c’est l’exécution des de ces mitsvot appelées décrets. Quant à l’observance, il s’agit de prêter attention à ces décrets et ne pas imaginer qu’ils sont moins importants que les préceptes. Les préceptes sont les commandements dont la raison est connue et l’utilité de leur accomplissement en ce monde évidente ; par exemple, l’interdiction du vol, du meurtre, le respect du père et de la mère. Les décrets sont les commandements dont la raison n’est pas connue. Les Sages ont dit : « J’ai édicté pour toi un décret, il ne t’est pas donné de les questionner ». Le mauvais penchant de l’homme trouble sa conscience en instillant le doute à leur égard et les nations du monde élèvent des objections, par exemple, comme l’interdiction de la viande de porc, celle du mélange viande/lait, le commandement de la génisse à la nuque brisée, la vache rousse, le bouc émissaire. Ô combien le roi David souffrait-il des hérétiques et des gentils qui contestaient les décrets. À chaque fois qu’ils le poursuivaient avec des répliques façonnées par l’étroitesse de l’esprit humain, il accroissait son attachement à la Thora, comme il est dit : « Des orgueilleux inventent des mensonges contre moi, et moi, de tout mon cœur, j’observe Tes ordonnances. » Et il est dit encore à ce sujet : « Tous Tes commandements sont loyauté parfaite, eux me pourchassent sans motif ; viens à mon aide. » Tous les sacrifices font partie des décrets. Les Sages ont dit que le service des sacrifices est aussi l’un des piliers sur lesquels le monde tient. Car c’est par l’accomplissement des décrets et des préceptes que ceux qui sont droits méritent la vie du monde futur ; et la Thora a donné priorité aux décrets sur les préceptes, comme il est dit : « vous observerez mes décrets et mes préceptes que l’homme accomplira et vivra par eux ».
Fin des lois relatives au détournement de biens sacrés, avec l’aide de D.ieu.
Le livre du service est achevé avec l'aide de D.ieu. Ses chapitres sont au nombre de quatre vingt-quinze :
Lois relatives à la maison d'éléction : huit chapitres
Lois relatives aux ustensiles du temple et à ceux qui y servent : dix chapitres
Lois relatives à l'entrée dans le Temple : neuf chapitres
Lois relatives aux choses qu'il est interdit d'offrir sur l'autel : sept chapitres
Lois relatives au rituel des sacrifices : dix-neuf chapitres
Lois relatives aux sacrifices quatidiens et additionnels : dix chapitres
Lois relatives aux offrandes disqualifiées : dix-neuf chapitres
Lois relatives au service du jour de Kippour : cinq chapitres
Lois relatives au sacrilège : huit chapitres
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam
Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam