Lois relatives à la maison d'élection · Chapitre 7
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 447 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. En quoi consiste cette révérence ? On n’entrera pas sur le Mont du Temple le bâton à la main, ni avec les chaussures aux pieds, ni en maillot de corps, ni avec la poussière sur les pieds, ni avec de l’argent enveloppé dans son linge. Nul n’est besoin de dire qu’il est interdit de cracher par terre dans tout l’espace du Mont du Temple ; si besoin est, on absorbera le crachat dans son vêtement. On ne traversera pas le Mont du Temple en entrant par une porte et en sortant par la porte opposée pour raccourcir le trajet, mais on en fera le tour par l’extérieur, et on n’y pénétrera que pour un acte de mitsva.
3. Tous ceux qui entrent sur le Mont du Temple y marchent en faisant le tour par la droite, et en sortant par la gauche, excepté celui à qui il est arrivé quelque chose de pénible, comme un deuil, qui fait le tour par la gauche. C’est pourquoi les gens l’interrogeaient : « Pourquoi donc fais-tu le tour à gauche ? », « Je suis en deuil ! », « Que Celui qui réside dans cette demeure te console ! ». S’il répondait : « Je suis excommunié », les gens lui disaient : « Que Celui qui réside dans cette demeure instille la raison en ton cœur, que tu agrées les paroles de tes amis et qu’ils te réintègrent ! ».
4. Tout cohen qui quitte le Temple après avoir terminé de servir ne sort pas du parvis en faisant face à la sortie et en tournant le dos au Heikhal ; plutôt, il recule à petits pas et marche en biais jusqu’à ce qu’il sorte du parvis. De même, les cohanim du corps en garde, les israélites qui assistaient et les lévites qui chantaient sur leur tribune, sortaient du Temple de cette manière, comme quelqu’un qui fait des pas à reculons après avoir terminé sa prière. Tout cela, en vue de révérer le Temple.
5. On ne doit pas se comporter avec légèreté devant la porte Est du Temple – appelée porte de Nikanor – car elle fait face au Saint des saints. Quiconque entre dans le parvis y marchera posément, là où il lui est permis d’entrer. Il considérera qu’il se tient devant D.ieu ainsi qu’il est dit : « Mes yeux et Mon cœur seront là-bas à jamais ». Il avancera avec respect, crainte et frayeur, comme il est dit : « dans la Maison de D.ieu allons avec émoi ».
6. Il est interdit à quiconque de s’asseoir dans toute la surface du parvis ; ce n’est qu’aux rois de la lignée de David qu’il est autorisé de s’y asseoir, ainsi qu’il est dit : « le Roi David entra et s’assit devant l’arche de D.ieu ». Le Sanhédrin qui s’asseyait dans la loge de la pierre taillée ne prenait place que dans sa moitié non sanctifiée.
7. Bien que le Temple soit aujourd’hui détruit à cause de nos fautes, on est tenu de lui témoigner le même respect que lorsqu’il était construit : on ne pénétrera que dans les espaces où l’on avait le droit de pénétrer dans le Temple, on ne s’assiéra pas dans l’espace qui était celui du parvis, et l’on ne se conduira pas avec légèreté face à la porte Est. C’est ce qu’on apprend du verset : « Mes chabbat vous garderez et Mon Sanctuaire vous craindrez » : tout comme l’observance du chabbat est un commandement éternel, de même le respect du Temple est éternel, car bien que détruit, la sainteté du lieu perdure.
8. Du temps où le Temple était construit, il était interdit de se comporter avec légèreté à l’approche de Jérusalem, depuis Tsofim – endroit situé hors de Jérusalem mais à partir duquel il était possible de voir le Temple – et en deçà. Cela, à condition qu’on voie effectivement le Temple de l’endroit où l’on se trouve et qu’il n’y ait pas de barrière faisant séparation entre soi et le Temple.
9. Il est interdit pour toujours même après la destruction du Temple de déféquer ou de dormir entre l’est et l’ouest, et il est inutile de dire que l’on n’oriente pas un lieu d’aisances entre l’est et l’ouest, et ceci en tout endroit que ce soit, car le Heikhal était dirigé vers l’ouest. C’est pourquoi on ne défèque ni vers l’ouest ni vers l’est – qui fait face à l’ouest – mais c’est entre le nord et le sud que l’on fait ses besoins et que l’on dort. Quiconque urine, à partir de Tsofim et en deçà, ne s’assiéra pas en faisant face au Temple mais vers le nord ou le sud, ou en se plaçant de façon à avoir le Temple sur le côté.
10. Il est interdit de construire une maison sur le modèle du Heikhal, un vestibule sur le modèle de l’Oulam, une cour sur le modèle du parvis, une table à la forme de la table des pains de proposition, un candélabre à la forme de la ménora. Mais on peut faire un candélabre de cinq ou huit branches, ou encore un candélabre qui n’est pas en métal, même s’il a sept branches.
11. Il y avait trois camps dans le désert : le camp d’Israël avec ses quatre campements, le camp des lévites dont il est dit : « autour du Tabernacle ils camperont » et le camp de la Présence Divine, allant depuis la porte de la cour de la Tente d’Assignation et en dedans. Voici les trois camps correspondants pour les générations futures, dans la ville de Jérusalem : de l’entrée de Jérusalem et au-delà jusqu’au Mont du Temple, c’est comme le camp d’Israël ; de l’entrée du Mont du Temple jusqu’à l’entrée du parvis – la porte de Nikanor – c’est comme le camp des lévites ; de la porte du parvis et en dedans, c’est le camp de la Présence Divine. Quant au ‘Heil et à la cour des femmes, c’était un degré supplémentaire de sainteté par rapport au Mont du Temple, et cette distinction existait uniquement dans le Temple éternel et non dans le Tabernacle du désert.
12. Toute la Terre d’Israël plus sainte que toutes les autres terres. En quoi consiste cette sainteté ? En ce qu’on en apporte des produits de la Terre d’Israël l’offrande de l’Omer, l’offrande des deux pains et les prémices des fruits, lesquelles offrandes ne peuvent être apportées de la récolte des autres terres.
13. Il y a dix degrés de sainteté dans la Terre d’Israël, l’un au-dessus de l’autre : les villes fortifiées depuis l’époque de Josué sont plus saintes que le reste du pays, puisqu’on en renvoie les metsora et que l’on n’y enterre pas un mort, à moins que les sept notables de la ville ou que tous ses habitants y consentent. Et si le corps a déjà été emporté hors de la ville, on ne l’y ramène pas même si tous sont d’accord pour l’y ramener. Si les habitants de la ville entourée d’une muraille veulent sortir une tombe de la ville, ils peuvent la déplacer : toutes les tombes peuvent être déplacées hors de la ville, exceptée celle d’un prophète ou d’un roi. Dans le cas d’une tombe qui a été entourée par la ville, c’est-à-dire que le territoire de la ville a été élargi après l’enterrement et des maisons ont alors été construites autour de la tombe déjà existante, que la tombe ait été entourée de quatre côtés ou de deux côtés l’un face à l’autre, si elle est éloignée des maisons de la ville de cinquante coudées de part et d’autre, elle ne sera déplacée que si tous les habitants le veulent. Si elle est éloignée de moins de cinquante coudées, on la déplace.
14. Jérusalem est plus sainte que les autres villes fortifiées, car on peut consommer en dedans de sa muraille les sacrifices de moindre sainteté et la seconde dîme. Voici les ordonnances qui ont été édictées concernant Jérusalem : on n’y laisse pas un mort passer la nuit ; on n’y fait pas passer des ossements humains même si c’est pour les enterrer ailleurs ; on n’y met pas de maison en location ; on ne permet pas à un étranger résident (guer tochav) de s’y installer ; on n’y garde aucune sépulture excepté les sépultures des rois de la lignée de David et de la prophétesse ‘Houlda, qui y étaient déjà à l’époque des premiers prophètes ; on n’y plante pas de jardins et de vergers ; le sol ne peut y être ensemencé ou labouré, de peur que cela ne crée une mauvaise odeur ; on n’y conserve aucun arbre, excepté dans le jardin des Roses qui y existait à l’époque des premiers prophètes ; on n’y garde pas des tas d’ordures afin d’éviter la présence de rampants ; on ne fait pas sur les murs des maisons d’avancée ou de balcon sur la voie publique, cela pour ne pas propager l’impureté ; on n’y fait pas de fourneau de potier à cause de la fumée qui noircirait la muraille ; on n’y élève pas de volaille pour préserver la pureté des offrandes. De même, les cohanim n’élèvent pas de volaille partout en terre d’Israël pour ne pas souiller la nourriture pure, à savoir la térouma qui leur est donnée ; une maison vendue à Jérusalem n’y est jamais acquise définitivement ; les maisons ne peuvent y être rendues impures par des taches de tsara’at ; Jérusalem ne peut être déclarée « ville dévoyée » ; elle n’apporte pas de génisse à la nuque brisée, la raison dans ces quatre derniers cas étant que Jérusalem n’a pas été partagée entre les tribus.
15. Le Mont du Temple est d’une sainteté supérieure, car les hommes atteints de flux (zav), les femmes atteintes de flux (zava), les femmes nidda et les femmes accouchées ne peuvent y pénétrer. Mais il est permis d’amener un mort sur le Mont du Temple ; et inutile de dire qu’une personne devenue impure par contact avec un mort peut y pénétrer.
16. Le ‘Heil est encore plus saint puisque les gentils, ceux qui sont impurs à cause d’un contact avec un mort ou d’une relation avec une femme nidda ne peuvent y pénétrer.
17. La cour des femmes est plus sainte que le ‘Heil puisqu’une personne qui s’est immergée au cours de la journée pour son impureté rituelle ne peut y pénétrer. Cependant, cette interdiction est d’ordre rabbinique. Au regard de la Thora, il est permis à une personne immergée au cours de la journée pour son impureté rituelle de pénétrer dans le camp des lévites. Une personne impure par contact avec un mort qui entrerait involontairement dans la cour des femmes n’est pas tenue d’apporter un sacrifice expiatoire car l’interdiction est d’ordre rabbinique.
18. La cour des israélites est plus sainte que la cour des femmes puisqu’un me’houssar kapara ne peut y entrer ; et celui qui y entre en état d’impureté est passible de retranchement.
19. La cour des cohanim est encore plus sainte, puisqu’un israélite n’y entre pas, si ce n’est pour les besoins de son offrande : pour l’imposition des mains sur l’offrande et la confession sur le sacrifice expiatoire, pour faire l’abattage de son sacrifice, ou pour le balancement lorsque cela est requis.
20. L’espace entre l’autel et l’Oulam revêt une sainteté supplémentaire, puisque les cohanim atteints de défauts corporels, ceux qui ont laissé croître leur chevelure ou qui ont des vêtements déchirés ne peuvent y accéder.
21. Le Heikhal revêt une sainteté encore supérieure par rapport à l’espace entre l’Oulam et l’autel, puisque seul le cohen qui a procédé aux ablutions des mains et des pieds avec l’eau du kior peut y entrer.
22. Le Saint des saints est encore plus saint que le Heikhal, car seul le grand-prêtre y entre, le seul jour de Kippour, au moment du service.
23. L’endroit qui, dans la chambre supérieure, était juste au-dessus du Saint des saints, n’était visité qu’une fois tous les sept ans, pour envisager des travaux de réfection. Lorsqu’on fait entrer des ouvriers dans le Heikhal pour la construction ou l’entretien, ou pour en sortir quelque chose d’impur, il est préférable de faire entrer des cohanim exempts de défauts corporels aptes au service. Si l’on n’en trouve pas, on choisira des cohanim atteints de défauts corporels. S’il n’y a pas de cohanim, on fera entrer des lévites ; si l’on ne trouve pas de lévites, on fera entrer des israélites : ils devront être en état de pureté rituelle. Si on ne trouve pas de personnes pures, on fera entrer des personnes en état d’impureté. Entre deux cohanim, un qui est impur et un qui est atteint d’un défaut, on fera entrer ce dernier et non celui qui est impur, car l’impureté n’est que repoussée pour la collectivité. Tous ceux qui pénètrent dans le Heikhal pour y travailler y pénètrent dans des nacelles. S’il n’y a pas de nacelle ou s’il n’est pas possible aux ouvriers d’effectuer les travaux demandés à partir d’une nacelle, ils y entreront par les portes.
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