Lois relatives à la maison d'élection · Chapitre 8
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 448 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. La mitsva consiste à monter cette garde toute la nuit. Les gardiens en sont les cohanim et les lévites, ainsi qu’il est dit à Aaron : « toi et tes enfants avec toi devant la Tente d’Assignation », ce qui veut dire que c’est vous qui serez les gardiens pour le Tabernacle. En effet, voilà qu’il est dit juste après : « et ils monteront la garde de la Tente d’Assignation ». Il est dit encore : « ceux qui campaient … à l’est, devant la Tente d’Assignation et vers l’est, Moïse, Aaron et ses enfants, montant la garde du Sacré ».
3. S’ils ont manqué à cette garde, ils ont transgressé un interdit, car il est dit : « vous garderez la garde du sacré » ; or, un ordre exprimé par le verbe « garder » constitue un avertissement, c’est-à-dire un interdit que la Thora met en garde de ne pas transgresser. Tu apprends donc que la garde du Temple est un commandement positif et que le fait de manquer à cette garde a valeur de transgression d’un interdit.
4. La mitsva de la garde du Temple consiste à ce que les cohanim montent la garde à l’intérieur et les lévites à l’extérieur. Vingt-quatre groupes de dix personnes le gardaient chaque nuit, toujours, à vingt-quatre endroits : les cohanim à trois endroits et les lévites à vingt et un endroits.
5. Où montaient-ils la garde ? Les cohanim dans la chambre d’Avtinas, dans la chambre des rayons et dans la chambre du feu. La chambre d’Avtinas et la chambre des rayons étaient des chambres surélevées qui dominaient les portes du parvis, la chambre d’Avtinas à côté de la porte de l’Eau et la chambre des rayons à côté de la porte des rayons, et ce sont les jeunes cohanim qui montaient la garde à ces endroits. La chambre du feu était une grande maison avec un dôme, entourée à l’intérieur de gradins de pierre ; ce sont les plus âgés parmi les cohanim de la maison paternelle de service en ce jour dans le Temple qui y dormaient, et ce sont eux qui détenaient les clés du parvis.
6. Les cohanim montant la garde ne dormaient pas avec leurs habits de prêtrise ; ils les pliaient et les posaient près de leur tête. Ils revêtaient leurs propres habits et s’allongeaient à même le sol, à la façon de tous les gardiens de cours royales, qui peuvent somnoler sur place mais ne dorment pas dans un lit.
7. Si l’un d’eux était atteint d’une pollution nocturne, ce qui le rendait impur et lui interdisait de rester sur le Mont du Temple, il partait par le couloir souterrain – car les souterrains s’ouvrant sur le Mont du Temple n’avaient pas de caractère sacré – et allait s’immerger, puis il revenait s’asseoir parmi ses frères les cohanim dans la chambre du feu. Lorsqu’on ouvrait les portes au matin, il sortait et s’en allait.
8. Où les lévites montaient-ils la garde ? Aux cinq portes du Mont du Temple et à ses quatre coins, à l’intérieur ; aux quatre coins du parvis, à l’extérieur de ses murs (car il est interdit de s’asseoir dans le parvis), et à cinq de ses portes à l’extérieur de ses murs. En effet, les cohanim montaient déjà la garde aux deux autres portes du parvis, la porte du feu et la porte des rayons. En tout, dix-huit endroits étaient gardés par les lévites.
9. Des lévites montaient aussi la garde à la porte de la loge des sacrifices ainsi que dans la loge du rideau, et derrière le Saint des saints.
10. On nommait un préposé sur toutes les équipes de garde, appelé « intendant du Mont du Temple », qui inspectait toutes les équipes de garde, toute la nuit durant, avec des torches de feu allumées devant lui. Tout garde qui ne se levait pas, en lui disant : « Paix sur toi, intendant du Temple », c’était signe qu’il dormait et l’intendant du Temple le frappait de son bâton. Il avait même le droit de mettre le feu à son vêtement, au point qu’on disait dans Jérusalem : « Quel est ce bruit dans le parvis ? Ce sont les cris d’un lévite que l’on frappe et dont on brûle les vêtements parce qu’il s’est endormi à sa garde ! ».
11. Au matin, peu avant l’aube, le préposé du Temple, c’est-à-dire le préposé sur les tirages au sort pour la répartition des tâches du service, venait frapper à la porte pour appeler les cohanim de la chambre du feu et ils lui ouvraient. Il prenait les clés et ouvrait la petite porte d’accès au parvis depuis la chambre du feu et y entrait suivi des cohanim de la chambre du feu, une fois immergés au mikvé et habillés des vêtements de prêtrise, qui portaient deux torches et se répartissaient en deux groupes : l’un marchait vers l’est et l’autre vers l’ouest, et ils traversaient tout le parvis en l’inspectant pour vérifier que tous les accessoires du culte furent à leur place, jusqu’à ce que les deux groupes se rencontrent devant la loge de cuisson des ‘havitine. Arrivés là les uns et les autres, ils se disaient les uns aux autres : « C’est parfait ; tout est parfait ». Puis ils réveillaient ceux qui allaient préparer les ‘havitine.
12. C’est ainsi qu’on procédait chaque nuit pour inspecter le parvis, exceptées les nuits de chabbat, où l’on n’avait pas de torche en main, et l’on montait la garde à la lueur des lampes qui y brûlaient depuis la veille.
Fin des lois relatives à la Maison d’élection
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