Lois relatives à la maison d'élection · Chapitre 6
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 446 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. On parcourait à plat toute la cour des femmes, puis on montait de celle-ci vers la cour des israélites – qui est le début du parvis – par quinze marches. La hauteur de chaque marche était d’une demi-coudée et sa profondeur d’une demi-coudée.
3. On traversait toute la cour des israélites à plat puis on montait vers la cour des cohanim par une marche d’une coudée de hauteur, sur laquelle se trouvait une tribune composée de trois marches, chacune d’une demi-coudée de hauteur et d’une demi-coudée de profondeur. La cour des cohanim était donc surélevée de deux coudées et demie par rapport à la cour des israélites.
4. On parcourait toute la cour des cohanim, l’espace où se trouvait l’autel et l’espace entre l’autel et l’Oulam, puis on montait vers l’Oulam par douze marches, chacune d’une demi-coudée de hauteur et une demi-coudée de profondeur. L’Oulam et le Heikhal tout entier étaient de niveau.
5. Ainsi, le sol du Heikhal était surélevé par rapport au sol de la porte Est du Mont du Temple de vingt-deux coudées. La porte du Mont du Temple faisant vingt coudées de hauteur, celui qui se tenait à une position située en face de la porte Est ne pouvait pas voir l’entrée du Heikhal. En conséquence, on avait fait un mur de peu de hauteur au-dessus de cette porte, de sorte que le cohen se tenant sur le Mont des Oliviers puisse voir l’entrée du Heikhal lorsqu’il ferait aspersion du sang de la vache rousse en direction du Heikhal.
6. Il y avait des loges sous le sol de la cour des israélites, s’ouvrant sur la cour des femmes, où les lévites entreposaient les harpes, les luths, les cymbales et tous leurs instruments de musique. Lorsque les lévites accompagnaient un sacrifice de leur chant, ils se tenaient sur la tribune montant de la cour des israélites à la cour des cohanim.
7. Les loges construites dans une partie sanctifiée du Temple, c’est-à-dire dans le parvis, mais s’ouvrant sur un endroit non sanctifié, c’est-à-dire ne s’ouvrant pas sur le parvis mais en dehors, leur intérieur était non sanctifié mais leur toit était sacré s’il était de niveau avec le sol du parvis, c’est-à-dire lorsqu’elles étaient construites sous le parvis et que leur toit faisait partie du sol du parvis. Et si le toit de la loge n’était pas de niveau avec le sol du parvis, mais plus haut, le toit aussi n’était pas sacré, car les toits et les étages ne furent pas sanctifiés. C’est pourquoi on ne pouvait consommer, sur ces toits, la viande des sacrifices les plus saints qui devaient être consommés à l’intérieur du parvis, ni y faire l’abattage des sacrifices de moindre sainteté qui pouvaient être abattus à n’importe quel endroit du parvis.
8. Les loges construites dans un espace non sanctifié et s’ouvrant sur un espace sanctifié, leur intérieur était considéré comme sanctifié pour y consommer les sacrifices les plus saints, mais on n’y faisait pas l’abattage des sacrifices de moindre sainteté car elles n’avaient pas la même sainteté que le parvis. Et de même, si quelqu’un y entrait en état d’impureté, il était exempt du retranchement et n’était pas tenu d’apporter une offrande ; et leur toit était non sanctifié de tout point de vue.
9. Les galeries souterraines qui s’ouvraient sur le parvis étaient sacrées. Celles qui s’ouvraient sur le Mont du Temple étaient non sanctifiées. Les fenêtres, c’est-à-dire les ouvertures dans le mur du parvis et l’épaisseur du dessus du mur avaient le même statut que l’intérieur, que ce soit au regard de la consommation des sacrifices les plus saints ou au regard de l’impureté de sorte que celui qui y pénètre en état d’impureté est passible du retranchement.
10. Si les membres du Grand Tribunal veulent étendre Jérusalem ou étendre le parvis, ils peuvent le faire. Ils peuvent étendre le parvis jusqu’où ils veulent dans les limites du Mont du Temple, et de même, ils peuvent étendre la muraille de Jérusalem jusqu’où ils veulent.
11. On ne peut étendre la ville de Jérusalem et les cours du Temple qu’avec l’accord du roi, l’accord d’un prophète, des Ourim veToumim et du Grand Sanhédrin de soixante et onze anciens, ainsi qu’il est dit : « comme tout ce que je te montre … ainsi vous ferez » pour les générations futures, et Moïse était alors roi.
12. Comment se déroule l’agrandissement de la ville ? Le tribunal apporte en offrande deux sacrifices de reconnaissance (toda) et on prend le pain ‘hamets que ces offrandes comportent. Le tribunal marche en procession derrière les deux pains qui sont portés l’un derrière l’autre par les cohanim. Les lévites se tiennent à chaque coin de Jérusalem et sur chaque pierre avec harpes, luths et cymbales, et ils chantent : « Je t’exalterai, D.ieu, car Tu m’as relevé, etc. ». Les lévites chantent et la procession derrière les deux pains continue d’avancer jusqu’à ce qu’ils parviennent à l’extrémité de l’endroit que l’on veut sanctifier par la sainteté de Jérusalem. Là, ils s’arrêtent et consomment l’un des deux pains du sacrifice de reconnaissance, le second étant brûlé. C’est sur l’indication du prophète que l’on brûle l’un et que l’on mange l’autre.
13. De même, lorsqu’on agrandit le parvis, on le sanctifie par la consommation des pains qui sont les restes d’une oblation (min’ha) : de la même façon que Jérusalem est sanctifiée par le pain d’une offrande de reconnaissance, dont la loi prescrit qu’il soit consommé uniquement dans l’enceinte de Jérusalem, de la même façon, le parvis est sanctifié par les restes d’une oblation, dont la loi prescrit qu’ils soient consommés uniquement dans le parvis. Ces restes sont consommés à l’extrémité de l’endroit que l’on sanctifie.
14. Tout endroit où toutes ces conditions n’ont pas été respectées et en suivant cette procédure avec la procession et les offrandes indiquées n’est pas pleinement sanctifié. Quant à Ezra qui fit deux offrandes de reconnaissance par lesquelles il sanctifia Jérusalem, il fit cela à titre de souvenir de la sanctification initiale par Salomon, car ce n’est pas par son action que l’endroit fut sanctifié, puisque de toute façon il n’y avait ni roi, ni Ourim veToumim. À quoi tenait alors la sainteté de Jérusalem ? À la sanctification initiale par Salomon qui avait sanctifié le parvis et Jérusalem pour le présent et pour l’avenir, pour l’époque où le Temple ne serait plus.
15. C’est pourquoi on peut offrir tous les sacrifices, en dépit de l’absence du Temple bâti, et consommer la viande des sacrifices les plus saints dans tout l’espace qui constituait le parvis, bien que celui-ci soit détruit et ne soit plus entouré de ses enceintes. De même on peut consommer les sacrifices de moindre sainteté et la seconde dîme dans tout Jérusalem même dépourvue de ses murailles. Car la sanctification initiale par le roi Salomon a sanctifié le lieu en son temps et pour toutes les époques à venir.
16. Pourquoi est-ce que je dis que la sanctification initiale du Temple et de Jérusalem est valable pour toutes les générations, alors que la sanctification du reste de la terre d’Israël, concernant l’année sabbatique, les dîmes et autres mitsvot qui dépendent de la terre, ne fut pas définitive ? Parce que la sainteté du Temple et de Jérusalem tient à la Présence Divine, et la Présence Divine ne disparaît pas. C’est là aussi ce qu’on comprend du verset : « Je désolerai vos Sanctuaires » ; comme les Sages l’ont dit, même en état de désolation, leur sainteté perdure. En revanche, l’assujettissement de la Terre d’Israël à l’année sabbatique et aux dîmes ne tenait qu’à la conquête collective de la terre par tout le peuple. Avec la perte de la terre qui fut reprise aux juifs lors la destruction du premier Temple, l’effet de la conquête a disparu et la terre est devenue dispensée par la Thora de l’obligation des dîmes et de l’année sabbatique, n’étant plus la terre qui est la conquête d’Israël. ensuite en Terre d’Israël lors du retour d’exil et la sanctifia, il ne la sanctifia pas par la conquête, mais par l’installation des juifs dans la terre. C’est pourquoi, tout lieu où s’installèrent les exilés au retour de Babylonie et qui reçut cette seconde sanctification à l’époque d’Ezra est aujourd’hui encore sanctifié, bien que la terre nous ait été reprise. Ces endroits sont donc encore aujourd’hui assujettis aux lois sur l’année sabbatique et sur les dîmes de la façon que nous avons expliquée dans les lois relatives à la térouma.
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