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Lois relatives à la maison d'élection · Chapitre 2

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 442 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. L’autel a un emplacement extrêmement précis, et on ne modifie jamais son emplacement, ainsi qu’il est dit : « et ceci est l’autel pour les holocaustes d’Israël ». C’est à l’endroit du Temple que notre père Isaac fut lié en holocauste, ainsi qu’il est dit : « et va vers le pays de Moria », et il est dit dans les Chroniques : « Salomon commença à bâtir la Maison de D.ieu à Jérusalem, sur le mont Moria, là où D.ieu était apparu à David son père, à l’endroit de David, sur l’aire d’Ornan le Jébuséen ».

2. C’est une tradition acceptée par tous que l’endroit où David et Salomon bâtirent l’autel sur l’aire d’Ornan, est l’endroit même de l’autel construit par Abraham et sur lequel il lia Isaac ; c’est aussi l’endroit où Noé construisit un autel en sortant de l’arche, l’autel où Caïn et Abel apportèrent leur offrande, l’endroit où Adam fit une offrande lorsqu’il fut créé, et c’est de là que fut prise la poussière par laquelle il fut créé. Les Sages ont enseigné : « l’homme a été créé de la poussière prise à l’endroit même où sera édifié l’autel, lieu de son expiation ».

3. Les dimensions de l’autel sont très précises, et sa forme connue par une transmission de maître à élève qui remonte à Moïse. L’autel bâti par les exilés, à leur retour de Babylonie, lors de la construction du second Temple, fut construit sur le modèle de l’autel qui sera construit dans le futur dans le troisième Temple. On ne doit pas augmenter ses dimensions ni les réduire.

4. Trois prophètes revinrent d’exil avec eux. L’un certifia pour eux l’emplacement de l’autel, l’un certifia ses dimensions et l’un certifia qu’ils pouvaient apporter sur cet autel toutes les offrandes, même si le Temple n’était pas encore construit.

5. L’autel bâti par Moïse, l’autel bâti par Salomon, l’autel bâti par les exilés, comme l’autel qui sera bâti à l’avenir, mesurent tous dix coudées de haut. Quant au verset de la Thora : « sa hauteur est de trois coudées », il désigne seulement l’endroit du bûcher, c’est-à-dire la partie supérieure de l’autel sur laquelle on offrait les sacrifices. L’autel construit par les exilés, tout comme l’autel qui sera reconstruit, ont pour longueur et largeur 32 coudées sur 32 coudées.

6. Les dix coudées de la hauteur de l’autel comportent des coudées de cinq téfa’him et des coudées de six téfa’him. Toutes les autres coudées mentionnées dans la construction du Temple sont des coudées de six téfa’him. La hauteur de tout l’autel était de 58 téfa’him.

7. Voici les dimensions et la forme de l’autel dans le second Temple : une hauteur de cinq téfa’him avec au-dessus un retrait de cinq téfa’him formaient la partie inférieure de l’autel que l’on appelle le soubassement (Yessod). Ainsi, à partir de cette hauteur, du fait du retrait, l’autel présentait une largeur de trente coudées et deux téfa’him sur une largeur de 30 coudées et deux téfa’him. Puis, l’autel s’élevait sur 30 téfa’him et présentait ensuite un retrait de cinq téfa’him, formant le pourtour (Sovev). (18 téfa’him plus haut, c’était le niveau du bûcher). Ainsi, à partir de la hauteur du Sovev, l’autel présentait une largeur de 28 coudées et quatre téfa’him sur 28 coudées et quatre téfa’him. (À une hauteur de 18 téfa’him au-dessus, à chacun de ces quatre coins, se trouvait un élément creux de forme carrée appelé corne). Les cornes occupaient une coudée de part et d’autre de chaque coin, en périphérie du bûcher. De même, le chemin de passage des cohanim occupait la largeur d’une coudée tout autour. La surface de l’emplacement du bûcher était donc de 24 coudées et quatre téfa’him sur 24 coudées et quatre téfa’him.

8. La hauteur de chaque corne était de cinq téfa’him, et la surface de chacune était d’une coudée sur une coudée, soit six téfa’him sur six. Ces quatre cornes étaient creuses à l’intérieur. La partie supérieure de l’autel – c’est-à-dire la partie située au-dessus du Sovev – où se trouvait le bûcher faisait 18 téfa’him de hauteur. Le milieu de la hauteur de l’autel – 29 téfa’him – se trouvait donc en dessous du Sovev.

9. Une ligne rouge entourait l’autel à mi-hauteur, (à environ six téfa’him en dessous du Sovev,) pour faire la distinction entre les sangs des offrandes que l’on aspergeait dans la partie supérieure de l’autel et les sangs aspergés dans la partie inférieure. La hauteur de l’autel depuis le sol jusqu’à l’emplacement du bûcher sans prendre en compte les cornes était donc de neuf coudées moins un téfa’h.

10. Le soubassement (Yessod) n’entourait pas complètement l’autel des quatre côtés comme le faisait le pourtour (Sovev). Le soubassement faisait saillie sur tout le côté nord et le côté ouest, en dépassant d’une coudée du côté sud et d’une coudée du côté est. Tout le coin sud-est était dépourvu de soubassement.

11. Dans le coin sud-ouest du soubassement, se trouvaient deux trous ressemblant à deux fines narines, que l’on appelait chitine : les sangs descendaient par ces trous et se mélangeaient dans un canal pour s’écouler dans la vallée de Cédron.

12. À la base de ce coin, sur le sol, il y avait un regard d’une coudée sur une coudée, fermé par une dalle de marbre à laquelle était fixé un anneau, par lequel on accédait à la fosse en dessous du soubassement pour la nettoyer.

13. La rampe était construite au sud de l’autel, d’une longueur de 32 coudées pour une largeur de 16 coudées, et elle occupait au sol une longueur de 30 coudées en avant de l’autel. Elle s’avançait d’une coudée sur le soubassement et d’une coudée sur le Sovev, mais un petit espace la séparait de l’autel afin que les membres des sacrifices soient placés sur l’autel en étant lancés. La hauteur de la rampe était de neuf coudées moins un téfa’h, au même niveau que le bûcher.

14. Il y avait aussi deux petites rampes plans inclinés accessoires qui se dégageaient de la grande rampe et par lesquelles on accédait au soubassement et au Sovev, dont elles étaient séparées par l’espace d’un cheveu. Il y avait une niche sur le flanc ouest de la rampe principale, d’une coudée sur une coudée, nommée revouva, où l’on déposait les offrandes expiatoires d’oiseaux disqualifiées, en attendant qu’elles se gâtent et soient emportées à l’endroit prévu pour brûler les offrandes disqualifiées.

15. Deux tables étaient disposées à l’ouest de la rampe, l’une en marbre sur laquelle on posait les membres des animaux offerts en holocauste, avant qu’ils ne soient brûlés sur l’autel, et l’autre en argent sur laquelle étaient disposés les ustensiles sacerdotaux.

16. Lorsque l’on construit l’autel, on le construit en un bloc massif, comme une colonne, sans n’y laisser aucun espace creux. On apporte des pierres entières intactes, sans aucune entaille, comme dit précédemment, grandes et petites, et on apporte de la chaux, de la poix et du vernis de plomb, que l’on mélange et on remplit avec ces liquides et les pierres un coffrage à la taille de l’autel. On construit ainsi l’autel niveau par niveau. On incorpore à l’assemblage une pièce de bois ou de pierre de la taille du soubassement c’est-à-dire d’une largeur d’une coudée tout le long du coin sud-est. De même, on place une pièce de bois ou de pierre à l’intérieur des quatre cornes, et on continue la construction normalement jusqu’à l’achèvement de l’ouvrage. Une fois l’ouvrage achevé, ces pièces sont retirées, de manière à laisser l’angle sud-est sans soubassement et les cornes creuses.

17. Les quatre cornes de l’autel, le soubassement et la forme carrée sont indispensables à la validité de l’autel. Un autel auquel il manquerait une corne, le soubassement, la rampe ou la forme carrée est impropre au service car les quatre sont impératifs. En revanche, les dimensions prescrites quant à la longueur, la largeur et la hauteur de l’autel ne sont pas causes de disqualification si elles ne sont pas respectées ; cela, à condition que l’autel ne fasse pas moins d’une coudée sur une coudée et trois coudées de hauteur, comme la mesure de l’emplacement du bûcher de l’autel dans le désert.

18. Si l’autel est entamé dans sa surface, c’est-à-dire que le bloc formé par la chaux est entamé, mais non les pierres elles-mêmes, la règle suivante est appliquée : si l’entaille a la taille d’un téfa’h, l’autel est impropre au service. Pour moins d’un téfa’h, il est valable, à condition qu’il n’y ait pas de pierre éraillée.
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