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Lois relatives à la maison d'élection · Chapitre 1

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 441 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

Au nom du Seigneu-r, le D.ieu éternel Lois relatives à la Maison d’élection. Elles comprennent six commandements : trois commandements positifs et trois commandements négatifs, dont voici l’énoncé : 1. Construire le Sanctuaire. 2. Ne pas construire l’autel en pierre de taille. 3. Ne pas monter sur l’autel par des marches. 4. Révérer le Sanctuaire. 5. Monter la garde tout autour. 6. Ne pas manquer d’y monter la garde. Ces commandements sont exposés dans les chapitres ci-après.

1. C’est un commandement positif de faire un édifice en l’honneur de D.ieu, destiné à ce qu’on y apporte les offrandes et que l’on y vienne pour les fêtes trois fois par an, ainsi qu’il est dit : « ils feront pour Moi un sanctuaire ». Le tabernacle construit par Moïse dans le désert est déjà décrit en détail dans la Thora ; il n’était que provisoire, ainsi qu’il est dit : « car vous n’avez pas encore atteint… ».

2. Lorsque les juifs entrèrent en Terre d’Israël, ils installèrent le Tabernacle de Moïse à Guilgal, durant les quatorze années que durèrent la conquête et le partage. De là, ils vinrent à Shilo et y construisirent un édifice de pierre dépourvu de plafond sur lequel ils étendirent les tentures qui avaient recouvert le Tabernacle. Le Temple de Shilo dura 369 ans et fut détruit à la mort d’Héli le grand-prêtre. Ils se déplacèrent à Nov et y construisirent un sanctuaire, qui fut détruit à la mort du prophète Samuel ; ils vinrent ensuite à Guivon et y construisirent un sanctuaire. De Guivon ils vinrent ensuite à la demeure éternelle, Jérusalem. La période de Nov et Guivon fut de 57 ans.

3. Dès lors que le Temple fut construit à Jérusalem, tous les autres endroits furent interdits pour la construction d’une Maison pour D.ieu et pour l’offrande des sacrifices. Pour l’éternité, il n’y aura de Temple sinon qu’à Jérusalem uniquement, sur le Mont Moria, dont il est dit : « et David s’exclama : Ceci est la Maison de l’Éternel D.ieu et ceci est l’autel d’offrande pour Israël » et il est dit : « ceci est mon lieu de repos à jamais ».

4. L’édifice du Temple construit par Salomon est déjà décrit en détail dans le livre des Rois. Quant au troisième Temple qui sera reconstruit à l’époque messianique, bien qu’il soit décrit dans le Livre d’Ézéchiel, il n’y est pas parfaitement détaillé. Les bâtisseurs du second Temple, à l’époque d’Ezra, construisirent celui-ci sur le modèle du Temple de Salomon avec certains éléments décrits par Ezéchiel.

5. Voici les éléments essentiels dans la construction du Temple. On y fait un endroit appelé Kodech (Saint), un endroit appelé Kodech Hakodachim (Saint des saints), et devant l’entrée du Kodech un endroit appelé Oulam (vestibule) ; l’ensemble des trois est appelé Heikhal. On fait une autre enceinte en plus des murs du Heikhal tout autour du Heikhal à une certaine distance, à l’image des tentures qui délimitaient la cour du Tabernacle dans le désert. Tout l’espace qui est entouré par cette enceinte, dans la même disposition que la cour du Tabernacle, est appelé Azara (parvis) et le tout, à savoir Kodech Hakodachim, Kodech, Oulam et Azara, est appelé Mikdach (Sanctuaire, Temple).

6. On fait dans le Temple sept accessoires : (1) l’autel pour les holocaustes (ola) et les autres offrandes ; (2) la rampe par laquelle on monte sur l’autel ; l’autel muni de sa rampe est situé dans le parvis devant l’Oulam, décalé vers le sud ; (3-4) la cuve (kior) munie de son socle, afin que les cohanim se sanctifient les mains et les pieds avant le service ; le kior est placé dans l’espace entre l’Oulam et l’autel, décalé vers le sud, c’est à dire à gauche en entrant dans le parvis depuis la porte Est. On fait aussi (5) l’autel des encens, (6) le candélabre et (7) la table des pains de proposition, tous trois disposés à l’intérieur du Kodech, en-deçà du Saint des saints.

7. Le candélabre est au sud, à la gauche de celui qui entre dans le Kodech, et la table – sur laquelle se trouvent les pains de proposition – est au nord, c’est-à-dire à droite ; tous deux le candélabre et la table sont situés à côté du mur qui fait séparation avec le Saint des saints, à l’extérieur. L’autel des encens est situé entre les deux, décalé vers l’extérieur. On fait des limites à l’intérieur du parvis pour marquer l’espace jusqu’où les israélites peuvent se rendre et l’espace réservé aux seuls cohanim. On bâtit sur les côtés du parvis des pavillons pour les divers besoins du Temple, chacun de ces pavillons est appelé loge.

8. Lorsqu’on construit le Heikhal et le parvis, on les construit avec de grandes pierres de carrière. Si l’on ne trouve pas de pierres, on construit avec des briques. On ne taille pas les pierres sur le Mont du Temple ; plutôt, on taille et on équarrit les pierres à l’extérieur puis on les incorpore à l’édifice, ainsi qu’il est dit : « des gros blocs, des pierres lourdes, pour faire les fondations du Temple en pierres de taille » ; et il est dit : « ni le marteau, ni la hache, aucun outil de fer ne fut entendu dans le Temple durant sa construction ».

9. On n’y construit aucun élément en bois qui fait saillie du mur ; plutôt, lorsqu’on construit un élément en saillie, il sera seulement en pierres ou en briques avec de la chaux. De même on ne construit pas de galeries en bois dans le parvis, mais seulement en pierres ou en briques.

10. On dalle tout le parvis de lourdes pierres. Si une dalle s’est descellée, même si elle est restée en place, elle est impropre du fait de cette dégradation et il est interdit à un cohen qui sert de se tenir dessus durant le service, jusqu’à ce qu’elle soit refixée au sol.

11. La meilleure façon d’accomplir la mitsva consiste à renforcer l’édifice et à l’élever autant que les possibilités de la communauté le permettent, ainsi qu’il est dit : « et d’élever la résidence de notre D.ieu ». On le rehausse et on l’embellit selon les moyens dont on dispose, et si on peut le revêtir entièrement d’or et augmenter sa magnificence, c’est là une mitsva.

12. On ne construit pas le Temple durant la nuit, ainsi qu’il est dit : « et le jour où le Sanctuaire fut édifié » ; ce verset enseigne, disent les Sages, qu’on l’édifie le jour et non la nuit. On travaille à sa construction depuis l’aube jusqu’à la sortie des étoiles, considérée comme la fin de la journée. Tous sont astreints de participer à sa construction et d’aider, tant par leur personne que par leur argent, hommes et femmes, comme pour le sanctuaire édifié dans le désert. Cependant, on n’interrompt pas les écoliers dans leur étude de la Thora pour la construction. Et la construction du Temple ne repousse pas le repos des jours de fête (Yom Tov).

13. L’autel ne doit être construit qu’avec des pierres ; le verset de la Thora : « un autel de terre tu me feras » ne signifie pas que l’autel doit être fait en terre, mais plutôt que l’autel doit être attaché au sol, c’est-à-dire qu’il ne peut être construit ni au-dessus d’une arche, ni au-dessus d’une cavité. Quant au verset : « si tu me construis un autel de pierres », les Sages ont appris par Tradition orale qu’il ne s’agit pas d’une permission, mais d’une obligation.

14. Toute pierre éraillée au point d’accrocher l’ongle lorsqu’on passe l’ongle dessus comme lors de l’examen d’un couteau d’abattage rituel, est impropre à servir pour la rampe et l’autel, ainsi qu’il est dit : « c’est en pierres intactes que tu construiras l’autel de l’Eternel ». D’où apportait-on les pierres pour l’autel ? On extrayait ces pierres d’un sol vierge : on creusait jusqu’à une profondeur l’on pouvait observer que le sol n’avait jamais été travaillé ni bâti, et de là on extrayait les pierres pour l’autel ou bien encore on prenait des pierres de la mer ; ce sont ces pierres que l’on utilisait pour construire l’autel. De même, les pierres du Heikhal et des cours devaient également être intactes, c’est-à-dire sans entaille.

15. Les pierres du Heikhal et des murs des cours qui ont été éraillées ou coupées sont impropres ; elles ne peuvent non plus être rachetées pour être réaffectées à un usage profane et doivent être enfouies. Toute pierre qui a été touchée par le fer, même si elle n’a pas été entamée, est impropre à la construction de l’autel et de la rampe, ainsi qu’il est dit : « Car en posant ton épée dessus, tu les as rendues profanes ». Celui qui utilise dans la construction de l’autel ou de la rampe une pierre touchée par le fer est passible de la flagellation, car il est dit : « Tu ne les construiras pas de pierre taillée ». Celui qui utilise dans la construction une pierre éraillée transgresse un commandement positif.

16. Si une pierre est éraillée ou touchée par le fer après avoir été incorporée dans la construction de l’autel ou de la rampe, seule cette pierre devient impropre tandis que les autres sont valables. Lorsqu’on chaulait l’autel, deux fois par an, à l’approche de Pessa’h et de Souccot, on appliquait la couche de chaux à l’aide d’un tissu mais non à l’aide d’une truelle en fer, de peur qu’elle ne touche une pierre et ne la rende impropre.

17. On ne fait pas de marches pour accéder à l’autel, ainsi qu’il est dit : « tu ne monteras pas sur mon autel par des marches ». Plutôt, on construit un plan incliné du côté sud de l’autel, qui va en descendant du sommet de l’autel jusqu’au sol, c’est ce qu’on appelle la rampe. Qui monte sur l’autel par des marches est passible de la flagellation. De même, celui qui brise une pierre de l’autel, ou de l’ensemble du Heikhal ou du parvis entre l’Oulam et l’autel, de manière destructive, est passible de la flagellation, car il est dit à propos de l’injonction d’éradiquer l’idolâtrie lors de l’entrée en Terre d’Israël : « vous briserez leurs autels etc., vous n’agirez point ainsi avec l’Éternel votre D.ieu ».

18. Le candélabre et ses accessoires, le revêtement de la table et ses accessoires, le revêtement de l’autel de l’encens, et tous les autres ustensiles du culte, doivent être faits uniquement en métal. S’ils ont été fabriqués en bois, en os, en pierre ou en verre, ils sont impropres au service.

19. Si la communauté est pauvre et n’a pas les moyens les moyens de faire les ustensiles en or, ils peuvent être faits même en étain. Et si la communauté s’enrichit, ils seront faits en or. Même les coupes, les broches et les pelles de l’autel des sacrifices, les récipients de mesure seront faits en or si la communauté le peut, et on recouvrira même les portes du parvis avec de l’or si les moyens le permettent.

20. Les ustensiles doivent être fabriqués depuis le début à l’intention d’un usage sacré, c’est-à-dire pour le Temple. S’ils ont été fabriqués initialement pour un usage profane, ils ne peuvent pas être utilisés pour D.ieu. Les ustensiles destinés à D.ieu, tant qu’ils n’ont pas été effectivement utilisés pour le service, peuvent être utilisés pour un usage profane. Mais une fois qu’ils ont été utilisés pour le service, ils ne peuvent plus servir à un usage profane. Des pierres et des poutres qui ont été taillées en vue de servir pour la construction d’une synagogue ne pourront pas servir à la construction sur le Mont du Temple.
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