KOULAM Télécharger l’app

Lois relatives à l'idolâtrie et aux pratiques des gentils · Chapitre 1

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 37 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

Lois de l’idolâtrie et des pratiques des gentils : Elles comprennent cinquante et un commandements : deux commandements positifs et quarante-neuf commandements négatifs. En voici le détail : Ne pas se tourner vers l’idolâtrie. Ne pas s’égarer à la suite des pensées du cœur et de ce que les yeux voient. Ne pas blasphémer. Ne pas servir un faux dieu suivant son culte. Ne pas se prosterner devant lui. Ne pas fabriquer d’idole pour soi-même. Ne pas fabriquer d’idole, même pour quelqu’un d’autre. Ne pas fabriquer des formes [humaines], même en décoration. Ne pas dévoyer d’autres [juifs collectivement] à suivre un culte idolâtre. Brûler la ville dévoyée [à l’idolâtrie]. Ne pas la reconstruire. Ne pas tirer profit de tous ses biens. Ne pas inciter individuellement quelqu’un d’autre à servir un faux dieu. Ne pas aimer l’incitateur. Ne pas abandonner la haine à son égard. Ne pas lui porter secours. Ne pas argumenter en sa faveur. Ne pas taire les arguments à sa charge. Ne pas prophétiser au nom d’un faux dieu. Ne pas écouter celui qui prophétise en son nom. Ne pas faire de fausse prophétie, même au nom de D.ieu. Ne pas craindre d’exécuter un faux prophète. Ne pas jurer au nom de faux dieux. Ne pas faire [les pratiques associées au] ov. Ne pas faire [les pratiques associées au] ydoni. Ne pas faire passer [son fils] à Molekh. Ne pas dresser de monument. Ne pas se prosterner sur un sol de pierre. Ne pas planter d’achéra. Détruire les idoles et tout ce qui est fait pour elles. Ne pas tirer profit de toutes les idoles et de tout ce qui est à leur service. Ne pas tirer profit des ornements [des idoles]. Ne pas contracter d’alliance avec les [peuples] idolâtres. Ne pas leur accorder de faveur. Qu’ils ne s’établissent pas dans notre pays. Ne pas [leur] ressembler dans leurs coutumes et leur habillement. Ne pas se livrer aux augures. Ne pas pratiquer la divination. Ne pas faire dépendre sa conduite en fonction des astres. Ne pas user de charmes. Ne pas consulter les morts. Ne pas consulter un ov. Ne pas consulter un ydoni. Ne pas pratiquer la sorcellerie. Ne pas se raser les tempes. Ne pas se raser les coins de la barbe. Qu’un homme ne se pare pas comme une femme. Qu’une femme ne porte pas d’armes et ne se pare pas comme un homme. Ne pas tatouer. Ne pas se faire d’entailles. Ne pas faire de tonsure pour un mort. L’explication de ces lois se trouve dans les chapitres que voici :

1. Au temps d’Enoch, les hommes commirent une immense erreur et le conseil des sages de la génération fut dénué de raison. Enoch lui-même fit partie des errants. Telle fut leur erreur : étant donné, dirent-ils, que D.ieu a créé ces étoiles et ces sphères pour conduire le monde et qu’Il les a placées dans les hauteurs en leur faisant honneur, en tant que ministres qui servent devant Lui, il convient de les louer, de les glorifier et de leur faire honneur. Et c’est là la volonté de D.ieu, béni soit-Il, que l’on glorifie et que l’on honore ceux qu’Il a élevés et honorés, tout comme un roi désire que l’on honore ses serviteurs qui se tiennent devant lui : c’est là un honneur fait au roi ! Quand cette idée s’installa dans leur cœur, ils commencèrent à ériger des temples en l’honneur des étoiles et à leur offrir des sacrifices, à les louer et à les glorifier verbalement, et à se prosterner devant elles, [espérant] suivant leurs conceptions erronées, trouver l’agrément du Créateur. Ce furent là les fondements de l’idolâtrie : telles étaient les croyances des [premiers] idolâtres, qui en connaissaient les principes. Ils ne [remettaient pas en cause l’existence de D.ieu et] n’affirmaient point qu’il n’existe d’autre dieu que telle [ou telle] étoile. C’est là ce que dit [le prophète] Jérémie (Jérémie 10, 7-9) : « Qui ne te vénérerait, ô, Roi des nations, comme cela t’est dû ? Assurément, parmi tous les sages des nations et dans tous leurs royaumes, nul n’est semblable à Toi. Ensemble, ils font preuve de déraison et de sottise, le bois [qu’ils adorent] montre le néant de leur doctrine ». Autrement dit, tous savent que Tu es le seul [D.ieu], mais leur erreur et leur sottise est de penser que ces vanités sont Ta volonté.

2. Avec le temps, de faux prophètes apparurent, affirmant que D.ieu leur avait parlé et qu’Il avait donné l’ordre de servir une certaine étoile – ou l’ensemble des étoiles – de lui offrir tels sacrifices et telles et telles libations, de lui construire un temple et de façonner sa figure afin que tout le peuple – femmes, enfants et autres gens du commun – se prosterne devant elle. Ledit « prophète » indiquait la figure qu’il avait imaginée en son esprit en affirmant que c’était là la représentation de l’étoile qui lui avait été montrée dans sa vision prophétique. De cette manière, ils commencèrent à fabriquer des figures dans les temples, en dessous des arbres, aux cimes des montagnes et sur les collines. Ils se rassemblaient et se prosternaient devant celles-ci, en disant à tout le peuple que cette figure [a le pouvoir de] faire du bien et de faire du mal, et qu’il convient donc de l’adorer et de la craindre. Leurs prêtres leur disaient : « Par tel service, vous réussirez et prospérerez ! Faites ceci et cela ; ne faites pas ceci et cela ! » D’autres imposteurs apparurent et dirent que l’étoile même, la sphère, ou l’ange avait parlé avec eux et leur avait dit : « Adorez-moi de telle et telle façon », en indiquant que son service consistait à « faire ceci et ne pas faire cela ». Ainsi, [progressivement,] cette chose-là – adorer des figures avec des formes de service très différentes l’une de l’autre, leur offrir des sacrifices et se prosterner devant elles – se répandit dans le monde entier. Avec le temps, le Nom révéré et redoutable [de D.ieu] fut oublié par l’humanité et disparut des lèvres et des cœurs. Tous les gens du commun, femmes et enfants, ne connaissaient plus que la figure de bois ou de pierre, et le temple de pierres, ayant, depuis leur tendre enfance, été éduqués à se protester devant elle, à l’adorer, et à jurer par son nom. Les sages parmi eux, tels leurs prêtres et hommes semblables, imaginaient qu’il n’eût point d’autre dieu que les étoiles et sphères pour lesquelles et à l’image desquelles ces figures étaient fabriquées. Mais le Roc éternel, personne ne Le connaissait plus, à l’exception de quelques individus dans le monde, comme Hanokh, Mathusalem, Noé, Sem et Ever. C’est ainsi que le monde erra jusqu’à ce que naisse le pilier du monde, Abraham, notre père.

3. Dès que ce « puissant » fut sevré, alors qu’il n’était qu’un enfant, il commença à réfléchir. Jour et nuit, il pensait et s’étonnait : « Comment est-il possible que la sphère [céleste] suive son cours continuellement sans que personne ne la dirige ? Et qui la fait donc tourner ? Il est pourtant impossible qu’elle se fasse tourner elle-même ! Il n’avait pas de professeur, ni personne pour l’informer : il était noyé à Our Kasdim, au milieu d’idolâtres sots. Son père et sa mère, et toute la population servaient des idoles, et lui servait avec eux. [Cependant,] son esprit ne cessait de le tourmenter et il réfléchissait, au point que, par la rigueur de sa pensée, il découvrit finalement le chemin de la vérité et comprit la ligne de la rectitude. Il sut l’existence d’un seul et unique D.ieu qui [Lui seul] dirige la sphère et qui a tout créé, et [sut] que parmi tout ce qui existe il n’y a point d’autre D.ieu que Lui. Il réalisa que le monde entier était dans l’erreur et que ce qui l’avait conduit à l’erreur était l’adoration des étoiles et des figures au point que la vérité avait disparu de leur esprit. A l’âge de quarante ans, Abraham reconnut son Créateur. Dès lors, il commença à réfuter les habitants d’Our Kasdim, et à débattre avec eux, en leur disant : « Vous n’êtes pas dans le chemin de la vérité ». Il brisa les idoles et commença à enseigner au peuple que seul le D.ieu de l’univers doit être adoré : que devant Lui seul il sied de se prosterner, [qu’à Lui seul il sied] d’offrir des sacrifices et des libations, afin que toutes les générations à venir Le reconnaissent. [Il leur expliqua] qu’il fallait détruire et briser toutes les figures afin d’éviter que tout le monde ne se trompe comme eux en pensant qu’il n’existe pas d’autre dieu que ces [figures]. Ayant fait triompher ses idées par son argumentation, le roi [Nimrod] chercha à le tuer. Il fut sauvé miraculeusement et parti à Haran. Il commença à appeler à haute voix le monde entier et à leur faire savoir qu’il n’y a qu’un seul D.ieu pour l’univers tout entier et que c’est Lui qu’il convient d’adorer. Il allait de ville en ville et de royaume en royaume, proclamant et rassemblant les habitants, jusqu’à ce qu’il atteignît la Terre de Canaan. [Là aussi,] il proclama [son message], comme il est dit (Gen. 21, 33) : « et il y proclama le Nom de l’Eternel, D.ieu de l’univers ». Quand les gens affluaient vers lui et l’interrogeaient sur ses dires, il répondait à chacun à sa manière, jusqu’à ce qu’il le ramène sur le chemin de la vérité. Ainsi, des milliers et dizaines de milliers se joignirent à lui, et constituèrent « les gens de la maison d’Abraham ». Abraham implanta dans leurs cœurs ce principe fondamental et composa des ouvrages à ce sujet. Il l’enseigna à Isaac son fils. Isaac [à son tour] s’installa et enseigna, ramenant [ainsi les gens sur le chemin de D.ieu]. Isaac instruisit Jacob et le préposa à l’enseignement. Lui aussi enseigna et ramena [sur le chemin de D.ieu] tous ceux qui se joignaient à lui. Jacob notre père instruisit tous ses fils et mit à part Lévi qu’il préposa à la tête et qu’il nomma dans l’académie pour enseigner le chemin de D.ieu et garder les préceptes d’Abraham. Il ordonna à ses enfants que cette nomination au sein de la tribu de Lévi ne soit jamais interrompue et qu’il y ait [toujours] l’un après l’autre un préposé de la tribu de Lévi [à cette tâche] afin que cette doctrine ne soit pas oubliée. La transmission de cet enseignement allait grandissant au sein des enfants de Jacob et de leurs adeptes, et il se forma ainsi dans le monde un peuple connaissant D.ieu. Puis, les israélites, ayant séjourné longtemps en Egypte, se mirent à nouveau à apprendre les rites païens et, comme eux, à servir des idoles ; à l’exception de la tribu de Lévi qui resta fermement attachée à la prescription des Patriarches. La tribu de Lévi ne sombra jamais dans l’idolâtrie. Peu s’en est fallu que la foi implantée par Abraham ne fût déracinée et que les descendants de Jacob n’eussent sombré à nouveau dans l’erreur et l’égarement des peuples. Mais D.ieu, par amour pour nous et eu égard au serment fait à Abraham notre père, établit Moïse notre maître, maître de tous les prophètes et l’investit de cette mission. Après que Moïse notre maître commença à exercer sa fonction prophétique et qu’Israël fut choisi par le Tout-Puissant comme Son héritage, Il les couronna des mitsvot, leur enseigna comment Le servir et comment traiter l’idolâtrie et tous ceux qui s’y égarent.
← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam