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Lois relatives aux mélanges interdits · Chapitre 4

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 359 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Il est permis de semer, l’une à côté de l’autre, deux rangées de courges éponges, à côté d’elles : deux rangées de courges et à côté : deux rangées de lotus d’Orient, un sillon séparant une espèce de l’autre. Mais l’on ne sèmera pas l’une à côté de l’autre de simples rangées de courges éponges, de courges et de lotus d’Orient, même si un sillon sépare chaque espèce, car les feuilles de ces espèces sont longues et leurs tiges s’allongent de sorte que leurs feuilles s’entremêlent, et si ces espèces sont ensemencées en simples rangées l’une à côté de l’autre, elles se mélangeront l’une à l’autre et donneront l’impression d’avoir été semées ensemble.

2. Si l’on désire semer des rangées de courges au milieu d’un champ ensemencé d’une espèce de plante potagère, il faudra débarrasser la surface nécessaire au semis d’une rangée de courges, des plantes potagères qui s’y trouvent, séparer d’un sillon la rangée de courges de l’espèce potagère, laisser une largeur de douze coudées des plantes potagères, aménager une deuxième rangée de courges et à nouveau séparer d’un sillon la rangée de courges, de l’espèce potagère. On procédera ainsi jusqu’à l’endroit désiré, de sorte que toutes deux rangées de courges seront espacées d’un espace de douze coudées de plantes potagères. On ne pourra pas se contenter de moins de ces douze coudées, car les feuilles des courges s’emmêlent de part et d’autre avec l’espèce potagère qui sépare les deux rangées de courges, et tout apparaît comme ayant été semé ensemble.

3. Si une rangée de courges, ou même une courge unique, est ensemencée, et que l’on veut semer de la tévoua à ses côtés, il faut marquer une séparation d’un beit rova, parce que le feuillage de la courge a pour nature de prendre du terrain et d’occuper une surface importante. La place occupée par tout ce qui est susceptible de se trouver dans l’espace de séparation d’un beit rova entre les espèces, est comptabilisée dans le beit rova, que ce soit une tombe, un rocher ou tout ce qui est semblable.

4. On peut semer trois types de graines hétérogènes dans un sillon ou dans un canal d’irrigation profonds d’un téfa’h : l’un, sur l’une des rives du sillon ou du canal, l’autre, sur l’autre rive, et le troisième dans le sillon ou le canal.

5. On peut planter deux espèces hétérogènes dans une même fosse, même s’il s’agit d’une courge éponge et d’une courge, à condition que l’une des espèces tende vers l’un des côtés des bords de la fosse, et l’autre espèce, vers le côté opposé, de sorte qu’elles paraissent totalement séparées l’une de l’autre. Il est de même autorisé de planter quatre espèces dans une fosse, à condition de tourner ces quatre espèces vers les quatre directions.

6. Celui qui désire pratiquer dans son champ la culture en bandes d’espèces diverses, doit aménager un espace de deux coudées sur deux coudées entre toutes les bandes, à l’une de leurs extrémités, puis réduire progressivement cet espace jusqu’à ce qu’il ne persiste qu’un écart infime entre les bandes, à leur autre extrémité. Ainsi ces bandes auront-elles l’apparence de bandes indépendantes.

7. Si l’on désire aménager son champ, de parcelles carrées de diverses espèces, on n’aménagera pas plus de neuf parcelles carrées d’une surface d’un beit rova chacune, par beit séa du champ. Ainsi, la distance entre deux parcelles carrées sera d’environ dix coudées moins un quart de coudée, car les dimensions de chaque beit séa sont de cinquante coudées sur cinquante coudées.

8. Quelle différence y-a-t-il entre Méchar et Kara’hat ? Méchar est une parcelle allongée, alors que Kara’hat est une parcelle carrée.

9. Nous avons déjà vu que les espèces de plantes potagères sont des espèces qu’on ne sème qu’en petite quantité. On pourra semer même cinq espèces de plantes potagères dans un carré de six téfa’h de côté, à condition que l’on sème quatre espèces, aux quatre coins du carré, et une espèce au milieu, en espaçant les espèces l’une de l’autre d’environ un téfa’h et demi, afin qu’elles ne se nourrissent pas l’une de l’autre. On ne pourra toutefois pas y semer plus de cinq espèces, même en respectant les consignes d’éloignement, car un grand nombre d’espèces dans un tel carré donne l’impression d’espèces hétérogènes plantées ensemble.

10. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Dans un carré isolé d’un terrain en abandon non ensemencé. Lorsqu’il s’agit par contre d’un carré parmi d’autres carrés, on ne pourra aucunement y semer cinq espèces, car si l’on sème dans tous les coins du carré, ainsi que dans tous les coins des carrés voisins, l’impression sera d’un mélange d’espèces. On pourra toutefois faire tendre les feuilles des cultures de l’un des carrés dans une direction, et celles des cultures d’un carré mitoyen dans une autre direction etc., de sorte que les carrés donnent l’impression d’être indépendants l’un de l’autre. On pourra de même semer cinq espèces par carré si l’on trace un sillon entre chaque carré.

11. Il est défendu de semer à l’extérieur du carré sans faire de sillon et sans non plus faire tendre les feuilles comme indiqué au § précédent, et ce même si l’on désire semer en face des coins non ensemencés du carré. Ceci est en effet un décret édicté de crainte que l’on ne sème les quatre espèces aux quatre coins du carré, et d’autres espèces à l’extérieur du carré, face aux coins, et que tout ne se mélange.

12. Si les dimensions du carré sont de six téfa’h sur six téfa’h, et que le carré est entouré d’une bordure haute d’un téfa’h et large d’un téfa’h, on pourra semer dans le carré et sa bordure jusqu’à dix-huit espèces : trois sur chacun des quatre côtés de la bordure et six au milieu, en respectant un éloignement d’un téfa’h et demi entre deux espèces mitoyennes. On ne plantera pas de tubercules de navets dans la bordure, de crainte que les navets ne l’envahissent. On ne sèmera en aucun cas plus que cette quantité de dix-huit espèces.

13. Il est défendu de semer dans un tel carré et de la sorte, des « espèces de graines », car on aurait l’impression qu’il s’agit d’un semis d’espèces hétérogènes. Pour ce qui est des espèces potagères, par contre, dont l’usage est de ne les semer qu’en petites quantités, ceci est autorisé, comme nous l’avons expliqué.

14. Une bordure haute d’un téfa’h, où l’on a semé de nombreuses espèces, comme nous l’avons expliqué, mais dont la hauteur s’est réduite, après le semis, à moins d’un téfa’h, est valide, pour avoir été valide au départ.

15. Si l’on désire remplir son jardin d’une multitude d’espèces potagères, sans être tenu d’espacer les différents types de semis les uns des autres, on peut découper tout son jardin en carrés de culture, d’une taille minimale de 6 téfa’h de côté chacun. On remplit alors chaque carré, de cinq cercles, quatre aux quatre côtés, et un au centre, et l’on sème une espèce différente dans chaque cercle ; et quatre autres espèces aux quatre coins du carré. On obtient ainsi neuf espèces, clairement indépendantes, par carré. La seule perte est le terrain non cultivé qui sépare les cercles l’un de l’autre, et ce, afin que les cultures semées dans les cercles paraissent séparées des cultures semées aux quatre coins du carré, et paraissent séparées l’une de l’autre. Si l’on désire ne rien perdre du tout et remplir de cultures la surface dans sa totalité, on pourra semer en lignes horizontales, la surface séparant les cercles l’un de l’autre, si les cercles sont ensemencés en lignes verticales, et si les cercles sont ensemencés en lignes horizontales, on sèmera entre les cercles verticalement, et ce afin que les espèces paraissent séparées l’une de l’autre.

16. De tout ce qui précède, tu déduis que lorsqu’il y a entre deux espèces, l’éloignement approprié à ce qu’elles ne se nourrissent pas l’une de l’autre, on ne craint pas les apparences trompeuses, comme nous l’avons expliqué. Et lorsque deux espèces paraissent être séparées l’une de l’autre, on ne craint pas qu’elles se nourrissent l’une de l’autre, quand bien même elles sont juxtaposées l’une à l’autre, comme nous venons de l’expliquer.
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