Lois relatives à l'étude de la Thora · Chapitre 4
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 33 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Comment enseigne-t-on [aux disciples] ? Le maître s’assoit à la tête, et les disciples sont [assis] en cercle devant lui, afin qu’ils puissent tous voir le maître et écouter ses paroles. Le maître ne doit pas s’assoir sur une chaise alors que ses élèves sont assis par terre ; plutôt, soit ils sont tous sont [assis] par terre, soit ils sont tous [assis] sur des chaises. Autrefois, le maître était assis et les élèves debout ; avant la destruction du second Temple, tous ont pris l’habitude d’enseigner à leurs élèves assis.
3. S’il désire enseigner directement aux élèves, il enseigne ainsi. Et s’il enseigne au moyen d’un interprète, l’interprète se tient entre lui et les élèves ; le maître parle à l’interprète et l’interprète fait entendre [ce que dit le maître] à tous les disciples. Lorsque les élèves interrogent l’interprète, celui-ci interroge le maître. Le maître répond alors à l’interprète et ce dernier répond [à son tour] à celui qui a posé la question. Le maître ne doit pas élever davantage la voix que l’interprète et l’interprète, lorsqu’il interroge le maître, ne doit pas élever davantage sa voix que le maître. L’interprète n’a le droit ni de retrancher ni d’ajouter, ni de changer [quoi que ce soit], à moins qu’il ne soit le père ou le maître du sage [qui enseigne]. Si le maître dit à l’interprète : « Voici ce que m’a dit mon maître » ou « Voici ce que m’a dit mon père et maître », lorsque l’interprète transmet les paroles au public, il cite [l’enseignement] au nom du sage en question en mentionnant le nom de [celui-ci qui est] le père ou le maître du maître, et dit : « Voici ce qu’a dit maître untel ». Cela, bien que le maître n’ait pas mentionné le nom du sage [qui est son maître ou son père], car il est interdit d’appeler son maître ou son père par son nom.
4. Si le maître a enseigné et que les élèves n’ont pas compris, il ne se mettra pas en colère contre eux. Plutôt, il répètera l’enseignement même plusieurs fois [s’il le faut] jusqu’à ce que les élèves comprennent la profondeur de la loi. De même, l’élève ne dira pas : « J’ai compris » alors qu’il n’a pas compris, mais il interrogera même plusieurs fois [s’il le faut]. Et si le maître se met en colère contre lui, il lui dira : « Maître, c’est la Thora, il faut que j’étudie et mon esprit est limité ».
5. L’élève n’aura pas honte devant ses camarades qui ont compris dès la première ou la seconde fois alors que lui n’a compris qu’au bout de plusieurs fois. Car s’il a honte d’une telle chose, il fera des allers et retours dans la maison d’étude sans n’avoir rien appris. C’est pourquoi, les Sages d’autrefois ont dit : « Le timide ne saurait apprendre et l’irascible ne saurait enseigner ». Dans quel cas ce qui a été dit s’applique-t-il ? Lorsque les disciples n’ont pas compris le sujet étudié du fait de sa profondeur ou du fait de leurs capacités limitées. Mais si le maître remarque qu’ils se relâchent dans l’étude de la Thora et que c’est pour cela qu’ils n’ont pas compris, il est tenu de s’irriter contre eux et de les faire rougir par des paroles, afin d’éveiller [leur concentration]. C’est à ce sujet que les Sages ont dit : « Inspire la crainte aux disciples ». C’est pourquoi, il ne convient pas au maître de se conduire avec légèreté devant les disciples, ni de plaisanter en leur présence, ni de manger et boire avec eux, afin que sa crainte pèse sur eux et qu’ils apprennent de lui rapidement.
6. On n’interroge pas le maître lorsqu’il entre dans la maison d’étude avant qu’il ne se soit posé ; et un disciple ne doit pas poser une question quand il entre [dans la maison d’étude] avant d’avoir pris place et de s’être posé. Deux élèves ne doivent pas poser une question en même temps. On ne pose pas au maître une question qui relève d’un autre sujet, mais uniquement du sujet en cours d’étude, afin qu’il n’ait pas honte [s’il ne connaît pas la réponse]. Un maître peut induire en erreur ses disciples par ses questions ou par les actions qu’il fait en leur présence afin d’aiguiser [l’intelligence des élèves] et afin de savoir s’ils se souviennent ou non de ce qu’il leur a appris. Et inutile de dire qu’il a le droit de les interroger sur un autre sujet que le sujet étudié afin de les stimuler.
7. On ne pose pas une question debout et on ne répond pas debout. [On ne questionne] pas non plus d’une place élevée, ni de loin, ni [en étant] derrière les anciens. On n’interroge le maître que sur la section qu’on est en train de lire. Et on ne [l’]interroge qu’avec révérence. Et [même] sur la section concernée on ne demandera pas plus de trois Halakhot.
8. [Dans le cas où] deux posent [simultanément] une question, [si] l’un pose une question qui a trait au sujet et l’autre une question hors propos, on s’occupe de [la question] qui a trait au sujet. [Si l’un pose une question sur] un cas pratique et [l’autre une question qui n’est] pas un cas pratique [mais théorique], on s’occupe du cas pratique. Entre une Halakha et un Midrach, on s’occupe de [la question qui porte sur] la Halakha. Entre le Midrach et la Agada, on s’occupe de [la question qui concerne] le Midrach. [Entre une question sur] la Agada [et une question qui porte sur un raisonnement] « a fortiori », on s’occupe de [la question qui porte sur le raisonnement] « a fortiori ». [Entre une question sur un raisonnement] « a fortiori » [et une question sur un raisonnement par] analogie [de termes], on s’occupe du raisonnement « a fortiori ». [Si parmi] les deux qui interrogent, l’un est un sage et l’autre un disciple, on s’occupe du sage. Un disciple et un ignorant, on s’occupe du disciple. S’ils sont tous deux des sages, tous deux des disciples, tous deux des ignorants, si les questions posées par tous les deux portent sur deux Halakhot ou sur deux réponses ou sur deux questions ou sur deux cas pratiques, l’interprète a dès lors le droit [de donner priorité à la question qu’il souhaite].
9. On ne dort pas dans la maison d’étude. Quiconque somnole dans la maison d’étude, sa sagesse se réduit en lambeaux ; et de même Salomon dit dans sa sagesse (Proverbes 23, 21) : « Le goût du sommeil réduit à se couvrir de haillons ». On ne discute dans la maison d’étude que des paroles de Thora uniquement. Même quand quelqu’un éternue, on ne lui dit pas : « Santé » ; il est inutile de dire [qu’on ne parle] pas d’autres choses. La sainteté de la maison d’étude est supérieure à la sainteté de la synagogue.
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