Lois relatives à la che’hita · Chapitre 7
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 305 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Si le cho’het a commencé la che’hita et a incisé toute la trachée, puis que le poumon a été perforé, après quoi la che’hita a été achevée, l’animal est tréfa, dès lors que le poumon a été perforé avant l’achèvement de la che’hita. Et il en va de même pour tout cas semblable.
3. Si l’une des bronches du poumon a été perforée, même si elle a été perforée [de telle sorte que le trou se trouve] contre la [bronche] adjacente, l’animal est tréfa. Et si un poumon a été troué et qu’une croûte s’est formée sur la plaie, bouchant le trou, cela ne sert à rien. Si le lobe principal [c’est-à-dire le lobe caudal] d’un poumon a été perforé, bien que le trou soit bouché par la paroi thoracique, l’animal est tréfa. Et si le poumon a été troué à l’endroit où se divisent les autres lobes, c’est-à-dire l’endroit sur lequel le poumon repose naturellement [contre la paroi thoracique], il est cachère.
4. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Si l’endroit qui a été troué dans les lobes est bouché par la chair [entre les côtes]. En revanche, si le trou est contre l’os [c’est-à-dire la côte], cela ne protège pas. Et si le trou des lobes adhère [à la fois] à l’os et à la chair, l’animal est permis.
5. Si le lobe principal d’un poumon adhère étroitement à la cage thoracique, qu’il présente des excroissances ou non, on soupçonne qu’il soit troué. Que fait-on [pour vérifier] ? On sépare le poumon de la paroi thoracique en faisant attention qu’il ne se troue pas ; si on y découvre un trou et qu’on trouve un traumatisme au niveau de la paroi thoracique à l’endroit correspondant au trou, on attribue [le trou] au traumatisme [costal] et on dit que c’est après l’abattage rituel que le poumon a été troué, lorsqu’il a été séparé de [la région de la cage thoracique présentant] un traumatisme. Et si la paroi thoracique ne présente pas de traumatisme, il est certain que ce trou existait dans le poumon avant l’abattage rituel, et l’animal est tréfa.
6. S’il se trouve une partie du poumon, aussi minime soit-elle, qui est bouchée, de sorte que l’air n’y pénètre pas et qu’elle ne gonfle pas, c’est comme si le poumon était perforé et l’animal est tréfa. Comment examine-t-on un tel poumon ? On déchire l’endroit qui n’a pas gonflé au moment où on a gonflé le poumon : s’il s’y trouve une humeur visqueuse, l’animal est permis car c’est à cause de cette humeur que l’air n’y a pas pénétré. Et si on n’y trouve pas d’humeur, on place sur [l’incision] un peu de salive, de la paille, une plume ou quelque chose de semblable et on gonfle le poumon ; si l’élément qui est posé dessus bouge, l’animal est cachère. Et sinon, l’animal est tréfa, car l’air ne pénètre pas à cet endroit du poumon.
7. Concernant un poumon qui fait un bruit de sifflement quand on le gonfle, si on peut discerner l’endroit d’où vient le bruit, on met dessus de la salive, de la paille ou quelque chose de semblable : si l’élément qui est posé dessus est agité, il est certain que le poumon est troué et l’animal est tréfa. Et si on ne peut discerner l’endroit [d’où vient le bruit], on met le poumon dans de l’eau tiède et on le gonfle : si l’eau fait des bulles, l’animal est tréfa. Et sinon, il est clair que seule la membrane inférieure a été trouée et que l’air passe entre les deux membranes, ce qui explique pourquoi on entend un bruit étouffé au moment où on le souffle.
8. Garde ce principe fondamental [en mémoire] : tout poumon que l’on gonfle dans l’eau tiède et qui ne fait pas de bulle ne présente aucun trou.
9. Un poumon [dont les tissus se sont dissous de sorte qu’il] se déverse comme une cruche [d’eau] et sa membrane extérieure est intacte, sans trou, si les bronches se trouvent à leur place et n’ont pas fondu, l’animal est cachère. Et si ne serait-ce qu’une seule bronche a fondu, l’animal est tréfa. Comment fait-on [pour savoir si les bronches sont intactes ou non] ? On troue le poumon et on le verse dans un récipient qui est recouvert de plomb ou quelque chose de semblable : si on y voit des fibres blanches, on peut avoir la certitude que les bronches ont fondu et l’animal est tréfa. Et sinon, [on en conclut que] seule la chair du poumon a fondu et l’animal est cachère.
10. [Dans le cas d’]un poumon dans lequel se trouvent des « bulles », si celles-ci sont remplies d’air, d’un liquide limpide ou [encore] d’une humeur qui a la même consistance que le miel ou ce qui est semblable ou d’une humeur sèche et dure fût-ce comme de la pierre, l’animal est permis. Et s’il s’y trouve une humeur fétide [purulente] ou un liquide fétide ou trouble, l’animal est tréfa. Et lorsqu’on extrait l’humeur et qu’on l’examine, il faut [également] examiner la bronchiole située en dessous : si elle est trouée, l’animal est tréfa.
11. Si on trouve deux bulles juxtaposées l’une à l’autre dans un poumon, l’animal est tréfa, car il est très probable qu’il y ait un trou entre elles et il n’existe pas de moyen pour le vérifier. S’il y a une [bulle] qui apparaît comme deux, on la troue : si l’autre se verse [également par ce trou], il s’agit effectivement d’une seule [bulle] et l’animal est permis. Et sinon, l’animal est tréfa.
12. Si le poumon s’est désagrégé, l’animal est tréfa. Comment cela ? Par exemple, le poumon est trouvé entier, mais lorsqu’on le suspend, il s’effrite et tombe en morceaux. Si on trouve un poumon troué à un endroit où il est manipulé par la main du boucher, l’animal est permis ; on attribue [ce trou] à sa main [du boucher] et on dit : « Il a été troué par la main du boucher après l’abattage ». Si le trou se trouve à un autre endroit et que l’on ignore [s’il a été fait] avant ou après l’abattage, on y fait un autre trou et on compare [les deux], comme l’on fait pour [un trou dans] l’intestin.
13. On ne fait pas de comparaison entre [les trous dans] un poumon d’un petit animal et un poumon d’un gros animal ; [on compare] uniquement [le poumon] d’un petit [animal] au [poumon d’]un petit [animal] ou [le poumon] d’un gros [animal] au [poumon d’]un gros [animal]. Si le trou se trouve dans l’une des bulles, l’animal est tréfa. On ne dit pas : « Trouons une autre bulle et comparons », car [la ressemblance ou la différence dans un tel cas] n’est pas décelable.
14. Si une aiguille est trouvée dans le poumon, on le souffle : s’il n’y a pas d’air qui sort, on en déduit que cette aiguille est entrée par les bronches et n’a pas fait de trou. Et si le poumon a été découpé avant qu’on le souffle et qu’on y trouve une aiguille, l’animal est interdit, car il est très probable que l’aiguille ait fait un trou en pénétrant [dans le poumon].
15. Si un ver se trouvait dans le poumon et qu’il a fait un trou et est sorti, et voilà donc le poumon troué par le ver, l’animal est permis : on présume que le ver a fait le trou et est sorti après l’abattage. Il existe certaines apparences [interdites, c’est-à-dire] que si l’apparence d’un organe a changé, virant à cette couleur indésirable, l’organe est considéré comme perforé. Car la chair qui a viré à cette apparence est considérée comme morte et c’est donc comme si cette chair dont la couleur a changé n’existait plus. Et de même, il est dit (Lév. 13, 10) : « et il y a de la chair vivante dans la plaie » ; « et le jour où apparaît dans [cette plaie] de la chair vivante » (ibid., 14) ; tu en déduis que le reste de la chair [dont l’apparence] a changé n’est plus vivante.
16. [Telle est la règle lorsque] l’apparence d’un poumon a changé, que ce soit sur sa totalité ou en partie : s’il a pris une apparence qui est permise, même s’il a changé sur toute sa surface, l’animal est permis. Et s’il a pris une apparence interdite, fût-ce sur une partie minime, l’animal est tréfa. Car une apparence interdite est considérée comme un trou, comme nous l’avons expliqué.
17. Il y a cinq apparences interdites pour le poumon. Ce sont : [une apparence] noire comme de l’encre, jaunâtre comme la couleur du houblon ou comme celle du jaune d’œuf ou comme celle du carthame, ou une apparence semblable à la chair. Le carthame est la teinture que l’on utilise pour colorer les vêtements : [sa fleur] ressemble à des filaments légèrement rougeâtres, qui tirent sur le jaune.
18. Si le poumon a une apparence semblable à des branches de palmier, on l’interdit dans le doute, car cela se rapproche d’une apparence interdite. Pour toutes ces apparences, on n’interdit pas [l’animal] tant que l’on n’a pas soufflé et palpé avec la main [le poumon]. Si l’apparence du poumon change en virant sur une apparence permise, l’animal est permis ; mais s’il garde sa couleur, l’animal est interdit.
19. Il y a quatre apparences permises concernant le poumon. Ce sont : noirâtre comme du khôl, [une apparence] verte comme un poireau, [une apparence] rouge, ou une apparence semblable à celle du foie. Et même si tout le poumon est plein de taches ou de points de ces quatre couleurs, l’animal est permis.
20. Si un oiseau est tombé dans le feu et que son cœur, son foie, ou son gésier a tourné au vert, ou que ses intestins ont tourné au rouge, [fût-ce] sur une surface infirme, l’oiseau est tréfa. Car tous les [organes normalement] verts qui ont tourné au rouge ou les [organes normalement] rouges qui ont tourné au vert par l’action du feu, chez un oiseau, sont considérés comme ayant été enlevés et l’oiseau est donc tréfa. Cela, à condition qu’ils gardent cette couleur après avoir été légèrement bouillis et palpés.
21. Tout oiseau dont le foie a la même apparence que les intestins ou bien dont [l’apparence] des autres organes intérieurs a changé et ce changement demeure après qu’ils ont été bouillis et palpés, comme nous l’avons expliqué, on a la certitude qu’il est tombé dans le feu et que ses entrailles ont été brûlées, et l’oiseau est tréfa. Plus encore, si les entrailles d’un oiseau ne présentaient pas de changement d’apparence, mais que leur apparence a changé lorsqu’elles ont été bouillies, de sorte que les [organes] verts sont devenus rouges et les [organes] rouges sont devenus verts, on a la certitude que l’oiseau est tombé dans le feu et que ses entrailles ont été brûlées, et l’oiseau est donc tréfa. Et de même, s’il se trouve que la membrane extérieure de l’œsophage est blanche et que la [membrane] intérieure est rouge, que ce soit pour un oiseau ou un animal, c’est comme s’il était absent et l’animal est donc tréfa.
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