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Lois relatives à la che’hita · Chapitre 5

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 303 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Nous avons déjà expliqué dans les lois relatives aux interdits alimentaires que « l’animal déchiré » (tréfa) dont parle la Thora est celui qui tend à mourir. Le terme « déchiré » a été utilisé pour la seule raison que l’Ecriture a [choisi de] parler d’une situation courante, le cas d’un animal qui a été attaqué et mis en pièces par un lion ou par un [autre animal] semblable et n’est pas encore mort.

2. Et il y a d’autres maladies qui font que l’animal sera considéré comme tréfa si elles surviennent en lui : ces cas relèvent d’une loi dite à Moïse sur le Sinaï. Il y a huit catégories de tréfa qui ont été énoncés à Moïse sur le Sinaï. Ce sont : déchiré par les griffes, perforé, manquant, retiré, sectionné, déchiré, tombé et fracturé.

3. Bien que tous ces cas relèvent d’une loi dite à Moïse sur le Sinaï, étant donné que seul [le cas de l’animal] déchiré par les griffes [d’un prédateur] est expressément mentionné dans la Thora, les Sages s’y sont montrés plus rigoureux : dans tout cas de doute concernant un animal déchiré par les griffes, celui-ci sera interdit. Concernant les sept autres catégories de tréfa, il y a des cas de doutes [dans lesquels l’animal sera] permis, comme il sera expliqué.

4. L’animal « déchiré par les griffes » est celui qui a été attaqué par un lion ou un [animal prédateur] semblable qui l’a déchiré [en enfonçant dans sa chair les griffes] de sa patte avant ; [il peut s’agir aussi d’]un oiseau qu’un épervier, un aigle ou [un autre rapace] semblable a « déchiré » avec ses serres. Seul le lion peut « déchirer par les griffes » un animal du gros bétail ou un animal sauvage de grande taille. Un animal du menu bétail [ou un animal sauvage de petite taille peuvent être « déchirés par les griffes » de tout prédateur] à partir du loup et au-delà. Quant aux chevreaux et aux agneaux, ils peuvent êtres « déchirés » même par les griffes d’un chat, d’un renard, d’une martre ou d’un [autre animal] semblable. A fortiori les oiseaux [peuvent-ils être déchirés par les griffes de ces derniers animaux].

5. Un épervier a la possibilité de « déchirer par ses griffes » même un oiseau plus gros que lui. En revanche, les autres oiseaux de proie ont la possibilité de « déchirer par leurs griffes » un oiseau de taille identique, mais non un oiseau plus gros qu’eux.

6. Une belette a la possibilité de « déchirer par ses griffes » des oiseaux. Un chien n’a pas du tout la possibilité de « déchirer par ses griffes » [un autre animal :] ni un oiseau, ni un animal domestique ou sauvage. Un épervier peut « déchirer par ses griffes » des chevreaux et des agneaux, [ce qui a lieu] seulement lorsqu’il pénètre avec ses serres jusqu’à la cavité [abdominale de l’animal].

7. N’est « déchiré » que [l’animal qui a été blessé] par la patte avant du prédateur. Mais [s’il a été griffé] par ses pattes arrières, on ne s’en soucie pas. N’est « déchiré » que [l’animal qui a été blessé] par l’ongle [c’est-à-dire la griffe du prédateur]. Mais [s’il a été blessé] par ses dents, on ne s’en soucie pas. A moins qu’il n’ait été percé jusqu’à sa cavité abdominale : on procédera alors à un examen de crainte que l’un des organes [intérieurs], dont la perforation rend l’animal tréfa, n’ait effectivement été perforé. N’est « déchiré » que [l’animal qui a été victime] d’un acte intentionnel du prédateur. Mais si ce dernier est tombé et que ses griffes se sont enfoncées dans la victime, cela n’est pas « déchirer par les griffes ». N’est « déchiré » que [l’animal qui est déchiré par les griffes d’un prédateur] en vie. En revanche, si un prédateur « déchire » [un animal] et est tué alors que sa main est encore enfoncée dans l’[animal] « déchiré », de sorte que ce n’est qu’après la mort de l’agresseur que ses griffes sont retirées [de la victime], on ne s’en soucie pas.

8. Quel est le statut de l’animal « déchiré par les griffes » ? Partout où nous avons dit : « on se soucie [de l’état de l’animal] », on abat rituellement l’animal déchiré et on examine toute la cavité du corps, depuis la hanche jusqu’au crâne. Si celle-ci se trouve entièrement intacte, n’ayant été altérée par aucun des différents types de tréfot et qu’on n’y trouve pas de marque de griffes, l’animal est permis [à la consommation]. Et si on y trouve une marque de griffes, il est tréfa et interdit par la Thora.

9. Qu’est-ce qu’une marque de griffes ? La chair autour des entrailles devient plus rouge. Et si la chair autour des entrailles s’est décomposée au point qu’elle est devenue comme la chair qu’un médecin enlèverait d’une plaie, on considère cette chair comme manquante, et l’animal est tréfa.

10. Et si l’animal a été déchiré par les griffes [d’un prédateur] au niveau des signes [œsophage et trachée], dès lors que ceux-ci sont ont pris une teinte plus rougeâtre, il est tréfa. Et le fait qu’ils ont été « griffés » [rend l’animal tréfa même s’ils ont été touchés] dans une mesure minime : dès lors qu’une mesure minime de l’œsophage ou la trachée a pris une teinte plus rougeâtre du fait du coup de griffes [du prédateur], l’animal est tréfa.

11. Un [animal] qui fait l’objet d’un doute [quant à savoir] s’il a été « déchiré par les griffes » est interdit jusqu’à ce qu’on l’ait examiné, comme celui dont on sait avec certitude qu’il a été « déchiré ». Comment cela ? Si un lion s’est introduit au milieu de bœufs et que l’on a trouvé une griffe [détachée d’une patte de lion] dans le dos de l’un d’eux, on craint que le lion l’ait peut-être « déchiré », et on ne dit pas : « il s’est peut-être frotté contre le mur ». De même, si un renard ou une martre s’est introduit au milieu de volailles, et que le prédateur est silencieux alors que les oiseaux piaulent, on craint que le prédateur ait déchiré [l’un d’eux]. Mais si le prédateur glapit et que les oiseaux piaulent, [on suppose que] c’est du fait de la peur [du renard] et de son glapissement que les oiseaux piaulent. Et de même, si le prédateur a coupé la tête de l’un d’entre eux, [on suppose que] sa furie s’est apaisée. De même, si le prédateur et les oiseaux sont silencieux, on ne craint pas [qu’il ait piétiné l’un d’entre eux], car s’il avait blessé [l’un d’eux], ils auraient piaulé.

12. Lorsqu’il y a doute quant à savoir si un prédateur est entré ou non ou bien si on a vu [un animal entrer] mais qu’on ne sait pas s’il fait partie des prédateurs ou non, on ne craint pas [qu’il y ait eu prédation]. Et de même, si un oiseau est passé au milieu de branchages ou de roseaux et qu’il est sorti avec la tête ou le cou dégoulinant de sang, on ne craint pas qu’il ait été « déchiré » [par un prédateur] ; on dit plutôt : « Peut-être s’est-il blessé avec les branchages ».
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