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Lois relatives aux unions interdites · Chapitre 13

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 272 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Par trois choses les juifs sont entrés dans l’alliance [avec D.ieu] : par la circoncision, l’immersion [dans un mikvé] et un sacrifice.

2. La circoncision eut lieu en Egypte, ainsi qu’il est dit [à propos de l’agneau Pascal (Ex. 12, 48)] : « Et tout incirconcis n’en mangera pas ». Moïse notre maître les circoncit, car tous avaient abandonné l’alliance de la circoncision en Egypte, à l’exception de la tribu de Lévi. A ce propos, il est dit (Deut. 33, 9) : « et Ton alliance ils ont préservé »

3. L’immersion [dans un mikvé] eut lieu dans le désert avant le don de la Thora, comme il est dit (Ex. 19, 10) : « Tu les sanctifieras aujourd’hui et demain, et ils laveront leurs vêtements ». Et [de même] le sacrifice, comme il est dit (ibid. 24, 5) : « Et il envoya les jeunes hommes des enfants d’Israël et ils offrirent des offrandes » ; c’est au nom de tout Israël qu’ils les offrirent.

4. Et de même pour [toutes] les générations [d’après], lorsqu’un gentil désire entrer dans l’alliance et s’abriter sous les ailes de la Chekhina et qu’il accepte sur lui le joug de la Thora, il lui faut la circoncision, l’immersion [au mikvé], et l’agrément au moyen d’un sacrifice ; et s’il s’agit d’une femme, [il lui faut seulement] l’immersion et le sacrifice. Car il est dit (Nomb. 15, 15) : « comme vous, comme le converti » ; de même que vous [êtes entrés dans l’alliance] par la circoncision, l’immersion, et l’agrément au moyen d’un sacrifice, de même le converti pour les générations [futures entrera dans l’alliance] par la circoncision, l’immersion, et l’agrément au moyen d’un sacrifice.

5. Quel est le sacrifice du converti ? Un animal en holocauste (ola), ou bien deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, tous deux en holocauste. Et à l’époque actuelle où il n’y a plus de sacrifice, il lui faut la circoncision et l’immersion, et lorsque le Temple sera reconstruit, il apportera un sacrifice.

6. Un converti qui s’est circoncis mais ne s’est pas immergé [dans un mikvé], ou qui s’est immergé mais ne s’est pas circoncis, n’est pas converti tant qu’il ne s’est pas circoncis et immergé. L’immersion doit se faire devant trois hommes. Et dès lors que la chose requiert un tribunal, on ne procède pas à son immersion un chabbat ou un jour de fête et pas non plus la nuit. Et s’ils ont procédé à son immersion [à l’un de ces moments], c’est un converti.

7. Un converti mineur, on l’immerge [dans un mikvé] avec l’accord du tribunal car c’est un privilège pour lui. Une [femme] enceinte qui s’est convertie et s’est immergée, son enfant [à naître] n’a pas besoin d’immersion. Si un homme s’est immergé en privé et s’est converti en privé, fût-ce devant deux [témoins], il n’est pas converti. Si un homme vient et dit : « Je me suis converti au tribunal d’untel et ils m’ont immergé », il n’est pas cru pour ce qui est d’entrer dans l’assemblée [c’est-à-dire de contracter mariage] jusqu’à ce qu’il produise des témoins.

8. Si un homme qui est marié avec une israélite ou avec une convertie et qui a des enfants, déclare : « Je me suis converti en privé », il est cru pour ce qui est de se disqualifier lui-même, mais il n’est pas cru pour ce qui est de disqualifier ses enfants ; et il s’immerge à nouveau en présence d’un tribunal.

9. Une prosélyte dont on a vu qu’elle observe toujours les pratiques d’Israël, par exemple, elle s’immerge [au mikvé] pour son état de nidda, elle prélève la terouma de sa pâte, et ce qui est semblable, et de même, un prosélyte qui observe les pratiques juives, qui s’immerge [au mikvé] pour une émission séminale et qui accomplit tous les commandements, on présume que ce sont des convertis, bien qu’il n’y ait pas de témoins pour témoigner devant qui ils se sont convertis. Et néanmoins, s’ils viennent se mêler à [la communauté d’]Israël [c’est-à-dire contracter mariage], on ne les marie pas jusqu’à ce qu’ils produisent des témoins ou qu’ils s’immergent devant nous, dès lors qu’il était établi qu’ils étaient des gentils.

10. En revanche, celui qui vient et affirme qu’il était un gentil et qu’il s’est converti au tribunal, il est cru. Car [on applique dans ce cas le principe :] la bouche qui a interdit est la bouche qui a permis. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? En Terre d’Israël et à l’époque, car tous étaient là-bas présumés juifs. Mais hors de la Terre d’Israël, il lui faut apporter une preuve et ensuite il pourra épouser une israélite. Et je dis qu’il s’agit là d’une norme plus élevée [que les Sages ont fixée] en ce qui concerne la filiation.

11. De même que l’on circoncit et l’on immerge [au mikvé] les convertis, de même on circoncit et on immerge les esclaves achetés aux gentils en vue de l’asservissement. Celui qui achète un esclave à des gentils, si l’esclave prend les devants et s’immerge en vue [de devenir] un homme [juif] libre, il s’acquiert lui-même [et devient libre], à condition qu’il dise au moment de l’immersion : « Je m’immerge devant vous à titre de conversion ». Et s’il s’est immergé devant son maître, il n’a pas besoin d’expliciter [son intention] : dès lors qu’il s’est immergé, il devient affranchi. C’est pourquoi, il faut que son maître le saisisse fermement [en le plongeant] dans l’eau de sorte qu’il remonte alors qu’il est sous sa sujétion, et il l’informe devant les juges que c’est à titre d’asservissement qu’il l’immerge. Et l’immersion de l’esclave ne peut avoir lieu qu’en présence de trois [hommes] et le jour, comme [c’est le cas pour l’immersion du] converti, car cette immersion est une conversion partielle.

12. Lorsque l’esclave sera affranchi, il lui faudra procéder à une autre immersion devant trois [hommes] durant la journée, [immersion] par laquelle sa conversion s’achèvera et son statut sera celui d’un juif. Et il n’est pas nécessaire qu’il accepte sur lui les commandements et qu’on l’informe des principes fondamentaux de la foi, car on l’a déjà informé lors de son immersion en vue de l’asservissement.

13. C’est dans un mikvé valide pour l’immersion d’une femme nidda que l’on immerge les convertis, les esclaves, et les [esclaves] affranchis. Et toute chose qui constitue une séparation [entre la peau et l’eau] dans le cas d’une femme nidda constitue également une séparation dans le cas des convertis, des esclaves et des [esclaves] affranchis [et rend l’immersion invalide].

14. Qu’il ne te vienne pas à l’esprit que Samson qui a sauvé Israël ou Salomon le roi d’Israël qui est appelé « le bien-aimé de D.ieu » ont épousé des femmes étrangères en tant que non juives. En voici l’éclaircissement : la manière correcte d’accomplir la mitsva est que lorsque le candidat ou la candidate à la conversion vient pour se convertir, on fait une enquête à son sujet pour savoir si peut-être il embrasse la foi [juive par intérêt, c’est-à-dire] pour le gain financier ou la position d’autorité qu’il obtiendra, ou par crainte. S’il s’agit d’un homme, on fait une enquête pour savoir s’il n’a pas jeté son dévolu sur une fille d’Israël. S’il s’agit d’une femme, on fait une enquête pour savoir si elle n’a pas jeté son dévolu sur un jeune homme d’Israël. Si on ne leur trouve aucun motif intéressé, on les informe du poids que représente le joug de la Thora et de la peine que représente son accomplissement pour les gens du commun, afin qu’ils renoncent. S’ils acceptent et ne renoncent pas, et que l’on voit qu’ils viennent [à la Thora] par amour, on les accepte, ainsi qu’il est dit [à propos de Ruth (Ruth 1, 18)] : « Noémie, voyant que Ruth était fermement décidée à l'accompagner, cessa d'insister près d’elle ».

15. C’est pourquoi, le tribunal ne reçut pas de convertis durant toute l’époque [du roi] David et [du roi] Salomon. A l’époque de David, de peur qu’ils ne rejoignent [Israël] par crainte. Et à l’époque de Salomon, de peur qu’ils ne rejoignent [Israël] pour la royauté, le bonheur et la grandeur dont jouissait Israël. Car quiconque parmi les gentils se rallie [à Israël] pour l’une des futilités du monde ne fait pas partie des convertis légitimes. Néanmoins, il y eut beaucoup de convertis qui se convertirent à l’époque de David et de Salomon devant des gens non compétents. Le Grand Tribunal se souciait d’eux : il ne les repoussait pas après leur immersion en tout état de cause, mais il ne les rapprochait pas tant que l’on n’avait vu ce qu’il en adviendrait.

16. Et puisque Salomon a converti des femmes et les a épousées, et de même Samson a converti [des femmes] et les a épousées, et il est bien connu que celles-ci ne se sont converties que dans un but intéressé, et qu’ils ne les ont pas converties sous l’autorité du tribunal, l’Ecriture les a considérées comme des gentilles, demeurant encore interdites. De plus, leur conduite révéla finalement leur intention initiale : elles servirent leurs idoles et leur bâtirent des autels, et l’Ecriture considéra comme s’il les avait lui-même construits, ainsi qu’il est dit (I Rois 11, 7) : « alors Salomon bâtit un haut lieu ».

17. Un converti au sujet duquel on n’a pas fait d’enquête et auquel on n’a pas fait savoir les commandements et leurs châtiments, et qui s’est immergé devant trois hommes non compétents, c’est un converti. Même si l’on sait que c’est dans un but [intéressé] qu’il se convertit, dès lors qu’il s’est circoncis et immergé, il ne fait plus partie des gentils et on se soucie [de son statut] jusqu’à ce que son intégrité soit élucidée. Et même s’il revient [par la suite à ses anciennes pratiques] et s’adonne à l’idolâtrie, il est considéré comme un juif renégat, dont les kiddouchine sont valides. Et c’est une mitsva que de lui rendre un objet qu’il a perdu ; dès lors qu’il s’est immergé [au mikvé], il est considéré comme juif. Et c’est pourquoi, Samson et Salomon ont gardé leurs femmes, bien que leur secret se soit révélé.

18. C’est pour cela que les Sages ont dit : « Les convertis sont durs pour Israël comme la plaie de tsara’at », car la majorité d’entre eux viennent se convertir avec intérêt et induisent les juifs en erreur, et il est difficile de s’en écarter après qu’ils se sont convertis. Sors et apprends de ce qui est arrivé dans le désert lors de l’histoire du veau d’or et à Kivrot hataava, et de même pour la plupart des épreuves [que le peuple fit subir à D.ieu], elles furent initiées par le ramassis.
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