Lois relatives aux unions interdites · Chapitre 5
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 264 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Toutes les femmes deviennent impures [par un écoulement sanguin] dans la « pièce extérieure » ; et bien que le sang ne soit pas sorti à l’extérieur, mais qu’il se soit simplement détaché de l’utérus et n’ait pas coulé, dès lors qu’il a quitté [l’espace] entre les dents, elle est impure, bien que le sang se trouve encore dans sa chair. En effet, il est dit (Lév. 15, 19) : « son écoulement sera du sang dans sa chair ». Et jusqu’où [va l’espace] entre les dents ? Jusqu’à l’endroit qu’atteint le membre [de l’homme] au moment de la fin de la relation. Et [l’espace] « entre les dents » lui-même est considéré comme « intérieur » [et la femme ne devient impure que si le sang a franchi ce niveau].
3. Les Sages ont employé une métaphore [pour décrire l’appareil génital] de la femme. La matrice, où est conçu l’enfant, est appelé « source » ; c’est de là qu’est issu le sang de la [femme] nidda et de la [femme] zava, et on l’appelle « chambre » car il se situe tout au fond. Et le col de la matrice tout entier, qui est l’espace long dont le sommet se referme au moment de la grossesse afin que l’enfant ne tombe pas et qui s’ouvre beaucoup au moment de l’accouchement, on l’appelle « couloir », c'est-à-dire qu’il constitue une antichambre à la matrice.
4. Et au moment de la fin du rapport, le membre [de l’homme] entre dans le « couloir » et n’atteint pas son extrémité interne mais en reste quelque peu distant, selon les « doigts ». Et au-dessus de la « chambre » et du « couloir », entre la « chambre » et le « couloir », est l’endroit où se situent les deux ovaires de la femme et les conduits où sa semence arrive à maturation ; cet endroit est ce que l’on appelle « l’étage ». Et il y a comme un orifice ouvert entre l’ « étage » et le toit du « couloir », et cet orifice est appelé « escalier ». Et le membre [de l’homme] entre au-delà de l’« escalier » au moment de la fin de la relation.
5. Tout sang qui provient de la « chambre » est impur, sauf s’il s’agit du « sang de pureté », que la Thora a déclaré pur, ou du sang des douleurs [qui précèdent l’accouchement], comme il sera expliqué. Et tout sang qui provient de l’ « étage » est pur, car c’est comme le sang d’une blessure aux intestins, au foie ou au rein ou ce qui est semblable. Du sang qui est trouvé à l’intérieur dans le « couloir », s’il est trouvé depuis l’ « escalier » et au-delà vers l’intérieur, il est impur, car on présume qu’il provient de la « chambre » ; et on est coupable si l’on est entré dans le Temple [après avoir eu un tel écoulement] et on brûle térouma et kodachim [qui ont été rendus impurs par le contact avec une femme qui a eu un tel écoulement]. Et on ne dit pas : « Peut-être que le sang est descendu de l’étage via l’orifice », car la majorité du sang que l’on y trouve provient de la « chambre ». Et si le sang est trouvé dans le « couloir » à l’extérieur de l’orifice, son impureté fait l’objet d’un doute : peut être le sang provient-il de la « chambre », ou bien [peut être] s’est-il écoulé de l’ « étage » via l’ « escalier ». C’est la raison pour laquelle [du fait du doute] on ne brûle pas térouma et kodachim [qui ont été rendus impurs par le contact avec une femme qui a eu un tel écoulement] et on n’est pas coupable si on est entré dans le Temple [après avoir eu un tel écoulement].
6. Ce n’est pas tout liquide qui provient de la « chambre » qui rend impur, mais seulement le sang, comme il est dit : « son écoulement sera du sang ». C’est pourquoi, si un liquide blanc ou jaune s’est écoulé de l’utérus, bien qu’il ait la même épaisseur que le sang, dès lors qu’il n’a pas la couleur du sang, il est pur.
7. Cinq [couleurs de] sang sont impures chez une femme et les autres sont pures, les voici : le rouge, le noir, [la couleur] semblable à la partie la plus brillante du safran, [la couleur] semblable à l’eau terreuse, [la couleur] semblable au vin coupé [avec de l’eau].
8. Le [sang de couleur] rouge, quel est son aspect ? Comme le premier flot de sang qui sort lors d’une saignée faite à une personne. On met le sang [de la saignée] dans un récipient, on l’approche [du sang de la femme] et on l’observe. Et le [sang de couleur] noir a un aspect semblable à l’encre sèche. Le [sang de couleur] semblable au safran brillant, comment cela ? On apporte du safran humide [qui est encore] dans sa motte de terre, on prend de sa partie la plus brillante, la tige centrale ; car cette plante se présente sous la forme d’une tige, et dans chacune se trouvent trois tiges, et dans chaque tige se trouvent trois feuilles. On approche le sang [dont on veut déterminer s’il a la couleur du safran définie comme impure] de la feuille centrale de la tige centrale et on observe. [Le sang d’une couleur] semblable à l’eau terreuse, comment cela ? On apporte de la terre de la vallée de Sikhné ou [de la terre] semblable, qui est rouge, et on y ajoute de l’eau dans un récipient jusqu’à ce que le niveau de l’eau dépasse la terre comme la pelure d’oignon. Et il n’y a ni mesure pour [la quantité d’]eau ni pour la terre. Et on rend l’eau trouble avec le récipient [en remuant le mélange] et on compare à cette eau [le sang en question] au moment même et à sa place lorsque l’eau est trouble ; et si l’eau s’est éclaircie, on la rend trouble à nouveau.
9. Ces quatre couleurs, si le sang a une couleur semblable ou plus profonde que l’une d’entre elles, il est impur ; s’il est plus clair, il est pur. Comment cela ? Si le sang est plus noir que l’encre sèche, la femme qui a eu un tel écoulement de sang est impure. Mais s’il est moins [noir] que l’encre sèche, par exemple, si le sang est d’un noir dont l’aspect est semblable à celui d’une olive noire ou à celui de la poix ou à celui d’un corbeau, il est pur. Et il en va de même pour les trois autres couleurs.
10. [Le sang dont la couleur est] semblable au vin coupé [avec de l’eau], comment cela ? [Il s’agit du mélange] d’une proportion de vin – vin cru [non coupé] et nouveau, de [la région du] Sharon en Terre d’Israël – et de deux proportions d’eau. Si la couleur du sang est plus profonde ou plus claire que ce mélange, il est pur ; [le sang est impur] seulement s’il est semblable à ce mélange [ni plus sombre, ni plus clair]. Une femme est digne de foi pour dire : « J’ai vu du sang dont l’aspect était comme cette couleur, mais je l’ai perdu » et le sage déclare impur ou pur [en se basant sur sa déclaration].
11. Comment approche-t-il [les deux] pour voir ? Il prend dans sa main le tissu sur lequel se trouve le sang et il le regarde ainsi que l’encre [sèche] ou la feuille de safran, ou le sang de la saignée qui est dans une coupe, ou l’eau terreuse, ou le vin coupé [avec de l’eau] qui est dans une coupe, et il compare selon ce que ses yeux voient et il déclare impur ou pur. Il ne regarde pas la paroi de verre de l’extérieur, mais le liquide qui se trouve dans la coupe. Et la coupe sera large, d’un poids d’un mané, et d’une contenance de deux log, afin que la lumière y pénètre et qu’elle ne soit pas sombre.
12. On n’examine le sang que sur un tissu blanc et [à la lumière du] soleil ; et le sage qui examine fait de l’ombre avec sa main sur le sang en se tenant au soleil, afin de voir l’aspect du sang tel qu’il est. Tout sage qui examine [la couleur d’un écoulement de sang] n’a pas forcément besoin de tous ces procédés à chaque fois qu’il examine [la couleur d’un écoulement de sang]. Plutôt, le sage a la reconnaissance visuelle des couleurs de sangs, et au moment où il observera [le sang], immédiatement il déclarera impur ou pur. Et s’il a un doute concernant une certaine couleur de sang, il faudra comparer [celle-ci] à l’encre, au sang de la saignée, ou aux autres couleurs [indiquées plus haut].
13. [Dans le cas d’]une femme qui a expulsé une masse sans forme, bien que cette masse soit rouge, [c’est seulement] si elle est accompagnée [d’une émission] de sang que la femme est impure ; sinon, elle est pure. Et même si la masse [dont l’expulsion n’est pas accompagnée de sang] se déchire et se trouve remplie de sang, la femme est pure, car ce n’est pas du sang menstruel, mais du sang de la masse.
14. Si elle a expulsé une masse déchirée et que du sang est accumulé à l’intérieur, elle est impure. Aurait-elle expulsé quelque chose qui ressemble à une écorce, à un cheveu, à de la poussière, à des moucherons, si ces choses ont une couleur rouge, elle les mettra dans de l’eau tiède : si elles se dissolvent, elle est impure, car c’est du sang qui a coagulé, et toute femme qui a eu une émission de sang sec est impure. Et si ces choses sont restées dans l’eau tiède durant vingt-quatre heures et se sont finalement dissolues, il y a doute si la femme est impure. Si elles ne se sont pas dissolues en vingt-quatre heures, elles proviennent d’une lésion et la femme est pure.
15. Si elle a expulsé des choses qui ressemblent à des sauterelles, à des poissons, à des bêtes immondes ou rampantes, s’il y a du sang qui les accompagne, la femme est impure ; sinon, elle est pure.
16. Une femme qui a introduit un tube creux dans le « couloir » et qui a eu un écoulement de sang à l’intérieur du tube, elle est pure, ainsi qu’il est dit (Lév. 15, 19) : « son écoulement sera du sang dans sa chair », [ce qui signifie qu’une femme ne devient impure] que si elle a un écoulement de sang dans sa chair comme les femmes ont l’habitude d’avoir ; or, il n’est pas dans l’habitude des femmes d’avoir un écoulement dans un tube.
17. [Dans le cas d’]une femme qui a uriné et du sang est sorti avec l’urine, qu’elle ait uriné en position debout ou assise, elle est pure. Et même si son corps a éprouvé une sensation et qu’elle a été prise de tremblements, elle ne craint rien. Car c’est là la sensation des urines et les urines ne proviennent pas de la « chambre » [de la matrice], et ce sang est le sang d’une blessure au niveau du rectum ou du rein.
18. Le sang de l’hymen est pur, et il ne s’agit ni du sang de nidda, ni du sang de zava, car il ne provient pas de la « source » [de l’utérus] ; plutôt, c’est comme le sang d’une blessure. Quel est le statut de la femme vierge pour ce qui est des [écoulements de] sang ? Si elle s’est mariée mineure, qu’elle n’ait jamais eu d’écoulement de sang de sa vie ou qu’elle ait [déjà] eu un écoulement de sang dans la maison paternelle, elle est permise à son mari jusqu’à ce que la blessure [due à la rupture de l’hymen] guérisse. Car tout saignement qu’elle aura est attribué à la blessure [de la défloration]. Et si elle a des saignements après la guérison de la blessure, elle est nidda.
19. Si elle s’est mariée jeune fille (na’ara), [la règle suivante est appliquée :] si elle n’a jamais eu d’écoulement de sang de sa vie, elle est permise à son mari quatre jours, jour et nuit, bien que le sang coule ; cela, à condition que la blessure [de la défloration] n’ait pas encore guéri. Et si elle a [déjà] eu un écoulement sanguin dans la maison de son père et qu’elle s’est mariée par la suite, son mari ne peut avoir qu’une première relation avec elle et il s’arrête ; et ce sang de l’hymen sera considéré comme s’il s’agissait d’un début de menstruations. Quant à la [femme] adulte (boguéret) qui n’a jamais eu d’écoulement [de sang] de sa vie, on lui donne toute la première nuit [du mariage].
20. Les quatre nuits que l’on donne pour la jeune fille (na’ara) qui n’a [jamais] eu d’écoulement sanguin peuvent même être séparées par des intervalles : son mari peut avoir des rapports avec elle une première nuit, attendre même deux ou trois mois, et avoir des rapports [avec elle] une seconde nuit [et on attribuera les saignements à la défloration], cela, à condition que la blessure n’ait pas encore guéri.
21. Et de même, concernant la fille mineure à qui l’on donne [le droit d’avoir des rapports malgré les saignements] jusqu’à ce que la blessure [de la défloration] guérisse, même si pendant un an la blessure ne guérit pas, son mari peut avoir des rapports [avec elle] durant toute l’année, que ce soit par intervalles ou bien jour après jour.
22. Concernant une mineure qui s’est mariée et qui est devenue jeune fille (na’ara) sous la coupe de son mari et qui continue d’avoir des saignements du fait de la blessure [de la défloration], toutes les relations conjugales que son mari a eues [avec elle] alors qu’elle était mineure lui sont comptées comme une seule nuit et on lui complète les [trois derniers des] quatre jours au cours de sa jeunesse (na’arout). Et même si les trois jours qui lui sont donnés au cours de sa jeunesse (na’arout) ne sont pas consécutifs et qu’il a des rapports [avec elle] une nuit chaque deux mois, c’est permis [malgré les saignements], à condition que la blessure [de la défloration] n’ait pas [encore] guéri.
23. Comment sait-on si la blessure [de la défloration] a guéri ou n’a pas guéri ? Si elle saigne lorsqu’elle est debout et ne saigne pas lorsqu’elle est assise ; si elle saigne lorsqu’elle assise sur le sol et ne saigne pas lorsqu’elle est assise sur des oreillers ou des coussins, [cela signifie que] la blessure n’a pas guéri. Si le sang a cessé et qu’elle n’a plus du tout saigné, que ce soit en position debout ou assise sur un oreiller, [cela signifie que] la blessure a déjà guéri. Et de même, si le sang n’a pas du tout cessé, mais plutôt, qu’elle saigne même lorsqu’elle est assise sur des oreillers et des coussins, il ne s’agit pas du sang de la blessure mais du sang des menstruations.
24. Si elle saigne au moment des rapports, cela est dû à la blessure. Si elle a eu des rapports sans saigner et qu’ensuite elle a eu un écoulement de sang qui n’est pas dû à des rapports, il s’agit du sang des menstruations.
25. Celui qui a possédé une vierge sans que du sang se soit écoulé d’elle, s’il a eu de nouveau des rapports avec elle et que du sang s’est écoulé, même si elle est mineure, il s’agit du sang des menstruations. Car s’il s’agissait du sang de l’hymen, il serait apparu initialement [lors de la première relation]. Celui qui possède une fille âgée de moins de trois ans et du sang s’est écoulé, il s’agit du sang de l’hymen.
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