KOULAM Télécharger l’app

Lois relatives à la femme sota · Chapitre 3

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 258 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Comment se déroule la procédure de la sota ? Le mari se présente au tribunal de sa ville et il dit aux juges : « J’ai mis en garde ma femme [de ne pas s’isoler] avec untel et elle s’est isolée avec lui, voici mes témoins. Elle affirme qu’elle est pure et je désire lui faire boire [les eaux amères] pour examiner la chose ». Le tribunal écoute les paroles des témoins et fournit au mari deux érudits pour le surveiller, de crainte qu’il n’ait une relation charnelle avec sa femme avant qu’elle boive, alors qu’elle lui est devenue interdite jusqu’à ce qu’elle boive. Et on l’envoie à Jérusalem, car on ne fait boire une femme sota qu’en présence du Grand Tribunal des soixante-dix anciens dans le Temple.

2. Quand ils arrivent à Jérusalem, les membres du Grand Tribunal font asseoir la femme devant eux, ils l’intimident en l’absence de son mari et lui font très peur afin qu’elle ne boive pas. Ils lui disent : « Ma fille, le vin fait beaucoup, la légèreté fait beaucoup, la jeunesse fait beaucoup, les mauvais voisins font beaucoup ; ne provoque pas l’effacement dans l’eau du grand Nom [de D.ieu] qui a été écrit dans la sainteté. » Et ils lui disent : « Ma fille, beaucoup t’ont précédée et ont été emportés ; des hommes grands et honorables ont été saisis par leur penchant et ont trébuché. » Ils lui relatent l’histoire de Juda et de Tamar sa bru, l’histoire de Ruben avec la concubine de son père dans son sens littéral et l’histoire d’Amnon avec sa sœur, pour lui permettre d’avouer plus facilement. Si elle dit : « Oui, je me suis rendue impure [c’est-à-dire j’ai commis l’adultère] » ou « Je ne bois pas », elle divorce sans [percevoir l’indemnité de la] kétouba et s’en va.

3. Si elle maintient sa déclaration [à savoir] qu’elle est pure, ils l’amènent à la Porte Est du parvis [du Temple], qui est face au Saint des Saints : ils la font monter d’un endroit à l’autre et la font tourner afin de la fatiguer jusqu’à ce qu’elle soit excédée , peut-être avouera-t-elle.

4. Si elle maintient ses dires, ils l’amènent face à la Porte Est , à l’extérieur et ils la font se tenir à cet endroit. Si elle était habillée en blanc, elle s’habille en noir. Et si le noir lui va bien, elle s’habille de vêtements qui ne lui vont pas. Et ils enlèvent tous les ornements d’argent et d’or qu’elle porte sur elle.

5. Ils rassemblent un grand nombre de femmes autour d’elle ; car toutes les femmes qui se trouvent là sont tenues de la voir, ainsi qu’il est dit (Ezéchiel 23, 48) : « toutes les femmes recevront une leçon et n’imiteront point votre inconduite. » Et tout homme qui souhaite venir la voir viendra et verra. Et elle se tient parmi eux sans voile ni foulard [sur la tête], mais seulement avec ses vêtements et son bonnet, comme une femme dans sa maison.

6. Ils ne laissent là ni ses esclaves, ni ses servantes, parce qu’elle les connaît bien et est réconfortée par leur présence.

7. Puis, le cohen lui fait prêter serment dans une langue qu’elle connaît. Il l’informe dans sa langue à elle que ce ne sont que la mise en garde que lui a adressée son mari et son isolement qui ont causé pour elle [tout cela]. Et il lui dit dans une langue qu’elle connaît : « Si un homme n'a pas eu commerce avec toi, si tu ne t’es pas détournée en te souillant sous la coupe de ton mari, sois épargnée de ces eaux amères de la malédiction. Mais si tu t’es détournée sous la coupe de ton mari et que tu t’es rendu impure ; si un homme a eu commerce avec toi, à part ton mari… Que l'Eternel fasse de toi un sujet d'imprécation et de serment au milieu de ton peuple, en faisant Lui, l'Eternel, tomber ta hanche et gonfler ton ventre. Et que ces eaux de malédiction s'introduisent dans tes entrailles, pour faire gonfler le ventre et tomber la hanche ! » (Nomb. 5, 19-22). Elle répond « amen, amen » dans une langue qu’elle connaît. Il l’informe que c’est le ventre qui sera frappé en premier et ensuite la hanche, afin de ne pas dénigrer les eaux [amères ].

8. Ensuite, il apporte un parchemin [en peau d’un animal] pur comme pour un rouleau de la Thora, et il écrit [le texte de la sota] en hébreu avec de l’encre qui ne contient pas de kankantoum , [et il écrit] à l’intention de la femme comme pour un acte de divorce . Il écrit toutes les paroles par lesquelles il l’a fait jurer, lettre par lettre, mot par mot, et il écrit le Nom [de D.ieu] tel qu’il est orthographié ; et il n’écrit pas [les mots] amen, amen.

9. Puis, il amène un récipient en poterie qui n’a jamais été utilisé pour un travail et qui ne paraît pas usé par le temps ; et s’il l’a remis dans le four de sorte qu’il est redevenu nouveau , cela est valide. Il verse dedans un demi log d’eau du kior

qu’il mesurait avec [la mesure d’]un demi-log qui se trouvait dans le Temple – et il entre avec dans le Heikhal.

10. Il y avait là bas [sur le sol du Heikhal] un emplacement d’une coudée sur une coudée à la droite de celui qui entre, avec une dalle de marbre et un anneau qui y était fixé . Il soulève la dalle, prend de la terre du sol du Tabernacle et la dépose sur l’eau en quantité suffisante pour qu’elle soit visible à la surface de l’eau. Et il met dans l’eau une substance amère comme de l’absinthe ou quelque chose de semblable, car il est dit (ibid., 19) : « les eaux amères ». [Enfin,] il efface à l’intérieur de l’eau le parchemin, à l’intention de la femme, jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucune trace visible [d’écriture] sur le parchemin.

11. Puis, un cohen parmi ceux [qui officient] dans le parvis [du Temple] vient vers elle. Il saisit ses vêtements de devant et les déchire jusqu’à découvrir sa poitrine. Il découvre ses cheveux et défait ses tresses afin de l’enlaidir. Il amène une corde égyptienne afin de lui rappeler les mœurs égyptiennes qu’elle a imitées. Et s’ils ne trouvent pas de [corde] égyptienne, il apporte une n’importe quelle corde ; et il l’attache au-dessus de sa poitrine, afin que ses vêtements ne tombent pas – et elle se retrouverait alors nue – puisqu’ils ont été déchirés.

12. Puis, il apporte un issarone de farine d’orge fourni par le mari et il le dépose dans un panier égyptien . La corde et le panier proviennent [des fonds] des restes de la loge [du Trésor du Temple ], et il met le panier dans ses mains à elle pour la fatiguer .

13. Après, il prend l’oblation du panier et la dépose dans un ustensile sacerdotal ; il n’y ajoute ni huile, ni oliban . S’il a ajouté [de l’huile ou de l’oliban], il reçoit la peine du fouet pour l’huile d’une part et pour l’oliban d’autre part , comme il est dit (ibid., 15) : « il n’y versera point d’huile et n’y mettra point d’oliban ».

14. Durant tout le temps où le cohen découvre la tête de la femme et met le issarone [de farine d’orge] dans ses mains, les eaux [amères] se trouvent dans le récipient dans la main du cohen, et il montre l’eau à la femme , comme il est dit (ibid., 18) : « et dans la main du prêtre seront les eaux amères qui communiquent la malédiction. »

15. Puis, il lui fait boire [les eaux amères]. Après qu’elle a bu, il prend l’ustensile sacerdotal dans lequel se trouve l’oblation et il le lui donne dans ses mains. Le cohen place sa main en dessous de la sienne et il balance l’oblation avec elle à l’Est [de l’autel] comme pour tous les [autres] balancements . Il [la balance dans un mouvement de] va-et-vient [aux quatre points cardinaux], vers le haut et vers le bas. Après quoi il approche l’oblation à l’angle sud-ouest de l’autel, comme pour les autres oblations d’un particulier. [Puis,] Il prend une poignée [de l’oblation] et fait fumer la poignée [sur l’autel], et le reste est consommé par les cohanim.

16. Si elle est pure [c’est-à-dire qu’elle n’a pas commis d’adultère], elle se retire et elle est permise à son mari. Et si elle est impure, immédiatement son visage jaunit, ses yeux deviennent globuleux et ses veines saillissent . Et ils disent : « Faites-la sortir », « Faites-la sortir » pour éviter qu’elle n’ait ses règles – puisque les femmes nidda rendent impure la Cour des femmes – et ils la font sortir de la Cour des femmes où elle se trouve. Son ventre gonfle et ensuite sa hanche tombe et elle meurt.

17. Au moment même où elle mourra, l’amant du fait duquel elle a bu [les eaux amères] mourra également où qu’il soit, et ce qui lui est arrivé à elle lui arrivera à lui : le ventre qui grossit et la hanche qui tombe. Tout cela [se produit] si le mari de cette femme n’a jamais eu [sa vie durant] de relation charnelle interdite. Mais s’il a [déjà] eu une relation charnelle interdite, les eaux n’examinent pas sa femme, comme nous l’avons expliqué .

18. Et s’il a transgressé et a fait boire sa femme, il ajoute une faute à son péché, car il cause l’effacement dans l’eau du nom de D.ieu inutilement et dénigre les eaux de la sota : car sa femme dira à d’autres [femmes] qu’elle a commis un adultère et que les eaux ne l’ont pas examinée, tandis qu’elle ne sait pas que ce sont les actes du mari qui ont été la cause de ce que les eaux ne l’ont pas examinée.

19. C’est pourquoi, depuis que ceux qui commettaient ouvertement des adultères se sont multipliés à l’époque du second Temple, le Sanhédrin a annulé [la procédure des] eaux amères, s’appuyant sur le verset de la Tradition [prophétique] (Osée 4, 14) : « Je n’examinerai point vos filles quand elles forniqueront, etc. »

20. Une femme adultère qui a le mérite de l’étude de la Thora, bien qu’elle ne soit pas tenue à l’étude de la Thora, ce mérite met en suspens [la punition] et elle ne meurt pas sur le champ ; mais elle dépérit progressivement et est l’objet de sérieuses maladies jusqu’à ce qu’elle meure après une, deux ou trois années, suivant son mérite. Et elle meurt avec le gonflement du ventre et la chute des membres.

21. Une femme sota qui a bu les eaux amères, mais qui n’est pas morte immédiatement est permise à son mari, même si c’est un cohen. Et bien que des maladies aient commencé à se manifester chez elle et que ses autres membres aient été atteints, étant donné que son ventre n’a pas gonflé et que sa hanche n’a pas commencé à tomber, elle est permise [à son mari]. Mais dès que son ventre a commencé à gonfler et sa hanche à tomber, elle est interdite de manière certaine.

22. Une femme sota qui a bu [les eaux amères] alors qu’elle était pure, elle se renforce et son visage brille. Si elle était sujette à une maladie, la maladie partira et elle tombera enceinte et donnera naissance à un garçon ; si elle avait l’habitude d’avoir des accouchements difficiles, elle enfantera facilement ; si elle avait l’habitude d’enfanter des filles, elle enfantera des garçons.

23. Si des témoins de son adultère se sont présentés après qu’elle a bu, elle divorce sans [avoir droit à l’indemnité de la] kétouba et elle est interdite à son mari, même si aucun des symptômes [précédemment décrits] ne lui est arrivé ; parce que les eaux n’examinent que celle qui n’a pas de témoins qui font savoir son adultère. Du reste, peut-être que son mari n’est pas innocent [il a peut-être eu une relation interdite] et que c’est pour cela que les eaux n’ont pas examiné sa femme. En revanche, si un seul témoin s’est présenté [après qu’elle a bu] et a témoigné qu’elle était impure, elle n’est pas interdite et pourra demeurer avec son mari, dès lors qu’elle a bu [les eaux de la sota].

24. Une femme qui a commis un adultère [en étant] violentée ou involontairement , ou qui a eu [seulement] un contact corporel avec l’homme contre lequel son mari l’avait mise en garde, les eaux ne l’examine pas. En effet, il est dit (ibid. 5, 13) : « et elle n’a pas été prise », cela exclut celle qui est violentée, car elle a été prise de force. « Et elle a trahi son mari » (ibid., 27), cela exclue celle qui a [agi] involontairement. « Et un homme a couché avec elle par matière séminale » (ibid., 13), cela exclut celui qui a [seulement] eu un contact corporel.
← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam