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Lois relatives aux liens du mariage · Chapitre 8

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 214 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Celui qui dit à une femme : « Voici tu m’es consacrée avec cette coupe de vin » et il se trouve que c’est du miel, « [avec cette coupe] de miel » et il se trouve que c’est du vin, « [avec] ce dinar d’argent » et il se trouve que c’est [un dinar] d’or, « [avec] ce dinar d’or » et il se trouve que c’est [un dinar] d’argent, « [Voici tu m’es consacrée] à condition que je suis cohen » et il se trouve qu’il est un lévite, « [à condition que je suis] un lévite » et il se trouve qu’il est cohen, « [à condition que je suis] un natine » et il se trouve qu’il est un mamzer, « [à condition que je suis] un mamzer » et il se trouve qu’il est un natine, « [à condition que] je suis un homme d’une petite ville », et il se trouve qu’il habite la cité, « [à condition que] je suis un homme de la cité » et il se trouve qu’il habite une petite ville, « à condition que je suis un pauvre » et il se trouve qu’il est riche, « [à condition que je suis un] riche » et il se trouve qu’il est pauvre, « à condition que ma maison est proche des thermes », et il se trouve qu’elle est loin, « [à condition que ma maison est] loin [des thermes] », et il se trouve qu’elle est proche, « à condition que j’ai une servante ou une fille qui tresse les cheveux ou qui cuit le pain » et il n’en a pas, « à condition qu’il n’en a pas » et il en a, « à condition que j’ai une femme et des enfants » et il n’en a pas, « à condition qu’il n’a pas [de femme et d’enfants] » et il en a, dans tous ces cas et tous les cas similaires, elle n’est pas consacrée. Et de même si c’est elle qui l’a trompé.

2. Dans tous ces cas, quand même elle dirait : « Il était dans mon intention de lui être consacrée, bien qu’il m’ait trompée et que la chose ne soit pas conforme à ce qu’il a dit », [elle n’est pas consacrée]. Et de même, s’il dit, quant à lui : « Il était dans mon intention de la consacrer, bien qu’elle m’ait trompé », elle n’est pas consacrée. Car les paroles du cœur ne sont pas des paroles.

3. [Soit les cas suivants, où l’homme déclare :] « Voici tu m’es consacrée à condition que je suis un parfumeur » et il se trouve qu’il est [à la fois] parfumeur et tanneur ; « à condition que je suis un homme d’une petite ville », et il se trouve qu’il habite [à la fois] une petite ville et une grande cité ; « à condition que mon nom est Yossef » et il se trouve que son nom est Yossef et Chimon ; [dans tous ces cas], la femme est consacrée. En revanche, s’il lui a dit : « à condition que mon nom n’est que Yossef » et il se trouve que son nom est Yossef et Chimon, « à condition que je ne suis que parfumeur », et il se trouve qu’il est [à la fois] parfumeur et tanneur, « que je n’habite qu’une petite ville » et il se trouve qu’il habite [à la fois] une petite ville et la cité, [dans ces trois cas,] elle n’est pas consacrée.

4. Celui qui a dit à une femme : « Voici tu m’es consacrée à condition que je sais lire [la Thora] », il faut qu’il sache lire la Thora et en donner la traduction d’Onkelos le prosélyte. Lui aurait-il dit : « à condition que je suis un lecteur », il doit savoir lire Thora, Prophètes et Hagiographes avec précision. « A condition que je sais répéter », il doit connaître la Michna. Mais s’il a dit : « à condition que je suis un répétiteur », il doit savoir lire Michna, Sifra, Sifré et Tossefta de Rabbi ‘Hiya.

5. « A condition que je suis un disciple », on ne dit pas [qu’il doit être] comme Ben Azaï et Ben Zoma ; plutôt, [il s’agit de] quiconque répond à une seule question qui lui est posée dans ce qu’il étudie, fût-ce concernant les lois de la fête, parmi les choses simples que l’on enseigne en public à l’approche de la fête afin que tout le monde en ait bonne connaissance. « A condition que je suis un sage », on ne dit pas [qu’il doit être] comme Rabbi Akiva et ses pairs, mais [il s’agit de] quiconque répond à une question de sagesse qui lui est posée, quel que soit le sujet. « A condition que je suis fort », on ne dit pas [qu’il doit être] comme Avner fils de Ner et Yoav. Plutôt, [il s’agit de] quiconque est craint par ses amis du fait de sa force. « A condition que je suis riche », on ne dit pas [qu’il doit être riche] comme Rabbi Eliézer fils de Harsome et comme Rabbi Eléazar fils d’Azaria, mais [il s’agit de] quiconque est respecté par les habitants de sa ville du fait de sa richesse. « A condition que je suis un juste (tsadik) », même s’il s’agit d’un parfait méchant (racha), elle est peut-être consacrée, de crainte qu’il n’ait eu des pensées de repentir dans son cœur. « A condition que je suis un méchant (racha) », même s’il s’agit d’un juste parfait, elle est peut-être consacrée, de crainte qu’il ait eu des pensées idolâtres en son cœur. Car grande est la faute de l’idolâtrie, et dès qu’il pense en son cœur s’adonner à un tel culte, il devient un méchant, comme il est dit (Deut. 11, 16) : « de crainte que votre cœur ne soit séduit » et il est écrit (Ezéchiel 14, 5) : « afin de saisir au cœur la maison d’Israël ».

6. Celui qui a consacré une femme et dit : « Je pensais qu’elle était une cohen ; or, c’est une lévite », « [je pensais qu’elle était] une lévite ; voici qu’elle est cohen », « [Je pensais qu’elle était] pauvre ; or, elle est riche », « [Je pensais qu’elle était] riche ; or, elle est pauvre », elle est consacrée, parce qu’elle ne l’a pas trompé. Et de même, si c’est elle qui dit : « Je pensais qu’il était un cohen ; voici que c’est un lévite », « [Je pensais que c’était] un lévite ; voici qu’il est cohen », « [Je pensais qu’il était] riche ; or, il est pauvre », « [Je pensais qu’il était] pauvre ; or, c’est un riche », elle est consacrée, parce qu’il ne l’a pas trompée.
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