Lois relatives aux liens du mariage · Chapitre 8
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 214 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Dans tous ces cas, quand même elle dirait : « Il était dans mon intention de lui être consacrée, bien qu’il m’ait trompée et que la chose ne soit pas conforme à ce qu’il a dit », [elle n’est pas consacrée]. Et de même, s’il dit, quant à lui : « Il était dans mon intention de la consacrer, bien qu’elle m’ait trompé », elle n’est pas consacrée. Car les paroles du cœur ne sont pas des paroles.
3. [Soit les cas suivants, où l’homme déclare :] « Voici tu m’es consacrée à condition que je suis un parfumeur » et il se trouve qu’il est [à la fois] parfumeur et tanneur ; « à condition que je suis un homme d’une petite ville », et il se trouve qu’il habite [à la fois] une petite ville et une grande cité ; « à condition que mon nom est Yossef » et il se trouve que son nom est Yossef et Chimon ; [dans tous ces cas], la femme est consacrée. En revanche, s’il lui a dit : « à condition que mon nom n’est que Yossef » et il se trouve que son nom est Yossef et Chimon, « à condition que je ne suis que parfumeur », et il se trouve qu’il est [à la fois] parfumeur et tanneur, « que je n’habite qu’une petite ville » et il se trouve qu’il habite [à la fois] une petite ville et la cité, [dans ces trois cas,] elle n’est pas consacrée.
4. Celui qui a dit à une femme : « Voici tu m’es consacrée à condition que je sais lire [la Thora] », il faut qu’il sache lire la Thora et en donner la traduction d’Onkelos le prosélyte. Lui aurait-il dit : « à condition que je suis un lecteur », il doit savoir lire Thora, Prophètes et Hagiographes avec précision. « A condition que je sais répéter », il doit connaître la Michna. Mais s’il a dit : « à condition que je suis un répétiteur », il doit savoir lire Michna, Sifra, Sifré et Tossefta de Rabbi ‘Hiya.
5. « A condition que je suis un disciple », on ne dit pas [qu’il doit être] comme Ben Azaï et Ben Zoma ; plutôt, [il s’agit de] quiconque répond à une seule question qui lui est posée dans ce qu’il étudie, fût-ce concernant les lois de la fête, parmi les choses simples que l’on enseigne en public à l’approche de la fête afin que tout le monde en ait bonne connaissance. « A condition que je suis un sage », on ne dit pas [qu’il doit être] comme Rabbi Akiva et ses pairs, mais [il s’agit de] quiconque répond à une question de sagesse qui lui est posée, quel que soit le sujet. « A condition que je suis fort », on ne dit pas [qu’il doit être] comme Avner fils de Ner et Yoav. Plutôt, [il s’agit de] quiconque est craint par ses amis du fait de sa force. « A condition que je suis riche », on ne dit pas [qu’il doit être riche] comme Rabbi Eliézer fils de Harsome et comme Rabbi Eléazar fils d’Azaria, mais [il s’agit de] quiconque est respecté par les habitants de sa ville du fait de sa richesse. « A condition que je suis un juste (tsadik) », même s’il s’agit d’un parfait méchant (racha), elle est peut-être consacrée, de crainte qu’il n’ait eu des pensées de repentir dans son cœur. « A condition que je suis un méchant (racha) », même s’il s’agit d’un juste parfait, elle est peut-être consacrée, de crainte qu’il ait eu des pensées idolâtres en son cœur. Car grande est la faute de l’idolâtrie, et dès qu’il pense en son cœur s’adonner à un tel culte, il devient un méchant, comme il est dit (Deut. 11, 16) : « de crainte que votre cœur ne soit séduit » et il est écrit (Ezéchiel 14, 5) : « afin de saisir au cœur la maison d’Israël ».
6. Celui qui a consacré une femme et dit : « Je pensais qu’elle était une cohen ; or, c’est une lévite », « [je pensais qu’elle était] une lévite ; voici qu’elle est cohen », « [Je pensais qu’elle était] pauvre ; or, elle est riche », « [Je pensais qu’elle était] riche ; or, elle est pauvre », elle est consacrée, parce qu’elle ne l’a pas trompé. Et de même, si c’est elle qui dit : « Je pensais qu’il était un cohen ; voici que c’est un lévite », « [Je pensais que c’était] un lévite ; voici qu’il est cohen », « [Je pensais qu’il était] riche ; or, il est pauvre », « [Je pensais qu’il était] pauvre ; or, c’est un riche », elle est consacrée, parce qu’il ne l’a pas trompée.
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