Lois relatives aux fondements de la Thora · Chapitre 6
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 18 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Il y a sept noms [de D.ieu] : le nom écrit youd--he--vav—he (le Tétragramme). C’est le nom explicite [de D.ieu] et il est [également] écrit alef-dalet-noun-youd. [Les six autres noms sont] E-l, Elo-ha, Elo-him, Elo-haï, Cha-daï, Tseva-ot. Qui efface même une seule lettre de [l’un de] ces sept noms reçoit le fouet.
3. Tout préfixe du Nom divin, comme le lamed de , le beit de ou [autres préfixes] semblables, n’a pas la même sainteté que le Nom divin et il est permis de l’effacer. Et tout suffixe du Nom divin, comme le khaf de , et le khaf mem de et [autres suffixes] semblables, ne peut pas être effacé, et est considéré comme les autres lettres du Nom divin, parce que le Nom leur confère la sainteté. Bien que les lettres [du suffixe] soient sanctifiées et qu’il soit interdit de les effacer, celui qui efface ces lettres accolées ne reçoit pas le fouet ; toutefois, on lui administre makat mardout.
4. Si on a écrit [les lettres] alef-lamed du [nom] E-lohim, ou bien [les lettres] youd-he du Tétragramme, ces lettres ne peuvent pas être effacées. Et inutile de dire [que si les lettres] youd-he [on été écrites] en tant que nom en soi, [elles ne peuvent plus être effacées] parce que ce nom [youd-he] est une partie du Nom explicite. En revanche, si on a écrit [les lettres] chine et dalet du Nom Cha-daï ou bien [les lettres] tsaddei et beit [du Nom] Tseva-ot, ces lettres peuvent être effacées.
5. Les autres désignations par lesquelles le Saint béni soit-Il est loué, comme le Bienveillant, le Compatissant, le Grand, le Puissant, le Redoutable, le Fidèle, le Jaloux, le Fort et les [désignations] semblables, sont comme les autres écrits saints et il est permis de les effacer.
6. Si un Nom divin est inscrit sur un ustensile, on coupe la partie où se trouve le Nom et on l’enfouit. Même si le Nom est gravé sur un ustensile en métal ou en verre et qu’on fait fondre l’ustensile, on reçoit le fouet : plutôt, on coupe la partie où se trouve le Nom et on l’enfouit. Et de même, si un Nom divin est inscrit sur son corps, il ne devra ni se laver, ni s’enduire [d’huile], ni se tenir dans un endroit souillé. Si l’occasion d’une immersion liée à une mitsva se présente à lui, il enroulera un jonc sur le Nom et s’immergera. Et s’il ne trouve pas de jonc, il entourera ses vêtements autour du Nom. Il ne devra pas serrer [trop fort], de manière à ne pas faire séparation [entre l’eau et la peau]. Car la seule raison pour laquelle les Sages ont dit d’entourer [la peau] d’un jonc est qu’il est défendu de se tenir nu devant le Nom divin.
7. Celui qui détruit ne serait-ce qu’une seule pierre de l’autel, du Heikhal ou du reste du parvis [du Temple] dans une seule intention destructrice reçoit le fouet. Car il est dit concernant l’idolâtrie (Deut. 12, 3) : « Vous démolirez leurs autels » et il est dit (ibid., 4) : « Vous ne ferez pas ainsi envers l’Eternel votre D.ieu ». Et de même, celui qui brûle du bois consacré [pour l’entretien du Temple] dans un but destructif reçoit le fouet, comme il est dit (ibid., 3) : « vous brûlerez leurs arbres sacrés (achèra) », et il est dit (ibid., 4) : « vous n’agirez pas ainsi envers l’Eternel votre D.ieu ».
8. Tous les écrits saints [de la Bible], leurs interprétations et leurs commentaires, il est interdit de les brûler ou de les détruire de ses propres mains. Celui qui les détruit de ses propres mains se voit administrer makat mardout. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour les écrits sacrés écrits par un juif avec [une intention] sacrée. En revanche, un rouleau de la Thora écrit par un juif hérétique, on le brûle avec les Noms divins qu’il contient, parce qu’il n’a pas foi en la sainteté du Nom [de D.ieu] et ne l’a pas écrit dans cette intention, mais plutôt en considérant cela comme [n’importe quel] autre mot ordinaire. Puisque telle est son intention, le Nom n’est pas sanctifié et c’est une mitsva de brûler [un tel rouleau], afin de ne pas laisser de souvenir des hérétiques et de leurs actes. En revanche, le Nom [de D.ieu] écrit par un gentil, on l’enfouit. Et de même, les textes sacrés qui sont devenus usés ou qui ont été écrits par un gentil seront enfouis.
9. Tous les « Noms » mentionnés en rapport avec Abraham sont sacrés [c’est-à-dire qu’ils se rapportent à D.ieu]. Même le Nom mentionné [dans le verset (Gen. 18, 3) :] « Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux » est sacré. Tous les « Noms » mentionnés en rapport avec Loth sont profanes, à l’exception de celui-ci [qui est sacré] : « Oh, non ! Seigneur, voici donc Ton serviteur a trouvé grâce » (ibid. 19, 18-19). Tous les « Noms » mentionnés en rapport avec la ville de Ghibea-en-Benjamin sont sacrés. Tous les noms mentionnés dans la section relative à Micah sont profanes. Tous les « Noms » mentionnés dans la section relative à Navot sont sacrés. Toute [mention du nom] Chlomo dans le Cantique des cantiques est sacrée [elle se rapporte à D.ieu] et [ce nom] est considéré comme les autres désignations [de D.ieu, cf. § 5], exception faite [du nom Chlomo mentionné] dans ce [verset (Cant. 8, 12) :] « à toi, Chlomo, les mille » [qui a un sens profane puisqu’il fait référence au roi Salomon]. A chaque fois que [le terme] « roi » est mentionné dans [les paroles de] Daniel, il a un sens profane, à l’exception de celui-ci (Daniel 2, 37) : « Toi, ô, roi ! Le Roi des rois [qui est le D.ieu du ciel t’a donné un puissant royaume] », qui est [sacré et est] considéré comme les autres désignations [de D.ieu].
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