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Lois relatives au repos du jour de fête · Chapitre 3

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 152 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Celui qui a de la terre « préparée » ou de la cendre « préparée », qu’il est permis de déplacer, peut abattre un animal sauvage ou un oiseau pendant Yom Tov et couvrir leur sang avec cette terre comme le requiert la loi. Mais s’il n’a pas de terre « préparée » ou de cendre susceptible d’être manipulée durant Yom Tov, il n’a pas le droit d’abattre en ce jour un animal sauvage ou un oiseau. S’il transgresse et abat de la volaille ou un animal sauvage le jour de fête, il ne devra pas recouvrir leur sang jusqu’au soir. De même, on n’abat pas, un jour de fête, une bête qui fait l’objet d’un doute quant à savoir s’il s’agit d’un animal sauvage (‘haya) ou domestique (behéma). Si on a abattu un tel animal, on ne couvrira pas son sang jusqu’au soir, même si on a à disposition de la terre « préparée » ou de la cendre, de crainte que celui qui voit cela ne conclue qu’un tel animal a un statut certain d’animal sauvage (‘haya), pensant que c’est pour cela qu’on a couvert son sang pendant Yom Tov. Il serait alors induit en erreur et en viendrait à penser que le suif de cet animal est autorisé.

2. De même, celui qui abat un animal sauvage ou de la volaille veille de Yom Tov ne doit pas recouvrir leur sang pendant Yom Tov. Si quelqu’un a abattu un animal domestique, un animal sauvage et de la volaille pendant Yom Tov et leur sang s’est mélangé, il ne couvrira pas le sang jusqu’au soir qui fait suite à la fête. Mais s’il a de la terre préparée ou de la cendre, et qu’il peut recouvrir tout le sang par une seule pelletée, il doit le faire.

3. Celui qui abat un animal pendant Yom Tov a le droit d’arracher la laine à la main à l’endroit du cou où il doit passer le couteau, à condition qu’il ne la bouge pas de sa place, mais laisse la laine arrachée emmêlée avec la laine restante du cou de l’animal. En revanche, s’agissant d’un oiseau, on n’arrachera pas les plumes de son cou en vue de l’abattage rituel car c’est là la manière habituelle de les détacher : ce serait donc faire le travail qui consiste à détacher de manière normale une chose de là où elle pousse, travail interdit Yom Tov.

4. Celui qui enlève la peau d’un animal abattu le jour même de Yom Tov ne devra pas la saler, parce que le salage fait partie du tannage de la peau : il ferait donc un travail interdit qui n’est pas nécessaire à la préparation de la nourriture. Toutefois, il peut poser la peau à un endroit où elle sera piétinée de sorte les gens la piétinent et qu’elle ne s’abîme pas. Ce n’est qu’en vertu de la joie de la fête que les Sages ont permis cela, afin qu’on n’abstienne pas d’abattre un animal pendant Yom Tov en raison de la peau qui pourrait être perdue. Il est permis de saler au-dessus d’une peau de la viande en vue en préparation pour le grillage. Et on peut ruser à ce propos. Comment cela ? On peut saler un peu de viande ici et là, jusqu’à que toute la peau soit salée.

5. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Quand on sale la viande en vue de la griller, ce qui ne nécessite pas beaucoup de sel. Toutefois, s’il s’agit de saler la viande en vue de la cuire dans une casserole, ce qui nécessite de la saler abondamment, il est interdit de la saler au-dessus d’une peau. De même, on ne doit pas saler les graisses (‘hélev), on ne doit pas les retourner et on ne doit pas les étendre sur des piquets exposés à l’air en vue éviter qu’elles ne se gâtent, parce qu’elles ne sont pas aptes à la consommation.

6. Celui qui ôte la peau d’un animal un jour de fête ne doit pas le « dépouiller par le pied ». Qu’est que « dépouiller par le pied » ? C’est celui qui retire toute la chair de l’animal par une incision faite au niveau d’un seul pied, de manière laisser toute la peau intacte sans qu’elle ne se déchire. C’est interdit Yom Tov, parce qu’il fournit un effort important pour dépouiller l’animal de cette manière et cela n’est pas nécessaire pour la fête. De même, il est interdit de faire une anse dans une pièce de viande, si cette anse est faite avec un couteau, afin de ne pas la faire de manière ordinaire. Mais il est permis de permis de faire un signe distinctif dans une pièce de viande.

7. On peut ébouillanter la tête et les pieds d’un animal après l’abattage et les roussir au feu afin d’ôter les poils, mais on ne doit pas couvrir de chaux, d’argile, ni de terre pour ôter les poils et on ne doit pas tondre les poils au ciseau. De même, on ne peut pas tailler un légume avec les ciseaux réservés à cet effet. Toutefois, on peut apprêter un aliment épineux – comme des artichauts ou des cardons – à l’aide d’un ciseau.

8. Il est permis de pétrir une grande quantité de pâte le jour de Yom Tov. Celui qui a pétri de la pâte la veille de Yom Tov ne doit pas en prélever la ‘halla pendant Yom Tov. S’il l’a pétrie à Yom Tov, il en prélève la ‘halla et la remet au cohen. Si la pâte était impure ou que la ‘halla est devenue impure, il ne devra pas cuire la ‘halla, car on ne peut cuire le jour de Yom Tov que pour manger, et cette ‘halla doit être brûlée. Et on ne doit pas la brûler à Yom Tov, parce qu’on ne brûle pas pendant Yom Tov de la nourriture consacrée qui est devenue impure. En effet, brûler de la nourriture consacrée devenue impure est un commandement positif, ainsi qu’il est dit : « il sera consumé par le feu ». Or, l’interdiction de réaliser un travail qui n’est pas nécessaire à la préparation de la nourriture ou assimilé relève à la fois d’un commandement négatif et d’un commandement positif. Et l’accomplissement d’un commandement positif ne repousse pas à la fois un commandement négatif et un commandement positif.

9. Que fait-on avec cette ‘halla impure ? On la laisse jusqu’au soir et on la brûle. Le jour de fête de Pessa’h, étant donné que le fait de laisser tel quel la ‘halla sans la brûler la rendrait ‘hamets, il ne faudra pas prélever la ‘halla à l’état de pâte, mais cuire toute la pâte impure, puis prélever la ‘halla à l’état de pain azyme.

10. On ne cuit pas dans un grand four (fournei) qui est neuf c’est-à-dire qui est utilisé pour la première fois. C’est là un décret de crainte que le fourneau ne craque, gâchant le pain et privant ainsi la personne de la joie de la fête. On ne doit pas ratisser la cendre d’un four (tanour) ou d’un fourneau (kiraïm), mais on peut tasser la cendre qu’ils contiennent ; toutefois, s’il est impossible de cuire ou de rôtir sans ratisser la cendre, c’est permis. On peut sceller l’ouverture d’un four avec de la boue et de la fange de la berge d’une rivière, à condition qu’elle ait été ramollie depuis la veille. Mais il est interdit de pétrir de la boue pendant Yom Tov. En revanche, il est permis de pétrir de la cendre avec de l’eau pour sceller l’ouverture d’un four.

11. On ne doit pas enduire d’huile un four ou un fourneau neufs pendant Yom Tov, ni les frotter avec un tissu, ni les refroidir avec de l’eau froide après les avoir chauffés en vue de les endurcir. Mais si on les refroidit afin de pouvoir cuire le pain sans qu’il ne brûle, le four étant trop chaud, c’est permis. On ne doit pas chauffer des pierres pour griller ou cuire de la nourriture dessus, parce que cela les endurcit. On peut allumer le feu et cuire dans un grand fourneau (fournei) et on peut réchauffer de l’eau dans un antikhi.

12. On ne fait pas de fromage le jour de Yom Tov, car il ne perd pas sa qualité gustative s’il est préparé la veille. En revanche, on peut piler des épices d’une façon ordinaire pendant Yom Tov, car elles perdraient leur saveur si on les pilait la veille. Le sel en gros morceaux, cependant, ne doit pas être pilé le jour de Yom Tov, à moins d’incliner le pilon ou de le piler dans une assiette ou ce qui est semblable, afin de changer la manière habituelle. En effet, le sel ne perd pas sa saveur lorsqu’il est pilé la veille de la fête. On ne doit pas moudre les grains de poivre avec leur moulin ; mais on peut les piler dans un mortier, comme toutes les autres épices.

13. On ne broie pas du gruau dans un grand mortier. Mais on peut on peut les broyer avec un petit pilon, ceci qui constitue le changement par rapport à la manière normale de faire dans ce cas. En terre d’Israël, c’est interdit même avec un petit mortier, car les grains y sont de qualité supérieure et ils ne subissent aucune perte de saveur si on les broie la veille de la fête.

14. La farine, bien qu’on l’ait passée au tamis la veille de la fête et qu’on en ait ôté le son, on ne doit pas la passer au tamis une seconde fois le jour de Yom Tov, à moins qu’un caillou, un éclat de bois ou quelque chose de semblable ne soit tombé à l’intérieur. Toutefois, si l’on le fait d’une façon inhabituelle, c’est permis. Comment cela ? Par exemple, si on la tamise avec le derrière du tamis ou si on la tamise au-dessus d’une table ou avec tout autre changement semblable.

15. On peut frotter des épis de blé à la main afin d’en extraire le grain et ainsi aussi décortiquer des légumes secs le jour de Yom Tov. On peut secouer le grain mélangé aux impuretés afin de faire tomber celles-ci, une petite quantité à la fois, même de toutes ses forces, et manger le grain. On peut utiliser à cet effet même un entonnoir ou un plat de service, mais non un tamis ou un crible. De même, celui qui trie des légumes secs le jour de Yom Tov peut le faire comme à son habitude c’est-à-dire en éliminant les déchets et en laissant ce qui est comestible, sur son giron ou dans un plat de service, mais non avec un tamis, une tablette ou un crible.

16. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Quand il y a plus de nourriture que de déchets. Mais les déchets sont plus nombreux, on triera les légumes en prenant ce qui est comestible et on laissera les déchets. De même, si le fait de séparer les déchets de la nourriture demande un plus grand effort que le fait de séparer la nourriture des déchets, on triera les légumes en prenant ce qui est comestible et on laissera les déchets, même s’il y a plus de nourriture que de déchets.

17. On ne filtre pas de la moutarde en utilisant la passoire appropriée, parce que cela apparaît comme un travail de tri. En revanche, on peut mettre un œuf dans une passoire à moutarde, et la moutarde filtre d’elle-même. Si un filtre est déjà suspendu au-dessus d’un récipient avant le commencement de la fête, il est permis d’y verser du vin pour filtrer la lie pendant Yom Tov. Mais on ne doit pas suspendre un filtre pendant la fête, pour ne pas suivre l’habitude de la semaine. On peut néanmoins user d’une ruse qui consiste à suspendre le filtre en vue d’y mettre des grenades, y mettre effectivement des grenades pour finalement ensuite les retirer et y mettre la lie.
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