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Lois relatives aux rois et à leurs guerres · Chapitre 8

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 1013 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Les combattants de l’armée, lorsqu’ils rentrent dans le territoire des gentils, le conquièrent et font des captifs, ils ont le droit de manger des animaux nevéla ou tréfa, de la viande de porc ou des choses semblables, s’ils ont faim et ne trouvent rien d’autre à manger que ces aliments interdits. De même, ils peuvent boire du vin de libation [idolâtre]. Par tradition orale, on a appris que [le verset (Deut. 6, 11) :] « et aux maisons pleines de tous les bonnes choses » c’est-à-dire du collet de porc et ce qui est semblable./br>

2. Et de même il peut avoir des rapports avec une femme alors qu’elle est encore une gentille s’il est sous l’emprise de ses pulsions ; cependant, il ne pourra la posséder et s’en aller : il devra l’introduire dans sa maison. En effet, il est dit (ibid. 21, 11) : « Si tu vois parmi les captifs une femme de belle apparence ». Et il lui est interdit d’avoir une second fois des rapports avec elle jusqu’à ce qu’il l’épouse./br>

3. La « femme de belle apparence » n’est permise qu’au moment de la capture, comme il est dit « tu verras parmi les captifs ». « Une femme de belle apparence » : qu’elle soit vierge, déflorée ou mariée, car il n’y a pas de lien marital chez les gentils. < « Que tu désires » ; même si elle n’est pas belle. < « Elle » et non une autre ; il ne pourra pas avoir des rapports avec deux . « Et que tu la prennes pour toi pour femme » ; il ne pourra pas en prendre deux, en posséder une et laisser l’autre pour son père ou son frère. < D’où qu’il ne peut lui faire violence au cours des combats ? Car il est dit (ibid., 12) : « Tu l’amèneras dans ta maison ». Il l’introduira dans un endroit discret et après il pourra avoir des rapports avec elle./br>

4. Un cohen a le droit d’avoir un premier rapport avec une « femme de belle apparence », car la Thora a simplement tenu compte du mauvais penchant [de l’homme]. Mais il ne pourra< pas

5. Quelle est la loi relative à un israélite ordinaire concernant la « femme de belle apparence » ? Après qu’il a eu des rapports avec elle une première fois alors qu’elle est encore une gentille, si elle accepte d’entrer sous les ailes de la Présence divine [c’est-à-dire de se convertir], il l’immerge immédiatement [dans un bain rituel] pour la convertir. Et si elle n’accepte pas [la foi juive], elle habitera dans sa maison durant trente jours, ainsi qu’il est dit (ibid., 13) : « elle pleurera son père et sa mère un mois durant ». Et de même, elle pleure sa religion et il ne l’empêche pas. Elle se laisse pousser les ongles et se rase la tête, pour s’avilir à ses yeux. Elle restera avec lui dans la maison : il la verra en entrant, la verra en sortant, afin qu’il la prenne en dégoût. Il la pousse à la roue afin qu’elle accepte [la foi juive]. Si elle accepte et qu’il veuille d’elle, elle se convertit et s’immerge comme tous les convertis. /br>

6. Il faut qu’elle attende trois mois : un mois de pleurs et les deux mois qui suivent, après quoi il l’épouse avec contrat de mariage et kidouchine. S’il n’en veut pas, il la laisse partir à son gré. Et s’il la vend, il transgresse un interdit, ainsi qu’il est dit (ibid., 14) : « Tu ne la vendras pas à prix d’argent » ; la vente n’a pas effet et il doit rendre l’argent. De même, s’il la réduit à l’état de servante après qu’elle a été possédée, dès qu’il s’en sert, il transgresse un interdit, ainsi qu’il est dit ibid.) : « Tu ne l’exploiteras pas », c’est-à-dire qu’il ne s’en servira pas./br>

7. Si elle ne veut pas se convertir, on la pousse à la roue pendant douze mois. Si elle ne veut pas, elle accepte les sept commandements prescrits aux enfants de Noé, et il la laisse partir à son gré, et elle a le même statut que tous les étrangers résidents. Et il ne l’épouse pas, car il est interdit d’épouser une femme qui ne s’est pas convertie./br>

8. Si elle conçoit du premier rapport, l’enfant a le statut de prosélyte et il n’est en aucune façon son fils à lui, parce qu’il est d’une gentille ; le tribunal l’immerge [à titre de conversion] sous sa responsabilité. Tamar était née d’un premier rapport d’une « femme de belle apparence », tandis qu’Absalon était né après le mariage. Tamar était donc la sœur d’Absalon par sa mère, et était en droit de se marier avec Amnon ; c’est d’ailleurs ce que dit le texte (II Samuel 13, 13) : « Que ne parles-tu plutôt au roi ? Il ne refuserait pas de m'unir à toi. »./br>

9. Une « femme de belle apparence » qui refuse d’abandonner l’idolâtrie après les douze mois, on la tue. De même, une ville qui a fait la paix, on ne conclut pas d’alliance avec ses habitants tant qu’ils n’ont pas renié l’idolâtrie et détruit tous ses lieux de culte, et accepté les autres commandements prescrits aux enfants de Noé. Car tout gentil qui n’accepte pas les commandements prescrits aux enfants de Noé, on le tue s’il est sous notre autorité./br>

10. Moïse notre maître n’a légué la Thora et les commandements qu’à Israël, ainsi qu’il est dit (Deut. 33, 4) : « un héritage pour la communauté de Jacob », et à quiconque d’entre les autres nations désire se convertir, ainsi qu’il est dit : « comme vous le prosélyte ». Mais celui qui ne veut pas, on ne le contraint pas à accepter la Thora et les commandements. Par ailleurs, Moïse a reçu l’ordre de la bouche du Tout-Puissant de contraindre tous les humains à accepter les commandements prescrits aux enfants de Noé ; et quiconque n’accepterait pas serait exécuté. Celui qui accepte est ce qu’on appelle partout un « étranger résident » (guer tochav). Et il faut qu’il accepte sur lui devant trois érudits.
Et quiconque a accepté de se circoncire et ne l’a pas fait alors que douze mois sont passés est comme un homme des nations.

11. Quiconque accepte les sept commandements [prescrits aux enfants de Noé] et veille à les pratiquer fait partie des Justes d’entre les nations du monde et a part au monde futur. Cela, à condition qu’il les accepte et les pratique parce que D.ieu en a donné l’ordre dans la Thora et qu’Il nous a fait savoir par le truchement de Moïse notre maître que ces commandements avaient déjà été prescrits aux enfants de Noé. Mais s’il les pratique par conviction intellectuelle, ce n’est pas un « étranger résident » : il ne fait partie ni des justes d’entre les nations, ni de leurs sages.
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