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Lois relatives aux rois et à leurs guerres · Chapitre 6

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 1011 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. On ne fait la guerre contre aucun individu au monde avant de l’avoir appelé à la paix, tant pour une guerre facultative que pour une guerre prescrite par la loi, ainsi qu’il est dit (Deut. 20, 10) : « Lorsque tu t’approcheras d’une ville pour la combattre, tu l’inviteras d’abord à la paix ». S’ils ont répondu à la paix et accepté les sept lois prescrites aux enfants de Noé, on ne tue aucun d’entre eux et ils sont soumis au tribut, comme il est dit (ibid., 11) : « Ils te devront tribut et te serviront ».S’ils ont accepté le tribut mais non l’assujettissement, ou s’ils ont accepté l’assujettissement mais non le tribut, on ne les écoute pas jusqu’à ce qu’ils acceptent les deux. L’assujettissement qu’ils accepteront, c’est d’être méprisables et bas ; ils ne lèveront pas la tête au sein d’Israël et seront soumis sous leur autorité. Ils ne seront nommés à aucune fonction sur Israël.Le tribut qu’ils accepteront, c’est d’être à la disposition du service du roi, corps et biens, comme pour la construction des murailles et la fortification des citadelles, la construction du palais du roi et semblables, ainsi qu’il est dit (I Rois 9, 15-22) : « Le but du tribut qu'avait levé le roi Salomon était de construire la maison de l'Eternel et sa propre maison, plus le Millo, la muraille de Jérusalem […] plus toutes les villes d'approvisionnement de Salomon […] toute la population survivante des Amorréens […] Salomon les obligea à payer tribut jusqu’à ce jour. Parmi les enfants d'Israël, Salomon n’employa aucun esclave, ils étaient seulement ses hommes de guerre, ses fonctionnaires, ses officiers, capitaines, commandants de ses chars et de sa cavalerie. »

2. Le roi peut leur poser comme condition qu’il prendra la moitié de leurs biens, ou [qu’il prendra] leurs biens immeubles et leur laissera tous les meubles, ou [qu’il prendra] leurs meubles et leur laissera les immeubles, selon ce qu’il aura stipulé.

3. Il est interdit de leur mentir dans le pacte et de tromper leur confiance après qu’ils ont fait la paix et accepté les sept lois.

4. S’ils n’ont pas fait la paix, ou s’ils ont fait la paix mais n’ont pas accepté les sept lois, on leur livre combat et on tue les hommes adultes, on prend en butin tous leurs biens et leurs enfants ; on ne tue ni femme ni enfant, ainsi qu’il est dit (Deut. 20, 14) : « les femmes et les enfants », ce sont les enfants mâles. De quel cas parle-t-on ? D’une guerre facultative, contre les autres peuples. Mais s’agissant des sept peuples ou d’Amalek qui refuseraient la paix, on ne laisse pas un seul vivant. En effet, il est dit (ibid., 15-16) : « Ainsi procéderas-tu pour toutes [les villes … qui ne font pas partie des villes de ces nations ;] mais dans les villes de ces peuples […] tu ne laisseras âme qui vive » ; et de même, il est dit concernant Amalek (ibid. 25, 19) : « Tu effaceras le souvenir d’Amalek ».D’où que l’on ne parle [ici] que de ceux qui n’auraient pas accepté la paix ? Parce qu’il est dit (Josué 11, 19-20) : « Pas une ville, à l'exception des Hévéens habitants de Gabaon, ne se soumit pacifiquement aux enfants d'Israël ; ils durent les conquérir toutes par les armes. D.ieu avait permis qu'ils acceptassent résolument la lutte avec Israël afin qu'on les exterminât », ce qui laisse entendre qu’on leur avait envoyé des propositions de paix et qu’ils n’avaient pas accepté.

5. Josué a envoyé trois écrits avant d’entrer en Terre [d’Israël]. En premier, il leur a envoyé : « Celui qui veut fuir, qu’il fuie ! » Puis il a envoyé : « Celui qui veut faire la paix, qu’il fasse la paix ! ». Puis, il a envoyé : « Celui qui veut faire la guerre, qu’il la fasse ! »Si c’est ainsi, pourquoi les habitants de Gabaon ont-ils usé de ruse ? Parce que Josué leur avait adressé la lettre parmi les autres peuples de Canaan et eux n’avaient pas accepté. Ils ne connaissaient pas les lois d’Israël et pensaient qu’on ne leur ferait plus à nouveau de proposition de paix.Pourquoi la chose fut-elle dure pour les princes d’Israël, qui estimaient qu’il eut fallu les passer au fil de l’épée, n’était le serment [qui leur avait été fait] ? Parce qu’ils avaient contracté une alliance avec eux ; or, il est dit (Deut. 7, 2) : « tu ne concluras pas d’alliance avec eux » et ils auraient dû être tributaires. Puisqu’ils leur avaient prêté serment par erreur, les Gabaonites auraient dû être tués pour les avoir trompés, n’était la profanation du Nom [de D.ieu qui en aurait résulté].

6. Amon et Moab, on ne leur adresse pas d’appel à la paix, ainsi qu’il est dit (ibid. 23, 7) : « Tu ne rechercheras ni leur paix, ni leur bien-être toute ta vie durant ». Les Sages ont dit : dès lors qu’il est dit : « Tu l’appelleras à la paix », on aurait pu penser qu’il en est de même pour Amon et Moab, il est donc dit : « Tu ne rechercheras ni leur paix, ni leur bien-être ».Puisqu’il est dit i>ibid., 17) : « Il demeurera près de toi, au milieu de toi […] où il se trouvera bien, tu ne le maltraiteras pas », on aurait pu penser que cela concerne également Amon et Moab, il est donc dit : « ni leur bien-être ».Bien qu’on ne leur propose pas la paix, s’ils font la paix de leur propre initiative, on les accepte.

7. Lorsqu’on fait le siège d’une ville pour la prendre, on ne l’entoure pas des quatre côtés, mais de trois côtés et on laisse une sortie pour les fuyards et tous ceux qui veulent sauver leur vie, ainsi qu’il est dit (Nomb. 31, 7) : « Ils livrèrent bataille à Midian comme l’Eternel l’avait ordonné à Moïse ». Par tradition orale, on a appris qu’Il lui a donné des ordres à cet égard.

8. On n’abat pas les arbres fruitiers à l’extérieur de la ville et on n’en empêche pas l’irrigation pour les assécher, ainsi qu’il est dit (Deut. 20, 19) : « Tu n’en détruiras pas les arbres ». Quiconque abat [un arbre] reçoit le fouet.Ce n’est pas seulement lors d’un siège, mais en tout lieu, quiconque abat un arbre fruitier dans un but de destruction reçoit le fouet. < Mais on peut l’abattre si cet arbre nuit à d’autres arbres, ou s’il nuit au champ d’autrui, ou si c’est un bois de valeur. La Thora n’a interdit que l’abattage qui est un acte de destruction.

9. Tout arbre non fruitier, il est permis de l’abattre, même si l’on n’en a pas besoin. De même, un arbre fruitier qui a vieilli et qui produit si peu qu’il ne vaut pas l’effort [requis pour son entretien], il est permis de l’abattre. Quelle quantité doit produire un olivier pour qu’on ne l’abatte pas ? Un quart de kav d’olives. Un palmier qui donne un kav de dattes ne sera pas abattu.

10. Ce ne sont pas uniquement les arbres [qui sont visés par la loi] : quiconque brise des objets, déchire des vêtements, démolit un édifice, bouche une source ou gâche des aliments, de manière destructive, transgresse [l’interdit de] « tu ne détruiras pas » ; il ne reçoit que makat mardout par ordre rabbinique.

11. On fait le siège d’une ville de gentils (jusqu’à trois jours avant) chabbat, et on leur livre combat chaque jour, même le chabbat, ainsi qu’il est dit (ibid., 20) : « jusqu’à ce qu’elle plie » ; même le chabbat. [Cela s’applique] tant pour une guerre prescrite par la Loi que pour une guerre facultative.

12. Lorsqu’on campe, on peut établir le camp à n’importe quel endroit. Celui qui est tué au combat, là même où il tombera il sera enterré. Il « acquiert » sa place comme un met mitsva.

13. Les Sages ont dispensé de quatre choses dans le camp [de l’armée en campagne] : produits demaï ; ; on se fournit en bois de n’importe où, même le bois que l’on trouve est coupé et séché. On ne prête pas attention à cela dans le camp ; on est également dispensé de faire un érouv ‘hatserot : on transporte d’une tente à l’autre et d’une baraque à l’autre, cela à condition que tout le camp soit entouré d’une barrière haute de dix téfa’him de façon à ce qu’il constitue un domaine privé, comme expliqué dans les lois relatives au chabbat ; et une barrière ne fait pas moins de dix téfa’him . De même que les soldats sont dispensés de toutes ces obligations à l’aller, de même en sont-ils dispensés à leur retour.

14. Il est interdit de faire ses besoins à l’intérieur du camp ou n’importe où en pleine campagne ; c’est un commandement positif que d’aménager un endroit réservé pour y faire ses besoins, ainsi qu’il est dit (ibid. 23, 13) : « Tu auras un endroit à l’extérieur du camp ».

15. De même, c’est un commandement positif que chacun ait une bêche suspendue avec son équipement et il sortira [du camp] à cet endroit et y creusera un trou pour s’exonérer, et il recouvrira [ses déjections], ainsi qu’il est dit (ibid., 14) : « Tu auras une bêche parmi tes armes ».Que l’arche sainte soit avec eux ou qu’elle n’y soit pas, c’est ainsi qu’ils doivent toujours faire, comme il est dit (ibid., 15) : « ton camp sera saint ».
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