Lois relatives aux rois et à leurs guerres · Chapitre 2
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 1007 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. En revanche, la femme d’un roi ne sera possédée par personne d’autre pour toujours. Même un roi ne peut pas épouser la veuve ou la femme répudiée d’un autre roi.
3. Il est interdit de voir le roi lorsqu’il est nu, lorsqu’il se coupe les cheveux, lorsque qu’il est aux bains ou lorsqu’il s’essuie. Il n’accomplit pas le déchaussement (‘halitsa), car il est dit (Deut. 25, 9) : « Elle crachera vers lui », ce qui serait humiliant. Même s’il le veut, on ne l’écoute pas, car si un roi renonce à l’honneur qui est lui est dû, l’honneur lui est toujours dû. Et puisqu’il ne peut pas accomplir le déchaussement, il ne peut non plus accomplir le lévirat (yboum). < De même, s’il meurt, dès lors qu’il est impossible d’épouser sa veuve pour accomplir le lévirat, on ne peut pas non plus effectuer le déchaussement pour elle, et elle restera toujours liée [à son beau-frère du fait de cette obligation].
4. Si le roi perd un proche, il ne sort pas la porte de son palais [pour se joindre aux funérailles], Et lorsqu’on le restaure, tout le monde est assis par terre tandis que lui est assis sur un dargash. S’il entre dans le parvis du Temple et qu’il est de la lignée de David, il s’y assied, seuls les rois de la lignée de David étant autorisés à s’asseoir dans le parvis du Temple, ainsi qu’il est dit (II Samuel 7, 18) : « Le roi David vint et s’assit devant D.ieu ».
5. Le roi se fait couper les cheveux tous les jours, il se soigne et se pare de vêtements beaux et somptueux, ainsi qu’il est dit (Isaïe 33, 17) : « Tes yeux verront le roi dans sa beauté ». Il siège sur le trône royal dans son palais et met une couronne sur sa tête. Tous les gens viennent à lui quand il le souhaite. Ils se tiennent debout devant lui et se prosternent à terre. Même un prophète qui se tient devant le roi se prosterne à terre, ainsi qu’il est dit (I Rois 1, 23) : « Nathan le prophète vint devant le roi, et il se prosterna devant le roi ». En revanche, le grand prêtre ne se présente devant le roi que si lui-même le désire, et il ne se tient pas debout devant le roi : le roi se tient debout devant le grand prêtre, ainsi qu’il est dit > (Nomb. 27, 21) : « et il se tiendra debout devant Eléazar le prêtre ». Néanmoins, le grand prêtre se doit d’honorer le roi, de le faire asseoir et de se lever devant lui lorsqu’il se présente à lui, et le roi ne se tiendra debout devant lui que lorsqu’il interrogera le jugement des Ourim. De même, le roi se doit d’honorer ceux qui étudient la Thora, et lorsque le Sanhédrin et les Sages d’Israël entreront devant lui, il se lèvera et les fera asseoir à ses côtés. C’est ainsi que faisait Josaphat, Roi de Juda : même devant un disciple des sages, il se levait de son trône, l’embrassait et l’appelait « mon maître, mon guide ». De quel cas parle-t-on ? Lorsque le roi est seul chez lui avec ses serviteurs, c’est alors qu’il agira de la sorte, en privé. Mais en public devant le peuple, il ne le fera pas : il ne se lèvera devant personne, ne parlera pas d’un ton doux et n’appellera son interlocuteur que par son nom, cela afin d’inspirer la crainte dans le cœur de tout un chacun.
6. De la même manière que l’Ecriture a octroyé cet immense honneur au roi et obligé tout un chacun au respect à son égard, de même a-t-elle prescrit au roi d’avoir le cœur humble et vide, ainsi qu’il est dit (Psaumes 109, 22) : « Et mon cœur est vide au-dedans de moi ». Il ne se comportera pas avec une hauteur excessive au sein d’Israël, ainsi qu’il est dit Deut. 17, 20) : « Que son cœur ne s’enorgueillisse pas au-dessus de ses frères ». Il sera gracieux et compatissant envers petits et grands, s’occupera de leurs désirs et de leur bien-être et sera sensible à la dignité du plus petit d’entre eux. Lorsqu’il s’adresse à l’assemblée collectivement, il parlera avec douceur, ainsi qu’il est dit (I Chroniques 28, 2) : « Ecoutez-moi mes frères, mon peuple », et aussi (I Rois 12, 7) : « Si aujourd’hui tu cèdes au service de ce peuple… ». Toujours, il se comportera avec une extrême modestie. Il n’est pas plus grand que Moïse notre Maître et voici qu’il dit (Ex. 16, 7) : « Et nous que [sommes-nous] ? ». Il supportera leur charge, leur fardeau, leurs plaintes et leurs humeurs, comme la nourrice porte le nourrisson. « Berger » est-il appelé par l’Ecriture, « pour faire paître Jacob, son peuple » (Psaumes 78, 71) ; et le rôle d’un berger est explicité dans la Tradition prophétique : « Tel un berger, menant paître son troupeau, recueille les agneaux dans ses bras, les porte dans son sein… » (Isaïe 40, 11).
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