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Lois relatives aux rois et à leurs guerres · Chapitre 1

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 1006 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

Lois des rois et de leurs guerres Elles comprennent vingt-trois commandements : dix positifs et treize négatifs, dont voici l’énoncé : Nommer un roi au sein d’Israël. Qu’il ne soit pas nommé de l’assemblée des convertis. Qu’il ne multiplie pas pour lui les femmes. Qu’il ne multiplie pas pour lui les chevaux. Qu’il ne multiplie pas pour lui or et argent. Détruire les sept peuples. Ne pas laisser parmi eux âme qui vive. Effacer la descendance d’Amalek. Se souvenir de ce qu’a fait Amalek. Ne pas oublier ses méfaits et son embuscade sur la route. Ne pas résider en Egypte. Envoyer des appels à la paix aux habitants d’une ville lorsqu’on en fait le siège, et y appliquer ce qui est énoncé dans la Thora si elle accepte ou n’accepte pas la paix. Ne pas appeler à la paix à Ammon et à Moav uniquement, lorsqu’on en fait le siège. Ne pas détruire les arbres fruitiers lors d’un siège. Préparer un endroit où sortiront les soldats du camp pour s’y exonérer. Préparer une bêche pour creuser. Oindre un cohen pour s’adresser aux soldats au moment du combat. Que celui qui vient de contracter des liens matrimoniaux (éroussin), de construire un édifice ou de planter un vignoble se réjouisse de son acquisition une année entière et qu’il s’en revienne du combat. Qu’aucun travail ne lui soit imposé et qu’il ne sorte pas même pour les besoins de la ville, pour le besoin des troupes ou ce qui est semblable. Ne pas être effrayé et revenir en arrière au moment du combat. La loi de la captive de belle apparence (yéfat toar). Que la yéfat toar ne soit pas vendue. Qu’il ne la contraigne pas à l’asservissement après l’avoir possédée. Ces Mitsvot sont expliquées dans les chapitres suivants.

1. Trois commandements furent prescrits aux enfants d’Israël au moment de leur entrée en Terre d’Israël :
1) Nommer pour eux un roi, comme il est dit (Deut. 17, 15) : « Tu placeras sur toi un roi » ;
2) Eradiquer la descendance d’Amalek, comme il est dit (ibid. 25, 19) : « Tu effaceras le souvenir d’Amalek » ;
3) Construire la Maison d’Election (le Temple), ainsi qu’il est dit (ibid. 12, 5) : « C’est là que vous rechercherez Sa demeure, là tu iras ».

2. La nomination d’un roi précède la guerre contre Amalek, ainsi qu’il est dit (I Samuel 15, 1-3) : « C’est moi que D.ieu avait envoyé pour te sacrer roi (…) Maintenant vas frapper Amalek ». L’éradication de la descendance d’Amalek précède la construction du Temple, comme il est dit (II Samuel 7, 1-3) : « Or, comme le roi vivait tranquille en sa demeure, et que, par la protection divine, tous ses ennemis d’alentour le laissaient en paix, il dit à Nathan le prophète : "J’habite un palais de cèdre et l’arche du Seigneur est logée sous une tente… !" » Dès lors que la nomination d’un roi est un commandement, pourquoi D.ieu ne fut-il pas satisfait lorsque style='font-size:11. 5pt;line-height:125%; font-family:"Garamond",serif'>le peuple demanda un roi à Samuel ? Parce qu’ils avaient demandé avec doléance : ce n’était pas pour accomplir le commandement qu’ils demandaient [un roi], mais parce qu’ils étaient lassés du Prophète Samuel, ainsi qu’il est dit (I Samuel 8, 7) : « Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, mais Moi-même dont ils ne veulent plus ».

3. On n’établit un roi au début que par le tribunal de soixante-dix anciens et un prophète, comme Josué fut nommé par Moïse notre maître et son tribunal, et Saül et David par Samuel de Rama et son tribunal.

4. On ne nomme pas un roi parmi l’assemblée des prosélytes, même après plusieurs générations : et il faut que sa mère soit issue du peuple d’Israël, comme il est dit (Deut. 17, 15) : « tu ne pourras placer au-dessus de toi un homme étranger qui n’est pas ton frère ». Cela n’est pas seulement pour la royauté, mais pour toute dignité au sein d’Israël : ni chef d’armée, ni cinquantenier ou décurion, ni même préposé à la répartition des eaux d’un cours d’eau entre les [différents propriétaires des] champs. Inutile de dire qu’un juge ou un nassi ne peuvent être qu’issus du peuple d’Israël, comme il est dit (ibid.) : « d’entre tes frères tu placeras un roi au-dessus de toi » c’est à dire que tous ceux que tu places à un poste d’autorité ne seront que d’entre tes frères.

5. On ne fait pas accéder une femme à la royauté, ainsi qu’il est dit : « au-dessus de toi un roi » et non une reine. De même, pour tous les postes d’autorité au sein d’Israël, on ne nomme qu’un homme.

6. On n’établit ni comme roi ni comme grand prêtre un boucher, un coiffeur, un garçon de bain ou un tanneur. Ce n’est pas qu’ils sont inaptes mais que, dès lors qu’ils exercent un métier dégradant, le peuple les traiterait toujours avec mépris. Dès lors qu’un homme a exercé l’un de ces métiers une journée, il est disqualifié.

7. Lorsque l’on établit un roi, on l’oint avec l’huile d’onction, ainsi qu’il est dit (I Samuel 10, 1) : « Alors Samuel prit la fiole d'huile, en fit couler sur sa tête, et l’embrassa ». Après que l’on a oint le roi, il acquiert [cette dignité] pour lui et pour ses enfants ad vitam aeternam, car la royauté est héréditaire, ainsi qu’il est dit (Deut. 17, 20) : « Afin qu’il prolonge, lui et ses fils, les jours de son règne au milieu d’Israël ». Si le roi laisse un fils petit, on garde pour lui le trône jusqu’à ce qu’il grandisse, comme le fit Joïada pour Joas. Quiconque a priorité dans l’héritage style='font-size:11. 5pt;line-height: 125%;font-family:"Garamond",serif'>[des biens du défunt] a priorité pour la succession au trône. Le fils plus âgé a priorité sur son puîné. Ce n’est pas seulement la royauté, mais toutes les hautes fonctions et nominations au sein d’Israël qui se transmettent par succession [de père] en fils et au fils du fils ad vitam aeternam ; à condition que le fils remplace ses pères en sagesse et en crainte [de D.ieu]. S’il le remplace en crainte, bien qu’il ne le remplace pas en sagesse, on l’établit à la place de son père et on l’instruit. Quiconque n’a pas la crainte du Ciel, fut-il doté d’une grande sagesse, on ne le nommera à aucune fonction au sein d’Israël. Dès lors qu’il fut oint, David a acquis la couronne royale, et la royauté est à lui et à ses enfants mâles à jamais, ainsi qu’il est dit (II Samuel 7, 16) : « ton trône sera établi pour toujours ». Mais il ne l’a acquise que pour ses fils dignes, comme il est dit (Psaumes 132, 12) : « Si tes enfants gardent mon alliance ». Bien qu’il ne l’ait acquise que pour ceux qui sont dignes, la royauté ne sera jamais ôtée à la postérité de David ; D.ieu le lui a assuré : « Que si ses enfants abandonnent ma loi et refusent de suivre mes statuts […] je châtierai leur rébellion avec une verge, leur impiété par des fléaux. Mais je ne lui retirerai pas ma bonté » (ibid. 89, 31-34).

8. Si un prophète établit un roi d’entre les autres tribus d’Israël, que ce roi marche dans les voies de la Thora et des commandements et qu’il mène les guerres de D.ieu, c’est un roi et tous les commandements relatifs à la royauté s’appliquent à son égard, bien que l’essentiel de la royauté soit à David, et il y aura parmi ses enfants un roi. Voici qu’Ahiya de Silo a établi Jéroboam et lui a dit : « Or, si tu obéis à tout ce que je t'ordonnerai style='font-size:11. 5pt;line-height:125%; font-family:"Garamond",serif'>[…] et je t'édifierai une maison durable comme j'en ai édifié pour David, etc. » (II Rois 11, 38). Et Ahiya lui a dit : « Et à son fils je donnerai une tribu, pour que mon serviteur David conserve une possession permanente devant moi à Jérusalem » (ibid., 36).

9. Les rois de la dynastie davidique sont ceux qui tiennent à jamais, ainsi qu’il est dit (II Samuel 7, 16) : « Ton trône sera établi pour toujours ». En revanche, s’il se lève un roi d’une autre lignée d’Israël, la royauté sera ôtée à sa descendance, comme il fut dit à Jéroboam (I Rois 11, 39) : « mais pas pour toujours ».

10. On n’oint pas les rois d’Israël avec l’huile d’onction, mais avec de l’huile de balsamier et on ne les nomme jamais [rois] à Jérusalem ; seul un roi d’Israël de la postérité de David [est nommé roi à Jérusalem], et seuls les descendants de David sont oints [avec l’huile d’onction].

11. Lorsqu’on oint les rois de la maison de David, on ne les oint qu’au bord d’une source.

12. On n’oint pas un roi fils de roi, sauf en cas de division ou de conflit, pour mettre fin à la division. C’est pourquoi Salomon fut oint à cause d’Adonias et Joas à cause d’Athalie, et Joachaz fut oint à cause de Joïakim son frère.
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