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Lois relatives au deuil · Chapitre 13

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 1004 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Comment console-t-on les endeuillés ? Après l’inhumation du défunt, les endeuillés se rassemblent et se tiennent à côté du cimetière, et tout le cortège funèbre se tient autour d’eux, une rangée devant l’autre. Une rangée ne comprend pas moins de dix personnes, les endeuillés n’étant pas inclus dans le compte.

2. Les endeuillés se tiennent à la gauche des consolateurs : tous les consolateurs passent un à un auprès des endeuillés et leur disent : « Soyez consolés de par le Ciel ». Puis, l’endeuillé rentre chez lui, et durant chacun des sept jours de deuil, des gens viennent le consoler, que des nouveaux visages se présentent ou non.

3. L’endeuillé prend place à la tête. Les consolateurs n’ont le droit de s’asseoir que sur le sol, ainsi qu’il est dit (Job 2, 13) : « ils restèrent avec lui, assis à terre ». Ils n’ont pas le droit de dire quelque chose tant que l’endeuillé n’a pas ouvert la bouche en premier, ainsi qu’il est dit (ibid.) : « personne ne lui adressait la parole », et il est dit : « Après cela, Job ouvrit la bouche, etc. et Eliphaz répondit ». Et dès que l’endeuillé fait un signe de la tête [pour congédier les consolateurs], les consolateurs n’ont plus le droit de rester assis auprès de lui, pour ne pas trop l’importuner.

4. Quand un défunt n’a pas de [proches parents] endeuillés pour recevoir des consolations, dix personnes honorables viennent et s’assoient à sa place durant les sept jours de deuil, et les autres se rassemblent autour d’eux [pour leur adresser des consolations]. S’il n’y a pas dix personnes fixes chaque jour, dix autres personnes se rassemblent et s’assoient à sa place [le jour suivant].

5. Tout le monde est tenu de se lever devant le nassi, à l’exception de l’endeuillé et d’un malade. A chacun qui se lève devant lui, le nassi dit : « Assis-toi », à l’exception de l’endeuillé et du malade [quand ils se lèvent, bien qu’ils en soient dispensés], car une telle expression laisserait entendre : « Qu’il reste dans son deuil », « Qu’il reste malade ».

6. On balaie et on asperge d’eau [le sol de] la maison de deuil ; on lave les assiettes, les verres, les pichets et les flacons, et on allume les lampes. Mais on n’y apporte ni encens, ni aromates.

7. La nourriture que l’on apporte dans la maison de deuil pour restaurer [les endeuillés], on ne l’apporte ni dans des ustensiles en argent, ni dans des ustensiles en liège ou ce qui est semblable, mais dans des ustensiles en branches de saule écorcées, pour ne pas faire honte à celui qui n’en a pas. [De même,] on ne lui sert pas à boire dans [des récipients en] verre clair, mais en verre coloré, pour ne pas faire honte aux pauvres, dont les vins ne sont pas bons.

8. On ne doit pas boire plus de dix coupes [de vin] par personne dans la maison de deuil : trois avant le repas, trois pendant le repas, et quatre après le repas. On ne doit pas dépasser [cette limite] de crainte de s’enivrer.

9. On ne dit pas de halakha ou de agada dans la maison de deuil. Plutôt, on reste assis, affligé. Et de même, en présence du défunt, on ne parle que de choses en rapport avec le défunt. Mais s’adonner à l’étude de la Thora devant le défunt ou dans le cimetière est défendu.

10. On ne pleure pas un défunt plus de trois jours et on ne fait pas d’oraison funèbre plus de sept [jours]. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour une personne du commun. En revanche, pour les érudits, tout dépend de leur sagesse. On ne doit [toutefois] pas pleurer un érudit plus de trente jours, car il n’est de plus grand que Moïse notre maître, et il est dit (Deut. 34, 8) : « puis se sont achevés les jours de pleurs du deuil de Moïse ». Et de même, on ne doit pas faire d’oraison funèbre plus de douze mois ; il n’est pas de plus grand en sagesse que notre maître le saint [Rabbi Yehouda le Prince, l’auteur de la Michna], et une oraison funèbre fut tenue pour lui pendant douze mois seulement. Et de même, quand on apprend la nouvelle de la disparition d’un sage douze mois [après la date effective du décès], on ne fait pas d’oraison funèbre pour lui.

11. Un homme ne doit pas s’affliger excessivement pour son proche parent défunt, comme il est dit (Jérémie 22, 10) : « Ne pleurez pas celui qui est mort et ne le plaignez pas », c’est-à-dire excessivement, car telle est la nature du monde ; et celui qui s’attriste (excessivement) sur la nature du monde est un sot. Comment donc procède-t-on ? Trois [jours] pour les pleurs, sept [jours] pour l’oraison funèbre, trente jours pour [l’interdiction de] se couper les cheveux et les quatre autres choses.

12. Qui ne porte pas le deuil comme l’ont ordonné les Sages est cruel. Plutôt, il sera empreint de peur, il se souciera, il scrutera ses actions et se repentira. Quand un membre d’une confrérie décède, toute la confrérie sera soucieuse. Les trois premiers jours, il se verra comme s’il avait une épée posée sur son cou, du troisième au septième [jour], comme si elle était posée dans un coin, et au-delà [jusqu’à douze mois], comme si elle passait devant lui dans la rue. Tout cela, pour se préparer, se repentir et émerger de son sommeil. Il est dit (ibid. 5, 3) : « Tu les as frappés et ils n’ont pas été affectés », ce qui implique que l’on doit prendre conscience et s’en affecter.
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