Lois relatives au deuil · Chapitre 12
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 1003 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Quiconque néglige l’oraison funèbre d’un sage ne prolongera pas ses jours. Et quiconque néglige l’oraison funèbre d’un homme honorable devrait être enterré vivant. Quiconque verse des larmes pour [la mort d’]un homme honorable a pour cela une récompense gardée auprès du Saint Béni soit-Il.
3. On ne pose pas un rouleau de la Thora sur la civière mortuaire d’un sage et on ne le change pas de civière. On fait passer la civière uniquement par les portes et non descendre par le toit, ce qu’il serait permis de faire pour une autre personne.
4. On ne fait pas moins de sept ma’amadot pour un défunt. On ne fait pas de maamad en présence de moins de dix [hommes]. Seuls les parents [qui ne portent pas le deuil du défunt] participent à cette cérémonie, qui se déroule uniquement le premier jour, uniquement au cimetière, et là où tel est l’usage. Comment se déroule [cette cérémonie] là où tel est l’usage ? On met en place les autres parents et membres de la famille qui ne portent pas le deuil et on prononce devant eux lamentations et paroles semblables. Puis, l’officiant leur dit : « Asseyez-vous, très chers, asseyez-vous ! » et il prononce devant eux d’autres paroles pendant qu’ils sont assis ; puis [il leur dit] : « Levez-vous, très chers, levez-vous ! » et il reprend l’oraison alors qu’ils sont debout ; il répète [cette cérémonie] ainsi de suite sept fois.
5. De même qu’on se lève et s’assoit [en hommage aux] hommes là où tel est l’usage, de même fait-on en hommage aux femmes. On fait l’éloge funèbre des femmes comme celle des hommes en tout lieu. Mais on ne pose jamais la civière mortuaire d’une femme dans la rue comme pour un homme, car ce serait irrespectueux pour une femme ; au contraire, son inhumation a lieu juste après son décès.
6. Quand on recueille les ossements [d’un défunt pour les inhumer à un autre endroit], on ne dit pour cela ni lamentations et plaintes, ni bénédiction des endeuillés, ni [formule de] consolation des endeuillés. Au contraire, on prononce des louanges pour le Saint Béni soit-Il et des paroles poignantes.
7. Quand quelqu’un déplace le cercueil d’un défunt d’un endroit à l’autre, si la colonne vertébrale est intacte, on se tient en rang pour lui, on dit la bénédiction des endeuillés et la [formule de] consolation des endeuillés ; on prononce une oraison funèbre en son honneur, même s’il est déplacé après douze mois [à compter du décès]. Mais si la colonne vertébrale n’est pas intacte, on ne prononce pas d’oraison funèbre, on ne se tient pas en rang, on ne dit ni bénédiction des endeuillés, ni [formule de] consolation des endeuillés. La bénédiction des endeuillés, c’est ce que l’on dit dans la maison de deuil, et la [formule de] consolation des endeuillés ce que l’on dit lorsque l’on se tient en rang.
8. Celui qui recueille les ossements de son père ou de sa mère doit porter le deuil pour eux toute la journée durant. Au soir, il ne porte plus le deuil, même si les ossements sont enveloppés dans son drap. Et on ne récite pas pour eux de lamentations.
9. On ne fait pas d’oraison funèbre pour les mineurs. A quel âge une oraison funèbre sera-t-elle appropriée pour lui ? Les fils de pauvres ou de personnes âgées, à l’âge de cinq ans. Les fils de riches, à l’âge de six ans. [Cela s’applique] tant pour les garçons que pour les filles.
10. Un enfant qui meurt dans les trente jours [qui suivent sa naissance] est emmené [au cimetière] dans le sein [à la main, sans cercueil ou civière], et est enterré en présence d’une femme et deux hommes, mais non en présence d’un homme et deux femmes, du fait de l’isolement [qui est interdit]. On ne se tient pas en rang et on ne dit pour lui ni bénédiction des endeuillés, ni [formule de] consolation des endeuillés. [S’il meurt] après trente jours révolus, il est transporté dans un petit coffre porté dans les bras. On se tient en rang [devant les endeuillés], on récite la bénédiction des endeuillés et la [formule de] consolation des endeuillés. [S’il meurt] à l’âge de douze mois, il est porté dans une civière mortuaire.
11. Tout enfant transporté dans une civière mortuaire, la collectivité se chagrine pour lui ; et tout enfant qui n’est pas transporté dans une civière mortuaire, la collectivité n’a pas besoin de se chagriner pour lui. Tout enfant qui était connu de la collectivité, la collectivité s’implique pour lui. Et quiconque n’était pas encore connu de la communauté, la communauté n’est pas tenue de s’impliquer dans ses funérailles. Là où les femmes ont l’habitude de précéder la civière mortuaire, elles précèdent [la civière mortuaire], [et là où elles ont l’habitude de] suivre la civière mortuaire, elles la suivent.
12. Pour les esclaves et les servantes, on ne prononce pas d’oraison funèbre et on ne se tient pas en rang ; on ne dit pour eux ni la bénédiction des endeuillés, ni la [formule de] consolation des endeuillés. Plutôt, on dit à leur propriétaire la même chose que lorsqu’il perd son bœuf ou son âne : « Puisse l’Omniprésent combler ta perte ».
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