Lois relatives au deuil · Chapitre 9
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 1000 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. De la même manière qu’un homme déchire [ses vêtements] pour [le décès de] son père et de sa mère, de même a-t-il l’obligation de déchirer [ses vêtements] pour [la mort de] son maître qui lui a enseigné la Thora, pour [la mort du] nassi, pour [la mort du] av beit din, lorsque la majorité de la communauté est tuée, lorsque le Nom [de D.ieu] est blasphémé, lorsqu’un rouleau de la Thora est brûlé, [à la vue des ruines] des villes de Juda, [à la vue des ruines] de Jérusalem et [à la vue des ruines] du Temple.
3. Dans tous ces cas, il déchire [ses vêtements] jusqu’à ce qu’il découvre son cœur, et ne doit jamais les raccommoder. Bien qu’on ne puisse pas raccommoder [le vêtement], il est permis de le faufiler, d’attacher ensemble les fils pendants de part et d’autre de la déchirure, de joindre [tout le tissu déchiré et faire deux ou trois points], ou de [coudre] comme les barreaux d’une échelle [en laissant un espace entre chaque deux points]. Les Sages ont seulement interdit le raccommodage à la manière d’Alexandrie. Quiconque déchire [son vêtement] à un endroit où il a été faufilé, rattaché, joint [est considéré comme s’il] n’a[vait] rien fait. Mais il peut déchirer [son vêtement] à un endroit où il a été raccommodé à la manière d’Alexandrie. Même s’il a retourné le vêtement de haut en bas, de sorte que le col est devenu le bord inférieur, il ne doit pas le recoudre.
4. De même que le vendeur n’a pas le droit de raccommoder [le vêtement], de même l’acheteur. C’est pourquoi, il doit informer l’acheteur que cette déchirure ne peut pas être raccommodée.
5. D’où sait-on que l’on doit déchirer [ses vêtements] pour [la mort de] son maître de la même manière que pour son père ? Car il est dit : « Élisée s’écria [lors du départ du prophète Elie] : “Mon père, mon père ! Char et cavalerie d’Israël !” Et il ne le vit plus. Alors, il saisit ses vêtements, et les déchira de part en part », de là, nous apprenons l’obligation de séparer le bord.
6. D’où sait-on que l’on doit déchirer [ses vêtements] pour le nassi et pour le av beit din, et à la nouvelle que la majorité de la communauté a été tuée ? Car il est dit (II Samuel 1, 11-12) : « Alors, David saisit ses vêtements et les déchira, et ainsi firent tous ceux qui étaient avec lui. Ils manifestèrent leur deuil, pleurèrent et jeûnèrent jusqu’au soir », [le verset continue :] « à cause de Saül », c’est-à-dire le nassi, « et de Jonathan, son fils », c’est-à-dire le av beit dine, « du peuple de D.ieu et de la maison d’Israël, qui avaient succombé sous le glaive », c'est la mauvaise nouvelle [de la majorité de la communauté qui a été tuée].
7. D’où sait-on que l’on doit déchirer [ses vêtements quand on entend] un blasphème ? Car il est dit (II Rois 18, 37) : « Elyakim, fils de Hilkia, l’intendant du palais, Chebna, le secrétaire, et Yoah, fils d’Assaf, l’archiviste, retournèrent auprès d’Ezéchias, les vêtements déchirés » ; celui qui entend [le blasphème] comme celui qui entend [le récit] de la bouche de celui qui a entendu [le blasphème] ont l’obligation de déchirer [leurs vêtements].
8. Les témoins [du blasphème] ne sont pas tenus de déchirer [leurs vêtements] lorsqu’ils témoignent au tribunal [des propos qu’ils entendus], car ils ont déjà déchiré [leurs vêtements] lorsqu’ils ont entendu [le blasphème].
9. D’où sait-on que l’on doit déchirer [ses vêtements] lorsqu’un rouleau de la Thora est brûlé ? Car il est dit (Jérémie 36, 23-24) : « A mesure que Yehoudi achevait de lire trois ou quatre colonnes… jusqu’à ce que tout le rouleau eût été ainsi consumé par le feu du brasier. Le roi et ses officiers qui avaient entendu toutes ces paroles n’en avaient éprouvé aucune crainte, ni n’avaient déchiré leurs vêtements », ce qui implique que l’on a l’obligation de déchirer [ses vêtements]. On n’a l’obligation de déchirer [ses vêtements] que lorsqu’un rouleau de la Thora est brûlé par la force, comme ce fut le cas [de cet épisode dramatique]. On est tenu de pratiquer deux déchirures [aux vêtements], une pour le parchemin et une pour l’écriture, comme il est dit (ibid. 41, 5) : « après que le roi eut brûlé le rouleau et les paroles ».
10. D’où sait-on que l’on doit déchirer [ses vêtements à la vue] des villes de Juda, de Jérusalem, et du Temple qui ont été détruits ? Car il est dit (ibid. 41, 5) : « Des hommes arrivèrent de Sichem, de Silo et de Samarie, au nombre de quatre-vingts, ayant la barbe rasée et les vêtements déchirés ».
11. Quiconque se trouve en présence d’un homme au moment où il expire, même s’il ne s’agit pas d’un proche parent, a l’obligation de déchirer [son vêtement]. Et de même, quand un homme honorable décède, tous ont l’obligation de déchirer [leurs vêtements], bien qu’il ne fût pas un sage. Ils font une déchirure d’un téfa’h, comme font les autres endeuillés. En revanche, quand un sage meurt, tous sont [considérés comme] ses proches et tous déchirent [leurs vêtements] jusqu’à ce leur cœur soit découvert, et ils dénudent [leur bras et leur épaule] du côté droit. Et la maison d’étude de ce sage cesse [de fonctionner] durant tous les sept [jours de deuil]. Les disciples des sages ont pris l’habitude en tout lieu de déchirer [leur vêtement sur] un téfa’h l’un pour l’autre [quand l’un d’eux meurt], même s’ils sont égaux et qu’aucun d’eux n’enseigne à l’autre.
12. Tous ceux qui déchirent [leurs vêtements] pour un sage décédé, dès qu’ils ont tourné le visage de l’autre côté de la civière [mortuaire], ils peuvent faufiler [leurs vêtements]. Et il me semble que celui qui déchire [ses vêtements] pour [le décès d’]un sage peut les raccommoder au lendemain, car même lorsque son maître décède, il n’en porte le deuil qu’un seul jour : le jour du décès ou le jour de la nouvelle. Et de même, il me semble que lorsque l’on déchire [ses vêtements] pour le [décès du] nassi ou dans un cas semblable, on peut faufiler [le vêtement] au lendemain, bien que l’on ne doive jamais le raccommoder.
13. Quand on apprend la nouvelle du décès d’un sage, on ne déchire [ses vêtements] qu’au moment de l’oraison funèbre, et telle est la façon de lui faire honneur. On faufile [le vêtement déchiré] le jour même, et on le raccommode le lendemain.
14. A la mort du av beit din, tous déchirent [leurs vêtements] et dénudent [leur épaule et leur bras] du côté gauche ; toutes les maisons d’étude de sa ville interrompent [leur étude]. Les membres de la synagogue entrent dans la synagogue et changent de place, [c’est-à-dire que] ceux qui siègent [habituellement] au sud siègent au nord, et ceux qui siègent [habituellement] au nord siègent au sud.
15. Quand le nassi décède, tous déchirent [leurs vêtements] et dénudent leurs deux bras de part et d’autre. Toutes les maisons d’étude cessent [de fonctionner]. Les membres de la synagogue entrent le chabbat à la synagogue et sept [personnes] lisent [la Thora]. Les gens ne se promènent pas dans la rue, mais restent assis famille par famille, affligés durant toute la journée.
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