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Iguerot Kodesh — lettres 1980 à 1999

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1980

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1980, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 13 Tévet, par laquelle vous m’apprenez que votre fils aura trois ans le 24 Chevat. Vous me demandez si vous pouvez avancer sa première coupe de cheveux au jour de la Hilloula(1), le 10 Chevat.

Conformément à la coutume juive, qui est partie intégrante de la Torah, on ne coupe pas les cheveux à un enfant avant qu’il n’ait trois ans. C’est donc également ce que vous ferez et ceci se fera en un moment bon et fructueux. Je vous joins un extrait d’une lettre de mon beau-père, le Rabbi, à propos de la coupe de cheveux(2).

Vous me dites que vous vous faites du soucis pour votre subsistance matérielle. Il serait bon que vous donniez, chaque jour de semaine, avant la prière, quelques pièces à la Tsédaka. Nos Sages soulignent que l’on peut en donner dans le but d’être riche. Bien plus, Dieu dit : “ De grâce, mettez-Moi à l’épreuve, en la matière ”.

Nos derniers Sages rapportent que, selon plusieurs Décisionnaires, on peut en dire de même pour la Tsédaka ordinaire. Vous consulterez, à ce sujet, le Choul’han Arou’h Yoré Déa, au chapitre 247 et ses commentateurs. Les différentes conceptions, dans ce domaine, sont cités dans le Sdeï ‘Hémed, principes, à l’article Noun, chapitre 16.

Il est sûrement inutile de vous rappeler la nécessité de garder les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi et portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Celles-ci sont bien connues.

Avec ma bénédiction de réussite pour gagner votre vie,

Notes

(1) Du précédent Rabbi. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°1233 et 2098.

Lettre n°1981

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1981, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre expresse de ce dimanche, dans laquelle vous évoquez la situation de la Yechiva de votre ville. Vous vous en plaignez et vous sollicitez mon conseil.

Je vous ai déjà clairement exprimé ma position à propos de la Yechiva que vous dirigez et, en particulier, de votre mission au sein de cette institution. Néanmoins, je la répéterai encore une fois, au moins brièvement, afin que mon opinion soit bien claire. J’écrirai en Yiddish, car vous souhaitez peut-être lire ma lettre à quelqu’un.

Une notion préalable doit être introduite, avant tout ce que je développerai par la suite. Comme vous le savez, le Baal Chem Tov souligne que l’on doit servir Dieu joyeusement. Vous connaissez également la décision

du Rambam, dans ses lois des opinions, celle du Tour Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231 et de différents textes de la ‘Hassidout, selon lesquels le service de Dieu doit être conforme au principe : “ En toutes tes voies, connais-Le ”. Il doit en être ainsi dans chaque acte du quotidien.

Les différents points constituant ma position sont les suivants :

A) Le temps est enfin venu de comprendre la chose suivante et vous même l’avez sans doute déjà perçu puisque vous pouvez constater de vos yeux de chair qu’il en est bien ainsi. On ne confie pas la direction de la Yechiva à une certaine personne pour l’accabler ou bien par soucis de l’envoyer dans un coin reculé. En fait, telle est la mission qui lui est dévolue ici-bas et donc le canal par lequel Dieu a accordé, accorde et accordera Sa bénédiction, satisfaisant tous les besoins pour lui-même et pour tous les membres de sa famille, matériellement et spirituellement.

Il est sans doute inutile d’en dire plus car la moindre réflexion aux miracles évidents qui se sont passés pendant ces deux dernières années, en ce qui vous concerne personnellement comme dans vos occupations communautaires, permet de le comprendre et d’observer qu’il en est bien ainsi.

B) Puisque telle est la mission qui vous a été confiée et que vous appartenez à la communauté des ‘Hassidim Loubavitch, servant Dieu joyeusement, il est absolument certain que, si vous refusez de sombrer dans la mélancolie et de noircir la situation, vous parviendrez à tout accomplir avec allégresse.

Cela n’exclut pas que certains accomplissements puissent parfois nécessiter un grand effort. De fait, nos Sages disent : “ Celui qui te dit ne pas avoir fait d’effort et avoir néanmoins connu le succès, ne le crois pas ”. Pour autant, l’effort et la joie ne sont pas contradictoires. Bien au contraire, de façon générale, et c’est bien ainsi que cela doit être, ce qui est obtenu au prix de l’effort procure plus de plaisir et de joie que ce qui est donné en cadeau et n’est que “ le pain de la honte ”.

C) Cette institution se développe et souhaite le faire encore, comme tout ce qui est vivant. En conséquence, elle a pu, au début et compte tenu de l’urgence, fonctionner grâce à une seule personne qui en endossait la pleine responsabilité, sans qu’il n’en résulte quoi que ce soit de négatif pour cette institution comme pour cette personne. Mais, il est bien clair qu’il ne peut en être ainsi qu’au début. Et, de fait, je ne suis même pas sûr que ce soit le cas.

En effet, l’institution continue à se développer et il n’est donc sûrement pas bon qu’une telle situation perdure, ni pour son développement ni pour l’homme qui continue à en porter la responsabilité.

D) Il est clair que quiconque assume un travail admet difficilement que celui-ci ne serait pas moins bien réalisé, s’il avait été confié à quelqu’un d’autre. Telle est précisément l’origine de la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Chaque être possède une profonde conscience de lui-même.

Dans la pratique, il est vrai que cela se passe souvent ainsi, jusqu’à ce que le nouveau responsable s’habitue à ce travail. On constate alors des imperfections et, parfois, cela peut même durer un certain temps. Néanmoins, il faut se souvenir qu’il est judicieux de perdre quelques cents pour éviter la perte d’un dollar. Or, il n’y a, entre quelques cents et un dollar, qu’une différence quantitative.

Combien plus est-il justifié de perdre un petit acquis, que sa petitesse soit quantitative ou qualitative, plutôt que de perdre un élément essentiel, quantitativement ou qualitativement.

E) Voici ce qui découle de tout ce qui vient d’être dit. Il est absolument indispensable que vous consacriez tout votre temps aux relations publiques et assuriez la direction globale de la Yechiva, y compris pour ses décisions internes. A l’opposé, la fixation du programme, le recrutement des enseignants et des enseignantes, l’interrogation des élèves doivent être faits par d’autres.

Vous pouvez trouver, dans l’équipe enseignante de la Yechiva, quelqu’un qui assume ces fonctions, au moins de manière temporaire. S’il est impossible de confier ces fonctions à une seule personne, vous les répartirez entre plusieurs. Mais, en tout état de cause, vous ne devez pas vous y consacrer vous-même, ni, bien sûr, assurer personnellement l’enseignement d’une classe.

F) J’espère que vous ne serez pas heurté par ma proposition. De fait, même si c’était le cas, mon beau-père, le Rabbi, a rapporté une affirmation de son oncle, le Razah, selon laquelle, lorsque l’on s’emporte, on doit se mettre en attente pendant au moins soixante et une minutes. C’est uniquement à l’issue de ce délai que l’on peut retrouver une analyse objective de la situation.

Vous ne devez pas penser, même si, dans une certaine mesure, c’est bien le cas, que telle personne ne réussira pas, que telle autre est incapable de diriger une classe. Comme je l’ai dit, il faut savoir faire abstraction de ce qui est de moindre importance afin de préserver ce qui est fondamental.

Avec ma bénédiction pour que vous connaissiez réellement le calme et la largesse de l’esprit, qui vous apporteront la réussite dans vos préoccupations personnelles et communautaires, dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°1982

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1982, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Perets(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, par laquelle vous m’apprenez qu’avec l’aide de Dieu, vous conclurez, dans les prochains jours, l’étude des six ordres de la Michna. Sans doute en avez-vous appris quelques chapitres par cœur. Je vous remercie beaucoup de m’avoir annoncé cette nouvelle bonne et réjouissante.

Vous savez l’importance que mon beau-père, le Rabbi accordait à l’étude de la Michna. Vous consulterez aussi le second recueil de lettres(2), précisant la grande valeur de la Michna que l’on étudie par cœur et que l’on répète en marchant dans la rue, “ lorsque tu avances sur le chemin ”.

Le Ari Zal explique, en outre, que Michna est l’anagramme de Nechama, l’âme. Sans doute cette étude illuminera-t-elle votre cerveau et votre cœur par la lumière de Dieu. Ainsi, vous ressentirez cette clarté accrue également dans les domaines matériels. Et, il en sera de même pour votre fils et pour sa famille.

Avec ma bénédiction de réussite dans l’étude de notre sainte Torah, dans sa partie révélée et dans la ‘Hassidout, en vous souhaitant une bonne santé,

Notes

(1) Le Rav P.Chen. Voir, à son propos, la lettre n°1408. (2) Du précédent Rabbi.

Lettre n°1983

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1983, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Tévet 5713,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre fidèlement aux besoins communautaires,

le Rav Moché Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’espère qu’il est inutile de vous rappeler que le 24 Tévet, qui s’approche, est le jour de la Hilloula de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. C’est donc une date propice pour connaître la réussite dans tous les domaines introduits par l’enseignement de la ‘Hassidout et par la partie révélée de la Torah.

On attribue un mérite à un jour qui est, par nature, propice et il faut donc organiser, à cette date, une chaleureuse réunion ‘hassidique. Au cours de celle-ci, on se renforcera et l’on prendra de bonnes décisions, concernant l’amour de son prochain, l’amour de la Torah et l’amour de Dieu.

Les Cohanim(2) ont, en ce sens, un mérite particulier, puisque la Mitsva de bénir Israël leur a été transmise. Or, cette bénédiction est accordée avec amour de son prochain. De fait, on loue alors Dieu “ Qui ordonne de bénir Son peuple Israël avec amour ”, comme le précise le Choul’han Arou’h de celui dont nous célébrons la Hilloula, au chapitre 128, paragraphe 19 et l’on transmet cet amour du prochain à ceux qui reçoivent la bénédiction, comme le précisent les mémoires(3), à la page 343.

Avec ma bénédiction de bonne santé, pour vous et votre épouse, de réussite dans vos préoccupations personnelles et communautaires,

Notes

(1) Le Rav M.Shayevits. Voir, à son propos, la lettre n°1951. (2) Le destinataire de cette lettre est un Cohen. (3) Du précédent Rabbi.

Lettre n°1984

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1984, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Tévet 5713,

Brooklyn,

Au Tsaddik, Rav et distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

descendant d’illustres personnages, issu d’une grande

famille, le Rav ‘Haïm Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez été interrogé sur le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Nasso, affirmant que l’on doit donner des cadeaux au marié. Or, une similitude est constatée par ce texte entre le mot ‘Hatan, le marié et l’expression Ne’hout Darga, celui qui perd son niveau. Vous me demandez le rapport entre cette perte et ces cadeaux.

Ce texte explique, à la page 29b, qu’une force céleste(2) est nécessaire chaque fois qu’il s’agit d’introduire un fait nouveau. Or, un cadeau n’est pas une rétribution ou une acquisition faite au prix de l’effort et de la peine. Il est offert sans contrepartie, parce que celui qui le donne en conçoit du plaisir.

Cette idée est également commentée par d’autres textes de ‘Hassidout. Vous consulterez aussi le Likouteï Torah Chir Hachirim, au discours intitulé “ Pour l’honneur du dais nuptial ”, à la fin du discours “ Comment danser devant la mariée ”.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav H.C. Horowits, Rabbi de Strizov. Voir, à son propos, la lettre n°1937. (2) Précisément obtenue grâce à cette perte.

Lettre n°1985

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1985, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Tévet 5713,

Brooklyn, New York,

A monsieur Moché Kol(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu plaisir à faire personnellement votre connaissance et à m’entretenir avec vous de problèmes qui concernent une large part de notre peuple. J’ai été, en particulier, satisfait d’entendre que vous considérez favorablement une collaboration et une aide soutenue, dans ses différents domaines d’activité, avec le mouvement ‘Habad en Terre Sainte.

Ces points sont les suivants :

A) Il y a, tout d’abord, le réseau scolaire destiné aux enfants sauvés de l’emprise des missionnaires(2). D’après les lettres que je viens de recevoir, il nous est possible de le prendre en charge. Or, vous m’avez dit que, si les locaux et le personnel vous conviennent, l’organisme que vous dirigez pourrait accorder la moitié de la dépense nécessaire pour réaliser un tel projet. La seconde moitié pourra vraisemblablement être versée par les différentes administrations que vous contacterez pour cela.

Conformément à votre proposition, j’écris à mon représentant en Terre Sainte(3) pour qu’il s’adresse à votre adjoint, monsieur Yaari, auquel vous aurez, entre temps, transmis les instructions nécessaires.

B) S’agissant des élèves de nos écoles au Maroc souhaitant s’installer en Terre Sainte(4), avec notre accord, à condition qu’on puisse leur assurer une éducation conforme à leurs souhaits et à ceux de leurs parents, vous m’avez donné l’assurance qu’aucune pression ne serait exercée sur eux et qu’ils pourraient poursuivre leurs études dans les institutions affiliées au courant avec lequel ils s’identifieraient, auprès du bureau de l’Alya, au Maroc.

Bien plus, ces élèves obtiendront de l’Alya des jeunes, outre la prise en charge des frais inhérents à leur Alya, également de quoi satisfaire leurs besoins en Terre Sainte jusqu’à leur dix septième année.

C) Conformément aux négociations qui ont été menées à ce sujet(5), l’édification de l’école agricole de Kfar ‘Habad Sfarya devrait être réalisée, grâce à l’aide de votre organisme, le bureau de l’Alya des jeunes.

Vous avez estimé que le temps nécessaire pour cette édification serait de six mois, pour un bâtiment préfabriqué et que ce délai serait encore plus loin, pour une construction normale. Comme nous l’avons dit, le bureau de l’Alya des jeunes se chargera de trouver le financement pour la construction de cette école, à la condition qu’une moitié de ce montant soit considéré comme un prêt, dont j’assumerai personnellement la responsabilité du remboursement, dans les cinq ans.

Les échéances de paiements, les modalités et les différents points seront fixés lors des négociations qui interviendront avec mon représentant, le Rav Gorodetski, ou bien celui qu’il désignera.

Je mentionnerai encore un point, que j’ai déjà évoqué. Je suis prêt à envisager d’autres écoles, en plus de celle-ci, qui enseigneraient l’agriculture. En effet, je pense qu’il y aura une demande importante pour étudier cette discipline dans nos institutions.

Vous m’avez répondu, à ce sujet, que vous préfériez attendre que la première école soit opérationnelle et que l’on envisagerait par la suite la création d’autres institutions similaires.

Je souligne encore une fois que j’ai été satisfait non seulement de notre échange, mais surtout de l’approche que vous avez adoptée, selon vos propres dires, de ce que vous avez vous-même qualifié de collaboration entre nous. J’ai donc bon espoir qu’il en résulte des actions positives, pour notre satisfaction et notre bon vouloir communs.

Avant de conclure ma lettre, je me permets de souligner une idée, ayant une portée générale, puisque vous m’avez parlé de la ville dans laquelle vous êtes né et de votre origine.

Tout émane de la divine Providence et combien plus est-ce le cas pour ce qui concerne un grand nombre d’hommes ou même toute une communauté. En l’occurrence, vous êtes chargé de diriger l’Alya des jeunes. Vous avez le mérite d’exercer une large influence et vous assumez donc une immense responsabilité. Vous connaissez la valeur qu’accorde la Torah, en général et la ‘Hassidout, en particulier, à la jeunesse.

L’événement le plus accessoire, le plus insignifiant, survenant dans la vie d’un petit garçon et d’une petite fille peut influer sur la formation de leur personnalité, pour tout le reste de leur existence. On cite, à ce propos, l’image d’une graine(6), dont la moindre rayure se transforme en un immense orifice, quand elle devient un arbre. A l’opposé, la même rayure sur le tronc de l’arbre ne laisse qu’une trace négligeable.

Celui qui est chargé de modeler, jusqu’à un certain point, l’existence de la jeunesse est donc investi d’une responsabilité considérable. Il a aussi un mérite inestimable, que Dieu lui accorde, puisqu’il peut guider des centaines et même des milliers d’enfants d’Israël.

Conformément au dicton du Baal Chem Tov(7), que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chaque Juif est important pour notre Père Qui se trouve dans les cieux, chéri par Lui comme s’il était Son “ fils unique ”.

Dieu accorde à l’homme non seulement la responsabilité et le mérite, mais aussi les aptitudes et les forces qui lui sont nécessaires pour accomplir pleinement sa mission dans notre monde. Et, pour qu’il ne s’agisse pas du “ pain de la honte ”(8), Il lui donne également le libre arbitre, de sorte qu’il puisse faire usage de toutes ces forces d’une manière positive ou bien dans le sens opposé, ce qu’à Dieu ne plaise.

Je conclus ma lettre en vous exprimant mes vœux pour que vous assumiez concrètement votre mission de la meilleure façon, que vous fassiez pleinement usage du mérite qui vous est accordé, celui de pouvoir faire du bien à ces personnes, matériellement et spirituellement à la fois. Notre Torah donne l’assurance qu’en s’acquittant de son obligation envers la communauté, on reçoit bénédiction et réussite dans ses préoccupations personnelles, pour soi-même et pour tous les siens.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Responsable du département de l’Alya des jeunes de l’Agence juive. Voir, à son propos, la lettre n°1978. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°2102. (3) Le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski. (4) Voir également, à ce propos, la lettre n°2028. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°1874 et 1978. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°204. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°1964. (8) Que l’homme ne mérite pas, puisqu’il ne fait pas intervenir son effort.

Lettre n°1986

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1986, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Tévet 5713,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux

besoins communautaires, a une attitude généreuse, est

issu d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

En plus du télégramme que je vous ai adressé, je voudrais vous remercier encore une fois pour le télégramme que vous m’avez vous-même envoyé, à propos de ma rencontre avec monsieur Kol(2).

Monsieur Kol m’a effectivement rendu visite et je vous joins une copie de la lettre que je lui ai adressée(3).

Je voudrais souligner que j’ai pu me rendre compte de la manière dont monsieur Kol avait été préparé, avant de me rendre visite. Il avait, en effet, une approche positive de toutes les questions que nous avons évoquées. Le télégramme que vous venez de m’adresser fait la preuve que vous avez exercé une influence positive sur lui. J’ai bon espoir que les conclusions constructives auxquelles nous sommes parvenus seront suivis d’effet et vous procureront du plaisir et de la satisfaction.

M’en remettant à la décision de notre Torah selon laquelle une Mitsva en attire une autre, je suis certain qu’à l’avenir, vous continuerez à nous venir en aide, de manière sans cesse accrue, dans tous les domaines d’activité de notre mouvement, en intercédant en notre faveur.

Nos Sages remarquent que, lorsque l’on décoche une flèche en l’air, elle retombe toujours sur sa pointe(4). Or, cette pointe représente à la fois l’origine et l’aspect essentiel de celui qui décoche la flèche. De fait, ces deux notions(5) sont liées.

Bien évidemment, ce que j’ai écrit à la fin de ma lettre à monsieur Kol, à propos de sa responsabilité, du mérite et des forces que Dieu lui a accordés, le concerne personnellement. Néanmoins, cette affirmation vous concerne vous-même encore plus clairement. En effet, vous avez le pouvoir de guider monsieur Kol et ses collègues, de sorte qu’ils fassent usage des forces dont ils disposent de manière positive et dans la plus large mesure.

En vous saluant et en vous adressant ma bénédiction,

Notes

(1) Monsieur Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son propos, la lettre n°1874. (2) Voir les lettres n°1978 et 1985. (3) Il s’agit de la lettre précédente. (4) On retourne donc toujours vers son origine. En l’occurrence, monsieur Chazar est issu d’une famille de ‘Hassidim Loubavitch. (5) L’origine et l’aspect essentiel.

Lettre n°1987

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1987, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Tévet 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais suite à la discussion que nous avons eue, lorsque vous vous trouviez ici et à ce dont nous nous sommes alors entretenus. Les erreurs que firent, à l’époque, les Mencheviks(1), dans notre pays d’origine(2), en 5677(3), permirent aux Bolcheviks(4) de prendre le pouvoir.

Lorsque le parti des Bolcheviks fit ce que le peuple considéra comme une erreur et, en l’occurrence, adopta l’attitude que l’on sait envers l’Allemagne, les Mencheviks, qui se trouvaient encore au pouvoir, auraient dû se servir de cette erreur afin de s’acquérir la majeure partie du peuple et des Bolcheviks.

Concrètement, les Mencheviks firent une erreur qui, du point de vue du peuple, n’était pas moins importante que celle des Bolcheviks. Ils conclurent une alliance avec les représentants des Bourgeois. Bien évidemment, les Bolcheviks se dressèrent aussitôt contre cette “ rébellion ”, prétextant que les Mencheviks étaient passés dans l’autre camp. L’alliance avec l’Allemagne devait donc être préférée à celle avec les Bourgeois, qui étaient les véritables ennemis.

En conséquence, le gouvernement devait être confié à ceux qui partageaient ce point de vue(5).

Notes

(1) Faction minoritaire du parti ouvrier social démocrate russe opposée aux Bolcheviks et éliminée en 1917. (2) En Russie. (3) En 1917. (4) Qui devinrent ensuite les communistes. (5) C’est-à-dire aux Bolcheviks.

Lettre n°1988

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1988, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tévet 5713,

Brooklyn,

Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint

Dieu et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Nissan(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me dites que, selon ce que l’on vous a rapporté, il est préférable, dans la tradition Loubavitch, de ne pas se servir d’un robinet en caoutchouc(2). Il est vrai que le Rabbi Rachab a donné une instruction en ce sens et celle-ci est, du reste, imprimée dans votre livre, au paragraphe 11(3). Je n’en ai pas entendu la raison, si ce n’est ce qui est dit dans cette instruction, c’est-à-dire le fait que cette matière peut contracter l’impureté. De fait, vous citez vous-même, dans votre livre, l’avis du Maharcham, dans ses responsa, tome 1, chapitre 2.

Vous faites remarquer qu’il(4) n’est pas destiné à ce que l’on marche dessus(5), mais l’on peut expliquer simplement qu’il est fait pour boucher un orifice se trouvant sur le sol(6). Bien souvent, seule une partie de lui est saillante, sur le sol. En conséquence, la femme qui se trempe ou bien celui qui bouche le trou marchent sur lui, sans le vouloir ou même délibérément, afin de boucher convenablement l’orifice.

Même si la partie saillante est importante, on peut parfois se tenir en équilibre sur lui pour saisir ce qui se trouve sur la paroi du Mikwé. Et, il est clair que, si l’on marche dessus, même involontairement, il doit être considéré comme faisant partie du sol et étant réservé à cet usage.

Bien plus, si, en outre, on marche dessus pour boucher convenablement l’orifice, il devient effectivement, par cette action, une partie du plancher fait pour que l’on marche dessus. En pareil cas, il y a bien réservation à cette destination.

Peut-être est-il possible d’ajouter un autre point. Certains robinets(7) sont identiques à ceux que l’on place dans les éviers, c’est-à-dire qu’ils sont accrochés par une chaîne à la plaque métallique les surmontant. Or, un petit réceptacle se trouve sur cette plaque et c’est une raison de plus pour adopter la position précédemment exposée.

A ce propos, je ne possède pas les responsa du Maharcham, précédemment citées. Je me suis donc basé sur ce que vous dites vous-même dans votre livre, Taharat Maïm, à la page 182 et ce qui est brièvement rapporté dans le Darkeï Techouva, au chapitre 201, paragraphe 273, exposant précisément l’avis des plus rigoristes sur les parois. Cet avis s’écarte de ceux qui sont moins intransigeants, considérant qu’elles constituent le sol de l’édifice.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Je vous adresse le fascicule qui vient de paraître.

Notes

(1) Le Rav Nissan Telushkin, de New York. Voir, à son propos, la lettre n°1777. (2) Dans un Mikwé. Le Rav Telushkin cite cette lettre du Rabbi dans son livre sur les lois du Mikwé, le Taharat Maïm. (3) Voir, à ce propos, le recueil Yagdil Torah, édité à New York, tome 16, chapitre 47. (4) Ce robinet. (5) Condition nécessaire pour qu’il puisse contracter l’impureté. (6) Le second bassin se trouve, en effet, sous le premier et ce robinet les rejoint. (7) De Mikwé.

Lettre n°1989

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1989, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5713,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Mena’hem Man(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre dans laquelle vous m’annoncez une réjouissante nouvelle, le fait que les ‘Hassidim se sont réunis, à l’issue du Chabbat Parchat Vaychla’h, afin de célébrer la fête de la libération du 19 Kislev. A cette occasion, on a chanté la mélodie de l’Admour Hazaken et l’on a lu le récit de son emprisonnement et de sa libération.

Nos Sages disent que la joie brise toutes les limites. Puisse donc Dieu faire que cette joie fasse disparaître toutes les difficultés et les barrières, dans l’endroit où vous vous trouvez. Ainsi, ceux qui semblent être des opposants découvriront la vérité incontestable, le fait que chaque Juif est un ‘Hassid.

Mon beau-père, le Rabbi, avait coutume de dire que les Juifs sont comparés à “ la source des jardins, le puits des eaux vives ” et aussi à “ une terre de convoitise ”. De fait, en n’importe quel endroit où l’on creuse, on découvre tôt ou tard, une source ou un puits d’eaux vives. La différence est uniquement la suivante. En un certain lieu, il suffit de retirer une mince couche de sable et de boue ou de pierres, alors qu’en un autre, celle-ci sera plus large et plus épaisse. Mais, en tout état de cause, on peut trouver de l’eau partout.

Il en est de même pour le point profond de la Judéité que chacun possède et qui s’exprime par l’amour du prochain, l’amour de la Torah et l’amour de Dieu. Tout cela ne constitue qu’une seule et même entité, se trouvant en chacun. La différence, comme on l’a dit, est le fait que ces caractères apparaissent à l’évidence chez l’un, alors que, chez l’autre, un plus grand effort sera nécessaire pour les mettre en évidence.

Vous écrivez, dans votre lettre, que le Rav de la synagogue vous a demandé pourquoi l’on ne dit pas le Ta’hanoun, le 19 Kislev. En effet, 1. Le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken ne précise pas qu’il faille omettre le Ta’hanoun, à cette date. 2. De plus, pourquoi ne pas laisser ceux qui le souhaitent dire ce Ta’hanoun ?

Vous apportez vous-même la réponse à la première question, dans votre lettre. L’Admour Hazaken a écrit le Choul’han Arou’h avant l’épisode du 19 Kislev, après Mézéritch(2). Vous consulterez, à ce sujet, l’introduction de son fils au Choul’han Arou’h.

Pour ce qui est de la seconde question, le fait de laisser ceux qui le désirent dire le Ta’hanoun, on peut formuler deux réponses :

A) Ceux qui omettent de dire le Ta’hanoun, le 19 Kislev, proclament, de la sorte, que l’Admour Hazaken n’était pas coupable et que la ‘Hassidout, qu’ils l’étudient ou non, est bien la Torah de Dieu. Lorsqu’un Juif a été arrêté parce qu’il diffusait la Torah, celle-ci se réjouit de sa libération.

En effet, pourquoi les opposants à la ‘Hassidout, ceux qui souhaitent dire le Ta’hanoun en ce jour du 19 Kislev, n’auraient-ils pas la réflexion suivante ? Que diront ceux qui observeront à quel point la libération de l’Admour Hazaken et de la ‘Hassidout, une partie de la Torah de Dieu, qu’il a révélée, les laisse indifférents ? Comment peuvent-ils être d’accord avec les accusations portées contre lui, en se désintéressant de sa libération, en refusant de la considérer comme une fête ?

B) Des centaines de milliers de Juifs, ayant la crainte de Dieu, ont accepté le 19 Kislev et en ont fait un jour de fête. Or, tout est effet de la divine Providence et l’on peut en conclure que Dieu donna Son accord pour qu’il en soit ainsi.

Il faut en déduire que Dieu accorde, en ce jour, une lumière supplémentaire, “ la Lumière émanant de la Face du Roi de la vie ”. Dès lors, la rigueur et l’accusation sont affaiblies. Certes, cette révélation ne peut être comparée à celle du Chabbat, qui fait disparaître toute trace de sévérité. Néanmoins, cet Attribut de sévérité est considérablement diminué, le 19 Kislev. Ce jour est donc propice pour prendre de bonnes décisions, concernant la Torah, les Mitsvot et les bons comportements.

A l’opposé, dire le Ta’hanoun(3) est un moyen de mettre en éveil l’Attribut de sévérité, comme le disent le Levouch, Ora’h ‘Haïm, chapitre 131 et le Atéret Zekenim, au même chapitre, paragraphe 3. Le Michna Beroura le cite également, à ce même chapitre, paragraphe 20.

En conséquence, si quelqu’un désire mettre en éveil la sévérité en un jour où des centaines de milliers de personnes ne le font pas, il cause du tort non seulement à sa propre personne, mais également à toute la communauté au sein de laquelle il prie. Il est sûrement inutile d’en dire plus.

Par envoi séparé, vous ont été adressés deux exemplaires du Beth Rabbi, édité dernièrement en Yiddish. Je vous prie de transmettre le second à monsieur Aharon Hacohen, Harry Kats, avec le reçu ci-joint, correspondant au montant qu’il a adressé par votre intermédiaire.

Je vous prie de transmettre également à monsieur Aharon Hacohen Kats mes salutations et mes vœux pour tout le bien et la prospérité matérielle.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.M. Swet. Voir, à son propos, les lettres n°1227 et 1313. (2) Où il se trouvait près de son maître, le Maguid, qui lui demanda de rédiger ce Choul’han Arou’h. (3) Le 19 Kislev.

Lettre n°1990

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1990, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 26 Tévet 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Comme vous le savez, nos Sages disent qu’il appartient à l’homme d’agir de lui-même, au moins en fonction de ses propres moyens. C’est alors que Dieu lui accorde pleinement Sa bénédiction, selon Sa propre puissance. Mais, l’on doit assumer soi-même, au moins une petite partie de ce qui est accompli.

La formulation de nos Sages, à ce propos, est la suivante. Le Saint béni soit-Il dit aux Juifs : “ Ouvrez, pour Moi, comme la pointe d’une aiguille. Alors, J’ouvrirai pour vous comme le portail du Sanctuaire ”. Ainsi, une ouverture de la taille de la pointe d’une aiguille est suffisante. Dès lors qu’elle est pratiquée, Dieu ouvre Lui-même l’équivalent du portail du Sanctuaire qui se trouvait dans le Temple.

Les expressions de nos Sages sont particulièrement précises. En effet, le but de la pointe d’une aiguille n’est pas seulement de pratiquer un orifice permettant de faire passer un fil. En fait, il faut que ce fil réunisse deux côtés pour n’en faire qu’un.

Telle est précisément la finalité de l’homme, qui doit pratiquer ce petit orifice en mettant de côté ses envies et ses désirs. Lorsqu’il l’aura réalisé, il fera passer par lui le fil de la Torah et des Mitsvot. De la sorte, il réunira la matière et l’esprit. Ainsi, Dieu lui accordera bénédiction et réussite, y compris dans les domaines matériels.

Dieu fasse que vous puissiez mettre en pratique l’enseignement de nos Sages qui a été mentionné plus haut et que s’accomplisse en vous l’expression de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, selon lequel Dieu accorde aux Juifs des biens matériels afin qu’ils en fassent de la spiritualité. Et, puissiez-vous connaître l’opulence.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°1991

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1991, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5713,

Brooklyn,

Aux dirigeants de la Yechiva Torat Emet(1),

auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 18 Tévet, avec la photographie(2). Je vous en remercie et vous suis très reconnaissant pour ce cadeau.

Puisse Dieu faire que je reçoive prochainement la photographie de l’intériorité de ces élèves, c’est-à-dire de l’état de leurs connaissances de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, de leur comportement, pénétré de crainte de Dieu, de leur piété, non seulement dans l’action et dans les sentiments, mais aussi dans la compréhension.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) A Jérusalem. (2) Vraisemblablement des élèves de cette Yechiva.

Lettre n°1992

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1992, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites regretter d’avoir instauré une étude du Tanya par cœur.

Or, vous savez à quel point une telle étude est importante, comme le précisa mon beau-père, le Rabbi, dans une causerie qu’il prononça en 5691(2), à Riga. Vous consulterez également la lettre imprimée à la fin des notes et résumés sur le Tanya.

Ce qui a été rapporté en mon nom, à ce sujet, est uniquement le point suivant. Le temps d’étude des élèves est limité. Il leur manque donc une connaissance, même sommaire, de différentes notions. En conséquence, ils doivent faire usage de leur temps, à la Yechiva, pour acquérir ces notions. De ce fait, ils disposent de peu de temps pour apprendre des textes par cœur.

Pour autant, il est clair que cela ne doit pas vous faire de la peine, d’autant qu’à l’époque, vous aviez porté tout cela à la connaissance de mon beau-père, le Rabbi. Il serait bon que vous parliez aux élèves qui, à Paris, se trouvent, toute la journée, dans l’enceinte de la Yechiva, afin qu’ils consacrent une partie du temps qui leur reste, en dehors de celui des études de la Yechiva, à apprendre ces textes par cœur. Ceci s’ajoutera aux temps fixé pendant ces études.

Votre fille, votre gendre, le Rav(3) et leurs enfants vont bien. La circoncision s’est bien passée, en son temps. Ils conduiront leurs enfants à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions. Vos yeux et ceux de votre épouse le verront et en concevront beaucoup de satisfaction ‘hassidique, de même que de tous vos enfants.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et pour une bonne santé, ce “ qui est partie intégrante du service de Dieu ”(4),

N. B. : J’ai évoqué avec le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, R. B. E. G.(5), avant qu’il ne reparte d’ici, votre venue en cet endroit, si possible quelques jours avant le 10 Chevat(6). Je suis surpris que vous n’en parliez pas du tout, dans votre lettre.

Je vous joins un fascicule qui vient de paraître.

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov, directeur de la Yechiva de Brunoy. Voir, à son propos, la lettre n°1944. (2) 1931. (3) Le Rav Chalom Dov Ber Pevsner, de New York. (4) Selon les termes du Rambam. (5) Le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski. (6) Date de la Hilloula du précédent Rabbi.

Lettre n°1993

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1993, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres du septième jour de ‘Hanoukka, du jeudi de la Parchat Vaygach et du mardi de la Parchat Vaye’hi, avec ce qui y était joint. Je vous répète encore une fois ce que je disais avant votre voyage. Celui-ci connaîtra la réussite, matérielle et spirituelle à la fois.

De fait, l’une dépend de l’autre(1), car “ Israël est une nation unique sur la terre ” et vous consulterez, à ce sujet, les deux versions d’Igueret Hakodech, au chapitre 9. En effet, l’unité, pour ce qui concerne les Juifs, apparaît à l’évidence, y compris en ce qui est directement lié à la terre. Il n’est pas d’autre pouvoir ici-bas. Tout émane de l’unité de Dieu et il en est ainsi pour l’ensemble de la création, jusque dans son moindre détail.

Néanmoins, afin de respecter le libre arbitre, la possibilité a été donnée, en différentes situations, de commettre une erreur. Mon beau-père, le Rabbi, souligne(2) que les ‘Hassidim sont avisés et ne remettent pas à demain ce qu’ils peuvent accomplir aujourd’hui. Ils ne font pas passer “ la récompense que l’on recevra le lendemain ” avant “ l’action qui est nécessaire en ce jour ”.

Vous conviendrez donc, dès le début de votre voyage et au milieu de celui-ci, avant d’arriver à destination, que tout n’est qu’unité de Dieu. De fait, ce long développement peut être résumé par le bref dicton(3) de mon beau-père, le Rabbi, concernant les délégués des Sages et les collecteurs des Yechivot, selon lequel leur rôle consiste à récolter des biens matériels et à semer de la spiritualité.

Le Zohar, tome 2, page 184b, dit que chaque acte du service de Dieu doit être joyeux et épanoui. C’est ainsi que l’on attire la Joie céleste, que Dieu accorde la réussite, avec une joie qui brise toutes les limites.

Notes

(1) Le matériel du spirituel. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1882. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°935, 1134, 1140 et 1196.

Lettre n°1994

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1994, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5713,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu de vos nouvelles avec plaisir, grâce à la conversation téléphonique que vous avez échangée avec le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, aux multiples accomplissements, Rav H.M. A. Hadakov(1). Vous lui avez parlé de votre rencontre avec le Rav, ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre fidèlement aux besoins communautaires, Rav Elyahou Simpson.

Vous avez pris une bonne décision, en un moment propice et fructueux, celle de consacrer, avec l’aide de Dieu, une partie des revenus que vous procureront les sources de la compagnie de Béer Cheva(2) à différentes causes de Tsédaka fondées et dirigées par moi, dans l’esprit de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël.

Vous connaissez le dicton que nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi(3), selon lequel un Juif, lorsqu’il prend, ici-bas, la bonne décision de donner de la Tsédaka et d’y consacrer une somme importante, peut parfois, au moment de son engagement, ne pas avoir les moyens de le tenir. En pareil cas, Dieu lui accorde aussitôt l’opulence matérielle, de sorte qu’il soit à même de tenir son engagement.

Je suis convaincu qu’il en sera de même pour vous, même si cela n’a pas été le cas jusqu’à maintenant. En effet, vous et votre associé avez pris cette décision de tout votre cœur. Dieu a donc sûrement déjà tranché que vous devez connaître l’opulence et la réussite. Ainsi, vous aurez les moyens de tenir votre engagement, avec un cœur joyeux et une main large.

L’une des explications qui est donnée sur la formation du pétrole est la suivante. Les corps des animaux morts, lorsqu’ils subissent une forte pression, se transforment, peu à peu, en pétrole, dont on se sert pour se chauffer et pour s’éclairer.

Vous connaissez le dicton du saint Baal Chem Tov, selon lequel tout ce qu’un Juif voit ou entend, est un indice que Dieu lui envoie, afin qu’il en tire un enseignement pour son service de Dieu et pour la mission qui lui est confiée ici-bas. Combien plus est-ce le cas quand il s’agit d’une situation avec laquelle on est fréquemment confronté. Celle-ci doit délivrer une leçon à chacun d’entre nous, s’appliquant à la mission que nous devons assumer en ce monde.

Il faut méditer à tout cela, comprendre que la matière est dépourvue de toute existence intrinsèque. L’homme peut s’en apercevoir par ses propres moyens, vérifier qu’il tire sa vitalité de son âme. Dieu attache celle-ci à un corps. En conséquence, elle doit exercer une pression sur ses désirs et ses attraits matériels.

Lorsque l’âme exerce sur le corps la pression qui convient, celui-ci, ne possédant pas de vitalité intrinsèque, acquiert alors la capacité de réchauffer et d’éclairer tout l’entourage. La signification de tout cela est bien claire et ne rend nécessaire aucun autre développement.

Je vous réitère mon souhait et ma bénédiction pour que Dieu vous accorde la réussite et l’opulence, en tout ce qui vient d’être dit. De la sorte, vous pourrez mettre en pratique votre bonne résolution, bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer, à l’heure actuelle.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav ‘Haïm Morde’haï Aïzik ‘Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi. (2) Vraisemblablement des sources de pétrole, selon le contenu de la suite de cette lettre. (3) Voir les Iguerot Kodech du précédent Rabbi, additif à la lettre n°2597.

Lettre n°1995

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1995, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez comment interpréter le mot Hanolad, ce qui est né. Est-ce un futur(1) ou bien un passé(2) ? Vous citez le traité Yebamot 11a et vous indiquez aussi que, dans l’expression : “ Qui est le sage ? Celui qui anticipe ce qui est né (Hanolad) ”(3), ce terme est employé au passé, selon l’explication de l’Admour Hazaken.

En fait, la ‘Hassidout retient les deux interprétations(4) de cette expression de nos Sages, comme l’indiquent le chapitre 43 du Tanya et le Likouteï Torah Chemini Atséret, à la page 91b.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Ce qui va naître. (2) Ce qui est déjà né. (3) Prévoit ce qui adviendra, à terme. (4) Le passé et le futur.

Lettre n°1996

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1996, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5713,

Brooklyn, New York,

A monsieur Ichay Halevi Meyer,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 13 Tévet. Mon secrétariat n’écrit pas le français(1) et ma réponse est donc rédigée en Hébreu. Les quelques mots de cette langue figurant dans votre courrier indiquent que vous le lisez et le comprenez.

A) Vous évoquez la conception qu’ont la Torah et le Judaïsme traditionnel de la théorie de l’évolution. Vous faites vraisemblablement allusion à la théorie de Darwin, ou peut-être à celle de Lamarque, cette dernière, à la différence de la première, considérant que l’évolution se fait par à-coup(2).

La conception de la Torah est bien claire. L’une des raisons pour lesquelles il est une Mitsva de se reposer, pendant le septième jour, chaque semaine, est le fait que “ pendant six jours, Dieu a créé les cieux et la terre. Le septième jour, Il a cessé Son travail et s’est reposé ”. On peut en conclure que les six jours de la création sont bien des journées, au sens le plus littéral et non des époques, comme certains le prétendent.

Différents textes de nos Sages permettent d’établir qu’il en est bien ainsi. Les jours de la création avaient bien vingt quatre heures. Vous consulterez, à ce sujet, les Pirkeï de Rabbi Eliézer, à partir du chapitre 3, le Midrach Rabba Béréchit, le traité Sanhédrin 38b et d’autres références encore.

B) Le récit de la création précise également dans quel ordre celle-ci fut réalisée, ce qui fut introduit le troisième jour, puis le quatrième, le cinquième et le sixième. Ainsi, chaque espèce fut effectivement créée de manière indépendante. Le sens simple du verset affirme que la terre produisit des végétaux, des poissons, des serpents, des oiseaux, des bêtes sauvages, des animaux domestiques. C’est ensuite seulement que fut créé l’homme. Il n’y eut donc pas d’évolution d’une espèce vers une autre.

Remarque : Vous connaissez les explications que l’on trouve dans différents livres, en particulier le Maamar Or Ha ‘Haïm, que vous citez vous-même dans votre lettre, établissant une relation avec la théorie de l’évolution. Néanmoins, celui qui analysera ces livres et ces textes s’apercevra qu’ils ont été rédigés sans connaissance profonde du contenu de cette théorie, mais seulement dans un but bien précis, qui est celui des ouvrages apologétiques, la volonté de démontrer aux nations du monde que leurs idées et leurs conceptions apparaissent également dans les textes sacrés et dans les propos de nos Sages.

Ceux qui ont rédigé ces livres reconnaissent eux-mêmes y avoir formulé une interprétation difficile à accepter et proposée uniquement par nécessité(3). Ils ont considéré qu’il était de leur devoir de rédiger un texte permettant au monde d’avoir une vision plus positive de notre sainte Torah. Mais, ils savaient bien que leur interprétation n’était pas la bonne.

Qui est, pour nous, plus grand que le Rambam, à propos duquel nos Sages affirment que : “ De Moché à Moché(4), nul ne fut comparable à Moché ” ? Or, celui qui consulte son livre, le Yad Ha ’Hazaka, pourra vérifier que les idées qu’il développe dans son Guide des égarés, en particulier l’explication qu’il donne des Mitsvot, ne reflètent pas la conception qu’il avait de la Torah.

Il en est de même pour plusieurs philosophes, appartenant à l’orthodoxie juive, du Moyen-Age et de l’époque actuelle. Ceux-ci ont pensé sanctifier le Nom de Dieu en déformant les propos de nos Sages pour les adapter aux théories scientifiques, pensant, de la sorte, les revaloriser aux yeux de différents cercles juifs ou même des autres nations.

Je citerai également un autre exemple. On connaît les hésitations des Grands d’Israël pour interpréter les versets décrivant les révolutions du soleil et de la lune autour de la terre, qui reste à sa place, d’après la théorie de Copernic, longtemps considérée comme étant la vérité absolue, avant que la théorie de la relativité d’Einstein ne fasse la preuve que la science est, en fait, incapable de démontrer quoi que ce soit, pour tout ce qui concerne la relation des astres et de la terre. Elle ne peut pas déterminer quelle planète décrit une révolution et quelle autre est immobile.

En conséquence, il est effectivement envisageable(5) que la terre soit immobile et que les étoiles tournent autour d’elle. Bien évidemment, cette conclusion est adoptée par la science uniquement en fonction de ses connaissances actuelles(6). Il n’est donc nul besoin d’extraire les versets de leurs sens simples, d’accepter des interprétations difficiles et improbables.

Il en est de même pour toutes les paroles de nos Sages, qui doivent être interprétées au sens le plus littéral.

C) Pour revenir à la théorie proprement dite de l’évolution, vous savez de quelle manière la science forge une hypothèse. Celle-ci répond à la nécessité d’expliquer une situation ou une difficulté que l’on peut constater dans la pratique. Elle doit, en outre, être basée sur ce que la nature et les sens permettent de vérifier.

En d’autres termes, une hypothèse scientifique a pour but d’expliquer un événement difficile à interpréter, en faisant appel à des notions et à des développements émanant de la nature elle-même et permettant d’en faciliter la compréhension. Mais, il est, avant tout, nécessaire que l’on puisse vérifier empiriquement ses conclusions, afin de déterminer leur adéquation à la réalité.

Il en va de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Certains se sont demandés comment ont été créés les différentes espèces que compte la nature et quelle est leur origine, qu’il s’agisse de minéraux, de végétaux, d’animaux ou d’humains. Ils ont pensé esquiver cette question en imaginant qu’il y avait, à l’origine, des êtres primitifs et puis que d’autres créatures, plus complexes, se sont peu à peu développées, parmi lesquelles l’homme fit son apparition.

Pour qu’une telle conception puisse être qualifiée de scientifique, elle doit satisfaire à plusieurs conditions, en particulier les suivantes :

1) L’évolution d’un être primitif vers un être complexe doit trouver son équivalent dans les phénomènes naturels. On doit trouver au moins un homme digne de foi, capable de témoigner qu’il a pu constater, à différentes reprises, une telle évolution.

Or, il est un fait clairement établi qu’il n’existe même pas un seul témoignage fiable, attestant qu’une certaine espèce s’est développée à partir d’une autre espèce. Ce que l’on a vu et ce que Darwin lui-même raconte dans son célèbre livre ne sont que de légères adaptations de certains membres(7).

De même, on a trouvé des fossiles ressemblant à des espèces encore en vie. On en a déduit qu’il était légitime de penser que la dernière s’était développée à partir de la première. C’est, en particulier le cas pour les espèces de colombes ou de chevaux sur lesquelles est basée la théorie de l’évolution.

2) La situation, telle que la décrit la théorie de l’évolution, doit être plus aisée à comprendre, plus facile à admettre que la foi selon laquelle tout fut créé à partir du néant.

Or, il n’est aucune preuve naturelle permettant d’établir qu’il soit plus aisé d’accepter que l’homme était, à l’origine, un être primitif plutôt que de considérer qu’il fut créé à partir du néant. En d’autres termes, l’explication selon laquelle quelques atomes et quelques molécules se sont réunies, en une seule fois, pour former un homme n’est pas moins difficile à admettre que la théorie avançant que des cellules primitives ont connu une évolution progressive et sont devenus des membres, ayant chacun une finalité différente, le cerveau qui se trouve dans la tête, le globe de l’œil ou la talon du pied.

D) Certaines espèces, parmi les végétaux ou les animaux les plus primitifs, ont une vie particulièrement courte. L’homme peut donc observer les modifications de leur corps sur plusieurs générations. Or, les scientifiques ne sont pas encore parvenus à développer une espèce à partir d’une autre.

Les scientifiques ont uniquement pu modifier, jusqu’à un certain point, le caractère d’une plante, d’un animal ou encore fusionner deux espèces pour en créer une troisième, qui soit intermédiaire. A l’opposé, ils n’ont jamais été capables de développer une espèce complexe à partir d’une espèce primitive.

E) Tous les scientifiques ont accepté le principe selon lequel la matière serait immuable. Pour adopter une formulation plus conforme aux derniers développements scientifiques, il faudrait dire que la combinaison de matière et d’énergie est immuable.

En fonction de ce principe, on doit admettre que tous les atomes, avec l’ensemble de leurs éléments constitutifs, étaient déjà présents au début de la création, ou bien qu’ils ont toujours existé, comme le prétendent les hérétiques.

En conséquence, la théorie de l’évolution conduit à affirmer que tous les atomes étaient d’emblée présents, mais se trouvaient éparpillés. Par la suite, ils se sont curieusement combinés, de différentes façons, dans des conditions particulières. Or, d’après les statistiques et les probabilités, la possibilité de réunir, en une seule fois, toutes les conditions nécessaires, est pratiquement nulle.

Bien plus, il faudrait dire, d’après cette théorie, que ces conditions, quasiment impossibles à réunir selon la science, l’ont néanmoins été pendant des millions ou même des milliards d’années. Or, l’évolution, pendant tout ce temps, s’est toujours faite dans une même direction, c’est-à-dire du plus rudimentaire vers le plus élevé et le plus développé.

A l’opposé, du point de vue du croyant, il est possible de dire que Dieu a créé tous les atomes se trouvant dans le monde à partir du néant. Il est clair que le Créateur peut donner la vie non seulement à des cellules rudimentaires, mais aussi à des créatures possédant plusieurs millions de cellules à la fois.

Remarque : Certains croyants adhèrent à la théorie de l’évolution, sans laquelle ils se heurtent à la difficulté suivante :

Pourquoi Dieu créa-t-Il tant d’espèces différentes, dont ils ne comprennent pas l’utilité ?

Mais, la théorie de l’évolution ne permet pas d’écarter leur interrogation. En effet, la Torah considère que les lois naturelles résultent également de la Volonté de Dieu. Dès lors, pourquoi Dieu a-t-Il promulgué de telles lois, ayant permis la création d’autant de créatures qui, selon ceux qui s’interrogent, n’ont aucune utilité ?

F) La théorie de l’évolution soulève également d’autres questions et d’autres incompréhensions. De fait, plusieurs scientifiques la contestent. Voyez, par exemple, les livres de Fleischmann ou de Schindewolf, dont les références sont citées à la fin de cette lettre. Vous y trouverez une sévère critique de cette théorie.

Par ailleurs, vous savez sans doute qu’il y a, dans la théorie de l’évolution, plusieurs contradictions, par exemple dans le calcul de l’âge de la terre. Ainsi, un premier calcul est établi en fonction de la quantité de sel qu’il y a dans l’océan. Un autre est basé sur la quantité de radium, de plomb et d’uranium que l’on découvre en un certain endroit. Un autre encore prend en compte la situation actuelle du soleil. On l’établit aussi en fonction des fossiles et des différentes couches qui constituent le sol.

Or, les résultats, selon que l’on adopte une méthode ou l’autre, sont radicalement différents.

G) Une remarque doit être faite. Si quelqu’un prétendait qu’une espèce peut maintenant se développer à partir d’une autre et qu’il en a été le témoin, il ne contredirait en aucune façon la religion et notre foi, même si, comme on l’a dit, ce serait là un événement curieux et extraordinaire, qu’aucun scientifique ne pourrait accepter sans avoir la preuve qu’il en est bien ainsi.

J’introduisais donc uniquement l’idée suivante. La création fut réalisée de la manière qui est décrite par notre sainte Torah. Ainsi, au troisième jour, se réalisa la Parole selon laquelle “ la terre se couvrira de végétaux… d’arbres portant des fruits, selon leurs espèces ”. D’emblée, chaque espèce était donc séparée de l’autre.

Nos Sages disent, au traité ‘Houlin 60b, que tout ceci fut créé pendant les douze heures(8) du troisième jour. Et, il en fut de même pour la création ou la suspension des luminaires dans les cieux, des étoiles, durant le quatrième jour, pour la création des poissons et des oiseaux, le cinquième jour, des animaux domestiques et des bêtes sauvages, le sixième jour.

Je vous adresse ma bénédiction, de même qu’à vos amis, de sorte que vous avanciez, d’une manière fructueuse, sur le chemin conduisant vers la maison de Dieu, c’est-à-dire celui de la Torah et des Mitsvot que l’on accomplit concrètement.

Fleischmann, Die Darwinsche Theorie 1903

Die Deszendenztheorie, Auf-und Niedergang einer Naturwissenschaftiliche

Hypothese 1901

Schindewolf, O. H., Beopachtungen und Gedanken Zum Deszendenzlehre, Acta

Biotheoretica 1937.

Notes

(1) Langue dans laquelle était rédigée la lettre de monsieur Meyer. (2) Et non selon un processus continu. (3) De se justifier face aux nations. (4) De Moché notre maître au Rambam. (5) Même scientifiquement parlant. (6) Qui sont donc susceptibles d’évoluer. (7) Du corps des animaux ou des hommes. (8) De la journée.

Lettre du secrétariat du Rabbi, faisant suite à la précédente

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Adar 5713,

Brooklyn, New York,

A monsieur Ichay Halevi Meyer,

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute déjà reçu la lettre du Rabbi Chlita, datée du 27 Tévet. Il est surprenant que vous n’en ayez pas accusé réception. Néanmoins, le Rabbi Chlita souhaite, avant tout, savoir comment s’est passée la réunion, quelle discussion a été engagée, au cours de celle-ci, sur le problème de l’évolution et des correspondances et quelles en ont été les conséquences.

A cette occasion, le Rabbi Chlita m’a demandé de vous communiquer ceci. Il a eu connaissance d’un article du docteur C. B. Ulman, paru dans la revue Sinaï, à Jérusalem, en 1943, tome 12. Celui-ci vient d’être réimprimé en anglais dans Encyclopedia of Biblical Interpretation, du Rav Mena’hem M. Cacher, paru à New York, en 1953.

Cet article cite un grand nombre de scientifiques qui se sont opposé à la théorie de l’évolution. Peut-être ne possédez-vous pas ce livre et je cite donc quelques uns de ces scientifiques, à la fin de cette lettre.

A la demande du Rabbi Chlita, je mentionnerai uniquement les contemporains et non ceux du dix neuvième siècle, qui sont également répertoriés dans cet article.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Références :

Bertalanffy, L., Kritische Theorie der Formbildung in Abhandlungen der Theoretische Biologie, 1925. Goldschmidt, R., Einfuehrung in die Vererbungwissenschaft, 1928. Losty, J.F., Evolution im Lichte der Bastardierung Betrachter, 1926. Uexkull, J., Theoretische Biologie, 1920. Dinger, H., Das Prinzip der Entwicklung ; Der Zusammenbruch der Wissenschaft unter der Primat der Philosophie, 1926. Steiner, B., Ueber das Biogenetische Grundgesetz Acta Biotheoretica, 1939. Hartwig, R. Abstammungslehre und Neuere Biologie, 1927. Duerken, R. Entwicklungsbiologie und Ganzheit, 1936. Metalman, J., der Kampf um die Autonomie des Lebens, 1939. Hartman, M.,

Philosophie der Naturwissenschaften, 1937, etc.

N. B. : Je vous joins le compte rendu des propos du Rabbi Chlita, prononcés à l’occasion de Pourim. Le contenu s’en applique, tout au long de l’année et il vous intéressera sans doute.

Lettre n°1997

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1997, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Voici le point le plus important. Il est inutile de perdre du temps à soulever des objections contre les autres. En effet, une telle démarche est doublement entachée par le doute : 1. Ces objections sont-elles justifiées ? 2. Même si elles le sont, connaîtrez-vous la réussite ?

Consacrez donc le même temps à soulever des objections contre votre propre personne, afin d’améliorer votre état. De la sorte, vous supprimerez ces deux doutes. En effet : 1. Chacun a le droit et le pouvoir d’établir un bilan moral. De la sorte, ces objections seront réellement justifiées. 2. Le Tanya explique et le Rambam dit aussi que chacun est en droit et capable de se maîtriser et de se soumettre.

Lettre n°1998

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1998, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Je viens de recevoir votre lettre de l’issue du Chabbat Vaéra, avec la demande de bénédiction qui y était jointe. Sans en faire le vœu, j’en donnerai lecture, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Que Dieu fasse que vous donniez de bonnes nouvelles de tout ce qui y est mentionné

B) Vous récitez le Kaddish des Sages avant Hodou(2) et vous me demandez si l’on peut s’interrompre, pour cela, au milieu des Psaumes(3).

A mon avis, mais je n’ai pas le temps de le vérifier(4), il semble évident, dans la mesure où il(5) ne s’agit pas d’une obligation personnelle, mais de celle de la communauté, qu’il n’y a pas lieu de s’interrompre, là où on ne doit pas le faire.

C) Vous me posez également la question suivante. Certains jeunes gens arrivent en retard à la synagogue et, si on ne leur dit pas, de sauter(6) les passages précédant Hodou, ils ne prieront pas avec la communauté. Vous me demandez la position qu’il convient d’adopter, en la matière.

Vous connaissez l’enseignement de nos Sages selon lequel : “ Qui est le Sage ? Celui qui anticipe ce qui découle(7) ”. Ce principe s’applique en chaque domaine et également dans celui-ci. Certes, la Hala’ha établit clairement qu’il est permis de sauter ces passages et le Chaareï Tefila, du Rav Yaakov Reka’h, cite quatre vingt onze raisons pour lesquelles il faut le faire. Néanmoins, il faut aussi voir ce qui en découlera, à brève échéance.

On a pu vérifier concrètement que la permission de sauter certains textes a pour effet immédiat de dénigrer la prière. Au début, on omet ce qui précède Hodou, puis les Psaumes(3), puis d’autres passages encore. Bien plus encore, vous précisez qu’en l’occurrence, votre question porte sur les jeunes gens.

Concrètement, il est impossible de prendre une position, surtout publique, allant à l’encontre de la Hala’ha. Malgré cela, il faut mettre en œuvre tous les moyens possibles pour que l’on n’ait pas connaissance de cette permission de sauter des textes.

Ceci peut être comparé à l’affirmation de nos Sages, au traité Chabbat 151b, selon laquelle “ la Torah dit : transgresse un Chabbat pour le sauver(8), afin qu’il respecte lui-même, par la suite, de nombreux Chabbats ”. Combien plus est-ce le cas en l’occurrence, puisque les deux points(9) concernent la même personne.

Pour ce qui est des différentes définitions que l’on donne de la perception de Moché(10), selon la question que vous aviez déjà posée au préalable, plusieurs passages du Raya Méhemna, dans le Zohar, en fournissent l’explication. Vous consulterez également le Zohar, tome 2, page 116 et le discours ‘hassidique Vayétsé, prononcé en 5666(11).

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et en saluant tous vos amis qui l’assument avec vous, de même que vos élèves, desquels les Sages disent : “ (12) De mes élèves plus que de tous les autres(13) ”.

N. B. : Mes propositions quant aux pratiques qu’il convient d’adopter pour le jour de la Hilloula(14) sont identiques à celles de l’année dernière(15).

Vous trouverez ci-joint le fascicule paru il y a peu.

Notes

(1) Le Rav I.Doubov. Voir, à son propos, les lettres n°1575 et 2193. (2) Au début de la prière du matin. Ce Kaddish est récité par celui qui est en deuil. (3) Récités entre les bénédiction de Barou’h Cheamar et Ichtaba’h. (4) En consultant les livres. (5) La lecture du Kaddish. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°127. (7) A l’avenir de l’attitude que l’on adopte, au présent. (8) Celui qui est en danger de mort. (9) La “ transgression ” concernant à ne pas lui faire connaître la Hala’ha selon laquelle il est permis de sauter ces textes et le fait qu’il priera, de cette façon, avec plus de ferveur par la suite. (10) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 6, à partir de la page 244. (11) 1906, par le Rabbi Rachab. (12) J’ai appris. (13) Mes maîtres et mes amis. (14) Du précédent Rabbi. (15) Voir, à ce sujet, les lettres n°885 et 1380.

Lettre n°1999

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1999, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Tsvi(1) et son épouse, la Rabbanit,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je vous joins ma proposition, qui est la même que celle de l’année précédente(2), pour les pratiques qu’il convient d’adopter à l’occasion du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Je vous adresse également le fascicule qui vient de paraître. Dans un autre envoi, vous a été adressé le Beth Rabbi, qui a été dernièrement imprimé, ici même, en Yiddish. Sans doute, tout cela servira-t-il à votre travail, en plus de l’intérêt intrinsèque que ces textes présentent.

B) Il serait bon d’envisager la possibilité que l’un d’entre vous publie périodiquement de courts articles et des récits, dans les journaux qui paraissent dans le pays de votre résidence actuelle ou même dans votre ville.

Bien sûr, ces articles peuvent être rédigés dans la langue du pays. Quelqu’un traduira donc ce que

vous écrirez. Néanmoins, vous devez vous assurer que la traduction reste fidèle à leur contenu profond. Le but de tout cela est double : 1. Votre nom sera connu, ce qui renforcera votre position dans tous les domaines. 2. Vous diffuserez les idées découlant de la crainte de Dieu, en général et de la ‘Hassidout, en particulier.

C) Il serait bon de rechercher et de trouver un bon traducteur, qui pourra éditer les conversations avec les jeunes(3) ou les autres publications du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h dans la langue du pays. Vous déciderez vous-mêmes quels fascicules et quels récits doivent être traduits en premier lieu. Vous me direz également ce que cela coûtera et l’intérêt que cela présente. Ainsi, nous pourrons adopter une position finale.

Lorsque vous imprimerez tout cela dans les journaux ou, de façon générale, lorsque vous éditerez quoi que ce soit, vous en enverrez ici une coupure.

Vous voudrez bien vérifier également s’il n’y a pas, dans les synagogues, ou même chez des particuliers, des livres peu fréquents ou des manuscrits, en particulier des ouvrages de Sefardim, qui ne sont pas en usage, auquel cas il serait bon de les envoyer ici. Si une contrepartie est demandée, vous pourrez proposer les publications des éditions Kehot que vous connaissez.

Notes

(1) Le Rav T.Chitrik, du Brésil. (2) Voir la fin de la lettre précédente. (3) Le Rabbi cite le titre de l’édition américaine, Talks and Tales.

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