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Iguerot Kodesh — lettres 1940 à 1959

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1940

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1940, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5713,

Brooklyn

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Efraïm Eliézer Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, rapportant le récit du Maguid, Rabbi Israël de Kognits(2). Celui-ci est particulièrement précieux, d’autant qu’il concerne un Juste, un maître de la ‘Hassidout. De fait, les maîtres de la ‘Hassidout ont souligné l’importance de tels récits, qui présentent ces Justes et véhiculent l’âme, “ l’âme de l’âme ” de la Torah.

Or, le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(3) et ces Justes ont donc personnellement le mérite que leurs propres récits, même s’ils semblent n’être qu’un vêtement recouvrant le corps, puissent illuminer “ l’âme de l’âme ”. Comme vous le savez, selon le Zohar, tome 3, page 152a, cette expression fait allusion à la fois à ‘Haya(4) et à Ye’hida(5).

La question suivante vous a été posée(6). A Roch Hachana, la dimension profonde de la vitalité reçoit une élévation. C’est ce qui est appelé “ l’élévation des lumières ”, dans le Séfer Hamaamarim 5703(7), à la page 38. A ce propos, vous consulterez également Igueret Hakodech, au chapitre 14. Pendant le Chabbat, en revanche, c’est la dimension extérieure de la vitalité qui s’élève. C’est alors “ l’élévation des réceptacles ”, comme l’indique le Kountrass A’haron du Tanya, à la page 157b. Dès lors, vous a-t-on demandé, de quelle stade de la création émane la vitalité lorsque Roch Hachana est un Chabbat(8) ?

De fait, une question similaire peut être posée à propos de chaque Chabbat. La partie superficielle de la vitalité connaît alors l’élévation. En conséquence, pourquoi le monde ne s’en trouve-t-il pas modifié ?

On peut déduire la réponse à cette question d’un échange qui se produisit entre le Tséma’h Tsédek et son grand-père, l’Admour Hazaken. En effet, le Tséma’h Tsédek écrit, dans son Séfer Hamitsvot, à la fin de la Mitsva de ne pas allumer du feu pendant le Chabbat, que l’élévation de ce jour porte sur la force profonde que contient l’aliment. C’est la raison pour laquelle aucun changement extérieur n’en résulte.

On peut en conclure que l’élévation superficielle du Chabbat porte, en fait, sur la partie profonde de l’aspect superficiel. Bien évidemment, un observateur extérieur ne verra aucun changement, car la matérialité tire sa vitalité d’une source qui n’est pas modifiée. Il en est donc de même lorsque Roch Hachana est un Chabbat.

De plus, vous savez que la dimension profonde et le stade superficiel comptent, l’une et l’autre, de nombreux niveaux, comme le disent le Ets ‘Haïm, première porte, deuxième feuille et Igueret Hakodech, au chapitre 29 : “ L’un est le cerveau de l’autre et l’autre l’écorce de l’un ”. Il est des domaines de portée générale et d’autres plus précis.

On peut ainsi comprendre que, lorsqu’une fête a lieu au milieu de la semaine, elle conserve effectivement un caractère de jour de semaine et l’on dit alors(9) : “ C’est aujourd’hui le premier jour de la semaine ”, “ C’est aujourd’hui le second jour de la semaine ”. Car, chaque jour possède un contenu spécifique. Parallèlement, celle-ci est bien une fête, ayant une portée générale, qui concerne toute l’année.

Par ailleurs, certaines célébrations sont liées à la date dans le mois. C’est pour cela que l’on parle de Roch ‘Hodech(10), jour qui révèle une vitalité collective, pour tout le mois, laquelle s’insère ensuite dans les jours qui le constituent, de la manière qui est nécessaire à chacun d’entre eux.

Vous consulterez également le Nahar Chalom, qui est imprimé à la fin du Ets ‘Haïm, édité à Varsovie en 5651(11), page

39c, aux paragraphes commençant par “ On sait ce qu’écrit le Rav ” et “ Ainsi, chaque jour ”. Vous verrez également les références citées par ce texte, dans les notes et les commentaires. Vous y retrouverez la base de tout ce qui vient d’être dit.

Je vous joins un fascicule(12), qui vient de paraître. Il s’agit d’un texte du Rabbi Rachab et vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre. De fait, ce texte explique que la nourriture des Cohanim(13) est plus élevée que la consommation d’un sacrifice, car elle met en évidence une lumière nouvelle, transcendant l’enchaînement des mondes.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération(14),

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son propos, la lettre n°1893. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°1949, 2040 et 2118. (3) A la mesure de l’effort des hommes envers Lui. En l’occurrence, il en est de même pour les Justes, qui sont “ à l’image de leur Créateur ”. (4) Quatrième partie de l’âme juive, qui ne se révèle que dans des occasions exceptionnelles, par exemple lors du dévoilement prophétique. Celle-ci est le stade premier de la compréhension et induit une soumission profonde. (5) Essence de l’âme juive, qui en est aussi la cinquième partie, directement liée à l’Essence de Dieu. Elle constitue, à proprement parler, la parcelle de Dieu résidant dans le corps physique. (6) Voir, à ce propos, le Likouteï Si’hot, tome 9, page 220 et tome 14, page 377. (7) 1943, du précédent Rabbi. (8) Puisqu’il y a alors retrait à la fois de la dimension profonde et de l’aspect superficiel. (9) Dans le Cantique du jour, qui fait partie de la prière quotidienne du matin. (10) Textuellement la tête du mois, qui gouverne tous les membres du corps, lesquels sont, en l’occurrence, les jours. (11) 1891. (12) Le discours ‘hassidique intitulé “ Il se tenait devant eux ”, prononcé en 5663-1903. (13) Le destinataire de cette lettre est un Cohen. (14) Le 19 Kislev.

Lettre n°1941

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1941, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre et à votre demande de bénédiction. Je donnerai lecture de cette dernière, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Je suis surpris que vous fassiez cas à ce point de ce qui ne revêt qu’une importance secondaire et qui, en tout état de cause, n’est pas votre affaire(1). Je vous ai écrit et vous ai donné mon avis à propos de votre comportement. Mais, vous n’avez pas observé, dès le lendemain, un changement de votre situation, d’une extrême à l’autre. En conséquence, vous m’écrivez encore et vous protestez. Pourquoi votre état n’a-t-il pas été immédiatement transformé, alors que vous êtes si malheureux ?

Vous savez quel est le mode d’organisation qui est spécifique au domaine de la Sainteté. La Torah le précise en ces termes : “ Je le(2) renverrai peu à peu ”. Comment est-il concevable qu’un élève de la Yechiva, après avoir envoyé une lettre, puisse exiger des miracles immédiats, estimant qu’il peut désormais aller dormir, puisqu’il a déjà fait don de lui-même au point de maintenir son étude de la Torah pendant deux ou trois jours ?

La Présence divine est en exil depuis plus de dix huit siècles et Elle attend patiemment que vous transformiez la matière du monde. Vous, en revanche, ne souhaitez pas attendre et vous l’exprimez, sans aucune persévérance, souhaitant un indice irréfutable que vous vous êtes d’ores et déjà acquitté de tout ce qui vous incombait.

Je ne sais pas combien de feuilles de Guemara et de discours ‘hassidiques tu as étudiés pendant ce semestre, depuis que tu m’as écrit. Toi, en revanche, tu le sais et, si tu en fais le compte, tu ne seras sans doute pas étonné de ne pas encore avoir obtenu la révélation de Dieu, par tes yeux de chair. Dès lors, tu cesseras de multiplier les lettres.

Vous êtes un élève de la Yechiva et vous étudierez donc la partie révélée de la Torah, la ‘Hassidout, vous respecterez les temps d’étude de la Yechiva. Et, vous cesserez de vous plaindre, de prétendre qu’il faut vous répondre et que cela est particulièrement important pour vous. De cette manière, vous saurez que vous êtes sur le bon chemin, que vous avancez peu à peu et non avec la rapidité que le mauvais penchant exige de vous et qu’il vous présente comme indispensable.

Que Dieu fasse que vous étudiez la Torah en Le craignant, en mettant de côté tout ce qui est inutile pour un jeune homme qui réside dans la tente de l’étude. Vous maintiendrez donc cette étude avec ardeur et vous conserverez votre corps en bonne santé, conformément aux prescriptions du médecin.

En effet, ce corps est la propriété de Dieu, comme l’indique le Michné Torah, au début des lois du crime. Il est confié en dépôt à l’homme juif, qui doit le garder, afin qu’il soit intègre et en bonne santé, y compris de manière physique.

Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°1946. (2) Le mal.

Lettre n°1942

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1942, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David Nathan(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait de recevoir les bougies, à l’occasion de la fête de ‘Hanouka. La ‘Hassidout explique que la valeur numérique du mot Ner(2) est égal aux deux cent quarante huit Injonctions de la Torah, à l’amour et à la crainte de Dieu. Vous consulterez, à ce propos, le Zohar, tome 2, page 166b et le Likouteï Torah, au début du second discours intitulé “ Et vous aurez des Tsitsit ”.

En conséquence, puisse Dieu renforcer les deux cent quarante huit membres de votre corps par la pratique des deux cent quarante huit Mitsvot, dont l’accomplissement doit être basé sur l’amour et la crainte de Dieu pour être effectif, comme l’explique le quatrième chapitre du Tanya.

A l’occasion de la fête de la libération(3) qui approche, je vous joins la séquence de discours ‘hassidiques de 5703(4), dans laquelle figure le discours intitulé : “ Ainsi parle l’Eternel, Mon salut est proche ” que j’ai conseillé à chaque ‘Hassid d’enseigner à son entourage le 19 Kislev, le 20 Kislev et pour la cinquième lumière de ‘Hanouka.

L’essentiel est que tout cela soit suivi d’un effet concret. Nos Sages tranchent, en effet, que “ l’action est essentielle et non le commentaire ”. Il faut donc persuader de mettre en pratique les termes de ce discours ‘hassidique. Dès lors, Dieu donne l’assurance que “ Mon salut est proche et Mon espoir se révélera promptement ”.

Notes

(1) Le Rav D.N. Lesser. Voir, à son propos, les lettres n°1722 et 2160. (2) Bougie, soit deux cent cinquante. (3) De l’Admour Hazaken, le 19 Kislev. (4) 1943, du précédent Rabbi.

Lettre n°1943

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1943, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5713,

Brooklyn,

A mon parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je suis un peu inquiet de ne pas avoir eu de vos nouvelles depuis bien longtemps. J’ai voulu vous téléphoner, à plusieurs reprises, mais votre numéro de téléphone, à San Francisco, ne répond pas. Sans doute, tout va-t-il bien.

On dit que le Razah(2) considérait qu’il était inutile d’écrire une lettre. En effet, si tout va bien, qu’y a-t-il à écrire ? Néanmoins, vous me tranquilliseriez en me confirmant que tout va bien.

Je vous joins le fascicule du Rabbi Rachab paru récemment(3). Celui-ci comporte un discours qui a été prononcé il y a cinquante ans et que j’ai répété, ce Chabbat. Sa valeur est grande et il vous intéressera sûrement.

A l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev, je vous exprime, de même qu’à votre épouse, mes souhaits de prompt rétablissement, de bonne santé et de réussite en tout ce qui vous concerne.

De votre proche parent qui vous souhaite tout le bien,

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Bespalov, de S. Francisco. Voir, à son propos, les lettres n°890 et 2003. (2) Rabbi Chnéor Zalman Aharon, frère du Rabbi Rachab. (3) Le discours ‘hassidique intitulé “ Il se tenait devant eux ”, prononcé en 5663-1903

Lettre n°1944

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1944, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu vos lettres en leur temps, de même que vos salutations, transmises par l’intermédiaire du grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le jeune Chalom ‘Haskind(2). J’y ai lu avec effroi que vous interprétez l’absence de réponse de ma part en faisant intervenir des raisons tout à fait accessoires, qui ne sont en aucune façon mon intention. L’explication en est uniquement mes multiples occupations. En plus de mes activités actuelles, j’ai dû, ces jours-ci, m’occuper de l’édition du fascicule(3) que je vous joins et des discours ‘hassidiques de l’année 5703(4).

De fait, j’ai proposé aux ‘Hassidim d’étudier l’un de ceux-ci, qui est intitulé “ Ainsi parle l’Eternel, Mon salut est proche ”, durant les 19 et 20 Kislev, de même que pour la cinquième lumière de ‘Hanouka. Nos Sages soulignent, en outre, que “ l’action est essentielle et non le commentaire ”. Il faut donc que les termes de ce discours soient également suivis d’effet, d’autant qu’il appartient à l’enseignement de la ‘Hassidout, laquelle demande qu’on en tire une synthèse pour l’action concrète.

Vous interviendrez aussi pour qu’une réunion ‘hassidique ait lieu, en particulier durant le Chabbat et le dimanche du 19 Kislev, de même que pour la cinquième lumière de ‘Hanouka. Vous pourrez en faire de même pendant les jours intermédiaires. En effet, j’ai déjà proposé(5) qu’une première réunion privilégie la dimension quantitative en ayant lieu en différents endroits, alors qu’une seconde, s’attachant au qualitatif, réunisse en un seul endroit tous les ‘Hassidim et ceux qui les suivent.

On y invitera également ceux que l’on peut considérer comme se trouvant “ à l’extérieur ”. Cette période est propice pour diffuser la ‘Hassidout auprès d’eux, conformément au désir et à la volonté de nos maîtres, qui prônaient une telle diffusion.

Je vous adresse ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération, pour vous-même, pour vos élèves et pour tous les ‘Hassidim, avec leur épouse et leurs enfants, à chacun en particulier.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov, directeur de la Yechiva de Brunoy. Voir, à son propos, les lettres n°1164, 1970, 1992, 2096 et 2154. (2) Délégué par le Rabbi pour visiter les communautés ‘hassidiques de Terre Sainte, d’Europe et d’Afrique du nord. Voir le tome 9 de la traduction française d’Iguerot Kodech. (3) Le discours ‘hassidique du Rabbi Rachab intitulé “ Il se tenait devant eux ”, prononcé en 5663-1903. (4) 1943, du précédent Rabbi. (5) Voir, à ce propos, les lettres n°1264 et 1538.

Lettre n°1945

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1945, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre de la fin du mois de ‘Hechvan, dans laquelle vous évoquez le “ club des Tefilin ”. Il est difficile d’exprimer à quel point celui-ci est important. Il vous semble que cette initiative est secondaire, mais il n’y a là qu’une intervention du mauvais penchant.

Comme vous le savez, nos Sages disent que “ celui qui sauve une âme juive est considéré comme s’il avait sauvé le monde entier ”. Il me semble vous avoir déjà dit que vous devez méditer au contenu du chapitre 25 du Tanya, selon lequel “ l’unité ainsi réalisée, là-haut, est immuable, car Dieu et Sa Volonté transcendent le temps. Il en est de même pour l’expression de cette Volonté par Sa Parole, c’est-à-dire la Torah. Celle-ci est également éternelle, ainsi qu’il est dit : ‘la Parole de notre Dieu s’accomplira toujours’ et ‘Ses Paroles vivent et se perpétuent’. ”

J’espère que ceci vous apportera la force et l’ardeur vous permettant de prendre conscience de ce que vous êtes capable de faire.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération,

Lettre n°1946

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1946, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Kislev 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 16 Kislev et à la demande de bénédiction qu’elle contenait et dont je donnerais lecture, lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous dites, dans votre lettre, que vous n’avez pas obtenu de réponse à différents points vous concernant et vous vous en plaignez. J’ai déjà écrit, à ce sujet , à l’un de vos amis(1) et il serait bon que celui-ci vous transmette au moins le contenu de ma lettre.

J’y expliquais que l’avancement, dans le domaine de la sainteté, est progressif, qu’il suppose l’effort. Vous ne pouvez donc pas attendre de Dieu qu’Il accomplisse un miracle pour vous et qu’Il vous transforme en un instant, d’une extrême à l’autre, sans effort de votre part.

Par ailleurs, notre sainte Torah donne également l’assurance que l’effort est fructueux. Bien plus, Dieu vous a donné le mérite d’étudier “ les Paroles du Dieu Vivant ”, c’est-à-dire l’enseignement de la ‘Hassidout(2). Vous n’apportez sûrement pas à cette étude toute l’ardeur nécessaire, mais, en tout état de cause, un peu de lumière suffit pour repousser beaucoup d’obscurité. Il est donc inutile de s’insurger et il faut préserver votre santé physique. Le Rambam précise que c’est là un des moyens de servir Dieu.

Vous vous approcherez donc, peu à peu, du service de Dieu, sans vous affecter si l’effort semble n’être que passager. En effet, il y a une solution simple à une telle situation. Il faut mettre toute son ardeur à étudier plus particulièrement la ‘Hassidout, qui met en éveil l’amour et la crainte de Dieu.

Bien évidemment, tout cela ne doit pas remettre en cause l’organisation de la Yechiva dans laquelle vous vous trouvez(3). Vous accomplirez tout cela après avoir pris le conseil de ceux qui la dirigent.

Avec ma bénédiction pour que vous étudiez la Torah en vous pénétrant de crainte de Dieu,

Notes

(1) Voir la lettre n°1941. (2) Cette lettre est adressée à un élève de la Yechiva. (3) Le Rabbi emploie ici le pluriel, incluant donc également les autres élèves de cette Yechiva.

Lettre n°1947

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1947, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Kislev 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du Roch ‘Hodech Kislev, dans laquelle vous me dites qu’un médecin vous préconise une intervention chirurgicale de l’œil.

Il est sans doute inutile de vous souligner les précautions nécessaires pour prononcer le Kiddouch et la Havdala(1), qui conditionnent la clarté des yeux de chacun. De même, vous multiplierez les efforts afin d’honorer la Torah et ceux qui l’étudient.

Il est dit, en effet, que “ la bougie est une Mitsva et la Torah, une lumière ”. Et, Dieu agit “ mesure pour mesure ”(2). En conséquence, Il renforce et affermit la clarté des yeux. Vous fixerez des études de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, sa dimension ésotérique, dans la largesse et en bonne santé.

Avec ma bénédiction de prompte guérison,

Notes

(1) Pour lesquels il est nécessaire de prendre du vin. Voir, à ce propos, la lettre n°1784. (2) Il agit envers l’homme à la mesure de ce que celui-ci accomplit pour Lui.

Lettre n°1948

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1948, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Kislev 5713,

A l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad,

auxquelles Dieu accordera longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu, en son temps, avec plaisir, la bonne nouvelle de l’organisation mise au point pour l’action des femmes et jeunes filles ‘Habad en Terre Sainte, lors de la réunion qui a eu lieu le mardi de ‘Hol Hamoed Soukkot(1). Sans doute avez-vous commencé les réalisations concrètes sur le terrain, selon les priorités et le programme que j’ai indiqués dans ma précédente lettre(2). Puisse Dieu faire que vous introduisiez ainsi des accomplissements fructueux et effectifs. J’attends de vos bonnes nouvelles, dans ce domaine.

L’adoption de votre programme d’action est intervenu au début de cette année 5713(3). Or, tout est effet de la divine Providence. Un rapprochement peut donc être fait entre le commencement de vos réalisations et celui de la lecture de la Torah.

Car, notre Torah est éternelle est c’est en elle qu’un Juif peut puiser les enseignements et les leçons, conditionnant son comportement dans tous les domaines, à toute époque, en tout lieu où l’on se trouve.

La Torah commence par la Parchat Béréchit(4), qui raconte comment le monde fut créé. Il est clair que le but de la Torah n’est pas uniquement narratif. Sa finalité est précisée par le mot Torah, de la même étymologie que Horaa, enseignement. Elle a pour objet d’être un guide de la vie quotidienne, d’indiquer la bonne voie, matérielle et spirituelle.

La création, telle qu’elle est décrite par la Torah, outre ses dimensions allusives et ses secrets, délivre également des enseignements concrets, dans le monde personnel de chacun, en particulier pour tout ce qui a une portée générale.

Chaque action, chaque mouvement que l’on doit réaliser, moralement ou physiquement, consiste “ au commencement ”, à son début et dans sa phase essentielle, à savoir que “ Dieu a créé le ciel ”, la spiritualité “ et la terre ”, la matérialité.

En d’autres termes, Dieu suscite, crée et façonne toute existence morale ou physique. Néanmoins, Il souhaite que la réalisation effective en soit faite par telle ou telle autre personne. Et, celui qui a le mérite de se voir confier une telle mission doit se considérer comme l’émissaire du Saint béni soit-Il pour mettre Sa Volonté en pratique.

Au commencement de la création, “ la terre était ruine, désolation et obscurité ”. Avant tout accomplissement et tout effort introduit dans le domaine de la sainteté, il semblait que la ruine, la désolation et l’obscurité régnaient. De nombreux obstacles et barrières se dressaient, empêchant d’atteindre le but recherché de manière positive.

En conséquence, la Torah indique qu’au début de la création, “ Dieu dit : que la lumière soit ”. Il transforma le lieu de l’obscurité en lumière et, de fait, la lumière repousse l’obscurité. Dès lors, la création fut réalisée méthodiquement, les végétaux, puis les animaux, plus élevés et enfin l’homme, élu d’entre toutes les créatures et finalité de cette création.

Il en est de même pour toute action, tout mouvement liés au domaine de la sainteté, comme le dit le Midrach Vaykra Rabba, chapitre 25, paragraphe 3. Il faut donc prendre une ferme résolution et, dès lors, même quand règne une véritable obscurité, un seul instant suffit pour que jaillisse la lumière.

Ainsi est introduite l’action qui fait apparaître les végétaux, puis les catégories plus élevées, conformément à l’enseignement de nos Sages selon lequel on connaît l’élévation pour ce qui concerne le domaine de la sainteté et l’on progresse, d’une étape vers l’autre, dans la pratique de la Torah et des Mitsvot..

J’adresse ma bénédiction pour tout le bien matériel et spirituel, à tous les participants et participantes, de même qu’aux membres de leur famille.

Je vous joins des coupons d’envoi en port payé, pour un montant de soixante dix. Vous voudrez bien me confirmer les avoir reçus.

Pour l’heure, la création d’écoles est prématurée.

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°1869. (2) La lettre n°1869. (3) 1952-1953. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°1877.

Lettre n°1949

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1949, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Kislev 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Efraïm Eliézer Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais suite à mon précédent courrier(2) et à ce que je vous ai dit oralement, à propos du récit concernant Rabbi Israël de Kognits, qui rapporte de quelle manière celui-ci s’interrogea sur l’ange préposé à la gestation, dont il est question dans un ouvrage ancien de Kabbala.

Or, on peut véritablement s’interroger sur une telle formulation. En effet, le traité talmudique Nidda 16b et le Zohar, tome 1, page 91b établissent clairement que cet ange s’appelle Laïla(3). Cette affirmation est basée sur le verset qui est cité dans le récit, “ et Laïla dit ce que l’homme avait indiqué ”.

Il me semble maintenant que cette formulation, outre le fait qu’elle est courante dans le Talmud, exprime également un nom propice à la gestation ou lié à elle. En effet, Ta’ha est le huitième des noms bien connus qui apparaissent dans les trois versets (Bechala’h 14, 19-21) :

“ L’ange de Dieu qui avançait devant le camp d’Israël alla se placer derrière eux. La colonne de nuée cessa de les devancer et se fixa en arrière. Il s’interposa entre les camps de l’Egypte et d’Israël. Les nuages et les ténèbres régnaient, cette nuit-là, empêchant toute visibilité. Toute la nuit, ils ne purent s’approcher les uns des autres. Moché étendit la main au dessus de la mer. Toute la nuit, Dieu repoussa la mer par un fort vent d’est, la mettant à sec. Les eaux furent divisées ”.

On retrouve cette même allusion dans plusieurs autres versets et dans les livres de la Kabbala. Ces noms sont compilés par le Kehilat Yaakov, à l’article Kehat et Ta’ha. Certes, cette formulation n’explique pas encore la réponse du fils de l’auteur du Ketsot Ha’hochen, qui établit un lien avec le verset : “ et Laïla dit ce que l’homme avait indiqué ”. Elle permet, néanmoins, de comprendre ce qu’a voulu dire le Maguid de Kognits, quand il affirmait que le nom Ta’ha est formé des dernières lettres du verset : “ Tu es enceinte et tu enfanteras ”.

Le Reguel Yechara dit aussi que le nom Ta’ha permet aux femmes stériles de concevoir et d’être enceintes. C’est également à cela que fait allusion le verset : “ Tu es enceinte et tu enfanteras ”.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son propos, la lettre n°1893. (2) La lettre n°1940. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°2040 et 2118.

Lettre n°1950

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1950, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Kislev 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Concernant ce qui est arrivé au Séfer Torah(1), celui-ci portait sa robe(2). Malgré cela, ceux qui ont assisté(3) feront encore quatre demi-jeûnes et les élèves(4) un demi-jeûne.

Pendant toute cette année, vous lirez scrupuleusement deux fois chaque verset de la Torah avec le Targoum(5). De même, vous donnerez, chaque jour de semaine, un franc à une cause de Tsédaka consacrée à l’étude de la Torah.

Dieu vous accordera de longs jours et de bonnes années.

Notes

(1) Qui est tombé à terre. (2) Lors de la chute, ce qui atténue la gravité de ce qui s’est passé. (3) A la chute. (4) De la Yechiva. (5) De chaque Sidra, avant le Chabbat.

Lettre n°1951

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1951, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Kislev 5713,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et

se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu avec plaisir de vos nouvelles par les émissaires, les grand Rabbanim, ‘Hassidim qui craignent Dieu et se consacrent fidèlement aux besoins communautaires, le Rav C.L.(2) et le Rav E.S.(3), d’autant que vous vous êtes séparés au cours d’une réunion ‘hassidique et fraternelle.

En pareil cas, la séparation est uniquement géographique. Elle n’est donc pas réelle, comme l’expliquent plusieurs lettres de mon beau-père, le Rabbi(4), établissant que la pensée transcende l’espace et même le temps. Bien plus, celle-ci peut transformer l’homme et l’élever vers un lieu et un moment auxquels il est physiquement étranger.

On peut citer, à ce propos, l’explication que donne le Baal Chem Tov du verset “ les Serafim se tiennent au dessus de Lui ”. En effet, comment des anges peuvent-ils être plus haut que “ Dieu se tenant sur un Trône élevé ” ? Le monde des anges n’est-il pas plus bas que celui du Trône, comme l’expliquent différents livres de Kabbala, de ‘Hassidout et de philosophie ?

Le Baal Chem Tov explique donc qu’un être se trouve là où est sa volonté. Les Serafim(5) sont ainsi appelés parce qu’ils se consument par leur amour et leur désir de s’inclure et de s’élever encore plus haut que le monde du Trône.

J’ai bon espoir que vous organiserez une réunion ‘hassidique pour l’un des jours de ’Hanouka et peut-être même pendant plusieurs jours de cette fête. Puisse Dieu faire que tout cela soit fructueux.

Notes

(1) Le Rav M.Shayevitch. Voir, à son propos, les lettres n°1571, 1883 et 2220. Une lettre identique fut adressée au Rav Yossef Flyer. (2) Le Rav Chmouel Levitin. (3) Le Rav Elyahou Simpson. (4) Voir le début de Likouteï Dibourim. (5) Textuellement ceux qui se consument.

Lettre n°1952

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1952, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Mois de la délivrance(1)]

A) Vous évoquez, dans votre dernière lettre(2), les propos du Rambam, dans ses lois de l’idolâtrie, chapitre 6, paragraphe 9(3) : “ L’habitude des idolâtres était de planter des arbres ” et vous considérez que de telles arbres ne sont pas, à proprement parler, des objets d’idolâtrie.

Il me semble difficile d’avancer une telle explication. En effet, cette Hala’ha ne traite pas des arbres spécifiques à l’idolâtrie, mais de tous les arbres, en général. Néanmoins, le Rambam ne souhaitait pas tronquer ou écourter un verset à cause d’un seul mot(4). Il le cite donc également. De plus, une telle plantation est interdite.

Vous consulterez la Michna, au traité Avoda Zara 48a, faisant état d’une controverse entre Rabbi Chimeon et le Sage s’exprimant avant lui dans la Michna. Vous verrez également le Guide des égarés, tome 3, chapitre 29 et 37.

B) Vous comparez l’arbre servant d’idolâtrie à un édifice, duquel il fut dit par la suite que “ Dieu le tient en abomination ”, ce qui n’était pas encore le cas, à l’époque des Patriarches. On peut se demander quelle est la référence d’une telle affirmation.

S’il s’agissait d’un édifice, il faudrait se demander pourquoi “ le défenseur devient un accusateur ”(5) uniquement du fait des insensés. Vous consulterez, à ce propos, le traité Avoda Zara 54b. Et, l’on ne fait pas de déduction d’un fait nouveau, d’autant qu’aucun texte ne permet d’affirmer que les Patriarches plantèrent des arbres.

Il faut en conclure qu’un arbre servant d’idolâtrie a toujours été objet d’abomination et ceci permet de comprendre pourquoi nos Sages, au traité Sotta 10a, hésitèrent à détourner de son sens simple le verset : “ Et, il planta un arbre à Béer Sheva et il invoqua là-bas le Nom de l’Eternel, Dieu du monde ”. On peut s’interroger à ce sujet, en considérant le Zohar, tome 1, page 49a.

C) En fait, une déduction peut être faite de l’affirmation suivante du Rambam, à la même référence : “ Même s’il l’a fait pour des raisons esthétiques ”. En effet, 1. Sur quelle base peut-on introduire une telle distinction ? Le Or Saméa’h cite la Me’hilta, qui dit : “ Je ferais pour Lui un beau Sanctuaire ”. Peut-être entend-il, par ces mots, répondre à cette question, mais l’on peut se demander si c’est réellement le cas. 2. Si l’on peut justifier logiquement une telle distinction pourquoi ne pas la faire et dispenser de flagellation celui qui agit ainsi pour des raisons esthétiques ?

Il faut en conclure que la différence qu’il y a lieu de faire est, en réalité, la suivante. Une telle action(6), si elle est faite pour des raisons esthétiques, s’apparente à l’homme qui en est l’auteur et pour lequel elle a un but décoratif, au même titre que l’ornement de la Soukka, selon le traité Soukka 10a. Malgré cela, cet homme sera puni de flagellation.

En effet, la manière de pratiquer des idolâtres, en la matière, était de conférer à un tel arbre un rôle accessoire à celui de leur autel, afin que le peuple se réunisse en cet endroit.

Ce qui vient d’être dit permet de déduire un autre point des propos du Rambam :

D) Les mots “ afin que le peuple se rassemble là ” semblent inutiles, car qu’en déduire ?

En fait, d’après ce qui vient d’être dit, on peut en conclure qu’une telle manière de pratiquer est également interdite lorsqu’elle a des motivations esthétiques, lorsqu’elle est faite pour la beauté. Ce point ne sera pas développé ici.

E) La ‘Hassidout dit qu’un tel monument était tout d’abord apprécié et ne devint objet d’abomination qu’après le don de la Torah. Le Or Hatorah du Tséma’h Tsédek l’explique, au début de la Parchat Vayétsé, à la page 198a.

Notes

(1) Cette lettre est datée du 23 Kislev. (2) Le destinataire de cette lettre est le Rav Alter Hilevitch. Voir, à son propos, la lettre n°453. (3) “ Celui qui plante un arbre près de l’autel ou dans toute l’esplanade du Temple, que celui-ci soit fruitier ou non, est puni de flagellation, même s’il l’a fait pour des raisons esthétiques et pour la beauté du Temple, ainsi qu’il est dit : ‘Tu ne planteras aucun arbre pour l’idolâtrie près de l’autel de l’Eternel ton Dieu ”. Telle était, en effet, la pratique des idolâtres, qui plantaient des arbres près de leur autel afin que le peuple se rassemble là. ” (4) Faisant référence à l’idolâtrie. (5) Ce qui est conçu dans un but positif devient négatif. (6) Idolâtre.

Lettre n°1953

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1953, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mois de la délivrance 5713,

Brooklyn, New York,

Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples connaissances, le Rav Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, faisant suite à ce qui a été dit lors de la réunion ‘hassidique(2). Comme vous l’écrivez, je faisais référence, en disant que les jours du Nazir doivent être considérés de manière indépendante, à l’affirmation de nos Sages, rapportée au traité Nazir 7a.

A l’occasion des jours de fêtes(3) qui approchent, pour nous et pour tout Israël, de manière positive, je vous adresse ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse.

Et, que s’accomplisse la promesse tant attendue, selon laquelle “ comme aux jours de ta sortie d’Egypte, Je te montrerai des merveilles ”, lors de notre délivrance véritable et complète, de votre vivant et du nôtre, par notre juste Machia’h.

Avec mes respects et ma bénédiction à l’occasion de la fête,

M . Schneerson,

Concernant le temps, la question posée était la suivante(4). Celui-ci est-il un seul point ou bien est-ce une collection d’instants, les suivants complétant le premier ? Vous consulterez, à ce propos, le Tsafnat Paanéa’h du Rav de Ragatchov, seconde édition, pages 26a et 89a.

Vous avancez qu’il convient de distinguer le temps du Chabbat, en vous basant sur le traité Kritout 16a(5). On peut s’interroger, à ce sujet, car la rupture est faite par des jours auxquels elles(6) ne s’appliquent pas. On peut citer, en revanche, les Tossafot Yechénim, au traité Yoma 81a, les responsa Tsafnat Paanéa’h auxquelles je faisais précédemment allusion, tome 2, chapitre 32. Ce point ne sera pas détaillé ici.

Vous consulterez également le Torah Or Toledot, page 18d, qui parle d’un “ jour qui est long depuis son début ”.

Notes

(1) Le Rav Y.Blumenfeld. (2) Du 19 Kislev, au cours de laquelle le Rabbi demandait si le temps peut être défini comme un point ou comme une collection d’instants. Ainsi, pour le Nazir, chaque jour doit être considéré de manière indépendante et l’on peut se demander ce qu’il en est du mois de Kislev ou du sens qu’il faut donner à l’expression “ Ayez une fête cachère et joyeuse ”. Voir, à ce propos, la lettre n°2092. (3) De ‘Hanouka. (4) A ce propos, voir également la lettre n°673. (5) Pour démontrer que les jours séparant un Chabbat de l’autre constituent une interruption qui permet de les distinguer les uns des autres. (6) Les Lois du Chabbat.

Lettre n°1954

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1954, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Kislev 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

se consacre aux besoins communautaires,

assume une mission sacrée,

le Rav Reouven Tsvi Yehouda(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie beaucoup de m’avoir transmis, avec votre lettre, une liste des livres de mon arrière grand-père, auteur du Chaar Hacollel, le Rav David Lawut, avec ses commentaires(2) de même qu’un de ses manuscrits. Celui-ci est relatif au Chaar Hacollel et vous l’avez trouvé dans le Tikouneï Zohar que vous me joignez. Je vous remercie pour ce cadeau.

Sans doute enverrez-vous ici également les livres que vous mentionnez, si cela est possible, même s’il ne s’agit que de brefs commentaires, dès lors que ceux-ci sont écrits de sa main. Bien évidemment, j’enverrai, en échange, d’autres livres parus aux éditions Kehot, en fonction des besoins de ceux qui détiennent ces livres.

Avec ma bénédiction de joyeux ‘Hanouka,

N. B. : Je vous joins le fascicule paru il y a quelques temps. Sans doute mettrez-vous son contenu à la portée du plus grand nombre.

Notes

(1) Le Rav R.T. Y. Feigelshtok, de Montréal. Voir, à son propos, la lettre n°1900. (2) Qui sont cités dans les Pisskeï Peri Megadim, éditions Kehot, 5745-1985.

Lettre n°1955

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1955, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Kislev 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Douber(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

Il serait très positif de constituer une association et d’organiser une réunion, de temps à autre, pour les jeunes filles, bien évidemment indépendamment des jeunes gens et sans qu’il n’y ait de chants, puisqu’il en résulterait un préjudice, du fait des voix féminines(2).

Vous trouverez dans les “ conversations avec les jeunes ”(3) de la matière pour ces réunions. Peut-être sera-t-il possible d’instaurer un tour de rôle, de sorte que chacune puisse préparer un cours et un exposé pour cette réunion. De la sorte, elles seront plus motivées et prendront elles-mêmes cette activité en charge.

Je vous adresse un message(4) pour les jours de ’Hanouka. Vous saurez en faire usage de la manière qui convient.

Avec ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Le Rav D.Lewin, de Belfast. (2) Nos Sages disent que “ la voix féminine est considérée comme nudité ”. (3) Le Rabbi cite le nom de l’édition anglaise, Talks and Tales. (4) En anglais dans le texte.

Lettre n°1956

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1956, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Kislev 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du mardi 14 Kislev, dans laquelle vous me dites que vous envisagez de fixer le mariage de votre fille durant la seconde moitié du mois de Tévet.

A mon sens, il faut s’efforcer qu’il ait lieu en Adar ou en Nissan. S’il doit être célébré en Chevat, ce sera pendant la première moitié de ce mois. Le mois d’Adar, par contre, est entièrement joyeux, comme le dit le verset.

Vous n’indiquez pas, dans votre lettre, la raison pour laquelle vous souhaitez faire le choix de la seconde moitié de Tévet. Peut-être le compte établit-il qu’il doit en être ainsi. Néanmoins, vous connaissez la décision de nos saints maîtres, que j’ai reçue de mon beau-père, le Rabbi, au nom du Tséma’h Tsédek, selon laquelle il n’y a aucune impossibilité de célébrer un mariage lorsque la mariée est Nidda.

Quelle que soit votre décision, puisse Dieu faire que le mariage soit célébré en un moment bon et fructueux.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°1957

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1957, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Kislev 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion des jours de ‘Hanouka(1), qui approchent, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et la bénédiction, je voudrais vous rappeler l’un des enseignements que délivrent, de manière allusive, les lumières de ‘Hanouka. C’est le suivant.

Pour le peuple d’Israël, plusieurs Mitsvot sont liées aux lumières. Il y a celles du Temple, celles du Chabbat, celles de ‘Hanouka. Ces dernières se distinguent de toutes les autres, qui sont allumées alors que le soleil brille encore, de manière épisodique, selon un nombre toujours identique.

Les lumières de ‘Hanouka, par contre, sont allumées après le coucher du soleil, en nombre croissant d’un jour à l’autre. On ajoute, à chaque fois, une lumière, une bougie. Or, les deux situations sont liées. Lorsque la lumière règne à l’extérieur, on peut se contenter de la clarté ordinaire émanant de la Torah et des Mitsvot. De façon générale, celle-ci peut être considérée comme suffisante. Et, la Torah prend en compte la situation majoritaire.

A l’opposé, lorsque le soleil n’éclaire plus l’entourage de manière évidente, ainsi qu’il est dit : “ l’Eternel Dieu est le soleil et son fourreau ”(2), on ne peut se contenter de servir Dieu aujourd’hui comme on l’a fait hier et demain comme aujourd’hui. Car, si tel était le cas, non seulement on ne vaincrait pas l’obscurité, mais, bien plus, on courrait le risque que celle-ci s’infiltre dans l’endroit qui était jusqu’alors lumineux.

En pareille situation, il faut, chaque jour, allumer une lumière de plus. Nos Sages disent ainsi que l’on doit connaître l’élévation pour tout ce qui concerne la sainteté. La signification de tout cela est bien claire et n’a nul besoin d’être précisée.

Que Dieu confère la réussite à chacun d’entre nous , afin d’éclairer son âme, son corps et la part du monde qui lui est confiée, dans la largesse.

Avec ma bénédiction et mes salutations à tous vos amis, de même qu’aux membres de leur famille et à leurs enfants,

Notes

(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir également les lettres n°1961, 1968 et 1969. (2) Donc lorsque la Divinité n’apparaît pas à l’évidence.

Lettre n°1958

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1958, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Kislev 5713,

Brooklyn,

Aux ‘Hassidim qui se trouvent à Dublin,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 20 Kislev, dans laquelle vous me faites part de la fête organisée pour le “ jour de la bonne nouvelle ”(1), la fête de la libération(2) du 19 Kislev, en présence de nombreuses personnes. Vous avez conclu, à cette occasion, l’étude du traité Sotta et un repas a été servi.

Sans doute avez-vous pris également de bonnes résolutions concernant l’action concrète auprès des ‘Hassidim et pour la diffusion des sources(3) à l’extérieur. Vous connaissez la décision du tribunal céleste, qui fut communiquée par mon beau-père, le Rabbi, dans l’une de ses lettres(4), imprimée dans les Kitsourim Ve Hearot Le Tanya, à la page 122, selon laquelle ceux qui sont liés à l’Admour Hazaken et suivent ses voies auront le dessus, en tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements.

B) J’ai été très satisfait de ce que vous m’écrivez à propos de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, qui a déjà commencé ses réunions et ses études.

Je vous joins une copie de ce qui a été écrit d’ici à quelques groupements locaux(5). Vous y trouverez certains points concernant ces réunions et ces études. Bien évidemment, il n’est pas nécessaire que les membres de cette association appartiennent à une famille ‘hassidique. Il suffit qu’elles apportent leur participation et se rapprochent de ‘Habad. Cela est suffisant. Vous comprendrez ce que je veux dire.

Dans l’intérêt de cette association, ses membres y participeront activement. Elles assureront elles-mêmes les cours et les exposés, de sorte qu’elles soient personnellement impliquées. Bien évidemment, cela n’exclut pas le fait qu’un homme puisse leur faire une conférence, si elles l’estiment nécessaire.

C) A propos de ces cours et de l’harmonie de ce qui est accompli, a déjà été expliqué, lors d’une réunion ‘hassidique, ce que dit, à ce sujet, la ‘Hassidout, en particulier, le Likouteï Torah. Les éléments négatifs qui apparaissent dans la Parchat Be’houkotaï et la Parchat Tavo sont, en réalité, des bénédictions.

Il en est de même pour la Boraïta qui figure à la fin du traité Sotta et pour ce qui est expliqué, à cette même référence, c’est-à-dire la constatation qu’en la période du “ talon du Machia’h ”(6), “ l’effronterie sera grande, les jeunes humilieront les vieux, la fille se dressera contre sa mère ”.

Dans le service de Dieu, cela signifie que l’on peut se permettre, quelle que soit sa propre situation, y compris dans les domaines les plus immédiats, les pensées, les paroles et les actions, d’exercer une influence positive et de guider non seulement vers l’application de la Hala’ha, mais aussi sur les voies et les pratiques de la ‘Hassidout, non pas uniquement vers l’étude de la partie révélée de la Torah, mais également vers celle de sa dimension ésotérique, des “ secrets de ses secrets ”, qui sont expliqués par la ‘Hassidout.

Bien plus, ceux qui ont acquis la Sagesse, qui est la Torah, mais ne disposent pas encore de son luminaire, c’est-à-dire de l’enseignement de la ‘Hassidout, qui sont donc des “ jeunes ” en la matière, pourront “ humilier les vieux ”.

Plus encore, si l’on a adopté, dans son propre foyer, un comportement moins rigoriste, du fait des conditions de la vie que l’on menait auparavant, “ la fille se dressera contre sa mère et la bru, contre sa belle-mère ”. Celles-ci adopteront, également en la matière, un comportement vertueux, quelle que soit l’attitude adoptée jusqu’alors par la mère ou la belle-mère. Au final, celles-ci en feront de même. C’est bien clair.

Puisse Dieu faire que nous observions bientôt, de nos yeux de chair, de quelle manière “ l’Eternel ton Dieu transformera pour toi la malédiction en bénédiction, car l’Eternel ton Dieu t’aime ”.

Avec ma bénédiction pour un joyeux ‘Hanouka,

N. B. : Je vous joins un extrait de ma lettre traduit en anglais. Vous en ferez sûrement bon usage.

Notes

(1) Selon l’expression des Cheélot Ve Techouvot Min Ha Chamaïm, les “ responsa obtenues du ciel ” par les maîtres des Tossafot, à propos de la date du 19 Kislev. (2) De l’Admour Hazaken, des prisons tsaristes. (3) De la ‘Hassidout. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°1377, 1542, 1551, 1558, 1939, 1963, 2008 et 2019. (5) Voir les lettres n°1877 et 1948. (6) Précédant immédiatement sa venue.

Lettre n°1959

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1959, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Kislev 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu, avec plaisir, dans votre lettre que la dimension spirituelle du voyage des émissaires des Sages(2) apparaissait à l’évidence. De fait, son aspect matériel ne doit pas non plus être entendu au sens usuel. Pour autant, il n’est pas comparable à la spiritualité et aux sentiments de ceux qui participent à ces réunions ‘hassidiques.

Je fais bien allusion à leurs sentiments, car la réflexion pourrait conduire à une conclusion opposée à celle-ci. Celui qui assiste à une telle réunion prend part à son aspect matériel et le Tanya souligne, au chapitre 37, que “ l’on aurait pu acquérir ce qui aurait permis d’assurer sa propre subsistance ”(3). Cette participation a sans doute été de toutes ses forces, de toute sa personnalité.

Il n’en est pas de même dans la dimension spirituelle. La compréhension intellectuelle ou le sentiment du cœur conduisent à la conscience qu’il n’y a là qu’une partie et non l’essence de l’âme. Pour autant, il est clair qu’il en bien ainsi, dans la réalité des choses, mais non dans la perception des participants.

Un message(4) pour les jours de ‘Hanouka vous a été adressé, avec une lettre du secrétariat. Sans doute en ferez-vous bon usage.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Hecht, de Chicago. Voir, à son propos, la lettre n°1910. (2) Chargés de collecter des fonds à Chicago pour les institutions Loubavitch. (3) Avec le montant de sa participation à la Tsédaka. (4) En anglais dans le texte.

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