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Iguerot Kodesh — lettres 1900 à 1919

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1900

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1900, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena’hem Av 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

Et se consacre aux besoins communautaires,

Le Rav Reouven Tsvi Yehouda(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu les livres, les deux parties du Meassef Le’hol Hama’hanot, le premier tome du Choul’han Mela’him, le Darkeï Chalom et le Toledot Aharon qui est relié avec le Toledot Yaakov.

Je vous remercie beaucoup pour ce cadeau. Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous ait le moyen de mettre en pratique la requête que nous formulons deux fois par jour, c’est-à-dire qu’Il nous donne notre part dans sa Torah.

Nous avons convenu que vous deviez échanger ces livres contre ceux que nous éditons ici. Or, j’ai demandé ce qu’il en était et l’on m’a dit que vous n’aviez pas procédé de la sorte. J’en suis surpris et étonné et, en tout état de cause, vous agirez ainsi, à l’avenir. Pour cela, vous écrirez au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et lui demanderez si les livres dont il s’agit l’intéressent et s’il ne les possède pas.

S’il vous est nécessaire de faire preuve de soumission pour accéder à la présente requête, puisse Dieu faire que ce soit effectivement le cas.

J’aimerais savoir si, avec le Toledot Aharon et les notes de l’auteur(2) du Chaar Hacollel, vous n’avez pas trouvé, en cet endroit, d’autres livres portant également ses notes. Je vous remercie de me renseigner, à ce sujet.

Avec ma bénédiction pour vous, votre épouse, votre fils et votre fille,

Et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

N.B. : J’ai bien reçu le catalogue de Bigelaizen(3). Je vous le restituerai, ces jours-ci.

Notes

(1) Le Rav R.T. Y. Feigelshtok, de Montréal. Voir, à son propos, les lettres n°1108 et 1954. (2) Le Rav Avraham David Lawut, aïeul du Rabbi. Voir, à ce propos, la lettre n°1954. (3) Un négociant en livres sacrés.

Lettre n°1901

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1901, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

Mon beau-père, le Rabbi, a commenté, à maintes reprises, l’affirmation de nos Sages selon laquelle Dieu agit “ mesure pour mesure ”(2). En conséquence, celui qui dispense une éducation judicieuse et rapproche les cœurs des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux recevra une récompense particulière, une satisfaction véritable de ses propres enfants.

J’ai bon espoir que cette promesse s’accomplira en vous et en votre époux, le Rav, selon la mesure du Saint béni soit-Il, de Sa main pleine, ouverte, sainte et large.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Il agit envers l’homme de la manière dont l’homme agit envers Lui.

Lettre n°1902

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1902, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’aimerai savoir si vous avez fixé un temps pour étudier la ‘Hassidout. En effet, cette étude insuffle l’amour et la crainte de Dieu. Vous consulterez, à ce propos, les lois des fondements de la Torah(1), au début du second chapitre.

On est astreint en permanence à la pratique de ces Mitsvot(2) et nul ne peut s’en écarter, même pendant un seul instant, tout au long de sa vie, comme l’indique la lettre de l’auteur qui est imprimée au début du ‘Hinou’h.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Du Rambam. (2) L’amour et la crainte de Dieu.

Lettre n°1903

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1903, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous me décrivez votre activité en faveur de l’éducation judicieuse, rapprochant le cœur des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux.

A) Vous m’écrivez que vous n’êtes pas pleinement satisfait, car vous n’avez pu faire preuve de l’autorité nécessaire. Je vous ai déjà dit que vous deviez mettre votre amertume de côté, car celle-ci est sans fondement. Quant à votre manque de réussite, on peut sûrement l’expliquer en fonction de l’affirmation de nos Sages, au traité Meguila 6b, selon laquelle : “ si quelqu’un te dit qu’il n’a pas fait d’effort et a, néanmoins, connu la réussite, ne le crois pas ”. Mais, encore avant cela, ils disent aussi : “ si quelqu’un te dit qu’il a fait des efforts, mais n’a pas connu la réussite, ne le crois pas ”. Tout dépend donc de vous.

B) Vous dites que vous n’êtes pas satisfait et cela est un bon signe. L’insatisfaction permet de révéler des forces cachées, lorsque celles dont on dispose à l’évidence ne suffisent pas. A l’opposé, la satisfaction est, généralement, à l’origine de l’orgueil et du manque d’effort, en tout cas celui qui est consenti avec l’ardeur nécessaire, ce qui va à l’inverse du but recherché. Il convient, en effet, que l’homme introduise son propre effort. Il est sans doute inutile d’en dire plus.

Avec ma bénédiction de réussite dans vos préoccupations publiques et personnelles,

Et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°1904

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1904, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 8 ‘Hechvan, qui faisait suite à une longue interruption. Dieu merci, votre état de santé s’est amélioré. Vous connaissez sans doute l’avis des médecins, que l’on peut vérifier dans la pratique, selon lequel l’absence de tout état coléreux est indispensable, en cas d’hypertension.

Pour parvenir à ne plus s’énerver, il serait bon d’étudier profondément le chapitre 25 d’Igueret Hakodech de l’Admour Hazaken, c’est-à-dire la quatrième partie du Tanya, qui figure dans le même livre. De plus, la logique établit qu’il doit en être ainsi. On peut, du reste, le justifier, puisque la colère que l’on éprouve pour les événements du monde n’est d’aucune utilité. Bien plus, elle est même dommageable.

B) Vous proposez d’imprimer des nouvelles concernant la Torah et les Mitsvot dans le Morgen Journal(1), en soulignant que l’ignorance est forte, dans ce pays. Néanmoins, vous devez savoir que ceux qui sont dépourvus de connaissances ne sont pas lecteurs d’un journal juif, mais plutôt de celui qui est rédigé dans la langue du pays. Et, pour ceux qui possèdent quelques connaissances, des explications de Torah sont publiées, de temps à autre, dans les journaux.

De fait, je n’en suis pas satisfait non plus, car, bien souvent, ces articles ne remplissent pas leur objectif. Avant tout , il est difficile d’évaluer le tort et le bénéfice qui en découlent. En effet, on trouve, dans le même journal, des idées qui vont à l’encontre de la Torah et des Mitsvot. Il n’est donc pas aisé de déterminer ce que le lecteur lira avec le plus grand intérêt et ce qu’il conservera en sa mémoire.

Vous connaissez sans doute la conception du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, qui édite des explications portant sur la Torah et les Mitsvot, dans la langue du pays(2), sous forme de récits et selon une présentation accessible. Seul le manque de moyens empêche le développement de ces publications. Lorsque Dieu permettra que la situation s’améliore, ces livres se multiplieront.

C) Vous me demandez s’il existe une limitation à la bénédiction Acher Yatsar(3) pour celui qui devrait la dire de nombreuses fois par jour(4).

Une telle distinction n’a pas lieu d’être. En revanche, si cette situation fait suite à la prise d’un laxatif, vous consulterez l’avis des derniers Sages, sur le chapitre 7 d’Ora’h ‘Haïm.

D) Vous m’interrogez également à propos de celui qui cumulerait deux comportements contradictoires, se rendant, durant le Chabbat, à la fois à la synagogue et dans son commerce. Vous vous demandez s’il sera récompensé pour être allé à la synagogue.

Vous ne précisez pas, dans votre lettre, quelle incidence pourrait avoir cette précision. C’est, d’ordinaire, l’ange Mi’haël qui rédige les mérites d’Israël. De fait, une telle personne accomplit bien une Mitsva(5), mais cela ne diminue en rien la grave faute que constitue la transgression du Chabbat, surtout lorsqu’elle consiste à tenir un magasin, ce qui est une activité publique.

Tous ceux qui connaissent une personne agissant de la sorte doivent donc lui expliquer qu’il ne peut être question de se racheter, de cette façon. Un tel homme ne peut pas penser qu’en se rendant à la synagogue, il diminue la portée de sa transgression du Chabbat. Il est sans doute inutile d’en dire plus.

E) Vous me dites avoir parlé, avec votre Rav, de ce qui se passera après de longs jours et années(6).

J’en suis particulièrement surpris. Vous devez encore agir et multiplier les réalisations dans ce monde, durant de nombreuses et bonnes années.

Ecartez donc totalement de telles pensées et concentrez-vous, de la manière qui convient, sur la transformation de la part du monde qui vous est confiée, en bonne santé et avec la largesse de l’esprit. Que Dieu vous accorde la réussite, en la matière, pendant de nombreuses années.

Avec ma bénédiction,

N. B. : Vous trouverez ci-joint un extrait de ce qui a été dit, lors de cette fête de Soukkot(7). Ce texte explique qu’au début de l’action, une intense lumière est nécessaire. C’est seulement par la suite que l’on peut adopter un avancement mesuré. Ce message vous sera sans doute utile, dans le travail que vous menez auprès de votre entourage.

Notes

(1) Périodique américain en langue Yiddish. (2) En anglais. (3) “ Qui créa l’homme avec sagesse ”, récitée après s’être rendu dans un lieu d’aisance. (4) Du fait de sa maladie. (5) En se rendant à la synagogue. (6) Après son décès. (7) Voir, à ce propos, la lettre n°1876.

Lettre n°1905

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1905, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Votre fils doit trouver un parti qui lui convient, matériellement et spirituellement. Vous devez donc lui souligner que tout ce qui arrive ici-bas est le reflet de ce qui se passe là-haut et en découle. En conséquence, la révélation céleste rétribue toujours l’effort.

Aussi nos Sages précisent-ils que Dieu agit “ mesure pour mesure ”. De ce fait, vous-même et ceux qui se préoccupent du mariage de votre fils, devez raffermir tout ce qui provoque l’unité entre la lumière divine et la création, comme l’établissent clairement le chapitre 41 du Tanya et plusieurs autres textes de ‘Hassidout.

Vous avez sûrement participé aux réunions qui ont été organisées par les ‘Hassidim, pendant le mois de Tichri. J’aimerai en savoir plus, à ce sujet.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°1906

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1906, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ce jeudi, par laquelle vous me décrivez la situation, dans votre commerce et les disputes qui s’y déroulent.

A ce propos, je voudrais rappeler ce que l’on peut vérifier concrètement. Non seulement la colère motivée par les préoccupations du monde n’est d’aucune utilité, mais, bien plus, elle est même dommageable. C’est en particulier le cas dans les relations entre deux personnes. Lorsque l’une se met en colère, l’autre le fait également. Et, quand les passions sont exacerbées, la compréhension se voile. Par la suite, on se rend compte que l’on n’aurait jamais dû prononcer de telles paroles.

De plus, l’absence de paix n’est pas bonne non plus pour les affaires, parfois même aussi bien matériellement que spirituellement. Si vous parvenez à avoir un comportement plus réfléchi et moins passionné, vous saurez trouver les moyens de diriger votre affaire et le travail que vous y effectuerez sera fructueux.

L’une des erreurs commises par les jeunes gens consiste à distinguer le matériel du spirituel, ce qui, d’un certain point de vue, va à l’encontre de la foi en le Dieu unique et en Son Nom unique, matériellement et spirituellement.

On pense donc que, si les affaires ne vont pas, c’est par la faute du commerce. Et, l’on ne se dit même pas que le problème pourrait être relatif à la Torah et aux Mitsvot, qui sont les canaux de la subsistance matérielle.

Vous devez donc renforcer votre respect des trois études concernant chacun, celles, bien connues, du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya. Vous fixerez, en outre, un temps pour étudier la Torah, sa partie révélée et la ‘Hassidout. Alors, la situation matérielle de votre commerce s’améliorera, dans la joie.

Avec ma bénédiction de réussite, spirituelle et matérielle, de même que votre épouse,

Lettre n°1907

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1907, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je suis surpris que, dans cette lettre également, vous ne parliez pas de votre fille. Je suis également un peu étonné de ne pas voir votre nom apparaître dans les listes de ceux qui participent aux actions de ‘Habad, en différents domaines, dans votre ville.

Il est sans doute inutile de vous rappeler vos origines. Différents ouvrages sacrés établissent que les parents lèguent à leurs enfants leurs capacités et leurs aptitudes. La pratique courante établit qu’il en est bien ainsi. Vous portez donc en vous beaucoup de bien, dont vous ne faites aucun usage. Cela est dommage pour votre entourage, qui ne bénéficie pas de votre influence et donc pour vous-même.

Vous savez qu’en réalité, ce que le pauvre apporte au riche dépasse ce que ce dernier offre au premier. Il y a, sans doute, différentes raisons, justifiant qu’il en soit ainsi. Il me semble que la première et la plus importante soit le cloisonnement, le fait de se tenir à part, jusqu’à maintenant.

La seule solution est donc la suivante. Il faut retrouver votre place et regagner votre endroit, dans sa dimension spirituelle, qui en exprime la qualité. Pour cela, il n’est jamais trop tard, surtout au début de l’année.

Avec ma bénédiction de réussite et de bonne santé,

Et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°1908

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1908, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 16 ‘Hechvan, dans laquelle vous me faites part de votre situation, dans l’armée. Vous me dites que l’on vous envoie à un cours de formation des officiers, qui commence en Kislev et s’achève à la fin de Chevat. Vous ne savez donc que faire, car vous pensiez vous marier en Kislev. Mais, si vous le faites, vous perdrez l’opportunité qui se présente à vous de suivre ce cours.

Si la fiancée et les parents de l’un et de l’autre donnent leur accord, il serait bon, à mon avis, de vous fiancer à la date que vous aviez fixée pour le mariage. Si ces fiançailles ont déjà eu lieu, les parents se réuniront, à cette date et ils discuteront de quelques points concernant le mariage. Cette réunion sera joyeuse et l’on fera, à cette occasion, un repas de Mitsva, par exemple en concluant l’étude d’un traité talmudique ou bien en organisant un Melavé Malka.

Le mariage proprement dit sera célébré, en un moment bon et fructueux, en Adar, qui sera positif, pour nous et pour tout Israël. Vous ferez connaître ici, au plus vite, la décision que vous avez prise.

Avec ma bénédiction pour que vous connaissiez la réussite matérielle et spirituelle, quelle que soit votre décision,

Lettre n°1909

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1909, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

Le Rav Nissan(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 17 Mar’hechvan, me décrivant tout ce qui vous est arrivé. Vous me dites que tout va bien, Dieu merci. Comme vous le savez, nos Sages expliquent que les enfants d’Israël sont comparés aux étoiles, commençant leur ascension. Vous consulterez, à ce sujet, le traité Baba Batra 12b, faisant référence à ceux qui font du bien. Puisse Dieu faire qu’il s’agisse d’un bien visible et tangible et que vous puissiez vous-même constater qu’il en est ainsi.

Vous m’interrogez sur votre activité future, d’autant que l’on vous a fait savoir, de Londres, qu’aucun poste de Cho’het n’était actuellement vacant. A mon avis, vous devez obtenir, avec le plus grand empressement, un visa d’installation au Maroc, en particulier à Casablanca. Là, vous exercerez une activité pédagogique, dans la vigne de mon beau-père, le Rabbi.

Pour obtenir les documents nécessaires, il faut que quelqu’un se trouvant sur place vous demande de venir. Vous vous adresserez donc immédiatement au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav C.Matusof(2). Et, vous lui transmettrez tous les détails nécessaires.

Dans un premier temps, il serait bon que vous vous y rendiez seul. Les membres de votre famille vous rejoindront par la suite. Il y a bon espoir qu’ils puissent également assurer leur subsistance, matérielle et spirituelle, en cet endroit.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles et avec mes vœux de réussite,

Notes

(1) Le Rav N.Pinson, alors à Paris. Voir, à son propos, la lettre n°2018. (2) Le Rav Chlomo Matusof, alors déjà installé à Casablanca. Voir, à son propos, la lettre n°2028.

Lettre n°1910

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1910, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu vos lettres de la veille du Chabbat Noa’h, de lundi, de la veille du Chabbat Le’h et de la veille du Chabbat Vayéra, avec tout ce qui y était joint.

B) Je suis peiné que la collecte de tous les engagements de don contractés pendant l’appel ait pris tant de retard, bien que le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav H.M. A. Hadakov(2) m’ait communiqué les raisons que vous lui avez indiquées.

En effet, vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi(3), selon lequel une telle activité est celle de l’ange Mi’haël, protecteur d’Israël, qui établit le compte des bienfaits du peuple juif(4). De fait, la raison, en l’occurrence, est véritable. Le contraire de la récompense est donc exclu. Bien plus, on peut considérer que chacun voulait réellement agir(5), mais n’en a pas eu la possibilité, auquel cas on est considéré comme si l’on était effectivement passé à l’acte.

En revanche, du point de vue de ce qui devait être accompli, de la mission qui incombe à l’homme ici-bas, dans ce monde matériel et grossier, le manque peut effectivement être constaté. Dès lors, ce qui aurait dû en découler(6) ne peut pas non plus être obtenu.

Je vous écrit, à ce sujet, bien que les raisons développées dans votre lettre soient justifiées, car il n’est rien au monde que l’on ne puisse améliorer. Néanmoins, les forces révélées sont parfois suffisantes, pour y parvenir, alors que, d’autres fois, il est nécessaire de leur adjoindre également des forces cachées. Bien plus, celles-ci peuvent émaner de différents niveaux et l’on peut même, dans certains cas, s’élever jusqu’au potentiel le plus global, afin de les obtenir.

De façon générale, deux points sont nécessaires: 1. On doit avoir l’espoir de connaître la réussite, si l’on parvient à révéler ces forces. 2. Il faut aussi être conscient de l’importance de ce qui doit être accompli, justifiant l’effort et la peine que l’on s’impose.

J’espère avoir de vos bonnes nouvelles, m’apprenant que vous avez déjà commencé à agir pour faire disparaître ces raisons. J’ai bon espoir que vous pourrez, dès le début de votre recherche, constater leur disparition et la réalisation concrète de tout ce qui doit être obtenu.

C) J’ai été très satisfait d’apprendre votre visite à Cantown, Ohio, sur votre chemin du retour, quand vous êtes parti d’ici. Néanmoins, il est dommage que vous n’ayez pas passé au moins un moment dans les deux autres villes que vous citez dans votre lettre, Narristown et Carlisla. Certes, vous en donnez les raisons mais à cela s’applique également ce qui a été dit au paragraphe précédent.

Même si vous n’aviez rien pu accomplir en ces endroits, vous devez avoir connaissance de ce que le Baal Chem Tov explique à propos de l’homme qui s’est trompé, sur son chemin et traverse ainsi plusieurs villages. Cette explication figure dans les notes qui sont imprimées à la fin du Likouteï Torah, paru aux éditions Kehot.

J’aimerais savoir ce qui a découlé de ce que j’ai dit à votre épouse, concernant la situation de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, dans votre ville. Je vous joins une copie de la lettre(7) que j’ai adressée à plusieurs groupements de cette association, dans lesquels des actions positives ont déjà été menées. En fait, il pourrait en être de même en tout endroit, y compris en ceux qui seront créés par la suite, ce qui inclut également le vôtre.

Bien évidemment, ce qui est dit(8) à propos de la création du monde, en général et du “ petit monde ”(9), en particulier, peut également s’appliquer à d’autres campagnes.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission communautaire, qui sera sûrement le canal et le réceptacle vous permettant d’augmenter la bénédiction et la réussite dans vos préoccupations personnelles,

Et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Hecht, de Chicago. Voir, à son propos, les lettres n°1826, 1914, 1959 et 2235. (2) Le Rav ‘Haïm Morde’haï Aïzik ‘Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi. Voir, à son propos, la lettre n°1994. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°2235. (4) Il s’agit donc d’excuser les Juifs plus que d’expliquer ce retard. (5) S’acquitter de son engagement. (6) Le financement des institutions. (7) Voir la lettre n°1869. (8) Dans cette lettre. (9) Que constitue l’homme.

Lettre n°1911

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1911, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

A l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad(1)

de Montréal, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du jeudi de la Parchat Vayéra, dans laquelle vous me décrivez votre première réunion, qui a eu lieu le mardi 2 ‘Hechvan. Vous mentionnez les décisions qui ont été prises et les noms des participantes.

Tout ce qui vit se développe et je formule donc le vœu que vous grandirez également, quantitativement, par le nombre des membres de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad et qualitativement, en élargissant vos activités dans différents domaines, les plus spirituels, comme l’enseignement de la Torah de la manière qui convient, mais aussi les plus matériels, comme le soutien aux institutions. Nos Sages disent que “ l’homme se sanctifie quelque peu ici-bas ” et, dès lors, “ on le sanctifie considérablement, là-haut ”.

Vous trouverez ci-joint une copie de la lettre(2) que j’ai adressée à l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, en différents endroits et qui, de fait, s’applique en tout lieu où un tel groupement existe ou bien sera créé, avec l’aide de Dieu.

Je vous souhaite bénédiction et réussite dans la mission qui vient d’être définie. Que celle-ci soit aussi le canal et le réceptacle contenant la bénédiction et la réussite pour vos préoccupations personnelles.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°1869. (2) Il s’agit de la lettre n°1877.

Lettre n°1912

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1912, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Il ne s’agit en aucune façon de renoncer à la synagogue Loubavitch de votre ville. De temps à autre, des réunions ‘hassidiques doivent y avoir lieu. Il faut y organiser les activités qui doivent être celles d’une synagogue ayant le mérite de porter le nom de Loubavitch.

Je suis convaincu qu’avec les explications nécessaires et en s’exprimant avec calme, on obtiendra des dirigeants de cette synagogue Loubavitch qu’ils adoptent eux-mêmes une telle attitude, qu’ils œuvrent pour que cette institution soit digne de son nom.

On vous a opposé qu’il s’agissait uniquement d’un héritage(1). C’est un fait et c’est bien là le mérite de tous les Juifs, partout où ils se trouvent, qui est aussi celui d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov. En effet, nous commençons chaque prière en invoquant le “ Dieu d’Avraham, Dieu d’Its’hak et Dieu de Yaakov ”. C’est seulement ensuite que nous formulons différentes requêtes, en fonction des besoins du moment, selon que c’est un jour de semaine, un Chabbat ou une fête.

Il n’y a donc nullement lieu d’avoir honte d’un héritage et nous disons, dans la prière : “ Comme nous sommes heureux, comme est bonne notre part, comme est agréable notre sort et comme est beau notre héritage ”. A n’en pas douter, ceux qui prient dans la synagogue Loubavitch, invoquent également, dans leur prière, le “ Dieu d’Avraham, Dieu d’Its’hak et Dieu de Yaakov ”. Ils constatent aussi que “ notre héritage est beau ”.

Dieu vous a donné le mérite, au sein du peuple juif, d’être liés à Loubavitch, de recevoir les bénédictions par l’intermédiaire des maîtres de Loubavitch, depuis l’Admour Hazaken jusqu’à mon beau-père, le Rabbi. Vous devez donc forger des réceptacles susceptibles de contenir ce mérite supplémentaire.

Il ne vous appartient donc pas de décider s’il faut agir ou non(2). Tel est le mérite de vos ancêtres et des ancêtres de vos ancêtres qui se trouvent dans le monde de la vérité et, de là-bas, vous observent attentivement, non seulement lorsque l’on dit le Yzkor(3), mais bien tout au long de l’année.

Il est sans doute inutile d’en dire plus, car ce qui vient d’être exposé devrait être suffisant.

Que Dieu agrandisse et élargisse votre domaine, que vous illuminerez par la clarté de la partie profonde de la Torah, c’est-à-dire par la ‘Hassidout, ses voies et ses usages. Vous la répandrez dans toute votre ville, conformément au souhait de l’Admour Hazaken. Celui-ci affirma, en effet, que la ‘Hassidout est l’héritage de tout le peuple d’Israël, qu’elle appartient à chaque Juif.

Les paroles des Justes sont éternelles et immuables. Nous nous approchons de la réalisation de cette promesse. Au final, la sainteté se répandra partout. Nos Sages disent, en effet, qu’Erets Israël s’étendra sur le monde entier. Et, l’on sait qu’Erets Israël est “ le pays qui voulut accomplir la Volonté de son Créateur ”(4). L’effort nécessaire porte lui-même le nom d’Israël, à propos duquel il est dit : “ Tu as combattu les anges et les hommes. Tu as été vainqueur ”.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, consistant à diffuser la lumière de nos saints maîtres en tout endroit et à tout moment,

Notes

(1) Que ce nom était une commémoration du passé, n’impliquant pas une action particulière, pour le présent. (2) La décision en a déjà été prise. (3) La prière des morts. (4) Erets, le pays, est de la même étymologie que Ratson, la volonté.

Lettre n°1913

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1913, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chalom(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à la demande de bénédiction que vous m’avez transmise, pour le compte de quelqu’un.

Or, j’ai demandé, à plusieurs reprises, aux ‘Hassidim, lorsqu’ils intercèdent en faveur d’une personne, de me transmettre quelques points la concernant, son âge, sa situation familiale et surtout son engagement par rapport à la Torah et aux Mitsvot. La logique permet d’établir que chaque bénédiction doit avoir un réceptacle qui lui convient.

La divine Providence fait que celui qui demande la bénédiction entre en relation avec moi, bien qu’il aurait pu être aidé d’une autre manière, puisque Dieu accorde effectivement toutes les bénédictions, en particulier aux fils et filles d’Israël, enfants, santé et prospérité matérielle.

Tout cela n’est pas conditionné par le mérite de chacun, tel que l’estime le tribunal des hommes. En fait, le sort de toute personne est décidé par Dieu. Vous consulterez, à ce propos, la dernière note de la causerie du Chabbat qui bénit le mois d’Elloul(2), imprimée dans le Pardès de ce Tichri.

Il est à peu près certain que je dois encourager une telle personne dans l’un des domaines de la Torah et des Mitsvot. Je dois donc savoir par quel point il convient de commencer et, pour cela, ces informations me sont nécessaires. Sans doute me les transmettrez-vous dans votre prochain courrier.

Je vous joins une copie de ma lettre(3) adressée aux groupements de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, en différents endroits. Il serait bon de réfléchir aux différentes démarches qui vous permettraient d’en créer un dans votre ville. Bien évidemment, cette action doit officiellement être menée par des femmes. Néanmoins, vous et votre cousin, devez être à l’origine de tout ce qui est accompli.

J’attends de bonnes nouvelles dans tous ces domaines,

Notes

(1) Le Rav C.Rivkin, de S. Louis, aux Etats Unis. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 2, page 632, note 42. (3) Il s’agit de la lettre n°1877.

Lettre n°1914

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1914, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous rappelle les termes de ma lettre(2) relative à l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad(3) de votre ville. Il est clair que toutes les femmes ayant formulé ici différentes requêtes(4), par votre intermédiaire, au cours de ces derniers mois, doivent en être membres. Bien évidemment, chacune y participera selon ses aptitudes, en tant que simple membre ou bien en étant chargée d’une certaine activité.

Il me semble que ce que disait madame Levitanski, il y a quelques temps, lorsqu’elle se trouvait ici, allait dans ce sens. Il faut expliquer que le fait d’être membre de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad n’impose pas l’adoption du Sidour de l’Admour Hazaken ou le port, par le mari, des Tefilin de Rabbénou Tam(5).

En fait, quiconque a conscience que l’on ne peut pas servir Dieu uniquement par ses sentiments, mais que l’on doit aussi emplir son intellect de Sa connaissance, peut effectivement trouver sa place dans ‘Habad. Et, le manque que l’on peut constater dans d’autres domaine ne sera pas comblé par le fait de ne pas adhérer à cette association. Bien au contraire, c’est précisément cette adhésion qui pourra permettre de rectifier les manques.

Quelqu’un est venu m’interviewer et, ne pouvant se contenir, il m’a dit, à la fin de notre discussion, que “ selon l’usage établi, on transforme un mot en un long développement ”. Bien évidemment, il l’a fait sans me demander mon accord. A l’opposé, pour ce qui vous concerne, je vous autorise à transformer un mot en un long développement.

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Hecht, de Chicago. Voir, à son propos, la lettre 1910. (2) Il s’agit de la lettre n°1910. (3) Voir la lettre n°1869. (4) Ayant donc créé un premier contact avec le mouvement Loubavitch. (5) C’est-à-dire d’adopter toutes les coutumes ‘hassidiques.

Lettre n°1915

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1915, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait d’entendre parler de vous par le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav C.Z. Hecht(1). J’ai eu connaissance de vos efforts pour renforcer la pratique juive, d’une manière positive, en soulignant l’importance d’une bonne éducation, en particulier et, plus généralement du respect de la Torah et des Mitsvot.

La valeur d’une telle action est inestimable. Parfois, il peut sembler qu’il s’agisse uniquement de paroles, desquelles ne découle rien de concret. Néanmoins, dès lors que la Providence intervient, nul ne sait ce qui peut advenir. Notre sainte Torah indique que des paroles émanant du cœur pénètrent dans celui de la personne qui les écoute. Celles-ci seront donc inéluctablement suivies d’effet.

Un observateur ne verra pas toujours cet effet. Et l’on peut expliquer de différentes façons pourquoi il en est ainsi: 1. Ce résultat ne sera obtenu que par la suite. 2. L’attention de l’homme se concentre sur ce qu’il voit de ses yeux, alors que Dieu sonde les cœurs.

Au fond de lui, celui qui entend de telles paroles est donc peut-être déjà touché. L’obscurité est peut-être déjà devenue lumière et l’amertume s’est transformée en douceur. Mais, en réalité, l’action de celui qui parle et celle de l’homme qui l’écoute sont indépendantes l’une de l’autre. Le premier doit parler et c’est ainsi qu’il met en pratique la Mitsva qui lui incombe.

Toutefois, dans le but de rendre l’effort plus agréable, nos Sages nous ont fait savoir que la pratique de la Mitsva est elle-même une récompense, ainsi qu’il est dit: “ la rétribution de la Mitsva est cette Mitsva ”. Bien plus, cette récompense permet, en outre, à un Juif ou à une Juive de rapprocher son cœur de notre Père Qui se trouve dans les cieux.

On peut en déduire l’importance de la joie qui en découle, pour l’un comme pour l’autre(2), pour le Père, Dieu et pour le fils unique, un Juif ou une Juive. La parole ou l’action de ce dernier les rapproche. Et, cette joie est suffisamment intense pour briser toutes les limites, pour apporter à celui qui prononce ces mots la bénédiction et la réussite en tous ses besoins, matériels et spirituels.

Notes

(1) Voir la lettre précédente. (2) Dieu et celui qui pratique la Mitsva.

Lettre n°1916

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1916, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai été heureux d’apprendre, par le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav C.Z. Hecht(1), le sauvetage de votre fille. J’espère qu’à partir de maintenant vous concevrez d’elle, en toute quiétude, une satisfaction juive, la véritable satisfaction qu’un Juif peut avoir de ses enfants.

Il en a toujours été ainsi, mais combien plus est-ce le cas, en cette période troublée, aux multiples péripéties. En pareil cas, on ne peut répondre de ses enfants qu’en les liant au Créateur du monde, Qui en est le Maître et dirige tout ce qui s’y passe.

Comment s’attacher à Dieu? En emplissant sa vie de Torah et de Mitsvot. Que Dieu fasse qu’il en soit ainsi pour vous, dans la joie et la largesse.

B) J’ai été satisfait que vous reconnaissiez l’intervention de la divine Providence, en ce qui est arrivé à votre fille. Vous devez en tirer une conscience accrue du fait que Dieu vous protège, de même que tous les membres de votre famille.

Lorsque l’on comprend, une première fois, la leçon que Dieu délivre de manière allusive, on peut ensuite la conserver pendant longtemps et même indéfiniment, de sorte qu’il devienne inutile de le rappeler de la même manière(2), puisque l’on en a conservé le souvenir.

C) De tout ce qu’un Juif voit, il peut également tirer un enseignement pour son existence personnelle. Mon beau-père, le Rabbi, l’expliqua maintes fois, citant le saint Baal Chem Tov.

De plus, votre activité professionnelle permet également de tirer ce même enseignement.

D) Le grand Rav Hecht m’écrit que vous faites commerce d’automobiles.

Une voiture est un véhicule, conçu pour se déplacer d’un endroit vers un autre. Pour qu’elle roule, il faut lui donner une impulsion de départ, qui conditionnera la manière dont elle fonctionne par la suite. En revanche, il n’est pas bon que cette impulsion lui soit donnée trop souvent, ou même à chaque déplacement du véhicule.

Or, il en est de même pour un homme, en particulier pour un Juif. Sa finalité est de servir Dieu. Il doit le faire par toutes les forces que le Saint béni soit-Il a insufflées en son âme divine et en son âme animale.

Dans un premier temps, ou même de temps à autre, cet homme doit donc recevoir une impulsion qui enclenche un processus nouveau. En revanche, il n’est pas bon de le faire trop souvent. Pour cela, on doit s’en tenir à la première impulsion, à la première allusion que l’on a reçue et servir Dieu avec toutes les forces qu’Il accorde.

E) Chaque matin, vous lisez sans doute des Psaumes, après la prière. Il serait bon que vous donniez également quelques pièces à la Tsédaka, les lundis et jeudis. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir les deux lettres précédentes. (2) Par un événement malheureux.

Lettre n°1917

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1917, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Nos Sages soulignent, au traité Ketouvot 74b, que la guérison d’une maladie ne peut être obtenue que pour l’avenir(1). Néanmoins, on peut également envisager sa disparition rétroactive, comme l’expliquent le traité ‘Houlin 48a et les responsa Tsafnat Paanéa’h, tome 1, chapitre 14.

La vitalité et la santé du corps dépendent de l’âme. De plus, la vitalité et la santé de l’âme juive sont liées à la Torah et aux Mitsvot. Nos Sages disent, dans le Zohar, tome 1, page 170b, que les deux cent quarante huit Injonctions correspondent aux deux cent quarante huit membres du corps et les trois cent soixante cinq Interdits, aux trois cent soixante cinq nerfs. Il n’y a pas uniquement là une identité numérique. Bien plus, cette analogie n’est guère que l’indice d’une relation plus profonde, comme l’explique le Tanya, au chapitre 51.

La guérison spirituelle, celle de l’âme, qui est à l’origine de celle du corps, est envisageable de deux manières(2). On peut réparer une situation pour l’avenir ou bien la faire rétroactivement disparaître, selon que l’on est motivé par la crainte(3) ou par l’amour(4) de Dieu, comme l’explique le traité Yoma 86a.

L’amour de Dieu fait disparaître jusqu’à la trace de la situation qui n’est pas conforme à Son service et dans laquelle on se trouvait auparavant. C’est ainsi que l’on recouvre ses forces, physiques et morales. De la sorte, le corps retrouve sa puissance lorsque se révèle à lui l’essence de l’âme, comme l’expliquent le Kountrass A’haron du Tanya, au paragraphe introduit par “ et la Tsédaka est comme un fleuve ”, le Likouteï Torah, au début de la Parchat Reéh, dans le discours ‘hassidique intitulé “ Je place devant vous aujourd’hui une bénédiction ”.

Notes

(1) En revanche, elle n’a pas valeur rétroactive. (2) Précédemment définies. (3) Dans le premier cas. (4) Dans le second cas.

Lettre n°1918

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1918, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Dimanche 28 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

A la réunion extraordinaire du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h,

Que Dieu accorde longue vie à ses participants,

Je vous salue et vous bénis,

Vous vous réunissez aujourd’hui pour faire le point sur les réalisations positives du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et pour statuer sur sa situation matérielle. Je vous exprime ma bénédiction, afin que vous parveniez à trouver les solutions et les méthodes qui permettront de renforcer cette sainte institution, de l’asseoir sur de bonnes bases et de lui permettre d’élargir son influence.

Le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h fut fondé par mon beau-père, le Rabbi, auquel il était très cher. Celui-ci éprouvait pour lui un amour particulier(1). Chacun et chacune, parmi les ‘Hassidim, doit donc participer à son action, selon ses possibilités et ses moyens, qu’il s’agisse de ses réalisations clairement établies ou de celles qui sont menées à bien dans la discrétion, afin de diffuser et de raffermir l’éducation judicieuse, de renforcer le Judaïsme le plus pur, dans tous les coins du globe.

La diffusion et l’élargissement de l’action et des réalisations du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, en général, la création et le renforcement de bonnes écoles, en particulier, au moins dans les endroits où le besoin s’en fait ressentir, dépendent, pour une large part, de l’obtention des moyens nécessaires.

La responsabilité qui incombe à chacun est immense. Par rapport à elle, la nécessité de combler le manque financier n’est rien.

J’ai bon espoir que chacun des participants à la réunion d’aujourd’hui saura prendre la mesure de ces propos et que, par leur intermédiaire, ceux-ci seront transmis à tous nos autres amis, les ‘Hassidim. Il est clair que ces derniers sont également concernés. Chacun mesurera ainsi la responsabilité qui est la sienne et s’efforcera, dans toute la mesure de ces moyens, de contribuer à l’action du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, en chaque point qui la constitue.

Ainsi, on donnera à cette institution la possibilité d’assumer sa mission, le rôle que lui a confié son fondateur, mon beau-père, le Rabbi, conformément à sa volonté.

Que Dieu permette à chacun d’entre nous de réaliser pleinement ces bonnes décisions(2), dans la largesse matérielle et spirituelle.

Avec ma bénédiction pour une grande réussite,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°633. (2) Prises dans cette réunion.

Lettre n°1919

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1919, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Mar’hechvan 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 18 Mar’hechvan et à la précédente. Vous ne me tiendrez pas rigueur du retard apporté à ma réponse, qui est dû à mes nombreuses occupations et à l’accumulation de mon courrier, pendant ce mois de Tichri. J’ai considéré que les lettres dont le contenu a une incidence sur l’action concrète doivent passer avant celles qui traitent du Midrach(2). Vous consulterez, à ce propos, le Pit’heï Techouva sur Yoré Déa, chapitre 242, paragraphe 9. De plus, je suis convaincu que vous excuserez mon retard, dont vous connaissez la raison.

Je réponds maintenant à vos remarques :

A) Je renvoyais(3) aux Biyoureï Ha Zohar, à la Parchat Ekev. Je ne voulais pas dire que ce texte traite exactement du sujet qui faisait l’objet de notre correspondance. En fait, j’ai coutume, lorsque j’envisage une idée de la partie révélée de la Torah, d’en profiter pour consulter l’interprétation qu’en donne la ‘Hassidout. De même, quand j’analyse un concept de ‘Hassidout, j’en cherche l’équivalent dans la partie révélée de la Torah, même si l’explication développée n’est pas la même.

A l’analyse, il apparaît que cette interprétation du Biyoureï Ha Zohar porte sur les bénédictions prononcées lorsque l’on tire profit de ce monde. Celle-ci peut donc, assurément, apporter un éclairage à ce qui a fait l’objet de notre échange.

Vous pourrez consulter différents textes, à ce propos, en particulier la fin du discours ‘hassidique intitulé “ Voici le secret médian ”, qui dit :

“ C’est de cette manière qu’il faut interpréter l’expression ‘Béni sois-Tu, Eternel’, réalisant l’élévation du fruit matériel de l’arbre, pour qu’il s’insère dans la Parole divine ‘Que soit un arbre portant des fruits’. De la sorte, on peut comprendre la formulation : ‘Il crée le fruit de l’arbre’ et toutes les autres bénédictions qui sont prononcées lorsque l’on tire profit de ce monde. ”

On peut en conclure que celui qui dit une bénédiction de portée générale s’insère dans la Parole globale(4), précédant la Parole spécifique(5) qui concerne cette espèce particulière. A l’opposé, une bénédiction particulière se rattache à la Parole particulière, qu’elle soit clairement exprimée(6), comme c’est le cas pour la bénédiction ‘Il crée le fruit de l’arbre ” cité par le Biyoureï Ha Zohar ou bien qu’elle soit obtenue par des combinaisons et des permutations(7).

L’Admour Hazaken explique tout cela, dans son Chaar Hay’houd, au premier chapitre et à la fin du douzième.

B) Brièvement, on peut aussi donner une autre explication, à ce sujet. C’est la suivante.

Une bénédiction qui provoque une révélation globale est plus importante que celle qui a un contenu bien précis, puisqu’elle en possède l’aspect particulier et également tous les autres. Il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos.

Une bénédiction relative à la jouissance peut être dite pour une espèce bien particulière. Elle souligne alors les qualités de la catégorie dans son ensemble, par exemple celle des végétaux et également les particularités de cette espèce bien précise, par exemple le fruit de l’arbre.

Ceci peut être rapproché des notions talmudiques que sont la règle globale et l’ajout à l’existant. Vous le comprendrez aisément.

C) Si je pouvais m’y autoriser, j’ajouterais une autre explication, justifiant que la bénédiction de Roch Hachana doive conserver une formulation générale.

En effet, Roch Hachana a bien une portée globale, s’étendant sur toute l’année.

D) Vous citez, dans votre lettre, le commentaire de Rachi sur le verset Devarim 33, 29, selon lequel une bénédiction qui a pour but d’obtenir la révélation n’empêche pas le détail de présenter un aspect que l’on ne trouve pas dans la règle.

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. En effet, Rachi dit : “ Après leur avoir détaillé les bénédictions, Il ajouta : ‘A quoi bon ce détail ? Tout vous appartient !’”. C’est donc bien le contraire de ce que vous dites.

Faisant référence à ce que vous m’exprimiez auparavant, votre désir de recevoir tout ce qui est publié, je vous joins un extrait de ce qui a été dit lors de la réunion ‘hassidique de ce Sim’hat Torah, en relation avec ce qui vient d’être exposé.

En diffusant l’étude de la Torah et la crainte de Dieu, certains évitent ou conseillent d’éviter le luminaire de la Torah, qui en est la dimension profonde(8). En effet, ils considèrent que l’on doit avancer progressivement, bien connaître, au préalable, le Talmud et les Décisionnaires.

Néanmoins, différents textes de ‘Hassidout soulignent que le point le plus bas et le sommet le plus élevé se dressent bien l’un face à l’autre. C’est précisément en descendant dans une fosse profonde que l’on peut accéder à une cime élevée. Par la suite, on pourra dépasser cette dernière en descendant, encore une fois, dans une fosse profonde.

On sait que les anges descendirent dans ce monde et y connurent la chute. L’âme, par contre, peut s’attacher au Roi précisément quand elle parvient ici-bas. Il en est de même pour l’étude de la Torah. Pour éprouver le plaisir qui la caractérise, tel qu’il est défini au traité Nedarim 81a, pour accomplir scrupuleusement les Mitsvot, jusque dans le moindre détail, il faut se lier à la partie profonde de la Torah, en particulier à notre époque.

Vous consulterez, à ce propos, le chapitre 4 du Tanya, qui dit que : “ Sans lui(9), elles(10) n’ont pas de constance ”. Telle est la portée de la lumière qui apparut au premier jour de la création et fut ensuite enfouie dans la Torah, comme l’explique le Baal Chem Tov(11).

Vous consulterez aussi le Zohar, tome 1, page 264a, tome 2, page 179a, le Tikouneï Zohar, Tikoun 6, le Zohar ‘Hadach Ruth, page 85a. Pour quelqu’un comme vous, il est inutile d’en dire plus.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav I.Hutner. Voir, à son propos, la lettre n°1868. (2) C’est-à-dire, ici, le commentaire de la Torah qui ne porte pas sur l’action concrète. (3) Dans la lettre n°1868. (4) A l’origine de la création, dans sa globalité. (5) A l’origine d’une création spécifique. (6) Dans une Parole bien précise de la création. (7) N’étant pas nommément citée dans l’une des Paroles de la création. (8) La ‘Hassidout. (9) Sans l’amour de Dieu. (10) Les Mitsvot. (11) Voir, à ce propos, les lettres n°1892, 1893 et 1925.

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