Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°1880
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1880, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad,
en notre Terre sainte, puisse-t-elle être rebâtie et
restaurée, que Dieu leur accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de la veille de Soukkot, de même que les coupures de journaux qui y étaient jointes. Je vous en remercie beaucoup et vous demande encore plus instamment de continuer à pratiquer ainsi, à l’avenir.
Vous me ferez connaître le détail de vos réalisations positives, afin de renforcer la situation du Judaïsme, en général et de diffuser les sources de la ‘Hassidout, en particulier.
B) J’aimerais, en particulier, savoir, par le détail, ce qui a résulté et de quelle manière les bonnes résolutions prises pour les fêtes de Tichri ont été suivies d’effet. Cela a sans doute été le cas et, en outre, celles-ci ont fait l’objet d’une publication, dans les journaux par exemple, afin que l’on en ait connaissance également dans les endroits où vous ne vous êtes pas rendus. Dieu vous accordera la réussite dans tous ces domaines.
C) J’ai reçu avec satisfaction la retranscription de l’émission radiophonique. Sans doute y en aura-t-il d’autres à l’avenir, qui seront réalisées suffisamment tôt pour être diffusées à temps.
Ce sera le cas, en particulier, pour la fête de la libération
du 19 Kislev, qui approche.
D) J’ai également été satisfait que vous ayez fixé des cours avec quelques élèves d’autres Yechivot.
Cette étude est sûrement identique à celle qu’ils pratiquent d’habitude, c’est-à-dire qu’elle est logique, raisonnée et méthodique. En effet, lorsque de tels jeunes gens commencent à se rapprocher, on ne peut pas attendre d’eux un trop grand esprit de sacrifice.
Il faut, dans un premier temps, se conformer aux habitudes de l’élève. Puis, peu à peu, celui-ci évoluera, bien évidemment selon le contenu profond de l’enseignement qu’il reçoit.
E) J’ai pris connaissance avec plaisir du magazine Bitaon ‘Habad, dont nous avons reçu ici deux exemplaires. Que soient félicités tous ceux qui lui ont apporté leur concours et, de la sorte, ont diffusé les sources de la ‘Hassidout à l’intérieur et à l’extérieur.
Vous trouverez ci-joints des bons d’envoi en port payé, libellés au nom des membres de la rédaction, qui sont ma participation aux frais d’impression et de diffusion.
F) Comme je vous l’ai déjà écrit il y a quelques temps, il est clair que cette publication ne doit pas exclure la possibilité de diffuser des articles et des publicités également dans d’autres journaux, comme cela a été le cas jusqu’à maintenant.
En effet, ces journaux parviennent également à ceux qui ne sont pas concernés par cette publication ou n’en sont pas destinataires.
G) Vous me dites ne pas avoir prévu de programme, pour le 18 Elloul, à cause de la fête organisée au Kfar. A mon sens, ce n’est nullement une raison valable. Tout, d’abord, il y a deux soirées, la veille du 18 Elloul et le soir proprement dit. Or, cette fête n’occupait qu’une des deux.
De plus, il y avait vraisemblablement de nombreux ‘Hassidim ‘Habad qui n’ont pas participé à la fête du Kfar et qui pouvaient donc se rendre dans d’autres endroits.
H) J’attends des informations précises sur la réunion commémorant le Hakhel.
Je souligne qu’il s’agit d’une commémoration, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté. Vous avez sûrement pris la même précaution, pour ne pas donner l’occasion de s’exprimer à ceux qui souhaitent enduire en erreur. Vous comprenez ce que je veux dire.
I) J’ai lu le compte rendu de votre réunion du 7 Tichri. Le temps dont je dispose ne me permets pas d’envisager les détails de son contenu.
Néanmoins, un point est particulièrement important. Il y a, dans la liste des participants, très peu de noms de nouveaux membres. Or, ce qui vit doit se développer et grandir. De plus, nos Sages disent que l’on doit connaître l’élévation en tout ce qui concerne le domaine de la sainteté. Selon un avis, il s’agit même là d’une Injonction de la Torah.
Vous savez aussi ce qu’a dit mon beau-père, le Rabbi, à ce sujet. Lorsqu’un homme escalade une montagne élevée et abrupte, il ne peut pas s’arrêter. Il doit monter en permanence. S’il cesse de grimper, il tombera, ce qu’à Dieu ne plaise.
Il en est de même pour le service de Dieu de chacun d’entre nous et aussi pour le nombre d’adhérents à votre mouvement. Celui-ci doit augmenter. Si ce n’était le cas, ce serait un indice de la situation inverse, ce qu’à Dieu ne plaise, même si la liste des membres n’a pas diminué.
J) Nos Sages disent que l’on peut, dans un premier temps, étudier la Torah et mettre en pratique les Mitsvot pour une motivation intéressée. Et, ils en expliquent la raison, puisqu’ils affirment qu’au final, on parviendra ainsi à agir de manière désintéressée.
Bien plus, l’Admour Hazaken explique, dans ses lois de l’étude de la Torah, au chapitre 4, Kountrass A’haron, paragraphe 1, pourquoi il en est ainsi. En effet, de la sorte, l’étude et l’accomplissement de la Mitsva se déroulent de façon normale, ce qui ne serait pas le cas autrement.
Néanmoins, même si l’on considère que l’étude et l’accomplissement ont été normaux, il n’est pas nécessaire de rechercher systématiquement une motivation intéressée, même quand on est un opposant à la ‘Hassidout. Combien plus en est-il ainsi pour ceux à qui nos maîtres, en particulier mon beau-père, le Rabbi, ont insufflé la Divinité, au delà de tout ce qui est nécessaire, par l’intermédiaire de leurs parents. Il est bien clair que ceux-là doivent fermement rejeter une telle attitude.
Comme je l’ai dit, je ne souhaite pas évoquer ce sujet plus en détail. Néanmoins, j’ai bon espoir que ces quelques lignes suffiront pour exclure totalement une telle conception. Il est essentiel qu’elle disparaisse non seulement dans la théorie, mais aussi dans l’action concrète, qui est déterminante.
Cette disparition sera effective non seulement en ce qui permet de “ s’écarter du mal ”, mais aussi et surtout pour ce qui est le moyen de “ faire le bien ”
J’attends des bonnes nouvelles détaillées, dans ce domaine.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Lettre n°1881
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1881, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
A mon avis, vous devriez contacter un organisme arrangeant des mariages pour vos filles, mais sans qu’elles le sachent. Vous communiquerez toutes les informations nécessaires, relatives à vos filles et vous demanderez que l’on recherche activement un bon parti pour elles.
Certes, il appartient au Saint béni soit-Il de constituer des couples. Néanmoins, il est essentiel d’avoir systématiquement recours aux voies de la nature(1). Il serait bon que vous donniez, tous les matins, dix huit cents à la Tsédaka, pour le mérite de vos filles et de tous les membres de votre famille. Ceci forgera le réceptacle permettant de susciter et d’intégrer les bénédictions de Dieu, dans tous ces domaines.
Vous ne dites pas, dans votre lettre, quelle est actuellement votre occupation. Etes-vous encore Cho’het ou bien avez vous maintenant une autre activité? Nos Sages rapportent, au traité ‘Houlin 30b, ce qui fut enseigné dans la maison d’étude d’Elyahou. En effet, ce texte définit la Che’hita comme un moyen d’exercer une attirance(2).
Tout comme la Che’hita existe matériellement, elle peut aussi recevoir un contenu spirituel. Dans ce dernier cas, elle consiste, à proprement parler, à attirer l’animal que l’homme porte en lui, afin qu’il quitte le “ domaine public ”, c’est-à-dire les passions, les plaisirs divers et variés, et pénètre dans le “ domaine privé ”, celui de l’Unique du monde.
Tout dépend donc de la manière dont on vit et dont on assouvit ses désirs et ses appétits. Si l’on sait se maîtriser, en ces domaines, la Che’hita, ce geste d’attirance, ne doit pas être si fort. En revanche, si l’on éprouve un grand enthousiasme pour ces plaisirs, la Che’hita doit être vigoureuse.
Que Dieu fasse que vous exerciez une influence positive sur votre entourage, que vous le conduisiez vers la Torah et les Mitsvot, vers la Torah unique que nous avons tous reçue du Roi unique, possédant la vie éternelle.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles.
Notes
(1) En ayant recours à un intermédiaire. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°1682, 1713, 1833 et 2169.
Lettre n°1882
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1882, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été satisfait de constater votre présence, lors de Sim’hat Beth Hachoéva(1). Mais, j’ai l’habitude de vous voir également, à l’issue de Sim’hat Torah, ce qui n’a pas été le cas, cette fois-ci, bien que la réunion ‘hassidique se soit prolongée durant plusieurs heures après que les autres personnes aient déjà récité la Havdala.
On sait que la spiritualité n’est pas soumise aux limites de l’espace. On peut, parfois, ne pas sentir qu’il en est ainsi. Néanmoins, on en subit l’influence et j’espère que les pensées positives que j’ai eues, vous concernant, sont parvenues jusqu'à vous.
Même si vous ne l’avez pas ressenti, vous l’avez reçu profondément et, le moment venu, ceci se révélera.
Mon beau-père, le Rabbi avait coutume de dire(2) que les ‘Hassidim sont intelligents. Ils ne remettent donc pas à plus tard ce qu’ils peuvent faire maintenant. Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi pour vous, au plus vite, dans des circonstances positives et joyeuses.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Les réjouissances de ‘Hol Hamoed Soukkot. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°1681, 1993 et 2057*.
Lettre n°1883
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1883, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir avec plaisir votre télégramme, m’annonçant que vous avez eu une fille, en un moment propice. Je suis heureux de voir que vous êtes récompensé, de même que votre épouse, pour votre action en faveur de l’éducation judicieuse, afin de rapprocher le cœur des enfants d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux.
La Torah considère celui qui enseigne la Torah au fils de son prochain comme s’il l’avait enfanté. Une telle activité est, en outre, propice pour avoir des enfants.
Puisse Dieu faire que s’accomplisse également pour vous, par la suite, la promesse de nos Sages selon laquelle la naissance préalable d’une fille est un bon signe pour les garçons qui viendront après elle.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov et de réussite,
Lettre n°1884
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1884, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris, avec plaisir, que votre fils vient d’avoir un fils, en un moment fructueux. Je voudrais, par la présente, vous exprimer ma bénédiction de Mazal Tov, de même qu’à votre épouse. Vous voudrez bien transmettre mes vœux également à votre fils et à son épouse. Que Dieu leur permette de l’introduire dans l’alliance de notre père Avraham, en un moment bon et positif, de l’élever vers la Torah, le dais nuptial et les bonnes actions, dans la largesse. Et, que les grands-parents, de part et d’autre, conçoivent d’eux une satisfaction juive et ‘hassidique.
Le Midrach(1) rapporte une question qui fut posée à nos Sages : “ Si Dieu souhaite que les Juifs soient circoncis, pourquoi ne naissent-ils pas d’emblée ainsi ? ”. Nos Sages répondirent que de nombreuses créatures de ce monde furent faites, d’emblée, pour être transformées.
Telle est précisément la finalité de l’homme, qui doit métamorphoser la création. Il est clair que Dieu n’a pas besoin de lui. Il pourrait faire que tout se révèle ici-bas de la manière la plus parfaite. Néanmoins, Il voulut conférer un mérite à Israël. Chaque fois qu’Il accorde enfants, santé et prospérité à un Juif, Il ne lui donne rien gratuitement, mais souhaite qu’il mérite ce qu’il reçoit. Il lui confie donc une mission, grâce à laquelle tous les bienfaits qu’il obtient par la suite ne sont pas le “ pain de la honte ”, mais bien la rétribution de son effort. En conséquence, plus un homme reçoit du bien et plus il doit intensifier son effort pour mener à bien la mission qui lui est confiée.
C’est la raison pour laquelle il est dit que “ Rabbi honorait les riches(2) ”. En effet, ceux-ci apportent leur soutien financier à des personnes ou à des institutions. Or, Dieu “ nourrit le monde entier, par Sa bonté ”. Il aurait donc pu faire que ces personnes ou ces institutions reçoivent directement ce dont elles ont besoin. Toutefois, Il choisit d’en confier la mission au riche et de lui donner les moyens de ce don. Il y a là un bienfait de Dieu, permettant à un Juif de faire l’effort consistant à prélever de la Tsédaka de ce dont il dispose, mais qui, en réalité, appartient à d’autres.
C’est de cette façon que Dieu témoigne de Sa confiance en ce riche, qui, à n’en pas douter, s’acquittera de la mission qui lui est confiée, même si le mauvais penchant lui affirme que cet argent lui appartient. Le riche le donnera donc au pauvre ou à l’institution, ce qui, au moment de ce don peut constituer, pour lui, une importante épreuve.
C’est précisément pour cela que “ Rabbi honorait les riches ”, ceux que Dieu confronte à la cruelle épreuve de la richesse. Il le faisait également parce que “ le résultat est à la mesure de l’effort(3) ”. Un riche a le moyen de surmonter cette épreuve et, lorsqu’il le fait, il obtient non seulement la récompense de la Mitsva de Tsédaka, mais aussi la réalisation de la promesse selon laquelle “ tu prélèveras la dîme afin de t’enrichir ”. Ce qu’il donnera à la Tsédaka ne lui manquera aucunement et, bien plus, il sera encore plus riche qu’il l’était jusqu’alors.
Notes
(1) Voir le Midrach Rabba Béréchit, chapitre 11, paragraphe 6 et ses commentaires. (2) Dont les efforts pour servir Dieu doivent être d’autant plus importants qu’ils sont riches. (3) Textuellement, “ le creux, sur le dos du chameau, est à la mesure du poids de son fardeau ”.
Lettre n°1885
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1885, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn, New York,
Que reçoive mon salut cet homme important,
grand Rav et distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
rend le jugement et dirige sa communauté dans
la droiture, homme enthousiaste aux multiples
accomplissements, qui éclaire et illumine, dont
les propos et l’enseignement sont positifs, qui
est issu d’une illustre lignée et dont l’érudition
est immense, le Rav Meïr Abuhatsera Chlita(1),
grand Rabbin d’Arfud et de sa région,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre du sixième jour du mois des crues(2) de l’année de Techouva(3). Ayant reçu votre bénédiction, je vous adresserai la mienne, à mon tour. Je réitère donc celle que je formulais, à l’occasion de Roch Hachana et qui portait tout en elle, vous souhaitant une bonne et douce année, matériellement et spirituellement, d’un bien visible et tangible.
Vous dites m’avoir adressé une missive m’annonçant une bonne nouvelle, celle de votre nomination au poste de Rav et président du tribunal rabbinique d’Arfud(4) et de sa région. Il semble que ce courrier ne me soit pas parvenu. En tout état de cause, il est toujours temps de signifier une bénédiction.
Je vous souhaite donc de connaître une réussite considérable dans ce nouvel endroit, dont vous devenez le maître. L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, explique(5) que le Rav est, à proprement parler, le maître de la ville, non seulement dans le domaine spirituel, mais aussi matériellement.
Je vous remercie beaucoup pour votre précieux cadeau, un portrait de votre grand-père, le grand Rav, ‘Hassid, versé dans la Kabbala, dirigeant les communautés juives sur les sentiers de la crainte de Dieu et de l’enseignement profond de la Torah, Rabbi Yaakov Abuhatsera.
Dernier point, qui est cause de la plus grande satisfaction, vous m’annoncez la bonne nouvelle la plus importante, celle de la naissance, le 24 Elloul, de votre fils, que vous avez appelé David ‘Haï, pour de longs jours et de bonnes années. Je vous adresse tous mes vœux afin que vous l’éduquiez, avec votre épouse, la Rabbanit, de même que ses frères, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, avec une véritable largesse d’esprit. De leur vivant et de notre vivant, nous mériterons la délivrance complète, par David, notre juste Machia’h, David roi d’Israël qui vit encore, Amen.
Avec ma bénédiction,
Comme vous l’avez demandé, les livres du très saint Admour Hazaken dont nous disposons vous ont été adressés, par colis séparé, soit le Torah Or, le Likouteï Torah et le Choul’han Arou’h. Vous me confirmerez sûrement les avoir reçus.
Notes
(1) Voir, à son propos, les lettres n°786 et 1292. (2) L’un des noms de Tichri. (3) Terme dont la valeur numérique, 713, évoque cette année 5713. (4) Au Maroc. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°786.
Lettre n°1886
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1886, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez, dans votre lettre, que vous pensez rédiger l’acte de fiançailles au jour de votre mariage. Il n’y a pas lieu d’avoir un doute à ce sujet et il est bon d’adopter cette pratique.
Ces fiançailles seront en un moment bon et fructueux.
Lettre n°1887
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1887, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Sans doute vous comporterez-vous avec largesse envers moi en m’annonçant une bonne nouvelle, à propos de l’état de santé de cette personne et de celui de tous les autres, dans le domaine spirituel.
Nos Sages disent que les deux cent quarante huit Injonctions correspondent aux deux cent quarante huit membres du corps et les trois cent soixante cinq Interdits à ses trois cent soixante cinq nerfs. Il n’y a pas là uniquement une simple similitude de chiffres. En fait, les membres du corps reçoivent leur vitalité par l’accomplissement des Injonctions de la Torah et les nerfs sont des canaux purs et non flétris, assurant la circulation du sang, grâce au respect des Interdits.
Il est clair que le matériel et le spirituel, chez un homme juif, ne sont pas deux dimensions distinctes, mais ne constituent qu’une seule et même entité, l’un dépendant de l’autre.
L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, indique, de manière allusive, qu’il en est ainsi, dans son Likouteï Torah, à la Parchat Nitsavim, page 45c.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Lettre n°1888
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1888, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Avraham(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du mardi de la Parchat Noa’h et ce qui y était joint. Pour faire suite à ce que j’ai dit au cours de la réunion ‘hassidique qui a eu lieu dans la Soukka, je vous réitère ma bénédiction de Mazal Tov à l’occasion de la circoncision de votre petit-fils.
Comme vous le savez, les derniers Sages expliquent que la circoncision consiste en trois points(2) et le Rav de Ragatchov a fait une analyse précise, à ce sujet. Il est, d’une part, une obligation de se circoncire. Il y a, de plus, une interdiction de conserver son prépuce. Enfin, il faut être circoncis. Et, il existe plusieurs différences, de nombreuses distinctions qui peuvent être faites selon la définition qui est retenue.
On peut expliquer brièvement ce qui en découle pour le service de Dieu, tel que le définit la ‘Hassidout. Il est clair que l’on doit s’écarter de mal, c’est-à-dire ne pas conserver son prépuce. Il faut également être circoncis et “ faire le bien ”. Mais, avant tout, comme le rapporte mon beau-père, le Rabbi, citant nos saints maîtres, “ rien de ce qui concerne un ‘Hassid ne saurait être machinal ”. Tout ce qu’il accomplit doit résulter de l’effort. De ce point de vue, se circoncire est bien une obligation.
Que Dieu accorde à chacun d’entre nous la possibilité de mettre en pratique ces trois points en toutes nos actions et en toutes nos réalisations, de s’écarter du mal, de faire le bien et de servir Dieu, au présent(3).
Avec ma bénédiction pour une bonne santé, de longs jours et de bonnes années, dans tous les sens de ces termes, pour vous et pour votre épouse,
Notes
(1) Le Rav A.Gordon. Voir, à son propos, la lettre n°1159. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 3, page 759. (3) C’est-à-dire de manière active.
Lettre n°1889
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1889, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Avraham ‘Hano’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je n’ai pas eu de vos nouvelles depuis bien longtemps et j’aimerais savoir dans quelle mesure vous avez pu poursuivre la traduction du Beth Rabbi(2). Si cela est possible, il serait bon que celle-ci soit éditée pour le 19 Kislev, à condition, bien entendu, que l’empressement que vous apporterez à l’achever n’en diminue pas la qualité.
Pour différentes raisons, il serait bon que ce livre soit imprimé ici. En effet, un envoi postal de votre pays vers celui-ci est relativement long. Or, il ne reste que peu de temps. Vous voudrez bien m’indiquer, par le détail, ce qu’il en est.
Pendant cette période, vous avez sûrement fait paraître de nombreux articles dans les périodiques. Vous m’en adresserez donc les coupures, comme nous en avions convenu auparavant.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.H. Glitsenstein. Voir, à son propos, les lettres n°1583, 2010 et 2228. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1583.
Lettre n°1890
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1890, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav ‘Haïm Chaoul Zéev(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 19 Elloul. Les occupations du mois de Tichri, qui vient de passer, ont retardé ma réponse. En revanche, vous avez sûrement reçu ma lettre, vous souhaitant une bonne année.
Vous n’avez pas à vous excuser de m’envoyer une lettre détaillée et rédigée en Yiddish. Seul importe son contenu et non la langue dans laquelle elle est écrite. De plus, une telle formulation est plus chaleureuse et elle supprime les barrières se dressant entre les personnes, renforce ce qui les unit.
J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que vous gardez présent à l’esprit le contact enthousiaste que vous avez eu avec mon beau-père, le Rabbi. Nos Sages disent que le Juste, même après son décès, se trouve encore dans ce monde et y accorde sa bénédiction, bien au delà de la manière dont il le faisait, lorsqu’il possédait un corps physique. Même s’il connaissait alors la plus haute élévation, il n’en restait pas moins limité par ce qui l’entourait.
A l’opposé, lorsque le Juste, en particulier s’il est le chef de la génération, ne subit plus les limites de son corps, il n’existe que par son âme et celle-ci a le pouvoir d’agir dans le monde, bien plus qu’auparavant. Toutes les bénédictions, matérielles et spirituelles, que mon beau-père, le Rabbi, vous a accordées, pour vous-même et pour votre famille, conservent donc encore toute leur force. Si quelques unes d’entre elles ne se sont pas encore réalisées(2), vous pourrez bientôt constater de vos yeux de chair, qu’elles s’accompliront effectivement.
Ne vous emportez donc pas et ne prenez pas tout cela à cœur, comme vous le dites dans votre lettre. Vous ne vous trouvez, chaque jour, qu’un court moment, dans votre commerce, alors que vous y étiez auparavant depuis le matin jusqu’à tard, le soir. En effet, ce court moment est suffisant, lorsque Dieu décide d’accorder à quelqu’un l’opulence et la richesse. Votre épouse et vos enfants pourront être présents pendant le reste du temps.
D’une part, il ne faut pas vouloir posséder plus que ce que Dieu entend accorder. De plus, un tel désir est vain et il est donc inutile de rester dans votre commerce plus que ce que votre état de santé vous permet.
Il importe avant tout que vous ne diminuiez pas vos pratiques positives, votre prière, votre lecture des Tehilim, votre contribution à la Tsédaka. En effet, Dieu soumet tous ces comportements au libre arbitre de l’homme. Tout dépend de sa volonté d’agrandir et d’élargir ses bons accomplissements, qui sont les réceptacles et les canaux véhiculant la bénédiction et la réussite, accordées par Dieu à ceux qui sont attachés à Lui.
Avec ma bénédiction de bonne santé et pour que vous conceviez une satisfaction juive de vous-même, de votre épouse et de vos enfants,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav H.C. Z. Bacher. (2) En l’occurrence, celles qui concernent la réussite commerciale, comme le montre la suite de cette lettre.
Lettre n°1891
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1891, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me dites que vous avez passé, à différentes reprises, l’examen du permis de conduire, sans être parvenu à l’obtenir. Le verset nous dit que toute chose vient en son temps. Le moment venu, vous réussirez sûrement cet examen, après vous y être préparé comme il convient.
Vous savez sans doute que les dimensions matérielle et spirituelle sont liées, en particulier pour un Juif. Vous devez donc redoubler d’ardeur dans la conduite de votre propre “ char ”(1), des deux cent quarante huit membres et des trois cent soixante cinq nerfs du corps physique, le “ char ” de l’esprit, lequel est lui-même le “ char ” de l’âme divine(2).
Bien évidemment, le “ char ”, employé en ce sens, ne doit pas être pris au sens littéral. La ‘Hassidout explique les qualités et les limites d’un char, qui n’est qu’un élément accessoire, devant être dirigé par celui qui assume le rôle essentiel, en l’occurrence l’âme.
Sans doute maintenez-vous fortement les trois études qui concernent chacun et qui ont été instaurées par mon beau-père, le Rabbi. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. De même, vous prenez également part aux études publiques. Dieu vous accordera la réussite.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le corps, qui est ici comparé à une automobile. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°162 et 234.
Lettre n°1892
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1892, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Depuis un certain temps, je m’interroge, me demandant si je dois vous écrire pour vous dire ce qui suit. Néanmoins, je suis parvenu à la conclusion que je n’ai pas le choix et je dois donc vous adresser ce courrier. Il est indispensable que votre fille porte une perruque(1). Je comprends que cela soulève plusieurs problèmes et je n’en dirai pas plus. Pour autant, je ne vois pas d’autre alternative.
Une telle pratique est déjà devenue courante, aux Etats Unis et dans d’autres pays. La jeune génération adopte des usages et de meilleures façons de respecter la Hala’ha que les parents n’observent pas encore. Bien plus, en l’occurrence, il ne s’agit nullement d’une manière de mieux respecter la Hala’ha ou d’une coutume, mais de bien plus que cela.
Pour des raisons bien évidentes, je ne souhaite pas en dire plus. Bien que ma présente lettre soit en Hébreu, vous pourrez sans doute la comprendre, puis l’expliquer à votre fille et à votre épouse. J’attends d’obtenir de votre part une bonne nouvelle, la confirmation que vous avez perçu le message. Si c’est le cas, celui-ci sera assurément suivi d’effet, de la meilleure manière. La sanctification du Nom de Dieu qui en résultera sera d’autant plus forte, surtout si l’on considère votre entourage, qui vous observe attentivement et marque son opposition. Et, “ d’une formulation positive...(2) ”.
Je vous présente mes excuses, si, toutefois, il est nécessaire de le faire, en pareil cas. J’espère que vous m’annoncerez, au plus vite, que tout est rentré dans l’ordre, de manière positive et sans difficulté. Et, ceci sera un autre canal, un autre réceptacle véhiculant les bénédictions de Dieu pour le jeune couple et lui permettant de les intégrer en tous leurs besoins, matériels et spirituels.
Je vous joins une copie de ma lettre adressée à l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad(3), dont vous constituerez sûrement un groupement dans votre ville. Le rapport de cette lettre avec ce qui fait l’objet de notre propos est le suivant. Parfois, il peut sembler que l’on ne soit pas à la hauteur d’une pratique que l’on doit adopter. Il faut donc tirer une leçon de la création du monde qui, dans un premier temps, ne fut que néant, désolation et obscurité.
Or, c’est alors que la lumière fit son apparition, une lumière si élevée que le monde n’est pas encore apte à en faire usage, même après sa transformation. C’est pour cela qu’elle a été conservée pour le monde futur, qu’elle est réservée aux Justes et perceptible par la Torah. Et, c’est précisément de cette façon que la création put se poursuivre, méthodiquement. Ainsi, apparurent les végétaux, les animaux et les minéraux.
Je répète encore une fois que mon but n’est pas de développer un commentaire. Ce qui vient d’être dit doit être suivi d’effet. Votre fille doit porter une perruque et le mariage sera en un moment bon et fructueux.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles et en vous adressant ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1552 et 2112. (2) “ On peut déduire une formulation négative ”. En l’occurrence, on peut comprendre la conséquence grave qu’aura le fait de ne pas adopter cette pratique (3) Il s’agit de la lettre n°1877. Voir également la lettre n°1893.
Lettre n°1893
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1893, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Efraïm Eliézer Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Pour faire suite à la discussion que nous avons eue lorsque vous étiez ici, je suis un peu surpris de ne plus avoir obtenu de vos nouvelles, depuis lors. Ce retard doit, à n’en pas douter, être interprété de manière positive.
Je vous joins une copie de ma lettre(2) qui est adressée à l’association des femmes et des jeunes filles ‘Habad, mais n’en concerne pas moins le service de Dieu de tous. Chacun peut constater que certaines situations, lorsqu’elles se présentent, sont ou semblent être néant, désolation et obscurité. Néanmoins, si l’on prend la ferme résolution qu’il doit en être ainsi, on ne peut pas se contenter de rechercher un avancement progressif, mais, bien au contraire, il faut dire: “ Que la lumière soit ”, une lumière si forte que le monde ne peut pas encore en faire usage, après sa transformation et, a fortiori, quand il est encore vide, désolation et obscurité.
Une entrée en matière doit donc être totalement disproportionnée par rapport à la suite du processus. Bien plus, cette lumière, par la suite, devra être conservée pour le monde futur, réservée aux Justes et perceptible par la Torah. Néanmoins, c’est uniquement après tout cela que peut commencer l’avancement méthodique, les végétaux, puis les animaux et enfin les humains, perfection de la création. Vous comprendrez sûrement ce que je veux dire.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son propos, les lettres n°1829, 1940, 2040, 2073 et 2118. (2) Il s’agit de la lettre n°1877. Voir également la lettre précédente.
Lettre n°1894
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1894, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai lu avec attention votre article sur l’importance des Mitsvot que l’on accomplit concrètement. Pour répondre à votre question, il est, à mon sens, judicieux de le publier. Vous trouverez, sur une feuille indépendante, quelques remarques, portant sur votre article. Pour en faciliter la retranscription, celles-ci ont été traduites en anglais, par mon secrétaire, le docteur N. Mindel(2).
Je vous remercie d’avance pour les bonnes nouvelles que vous pourrez me communiquer à propos du développement de la Yechiva(3), en particulier et, plus généralement, de ce qui se passe dans les quatre coudées de Loubavitch, dans votre pays.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Ici, on a l’habitude d’écrire G.d, en omettant le o(4). Vous consulterez, à ce propos, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, partie Ora’h ‘Haïm, fin du chapitre 35 et les références qui y sont indiquées. Ce point ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Le Rav Acher Abramson, d’Australie. Voir, à son propos, les lettres n°881 et 2133. (2) Le docteur Nissan Mindel, responsable de la correspondance du Rabbi en anglais. Voir la lettre n°2231. (3) Loubavitch d’Australie, nouvellement fondée. (4) Afin de ne pas écrire le Nom de Dieu en toutes lettres, même en anglais.
Lettre n°1895
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1895, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Mar’hechvan, par laquelle vous me dites que deux autres médecins spécialistes conseillent également l’ablation de votre œil ou son remplacement, total ou au moins partiel, par un œil de verre.
Si ce remplacement est nécessaire, il est bon qu’il soit total. Néanmoins, vous consulterez ces médecins également sur ce point et vous vous en tiendrez à ce qu’ils vous diront.
Que Dieu fasse que l’opération se passe bien, que vous recouvriez rapidement la santé et puissiez poursuivre votre attention, intensifier votre étude de la partie révélée de la Torah et de sa dimension cachée. Ceci sera le canal et le réceptacle qui révéleront et contiendront les bénédictions de Dieu, dans tous les domaines.
Avec ma bénédiction de bonne santé physique et morale,
Lettre n°1896
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1896, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir vos salutations, par l’intermédiaire du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Yossef Halevi Weinberg. Celui-ci m’a indiqué également que vous sollicitiez une bénédiction, du fait des ennuis auxquels vous êtes confronté. Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je mentionnerai votre nom, afin que vous obteniez cette bénédiction.
Il est sûrement inutile de vous rappeler et, encore plus, de vous expliquer longuement que, lorsque l’on entre en relation commerciale avec une certaine personne, la bonne volonté de celle-ci et son état d’esprit sont déterminants.
Tout ce qui se passe ici-bas est le reflet de ce qui existe là-haut. C’est le cas pour tous les hommes, en général et pour les Juifs, en particulier.
Chacun d’entre nous a besoin des bénédictions de Dieu et souhaite les obtenir. Pour cela, une préparation judicieuse est nécessaire. Il faut donc adopter l’état d’esprit qui convient, afin de se lier au Saint béni soit-Il. A la différence de ce qui se passe ici-bas, il n’est pas nécessaire de susciter de bonnes dispositions chez le “ Commerçant ”. Car, Dieu est toujours prêt, souhaite donner bénédiction et réussite.
Tout dépend donc de celui qui reçoit la bénédiction. Parfois, on est animé du désir de se lier à Dieu. D’autres fois, pour différentes raisons, on ne met pas en évidence un tel désir.
Comment peut-on se lier à Dieu, Qui est le Créateur de tout l’univers, alors que celui qui sollicite la bénédiction n’est qu’un être de chair et d’os? De quelle manière peut-on créer un tel lien?
De fait, il est vrai qu’un homme, par ses propres moyens, n’en a pas la force. Néanmoins, le Saint béni soit-Il souhaite que l’on s’attache à lui et Il accorde donc les moyens d’y parvenir.
La logique permet d’établir qu’il n’y a pas de relation, pas de commune mesure entre le Créateur et la créature. Un tel lien résulte uniquement de la Volonté du Créateur. Il en découle qu’il n’est pas limité par la compréhension et la rationalité des créatures.
La Torah et les Mitsvot sont des émanations de Dieu et, lorsque l’homme en a le mérite, il peut affiner sa compréhension, la conduire vers un plus haut degré d’abstraction, jusqu’à pouvoir les saisir de manière satisfaisante. A l’opposé, celui qui n’est pas encore parvenu à un tel stade de compréhension ne doit pas pour autant en être empêché de pratiquer la Torah et les Mitsvot. En effet, aucune justification logique n’est nécessaire pour cela, comme nous l’avons souligné.
Cette idée est mentionnée dans le ‘Houmach et commentée dans la Guemara et le Midrach. Par quelle mérite les enfants d’Israël méritèrent-ils de recevoir la Torah? Parce qu’ils dirent: “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”, parce qu’ils s’engagèrent à mettre en pratique avant même d’en saisir la signification, avant même de savoir ce qu’on leur demanderait de faire et donc de pouvoir déterminer s’ils le comprenaient ou non. Seule une telle démarche permet de recevoir la Torah et les Mitsvot, qui sont la Sagesse et la Volonté du Saint béni soit-Il.
J’espère qu’une aussi longue explication ne vous est nullement nécessaire, que vous respectez la Torah et les Mitsvot, en particulier le Chabbat, la prière, la Cacherout, que vous donnez de la Tsédaka de la manière qui convient. Néanmoins, il y a sûrement, dans votre entourage, des personnes que vous pouvez convaincre de mettre en pratique la Torah et les Mitsvot. Dieu nous donne l’assurance qu’en agissant et en ayant le désir d’accomplir, on obtient le résultat escompté avec succès.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Lettre n°1897
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1897, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Dans votre lettre, vous me décrivez l’organisation de votre journée, votre étude de la Torah et votre prière. Je constate avec effroi que vous multipliez les jeûnes. Or, comme vous l’écrivez vous-même, vous rencontrez, de temps à autre, des ‘Hassidim ‘Habad. Malgré cela, vous ne savez pas encore, semble-t-il, que telle n’est pas la voie du Baal Chem Tov, de ses disciples, des disciples de ses disciples et de tous ceux qui le suivent.
Certes, on peut, de cette façon, s’élever sur le chemin qui conduit vers le Sanctuaire de Dieu. Néanmoins, un tel itinéraire est plus long, ne réalise pas une transformation parfaite et ne participe donc pas pleinement du service de Dieu, comme c’est le cas lorsque l’on agit joyeusement.
Le verset dit: “ Servez Dieu dans la joie ” et vous savez ce que le Baal Chem Tov explique, commentant le verset “ Lorsque tu verras l’âne de ton ennemi ployer sous son fardeau et voudras l’abandonner, tu lui viendras en aide ”. Cette explication est mentionnée dans le Hayom Yom, à la date du 28 Chevat:
“ Lorsque tu observeras, de la façon qui convient, la matière, c’est-à-dire ton corps, tu t’apercevras qu’il voue de la haine à l’âme, assoiffée de Divinité et de spiritualité. Tu verras également que le corps ploie sous le fardeau que Dieu lui a confié, celui d’être raffiné par la Torah et les Mitsvot qu’il ne met en pratique qu’à contre cœur. Peut-être te viendra-t-il alors à l’esprit de l’abandonner, de l’empêcher de mener à bien cette mission et de lui imposer des mortifications, afin de briser sa grossièreté. Or, ce n’est pas de cette façon que tu révéleras la lumière de la Torah. Bien au contraire, tu lui viendras en aide, tu élèveras ce corps et l’affinera, sans le briser par ces mortifications ”.
Combien plus en est-il ainsi à l’époque actuelle, lorsque les constitutions physiques sont faibles. Plusieurs Sages, en particulier le Rambam, disent qu’un corps faible amenuise également les facultés intellectuelles. Dès lors, l’étude de la Torah et la ferveur de la prière sont compromises.
Je vous conseille donc de consulter le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Nissan Nemanov, directeur de la Yechiva Loubavitch de Brunoy. Peut-être est-il nécessaire d’annuler un vœu que vous auriez pu faire, en la matière.
Au lieu de jeûner et de réduire, de ce fait, votre graisse et votre sang, vous mangerez en temps et en heure, afin d’assurer la santé de votre corps, ce qui est l’une des voies du service de Dieu, selon le Rambam. Vous consacrerez votre effort physique à l’étude de la Torah et à la pratique de la Mitsva.
Il est également nécessaire que vous ayez une affaire ou un travail, vous permettant de subvenir à vos besoins, comme le dit le Rambam, dans ses lois de l’étude de la Torah, chapitre 3, paragraphes 10 et 11:
“ Tu aimeras le travail, car toute étude de la Torah qui n’est pas accompagnée par une activité professionnelle finit par disparaître. Celui qui subvient à ses propres besoins par l’action de ses mains acquiert un mérite considérable. Les premiers ‘Hassidim adoptaient effectivement une telle manière de pratiquer. On méritera ainsi, l’honneur et le bien, dans ce monde et dans le monde futur. ”
Je conclus ma lettre en vous souhaitant un aménagement positif, en tout ce qui vient d’être dit. J’attends une bonne nouvelle de votre part.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°1898
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1898, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous joins une copie de la lettre(1) que j’ai adressée à l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, ici même et en Terre Sainte(2). Il est dit que “ l’émissaire s’acquitte, à n’en pas douter, de la mission qui lui est confiée ”. Vous avez donc sans doute transmis à votre épouse ce qui a été dit ici à Soukkot(3).
Il serait bon de lui souligner l’importance de tout cela et que vous examiniez ensemble de quelle manière un effet concret peut en résulter, dans votre ville.
J’ai déjà dit qu’il n’y a pas lieu de confier des responsabilités uniquement aux femmes et aux jeunes filles issues de familles dont l’appartenance à ‘Habad est clairement établie. Bien au contraire, plus l’on ouvrira l’accès aux nouveaux membres et mieux cela sera, à condition que ces nouvelles venues n’imposent pas leur avis, dans le domaine spirituel. En pareil cas, ce sera bon pour elles et pour celles qui les encadrent.
Notes
(1) Il s’agit de la lettre n°1877. (2) Voir la lettre n°1740. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1876.
Lettre n°1899
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1899, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Mar’hechvan 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 3 ‘Hechvan, dans laquelle j’ai lu avec plaisir de quelle manière vous étudiez la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. Nos Sages disent que l’on doit s’élever, en tout ce qui touche à la sainteté. Vous intensifierez donc cette étude, quantitativement et surtout qualitativement, c’est-à-dire que vous la mènerez avec plus d’entrain, d’ardeur et de profondeur. Comme vous le savez, nos Sages disent aussi que “ celui qui fait des efforts connaît la réussite ”.
Vous me faite part de la proximité de votre anniversaire(1). Vous serez donc appelé à la Torah, lors du jour de lecture le plus proche de cette date, juste avant celle-ci. Vous lirez également des Psaumes. Le Hayom Yom dit, à la date du 11 Nissan(2), que:
“ Au jour de son anniversaire, un homme doit s’isoler, se remémorer le passé et y méditer. Chaque fois qu’une réparation ou le repentir seront nécessaires, il les introduira ”.
Vous prendrez donc quelques instants pour vous isoler. Vous étudierez alors un discours ‘hassidique et vous prendrez une bonne résolution pour l’année qui vient. Celle-ci doit être à votre portée, c’est-à-dire dans vos moyens, en fonction de l’organisation de la Yechiva(3). Il s’agira d’une pratique liée à la Torah et à la crainte de Dieu. Vous pourrez consulter, à ce propos, votre guide spirituel(4).
Vous me demandez si vous devez mettre les Tefilin de Rabbénou Tam(5). Pour l’heure, il suffit que vous vous concentriez en mettant celles de Rachi(6).
Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu et de manière fructueuse,
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1548, 1858, 1929, 2097, 2116, 2146, 2210 et 2226. (2) La date de l’anniversaire du Rabbi. (3) Dont le destinataire de cette lettre est un élève. (4) Le directeur de la Yechiva. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°2084. (6) En ne perdant pas la conscience de les porter.
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