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Iguerot Kodesh — lettres 1820 à 1839

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1820

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1820, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Elloul 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 11 Tamouz, avec la demande de bénédiction qui y était jointe et que j’ai lue près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. A n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine pour tous les points qui y sont mentionnés.

B) Je vous remercie pour ce que vous m’écrivez à propos du Beth Rivka et du jardin d’enfants, dans le Kfar(2). J’ai été satisfait de prendre connaissance des développements de l’an passé, malgré les difficultés qui se sont faites jour.

Sans doute, pour l’année scolaire prochaine, redoublerez-vous d’efforts en ce sens, conformément aux besoins du moment et au désir de notre maître, mon beau-père, le Rabbi.

C) J’ai écrit, il y a quelques temps, au comité du Kfar pour lui demander d’attribuer un large terrain au Beth Rivka et au jardin d’enfants. Vous ferez donc tout ce qui est possible pour que cela se fasse.

Vous me donnez les raisons pour lesquelles cela n’a pas été le cas jusqu’à maintenant. Même si celles-ci sont vraies et justifiées, elles ne concernent que l’attribution d’une récompense ou d’une punition. Il est dit, en effet, que celui qui se trouve dans une situation de force majeure n’est passible d’aucune peine. En revanche, ce qui devait être accompli ne l’a pas été. Bien plus, un avis affirme que l’on ne peut considérer une telle personne comme si elle s’était effectivement acquittée de sa tâche.

Tout cela est bien évident d’après les écrits de la ‘Hassidout, qui soulignent l’importance de l’action concrète. Celle-ci est primordiale, car la matière, même grossière, doit être affinée.

D) Concernant votre situation personnelle et l’état de santé de votre épouse, Dieu fera que sa grossesse se passe bien et facilement, qu’elle ait un enfant sans difficulté.

Il serait bon, si vous ne l’avez pas encore fait, de faire vérifier les Mezouzot de votre maison. Votre épouse donnera de la Tsédaka avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Vous-même y consacrerez, chaque jour de semaine, avant la prière du matin, un petit montant, qui ne dépassera pas vos moyens. Vous le ferez jusqu’à la naissance, qui interviendra en un moment bon et fructueux.

Bien évidemment, vous adopterez toutes ces pratiques sans en faire le vœu.

E) Je n’ai pas le moyen de vérifier le solde de la dette des éditions Kehot envers l’imprimeur qui a réalisé le Choul’han Arou’h et les Pisskeï Dinim(3). Vous étiez vous-même, à l’époque, au centre de cette affaire. Vous voudrez donc bien me préciser enfin le montant de ce solde et les coordonnées de la personne à laquelle nous sommes redevables de cette dette.

F) Je suis inquiet de la manière dont on agit. On ne prend aucune initiative et, en l’absence d’instructions claires provenant de New York, on ne fait pratiquement rien.

Différents textes et de nombreux livres expliquent que le but de l’étude est d’être capable d’agir, à son tour. On ne peut pas se contenter d’être uniquement les jambes(4), même si celles-ci permettent à tout le corps, y compris à la tête et au cerveau qui s’y trouve, de tenir debout.

J’ai bien reçu votre lettre dans laquelle vous me dites adhérer à la seconde catégorie(5). Puisse Dieu faire que vous connaissiez, en la matière, la réussite matérielle et spirituelle.

Avec ma bénédiction pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, donniez de bonnes nouvelles de vous-même et des membres de votre famille,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav David Bravman, de Terre Sainte. Voir, à son propos, la lettre n°830. (2) Kfar ‘Habad. (3) Le Rav Bravman était, après la guerre, le responsable des publications en Europe, pour le compte des éditions Kehot. Voir, à ce propos, les lettres n°415, 830 et 1059. (4) Textuellement, on ne peut pas se contenter de Netsa’h, Hod et Yessod, c’est-à-dire des Sefirot les plus basses, recevant l’influence des Attributs de l’intellect, comparés à la tête et des Attributs les plus élevés du sentiment, comparés au cœur et au corps. (5) Définie dans la lettre n°1766.

Lettre n°1821

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1821, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Elloul 5712,

Brooklyn, New York,

Aux membres et, tout d’abord, aux responsables

de la synagogue Loubavitch de Toronto, Ontario,

Je vous salue et vous bénis,

La pureté, qui prend la forme d’un bon Mikwé, est une valeur fondamentale du peuple juif. Prendre part à sa construction, dans toute la mesure de ses moyens, constitue, pour chacun, le mérite le plus sacré.

J’ai appris avec plaisir la bonne nouvelle selon laquelle un Mikwé est construit dans votre ville. Celui-ci sera bientôt achevé. Vous conviendrez avec moi qu’une synagogue, en général et celle qui s’appelle Ancheï Loubavitch, en particulier, doit mériter son nom, en prenant une large part à cette entreprise.

Je suis certain que chacun des responsables et des membres prendra une part à tout cela, dans toute la mesure de ses moyens, en y apportant sa propre contribution et en invitant ses amis, ses connaissances à le faire également. Et, sachez que Dieu ne reste pas en dette.

Avec ma bénédiction pour que chacun d’entre vous soit inscrit et scellé pour une bonne année et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°1822

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1822, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

le Rav Avraham Sender(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres des 15 et 16 Tamouz, de même qu’à la précédente. Vous voudrez bien m’excuser d’avoir dû différer ma réponse jusqu’à maintenant, pour différentes raisons. Nous sommes dans le mois d’Elloul, celui de la miséricorde et du pardon. Vous ne m’en voudrez donc sûrement pas.

Je reprend donc, dans l’ordre, les points évoqués:

A) Vous dites que les commentaires sur la vache rousse figurant dans le Likouteï Torah semblent indiquer que l’on jetait de l’écarlate(2), afin de rappeler que la force physique d’un ver se trouve dans sa bouche. On peut ainsi réparer ce qui émane du museau de la vache.

Or, si l’on consulte ces textes, on peut vérifier que l’écarlate répare non pas le museau de la vache, mais celui du ver émanant des forces du mal. Vous consulterez, en particulier, la page 57b.

B) Néanmoins, votre remarque sur l’effet négatif du museau de la vache est exacte. Elle est basée sur le traité Chabbat 140b, qui dit: Quel est l’animal dont le museau cause du tort? C’est la vache. Le même texte évoque également une connotation négative du museau de l’âne, mais il précise aussitôt que celui-ci ne nuit pas aux autres.

Et, le Midrach Rabba, au début de la Parchat Balak, explique: La force du bœuf réside dans son museau. Ce qu’il a léché ne peut pas recevoir la bénédiction.

C) Bien évidemment, cela ne contredit nullement ce que vous expliquez à propos du museau de la vache. On peut vérifier que celui-ci peut être clouté. Et, Rachi souligne, à différentes reprises, que la cognée fait éclater le rocher en de nombreux fragments.

D) Vous citez l’explication du Chneï Lou’hot Haberit selon laquelle la femme éthiopienne épousée par Moché est, en fait, une allusion au Talmud Babli, à propos duquel il est dit Il m’a installé dans l’obscurité. Vous vous demandez pourquoi il s’agit du Babli et non du Yerouchalmi.

Vous faites, semble-t-il, allusion à l’introduction du Chneï Lou’hot Haberit, dans le Beth ‘Ho’hma, page 16b et au traité Chevouot, à partir de la page 197b. Ces textes parlent, en fait, de la Loi Orale, par opposition à la Loi Ecrite. Or, le Babli est la composante essentielle de la Loi Orale, car il regroupe toutes les discussions et les analyses. Il établit le plus clairement la différence entre les Lois Orale et Ecrite, la première étant beaucoup plus détaillée que la seconde. Or, ce caractère apparaît à l’évidence dans le Babli, mais moins clairement dans le Yerouchalmi.

Tout cela est longuement expliqué, d’après la ‘Hassidout, dans le Chaareï Ora, de l’Admour Haémtsahi, à la fin du discours ‘hassidique intitulé Le 25 Kislev et dans la séquence de discours prononcés à Roch Hachana 5666(4).

Une autre différence entre le Babli et le Yerouchalmi peut être faite, qui établit encore plus clairement le lien entre Moché et le Talmud Babli. Dans ce dernier, figurent de nombreuses questions, des discussions, des controverses, alors que le Yerouchalmi énonce d’emblée la synthèse finale. Or, nos Sages disent, au traité Nedarim 38a, que la discussion de la Torah fut personnellement donnée à Moché(5).

E) Vous me dites avoir trouvé une explication nouvelle. Pourquoi Rabbénou Guerchom fut-il appelé Maor Hagola(6)?

J’ai vu cette explication, il y a quelques temps, dans le Likouteï Minhaguim, à la page 41b. Elle est mentionnée dans les errata, au nom du Rav Michelson de

Plonsk, qui vécut, par la suite, à Varsovie. Lui-même le cite au nom d’un certain Sage.

F) Je ne vois pas pourquoi vous vous excusez de m’écrire des commentaires et des explications. C’est bien là notre mission et nous demandons à Dieu qu’Il nous accorde notre part dans Sa Torah.

Avec ma bénédiction pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, de même que votre épouse et tous les membres de votre famille,

Notes

(1) Le Rav A.S. Nemtsov. Voir, à son propos, la lettre n°1357. (2) Dans les cendres de la vache rousse. Cette couleur était obtenue à partir d’un ver de terre. (3) De même, une idée de la Torah peut recevoir de nombreuses explications. (4) 1905, par le Rabbi Rachab. (5) Mais, il adopta une attitude généreuse et la transmit à tout Israël. (6) Le luminaire de l’exil.

Lettre n°1823

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1823, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn, New York,

Aux membres et aux responsables de la synagogue

Kahal ‘Hassidim, à Manchester,

auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai obtenu, il y a quelques jours, une copie de votre lettre. J’ai eu le plaisir de constater que vous appréciez à leur juste valeur l’œuvre et les réalisations du grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Chmouel Rein, Cho’het de votre communauté(1).

Vous considérez donc son travail avec intérêt et profondeur. Pour rester en contact avec cet endroit, vous avez émis le souhait qu’il vienne ici, en tant que représentant de votre communauté.

J’espère que vos bons sentiments continueront à se développer, comme tout ce qui est vivant, qu’ils se manifesteront, dans tous les domaines, chez les membres de la communauté et dans leur foyer. Car, notre Torah et notre foi ne limitent pas leur application à une partie de la journée, occultant le Judaïsme pendant le reste du temps. La Torah de vie, donnée par le Dieu de vie, régit l’ensemble de la vie, depuis son premier instant, jusqu’au dernier, après cent vingt bonnes années.

Car, on n’est pas Juif uniquement à la synagogue, pendant le temps de la prière ou de l’étude, mais aussi à la maison, dans la rue, au travail. Et, nous disons, deux fois par jour(2), lorsque tu es installé dans ta maison, lorsque tu marches dans le chemin.

Vous proposez que le Rav Rein vienne ici. Selon ce que vous me dites de son état de santé, je suppose que la fatigue du voyage et le changement d’habitude, d’alimentation et de mode de vie représenteront pour lui un grand effort, de même que le déplacement, même s’il est effectué joyeusement. Sans doute lui avez vous déjà transmis ma lettre, qui est rédigée dans l’esprit de ce qui vient d’être dit.

Je voudrais vous remercier pour la bonne idée d’envoyer ici quelqu’un qui vous représente, en particulier parce que vous êtes une communauté portant fièrement le nom de Kahal ‘Hassidim(3). Dieu permet qu’une bonne pensée se réalise, mais l’Admour Hazaken explique, au chapitre 16 du Tanya, qu’une action concrète est nécessaire, pour cela(4).

Les conséquences positives qui auraient dû résulter d’une telle visite se révéleront donc dans vos actions, même si votre projet n’a pas pu se réaliser.

Je conclus en émettant le souhait que tous ceux qui appartiennent à votre communauté et les membres de leur famille soient inscrits et scellés pour une bonne année, au cours de laquelle chacun obtiendra la satisfaction de ses besoins, matériels et spirituels.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, sur le contenu de cette lettre et à propos du Rav Rein, la lettre n°1752. (2) Dans le Chema Israël. (3) La communauté des ‘Hassidim. (4) La pensée seule ne suffit pas.

Lettre n°1824

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1824, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ’Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Morde’haï Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Je suis très satisfait que le Mikwé de votre ville(2) soit construit conformément aux instructions du Rabbi Rachab. J’ai déjà écrit à monsieur... pour le remercier de son intervention, à ce sujet.

Il n’est pas nécessaire de multiplier les démarches, en la matière. L’accord a été donné pour que l’on applique ces instructions. Il faut maintenant saisir cette opportunité.

B) Vous m’interrogez sur la manière de faire au mieux(3). On m’a signalé qu’il y avait, dernièrement, deux sortes de carreaux que l’on plaçait sur les parois et le sol du Mikwé. Les uns ont un réservoir à l’arrière, les autres n’en ont pas, mais sont plus petits.

Je n’ai pas vu qu’une telle distinction soit prise en compte, jusqu’à maintenant(4). Néanmoins, il s’agit d’un problème de construction et l’on m’a signalé que lorsque le réservoir des carreaux s’emplit de ciment, ceux-ci ont une meilleure adhérence.

Dans la mesure du possible, il serait bon d’utiliser les petits carreaux, qui n’ont pas de réservoir.

C) Vous me dites que vous ne laisserez pas détruire l’ancien Mikwé tant que le nouveau ne sera pas prêt. Il serait bon que l’ancien soit également construit de la meilleure façon possible. Ainsi, il y aura deux bons Mikwés dans la ville.

Puisse Dieu faire que cet effort, développant la pureté dans le monde, nous conduise très prochainement à l’accomplissement de la promesse selon laquelle Je vous aspergerai d’eaux pures car l’Eternel est le Mikwé d’Israël.

D) Vous avez sans doute reçu mes salutations par l’intermédiaire de monsieur Tsipel. J’aimerais savoir de quelle manière il vous les a transmises. Lorsqu’il était ici, nous avons parlé des problèmes de l’éducation et de la construction du Mikwé, dans votre ville.

De même, répondant à une question qu’il me posait, j’ai dit que, tant qu’il y avait un espoir d’améliorer la situation du Judaïsme dans votre endroit sans qu’il n’en résulte de dispute et sans diviser la communauté, il fallait rejeter ces éventualités(5), dans toute la mesure du possible.

E) J’ai demandé à monsieur Tsipel de transmettre mes salutations, lorsqu’il serait de retour dans sa ville, aux ‘Hassidim. Comme vous le savez, mon beau-père, le Rabbi, affirme que l’on peut considérer chaque Juif comme tel, dès lors qu’il respecte la Torah et les Mitsvot(6).

De plus, nos Sages développent une explication similaire, en commentant le verset celui qui fait tout cela ne chancellera jamais, au traité Makot 24a. Il faudrait lui(7) demander d’organiser une réunion ou une célébration ‘hassidique pour transmettre mon salut. Ceci pourra, en outre, constituer une entrée en matière pour introduire d’autres personnes aux activités communautaires, en particulier pour ce qui concerne le Mikwé, dont je lui ai parlé. Il m’a promis de faire tout ce qu’il pourrait.

En vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, de même que votre épouse et tous vos enfants,

Notes

(1) Le Rav M.Perlov. Voir, à son propos, la lettre n°1588. (2) Milan. (3) La construction du Mikwé. (4) Dans ce qui est exigé, lors de la construction du Mikwé. (5) Et poursuivre le développement de la communauté sans dispute et sans scission. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°1330. (7) A monsieur Tsipel.

Lettre n°1825

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1825, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yaakov(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre écrite à l’issue du Chabbat Ekev. Dieu merci, vous allez bien. Vous avez sans doute déjà reçu mes salutations, par l’intermédiaire de monsieur Tsipel(2). Il serait bon que vous lui demandiez d’accéder à ma requête et d’organiser une réunion ou une célébration ‘hassidique, afin de transmettre mon bon souvenir.

Ceci sera une bonne entrée en matière et, à cette occasion, vous pourrez attirer quelques uns des présents aux activités communautaires, en particulier dans le domaine de l’éducation et du Mikwé, sujets que j’ai spécifiquement abordés avec lui(3). Il m’a promis de faire tout ce qui était en son pouvoir.

J’écris, à ce sujet, au grand Rav et ‘Hassid, Rav M.Hacohen Perlov. Sans doute vous mettrez-vous d’accord pour réaliser tout cela de façon à ce qu’il en résulte le plus grand bien.

Vous m’écrivez que l’on vous a posé la question suivante. Pourquoi est-il écrit, dans le Sidour de l’Admour Hazaken, au paragraphe Vechamerou, avant la prière d’Arvit du vendredi soir, Ot Hi Leolam(4), ce dernier mot étant orthographié avec un Vav, alors qu’il n’en a pas dans le ‘Houmach.

Dans le Sidour du Chaar Hacollel, qui est plus précis, ce Vav manque, comme cela doit être. De façon générale, il n’est pas certain que ces versets aient été inscrits dans le Sidour de l’Admour Hazaken, imprimé de son vivant, ou bien s’il a seulement indiqué qu’il faut dire Vechamerou.

Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Y.Gansburg, de Milan. Voir, à son propos, la lettre n°1720. (2) Voir la lettre précédente. (3) Monsieur Tsipel. (4) Le Chabbat est un signe éternel.

Lettre n°1826

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1826, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn,

Au Rav distingué et bien connu, ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez si vous pouvez instaurer que l’officiant commence la prière de Min’ha, chaque jour, par Vayedaber(2) et, à la veille du Chabbat par Hodou et Pata’h Elyahou(3), afin que tous les présents récitent ces passages en même temps que lui.

Il est clair qu’une telle pratique est positive puisqu’elle préserve de l’oubli. La Torah elle-même demande que l’on fasse appel à de telles manières de procéder.

Avec ma bénédiction de bonne santé et de réussite dans vos activités communautaires et vos préoccupations personnelles, en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, de même que les membres de votre famille,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Hecht. Voir, à son propos, la lettre n°1026. (2) La description du sacrifice des encens que chacun récite d’ordinaire à voix basse, avant que l’officiant ne commence la prière. (3) Un Psaume et un passage des Tikouneï Zohar spécifiquement ajoutés à la prière de Min’ha du vendredi.

Lettre n°1827

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1827, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et qui est généreux

le Rav ‘Haïm Yaakov(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait d’avoir une conversation téléphonique avec vous et de pouvoir vous transmettre personnellement mes souhaits. J’ai formulé le vœu que Dieu accorde de longs jours et de bonnes années, de même qu’une bonne santé. En effet, vous vous êtes engagé à mettre en pratique l’immense Mitsva qui consiste à bâtir un édifice où sera dispensée une bonne éducation, en Terre Sainte.

Votre contribution est déjà parvenue ici et elle a été transmise, afin d’être utilisée pour l’objectif fixé. Je saisis donc cette occasion pour réitérer encore une fois ma bénédiction, afin qu’elle s’accomplisse de manière effective.

De fait, les Juifs possèdent, de manière potentielle, toutes les bénédictions. Mais, il faut encore que celles-ci se réalisent. C’est précisément dans ce but que l’âme descend ici-bas, d’une cime élevée vers une fosse profonde. Il en est ainsi pour tous les Juifs, en général et pour chacun, en particulier.

Votre Tsédaka a déjà été utilisée de manière positive et concrète. Je vous souhaite donc que se réalisent les bénédictions célestes obtenues grâce à cette Mitsva considérable, que vous obteniez de longs jours, de bonnes années, une bonne santé, la satisfaction de tous vos besoins, matériels et spirituels, pour vous-même, votre épouse et tous les membres de votre famille.

Dans l’attente de recevoir de vos bonnes nouvelles toujours et tous les jours, en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, vous-même, votre épouse et les membres de votre famille(2),

Notes

(1) Le Rav H.Y. Holman. Voir, à son propos, la lettre n°963. (2) Voir également la lettre suivante.

Lettre n°1828

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1828, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn, New York,

Aux distingués ‘Hassidim qui craignent Dieu,

les frères Moché et Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais suite à notre conversation téléphonique et voudrais vous dire ma satisfaction de constater l’intérêt que vous portez à la proposition de prendre en charge la seconde moitié du coût de la construction en notre Terre Sainte(2), dont votre cher père(3) offre la première.

Je suppose qu’il est inutile de vous décrire l’importance et l’utilité de ce projet. Je suis sûr que vous en êtes pleinement conscient.

Je voudrais seulement vous souligner deux points.

Nos Sages enseignent que la valeur essentielle de la Mitsva est acquise par celui qui la conduit à son terme. En l’occurrence, votre père en a offert la première moitié et, en en donnant la seconde, vous recevrez également une part de l’accomplissement de votre père.

De la sorte, vous renforcez la contribution de votre père, puisque l’ensemble de ce projet pourra porter le nom de la famille Holman.

Un édifice, bâti en Terre Sainte, qui a une vocation pédagogique, sera une réalisation éternelle, matérielle et spirituelle à la fois. Je suis donc persuadé que vous accepterez d’en apporter la seconde moitié. La famille Holman recevra ainsi le grand et immuable mérite qui en découle, en particulier en ces jours d’Elloul, mois de miséricorde et de bon vouloir.

J’espère que vous me communiquerez la bonne nouvelle de votre décision positive.

Avec ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, vous-même et les membres de votre famille,

Notes

(1) Holman. (2) Voir la lettre précédente. (3) Le destinataire de la lettre précédente.

Lettre n°1829

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1829, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du mardi de la Parchat Choftim. J’étais déjà un peu inquiet, n’ayant pas eu de vos nouvelles depuis bien longtemps.

Vous m’annoncez la Bar Mitsva de votre fils et je vous adresse, à ce propos, ma bénédiction. Ayant treize ans, l’âge auquel on est astreint à la pratique des Mitsvot, il atteindra quinze ans, lorsque l’on accède à l’étude de la Guemara. Vous et votre épouse concevrez de lui beaucoup de satisfaction, une satisfaction juive et ‘hassidique.

Vous connaissez l’affirmation de nos Sages, selon laquelle celui qui te dit avoir fourni des efforts et avoir connu le succès, crois-le. Celui qui te dit n’avoir fourni aucun effort et avoir, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas. Vous avez donc le mérite et l’obligation de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que votre fils soit un ‘Hassid. Pour s’engager dans cette direction, il devra s’exiler en un lieu de Torah, c’est-à-dire poursuivre ses études dans une Yechiva où l’on étudie la Torah en se pénétrant de crainte de Dieu.

Vous concluez votre lettre en signalant que vous êtes également officiant. Il est sûrement inutile de vous rappeler la pratique positive des Juifs et même des Grands de notre peuple assumant une telle fonction, qui consiste à réviser, avant Roch Hachana et Yom Kippour, les prières et les cantiques, avec la signification de ces textes et quelques Midrachim de nos Sages.

Bien plus, vous m’écrivez que vous êtes issu d’une famille illustre et vous me décrivez, dans votre lettre, votre relation avec le ‘Hozé de Lublin. Vous devez donc étudier également des commentaires qui sont donnés dans l’esprit de la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,

Lettre n°1830

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1830, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été heureux d’apprendre que vous avez été nommé exécuteur testamentaire et que vous vous efforcez, par tous les moyens, que la partie de l’héritage léguée à une Yechiva soit attribuée à la Yechiva Loubavitch.

Celle-ci est une institution indépendante, dans laquelle on étudie la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, ce qui n’est le cas d’aucune autre. Elle permet, en outre, de mettre en pratique de la meilleure façon l’affirmation de nos Sages selon laquelle il est une Mitsva de s’en tenir aux volontés du défunt.

En effet, dès lors qu’il est impossible d’appliquer un testament de manière précise, on doit essayer de se rapprocher, dans toute la mesure du possible, du souhait émis par le défunt. Comme vous le savez, la Yechiva Loubavitch a été fondée en Russie. Elle a ensuite été transférée en Pologne, puis s’est installée ici. Cela est bien conforme à la volonté du défunt.

Il est sûrement inutile de vous décrire le grand mérite que représente la diffusion de la Torah, de son aspect révélé comme de sa dimension profonde. Vous avez été nommé exécuteur testamentaire et cela signifie que vous méritez ce titre, que vous pouvez assumer concrètement cette mission.

Je voudrais souligner deux autres points.

D’une part, le temps a une importance particulière, lorsqu’il s’agit d’étude de la Torah. Chaque journée qui s’écoule ne peut nullement être remplacée par une autre, qui doit elle-même recevoir son propre contenu, sa propre étude.

D’autre part, vous n’êtes, en l’occurrence, qu’un intermédiaire, chargé de répartir un montant appartenant à une autre personne. Malgré cela, vous avez le pouvoir de réaliser cette répartition au plus vite et de manière positive, ou bien de la faire traîner. L’importance et le mérite de votre intervention sont donc inestimables. Et, plus vous arriverez vite à une conclusion satisfaisante, plus votre mérite sera grand.

Je serai heureux d’apprendre la bonne nouvelle que ce testament sera mis en application au plus vite, même si d’autres personnes sont également chargées de son exécution. En effet, vous recevez, pour cela, l’aide de Dieu et il est dit que l’on vient en aide à celui qui désire se purifier.

Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°1831

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1831, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 26 Mena’hem Av, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait et dont je donnerai lecture, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.

J’ai lu avec satisfaction, dans votre lettre, que vous avez augmenté votre temps d’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Vous prendriez une bonne initiative en instaurant également une étude de la ‘Hassidout avant la prière du matin.

Vous me dites que votre faible santé fait obstacle à votre avancement spirituel. Cela est vrai si vous faites allusion à la santé morale. En revanche, s’il s’agit de faiblesse physique, je n’accepte pas votre point de vue. Que Dieu fasse que l’on puisse adopter toutes les pratiques favorisant la spiritualité qui ne remettent pas en cause l’intégrité du corps. Cela serait bien suffisant.

Car, nos Sages soulignent que les attentes de Dieu sont à la mesure des forces dont les Juifs disposent. Et, le Saint béni soit-Il tranche Lui-même, dans notre sainte Torah, que le corps doit être en bonne santé. Ceci est partie intégrante de Son service.

Vous m’interrogez sur la manière de réparer une faute. Tout d’abord, vous apprendrez par cœur quelques Psaumes, quelques chapitres de la Michna et du Tanya. Vous les réciterez ainsi lorsque vous marcherez dans la rue, chaque fois qu’il sera permis de le faire. Vous le ferez au moins par la pensée.

De plus, vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka, jusqu’au 19 Kislev prochain. De façon générale, vous multiplierez les mots de la Torah et de la prière.

Avec ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année et que vous vous installiez de manière convenable, matériellement et spirituellement,

Lettre n°1832

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1832, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre, qui n’était pas datée et à laquelle était jointe la copie d’une lettre de mon beau-père, le Rabbi.

Le Zohar et les écrits du Ari Zal établissent que le processus conduisant au décès commence trente jours auparavant(1). Or, la date de cette lettre indique qu’elle a été écrite pendant cette période, c’est-à-dire lorsque son âme s’élevait déjà vers les mondes supérieurs. La valeur et l’importance de ce courrier sont d’autant plus importants.

J’ai été sensible au fait que vous avez bien perçu la leçon qui en découle(2), en l’occurrence la proximité de mon beau-père, le Rabbi, envers tous ses élèves et ceux qui sont liés à lui. Comme vous le savez, le Midrach Chemot Rabba, chapitre 2, paragraphe 2 explique que l’aptitude de Moché notre maître à être le berger et le chef d’Israël fut établie en observant la réaction qui fut la sienne, quand un chevreau fut perdu(3).

J’ai été peiné de lire que vous n’avez pas encore eu la possibilité de commander une perruque(4). Je suis très surpris que vous tardiez à ce point. Or, vous connaissez l’explication figurant dans différents textes de ‘Hassidout. Bien plus, la logique élémentaire permet d’établir que l’on peut, en un seul instant, acquérir le monde entier ou bien aller à l’opposé d’un tel résultat, ce qu’à Dieu ne plaise.

Il en est de même pour chaque instant qui s’écoule sans que vous ne l’ayez fait(5). Vous auriez pu bâtir un monde entier, révéler une sainteté accrue dans tous les mondes, comme l’établit le douzième chapitre du Tanya, de l’Admour Hazaken. Par négligence, vous ne l’avez pas fait. Néanmoins, il est inutile de se plaindre du passé. Vous le ferez maintenant, avec le plus grand empressement. C’est la raison pour laquelle je vous envoie cette lettre en express(6).

Vous savez sans doute que le Ma’hané Israël possède une caisse de bienfaisance pour de telles situations(7). Le remboursement(8) est effectué à des conditions avantageuses. Si vous avez été empêché, jusqu'à maintenant, pour cette raison, il est dommage que vous ne l’ayez pas dit, car cela aurait pu être arrangé depuis longtemps. En tout état de cause, vous vous efforcerez maintenant d’agir en ce sens. En effet, nos Sages enseignent, au traité Avoda Zara 20b, que l’empressement engendre... et, à la fin de cette liste, ils mentionnent l’acquisition de l’inspiration divine.

Avec ma bénédiction de réussite pour l’influence que vous exercez, par vos nouvelles fonctions comme par les anciennes, vous permettant d’insuffler un esprit de crainte de Dieu et en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Trente jours avant le décès, l’élévation de l’âme commence. (2) De cette lettre. (3) Il fit alors tout ce qui était en son pouvoir pour le ramener au sein du troupeau. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°1552. (5) Sans avoir acheté une perruque. (6) Le Rabbi écrit, en anglais, special delivery. (7) Pour acheter la perruque. (8) Du prêt consenti par cette caisse. (9) Rabbi Pin’has Ben Yaïr enseigne : La Torah engendre la précaution, la précaution engendre l’empressement, l’empressement engendre la plénitude, la plénitude engendre la réserve, la réserve engendre la pureté, la pureté engendre la vertu, la vertu engendre l’humilité, l’humilité engendre la crainte de la faute, la crainte de la faute engendre la sainteté, la sainteté engendre l’inspiration divine et l’inspiration divine provoque la résurrection des morts.

Lettre n°1833

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1833, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[7 Elloul 5712]

J’ai été satisfait de constater que vous vous préoccupez de la situation de la Che’hita dans votre ville. Néanmoins, j’ai été très peiné par les événements désagréables et ce qui s’est passé de manière inconvenante, comme vous le mentionnez dans votre lettre.

Vous faites sans doute référence au Choul’han Arou’h. Vous aurez sûrement l’occasion, ces jours-ci, de rencontrer quelques ‘Hassidim qui pourront intervenir, en la matière. J’ai bon espoir qu’il vous sera possible, peu à peu, de réparer la situation. Bien évidemment, je ne révélerai pas que vous avez été le premier à m’en faire part.

Que Dieu vous accorde la réussite dans votre étude et dans votre mission sacrée, pour laquelle vous ne connaîtrez aucune difficulté, ce qu’à Dieu ne plaise. Vous savez que nos Sages définissent la Che’hita comme un mouvement d’attraction. Au sens le plus simple, celle-ci permet à la chair de l’animal ou de la volaille de s’élever, du stade animal vers le règne humain, en la confondant à la chair et au sang de celui qui la consomme. Il en est donc de même dans la dimension spirituelle.

En effet, la Che’hita permet d’attirer et d’élever l’âme animale vers le stade de l’homme qui est bâti à l’image de Dieu, comme l’indique le Chneï Lou’hot Haberit, à la page 20b, cité par le Assara Maamarot, au discours Em Kol ‘Haï, deuxième partie, chapitre 33.

Lettre n°1834

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1834, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5712,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Mena’hem Mendel(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

Le Baal Chem Tov enseigne que chaque détail, même le plus insignifiant, est un effet de la divine Providence. Je saisirai donc l’occasion, puisque c’est la première fois que vous m’écrivez, pour vous rappeler et vous souligner à quel point il est important que chacun et chacune agisse concrètement, par tous les moyens possibles, dans son entourage, afin de rapprocher les cœurs juifs de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Nos Sages disent, en effet, dans le Sifra, au début de la Parchat Tsav, que l’on conseille l’empressement seulement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité.

On peut vérifier concrètement à quel point les Juifs sont prêts à recevoir un tel message. Tout dépend donc de celui qui le transmet et nos Sages soulignent que les propos émanant du cœur pénètrent dans le cœur.

Bien plus, votre signature précise que vous êtes Cho’het. Or, au sens le plus simple, la Che’hita prépare la chair d’un animal ou d’une volaille pour qu’elle devienne l’aliment d’un homme, qui se confondra à sa chair et à son sang, s’élevant ainsi du stade animal vers le règne humain(2). Telle est également votre mission morale. Vous devez attirer l’âme animale des Juifs et des Juives de votre entourage, les préparer à s’élever vers le stade de l’homme qui est bâti à l’image de Dieu, comme l’indique le Chneï Lou’hot Haberit, à la page 20b, cité par le Assara Maamarot, au discours Em Kol ‘Haï, deuxième partie, chapitre 33.

En vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le Rav M.M. Zukerman. (2) Voir la lettre précédente.

Lettre n°1835

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1835, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Elloul 5712,

Brooklyn,

Je te salue et te bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, ta lettre, qui n’était pas datée. Tu me racontes comment les années de la guerre se sont passées et les miracles que Dieu a accomplis pour toi. Je suis particulièrement satisfait de voir que tu as su discerner ces miracles évidents et cette Providence divine. J’espère que tu en conserveras la leçon tout au long de ta vie, qui comptera de longs jours et de bonnes années. Tu te souviendras toujours et tu auras, en permanence, devant tes yeux le fait que Dieu dirige non seulement le monde, dans sa globalité, mais également chaque détail de ce qui nous concerne, à chaque étape de la vie.

Il faut donc prendre la décision et avoir pleinement conscience que le seul moyen d’obtenir le bonheur véritable est l’étude de la Torah, la pratique des Mitsvot avec crainte de Dieu. Que Dieu te vienne en aide pour que tu puisses aisément mettre tes bonnes décisions en pratique, dans ton existence quotidienne.

Tu me demandes si tu dois poursuivre les études que tu as commencées ou bien prendre une exploitation agricole, à Kfar ‘Habad.

Voici mon avis. Tu me dis que tu as commencé ces études depuis quelques mois déjà. Tu dois donc les poursuivre jusqu'à leur terme. Tu t’installeras à Kfar ‘Habad. Si, dans ce village, tu ne trouves pas suffisamment de travail dans ce domaine, tu feras également l’acquisition d’une exploitation agricole. Ta spécialité sera alors une activité complémentaire.

En tout état de cause, tu dois résider parmi les ‘Hassidim, au Kfar. C’est ainsi que tu connaîtras la réussite, matérielle et spirituelle.

Tu prends sans doute part aux enseignements publics de la Torah, au Kfar. Tu respectes également les études instaurées par mon beau-père, le Rabbi, celles du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, qui sont bien connues.

En te souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année,

Lettre n°1836

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1836, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Elloul 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous vous plaignez de la situation de la Yechiva, dans votre ville. Je vous ai déjà écrit plusieurs fois et je vous ai aussi indiqué oralement que vous devez faire usage de votre amertume pour accroître votre étude de la Torah, mais en aucune manière en la faisant intervenir dans votre activité communautaire. En la matière, celle-ci cause du tort à l’homme qui la possède, à ceux qui lui viennent en aide et à ses collaborateurs.

Vous avez été délégué par mon beau-père, le Rabbi. Il est donc certain que vous possédez sa force. Même s’il était vrai que cet endroit n’est pas très facile, vous conviendrez qu’il n’y a pas lieu de s’en affecter, si vous possédez les forces de celui qui vous délègue.

Bien plus, dans votre ville, vous pouvez constater la réussite dans de nombreux domaines. Cette Yechiva n’a pas son équivalent dans d’autres endroits. Certes, plusieurs points n’ont pas encore été réglés. On peut l’expliquer de deux façons :

1. L’ordre instauré dans le domaine de la sainteté est conforme au verset : Je le(1) renverrai peu à peu.

2. Peut-être ceux qui travaillent à la Yechiva et ceux qui la dirigent ne l’ont-ils pas encore mérité, n’ayant pas atteint la perfection nécessaire pour cela(2). Ils ont donc, momentanément, altéré les canaux véhiculant la bénédiction. Et, ils les ouvriront de nouveau en respectant, par exemple, les études du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, de même que l’immersion rituelle instaurée par Ezra(3). Alors, la réussite se dévoilera pleinement.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Le mal. (2) En effet, Ze’hout, le mérite, est de la même étymologie que Za’h, parfait. (3) Après chaque perte de liquide séminale et, plus généralement, chaque jour.

Lettre n°1837

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1837, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5712,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu les onze livres que vous m’avez adressés. Je vous remercie pour cet effort.

J’ai appris par les journaux la mort d’un rabbin, le Rav... Je ne sais pas s’il s’agit du Rav de... Que Dieu fasse que nous transmettions et recevions uniquement de bonnes nouvelles. En tout état de cause, nous avons besoin, ici, de savoir ce qui se passe, qu’il s’agisse d’événements joyeux ou de l’opposé, ce qu’à Dieu ne plaise. Souvent, cela peut avoir une incidence concrète(2).

J’ai reçu vos lettres du 25 Tamouz, 10, 12, 26, 29 Mena’hem Av et 8 Elloul, auxquelles étaient joints les comptes des mois de juin et juillet. J’espère avoir d’autres informations, me confirmant que les négociations avec le Joint se sont achevées de la manière la plus positive. Vous voudrez bien m’informer au plus vite.

Vous me demandez si je possède le Kanfeï Yona de Rabbi Mena’hem Azarya. Je n’en dispose pas.

Je vous remercie encore pour tous les livres que vous avez envoyés jusqu'à maintenant. Vous vous efforcerez d’en faire de même, à l’avenir. Lorsque le rituel de prières parviendra de la reliure, vous l’enverrez également. Vous m’adresserez surtout des livres de Kabbala et de Hala’ha.

Vous trouverez ci-joint un extrait des propos qui ont été dits(3). Il serait bon de le faire éditer et de le diffuser, si le temps le permet.

Votre fils a sûrement recouvré la santé.

Avec ma bénédiction pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, de même que les membres de votre famille,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chlomo Matusof, de Casablanca. Voir, à son propos, la lettre n°1546. (2) Le fait de posséder toutes les informations. (3) Par le Rabbi lui-même.

Lettre n°1838

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1838, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Elloul 5712,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec satisfaction votre lettre du 16 Mena’hem Av, par laquelle vous m’annoncez que vous vous préparez à éditer un livre. Vous y joignez les éloges funèbres que vous avez prononcées pour mon beau-père, le Rabbi, lors du décès et trente jours après celui-ci. Vous sollicitez mon accord, à cette publication.

Donner une approbation sur un livre, surtout lorsqu’il s’agit d’un recueil d’exégèse, n’est pas mon rôle. De plus, une telle pratique n’est pas dans mon habitude.

J’ai expliqué, il y a quelques temps, que l’on ne peut contester une exégèse. En effet, lorsqu’il s’agit de Hala’ha, tous doivent adopter la position qui est conforme à la vérité absolue. Rien de tel ne peut être dit pour l’exégèse. Néanmoins, dans la Hala’ha seule la conclusion concrète importe et moins le fait que la crainte de Dieu ait précédé la sagesse.

De fait, différents textes expliquent que, pendant l’exil, surtout en cette période du talon du Machia’h, il est possible d’étudier la Torah de manière intéressée et, malgré cela, de parvenir à une conclusion exacte.

Il n’en était pas de même à l’époque du Temple ou à proximité de celle-ci. Alors, la preuve de l’exactitude d’une Hala’ha était obtenue lorsque l’on pouvait dire de son auteur : Dieu est avec lui. Et, le Nom de Dieu employé dans cette expression est Avaya, Qui était, est et sera de manière identique, car Il transcende la nature et non Elokim, dont la valeur numérique est la même que celle de Hatéva, la nature. De ce fait, on peut dire que l’un et l’autre expriment l’avis du Dieu (Elokim) de vie.

Il n’en va pas de même pour l’exégèse. En effet, celle-ci doit susciter la crainte de l’Eternel notre Dieu. La conclusion de chaque étude doit donc satisfaire à ce principe.

Vous consulterez le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, chapitre 429, fin du paragraphe 4, qui dit : On commente actuellement le Midrach selon l’actualité du moment. Vous consulterez également le chapitre 529 du Kountrass A’haron. Et, vous savez ce que dit le Sifri : Si tu veux apprendre à connaître Celui Qui, par Sa Parole, créa le monde, apprends le Midrach.

Quant au contenu de ce que vous écrivez à propos de mon beau-père, le Rabbi, je vous remercie pour votre précision et pour les recherches que vous avez faites parmi les éloges funèbres. Car, les Justes sont à l’image de leur Créateur et c’est, en particulier vrai pour un chef de peuple juif. Il y a, en chaque génération, quelqu’un qui occupe les fonctions de Moché, lequel expliqua lui-même : Je me tiens entre Dieu et vous.

Il est dit, à propos de Dieu, que le sommet de la connaissance est la prise de conscience que l’on ne peut Le connaître. Pour autant, chacun mentionne sans cesse le Nom de Dieu, comme l’explique le Torah Or, à la Parchat Vayéra, page 14b, qui précise : C’est la raison pour laquelle les enfants ont également connaissance de l’existence de Dieu. Vous consulterez ce texte, qui fait référence au luminaire.

Or, il en est de même pour les Justes et les chefs de chaque génération. Il est, d’une part, impossible de percevoir ce qu’ils sont réellement. Pour autant, les enfants eux-mêmes les connaissent.

Lorsque je me suis rendu près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’ai mentionné votre nom et celui des membres de votre famille, comme vous me l’avez demandé, pour la satisfaction de vos besoins, conformément à ce que vous dites dans votre lettre. Que Dieu fasse que chacun d’entre nous n’annonce que de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours.

Avec ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,

Ci-joint vos textes, en retour.

Je vous joins également le compte rendu des propos qui ont été tenus, lors du Chabbat au cours duquel a été béni le mois.

Lettre n°1839

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1839, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Elloul 5712,

Brooklyn,

Aux dirigeants du réseau Ohaleï Yossef Its’hak

en Terre Sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à vos lettres de la veille et du premier jour de Roch ‘Hodech Elloul. J’ai déjà répondu à une partie de vos questions dans ma lettre précédente(1), que vous avez sûrement reçue en son temps. Vous me confirmerez qu’elle est en votre possession et vous répondrez également aux questions qui y sont posées.

B) Concernant l’inscription(2) à Lod, vous précisez, dans votre lettre, que l’école affiliée à Agoudat Israël, qui comptait cent trente cinq élèves, vient de fermer. Il faut faire très attention que l’on ne puisse vous accuser d’être à l’origine de cette fermeture, même si cela est sans fondement et a fortiori si ce n’est pas le cas.

On vous a proposé que les études se fassent discrètement. Je ne comprends pas ce que l’on gagnerait à avoir un Talmud Torah là-bas, même si l’on vous accordait les moyens nécessaires, au moins officieusement. En pareil cas, qui sait si les engagements pris oralement seront concrètement tenus, dans la mesure où ce ne sera pas officiel?

Il est clair que, si vous commencez(3), il vous faudra continuer et vous ne pourrez pas vous justifier en prétextant que telle personne n’a pas tenu parole. En effet, ce Talmud Torah doit disposer de moyens particulièrement importants. Il faut donc se dire qu’avec ces mêmes moyens, on peut mener, dans un autre endroit, une action de beaucoup plus grande envergure.

C) Conformément à ce qui vient d’être dit et à mon opinion, que j’ai exprimée dans toutes mes lettres adressées à la direction du réseau, il faut se préserver des disputes et des motivations qui ne sont pas directement avouées. Vous pouvez en déduire ce qu’est ma position concernant la Yechiva de Miron.

D’une part, cette Yechiva n’appartient pas au réseau, mais peut-être voulez-vous dire, précisément, qu’elle pourrait être, de façon générale, une institution ‘Habad. En tout état de cause, vous indiquez, dans votre lettre, qu’elle a été, jusqu'à maintenant, affiliée au Mizra’hi.

Vous affirmez que l’on accepterait volontiers de vous la transmettre, mais vous ne pouvez savoir ce qu’il en sera demain. Et, il est à peu près certain, si vous connaissez la réussite, que vous verrez se dresser les objections, les accusations, les rancœurs.

Nous avons déjà été les témoins de telles situations. Au début, les personnes concernées affirmaient qu’elles n’éprouveraient pas de rancune, puis, lorsque tout était près d’être réalisé, ou même déjà effectif, elles se sont dressées et se sont insurgées.

Bien évidemment, si l’on peut encourager la direction de cette Yechiva à la développer, on contribuera ainsi à renforcer l’étude de la Torah. A l’opposé, il ne faut pas en prendre la responsabilité, d’autant que l’on fait, semble-t-il, une grande diffusion de tout cela, pour votre compte. On dit que vous cherchez à conquérir tout le pays et son réseau éducatif. Et, nos Sages constatent que le tonneau était limpide(4).

D) Si, comme je le faisais remarquer, votre question(5) ne concernait ni le réseau ni nos Yechivot, vous voudrez bien transmettre mon avis aux personnes concernées(6).

E) Vous me demandez si le Talmud Torah de Kfar ‘Habad doit être affilié au réseau. Je ne comprends pas pourquoi il faudrait introduire cette modification, puisqu’il a été, jusqu'à maintenant, rattaché à la Yechiva, comme en attestent les papiers à en-tête. On sait qu’il y a, au Kfar, une Yechiva et un Talmud Torah formant une seule et même institution. Il n’y a pas lieu de changer la situation.

Il en est de même, par exemple, pour le Talmud Torah de Lod qui, jusqu’alors, à servi de classe préparatoire pour la Yechiva de Lod.

F) J’ai été très satisfait de constater que vous avez tous signé la lettre, cette fois-ci. Je veux voir en cela une preuve que la paix règne entre vous. Ainsi s’accomplira l’affirmation de nos Sages selon laquelle il y a là un réceptacle contenant la bénédiction, en l’occurrence celle du Saint béni soit-Il, qui apporte une réussite surnaturelle.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année,

Notes

(1) Voir la lettre n°1790. (2) Des enfants pour la nouvelle rentrée scolaire. (3) A faire fonctionner ce Talmud Torah. (4) Ce qui n’empêche pas que l’on accuse quelqu’un, quand on désire le faire. (5) Sur la Yechiva de Miron. (6) Qui devront prendre la décision pour ce qui concerne cette Yechiva.

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