Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°174
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°174, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Fête de la libération, 19 Kislev 5705,
A l'honorable 'Hassid, craignant Dieu, fidèle dans son
engagement, le Rav Y.Kats(1), Chicago,
Je vous salue et vous bénis,
Dieu merci, mon beau-père, le Rabbi Chlita va mieux(2). Puisse Dieu lui envoyer rapidement une complète guérison et accomplir en lui les termes du verset (Tehilim 55, 19): Il a libéré mon âme dans la paix, car ils étaient nombreux avec moi(3).
J'ai bien reçu, en son temps, votre lettre, dans laquelle vous me demandez une copie des causeries(4) de la fête de Soukkot. Je n'ai pu accéder à votre demande jusqu'à maintenant, car je viens d'obtenir, hier au soir, un exemplaire de ces causeries. Je vous envoie donc celui qui je possède. Vous pourrez le lire ou le recopier, à votre convenance. Je vous demande de me le renvoyer ensuite, au plus vite.
Je conclus en vous adressant ma bénédiction, à l'occasion de la fête de la libération. Très prochainement et de nos jours, nous connaîtrons la délivrance complète. Alors, mon beau-père, le Rabbi Chlita, nous conduira à la rencontre de notre juste Machia'h, avec la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Rav Yaakov Kats. Voir lettre n°77. (2) Voir le début de la lettre précédente. (3) Le verset que prononça l'Admour Hazaken, lors de sa libération des prisons tsaristes, le 19 Kislev, date de cette lettre. (4) Du précédent Rabbi.
Lettre n°175
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°175, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Troisième jour de 'Hanouka 5705,
A mon très cher ami, monsieur Dov Padver(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai demandé, à différentes reprises, des nouvelles de vous-même et des membres de votre famille à monsieur Bezboradko(2). J'ai donc été très heureux d'apprendre que votre installation ici s'est bien passée et que vous allez bien, de même que tous les membres de votre famille.
Puis, j'ai reçu, avec beaucoup de joie, votre courte lettre, dans laquelle, toutefois, je note que vous ne dites absolument rien concernant votre propre personne.
Votre lettre a réveillé en moi le souvenir de la période que nous avons passé ensemble à Vichy et à Nice(3), chacun de nous dans des conditions de vie auxquelles nous n'avions nullement été habitués.
Lorsqu'un homme est arraché à l'environnement dans lequel il évolue depuis un certain temps, il doit nécessairement traverser une période d'adaptation aux conditions et aux exigences nouvelles. Dès lors, apparaissent à l'évidence les traits profonds de son caractère, tels qu'ils sont réellement, sans le fard et l'apparat qui sont imposés par la société.
Très souvent, ces traits de caractère profonds révèlent tout le bien qu'un homme porte en lui, à l'état latent et dont il n'avait peut-être lui-même pas pris conscience auparavant, tant celui-ci est enseveli par les convenances du monde. Heureux celui qui sait, dès lors que ces traits de caractère ont été révélés, ne pas leur permettre de se voiler encore une fois(4), même lorsqu'il retrouve le calme(5).
L'homme qui est appelé au sacrifice(6) se trouve dans le même état d'esprit, mais dans une proportion beaucoup plus large, qualitativement et quantitativement. Dès lors, les forces les plus élevées se dévoilent en lui(7), des forces qui émanent de l'essence de lui-même. Par la suite, son existence sera modifiée d'une extrême à l'autre(8).
C'est la raison pour laquelle celui qui fait don de sa propre personne et accepte ainsi d'aller à l'encontre de son existence peut connaître le miracle(9), qui est lui-même une remise en cause des lois de la nature. Dieu agit ainsi, envers lui, mesure pour mesure(10).
Ce qui vient d'être dit reçoit également une dimension plus générale et concerne l'ensemble de notre nation. C'est effectivement ce qui se passa à cette époque-là, en ces jours-ci(11). Israël, humble parmi les peuples, se dressa contre une nation puissante, la Grèce. De la sorte, les forts furent placés dans les mains des faibles, les nombreux dans les mains de ceux qui étaient peu nombreux(11).
Je vous adresse ma bénédiction, à l'occasion de 'Hanouka et je vous demande de transmettre mon salut à tous les membres de votre famille. Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem M. Schneerson
N. B. : J'ai demandé que l'on vous adresse, par colis séparé, quelques uns des livres publiés par notre maison d'édition. Je suis certain que ceux-ci vous intéresseront.
Notes
(1) Voir également la lettre n°204. (2) Voir, à son propos, la lettre n° 135, qui lui était également adressée. (3) Durant la seconde guerre mondiale. Voir, en particulier, les Rechimot, les carnets que le Rabbi rédigea pour son usage personnel, dans lesquels figurent différents textes rédigés dans ces villes. (4) Faire que l'élévation résultant de l'épreuve soit acquise de manière définitive. (5) La vie ordinaire, à l'issue de l'épreuve. (6) De sa vie et doit donc aller contre sa personnalité profonde, puisqu'il est dit que un homme est capable de donner tout ce qu'il possède pour sauver sa vie. Accepter, de manière délibérée, de risquer sa vie pour préserver son Judaïsme n'est donc pas une situation naturelle et fait appel aux forces les plus profondes émanant de l'âme juive. (7) Qu'il n'est pas capable de mettre en évidence, en période normale. (8) Le fait d'arriver à un tel stade d'abnégation, d'être prêt à donner sa vie, fait que, si on la conserve néanmoins, on ne peut plus vivre de la même façon. (9) En l'occurrence, avoir été sauvé de l'Europe occupée par les nazis. (10) Adoptant envers cet homme la même attitude qu'il a eu lui-même envers Dieu. (11) Selon la formule du rituel de 'Hanouka, fête pendant laquelle cette lettre fut rédigée.
Lettre n°176
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°176, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Dimanche 8 Tévet 5705,
Au grand Rav, 'Hassid qui craint Dieu, érudit aux
nombreux accomplissements, le Rav E.E. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du troisième jour de 'Hanouka.
Conformément à votre demande, je vous joins une copie de votre lettre, à laquelle j'ajoute mes propres remarques. Voici votre lettre:
Comment considérer le Chabbat pour un malade dont l'état constitue un danger? Est-il simplement repoussé ou bien disparaît-il complètement(2)? Vous avez sûrement connaissance des discussions, à ce propos, opposant les Sages des premières générations, dont fait état le Beth Yossef. La formulation du Rambam semble indiquer que, selon lui, le Chabbat est repoussé. C'est également l'interprétation qu'adopte le Michna Beroura[A].
Lettre n°177
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°177, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Lundi 9 Tévet 5705,
Au 'Hassid, érudit et qui craint Dieu,
le Rav M.M.(1), Cho'het(2),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse aux questions que vous me posez dans votre lettre:
A) Pouvez-vous m'expliquer ce que sont les cent vingt combinaisons du Nom divin Elokim, dont il est question dans différents textes? Comment en faire le compte et quelle est la signification de ces combinaisons?
Voici ma réponse.
Le compte de ces combinaisons est établi par le Séfer Yetsira, qui dit: deux pierres permettent de bâtir deux maisons, cinq pierres permettent de bâtir cent vingt maisons(3). Dans ce texte, les pierres désignent les lettres et les maisons sont des mots(4).
Ainsi, deux pierres construisent deux maisons, car deux lettres permettent de former deux mots, qui sont deux combinaisons de ces lettres. Les deux lettres Alef et Beth, par exemple, forment les deux mots Av, le père et Ba, est venu. De même, cinq lettres(5) par exemple Alef, Lamed, Hé, Youd, Mêm, peuvent être combinées de cent vingt façons, si l'on modifie l'ordre de ces lettres. On peut le vérifier concrètement.
Vingt quatre de ces combinaisons commenceront par la lettre Alef, vingt quatre par un Lamed, vingt quatre par un Hé, vingt quatre par un Youd et vingt quatre par un Mêm. Néanmoins, la combinaison essentielle est celle qui forme le Nom Elokim(6).
Chaque lettre de l'alphabet hébraïque recèle une lumière spécifique et la forme de cette lettre permet de l'appréhender. L'Admour Hazaken l'explique, à la fin de Chaar Hay'houd Vehaémouna.
Il est dit que au commencement, Dieu (Elokim) créa le ciel et la terre. La création se produisit donc par le Nom Elokim, dans lequel fut occulté le Nom Avaya. Les cinq lettres qui le constituent décrivent donc ses cinq parties. Si l'on modifie la combinaison de ses lettres, on changera donc également son action. Selon un principe établi, plus une lettre est placée au début du mot et plus son rôle est déterminant, dans la combinaison ainsi formée.
Deux combinaisons du Nom Elokim sont Elé Yam et Elé Mi. Elé signifie voici et fait allusion à la révélation(7). A l'opposé, Yam, la mer et Mi, qui, désignent ce qui est caché(8), ce que l'on ne sait pas et à propos de quoi l'on s'interroge. Les combinaisons du Nom Elokim commençant par un Alef, un Lamed ou un Hé font donc allusion à Ses actions évidentes, dans lesquelles la Lumière de Dieu et l'intervention céleste sont une évidence. Par contre, celles qui commencent par un Youd ou un Mêm et dans lesquelles ces lettres sont donc déterminantes présentent la Lumière de Dieu subissant le voile.
C'est la raison pour laquelle, après la contraction de la Lumière et à l'issue de l'enchaînement des mondes, c'est précisément sur ces dernières combinaisons que les forces du mal exercent leur emprise. Elles sont au nombre de quarante huit, vingt quatre commençant par un Youd et vingt quatre par un Mêm. C'est le sens de l'affirmation de la 'Hassidout selon laquelle l'ascendant du domaine du mal se manifeste dans les quarante huit combinaisons inférieures du Nom divin Elokim, qui sont la terre des fils de 'Ham(9).
Le Chaar Hakavanot explique, d'une manière relativement précise ce que sont les cent vingt et les quarante huit combinaisons du Nom Elokim. Il indique que la force du mal de l'Egypte reçoit spécifiquement de ces quarante huit combinaisons. Il faut comprendre pourquoi c'est le cas, mais ce n'est pas ici l'occasion de développer cette idée.
B) Vous m'interrogez également sur l'affirmation du Maguen Avot, selon laquelle Achreï(10) est le contraire du Nom divin Avaya. Celle-ci trouve son origine dans le Yalkout Chimeoni, qui dit: Rabbi Yochoua Ben Kor'ha enseigne: Le mot Achreï est répété vingt fois dans les Tehilim, tout comme le Nom divin Avaya figure vingt fois dans le livre d'Ichaya.
L'explication simple est la suivante. Achreï est de la même étymologie que Ocher, le bonheur, le plaisir, alors que Avaya désigne la peine, la douleur.
L'interprétation de la 'Hassidout est donnée par le Tséma'h Tsédek(11), dans son commentaire du verset heureux (Achreï) celui qui réside dans Ta maison. Il indique que le Nom Avaya correspond à un retrait de la Lumière par rapport à la création. A l'opposé, Achreï préfigure le bonheur du monde futur, qui apportera la révélation de cette Lumière jusqu'au stade le plus bas. En effet, pendant la période de l'exil, la révélation céleste est qualifiée d'«orpheline»(...).
C) Les 288 Parcelles de sainteté introduites dans la matière sont définies par le Ets 'Haïm, qui dit: Le nom divin Ab(12) a connu quatre formes de descentes qui, toutes ensemble, forment ces 288 parcelles.
Néanmoins, ces Parcelles étaient au nombre de 288 seulement lorsqu'elles se trouvaient dans le monde spirituel d'Atsilout. Puis, en descendant dans les mondes inférieurs, elles se scindèrent en milliers, en dizaines de milliers de fragments.
C'est pour cela que le présent exil est si long. Il doit, en effet, permettre, l'élévation de ces 288 parcelles et, lorsqu'elle sera obtenue, le Machia'h viendra, bientôt et de nos jours(...). Du reste, 202 parcelles trouvèrent déjà leur élévation lors de l'exil d'Egypte(13).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(14)
Notes
(1) Rav Mena'hem Mendel Margolis. (2) A Holiak, Massachusetts. (3) Avec deux lettres, on peut former deux combinaisons; avec cinq lettres, on peut former cent vingt combinaisons. (4) Le Rabbi note, en bas de page: Le Rabad, dans son commentaire du Séfer Yetsira, en donne la raison. Le Torah Or l'explique aussi. (5) Formant le Nom divin Elokim. (6) Le Rabbi note, en bas de page: Le Ets 'Haïm, édition de Varsovie, fait la liste exhaustive de ces combinaisons. On consultera également le Pardès, le Michnat 'Hassidim et d'autres textes encore. (7) A ce qui est si évident qu'on peut le désigner du doigt. (8) La mer engloutit et cache les créatures qui y vivent. De même, on demande Mi, qui?, à propos de celui qui n'est pas là, dont l'action n'est pas évidente. (9) La valeur numérique de 'Ham est quarante huit. (10) Prière qui occupe une place importante puisqu'elle est répétée trois fois, chaque jour. Nos Sages précisent que celui qui la dit trois fois aura part au monde futur. (11) Le Rabbi note, en bas de page: 2 Elloul 5707 (soit plus de deux ans après que cette lettre ait été écrite). J'ai trouvé un manuscrit du Tséma'h Tsédek développant la même explication que celle figurant dans le corps du texte. Il établit un lien entre le chiffre vingt et Kéter, la couronne. Or, celle-ci est constituée des mêmes lettres que Karet, le retranchement de l'âme. L'opposition est ici encore plus forte que pour les vingt Noms Avaya mentionnés par Ichaya. Ainsi, la même analogie peut être faite entre le sommet de l'enchaînement des mondes, correspondant à la volonté et au plaisir de la création, d'une part et la punition la plus grave, d'autre part. (12) Nom constitué de 72 lettres. Or, quatre fois 72 font 288. (13) Il en restait donc, à l'issue de l'exil d'Egypte, 86, valeur numérique du Nom divin Avaya. (14) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Lettre n°178
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°178, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Tévet 5705,
Brooklyn,
A la direction du Collel 'Habad, à Jérusalem et, à sa tête, au
Rav bien connu, érudit et craignant Dieu, mon proche
parent, le Rav Ch. Y. L.(1) Chlita,
Je vous salue et vous bénis,
J'ai reçu, en son temps, votre lettre de condoléances. J'ai retardé ma réponse en espérant que je pourrais déterminer la date exacte du décès de mon père(2). Pour l'heure, cela ne m'a pas été possible. Le télégramme qui m'a été envoyé de là-bas porte la date du 12 août, c'est-à-dire du 23 Mena'hem Av.
Je vous remercie, du fond de mon coeur, pour les études et les prières que vous avez fixées à la mémoire de mon père, de même que pour vos prières pour le salut de ma mère, puisse-t-elle connaître de longs jours et de bonnes années.
Le traité Soukka dit que les bonnes actions sont supérieures(3), car elles révèlent le bien dans toute sa force(...).
La 'Hassidout définit la consolation des endeuillés(4).
Plusieurs textes permettent, en effet, d'établir que l'ordre suivant est adopté. Il y a d'abord une initiative de Dieu, qui met en éveil l'effort de l'homme et lui apporte la force de la développer. Puis, vient l'effort proprement dit de l'homme, qui doit être à la mesure de ce qu'il désire obtenir, forger un réceptacle pour la bénédiction céleste. Enfin, est obtenue la révélation divine, transcendant les efforts de l'homme et dépassant cette bénédiction.
Ceci s'applique aussi à la consolation des endeuillés, que le Baal Hil'hot Gadol définit comme une Injonction de la Torah, alors que, pour le Rambam, elle est une disposition de nos Sages. Or, elle s'effectue selon le même ordre:
A) La révélation divine est définie par le traité Sotta, selon lequel le Saint béni soit-Il console les endeuillés. Ceci nous a été révélé et raconté pour que nous ayons la force d'en faire de même. Et, dès lors que cette force est accordée, nous avons le devoir de l'utiliser. En
conséquence, console toi-même les endeuillés(5).
B) L'effort de l'homme consiste à consoler l'endeuillé. La formule consacrée est Dieu vous consolera parmi tous les autres endeuillés de Sion et de Jérusalem, ce qui permet de préparer la bénédiction divine qui se révèle par la suite. L'effort consenti par celui qui a consolé l'endeuillé attire donc une
C) bénédiction de Dieu. Ainsi, le Saint béni soit-Il console Lui-même l'endeuillé, tous les endeuillés de Sion et Jérusalem, en rebâtissant ces villes, en faisant revivre les morts. Bien plus, il y aura, en outre,
D) une révélation céleste transcendant cette bénédiction, la consolation de Dieu, qui sera double, ne se limitera pas à répéter ce qui existait déjà auparavant. C'est à ce propos qu'il est dit: consolez, consolez Mon peuple, annonçant cette double consolation. En effet, l'honneur de ce dernier Temple sera plus grand(6).
Il s'agit là du Temple du monde futur, selon le Tikouneï Zohar, huitième Tikoun et le Emek Hamélé'h, porte de Kiryat Arba, fin du chapitre 152. Cette interprétation ne contredit pas le sens simple de ce verset. Du reste, le traité Baba Batra considère qu'il parle du second Temple, bâti après l'exil de Babel, lequel, si les Juifs n'avaient pas commis de fautes, aurait été celui du Machia'h(..).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate et de délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
N. B. : Vous voudrez bien me faire savoir ce qu'ont coûté les initiatives précédemment décrites.
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yehouda Leïb Eliezrov. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°191, 252 et 273. (3) A la Tsédaka. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°170. (5) C'est la suite de la citation du traité Sotta. (6) Le troisième Temple dépassera les précédents, sera double par rapport à eux.
Lettre n°179
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°179, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Tévet 5705,
Brooklyn,
Au Rav et 'Hassid qui craint Dieu, homme honorable,
le Rav H.H. Havlin(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre du 13 Mena'hem Av. J'y répondrai maintenant, de même qu'aux questions posées dans vos précédentes lettres qui étaient restées en suspens:
A) L'état de santé de mon beau-père, le Rabbi Chlita s'améliore(2). Malgré cela, nous continuons, ici, à réciter quelques Psaumes, le matin, après la prière, en plus des Tehilim habituels, selon leur répartition mensuelle. Que Dieu lui envoie très prochainement une complète guérison, car ils étaient nombreux avec lui(3).
B) Nous vous envoyons une centaine d'exemplaires de tout ce qui est édité ici, sans attendre votre commande. En revanche, nous n'envoyons que quelques spécimens de ce qui parait en anglais ou en Yiddish. Si vous en désirez un plus grand nombre, faites-le nous savoir et nous vous les adresserons, en fonction de votre commande.
C) Nous ne possédons que quelques exemplaires du Tanya et nous ne pouvons donc pas satisfaire votre requête. Le Hayom Yom(4) et le Ets 'Haïm(5) ne sont pas encore publiés. Voici ce qui se trouve actuellement sous presse: les responsa du Tséma'h Tsédek, ses explications de la Michna avec les ajouts inédits que j'ai trouvé dans quelques manuscrits, les séquences de discours 'hassidiques Veka'ha, Maïm Rabim, Vehé'hérim, du Rabbi Maharach, le Sidour pour les Talmud Torah et les écoles(6), avec les prières classées dans l'ordre et imprimé en gros caractères. Les particularités de la présente période font que je ne sais pas quand tout cela sera achevé. J'espère que nous y parviendrons en deux ou trois mois.
D) Concernant ce qui vient d'être dit, vous possédez peut-être des responsa ou des commentaires du Tséma'h Tsédek qui sont encore inédits. Vous voudrez bien me faire connaître brièvement leur contenu, pour que je puisse déterminer s'ils se trouvent, ou non, parmi ces ajouts.
Je réitère également ma demande, déjà maintes fois formulée. Si vous possédez, vous-même ou vos amis, des commentaires du Tanya(7), pouvez-vous les faire recopier, à notre compte et les envoyer ici, à condition, bien sûr, que l'un d'entre vous ne les ait pas déjà apporté? Ce peut être également des récits fiables concernant le Tanya.
E) Nous n'avons pas édité le tome 3 du Sifrénou. En fait, il n'est pas réellement nécessaire et les élèves, ici, passent directement du tome 2 au tome 4.
F) La plus grande réduction que nous puissions faire sur le prix du Sifrénou est de 33%. De plus, les frais d'envoi, qui sont considérables, restent à notre charge. De nombreuses institutions, ici, cherchent un donateur, qui achète ces livres et les leur offre. Le Sifrénou se répand de plus en plus. Nous avons dû mettre sous presse une nouvelle édition du premier tome, de même que de la bénédiction du repas avec la transcription anglaise.
G) Le manque de moyens paralyse notre action et en particulier nos publications. Vous voudrez donc bien, avec tout l'argent nous appartenant qui se trouve en votre possession, celui de Ma'hané Israël, du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h ou de Kehot, acheter des Tefilins, avec des parchemins et nous les faire parvenir, pour le département des Tefilin et des Tsitsit du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Bien évidemment, ces Tefilin seront cachères, de la manière la plus certaine. Nous en avons besoin pour des hommes qui, du fait de la campagne actuellement menée, commencent tout juste à les porter. Il n'est donc pas nécessaire de rechercher les plus belles paires et puisse Dieu faire(8). Ils seront donc petits. Vous n'aurez, de la sorte, aucune difficulté à les envoyer, puisque nous vous adressons des livres depuis plusieurs années déjà. Le plus tôt sera le mieux.
H) Nous vous envoyons maintenant un exemplaire de chacun des livres, des éditions Shulsinger, que vous m'avez demandés pour la Yechiva, à l'exception du Talmud. A réception de votre paiement, vous nous direz s'il vous en faut d'autres et nous vous les enverrons.
I) Vous avez sans doute reçu, en leur temps, les Kovets Loubavitch. Vous apporterez sûrement votre contribution aux différentes rubriques qu'il comporte. Je vous remercie d'engager également à le faire ceux qui en sont capables.
K) Depuis longtemps, je n'ai pas répondu à vos courriers, de même qu'à d'autres lettres, à cause du malheur qui m'a frappé, avec la perte de mon père.
Il m'a transmis(9) une explication de la Michna(10): Lorsqu'une aiguille se trouve en haut de la grotte dans laquelle il y a le va et vient de l'onde, celle-ci est pure, dès lors que la vague est passée sur elle.
L'âme reçoit plusieurs noms, qui varient en fonction de son action. Sa finalité essentielle, ici-bas, est de relier l'élément le plus inférieur au plus élevé. C'est pour cela que le corps de l'homme fut créé d'une manière différente(11). Telle est précisément l'utilité d'une aiguille, qui sert à coudre, à relier, permettant de révéler ici-bas ce qui se trouve là-haut.
L'âme ne peut obtenir une élévation aussi considérable autrement qu'en descendant dans ce monde, qui est comparable à des eaux abondantes, surtout pendant la période de l'exil, avec les tracas qu'elle suscite. Une telle chute est considérable et elle mène dans une fosse profonde, une grotte. Néanmoins, elle doit se solder par une élévation, conduire en haut de la grotte.
Bien plus, dans cette grotte, il y a le va et vient de l'onde, une élévation extatique suivie d'une réintégration de la matière et non une activité univoque, la pratique de la Torah et des Mitsvot ou l'existence dans ce monde matériel. Ainsi, l'âme fait la preuve qu'elle n'est pas soumise à la nature du corps(...).
Puis, elle est pure, dès lors que la vague est passée sur elle(...). Cette pureté représente une élévation considérable, dont l'âme elle-même a besoin.
On peut considérer que tout ceci s'applique plus particulièrement à ceux qui ont été exilés(12). Du reste, Gal, la vague, est de la même étymologie que Gola, l'exil. Et nos Sages disent que Avraham fit le choix de l'exil(13). Leur rétribution doit donc être une double consolation.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(14)
Notes
(1) Le Rav 'Hano'h Hendel Havlin, de Jérusalem. (2) Voir, à ce propos, le début de la lettre n°173. (3) Voir, à ce propos, le début de la lettre n°174. (4) Le premier était paru en 5703. Un second volume avait été préparé en 5704, mais il ne vit jamais le jour. (5) Du Rabbi Rachab, qui fut finalement imprimé en 5706. (6) Il s'agit du Sidour Tehilat Hachem. (7) Voir, à ce propos, les lettres n°191, 218, 261 et 336. (8) Qu'ils mettent celles-là chaque jour. (9) Voir, à ce propos, la lettre n°191. (10) Récité par l'endeuillé avant de dire le Kaddich des sages. (11) Indépendamment de son âme, à la différence de toutes les autres créatures. (12) Comme le père du Rabbi. (13) Plutôt que du Guéhénom comme moyen d'expiation. (14) De Ma'hané Israël.
Lettre n°180
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°180, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jeudi 26 Tévet 5705,
Brooklyn,
A la direction du Collel 'Habad, à Jérusalem et, à sa tête, au
Rav bien connu, érudit et craignant Dieu, mon proche
parent, le Rav Ch. Y. L.(1) Chlita,
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre du 3 Kislev. Dieu merci, l'état de santé de mon beau-père, le Rabbi Chlita, s'améliore(2). Les médecins lui ont maintenant permis de reprendre son travail, pendant quelques heures par jour. Néanmoins, ils lui interdisent encore d'accorder des entrevues particulières. De façon générale, il faut éviter tout ce qui pourrait lui faire de la peine ou provoquer son émotion. Nous espérons qu'il ira, chaque jour, un peu mieux.
Ici, nous continuons à lire quelques Tehilim, après la prière du matin, en plus de ce qui sont lus, selon la répartition mensuelle. Sans doute continuez-vous, vous-mêmes, à le faire. Que Dieu envoie très prochainement à mon beau-père, le Rabbi Chlita, une totale guérison, conformément à la prière de tous les 'Hassidim, Amen, que telle soit Sa Volonté.
Dans le traité Meguila 17b, nos Sages soulignent que la guérison est liée à la huitième bénédiction(3), guéris-nous... accorde-nous une complète guérison et à la huitième lumière. Parmi les différents maîtres de la 'Hassidout, en commençant par le Baal Chem Tov et le Maguid de Mézéritch, tel est bien le niveau de Yossef(4).
Ainsi, Hadar était le huitième roi(5), le juste est lié à Yessod, l'Attribut céleste du fondement(6), la circoncision est pratiquée le huitième jour, Chemini Atséret(7) correspond au niveau de Yossef(8).
Par ailleurs, la valeur numérique d'Its'hak(9) est huit fois celle du Nom divin Avaya(10). Et, lorsque nous obtiendrons la guérison collective, dans le monde futur, avec la venue du Machia'h, très bientôt et de nos jours, nous aurons(11) la harpe à huit cordes. Alors, disent nos Sages, c'est à Its'hak que l'on dira: tu es notre père.
Le traité Sanhédrin 94a dit que le Saint béni soit-Il voulut faire de 'Hizkya le Machia'h. Or, il est dit que le Machia'h viendra lorsque la monnaie perdra sa valeur, ce qui est bien le cas, de nos jours. Et, l'on sait que 'Hizkya portait huit noms.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(12)
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yehouda Leïb Eliezrov. Voir la lettre n°178. (2) Voir le début de la lettre n°173. (3) De la Amida. (4) Premier prénom du précédent Rabbi, qui était le huitième successeur du Baal Chem Tov. (5) De Canaan, qui régnait avant que les enfants d'Israël ne prennent possession de la Terre Sainte. (6) Qui est le huitième Attribut de Dieu. (7) Le huitième jour de Soukkot. (8) Dont la source céleste est Yessod, le huitième Attribut. (9) Second prénom du précédent Rabbi. (10) Soit huit fois vingt six, qui font deux cent huit. (11) Pour accompagner le service de Dieu, dans le Temple. (12) De Ma'hané Israël.
Lettre n°181
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°181, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Mardi 2 Chevat 5705,
Brooklyn,
Au 'Hassid qui craint Dieu, le Rav M.M., Cho'het(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai reçu, en son temps, votre seconde lettre. Je n'ai pas pu répondre aussitôt aux questions que vous me posiez dans la première, du fait de mes nombreuses occupations.
Les deux chèques qui étaient joints à votre premier courrier ont immédiatement été transmis au secrétaire de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Celui-ci vient de me dire que des reçus ont été envoyés à ceux qui étaient désignés dans votre lettre.
A l'avenir, si vous vous posez d'autres questions(2), je suis prêt à les examiner, dans la mesure de mes moyens. Mais, ne m'imposez pas une réponse rapide, car le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, le Ma'hané Israël et la maison d'éditions Kehot me donnent beaucoup de travail. Du reste, je suis surpris que vous ne preniez vous-même, pour l'heure, aucune part à ce travail.
J'ai demandé que l'on vous envoie le Kovets Loubavitch qui vient de paraître. Selon le contenu de votre lettre, plusieurs rubriques de ce périodique devraient vous intéresser.
Vous parlez de la hâte, en marge de votre lettre. La 'Hassidout souligne qu'elle peut être une qualité. Ce fut le cas lors de la sortie d'Egypte, lorsque le peuple s'enfuit, parce que la transformation de la matière n'avait pas été conduite à son terme(3). Dans le monde futur, en revanche, il sera important de ne pas se hâter(4). Vous consulterez, à ce propos, le discours(5) de Pessa'h 5703.
De manière plaisante, on peut ajouter qu'actuellement, déjà, la hâte n'est pas nécessaire pour ce qui concerne la Kabballa et la 'Hassidout, qui sont appelées arbre de vie et transcendent la transformation de la matière. Vous consulterez, à ce propos, Igueret Hakodech, l'introduction du Biyoureï Zohar et le Ets 'Haïm du Rabbi(6).
On peut, du reste, se demander pourquoi l'éloge d'Israël fut faite, lors du don de la Torah, en constatant qu'il était un peuple inconsidéré(7). En effet, les enfants d'Israël n'étaient-ils pas alors libérés de leur mauvais penchant?
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(8)
Notes
(1) Rav Mena'hem Mendel Margolis. Voir la lettre n°177. (2) En plus de celles qui étaient mentionnées dans la première lettre. (3) Le mal conservait donc toute sa force. (4) Parce que cette transformation aura été achevée. (5) Du précédent Rabbi. (6) Rachab, père du précédent Rabbi. (7) Qui fait passer sa bouche avant ses oreilles, autrement dit qui s'engage à mettre en pratique les Préceptes de la Torah avant même de les connaître. (8) De Ma'hané Israël.
Lettre n°182
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°182, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Mardi 3 Chevat 5705,
Brooklyn,
Au remarquable jeune homme, 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Z. Halévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie d'avoir appelé mon attention sur le Michnat Yoël, que j'ai trouvé dans la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Vous demanderez à ... s'il veut financer l'impression des discours 'hassidiques de mon beau-père, le Rabbi Chlita, prononcés aux Etats Unis, que nous souhaitons faire cadeau au Rabbi Chlita. Vous voudrez bien me faire connaître la décision qui sera prise.
J'ai déjà expliqué qu'une telle participation devait être libre et ne subir aucune contrainte. Il est hors de question d'obliger qui que ce soit et, pour des raisons évidentes, je ne souhaite pas évoquer plus longuement ce sujet.
Vous avez sans doute vu, dans le quatrième numéro du Kovets Loubavitch, la réponse à la question que vous m'aviez posée, il y a quelques temps(2), concernant l'importance, d'après la partie révélée de la Torah, d'étudier la Michna par coeur. Des notes et des commentaires ont été ajoutés à ce que je vous avais écrit.
La 'Hassidout commente également le fait que le Machia'h jugera en fonction de ce qu'il sentira(3). Il est dit que il ne jugera pas selon ce qu'il verra de ses yeux ou entendra de ses oreilles. Or, la vision et l'audition correspondent aux forces de découverte intellectuelle et d'analyse raisonnée, auxquelles font allusion les aliments et les boissons. L'odorat, par contre, est lié à l'air, à l'atmosphère.
Du reste, le Zohar, cité par le Likouteï Torah, explique que le roi Chlomo jugeait lui-même sans entendre les témoins, sans faire de mise en garde. Le début du Midrach Chir Hachirim Rabba et le traité Roch Hachana 21b le confirment, mais le Targoum ne partage pas cet avis.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Notes
(1) Le Rav Mena'hem Zeev Gringlass, de Montréal. (2) Voir la lettre n°132. (3) Idée qui est évoquée dans le développement du Kovets Loubavitch.
Lettre n°183
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°183, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Dimanche 7 Chevat 5705,
Au grand Rav, 'Hassid qui craint Dieu, érudit aux
multiples accomplissements, le Rav E.E. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Faisant suite à ma lettre du 8 Tévet(2) que vous avez sûrement reçue en son temps, je rappellerai le commentaire du Midrach Me'hilta sur le verset celui qui le transgressera mourra. En effet, je me suis toujours interrogé sur le long développement qu'il donne ici, lorsque des non-Juifs encerclent la Terre Sainte... Qu'importe, en effet, la forme que prend, en pareil cas, la transgression du Chabbat?
Et, il est difficile de dire que cette transgression est permise, en pareil cas, comme je le suggérais dans ma précédente lettre, car la situation d'ordinaire envisagée par les Sages, en pareil cas, est le danger ou bien la maladie.
Puis, ces jours-ci, j'ai trouvé, à l'occasion d'une autre recherche, le commentaire que donnent, de ce passage du Midrach Me'hilta, les responsa Torat 'Hessed, de Rabbi Chlomo Zalman de Lublin: Pourquoi la Me'hilta cite-t-elle le cas des non-Juifs qui encerclent la Terre Sainte? Pour indiquer qu'en pareille situation, lorsque tous les Juifs peuvent transgresser le Chabbat en effectuant tous les travaux nécessaires, le jour sacré disparaît totalement, pour l'ensemble d'Israël, ce qui n'est pas le cas d'un individu à qui il a été permis de transgresser le Chabbat, du fait du danger(3).
Cette explication répond à la question posée et montre la différence entre le cas du Nazir, la mortification de Yom Kippour et le respect du Chabbat, comme je le disais dans ma lettre précédente. En effet, le Nazir et celui qui jeûne, à Yom Kippour, sont concernés de manière physique par cette situation, ce qui n'est pas le cas pour le respect du Chabbat(4). Tout s'éclaire d'après ce qui vient d'être dit.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5)
Notes
(1) Le Rav Efraïm Eliézer Yallès, de Philadelphie. (2) La lettre n°176. (3) Le Chabbat est alors repoussé, mais ne disparaît pas. Voir la lettre n°176. (4) Qui est moral. (5) De Ma'hané Israël.
Lettre n°184
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°184, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Dimanche 7 Chevat 5705,
Au grand et honorable Rav, érudit qui craint Dieu,
le Rav M.Hecht(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu vos deux lettres et vous trouverez, ci-joint, un reçu. Je vous en remercie.
Pour ce qui est des autres donateurs, il semble, puisqu'on leur a dit que le paiement devait intervenir pour le 9 Adar, qu'ils attendent cette date.
Il n'y a vraiment pas lieu de penser que cette promesse est déjà ancienne et qu'elle a été oubliée. On sait que la troisième barre de la lettre Hé, qui fait allusion à l'action concrète, est séparée des deux autres, qui correspondent à la pensée et à la parole.
A mon avis, vous profiterez de votre venue ici, à l'occasion du mariage de votre frère(2), pour obtenir le paiement de tous ceux qui se sont engagés. Ceux-ci donneront un chèque, daté du 9 Adar. Quant à ceux que vous ne verrez pas au mariage, il serait bon que vous leur rappeliez tout de suite leur obligation par une lettre, puis par téléphone, bien évidemment sur le compte de la maison d'édition Kehot.
Dans l'une de ses lettres, mon beau-père, le Rabbi, écrit: Le Tséma'h Tsédek dit qu'un mot exprimé par la parole concerne le grand nombre. S'il est écrit, il s'adresse au monde entier. S'il est imprimé, il est conservé pour toutes les générations.
Heureux l'homme par le mérite duquel des paroles de la Torah seront imprimées et s'adresseront à toutes les générations.
Bien plus, il s'agit, en l'occurrence, de l'enseignement profond de la Torah, qui sera l'objet essentiel de l'étude, lorsque le Machia'h viendra, comme l'explique Igueret Hakodech. On peut, néanmoins, s'interroger, si l'on considère l'introduction du Biyoureï Hazohar.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(3)
Lorsque l'on parle de toutes les générations, cela veut dire au moins quatre, comme l'explique le Tséma'h Tsédek, dans son commentaire des Tehilim. Il s'agit aussi de tout l'enchaînement des mondes, c'est-à-dire des quatre mondes, puisque chaque monde s'appelle génération. Or, les quatre mondes englobent de très nombreux niveaux et toutes les générations sont aussi de très nombreuses époques.
Notes
(1) Le Rav Moché Hecht. (2) Le Rav Yaakov Yehouda Hecht, célébré le 10 Chevat 5705. (3) De Kehot.
Lettre n°185
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°185, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jeudi 1er Nissan 5705,
A l'honorable jeune homme, 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre:
A) L'organisation du Séder, pour Pessa'h prochain, dépendra, bien sûr, de l'état de santé de mon beau-père(2), le Rabbi Chlita. Pour l'heure, aucune décision tranchée ne peut être prise, à ce propos.
B) Les coins du Talith Katan doivent également être doublés de soie, telle est la coutume dans la famille du Rabbi.
C) Je transmettrai la demande de bénédiction, comme vous me l'avez demandé.
D) Pour les Yechivot, le prix de la Haggada est de trente cents. De plus, la réduction habituelle vous est accordée. Elles ont été expédiées hier.
E) Concernant les causeries du Rabbi, je vous ai déjà dit qu'avant de les transmettre à l'imprimerie, mon beau-père, le Rabbi y faisait de nombreux ajouts. C'est pour cela que l'impression en est retardée.
Je conclurai par des paroles de la Torah. Mon beau-père, le Rabbi Chlita a raconté, concernant votre deuxième question, que le Rabbi(3) avait coutume de coudre, entre la soie et l'étoffe du Talith Kattan, un bout de soie provenant des vêtements de l'Admour Hazaken et du Tséma'h Tsédek. De façon générale, celui-ci se trouvait dans le coin arrière droit, près des trous(4).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
et en vous demandant de passer le bonjour à tous nos amis,
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5)
Notes
(1) Le Rav Mena'hem Zeev Gringlass, de Montréal. (2) Voir le début de la lettre n°173. (3) Rachab, son père. (4) Par lesquels passent les fils des Tsitsits. (5) De Ma'hané Israël.
Lettre n°186
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°186, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Nissan 5705,
Au grand Rav, 'Hassid érudit, qui craint Dieu,
le Rav Avraham Morde'haï(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint un reçu provisoire pour le don de vingt cinq Chekels(2) que vous avez adressé à l'union internationale pour la lecture des Tehilim(3). A l'avenir, vous continuerez sûrement à apporter votre soutien à cette cause importante et vous engagerez d'autres personnes à le faire. Vous en ferez de même pour les autres secteurs d'activité de Ma'hané Israël et du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. A celui qui renforce son engagement, on multiplie les bénédictions et il est sans doute inutile de vous expliquer à quel point tout cela est important.
Une idée, néanmoins, sera brièvement précisée. Les Tehilim sont l'équivalent de toute la Torah, comme l'indique, en allusion le traité Kiddouchin 30a, qui compare le nombre des versets qui constituent l'un et l'autre.
La différence qui existe entre eux(4) peut être déduite du traité Bera'hot 3b: Rabbi Eliézer dit: Jusqu'à minuit, il(5) étudiait la Torah. Ensuite, il louait et glorifiait Dieu. Un autre Sage exprime ensuite son désaccord, mais l'on peut considérer qu'il adopte une autre position uniquement sur le comportement de David, mais non sur la différence entre la Torah et les Tehilim. De plus, le Zohar adopte l'avis de Rabbi Eliézer.
La plaie des premiers-nés fut à l'origine de la sortie d'Egypte, comme l'indique le sens simple du verset. Or, elle commença à minuit et ceux-ci agonisèrent ensuite jusqu'au lever du jour, selon le début du traité Sema'hot, auquel s'oppose le Midrach Chemot Rabba, chapitre 16.
Selon le Zohar, Moché savait que cette plaie interviendrait dans la seconde moitié de la nuit, lorsque Ko, les forces de la sévérité sont en éveil. C'est pour cela qu'il introduisit cette prophétie(6) par le mot Ko, ainsi(7), alors que les autres commencèrent par voici(8), ce qui le distinguait de tous les autres prophètes.
C'est donc au milieu de la nuit que l'Egypte fut frappée et Israël, sauvé. Et nos Sages font la même affirmation à propos de Ko, les forces de la sévérité. Selon le Zohar, le Saint béni soit-Il dit, en effet, à Avraham: Libère-toi des influences astrales, liées à Ko. Voici la porte de la prière, par laquelle l'homme reçoit la bénédiction et la satisfaction de sa requête. Bien qu'il corresponde à la sévérité, ce Ko se transforme alors en miséricorde.
L'introduction du Tikouneï Zohar montre la supériorité du verset Ecoute Israël, l'Eternel est notre Dieu, l'Eternel est Un, qui possède, en Hébreu, vingt cinq lettres, valeur numérique de Ko, alors que le verset Béni soit le Nom de l'honneur de Sa royauté pour l'éternité n'en a que vingt quatre.
Ceci est directement lié à ce qui a été exposé auparavant. En effet, le Nom divin Avaya apparaît dans le verset Ecoute Israël. Or, c'est précisément le Pharaon qui dit: Je ne connais pas Avaya, alors qu'il percevait le Nom Elokim, comme l'expliquent les commentateurs.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa'h cachère et joyeuse, une Techouva immédiate et une délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
A propos des chiffres vingt quatre et vingt cinq, vous consulterez également le traité Sotta 36b et les Tossafot, commentant le traité Be'horot 50a, au paragraphe Demizdavna.
Notes
(1) Herchberg. (2) Dollars. (3) Dont le siège était à Jérusalem, où devait être établi le reçu définitif. (4) Entre la Torah et les Tehilim. (5) Le roi David. (6) Annonçant la plaie des premiers-nés. (7) Indiquant ce qui est flou, imprécis. (8) Désignant ce qui est clair, précis.
Lettre n°187
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°187, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Nissan 5705,
A notre très cher ami, le grand Rav, craignant Dieu,
le Rav Avraham Goldberg, Fort Bragg, North Carolina,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie d'avoir bien voulu nous adresser la liste des membres de l'association des rabbins qui sont actuellement en fonction dans l'armée. Nous sommes satisfaits de constater l'intérêt que vous portez à nos frères juifs qui sont mobilisés. Vous recherchez ainsi le bien du plus grand nombre.
J'évoquerai la fête de Pessa'h, qui approche.
Le premier Pessa'h concernant toutes les générations fut célébré dans la seconde année après la sortie d'Egypte. Celui de l'Egypte, en revanche, fut différent, dans de nombreux domaines et il eut donc un caractère exceptionnel.
Nos Sages soulignent que les enfants d'Israël se préparèrent à ce second Pessa'h en sacrifiant la vache rousse(1), de laquelle il est dit que elle purifie ceux qui sont impurs et rend impurs ceux qui sont purs.
Ainsi, on demande au Cohen, et même, selon un avis, au Grand Prêtre, de se rendre impur(2), certes d'une impureté légère, ce qui le contraignait à quitter momentanément le Temple, à interrompre le service de Dieu qu'il y réalisait, afin d'offrir à un Juif, y compris à celui qui s'étaient rendu impur par contact avec un mort, la possibilité de se purifier et de pouvoir, de nouveau, pénétrer dans le Temple.
Bien plus, la vache rousse est, de ce fait, appelée, le Décret de la Torah, dont elle constitue un grand principe. La leçon que chacun d'entre nous peut en tirer est bien évidente(3).
Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse, la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(4)
Notes
(1) Pour se purifier afin de pouvoir offrir le Pessa'h. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°240. (3) Le Rabbi compare ici l'action du Grand Prêtre envers l'homme impur à celle du Rav envers le soldat. (4) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Lettre n°188
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°188, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Nissan 5705,
Au grand et illustre Rav, 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav Y.Leiner(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, que j'ai reçue avec retard. Par la suite, ma réponse a été retardée jusqu'à maintenant, pour différentes raisons et vous voudrez bien m'en excuser.
Mon beau-père, le Rabbi Chlita, du fait de ses multiples activités, m'a transmis votre lettre, pour en prendre connaissance et pour vous répondre. Je vous communiquerai donc mon humble avis et je serais heureux de connaître vos réactions à ce que j'expose plus loin:
A) Vous écrivez: J'ai été très peiné par la modification des textes sacrés figurant dans le Sidour Torah Or, paragraphe 14, à propos du Psaume Prière de David et il est une Mitsva d'en demander la rectification. Voici cette modification (qui est celle du Tséma'h Tsédek): «Réjouis le coeur de Ton Serviteur, car vers Toi, Eternel (Ado Naï), j'élève mon âme». Selon d'autres versions, il faut lire ici le Nom divin Avaya.
Le Chaar Hacollel, du Rav David Lawout, imprimé dans le second tome de ce Sidour, donne la référence
de cette formulation: C'est celle du Zohar Balak 195b. Le Mikdach Méle'h précise que ce Nom correspond aux quatre lettres du Nom Avaya.
Si je puis me le permettre, je ferais, néanmoins, remarquer que les corrections du Tséma'h Tsédek ont été recopiées de son propre Sidour. En l'occurrence, selon le Chaar Hacollel, il indique ici uniquement que, selon d'autres versions, le Nom Ado Naï doit être remplacé par le Nom Avaya. Mais, en réalité, le copieur a fait ici une erreur et la remarque du Tséma'h Tsédek s'appliquait à cet autre verset: Nul ne T'est comparable, parmi ceux qui sont puissants, Eternel (Ado Naï). Dans d'autres versions, on trouve bien ici le Nom Avaya, comme l'explique le Min'hat Chaï.
Si mon interprétation est la bonne,
1. On peut effectivement comprendre la correction du Tséma'h Tsédek, puisque le Zohar et le Mikdach Méle'h n'établissent pas clairement qu'il est fait usage, dans le verset, du Nom Avaya.
2. On peut justifier également que la correction du Tséma'h Tsédek n'ait pas été retenue à propos du verset Nul ne T'est comparable, duquel il existe deux versions, l'une avec Ado Naï et l'autre avec Avaya. Bien plus, dans l'exemplaire du Sidour du Ari Zal qui appartenait au Tséma'h Tsédek et se trouve dans la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi Chlita, le verset Réjouis le coeur de Ton serviteur est écrit avec le Nom Ado Naï, comme dans toutes les versions courantes. Malgré cela, le Tséma'h Tsédek signale l'existence d'une autre version.
Le même Sidour porte le Nom Avaya, dans le verset Nul ne T'est comparable, malgré l'affirmation du Min'hat Chaï et bien que le Nom soit, d'ordinaire, orthographié Ado Naï. Or, à ce propos, le Tséma'h Tsédek ne dit rien.
B) Vous dites que la recherche d'une référence aux propos de nos Sages(1), comme nous venons de le faire, est un moyen de servir les Sages, c'est-à-dire d'expliquer et de justifier leurs propos, comme le dit Rachi, dans son commentaire du traité Bera'hot 47.
Il semble que cette affirmation manque de précision car, selon Rachi, celui qui a connaissance de la référence, mais n'en connaît pas l'explication et la logique est considéré comme n'ayant pas servi les Sages. C'est ce qu'indique son commentaire du traité Sotta 22a.
D'après Rachi, celui qui, ayant appris la Torah et la Michna, accède à la Guemara, doit, avant tout, connaître les raisons et les explications de la Loi. C'est alors qu'il sert les Sages, au sens des traités Bera'hot et Sotta.
Cette conception de Rachi trouve un très fort appui dans le traité Bera'hot qui parle de celui qui a appris le Sifra et le Sifri, mais n'est cependant pas considéré comme ayant servi les Sages. Or, les références de la majeure partie des Lois évoquées dans ces livres y sont précisées.
Néanmoins, le Rambam et le Choul'han Arou'h s'opposent à Rachi, sur ce point. Selon eux, connaître la référence fait partie intégrante de l'étude(...).
C) Vous considérez que la Mitsva d'honorer son père s'étend jusqu'à la quatrième génération(3). On peut s'interroger, à ce propos, surtout si la remarque vient, à l'origine de l'Admour Hazaken, ce qui veut dire qu'il y a une fille dans la succession des générations(4).
(...) Le Midrach parle, en effet, du père du père, mais rien ne nous permet de remonter plus haut dans la filiation, dans l'application de la Mitsva d'honorer son père et sa mère(...).
Bien que ce ne soit pas une preuve absolue, on peut trouver une allusion à la nécessité d'honorer ses parents, même après plusieurs générations, dans le verset et il plaça le trône de la mère du roi, c'est-à-dire de Ruth(5), selon l'interprétation qu'en donne le traité Baba Batra 91b. Bien entendu, il ne s'agit que d'une simple allusion.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
M. Schneerson
Le paragraphe A, ci-dessus, présente sans doute un intérêt pour le plus grand nombre. Je me permets donc de le faire imprimer dans le Kovets Loubavitch, dans la rubrique questions et réponses. Par votre intermédiaire, un mérite sera ainsi offert aux lecteurs et à tous ceux qui s'intéressent à ces questions
Notes
(1) Le Rav Yerou'ham Leiner, de Londres. (2) Le Rav Leiner disait que la question qu'il se posait et qui a été traitée au paragraphe A le conduisait à rechercher la référence des affirmations de nos Sages. (3) Le Rav Leiner écrivait au précédent Rabbi qu'en trouvant une référence à l'affirmation du Tséma'h Tsédek, son arrière-arrière-grand-père, il accomplirait la Mitsva d'honorer son père. (4) Puisque le Tséma'h Tsédek est le fils de la fille de l'Admour Hazaken. (5) Que plusieurs générations séparaient pourtant du roi David.
Lettre N° 189
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Sivan 5705,
Au distingué 'Hassid, qui craint Dieu,
monsieur Alexander Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous savez sans doute que notre ami, monsieur Stolman, nous a adressé un chèque pour le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h(2). A cette occasion, je voudrais vous renouveler mes chaleureux remerciements pour votre intervention, vos efforts et votre travail, en la matière. Je vous remercie pour le passé, pour le présent, mais aussi, comme nous l'espérons tous, pour le futur. Et ce qui est accompli, ce qui peut se poursuivre grâce à ce don, constitue, pour vous, la meilleure expression de reconnaissance.
Lors du don de la Torah(3), le premier Commandement fut: Je suis l'Eternel ton Dieu, Qui t'ai fait quitter le pays de l'Egypte. Des commentateurs, par exemple, le Ibn Ezra, dans son analyse du verset Chemot 20, 1, s'interrogent, à ce propos. Pourquoi ne pas faire référence à un événement plus déterminant et dire: Qui ai créé les cieux et la terre ou bien Qui t'ai créé? La création des cieux et de la terre, outre son importance intrinsèque, apparaît à l'évidence pour toutes les générations, alors que la sortie d'Egypte constituait une référence uniquement pour ceux qui la vécurent.
La 'Hassidout apporte, à ce propos, l'explication suivante.
La création fut faite à partir du néant. Elle introduisit dans la matière l'éclairage de la Divinité que les mondes peuvent supporter. La sortie d'Egypte, en revanche, put être obtenue uniquement par des miracles et des merveilles, c'est-à-dire en plaçant la matière au dessus des principes et des limites qui lui ont été assignés, au sein de la création.
En ce sens, quitter l'Egypte signifie également se départir de ses limites et de ses contraintes. Il y a donc bien là une révélation divine beaucoup plus intense et c'est précisément pour cela qu'il a été fait référence à la sortie d'Egypte, lors du don de la Torah, car celui-ci transcenda également la création et ses limites.
Si l'on se permet cette comparaison, on peut vérifier qu'il en est de même chez les hommes. S'engager soi-même ou engager les autres, d'emblée, sur le droit chemin, est relativement aisé. A l'opposé, lorsque l'on doit modifier ses principes et se libérer de contraintes que l'on s'était soi-même imposées et qui, dans différentes situations, se sont révélées justifiées, mais qui n'en constituent pas moins un obstacle, cela est beaucoup plus difficile. Il est alors nécessaire de quitter l'Egypte.
Mon cher monsieur Kowen, j'ai bon espoir qu'en la matière, vous viendrez en aide à monsieur Stolman, afin qu'il puisse se libérer de ses limites et de ses principes, qu'il accepte pleinement ce que lui demande mon beau-père, le Rabbi Chlita(4). Dans ce domaine, vous connaîtrez sûrement le succès, comme cela a été le cas jusqu'à maintenant.
Avec mes salutations et ma bénédiction pour la fête,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5)
P. S. : Vous trouverez ci-joints:
1. une copie de la lettre que j'adresse à monsieur Stolman(6),
2. un extrait de compte supplémentaire,
3. les publications Chaloh et Chavouot.
Notes
(1) Qui est appelé, dans d'autres lettres, El'hanan Kowen. (2) A la demande du précédent Rabbi. (3) Cette lettre est écrite deux jours avant Chavouot. (4) En complétant son don pour atteindre le montant indiqué par le Rabbi précédent. (5) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. (6) Qui était rédigé en anglais, alors que la présente lettre est en Yiddish.
Lettre n°190
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°190, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Lundi 20 Mena'hem Av 5705,
Au 'Hassid qui craint Dieu, érudit aux multiples
accomplissements, le grand Rav A.Hecht,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à ce que vous m'avez demandé. Le Maaré'het Haélokout a été écrit par Rabbi Perets, fils de Rabbi Its'hak Cohen, qui était l'un des grands Kabbalistes, à l'époque du Ramban. A la fin du Dére'h Mitsvoté'ha, le Tséma'h Tsédek le cite, à plusieurs reprises et il s'efforce d'interpréter des commentaires de l'Admour Hazaken d'après ses explications.
On peut également établir sa grandeur par le fait que, quelques générations plus tard, le Kabbaliste Rabbi Yehouda 'Haïm, dont le Ari Zal prononça l'éloge, rédigea un commentaire du Maaré'het Haélokout.
Vous citez ce qu'il dit, la Lumière infinie de Dieu, dont nous avons parlé, n'est pas mentionnée dans la Torah.
On peut établir le sens de cette affirmation d'après quelques discours 'hassidiques, en particulier celui-ci, du Tséma'h Tsédek:
Les Kabbalistes ont lié les Noms de Dieu à Ses Attributs, par exemple le Nom Kel à l'Attribut de bonté. Ils ne font pas allusion, à proprement parler, à ces Attributs. Car on ne peut dénaturer le sens d'un verset et, lorsque nous lisons un Nom de Dieu dans la Torah, nous pensons à l'Essence de Lui-même, Qui n'a aucune cause antérieure et c'est bien ainsi qu'il faut le comprendre.
Lettre n°191
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°191, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Mena'hem Av 5705,
lendemain de la Hilloula de mon père,
Au distingué 'Hassid, qui craint Dieu,
le Rav H.Havlin(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres et, en particulier, à la dernière, datée du 25 Tamouz:
A) Je vous adresse ma bénédiction, à l'occasion du mariage de votre fille. Celui-ci sera célébré en un moment bon et fructueux. Le couple bâtira un édifice éternel, basé sur la Torah et les Mitsvot et donnera naissance à une génération bénie.
B) J'ai reçu hier le compte rendu du Rav Ch. G.(2) sur la fête de libération et de jubilé(3), mais je n'ai pas encore reçu les photographies. Vous m'adresserez aussi les bénédictions envoyées par ceux qui étaient invités à la fête et, n'ayant pu venir, ont répondu par écrit. De même, je vous propose de contacter les correspondants locaux du Morguen Journal(4) pour qu'ils rédigent un article sur la fête et le fassent éditer par ce journal.
C) Dans ma lettre du 23 Tévet(5), je vous proposais de contacter celui qui était attaché au service de l'auteur du Torat 'Hessed. Vous vous êtes engagés à le faire, mais je n'ai, pour l'heure, aucune réponse à ce propos. Qu'en est-il?
D) A l'occasion de la Hilloula(6), je vous remercie de donner, de ma part, en prélevant sur l'argent du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et de Ma'hané Israël qui est en votre possession, un montant de cent dollars au Collel 'Habad et de dix huit dollars à la Yechiva Torat Emet. J'en ai donné la contre-valeur ici. Vous donnerez également vingt cinq dollars à l'union internationale pour la lecture des Tehilim.
E) Vous trouverez, sur une feuille indépendante, les prix des livres publiés par les éditions Shulsinger. Les deux tomes réunis du Likouteï Torah coûtent, pour les Yechivot, cinq dollars. Les prix de nos autres publications sont imprimés sur les livres.
A tout cela, il faut ajouter les frais de transport, qui sont très importants. Je suis donc obligé de vous répéter ce que j'ai déjà dit et de vous mettre doublement en garde. Le manque de moyens empêche de nombreuses réalisations des éditions Kehot. Ce qui a été envoyé en différents endroits et les factures devant être acquittées représentent un investissement très important.
Je reformule donc la proposition qui se trouvait au paragraphe G de ma lettre du 23 Tévet. Envoyez-nous des Tefilin, selon les modalités exposées dans cette lettre. Vous nous en avez adressé deux paires, mais celles-ci coûtent beaucoup plus cher que les Tefilin d'Erets Israël que l'on trouve ici. Nous vous proposons donc d'en acheter, en une seule fois, un nombre conséquent. Ainsi, vous les obtiendrez à un bien meilleur prix. Je vous remercie de me faire savoir, par retour du courrier, ce que vous pensez faire, en la matière.
F) Pouvez-vous envoyer ici, à notre compte, une copie des commentaires du Rav Ch. G.(7) qui se trouve chez le Rav Teks(8), comme je vous le demandais dans ma lettre du 23 Iyar? Je vous en remercie par avance.
Je conclurai par des paroles de Torah, en poursuivant ce que j'ai expliqué dans ma précédente lettre(9), le commentaire 'hassidique, que j'ai reçu de mon père, de la Michna:
Lorsqu'une aiguille se trouve en haut de la grotte dans laquelle il y a le va et vient de l'onde, celle-ci est pure, dès lors que la vague est passée sur elle.
A mon humble avis, on peut envisager également, en se basant sur la 'Hassidout, l'enseignement, pour le service de Dieu, du paragraphe précédent de la Michna(10), sur lequel on peut poser plusieurs questions: 1. La précision on y descend et l'on s'y trempe semble inutile. 2. Pourquoi parler à la fois des branches et des tiges? 3. Répéter deux fois le mot bottes parait superflu.
On peut brièvement donner, à ce propos, l'explication suivante. Les eaux du Mikwé ont pour objet de purifier. Elles font donc allusion à une réflexion fructueuse. Le Rambam souligne que l'immersion rituelle, délivrant de l'impureté, est un Décret de la Torah(11). Malgré cela, il lui trouve une allusion dans le verset: Il introduit son âme dans les eaux de la Connaissance.
Tevila, l'immersion, est l'anagramme de Bitoul, la soumission, laquelle doit être le résultat, la synthèse d'une réflexion fructueuse. Il faut, pour cela, que le corps soit entièrement recouvert par l'eau et il en est de même si l'on se trempe dans une source. En effet, si une partie du corps reste hors de l'eau, la soumission ne saurait être sincère.
Mais, il s'agit ici d'un Mikwé dont les eaux sont très étalées. Il possède la quantité d'eau nécessaire, mais celui qui s'y trempe ne peut immerger l'ensemble de son corps. S'il introduit ses pieds dans l'eau, il ne pourra y tremper sa tête et s'il y fait pénétrer sa tête, ses pieds resteront en dehors du bassin. Il pourrait tenter de se tremper en position couchée, mais s'il introduit le côté droit dans l'eau, le côté gauche surnagera et vice versa.
De façon générale, un homme a deux manières de servir Dieu, par l'étude ou par l'action. L'un peut être capable d'une juste analyse intellectuelle, mais succomber dans l'action concrète, ne pouvant contenir ses désirs. A l'inverse, l'autre restera froid devant les plaisirs du monde, mais sera, intellectuellement, incapable de se soumettre. L'un pourra faire le bien, être bon avec beaucoup d'aisance, mais ne pas parvenir et s'écarter du mal. L'inverse peut également être vrai.
Ainsi, lors du don de la Torah, les descendants d'Ichmaël la refusèrent parce qu'il y est écrit: Tu ne commettras pas d'adultère. Les descendants d'Esav n'en voulurent pas, parce qu'elle dit: Tu ne tueras pas.
En l'occurrence, la réflexion peut effectivement être fructueuse, puisque la quantité d'eau requise se trouve bien dans le bassin. Malgré cela, tout le corps n'est pas recouvert et la soumission n'est donc pas obtenue. L'homme en constate le manque.
En pareil cas, on peut placer des pierres dans le bassin(12). Celles-ci sont des minéraux inertes, qui symbolisent, d'une manière évidente, la soumission faisant défaut. Il est clair qu'on pourra alors se tremper et se purifier, dès lors qu'on aura introduit les pierres dans l'eau, c'est-à-dire la soumission dans la réflexion.
Mais, bien plus, on pourra y placer également des bottes de branches, des végétaux, faisant allusion aux sentiments. On pourra, au préalable, éveiller en soi l'amour et la crainte de Dieu. Néanmoins, il faut alors réunir une botte de sentiments, car un seul n'est pas suffisant pour vaincre le mauvais penchant. Il est, bien au contraire, nécessaire de rassembler tous les troupeaux(13).
Par ailleurs, il est dit que, par nature, l'intellect dirige les sentiments. Or, la réflexion a, en l'occurrence, été sans effet. Il faut alors placer des pierres sur l'amour et la crainte de Dieu, introduire ces sentiments dans la soumission, faute de quoi l'intellect les orientera selon sa propre idée.
Placer ces pierres est une phase essentielle et l'on peut ainsi comprendre la formulation de la Michna.
Selon cette lecture, le texte ne se contente pas de nous donner un bon conseil pour faire remonter le niveau de l'eau. Cela est maintenant évident.
Il est donc deux sortes de sentiments, considérées du point de vue de leur source, tout d'abord: 1. en méditant au fait que la Lumière de Dieu entoure les mondes, que les êtres peuvent se lier directement au Créateur, 2. en méditant au fait que la Lumière de Dieu pénètre les mondes, que le lien entre Dieu et les créatures ne peut avoir un caractère d'évidence.
On peut aussi les distinguer en fonction de leur nature. Ainsi, il y a: 1. les sentiments de Tohou(14), 2. les sentiments de Tikoun(15).
On peut ainsi comprendre la différence entre les tiges, qui sont flexibles, dont le centre est creux et qui poussent au bord de l'eau, d'une part et les branches, d'autre part.
Les unes possèdent ce que les autres n'ont pas, comme l'expliquent différents textes. C'est pour cela que la Michna parle à la fois de bottes de branches et de bottes de tiges.
Comment peut-on s'assurer qu'un tel effort a été couronné de succès? Il faut, en effet, le vérifier puisque, jusqu'à maintenant, il y avait un échec. Il faut donc descendre, se briser, perdre la grossièreté de sa personnalité. Alors, la Michna, qui est comparée à une reine, donne l'assurance que l'on se trempe, Tevila, anagramme de Bitoul, la soumission enfin obtenue.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(16)
Notes
(1) Le Rav 'Hano'h Hendel Havlin, de Jérusalem. (2) Le Rav Chimeon Glitsenstein. (3) Le 12 Tamouz 5705 était, pour le précédent Rabbi, un triple anniversaire, cinquante ans consacrés aux besoins communautaires, vingt cinq ans de direction des 'Hassidim 'Habad et dix huitième anniversaire de sa libération des prisons soviétiques. (4) Quotidien en Yiddish, publié aux Etats Unis. (5) La lettre n°179, dans laquelle le Rabbi demandait des explications inédites du Tséma'h Tsédek. Cet homme pouvait en posséder. (6) Du père du Rabbi. (7) Il s'agit des commentaires du Tanya du Rav Chmouel Grounam Osterman, premier guide spirituel de la Yechiva, à Loubavitch. (8) Il s'agit du Rav Dov Teks. Voir, à son propos, la lettre n°261. (9) La lettre n°179. (10) Qui dit: Lorsque les eaux d'un Mikwé sont très étalées, on peut placer, dans un coin de celui-ci, des bottes de branches ou des bottes de tiges, afin d'en approfondir les eaux. Puis l'on y descend et l'on s'y trempe. (11) Transcendant la logique. (12) Pour faire remonter le niveau de l'eau. (13) De mobiliser toutes les forces du sentiment pour se soumettre à Dieu. (14) Intenses et démesurés. (15) Limités et coordonnées. (16) De Ma'hané Israël.
Lettre n°192
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°192, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Mena'hem Av 5705,
A la direction du Collel 'Habad, à Jérusalem et, à sa tête,
au grand Rav, bien connu et érudit, qui craint Dieu,
mon proche parent, le Rav Ch. Y. L. Chlita(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre du 27 Tamouz. Je vous remercie d'avoir organisé, d'une manière positive, tout ce qu'il convient de faire pendant la première année et la première Hilloula(2).
Le Rav H.H. Havlin(3) vous remettra, de ma part, cent dollars pour la caisse du Collel, afin de couvrir toutes les dépenses engagées à ce titre. Je vous remercie, encore une fois, du fond de mon coeur.
Nos Sages expliquent que, passés les douze premiers mois(4), c'est-à-dire au jour du premier anniversaire et par la suite, l'âme connaît l'élévation et ne peut plus subir la chute.
Une raison supplémentaire peut être invoquée, lorsqu'il s'agit de Justes, qui, lorsqu'ils quittent ce monde, atteignent un niveau particulièrement élevé.
Vous consulterez, à ce propos, les références citées par le Maavar Yabok, de même que le Metsoudat David.
On sait que, au jour du décès, tous les efforts que l'homme accomplit de son vivant et qui restent cachés se révèlent et éclairent ici-bas, quand il quitte le monde, selon les termes de l'Admour Hazaken, dans Igueret Hakodech. C'est pour cette raison que, disent nos Sages, au moment précis où l'homme perd la vie, seules la Torah qu'il a apprise et les bonnes actions qu'il a accomplies le suivent.
Puis, chaque année, au jour de l'anniversaire, tout ceci se déroule à nouveau. En effet, tous les événements périodiques surviennent encore une fois, chaque année, lorsqu'en revient la date(5).
Bien plus, les Sages ne connaissent pas le repos. Leur élévation est perpétuelle, y compris dans le monde futur. Mais, cette élévation est bien plus importante, au jour de leur décès.
Nous avons vu que l'âme monte et ne descend plus, mais le Chaar Hamitsvot dit qu'il en est ainsi dès le Chabbat précédant la fin des douze mois et non au jour même de l'anniversaire, ce qui ne correspond pas à l'explication qui vient d'être développée. On peut s'interroger, à ce propos
Je vous demanderai de prier pour la santé et le bien être de ma mère, à qui Dieu accordera de bons jours et de longues années.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(6)
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yehouda Leïb Eliezrov, de Jérusalem. (2) Du père du Rabbi, le Rav Lévi Its'hak Schneerson. (3) Le Rav 'Hano'h Hendel Havlin. Voir la lettre précédente. (4) Qui suivent le décès. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°324. (6) De Ma'hané Israël.
Lettre n°193
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°193, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Vendredi 8 Elloul 5705,
Au 'Hassid qui craint Dieu et mène à bien sa mission
avec fidélité, important donateur, le Rav Ch. D. Ganelès(1),
Je vous salue et vous bénis,
Par nos amis, le grand Rav et 'Hassid très actif et diligent, Rav Ch. A. Kazarnovsky et le très cher 'Hassid, qui se consacre aux besoins communautaires, Rav D.B. 'Haskin, j'ai bien reçu votre don, destiné à l'impression, par ronéotype, des causeries du Rabbi Rachab(2).
Il est sûrement inutile de vous expliquer la grande importance de cette impression, le plaisir qu'elle procure à l'âme du Juste. Grâce à votre don, quiconque étudiera cette causerie fera que les lèvres du Juste remuent dans la tombe, qu'il le ressente, en son âme, dans la Yechiva céleste. Peut-on imaginer quelqu'un de plus grand que le roi David qui souhaitait, implorait le Maître du monde que ses enseignements soient répétés, afin qu'il puisse résider dans les deux mondes à la fois, c'est-à-dire que ses lèvres remuent?
En rapportant des propos au nom de celui qui les a dits, on fait remuer les lèvres du Juste uniquement lorsqu'on les prononce. A l'opposé, quand on offre de son argent pour retranscrire et recopier les livres du Juste, on obtient que celui-ci renforce le mérite du donateur, dès lors que quelqu'un étudie ce livre, où qu'il se trouve dans le monde.
Ce qui vient d'être dit s'applique à chaque homme. Mais vous-même possédez un mérite particulier, car vous avez été l'un de ses disciples. Le Zohar établit qu'un homme doit honorer son père également après qu'il ait quitté ce monde, lui témoigner du respect dans les deux mondes à la fois. Or, commentant le verset tu les enseigneras à tes fils, nos Sages expliquent: Il s'agit des disciples. Les élèves d'un homme sont considérés comme ses enfants, comme le dit le Sifri. Le Rambam en fait état dans son Michné Torah.
Tout ce que l'on obtient est accordé mesure pour mesure et il y a donc tout lieu de penser que, tout comme le Juste vit dans les deux mondes lorsque l'on répète son enseignement, la récompense du donateur sera spirituelle et matérielle, avec tout le bien matériel et spirituel.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(3)
N. B. : Nos Sages rapportent que certains voulurent tout particulièrement que leurs explications soient répétées en leur nom, par exemple le roi David, Rabbi Yo'hanan, Rav Chéchet.
Il faut en conclure que la nécessité de résider dans Ta tente pour l'éternité les toucha, tous les trois, plus que tout autre. On peut l'expliquer de la manière suivante:
A) David tenta par tous les moyens d'expier sa faute et d'établir, aux yeux de tout Israël, qu'elle avait bien été pardonnée, comme le disent les traités Chabbat et Taanit. Or, il est dit que l'on peut étudier la Torah auprès d'un maître uniquement lorsqu'on le perçoit comme un ange. C'est pour cela que David voulut que l'on répète son enseignement. Ainsi, il pouvait avoir la confirmation que sa faute avait bien été pardonnée.
B) Le traité Bera'hot enseigne que Rabbi Yo'hanan perdit tous ses enfants et le Séder Hadorot se demande s'il eut, par la suite, un autre fils. Pour que son enseignement ne soit pas perdu, il devait donc former des disciples, capables de perpétuer son héritage, comme l'établit le traité Baba Batra. Il s'efforça donc que son enseignement soit largement répété.
C) Le Chaar Haguilgoulim et le Séfer Haguilgoulim donnent l'explication de la phrase que prononçait Rav Chechet: Mon âme se réjouit en Toi, elle T'appelle, elle T'apprend. En effet, Rav Chechet savait que son âme avait vécu une première vie dans le corps de Baba Ben Bouta, dont la vie avait été parfaite. Au cours de la seconde vie, qui était la sienne, il ne lui restait donc que très peu de choses à accomplir.
En pareil cas, la récompense de la Torah et des Mitsvot accomplies dans la seconde vie sont uniquement pour l'âme et non pour le corps. En effet, lors de la résurrection des morts, son âme retournerait dans le premier corps(4), qui a permis la majeure partie de ses accomplissements. En conséquence, le corps de Rav Chéchet était triste. Il constata donc que mon âme se réjouit, mais non mon corps.
Mais, à mon humble avis, on peut sans doute avancer que tout cela était vrai uniquement pour ses autres accomplissements, dans le domaine de la Torah et des Mitsvot. Par contre, lorsque l'on répète l'enseignement de Rav Chéchet, ses lèvres remuent dans la tombe, en ce monde matériel. Il est alors bien clair que les lèvres de son corps physique sont en mouvement. C'est pour cela qu'il s'efforça de faire répéter son enseignement.
Néanmoins, il disait mon âme se réjouit en Toi, car il faisait allusion, par ces mots, à son étude de la Torah, comme l'explique le traité Pessa'him. Par contre, la répétition de son enseignement est bien entendu celui qu'il a transmis à ses élèves(5).
Notes
(1) Le Rav Chmouel Dov Ber Ganelès. (2) Il s'agit du Torat Chalom. (3) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°200, 205, 209. (5) Et qui concerne donc son corps.
Lettre n°194
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°194, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Le 12 Elloul 5705,
A l'honorable 'Hassid, homme qui craint Dieu,
le Rav M.Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre et vos chèques ont été transmis, conformément à vos instructions. Vous avez sûrement déjà obtenu les divers reçus.
Je vous remercie pour vos souhaits de réussite dans notre oeuvre, la diffusion à l'extérieur des sources de la 'Hassidout 'Habad. Puisse Dieu faire que votre bénédiction se réalise, car, à n'en pas douter, elle émane du fond de votre coeur. Car, vous êtes un Cohen, prenant une part directe au service de Dieu et donc à la récompense qu'il permet d'obtenir. J'ai bien employé l'expression notre oeuvre, car celle-ci est, tout autant, la vôtre. Vous pouvez être certain qu'elle vous concerne et qu'elle est bien votre part.
De façon générale, lorsqu'un homme emprunte un chemin et adopte une activité, dans son existence, il ne peut être certain d'avoir fait le bon choix. Nos Sages constatent que certains éléments restent cachés aux hommes. Ainsi, ils ne peuvent déterminer avec certitude comment ils assureront leur subsistance.
Il n'en va pas de même pour ce qui ne dépend pas du choix de l'homme, mais lui est accordé d'en haut. Celui-ci peut alors être certain qu'une telle situation le concerne, qu'il doit, à travers elle, servir son Créateur, ce qui est bien sa finalité ici-bas, car, selon l'expression de nos Sages, J'ai été créé pour servir mon Créateur. Combien plus en est-il ainsi pour un caractère que l'homme reçoit depuis sa naissance, par exemple le fait d'être Israël, Lévi ou Cohen.
Il existe une différence entre ces trois catégories, bien que, selon une perspective plus globale, chacun appartient, d'une certaine manière, aux trois à la fois. Cette différence est indiquée dans la Loi Ecrite, précisée dans la Loi Orale et mentionnée, dans la Hala'ha, par le Rambam:
A) Le Rambam définit, en ces termes, la différence entre la tribu de Lévi et le reste du peuple d'Israël: La tribu de Lévi a été séparée pour le service de Dieu dans le Temple, pour transmettre Son juste enseignement et Ses jugements avisés au plus grand nombre.
Mais, chacun est à la fois Cohen, Lévi et Israël. Le Rambam conclut donc: Cela ne concerne pas uniquement la tribu de Lévi, mais quiconque désire s'engager dans le service de Dieu, ce qui inclut également les Cohanim.
B) Le Cohen dépasse le Lévi par le fait que il a été séparé du reste de la tribu de Lévi pour offrir les sacrifices, ainsi qu'il est dit: «Ils enseigneront Tes Jugements», ce qui est dit de toute la tribu, y compris des Cohanim, «et effectueront Ton service», ce qui s'adresse spécifiquement aux Cohanim.
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