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Iguerot Kodesh — lettres 1760 à 1779

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1760

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1760, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 24 Tamouz, dans laquelle vous me faites part de la naissance de votre fille, en un bon moment. Puisse Dieu faire que vous l’éduquiez, avec votre épouse, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, dans la tranquillité de l’esprit et du corps.

Le Rabbi Rachab établit(1) que, selon notre coutume, on emploie l’expression à la Torah(2), au dais nuptial et aux bonnes actions également pour la naissance d’une fille. Cet usage est basé sur le traité Bera’hot 17a, qui dit : En quoi consiste le mérite des femmes? A conduire...(3) à guider...(4) à attendre...(5).

Vous m’exposez, dans votre lettre, les raisons pour lesquelles vous n’êtes pas en contact avec les ‘Hassidim. Même si celles-ci sont vérifiées, elles importent uniquement pour la récompense ou la punition(6). En revanche, ce qui découle du fait de s’attacher à des amis, de se trouver parmi les ‘Hassidim, ne peut pas être obtenu par des justifications. Chaque jour qui passe et, a fortiori, chaque semaine, chaque mois, chaque année, chaque septennat sont des pertes que l’on ne retrouvera plus. Ces jours sont imparfaits et ils ont perdu leur intégrité.

Il est sans doute inutile d’en dire plus car, de deux choses l’une, ou bien ces propos auront de l’effet et ces quelques lignes seront suffisantes, ou bien ils resteront sans suite et, dès lors, à quoi bon écrire une page de plus ?

Tout dépend, en définitive, de votre détermination, puisque vous en possédez la capacité. Que Dieu fasse que vous l’utilisiez au plus vite. Très prochainement, vous ressentirez le manque qui vous est causé de cette façon. Selon un dicton établi, en effet, si l’on ressent qu’une situation n’est pas ce qu’elle devrait être et qu’il faut la corriger, c’est là, d’ores et déjà, le début de sa réparation.

Avec ma bénédiction pour que vous me donniez de bonnes nouvelles dans tous ces domaines,

Notes

(1) Voir les lettres du Rabbi Rachab, tome 1, lettre n°87. (2) Bien que les femmes ne soient pas astreintes à l’étude de la Torah. (3) Leurs fils à la synagogue. (4) Leur mari vers la maison d’étude. (5) Leur mari, au retour de la maison d’étude. De la sorte, elles prennent une part de l’étude des fils et du mari. (6) Voir la lettre précédente.

Lettre n°1761

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1761, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je ne peux souffrir les disputes, quelles qu’elles soient. Bien évidemment, on ne peut faire de compromis dans les domaines essentiels qui concernent l’éducation. En revanche, dans les questions financières, il faut repousser la controverse, qui peut conduire vers la situation peu enviable dans laquelle on s’emploie à vaincre l’autre.

La ‘Hassidout explique que celui qui veut obtenir la victoire est prêt à tout. Et, il n’en est pas ainsi uniquement dans le domaine de la sainteté. Bien au contraire, celui qui, sous l’emprise des forces du mal, désire être victorieux, ne peut plus être arrêté.

Il est donc particulièrement nécessaire d’employer tous les moyens possibles pour obtenir ce dont vous avez besoin pour travailler sans s’introduire dans les disputes, sans vexer l’autre et surtout sans faire don de vous-même pour obtenir, coûte que coûte, la victoire.

J’attends de vous de bonnes nouvelles dans tous ces domaines,

Lettre n°1762

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1762, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Efraïm Eliézer Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre du Roch ‘Hodech Mena’hem Av, dans laquelle vos évoquez l’anniversaire du décès, le 10 du mois de Mena’hem(2). Vous envisagez que telle puisse être la différence entre Chaoul et David. En effet, Chaoul n’était pas lié à toutes les catégories d’hommes vivant à son époque.

Nos Sages expliquent, au traité Yoma 22b: Pourquoi la royauté de Chaoul ne s’est elle pas perpétuée? Parce qu’elle était irréprochable(3). En effet, on ne peut nommer un responsable communautaire que dans la mesure ou un coffret de reptiles(4) est accroché derrière lui(5). Certes, celui-ci se trouve uniquement derrière lui(6). Il n’en est pas moins présent chez chacun.

Il ne s’agit pas là uniquement d’un principe général. Il en est concrètement ainsi chez chacun et vous connaissez, à ce propos, le récit de l’Admour Haémtsahi(7) selon lequel on peut répondre à une question posée par celui qui cherche à s’amender, lorsqu’on lui accorde une entrevue, uniquement dans la mesure où l’on trouve en soi-même, sous sa forme la plus fine, la faute qu’il se reproche.

La logique première peut accepter tout cela, en fonction du commentaire que donnent nos Sages du verset (Chemot 23, 21) : Ne te révolte pas contre lui(8), car il ne pardonnerait pas votre rébellion. En effet, il appartient à ceux qui ne commettent pas de faute.

Vous consulterez également ce que dit de Chaoul et de David le Séfer Halikoutim, du Ari Zal, première partie, chapitre 19.

Vous trouverez ci-joint l’additif à la note sur E’ha, éditée récemment. Sans doute vous parviendra-t-il avant l’anniversaire du décès à laquelle vous faites allusion.

Avec ma bénédiction pour que ces jours se transforment, très prochainement, en joie et en allégresse,

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, Rav de Chicago. Voir, à son propos, la lettre n°1529. (2) Av. (3) Sa famille l’était, alors que David descendait de Ruth la Moabite. (4) Des problèmes familiaux. (5) De sorte que, s’il est orgueilleux de sa royauté, on puisse lui dire : Retourne toi et regarde ce qui se passe derrière toi. (6) Le Rabbi note, en bas de page : On consultera le second chapitre du Tanya selon lequel la vitalité est accordée aux impies, qui se révoltent contre la Parole de Dieu, ‘par derrière eux’. (7) Voir les lettres du précédent Rabbi, tome 3, lettre n°778. (8) Contre l’ange délégué par Dieu.

Lettre n°1763

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1763, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je vous ai déjà écrit pour répondre à vos questions et je me permets maintenant de vous souligner un point, d’ordre général. Le verset(1) dit que des jours ont été créés et pas un d’entre eux n’apparaissait. Différents textes de ‘Hassidout expliquent, à ce sujet, que chaque homme reçoit un certain nombre de jours, afin qu’il mène à bien la mission qui lui est confiée, ici-bas(2). Et, il n’y a pas un jour de trop, pas un instant qui ne soit superflu pour cet accomplissement. Chaque période, même très courte, qui est consacrée à un objet insignifiant, remet donc en cause l’intégrité de la mission.

Après avoir lu votre lettre, je me dis qu’il est dommage de vous voir perdre votre temps à vous interroger sur les autres personnes. Pourquoi agit-on ainsi et non d’une autre façon? Tout cela ne concerne que les autres. Et, ce qui est primordial, indispensable à chacun d’entre nous, à l’exception de ceux qui gèrent les problèmes publics, c’est de consacrer notre temps, notre énergie et nos forces pour mener à bien la mission qui nous est personnellement confiée.

Lorsque le mauvais penchant d’un homme verra que les questions qu’il se pose sur les autres ne l’empêchent pas d’accomplir sa propre mission, il cessera d’imposer l’obscurité et le voile, suscitant ces questions, dès lors que celles-ci ne lui rapportent rien.

Il en est de même pour les longues discussions que vous rapportez dans votre lettre, vous demandant si vous êtes capable d’influencer votre entourage ou non. Vous perdez votre temps, car, le sort de chacun a d’ores et déjà été décidé par les fondateurs de la Yechiva Loubavitch(3), qui la dirigent. Chaque élève de la Yechiva doit être une lumière qui éclaire, comme l’explique la note éditée pour la cinquième lumière du ‘Hanouka passé, que vous avez sûrement consultée.

Vous avez connaissance de la décision selon laquelle vous devez être une lumière et illuminer votre entourage. Vous devez immédiatement commencer à agir en ce sens. En dire plus ne sert à rien et peut donc même être préjudiciable.

Notes

(1) Tehilim 139, 16. (2) En donnant une seconde lecture de ce verset : Des jours ont été créés, et par l’intermédiaire de l’homme, Dieu s’introduit en eux. (3) Dont le destinataire de cette lettre est un élève.

Lettre n°1764

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1764, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11 Tamouz, par laquelle vous me décrivez brièvement ce qu’à été votre vie jusqu'à maintenant. Vous me dites que vous exercez actuellement des fonctions pédagogiques, puisque vous enseignez dans le Talmud Torah d’un village et tentez de rapprocher le cœur des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Vous me demandez si, pour différentes raisons, vous pouvez demeurer dans cet endroit.

D’après la situation que vous décrivez dans votre lettre, ce Talmud Torah regroupe une centaine d’enfants. Vous exercez sur eux une influence positive et vous leur insufflez la crainte de Dieu. Non seulement vous pouvez demeurer là, mais vous êtes même tenu de le faire. Quant aux arguments contraires que vous m’écrivez, il faut trouver un moyen de les supprimer. Dieu vous donnera sûrement le moyen d’y parvenir.

Vous me demandez comment acquérir une intense crainte de Dieu, l’amour de Dieu et de la Torah. A l’heure actuelle, le succès d’une telle entreprise est possible par l’étude de la ‘Hassidout, qui traite de la crainte et de l’amour de Dieu, de l’amour de la Torah et de son prochain, qui permet d’acquérir ces valeurs.

Chacun peut constater qu’il en est bien ainsi et ce qui est clairement établi ne doit nullement être prouvé. Vous trouverez sans doute, parmi vos connaissances, des personnes susceptibles de vous conseiller sur la manière d’aborder cette étude et de vous guider en fonction de vos capacités et de vos possibilités.

Que Dieu accomplisse pleinement les souhaits de votre cœur, afin que vous ayez une sincère crainte de Dieu et que vous ayez le mérite de rapprocher le cœur de ceux qui reçoivent votre influence et celle de vos élèves de notre Père, Qui se trouve dans les cieux.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°1765

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1765, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, au nom de la femme demandant que l’on prie pour son fils et que celui-ci reçoive une bénédiction, car il n’est pas en bonne santé. Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je mentionnerai son nom, afin qu’il obtienne une prompte guérison.

Il faut établir auprès de sa mère si sa naissance a été pure(1). Si ce n’est pas le cas, ce qu’à Dieu ne plaise, vous me le ferez immédiatement savoir. Vous lui demanderez également de vérifier que toutes les Mezouzot de la maison dans laquelle le jeune homme habite sont cachères. De plus, vous enroulerez une Mezouza dans trois étuis ou trois enveloppes, dont l’une sera étanche et le jeune homme la portera sur lui.

Bien évidemment, il l’ôtera s’il entre dans un lieu d’aisance ou une salle de bains. Il ne la portera pas non plus pendant le Chabbat et à Yom Kippour. Elle(2) fera également vérifier les Mezouzot de sa maison, pour qu’elles soient cachères. Par ailleurs, il aura un Talith Katan, qu’il portera sur lui

Je ne sais pas quel âge a ce jeune homme, mais, s’il est capable de prier, il le fera chaque jour. S’il ne connaît pas l’hébreu, il pourra le faire en anglais. Avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes, sa mère donnera un penny à la Tsédaka de Rabbi Meïr Baal Haness(3).

En plus de tout ce qui vient d’être dit, il faudra interroger un médecin spécialiste dans ce domaine, car, ces dernières années, on a découvert les moyens de traiter l’épilepsie, de la guérir complètement ou, tout au moins, de la soulager. Sans doute y a-t-il, à Johannesburg, des médecins qui en ont connaissance. J’espère recevoir de bonnes nouvelles sur tous ces points.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Si ses parents respectaient la pureté familiale, lors de sa conception. (2) La mère de l’enfant. (3) Le Collel ‘Habad, à Jérusalem.

Lettre n°1766

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1766, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de l’association des ‘Hassidim ‘Habad

en Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres du 24 Sivan, du 8 Tamouz, les deux du 16 Tamouz et le compte rendu des réunions du 10 et du 13 Tamouz. Je suis surpris de ne pas avoir le compte rendu des autres réunions qui avaient été planifiées. En effet, ces réunions doivent être hebdomadaires, mais peut-être n’ont-elles plus lieu du fait de l’été.

De façon générale, l’action de ‘Habad en Terre Sainte se trouve actuellement à la croisée des chemins. Elle peut se poursuivre, dans les prochaines années, en reproduisant ce qu’elle a été jusqu'à maintenant, c’est-à-dire sans programme établi, en se disant que si l’on réussit, c’est tant mieux, si tout va bien, c’est parfait et, si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave et c’est peut-être même préférable.

Elle peut aussi être assise sur des bases solides, avec le développement et l’essor qui conviennent, de manière interne comme par rapport à l’extérieur.

Bien évidemment, même si l’on choisit la première éventualité, cela n’exclut pas que l’on opte ultérieurement pour la seconde. De plus, vous ne porterez, en l’occurrence, aucune responsabilité et vous pourrez dire : Il n’a rien promis, ne s’est engagé à rien. Pour chaque action qu’il entreprend, même la plus limitée, il faut donc lui exprimer de la reconnaissance, dans ce monde et dans le monde futur.

A l’opposé, en faisant le choix de la seconde possibilité, vous prenez une énorme responsabilité, de manière interne comme par rapport à l’extérieur et vous excluez l’éventualité de revenir ensuite à la première possibilité. Par ailleurs, il est clair que vous ne pouvez pas déterminer à l’avance si, à terme, vous disposerez des mêmes moyens et des mêmes opportunités qu’à l’heure actuelle, de développer l’action de ‘Habad en Terre Sainte. En effet, ces moyens et ces opportunités sont maintenant plus larges que ce qu’ils étaient l’an dernier.

C’est pour cela que j’ai demandé au R. M. G.(1) que vous organisiez une réunion, sans mener campagne pour celle-ci, mais uniquement dans le but de faire connaître ma conception de l’action de ‘Habad en Terre Sainte. Vous demanderez à chacun de me communiquer son avis. Si quelqu’un choisit la première solution, il me le dira. Et, il me faudra compter ceux qui ne me donneront aucune information et ne me répondront pas parmi les partisans de cette première solution ou bien parmi ceux qui ne souhaitent pas prendre part à l’action de ‘Habad en Terre Sainte.

Quant à ceux qui sont réellement liés à l’action de mon beau-père, le Rabbi, ils désireront ce développement et seront prêts à lui consacrer une partie de ce qu’ils possèdent, financièrement, physiquement et même moralement. Ils me le feront savoir également et je verrai alors s’il m’est possible d’envisager l’intensification du programme d’action, en Terre Sainte ou si nous n’en sommes pas encore là.

Je souligne encore une fois que chacun devra répondre personnellement, pour ce qui le concerne et dans une enveloppe indépendante, afin d’avoir la certitude que sa réponse est libre, qu’il n’y a pas de vexation ou de honte. En effet, cette décision est particulièrement importante. Comme je l’ai dit, elle nécessite un investissement non seulement financier et physique, mais aussi moral.

Grâce à ces réponses(2), personne ne pourra soulever d’objection par la suite, y compris à l’encontre de sa propre personne, comme cela a été le cas pour d’autres actions, auxquelles on s’est engagé publiquement. On a donc objecté par la suite, pour soi-même ou devant Dieu ou encore devant un ami : Que pouvais-je faire? Il m’était impossible de ne pas signer, mais je ne suis pas à même de tenir un tel engagement!.

Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous ait le mérite de mener à bien la mission qui lui est confiée, avec joie, dans la largesse, avec la tranquillité de l’esprit et du corps.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Moché Gourary, de Tel Aviv. (2) Personnalisées, de la part de chacun.

Lettre n°1767

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1767, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Aux dirigeants de Kfar ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu vos lettres des 3, 4, 6 et 24 Tamouz, de la veille du Chabbat Pin’has et du 5 Mena’hem Av, avec ce qui y était joint.

B) Je constate avec beaucoup de peine que l’on se refuse à écouter et que le désordre règne donc au Kfar. Je ne sais pas exactement quelle est la solution. De fait, il semble qu’il n’y ait rien d’autre à faire qu’à prendre conscience de ce qui se passe. Or, il est expliqué, par ailleurs, qu’une prise de conscience est, en fait, une compréhension profonde. Il faut, en l’occurrence, se pénétrer de l’idée que le Kfar porte le nom de ‘Habad.

Lorsqu’il a été fondé, le Kfar a reçu la bénédiction de mon beau-père, le Rabbi et vous savez ce qu’il a dit, à ce sujet, alors qu’il vivait encore dans ce monde. Il a précisé qu’il en prenait personnellement la direction. Vous devez donc considérer tout ce qui concerne le Kfar comme directement lié au désir, à la volonté et au nom de mon beau-père, le Rabbi et non comme une affaire personnelle.

Ce qui vient d’être dit a deux conséquences. Du côté droit(1), tout ceci le concerne et il est le chef de la génération, lui accordant toutes les bénédictions et toutes les révélations dont elle a besoin, non seulement de manière spirituelle, mais aussi dans le domaine matériel. Car, tel est le rôle du chef de la génération, qui lui révèle toutes les bénédictions, sans aucune exception. C’est la raison pour laquelle, dans la génération du désert(2), la distribution de viande devait également se faire par l’intermédiaire de Moché, qui dit pourtant : D’où ai-je de la viande(3)? et la ‘Hassidout explique le sens de cette expression.

Si l’on adopte les canaux qui conviennent à son désir et sa volonté, on obtient ses bénédictions efficaces, c’est-à-dire surnaturelles et l’on en fait usage de manière saine et joyeuse.

Du second côté(4), si l’on adopte un mauvais comportement, on renforce le domaine du mal, non seulement dans ses quatre coudées personnelles, mais aussi dans celles du chef de la génération. Tout cela concerne donc la communauté, de manière encore plus affirmée que par le fait de la responsabilité collective d’Israël.

Il est sans doute inutile d’en dire plus, tant cela est évident, surtout pour ceux qui ont étudié la ‘Hassidout et qui ont le sens de l’attachement(5).

C) Il y a quelques temps, je vous ai déjà écrit pour vous souligner l’immense importance de mener une campagne afin d’augmenter le nombre des habitants du Kfar. Même si vous êtes, pour l’heure, à l’étroit, vous m’avez écrit, dernièrement, pour m’annoncer que vous ajoutiez des maisons. Il faut donc commencer au plus vite cette campagne.

D) Lorsque monsieur Chazar m’a rendu visite, il m’a présenté comme une évidence qu’un accord avait déjà été donné pour que vous restiez dans l’endroit où vous êtes localisés maintenant(6) et que vous seriez aidés, de toutes les manières possibles. Je ne comprends donc pas pourquoi vous formulez cette question, dans votre lettre, comme si le doute subsistait encore.

E) J’ai écrit, il y a quelques temps, à l’association des ‘Hassidim ‘Habad(7) pour souligner la grande importance, 1. de l’école professionnelle, 2. de l’Alya agricole des jeunes.

L’école professionnelle dépend essentiellement de la Yechiva de Lod mais, pour différentes raisons, elle se trouvera au Kfar et, d’une certaine façon, vous êtes donc également concernés. Bien plus, il y a bon espoir que vous en tiriez un moyen de subsistance, au même titre que de la maison agricole, pour plusieurs familles.

Je suis donc surpris et me demande pour quelle raison les négociations, à ce propos, sont menées avec tant de nonchalance. Puisse Dieu faire que vous n’interveniez pas trop tard et que vous fassiez plein usage de l’opportunité qui s’offre à vous.

F) Je vous ai écrit à propos de la subvention que vous avez reçue pour la septième année(8). Ma surprise ne portait pas sur cette subvention proprement dite, dont le montant est, du reste, particulièrement modeste, mais plutôt sur le fait que j’avais obtenu cette information de manière indirecte et fortuitement, c’est-à-dire par un effet de la divine Providence.

Or, je vous ai maintes fois souligné que, pour le bon fonctionnement, il faut que les informations soient transmises ici le plus rapidement possible. Très souvent, il en résulte, ici même, une conséquence directe. Je ne demande pas que l’on me marque de l’honneur, ce qu’à Dieu ne plaise. Je suis simplement étonné que tout cela n’ait pas encore été mis en ordre.

G) Je suis peiné que le Kfar et, de façon générale, nos institutions en Terre Sainte se comportent tous comme des entités indépendantes. Chaque directeur d’une institution considère toutes les autres comme des concurrentes et des opposantes. Certes, il doit, avant tout, s’intéresser à sa propre institution et c’est là sa mission essentielle. Pour autant, il doit savoir également que le développement d’une institution ‘Habad, en Terre Sainte, quelle qu’elle soit, participera presque à coup sûr à l’essor de la sienne.

Bien plus, parfois il faut savoir renoncer à son propre bien au profit d’une autre institution et la perte qui en résultera ne sera que passagère. Il est certain qu’avec le temps, celui qui l’a subi y trouvera son propre bien.

Je ne fais pas allusion ici à ce qui transcende la logique. La rationalité des hommes établit qu’il doit en être ainsi. Du reste, les non-Juifs procèdent de la même manière. Il est possible et parfois même probable que l’institution de laquelle on attend un effort puisse être suspectée d’un manque d’objectivité. En tout état de cause, il doit être possible, à chaque fois, de découvrir des ‘Hassidim neutres dans ce domaine et de leur soumettre la question qui est posée par les deux partis.

Ainsi, comme le dit l’Admour Haémtsahi, lorsque l’on se confie à quelqu’un d’autre, on ligue deux âmes divines(9) contre une seule âme animale(10). J’ai bon espoir qu’au moins à l’avenir, on réparera tout cela, dans le Kfar comme dans les autres institutions.

La raison pour laquelle je souligne tout cela est la suivante :

H) Il y a quelques temps, je vous ai écrit, en constatant que l’école de filles du Kfar ne se développait pas. Je comprends l’indifférence des ‘Hassidim envers cette question, car ils n’ont pas été habitué à accorder de l’importance à l’éducation des filles, lorsque celles-ci sont déjà formées.

Mais, nous devons nous en tenir à l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi qui, déjà à Riga(11), apportait la plus grande importance à l’éducation des filles. Dès 5700(12), il y a accordé une attention accrue, y a investi son ardeur et ses forces cachées, bien au delà de ce que l’on sait.

Il y a là un enseignement pour nous, relatif aux besoins du moment, surtout en Terre Sainte, ces tous derniers temps. L’éducation des filles est, dernièrement, devenue primordiale. Chacun d’entre nous doit donc modifier ou, tout au moins, orienter son habitude, dans ce domaine, puis décider pour lui-même ce qu’il doit faire, qu’il comprenne tout cela ou non.

En effet, mon beau-père, le Rabbi a demandé qu’il en soit ainsi. La logique établit donc la nécessité de tout cela et l’action concrète est primordiale. J’apprends que le plus grand obstacle au développement d’une école de filles, dans le Kfar, est le manque d’un endroit convenable. Je propose donc et je demande encore et encore que l’on choisisse l’endroit qui convient le mieux pour cette école, afin que celui-ci soit connu avant la rentrée des classes. Il serait bon également d’avoir un jardin d’enfants plus grand, pour les garçons et pour les filles.

Avec ma bénédiction de réussite matérielle et spirituelle, pour chacun d’entre vous,

Notes

(1) Celui de la bonté. (2) Celle qui quitta l’Egypte. (3) Pour tout ce peuple. (4) Celui de gauche, de la sévérité. (5) Au Rabbi. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°1566. (7) Voir, à ce propos, les lettres n°1536 et 1649. (8) Le Chabbat de la terre, en l’occurrence 5712, année au cours de laquelle les travaux agricoles étaient interdits. (9) Celle de l’homme qui se confie et de celui à qui il se confie. (10) Celle de l’homme qui se confie uniquement. (11) Voir les lettres du précédent Rabbi, tome 3, lettre n°818 et introduction du tome 4, page 10 à 13. (12) 1940.

Lettre n°1768

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1768, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir vos lettres écrites à l’issue du Chabbat Matot Masseï. Je vous confirme que les deux premiers volumes de l’encyclopédie talmudique, qui m’ont été adressés, ces jours-ci, par les éditions Sifreï Israël, à la demande de monsieur Bar Lev, viennent effectivement de me parvenir. Je vous en remercie beaucoup.

Je n’ai même pas eu le temps de les feuilleter, mais je formulerai, néanmoins, deux remarques, d’ordre général, pour lesquels vous voudrez bien m’excuser, d’autant que je ne suis pas sûr que leur contenu dépende de vous:

A) Une encyclopédie, en général et celle du Talmud, en particulier doit être un livre usuel. Car, lorsqu’elle porte sur le Talmud, elle est couramment utilisée par les élèves des Yechivot, qui se consacrent à l’étude et n’ont pas pour préoccupation première de soigner les livres qu’ils utilisent. Il est donc important que l’encyclopédie soit imprimée sur du papier très solide, ce qui n’est pas le cas de la présente édition.

B) Si vous ajoutiez à l’encyclopédie des illustrations, des tables et des cartes, elle gagnerait en clarté, dans différents domaines. De plus, on épargnerait ainsi la douleur, à laquelle on fait allusion dans Le’ha Dodi(2), en constatant que les livres édités par les forces négatives sont construits sur leur localisation originelle(3), alors que les livres sacrés...(4).

Le dixième tome du Sdeï ‘Hémed n’est pas encore paru, car je manque de temps pour vérifier, même rapidement, comment l’index a été rédigé. En plus des approbations et des fascicules déjà édités dans les parutions précédentes, a été ajouté, à ce dixième tome, un index général, par ordre alphabétique, qui reprendra à la fois les articles dont traitent les chapitres généraux et ceux qui figurent dans le

recueil de lois, car je ne sais pas si l’auteur lui-même avait un critère de classement, auquel il s’est tenu. On y trouvera, en outre, un index des auteurs et un autre des livres. Bien évidemment, on vous adressera ce livre dès sa parution.

Vous avez sûrement reçu ma lettre, avec la copie de ce que j’ai écrit à monsieur Chazar. J’attends une réponse détaillée, le concernant.

J’ai appris avec plaisir que vous avez participé à la réunion ‘hassidique des 12 et 13 Tamouz. Sans doute le ferez-vous également à l’avenir. Que Dieu vous accorde la réussite, afin de conduire vers la Torah et la crainte de Dieu ceux qui vous écoutent et vos lecteurs.

Je vous ai interrogé sur les documents pour le prêt d’état(5). Je faisais, bien sûr, allusion aux documents qui se trouvent aux Etats Unis.

Pour ce qui est des inscriptions(6), il semble, d’après les informations que j’ai obtenues par les ‘Hassidim, qu’un certain nombre et peut-être même la majorité des formulaires a été déchiré ou annulé(7), sous différents prétextes. Et, l’on sait que Amatla, prétexte, peut se décomposer en Emet Lo, ce qui n’est pas la vérité. Cela ne correspond absolument pas à ce que m’avait promis monsieur Chazar, lorsqu’il était ici.

Je vous joins un recueil d’additifs aux notes sur la Meguilat E’ha, qui est paru ces derniers jours.

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite dans les domaines communautaires et personnels, de même que pour une bonne santé,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir, à son propos, la lettre n°1565. (2) Dans la prière du vendredi soir, la cité sera reconstruite sur sa localisation originelle. (3) D’une esthétique originelle. (4) N’ont pas cette apparence soignée. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°1566. (6) Des enfants, à l’occasion de la rentrée scolaire du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. (7) Par les autorités, afin d’empêcher la fréquentation des écoles Loubavitch par ces enfants.

Lettre n°1769

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1769, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A mon avis, l’idée de vous installer en Erets Israël est bonne, mais ne vous empressez pas de le faire et il est exclu que cela se fasse en cette année 5712, celle de la Chemitta(1).

Il faut, avant tout, trouver un moyen de gagner votre vie en Terre Sainte, où, à ma connaissance, l’on ne peut avoir de subvention du Joint ou d’une autre organisation, à la différence de ce qui se passe en France(2).

De plus, votre présence en l’endroit où vous êtes peut être d’une grande utilité. En France, vous occupez une fonction au sein de la Yechiva Loubavitch. Je ne sais pas si le poste équivalent sera vacant, en Terre Sainte. Vous savez sans doute que de nombreux responsables communautaires se trouvant là-bas n’en font pas leur métier. Et, ceux qui sont en poste actuellement doivent faire face à des querelles, des manœuvres politiques, beaucoup plus qu’à l’extérieur d’Erets Israël(3).

La ‘Hassidout explique, de fait, que la controverse est plus fréquente, en Erets Israël, mais cette explication ne la rend pas plus facile à supporter, bien au contraire. Vous devez prendre en compte également ce changement(4). Que Dieu vous inspire le discernement qui vous permettra de prendre la bonne décision, pour vous et votre épouse, matériellement et spirituellement à la fois.

Vous me demandez si vous pouvez faire une interruption dans votre prière en y intercalant des mots en Yiddish(5). En fait, que ces mots soient en Hébreu ou en Yiddish ne change rien. Le problème vient de l’interruption et non de la langue. Je n’ai pas reçu d’instruction précise, à ce sujet et l’on connaît les récits de ‘Hassidim des premières générations, qui ajoutaient des mots à leur prière. Néanmoins, je n’approuve pas une telle pratique.

L’explication est la suivante. Si cet ajout est utile à la ferveur de la prière et à ce qu’elle doit accomplir, peut-être est-il possible de permettre une telle manière de procéder. Mais, il est difficile de discerner et d’établir clairement s’il n’y a là qu’une expression de l’âme animale, qui peut aussi trouver son compte dans le développement et le renforcement de la prière, comme l’explique la ‘Hassidout, qui définit les Philistins du domaine de la sainteté et ceux des forces du mal. Cette notion est définie par le Torah Or, le Torat ‘Haïm, au début de la Parchat Bechala’h, le Kountrass Hatefila, le Kountrass Ha Avoda, à sa conclusion, qui traite de la méditation.

Certes, ces mots peuvent aussi être l’expression de l’âme divine, mais la question subsiste et, dès lors, pourquoi être victime du doute?

La permission(6), d’après la partie révélée de la Torah figure dans les responsa Imreï Yocher, du Rav de Tarna, tome 2, chapitre 109, qui n’autorise cependant pas que l’on agisse d’emblée ainsi et dans le Nimoukeï Ora’h ‘Haïm, du même auteur que le Min’hat Eléazar, au chapitre 101, qui, pour sa part, dit que l’on peut d’emblée adopter cette pratique.

Je vous joins un recueil d’additifs aux notes sur la Meguilat E’ha, édité la semaine dernière. Que Dieu accorde à chacun d’entre nous d’être le réceptacle qui convient pour l’enseignement de nos saints maîtres et de mettre en pratique sa finalité, car grande est l’étude, qui conduit à l’action concrète.

Avec ma bénédiction pour de longs jours et de bonnes années, avec toutes les significations que cette expression peut recouvrir, pour vous et votre épouse,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Chabbat de la terre, pendant lequel il est interdit de travailler la terre. Il est alors plus difficile d’assurer sa subsistance. (2) Où résidait alors le destinataire de cette lettre. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°1382 et 1462. (4) Par rapport à la situation actuelle. (5) Voir, à ce propos, le Séfer Hamaamarim 5701, page 54. (6) D’insérer des mots dans la prière.

Lettre n°1770

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1770, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Ben Tsion(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu connaissance avec plaisir de l’hospitalité dont vous avez fait preuve envers les jeunes gens, Rav Israël Gordon et Rav Moché Levertov(2). Vous leur êtes venu en aide dans leur mission, comme ils me l’écrivent.

De façon générale, tous les Juifs ont foi en ce que dit le verset : Dieu prépare les pas de l’homme. Si l’on se dit que Dieu est l’Essence du bien et qu’Il désire prodiguer Ses bienfaits, on comprend, lorsqu’Il conduit un Juif dans une ville isolée, dans un environnement étranger, auquel il n’est pas habitué, que celui-ci doit y fournir un effort accru, spirituellement, matériellement ou bien dans ces deux domaines à la fois.

En pareil cas, un Juif doit avoir la conviction absolue que Dieu ne l’a pas envoyé là pour l’importuner. Bien au contraire, il lui faut assumer une mission, en cet endroit. Mais, le corps et l’âme animale doivent également en accepter les termes. La mission reçoit donc également une formulation matérielle, par exemple la nécessité de gagner sa vie.

Bien souvent, il n’est pas facile de découvrir ce qui fait l’objet de cette mission. Mais, l’on y parvient, en général, pour peu que l’on y accorde la réflexion nécessaire, à condition que le mauvais penchant n’ait pas son mot à dire. Combien plus en est-il ainsi, pour ce qui vous concerne.

J’ai cru comprendre qu’il y avait, dans votre ville, très peu de Juifs orthodoxes, craignant Dieu, en général et de ‘Hassidim, en particulier. Les termes de la mission qui vous est confiée sont donc très clairs. Vous devez faire revivre, dans votre ville et dans votre entourage, les valeurs juives, en général et l’esprit de la ‘Hassidout, en particulier. Or, les aspects essentiels de la ‘Hassidout sont l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour du prochain.

Vous ne devez pas vous dire qu’une telle mission aurait pu, plus avantageusement, être confiée à quelqu’un de riche, ayant de l’aplomb et dont les propos sont écoutés, mais non à quelqu’un qui a des difficultés à gagner sa vie. Un tel argument aurait pu être formulé uniquement si vous deviez agir par vos forces propres. En l’occurrence, cette mission vous est confiée par le Saint béni soit-Il, Qui est Tout Puissant. Dès lors, de nombreux obstacles, d’immenses difficultés disparaissent. La logique humaine permet d’établir qu’il en est bien ainsi.

Lorsque des Juifs s’aperçoivent que l’on s’adresse à eux sans intérêt personnel, sans manœuvre politique, ils écoutent ce qu’on leur dit avec attention. Un principe établit que les propos émanant du cœur pénètrent dans le cœur. Lorsque l’on assume une mission pour le compte d’une autre personne, on reçoit un salaire, une rétribution de sa part. Combien plus est-ce le cas lorsque l’on est délégué par Dieu Lui-même. Lorsqu’Il s’aperçoit que l’on accepte Sa mission de plein gré et joyeusement. Il accorde une aide considérable, afin que l’on puisse la mener à bien.

Un autre point doit être précisé également. Vous êtes parvenu en cet endroit essentiellement pour vous acquitter de cette mission. Si vous l’assumez pleinement, Dieu trouvera le moyen, de façon positive, de vous conduire dans un environnement qui vous convient, où vous gagnerez largement votre vie.

Dieu vous viendra en aide, afin de mener à bien la mission qui vous est confiée, facilement et au plus vite. Ainsi, vous obtiendrez, le plus rapidement possible, la satisfaction de tous vos besoins.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav B.T. Brook. (2) Elèves de la Yechiva Loubavitch, à New York, délégués par le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, pour visiter les communautés, pendant les mois d’été.

Lettre n°1771

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1771, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat et j’y ai lu, avec beaucoup de peine, ce que vous m’écrivez à propos de votre fille.

A mon avis, vous devriez rechercher des personnes connaissant votre fille, qui pourraient, au plus vite, la convaincre de cesser de rencontrer ce non-Juif. Mais, ce n’est là qu’une partie de la solution. Vous devez prendre immédiatement contact avec un bureau organisant des mariages, lui faire part des qualités de votre fille, afin qu’il trouve un parti qui lui convienne et, bien évidemment, qui lui plaise, sans qu’elle ne subisse de contrainte.

Bien sûr, votre fille ne devra pas savoir que vous avez fait appel à ce bureau, dont le représentant ne lui parlera pas de vous. Vous ne devez pas être effrayé à l’idée d’arranger un mariage par l’intermédiaire d’un tel bureau. Sachez que de nombreux jeunes en font de même, mais ils n’en font pas état et racontent à leurs parents qu’il s’agit d’une rencontre fortuite.

D’après ce que vous écrivez dans votre lettre, il n’est sans doute pas bon que vous ayez une vive discussion, à ce sujet, avec votre fille. En effet, vous entretenez des relations tendues et la cassure entre vous pourrait s’en trouver accrue. Pour autant, elle ne doit pas avoir l’impression que vous ne voyez aucune gravité dans tout ce qui se passe. Il faut qu’elle sache quelle est votre position, mais sans qu’il n’en résulte une dispute.

Vous devez vérifier les Mezouzot de votre maison, en général et de la chambre de votre fille, en particulier. Avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes, votre épouse donnera de la Tsédaka pour le fonds de Rabbi Meïr Baal Haness(1). Vous-même augmenterez le nombre de Tehilim que vous lisez chaque jour. Vous en direz deux de plus, jusqu'à ce que Dieu vous permette de trouver un parti convenable pour votre fille, en un moment bon et fructueux. Bien évidemment, vous adopterez toutes ces pratiques sans en faire le vœu.

J’espère que vous pourrez m’annoncer une bonne nouvelle, à ce propos. Vous m’écrirez également le nom juif de votre fille(2) et celui de votre épouse, sa mère, afin que j’en fasse mention près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Vous me préciserez également le nom juif de votre fils.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Collel ‘Habad, à Jérusalem. (2) Vraisemblablement, seul son nom dans la langue courante avait été transmis au Rabbi.

Lettre n°1772

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1772, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous ne devez pas avoir peur(1) et, bien au contraire, soyez sûr que Dieu vous permettra d’avoir des enfants. Afin d’emprunter les voies de la nature, vous consulterez, à mon avis, le professeur Zandek, qui est spécialisé en gynécologie. Vous lui ferez part de tout ce qui s’est passé jusqu'à maintenant et vous vous conformerez à ses prescriptions.

Il sera l’émissaire de Dieu(2), qui saura déterminer les prescriptions les plus appropriés. Et, très prochainement, vous pourrez m’annoncer une bonne nouvelle. Vous me direz que Dieu a exaucé positivement les souhaits de votre cœur.

Vous vérifierez également si, par l’union avec votre épouse, vous n’avez pas offensé une Juive(3) ou un Juif(4). Si c’était le cas, il faudra lui présenter des excuses. De même, vous ferez vérifier les Mezouzot de votre maison, pour qu’elles soient toutes cachères. Votre épouse donnera quelques pièces à la Tsédaka, avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes.

Vous-même, vous renforcerez le respect des trois études qui s’adressent à chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, celles du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, qui sont bien connues. Bien évidemment, vous adopterez tout cela sans en faire le vœu.

Avec ma bénédiction pour que vous ayez des enfants et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) De ne jamais avoir d’enfant. (2) Pour permettre la naissance d’un enfant. (3) Que cet homme se serait engagé à épouser. (4) Que la femme se serait engagée à épouser.

Lettre n°1773

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1773, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai obtenu de vos nouvelles et j’ai été peiné d’apprendre que vous étiez encore victime du découragement. Et, d’après ce que je comprends, ce même état d’esprit règne également dans votre maison. Je ne souhaite pas aborder longuement ce sujet, analyser vos arguments pour déterminer s’ils sont vrais ou non.

Bien évidemment, aucune réflexion approfondie n’est nécessaire pour établir la cause de ce découragement, après l’accident qui est, malheureusement, survenu. Néanmoins, les Juifs sont des croyants, fils de croyants et combien plus est-ce le cas des ‘Hassidim. Ils doivent donc se lier, de la manière la plus évidente et la plus affirmée, à l’Eternel notre Dieu, ainsi qu’il est dit : Vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui.

Une vie digne de ce nom ne consiste pas à observer les jours s’écouler, l’un après l’autre. Elle doit aussi exclure le manque, en tous vos besoins physiques, comme pour ce qui vous est spirituellement nécessaire, de même qu’aux membres de votre famille. Peut-être Dieu n’accorde-t-Il malheureusement pas qu’il en soit ainsi. Le saint Zohar, tome 2, page 184b, dit, à ce propos : Celui qui conserve un visage lumineux ici-bas percevra le Visage lumineux de Dieu. C’est à ce propos qu’il est dit : ‘Servez Dieu dans la joie’. La joie de l’homme attire sur lui celle de Dieu. Car, c’est de la manière que le monde inférieur est couronné qu’il reçoit la révélation céleste.

En quelques mots, il faut renforcer sa confiance en Dieu, être certain qu’Il accordera ce qui permet d’être joyeux, heureux et satisfait. Cette détermination doit être suffisamment grande pour transformer l’existence quotidienne. Si tel est le cas, on obtient de Sa part la satisfaction de ses besoins et l’on peut alors vérifier, de ses yeux de chair, que l’on a fait le bon choix.

Puisse Dieu faire que vous-même, votre épouse et les membres de votre famille constatiez très prochainement qu’il en est effectivement ainsi.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°1774

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1774, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Douber(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 4 Tamouz, puis la liasse de manuscrits. Je vous remercie beaucoup pour cet envoi. Sans doute me ferez-vous parvenir également les autres manuscrits, de même que les lettres du Rabbi Rachab qui présentent un intérêt(2) et n’ont pas uniquement un caractère personnel, ne se limitent pas, par exemple, à la réponse donnée à une question individuelle.

B) L’un des manuscrits que vous m’avez envoyé est le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek. Une grande partie des discours ‘hassidiques isolés sont imprimés dans le Torat ‘Haïm. Une partie du second manuscrit reprend des discours ‘hassidiques figurant dans le Likouteï Torah.

Voici ce que j’ai pu constater avant d’avoir mené une étude approfondie. Lorsque le temps me le permettra, j’examinerai également les autres discours.

C) Vous me soumettez une question qui vous a été posée. Les cheveux d’un homme célibataire ont blanchi et, de ce fait, il a des difficultés à trouver un parti. Il demande donc qu’on l’autorise à se teindre les cheveux.

Il est dit que l’homme ne portera pas...(3) et un vêtement masculin...(4). Il en résulte différents points. La Torah donne la définition de ce qu’elle appelle un vêtement féminin ou masculin. Ainsi, une femme n’a pas le droit de faire la guerre. Les armes(5) sont donc, pour elles, un signe d’opprobre, comme l’établit le traité Chabbat 63a. C’est sur cette base que peut être compris aisément l’avis de Rabbi Eliézer Ben Yaakov, exprimé au traité Nazir 59a et celui du Targoum Yonathan, selon lesquels ce verset fait clairement référence aux armes. Du reste, nul ne conteste cette position.

Une femme ne se rend pas à la guerre, car l’honneur de la fille du roi la conduit à rester à l’intérieur. Il en est de même pour toutes les pratiques liées à la pudeur(6). Certains éléments sont naturellement des vêtements féminins, par exemple tout ce qui concerne la beauté. Enfin, il en est de même pour certains usages, relevant de la coutume.

Il est bien évident que ce qui appartient à cette dernière catégorie peut évoluer. Si la pratique change, l’interdiction découlant de ce verset est modifiée en conséquence. Il est tout aussi clair qu’il reste interdit, pour une femme, de porter les armes, même si la pratique a changé, comme ce fut le cas, par exemple pour celle qui résidait dans un royaume féminin(7), selon le récit qui figure à la fin du traité Tamid.

Pour ce qui est de la seconde catégorie, la position à adopter est tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre(8). Néanmoins, il est logique de considérer, dans la mesure où il ne s’agit pas d’une interdiction de la Torah, qu’il faut prendre en compte l’usage courant dans le pays concerné.

Il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Plusieurs femmes brunes se font actuellement une teinture blonde, du fait de la mode. Et l’usage s’est répandu, pour les hommes, même s’ils sont déjà mariés, de vouloir paraître plus jeunes qu’ils ne sont. Ils pratiquent donc également la teinture de leurs cheveux. Cette façon de faire appartient à la seconde catégorie et l’on peut donc considérer qu’une évolution est intervenue, en la matière. Certes, ceux qui agissent de la sorte ont une moralité contestable et il s’agit essentiellement de non Juifs. Pour autant, cet usage est bien devenu un vêtement masculin, alors que seule une manière féminine de s’embellir peut être proscrite, selon le traité Chabbat 50b(9).

Vous comprenez bien que tout ceci est une analyse hala’hique, qui ne concerne en aucune façon l’action concrète(10). C’est pour cela que mon exposé est bref et ne fait pas référence au Talmud et aux premiers Commentateurs. En effet, il n’est pas orienté vers la conclusion concrète et le temps ne me permet pas de le développer.

Dans la pratique, plusieurs, parmi les derniers Sages, traitent de cette question. Vous consulterez les responsa Choel Oumechiv, première édition, tome 1, chapitre 210 et les références qu’ils mentionnent, le Meoreï Or, abrégé du Choul’han Arou’h Yoré Déa, au chapitre 182, les responsa du Rav I.Achkénazi, Rav de Zoltchov, partie Yoré Déa, chapitre 19, les responsa Divreï ‘Haïm Yoré Déa, chapitre 62, les responsa du Maharam Shik Yoré Déa, chapitre 173, les responsa Min’hat Eliezer, tome 4, chapitre 23 et le Sdeï ‘Hémed, principes 30, principe 116, qui présente le contenu de plusieurs parmi ces références.

Avec ma bénédiction de bonne santé et en demandant à Dieu que le mariage de votre fils, dont la date sera fixée par les deux familles, intervienne en un moment bon et fructueux,

Notes

(1) Le Rav D.Eliézrov, de Jérusalem. Voir, à son propos, la lettre n°1644. (2) Pour le public. (3) Un vêtement de femme. (4) Ne sera pas porté par une femme. (5) Qui, de ce point de vue, sont bien un vêtement féminin. (6) Pour lesquelles on doit également distinguer les vêtements masculins et féminins. (7) En pareil cas, il faut bien que les femmes prennent elles-mêmes les armes. (8) Une modification de la pratique aboutira tantôt à une permission, tantôt à un maintien de l’interdiction. (9) Le Rabbi note, en bas de page : Remarque ultérieure : On trouvera une analyse de cette question dans les responsa Michpeteï Ouzyel, seconde édition, partie Yoré Déa. Il est, du reste, curieux que cet ouvrage ne cite pas le Sdeï ‘Hemed. (10) Elle n’a donc pour but que d’envisager les éléments de réponse à cette question, mais non de trancher de manière définitive.

Lettre n°1775

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1775, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Moché Aryé Leïb(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 13 Tamouz et je suis surpris que vous ne fassiez pas référence au caractère propice de cette date, jour de la libération de mon beau-père, le Rabbi, d’autant que ce fut également une délivrance collective, comme l’explique la lettre de mon beau-père, le Rabbi(2). Il semble que je n’ai pas répondu(3) assez clairement à vos remarques et à vos questions sur le Tanya. Je rappellerai donc, au moins brièvement, cette explication.

A) Il est dit que on le fait jurer d’être un Juste et même si le monde entier te dit que tu es un Juste, considère-toi comme un impie. Vous demandez quelle relation établir entre la satiété(4) et cette dernière expression. A ce propos, je vous donnais deux réponses :

1. Les termes du serment sont essentiellement les suivants : Sois un Juste et ne sois pas un impie. Tout le reste n’est qu’une entrée en matière pour le mettre en pratique. C’est en ce sens qu’il est dit ensuite : Et sache que le Saint béni soit-Il est pur, point sur lequel il est bien clair qu’un serment n’a pas de sens.

2. Si le serment porte également sur l’affirmation selon laquelle si le monde entier te dit que tu es un Juste, considère-toi comme un impie, c’est, le plus généralement, du fait de l’implication que cette affirmation peut avoir pour le service de Dieu. En effet, celui qui n’est pas encore parvenu à être un Juste ne doit pas se tromper lui-même, sur cette question.

Bien évidemment, l’explication rapportée au paragraphe 1 est la plus importante et ce qui vient d’être dit ne fait pas partie du serment. C’est uniquement un moyen de le mettre en pratique.

B) Vous demandez en quoi il serait dommageable qu’un Juste parfait ait conscience de son état. Du reste, on peut se demander pourquoi vous évoquez un Juste parfait, car on pourrait poser la même question à propos du Juste imparfait.

La réponse à cette question est la suivante. De fait, rien de mal n’en résulterait et il importe uniquement que celui qui n’est pas un Juste n’imagine pas en être un, comme je le soulignais dans ma précédente lettre et comme l’explique le Tanya, au chapitre 13.

C’est essentiellement ainsi que l’on doit interpréter la mise en garde qui est faite ici de ne pas tenir compte de ce que dit le monde entier.

C) Vous objectez que de nombreux Justes ont eux-mêmes porté témoignage de leur condition. Cela ne soulève aucune difficulté, comme je l’ai dit. Ils avaient conscience d’être des Justes, non pas parce que le monde entier le disait, mais du fait d’autres preuves dont ils disposaient pour connaître leur état.

En pareil cas, cette conscience ne peut pas causer de tort, bien au contraire, comme l’établissent différents textes de ‘Hassidout, soulignant que l’on doit avoir connaissance de ses propres qualités, tout comme on connaît ses défauts.

D) Vous répétez encore une fois que la différence entre la limite et l’infini est également qualitative. Vous le déduisez du fait que ces deux éléments n’ont aucune commune mesure. Les créatures ne peuvent donc pas avoir la perception de l’infini.

Vous vous basez sur l’affirmation figurant dans différents textes de ‘Hassidout, selon laquelle les chiffres un, des millions et des milliards sont tous identiques, par rapport à l’infini. Mais, vous pouvez vérifier empiriquement qu’il n’en est pas ainsi.

En effet, chaque homme possède la perception de ce monde matériel et grossier. Or, il existe une infinité de mondes spirituels, qui portent aussi le nom de mondes. Il y a donc bien un point commun entre eux. On peut aussi trouver une preuve de tout cela dans une affirmation de nos Sages, figurant au traité ‘Haguiga. Le chapitre 46 du Tanya traite également de la limite et de l’infini. Il dit que chaque armée(5) compte des millions(6). Il en résulte bien que l’infini est l’addition d’éléments finis.

Cela ne contredit pas l’affirmation de différents textes, selon laquelle l’infini ne peut pas être constitué par la limite. En effet, il n’en est ainsi que pour les êtres créés. A l’opposé, lorsque la force du Créateur se révèle et qu’elle peut agir, il devient possible qu’il en soit ainsi, précisément par le fait de Dieu.

Il y a bien là une preuve de l’intervention du Créateur auprès des créatures(7). Les termes de limite et d’infini ont donc une connotation quantitative. Selon la terminologie des philosophes, ils répondent à la question combien et non à la question comment.

J’ai bon espoir que tout cela est enfin clair pour vous et je conclus en vous adressant ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.A. L. Shapiro. Voir, à son propos, la lettre n°1587. (2) Qu’il écrivit pour le premier anniversaire de sa libération. Voir ses lettres, tome 2, lettre n°386. (3) Dans la lettre n°1587. (4) On le fait jurer d’être un Juste peut aussi être lu on le rassasie de forces pour être un Juste. (5) Céleste, constituée par les anges. (6) D’anges. (7) Le Rabbi note, en bas de page : Vous consulterez le Dére’h Emouna, tome 1, chapitre 3, qui, semble-t-il, revient quelque peu sur ce que dit le chapitre 2. Cette question ne sera pas traitée ici.

Lettre n°1776

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1776, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Tamouz, dans laquelle vous me dites que votre fiancée n’accepte pas le principe d’un mariage en Elloul. Bien plus, ajoutez-vous, elle a peur de ce mois (?), mais vous ne m’en donnez pas la raison. Vous me demandez donc si vous devez maintenir fermement votre position(1).

Il est clair que cette fermeté n’a pas lieu d’être et que, même d’une manière moins ferme, il ne faut même pas maintenir votre position. Certes, nos Sages disent que toute affirmation a nécessairement son contraire. Cela ne veut pas dire qu’il faille aller à l’extrême, en la matière, ni même s’engager dans ce sens, y compris quand on le fait sans entêtement. Acceptez donc cette idée et puisse Dieu faire que la date choisie par vous soit un moment bon et fructueux. Sans doute me la ferez-vous connaître par avance.

Vous avez bien interprété ma lettre(2). Je vous demandais, en effet, de ne pas manger et de ne pas boire avant d’aller dormir. Mais, je faisais uniquement allusion à une alimentation copieuse. Vous pouvez, en revanche, manger légèrement. Il n’y a nullement là une interdiction. Il s’agit uniquement d’un bon conseil qui, encore une fois, ne porte que sur une alimentation copieuse.

Vous me dites qu’il n’y a pas lieu de faire connaître la bibliothèque de la Yechiva Torat Emet(3), car on n’y trouve que peu de livres. Je ne comprends pas cette affirmation. Il doit bien y avoir des livres, dans cette Yechiva, au même titre que dans toutes les autres. Il y a, tout d’abord, ceux qui sont envoyés d’ici. Il y a aussi, comme partout ailleurs, des ouvrages en nombre suffisant pour permettre aux enseignants et aux élèves de consulter les commentaires des Sages, des premières et des dernières générations. Ces derniers avec les premiers doivent constituer une quantité non négligeable.

Vous cherchez aussi des précisions supplémentaires sur l’affirmation selon laquelle Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé(4). Vous consulterez les références notées plus bas(5). J’espère qu’en en prenant connaissance avec attention, vous pourrez satisfaire celui qui vous interroge. S’il a d’autres questions, vous me les transmettrez avec précision. Il est dommage que vous ne m’ayez pas communiqué le nom de cet élève et celui de sa mère, afin que j’en fasse mention près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.

En effet, en plus de toute réflexion, de toute explication, l’aide de Dieu reste nécessaire(6) pour comprendre profondément et de manière exacte la Torah, en général, sa dimension profonde, en particulier. De telles notions ne sont pas évidentes et les forces du mal s’opposent à leur perception et à leur révélation morale. Vous consulterez, à ce sujet, le Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout, à partir du chapitre 13.

Avec ma bénédiction pour que, très prochainement, vous vous installiez comme il convient et pour que votre mariage intervienne en un moment bon et fructueux,

Notes

(1) De célébrer le mariage en ce mois. (2) Il s’agit de la lettre n°1687. (3) A Jérusalem. (4) Dieu n’a subi aucune modification du fait de la création. (5) Ce sont les suivantes: Likouteï Torah Roch Hachana, page 58c, Amanat Elokout, à partir du chapitre 5, Kountrass Hatefila, à partir du chapitre 34, Maïm Rabim 5636, à partir de la page 158, Tanou Rabanan Ner ‘Hanouka 5643 dans Hatamim, volume 3. Vous consulterez également le début de l’introduction du Chneï Lou’hot Haberit. (6) C’est la raison pour laquelle son nom doit être mentionné près du tombeau du précédent Rabbi.

Lettre n°1777

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1777, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Nissan(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je suis heureux de vous joindre un chèque de quatre cent quatre vingt onze dollars(2), qui équivalent, à quelque chose près, à cinq cents dollars canadiens. Ce montant est destiné à la construction et à la restauration de votre Mikwé. Je veux dire que celui-ci sera bâti de la meilleure façon possible. On m’a promis que l’on graverait le nom de la défunte(3) et peut-être même ceux de ses enfants. Lorsque nous aurons des précisions, à ce sujet, nous les transmettrons à votre secrétariat.

Puisse Dieu faire que vos actions soient couronnées de réussite, que vous mettiez en évidence la pureté dans les trois dimensions que sont l’espace, le temps et l’homme(4). Ceci sera une introduction et une proche préparation pour la libération de tout le peuple juif, sa délivrance complète et véritable, comme l’indiquent, de manière allusive, les Tossafot Yom Tov, à la fin du traité Yoma. Le Rambam formule la même affirmation, à la fin des lois du Mikwé, lorsqu’il précise à quoi fait allusion l’immersion rituelle et à la fin des lois des rois, quand il définit la finalité de la venue du Machia’h.

Avec mes respects, en saluant vos amis, les grands Rabbanim, se consacrant aux besoins communautaires et avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Le Rav N.Telushkin. Voir, à son propos, la lettre n°1236 (2) Le Rabbi note, en bas de page: c’est une erreur du comptable. Il s’agit bien de cinq cents dollars et le chèque que vous trouverez ci-joint est libellé pour ce montant. (3) A la mémoire de laquelle ce don a été fait. (4) Textuellement le monde, l’année et l’âme.

Lettre n°1778

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1778, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Betsalel(1), émissaire des Sages,

Je vous bénis et vous salue,

A) Votre objectif premier est de multiplier les élèves(2). Si vous consentez un léger effort en ce sens, mon beau-père, le Rabbi, fera sûrement que votre réussite soit considérable, y compris de manière quantitative, en attirant des élèves des autres villes d’Australie et de la région.

Vous connaissez l’affirmation de nos Sages selon laquelle lorsque mille enfants entreprennent l’étude de la Loi Ecrite..., un seul, au final, pourra enseigner. Vous consulterez, à ce propos, le début du Likouteï Torah sur trois Parachyot, qui commente cet enseignement et établit une correspondance(3) avec les quatre mondes supérieurs, Atsilout, Brya, Yetsira et Assya. Il en résulte que celui qui est susceptible d’enseigner la Torah évoque son aspect profond(4).

B) Il est dommage que vous ne me donniez pas de précisions à propos de la réunion ‘hassidique du 12 et du 13 Tamouz. Vous ne me dites pas non plus quelles bonnes résolutions ont été prises, à cette occasion. Sans doute compléterez-vous tout cela dans votre prochain courrier.

C) Je vous joins un recueil d’additifs aux notes portant sur la Meguilat E’ha, qui vient de paraître. Vous le mettrez sûrement à la disposition du plus grand nombre.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav B.Wilshanski, de Melbourne, Australie. Voir, à son propos, la lettre n°437. (2) De la Yechiva. (3) Entre les quatre groupes définis par les Sages, les mille qui entreprennent l’étude de la Loi Ecrite, les cent qui entreprennent l’étude de la Michna, les dix qui entreprennent l’étude du Talmud et celui qui enseigne la Torah. (4) Faisant allusion au monde le plus élevé, celui d’Atsilout.

Lettre n°1779

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1779, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Mena’hem Av 5712,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du 9 Av. J’y ai appris avec plaisir que vous êtes déjà rentrée chez vous et que vous vous sentez bien. Que Dieu fasse que votre état de santé aille en s’améliorant et que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles, à ce sujet.

Vous m’interrogez à propos de vos voisins non-Juifs, car ils vous font des difficultés et vous prenez tout cela à cœur.

Vous devez raffermir votre foi. Vous savez que tous les Juifs sont croyants et fils de croyants. Dieu a créé le monde et Il continue à le diriger. Il est le seul Maître de ses éléments les plus monumentaux comme des plus insignifiants. Lorsque l’on se renforce dans la pratique de la Torah et des Mitsvot, on peut se pénétrer des termes du verset: Je n’ai pas peur, car Tu es avec moi. Dès lors, nul n’est capable de nuire à un Juif, ce qu’à Dieu ne plaise.

Vous n’avez donc nul besoin de penser à tout cela. Il vous suffit de renforcer votre confiance en Dieu. Tout comme Il a permis que votre santé s’améliore, que vous rentriez chez vous, Il vous accordera, de même qu’à votre mari, une existence agréable, faisant abstraction de toute peine.

J’espère que vous tiendrez compte de mes propos. De même, sans en faire le vœu, vous lirez, chaque soir, le Chema Israël et vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka avant de le faire. Ainsi, vous renforcerez votre confiance en Dieu, de même que votre état de santé et vous aurez toujours de bonnes nouvelles à m’annoncer.

Avec ma bénédiction,

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