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Iguerot Kodesh — lettres 1659 à 1678

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1659

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1659, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5712,

Brooklyn,

J’ai déjà donné mon avis et j’ai dit que les élèves les plus âgés de la Yechiva de Lod doivent agir pour que cette institution puisse être qualifiée de Yechiva supérieure, aussi bien par l’étude de la partie révélée de la Torah que par celle de la ‘Hassidout. Tel est leur rôle et c’est bien cette mission qui leur est confiée. Ils ont donc la possibilité de la mener à bien et non de se préoccuper d’autres endroits, de chercher à voyager dans différents pays pour y poursuivre leurs études.

Bien évidemment, chaque principe a également des exceptions. En la matière, il appartient à la direction de la Yechiva de décider ce qui peut être défini comme tel. En pareil cas, on consultera la direction de la Yechiva ici, afin d’obtenir un visa d’étude.

Néanmoins, la réussite est plus probable pour les élèves qui resteront sur place, en Terre Sainte et qui tenteront, par toutes leurs forces, d’agir pour que la Yechiva Loubavitch de Lod soit digne de son nom et des forces qu’ont investi en elle nos saints maîtres, qui l’ont fondée et la dirigent.

Lettre n°1660

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1660, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai obtenu de vos nouvelles, avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Elyahou Simpson. Néanmoins, j’ai été peiné d’apprendre qu’il vous arrive encore de souffrir de la migraine.

Vous devriez manger des gâteaux avant la prière, si vous n’avez pas déjà adopté cette pratique et ne pas vous contenter de boire. Vous connaissez le dicton du Tséma’h Tsédek(1), selon lequel il est préférable de manger pour prier, plutôt que de prier pour manger, c’est-à-dire de manger d’abord, afin de prier ensuite calmement, plutôt que de prier d’abord, en affaiblissant ainsi ses nerfs et sa tête. Dans ce dernier cas, la prière ne peut pas être faite tranquillement, car le mauvais penchant et le corps sont en attente de ce que l’on mangera par la suite.

Mon beau-père, le Rabbi a demandé à plusieurs ‘Hassidim de manger avant la prière, pour des raisons de santé. Il leur a dit de ne pas se contenter de boire. Lorsque vous adopterez ce bon comportement, il vous sera utile, à la fois pour votre santé et pour vos affaires(2).

Avec ma bénédiction de bonne santé, pour vous-même et pour les membres de votre famille,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°1611. (2) Qui peuvent s’améliorer grâce à une concentration accrue pendant la prière.

Lettre n°1661

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1661, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du dimanche de la Parchat Beaalote’ha, par laquelle vous me décrivez la situation de votre foyer. En effet, vous êtes marié, pour la seconde fois, après avoir divorcé de votre première épouse. Or, l’harmonie ne règne pas, dans votre couple.

Vous ne précisez pas si votre première épouse a accepté le divorce de plein gré ou si elle y a été contrainte. Si cette dernière hypothèse est la bonne, alors que vous ne savez pas où elle se trouve actuellement(1), vous réunirez une dizaine d’hommes et vous lui demanderez pardon(2) en leur présence, bien qu’elle soit absente.

Par ailleurs, toujours pour rétablir l’harmonie dans votre foyer, vous ferez vérifier les Mezouzot de votre maison. Il faut aussi, dans toute la mesure du possible, ne pas chercher à imposer vos vues. Nos Sages disent que les femmes sont émotives et qu’elles pleurent facilement. Il est déjà important qu’elles nous éloignent de la faute et, en particulier, qu’elles éduquent les enfants.

Vous me dites que votre fils est un élève de la Yechiva Loubavitch. Sans doute le mérite en revient-il également à votre épouse. Vous reconnaissez, du reste, qu’elle vous est toujours venue en aide. Et vous savez que la seconde épouse d’un homme dépend de ses actions(3). Si vous mettez ces principes en pratique, il y a bon espoir que votre situation s’améliore et que vous soyez en mesure de m’annoncer de bonnes nouvelles.

Il faudrait également vous engager à lire des Tehilim, chaque jour, après la prière du matin, au moins selon leur répartition mensuelle. Et, si vous en ajoutez, si vous multipliez le nombre de ceux que vous lisez, vous serez digne d’éloges. Vous apprendrez, en outre, une partie de la Sidra de la semaine, avec le commentaire de Rachi.

Vous trouverez aussi des amis qui sauront convaincre votre épouse et vos enfants de rechercher la paix. Même si, comme vous l’écrivez, vous avez des griefs contre elle, vous devez vous rappeler que la cause du présent exil est la haine gratuite. La solution est donc un amour gratuit, c’est-à-dire également lorsqu’il n’a pas lieu d’être, y compris d’après les critères de la Torah. Malgré cela, cet amour doit être à la mesure de la haine, du fait de laquelle nous avons été exilés de notre pays et éloignés de notre terre.

Lorsque chacun adoptera un tel comportement dans ses quatre coudées, il agira sur la part du monde qui lui est confiée. Et, quand tous les Juifs en feront de même, le monde s’en trouvera affiné et la révélation du Machia’h sera immédiate, comme l’explique le chapitre 37 du Tanya, que vous consulterez.

Vous apportez sûrement votre contribution à la Tsédaka, au moins le lundi et le jeudi. Mais, il serait bon d’en donner chaque jour, avant la prière du matin, sauf, bien sûr, le Chabbat et les fêtes.

Avec ma bénédiction pour que vous me donniez prochainement de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Et, qu’il est donc impossible de lui demander pardon de manière directe. (2) D’avoir dû lui imposer un divorce qu’elle n’était pas prête à accepter. (3) Il a donc celle qu’il mérite, alors que la première épouse est désignée par Dieu, indépendamment des actions de l’homme.

Lettre n°1662

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1662, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 13 Sivan, dans laquelle vous me décrivez brièvement votre vie et votre situation actuelle. Vous vous trouvez à Milan et, dans cette ville, vous avez rencontré le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Morde’haï Perlov et le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Yaakov Gansburg(1).

Dans votre lettre, vous me parlez uniquement de vos parents et j’en déduis que vous êtes célibataire. Or, vous avez de quoi assurer non seulement votre propre subsistance, mais également celle d’une famille. Il serait donc judicieux de chercher à vous marier, avec toute l’ardeur qui convient. Nos Sages disent qu’un homme doit rechercher son épouse, comme si elle était ce qu’il a perdu(2). En pareil cas(3), on ne reste pas les bras croisés, attendant que ce qui a été perdu revienne de sa propre initiative. On s’efforce activement de le retrouver.

J’ai été satisfait de lire dans votre lettre que vous avez étudié l’enseignement de ‘Habad, en compagnie des ‘Hassidim, lorsque vous vous trouviez en Terre Sainte. Et, encore à l’heure actuelle, vous fixez un temps pour cette étude. J’aimerais savoir comment vous organisez cette étude, pendant le Chabbat comme dans la semaine. En effet, cette étude est également nécessaire durant la semaine et, d’un certain point de vue, encore plus qu’au cours du Chabbat. Car, alors, le corps, l’âme animale et donc l’âme divine qui s’introduit en eux adoptent des occupations profanes, liées à la Klipat Noga(4), qui est intermédiaire entre le domaine de la sainteté et les trois forces du mal totalement impures(5).

Vous connaissez le dicton du Baal Chem Tov, qui nous a été transmis par mon beau-père, le Rabbi, selon lequel tout ce qu’un Juif voit ou entend lui délivre un enseignement, pour son service de Dieu, qu’il s’agisse d’une action envers Dieu ou bien des relations avec son prochain, lesquelles, de fait, sont aussi des actions envers Dieu.

En effet, selon une explication bien connue de la ‘Hassidout, on doit mettre en pratique les Préceptes auquel la raison souscrit avec autant de soumission que ceux qui défient la logique et non pas par évidence intellectuelle. Il nous a été donné de constater, à notre époque, que le peuple(6) qui se distinguait par son intelligence et par son approche scientifique de la vie, a adopté un comportement odieux et condamnable. Bien plus, il a fait appel à l’intelligence et à la science pour justifier son attitude.

On peut donc expliquer logiquement l’affirmation du Baal Chem Tov. Dieu est le Maître du monde. Aucun élément, aucun événement de ce monde n’est donc inutile. Dans la Michna, à la fin du traité Kiddouchin, nos Sages affirment qu’un homme a été créé uniquement pour servir son Créateur. Lorsqu’il voit ou entend quelque chose, cela doit avoir un sens, lui apporter ce dont il a besoin pour servir Dieu, pour se rapprocher de sa finalité, qui est ce service, en appliquant les Injonctions ou en se gardant de transgresser les Interdits.

J’observe, dans votre lettre, que vous êtes géomètre. Néanmoins, vous n’indiquez pas clairement quelle est votre spécialité, le bâtiment, les mesures ou les surfaces. En tout état de cause, la géométrie est bien à la base de tout cela. Quel enseignement peut-on tirer de cette discipline ?

La géométrie est une science exacte, comme toutes les disciplines mathématiques, mais aussi une science appliquée, c’est-à-dire moins exacte. Toute proportion gardée, notre sainte Torah est également la Sagesse de Dieu, la vérité et la précision les plus exactes. L’homme ne peut connaître sa valeur exacte et elle est cachée à tous les vivants. Elle est, cependant, appelée Torah, terme qui est de la même étymologie que Horaa, enseignement. De fait, elle délivre un enseignement pour l’existence quotidienne, dans ce monde matériel et grossier.

La différence essentielle et infinie entre ces deux domaines(7), notre sainte Torah, d’une part, de laquelle il est dit que elle est votre sagesse et votre discernement aux yeux des nations, la sagesse et le discernement des nations, d’autre part, ou même l’intellect émanant de l’âme animale d’un Juif, est la suivante.

La compréhension humaine, y compris celle des différentes sciences que l’on définit comme exactes est basée sur des principes fondamentaux qui n’ont rien de scientifique. Une science, surtout si elle est exacte, se limite à des conclusions qui peuvent être prouvées. Or, les règles sur lesquelles sont construites les sciences, y compris les mathématiques et la géométrie, ne peuvent pas être prouvées. On a donc le choix de les accepter ou de les refuser.

Cela est particulièrement vrai pour la géométrie. Vous savez qu’il en existe trois conceptions essentielles, chacune étant basée sur un certain nombre d’axiomes et les axiomes de l’une contredisant ceux des autres. En d’autres termes, la science est incapable d’émettre une conclusion claire. Elle n’émet que des vérités conditionnelles, supposant que l’on accepte ses hypothèses de départ et son mode de raisonnement, afin de parvenir aux conclusions correspondantes.

Il en résulte deux points : 1. L’homme a le choix d’accepter ou de refuser les axiomes. 2. Même s’il les accepte, il ne peut être contraint à adopter les conclusions. En effet, celles-ci affirment uniquement que si tes actions sont dirigées dans tel sens, cela aura telle conséquence. Si l’homme accepte de subir le tort qui pourrait en résulter, rien ne l’empêche de poursuivre dans cette direction.

En d’autres termes, la science n’est pas un guide de l’existence, mais bien un récit, une analyse prédictive basée sur l’expérience déjà accumulée, en fonction de principes auxquels on adhère de son plein gré et qui permettent d’anticiper ce qui se passera.

L’approche de notre sainte Torah est radicalement différente. Elle est, en effet, la Sagesse de Dieu, Qui, seul possède l’existence véritable. Elle est donc absolue, rigoureusement exacte, par ses hypothèses de base comme par ses règles définissant la manière de raisonner à partir de ces hypothèses. Elle est la Sagesse et la Volonté du Créateur du monde et donc de l’homme. Ses conclusions s’imposent à l’homme, qui doit les adopter, les mettre en pratique, sans pouvoir faire autrement.

En tant que géomètre, vous devez garder cette idée gravée à l’esprit. Il est impossible de s’interroger sur la Torah à partir d’un argument scientifique. En effet, la Torah est la Vérité intangible, alors que la science affirme elle-même son caractère relatif, puisque l’homme doit accepter ses principes, qu’il peut également bâtir des théories contradictoires et, pour autant, toutes les conserver. De fait, il y a bien trois conceptions de la géométrie, celle d’Euclide, celle de Lubatcheski et celle de Riman et Alia.

J’espère que ce qui vient d’être dit est bien clair. Bien évidemment, si vous avez des remarques à formuler, je les examinerai avec joie. Comme vous le savez, nos Sages étaient satisfaits, lorsqu’ils étaient interrogés sur leurs affirmations. En effet, cela fait la preuve que l’on s’intéresse à leur propos et surtout que l’on peut ainsi les analyser et les approfondir.

Sans doute respectez-vous scrupuleusement les trois études qui concernent chacun et ont été instaurées par mon beau-père, le Rabbi, celles des Tehilim, selon leur répartition mensuelle, chaque jour, après la prière du matin, d’un passage du ‘Houmach, de la Sidra de la semaine, avec le commentaire de Rachi, quotidienne également et celle du Tanya, selon sa répartition annuelle.

J’aimerais savoir combien de temps vous consacrez à l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Je voudrais aussi connaître les bonnes actions que vous menez pour influencer positivement votre entourage, en général, les membres de votre famille et vos proches, en particulier, afin de rapprocher leur cœur de notre Père, Qui se trouve dans les cieux et de leur apporter le bonheur éternel, matériel et spirituel.

Avec ma bénédiction pour que vous vous installiez positivement, de la manière qui vous convient, matériellement et spirituellement à la fois,

Notes

(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1704 et 1803. (2) Puisqu’elle est la côte de son mari. (3) Quand on a perdu quelque chose. (4) La force du mal qui peut, grâce à l’intervention de l’homme, connaître l’élévation vers le domaine de la sainteté. (5) Qui, elles, ne peuvent pas connaître l’élévation. (6) L’Allemagne. (7) La Torah et la géométrie.

Lettre n°1663

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1663, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du mercredi, trente quatrième jour de l’Omer, dans laquelle vous me faites part de votre situation commerciale. Vous me dites que vous êtes gravement endetté et vous expliquez que vous avez la possibilité de vendre certains domaines qui sont en votre possession. Néanmoins, vous ne parvenez pas à en prendre seul la décision. Votre lettre semble, avant tout, refléter votre découragement, qui affaiblit votre confiance en Dieu. Je dis avant tout car nos livres sacrés, en général et ceux de la ‘Hassidout, en particulier, montrent le rôle prépondérant de la confiance en Dieu.

La confiance en Dieu permet de mesurer le lien, l’attachement profond des préoccupations matérielles de l’homme au Créateur, béni soit-Il. Si cet attachement est parfait, le manque est inconcevable, car il n’existe pas, là-haut.

Vous sollicitez mon conseil. Je précise, tout d’abord, que j’ai mentionné votre nom, lorsque je me trouvais près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins. Néanmoins, vous devez, à mon sens, faire un effort sur vous-même, changer votre personnalité, renforcer votre confiance en Dieu, de la manière la plus forte, même s’il n’existe aucune issue, de manière naturelle. Il faut avoir la certitude absolue, sans le moindre doute, que tout ira bien, d’un bien visible et tangible, que l’on verra de ses yeux de chair.

Vous gagnerez donc largement votre vie et vous serez en bonne santé. Par rapport à Dieu, les processus naturels sont insignifiants et lorsque l’homme, ici-bas, tient bon, se soulève, même quelque peu, au dessus du sol, parvient à être un Juif croyant, est convaincu de ne pas avoir d’autre maître que Dieu Lui-même, il peut obtenir que les lois naturelles de ce monde ne lui causent aucun tort, ce qu’à Dieu ne plaise.

J’ai bon espoir qu’avec l’aide de Dieu, si vous renforcez, dans toute la mesure du possible, votre confiance en Dieu, vous constaterez aussitôt une modification de l’attitude que l’on adopte envers vous, dans les affaires matérielles. Ainsi, votre situation s’améliorera, puis elle ira de mieux en mieux.

Par ailleurs, il faudrait immédiatement commencer à donner de la Tsédaka, selon votre habitude, puis d’en donner un peu plus que votre pratique actuelle. J’attends que vous m’annonciez une bonne nouvelle, à propos de tout ce qui vient d’être dit(1).

Avec ma bénédiction de réussite matérielle et pour que s’accomplisse en vous le dicton de l’Admour Hazaken(2) selon lequel Dieu accorde aux Juifs des biens matériels afin qu’ils en fassent de la spiritualité.

Notes

(1) De l’état des affaires. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1637.

Lettre n°1664

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1664, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Votre lettre semble indiquer qu’il y a maintenant une possibilité de ramener votre frère, vers la pratique juive, de manière générale. Mais, cela ne vous dispense pas de faire usage de votre influence pour le rapprocher également de la ‘Hassidout, de ses voies et de ses pratiques.

Il ne doit pas vous sembler curieux de vouloir transmettre la ‘Hassidout à quelqu’un qui ne possède pas encore pleinement les valeurs juives. Vous connaissez la lettre du Rabbi Rachab, imprimée à la page 22 du Kountrass Oumayan, selon laquelle, à l’époque actuelle, nul ne peut savoir de quelle manière la transformation du monde doit être réalisée. Il faut donc faire porter son effort dans tous les domaines à la fois.

De façon générale, nos Sages comparent ce monde au repas d’un mariage et il disent, à ce propos : Attrape ce que tu peux et mange-le, attrape ce que tu peux et bois-le.

Lettre n°1665

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1665, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav L.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites qu’en fabriquant des Tsitsit, vous faites attention que tout soit fait dans le but d’accomplir cette Mitsva et que vous effectuez votre travail à la main.

En réponse, je vous félicite pour votre action positive, contribuant au mérite du plus grand nombre. Que Dieu vous vienne en aide, qu’Il vous bénisse et qu’Il vous confère la réussite, dans tous vos besoins.

Avec ma bénédiction,

N. B. : Par envoi séparé, vous a été restitué le tome 3-4 du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken. Je réponds maintenant aux questions que vous avez notées à même le texte.

A) Les lois de Pessa’h, chapitre 433, paragraphe 17, disent : Il y a lieu de craindre(2). Il ne s’agit pas d’une erreur d’imprimerie. Néanmoins, la phrase précédente, il n’est pas nécessaire de rechercher le ‘Hamets dans les petits orifices doit être comprise comme une parenthèse, de sorte que cette expression porte sur ce qui a été dit avant cela.

Il est dit, dans le Kountrass Hachoul’han, du Rav Naé, que ces mots étaient effectivement entre parenthèses dans l’édition de Kapoust du Choul’han Arou’h.

B) Le paragraphe 27 du chapitre 442 est inexact(3), dans l’édition Kehot, qui est la reproduction de celle de Vilna. Dans l’édition de Ghitomir, de 5616(4), il est formulé comme suit: La cuve ne fait pas la jonction entre eux(5), qu’ils soit fortement collés sur elle ou simplement déposés. C’est, bien sûr, cette lecture qu’il faut adopter.

C) L’édition de Ghitomir, au chapitre 447, paragraphe 45, dit, comme vous le notez vous-même sur votre livre, s’est affaibli” au lieu de s’est épaissi(6).

Lettre n°1666

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1666, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me demandez une bénédiction pour vous et votre épouse, afin d’avoir des enfants.

J’ai été effrayé de lire, dans votre lettre, la phrase suivante, qui va à l’encontre de notre sainte Torah : Nos cœurs s’emplissent de désespoir.

Vous ne dites pas si vous avez consulté des médecins spécialistes. Je vous conseille de le faire, de même que votre épouse et de vous conformer à leurs prescriptions. Vous renforcerez votre confiance en Dieu et votre détermination. En effet, Il guérit toute chair et fait des prodiges. Rien ne lui est impossible et Il peut donc vous accorder des enfants.

Il faut immédiatement forger des réceptacles pour révéler et intégrer les bénédictions de Dieu. Pour cela, vous fixerez un temps pour apprendre la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, en plus des trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, c’est-à-dire la lecture des Tehilim selon leur répartition mensuelle, tous les jours, après la prière du matin, un passage du ‘Houmach, de la Sidra de la semaine, avec le commentaire de Rachi, chaque jour également et l’étude du Tanya, selon sa répartition annuelle.

Comme vous me l’avez demandé, j’ai mentionné votre nom et celui de votre épouse, lorsque je me trouvais près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. J’attends de vos bonnes nouvelles.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°1667

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1667, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Sivan 5712,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de la Yechiva et du Talmud Torah

de Sefrya Kfar ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu les vingt six dossiers(1), avec les photographies des dirigeants de la Yechiva et du Talmud Torah, de même que celles des élèves. Leurs visages permettent d’établir qu’ils ont reçu la bénédiction de Dieu.

J’ai vu, dans ces dossiers, que la rubrique aptitudes à la partie révélée de la Torah et à la ‘Hassidout n’avait pas été servie. Sans doute, considérez-vous que ces élèves sont trop jeunes pour étudier la ‘Hassidout.

Une partie des élèves sont des Sefardim qui, jusqu'à maintenant, ont eu l’habitude de quitter la Yechiva très jeunes. De plus, les enfants des Sefardim développent leurs capacités intellectuelles avant ceux des Achkenazim. Enfin, les influences négatives qui ont cours dans le monde font que l’on doit s’habituer, le plus rapidement possible, à étudier la ‘Hassidout.

Il serait bon, à mon avis, de commencer l’étude de la ‘Hassidout avec tous les élèves qui ont atteint l’âge de douze ans. Avant même d’avoir cet âge, il faudra les habituer aux pratiques de la ‘Hassidout et à ses coutumes. On y parviendra plus agréablement en leur racontant des récits de la vie de nos maîtres, au cours d’une réunion ‘hassidique.

Bien évidemment, lors d’une telle réunion destinée aux enfants, il n’est nullement nécessaire de boire de l’eau de vie. On peut se contenter de bière, d’eau gazeuse ou de boissons similaires.

J’aimerais savoir si vous organisez des Messibot Chabbat(2) pour vos élèves. Y a-t-il, parmi les élèves, quelques uns qui soient déjà capables d’expliquer à leurs amis et amies la nécessité d’étudier notre sainte Torah, de respecter ses Mitsvot et de s’engager dans ses voies?

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Des élèves de la Yechiva et du Talmud Torah. (2) Animations éducatives pour les enfants, pendant l’après-midi du Chabbat.

Lettre n°1668

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1668, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Tamouz 5712,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, homme distingué qui craint Dieu,

le Rav S.Sasson(1),

Je vous salue et vous bénis,

Il y a plusieurs avis sur la manière d’écrire le mot Petsoua Daka dans le Séfer Torah, avec un Alef ou avec un Hé(2). L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h retient le Alef.

On m’a dit que vous possédiez une collection de livres et de manuscrits anciens. Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir m’adresser une copie de tous ceux qui traitent de ce sujet. Bien évidemment, je prendrai en charge toutes les dépenses qui en résulteront.

Je saisis cette occasion pour vous adresser un Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, dans lequel vous trouverez une reproduction de ses responsa, que nous avons éditée pour la première fois. Je vous adresse également une brochure sur l’activité communautaire des maîtres de ‘Habad, dans laquelle se trouvent également des reproductions de leurs manuscrits.

Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez adresser à ma bibliothèque des livres que vous avez édités.

Avec ma bénédiction et en vous remerciant d’avance,

Notes

(1) Le Rav Sliman Sasson. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1623.

Lettre n°1669

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1669, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du vendredi de la Parchat Chela’h, dans laquelle, après m’avoir expliqué le problème auquel vous êtes confronté pour l’éducation de vos enfants, vous me dites que votre mari et vous, avez pris la décision de les envoyer à la Yechiva Loubavitch. Vous précisez qu’il vous a fallu lutter pour cela, car vous aimez beaucoup vos enfants.

Je voudrais répéter encore une fois ce que je vous ai déjà affirmé. Vous n’avez pas à lutter contre vous, dans ce domaine, en expliquant que vous aimez vos enfants. Car, si c’est effectivement le cas, il est clair que vous souhaitez leur apporter le plus grand acquis possible, en particulier dans le domaine de l’éducation, qui conditionne toute l’existence. En les plaçant dans l’une des meilleures Yechivot du monde, il est clair que vous leur donnez ce qu’il y a de mieux dans la vie, jusqu'à une extrémité que vous ne pouvez imaginer. Je suis certain qu’en très peu de temps, vous verrez vous-même le résultat positif et le bienfait qui résulteront de votre bonne décision.

Vous me demandez également si vous devez commencer à travailler afin d’éviter de penser au départ de vos enfants. Tout d’abord, il faut déterminer dans quelle mesure votre état de santé vous permet de le faire. Si vous pensez que cela ne vous causera pas de tort, peut être serait-il bon que vous vous limitiez à quelques heures par jour, sans toutefois prendre un emploi à plein temps(1).

Je vous souhaite d’avoir un foyer véritablement ‘hassidique et que vous et votre mari conceviez une satisfaction juive de vos enfants.

Avec ma bénédiction,

N. B. : Votre don a été transmis au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, dont l’objectif est d’améliorer l’éducation des enfants juifs. Ainsi, vous obtiendrez la bénédiction pour l’éducation de vos enfants.

Je vous joins une copie de ma lettre qui évoque la période des vacances(2). J’espère qu’elle vous sera utile pour exercer une influence positive sur vos connaissances.

Notes

(1) En anglais dans le texte : full time. (2) En anglais dans le texte : vacation.

Lettre n°1670

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1670, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 23 Sivan, dans laquelle vous me dites que votre travail pédagogique et, en particulier, votre diffusion de la Torah sont de mieux en mieux organisés et que, Dieu merci, vous en voyez les résultats.

Que Dieu accomplisse en vous la promesse de nos Sages selon laquelle à quiconque ajoute, on ajoute, ce qui veut dire que, de votre part, vous devez redoubler d’ardeur. Ainsi, Dieu vous accordera la réussite dans tous ces points et également dans vos préoccupations personnelles, de même que celles de votre épouse.

Vous me parlez de convertis et vous craignez que leur conversion n’ait pas été conforme à la Hala’ha. Vous me demandez s’il est nécessaire de faire une enquête, à ce propos.

C’est effectivement une bonne initiative, mais vous le ferez en cachette et discrètement, afin que personne ne sache ce que vous faites. Vous trouverez sûrement un moyen d’y parvenir.

Vous me dites que plusieurs membres de votre communauté ont oublié leur nom juif et vous voulez dire une bénédiction afin de leur attribuer un nouveau nom.

Vous ne me dites pas ce qui vous a conduit à vous occuper de cela Peut-être est-il possible, au moins pour certains d’entre eux, de retrouver le nom qui leur a été donné, à la naissance ou à la circoncision, d’après l’acte de naissance ou bien en interrogeant les parents.

Je vous joins une copie de ma lettre pour la fête de Chavouot et de celle qui concerne la période des vacances. Sans doute vous seront-elles utiles auprès de votre entourage et de vos élèves.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°1671

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1671, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 23 Sivan, dans laquelle vous me demandez comment réparer vos fautes de jeunesse(1). J’ai déjà dit qu’il faut, avant tout, ne pas y penser et multiplier les mots de la Torah et de la prière que l’on prononce. Bien évidemment, cela ne doit pas empiéter sur l’emploi du temps de la Yechiva(2). Vous savez à quel point nos maîtres tenaient à ce qu’un jeune homme étudiant dans une Yechiva se conforme à l’organisation de celle-ci, sans y introduire ses propres préoccupations, qui ne pourraient que lui nuire.

De même, vous consacrerez quelques heures par semaine à agir dans le domaine de l’éducation basée sur la Torah, selon les besoins du moment et de l’endroit. Si vous consultez, à ce propos, votre professeur et le recteur de la Yechiva, vous découvrirez sûrement la meilleure formule.

Que Dieu vous donne la réussite pour étudier la Torah avec crainte de Dieu.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) L’émission de semence en pure perte. (2) Dont le destinataire de cette Yechiva est un élève.

Lettre n°1672

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1672, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre du 26 Sivan, par laquelle vous me décrivez brièvement vos origines et votre vie, en particulier ces derniers temps. Vous me parlez également de votre faiblesse et me dites que vous voulez consulter, ces jours-ci, un médecin spécialiste, qui souhaite pratiquer une analyse.

A mon avis, vous devez renforcer votre confiance en Dieu, qui dirige le monde entier et veut le bien de tous. Il vous viendra en aide pour que cette analyse et tout ce que les médecins préconiseront par la suite soient pour le bien. Vous recouvrerez rapidement une parfaite santé et vous pourrez diriger votre maison, afin qu’elle soit un foyer juif, au plein sens du terme.

Vous me parlez également de votre mari et de l’harmonie de votre foyer. Vous devriez reconsidérer ce que vous tenez pour des défauts, car, même si c’était effectivement le cas, il est difficile de changer sa personnalité, à son âge. Lui faire systématiquement des remontrances, alors qu’il n’y peut rien, n’arrange pas les choses et n’est d’aucune utilité. S’il s’aperçoit que vous avez conscience de son comportement, mais que vous ne modifiez pas pour autant votre attitude envers lui, il y a tout lieu de penser que la paix sera vite rétablie dans votre foyer.

Vous parlez également de votre grande fille, qui se trouve elle-même dans une autre situation et vous sollicitez une bénédiction pour elle. Je mentionnerai son nom, celui de son mari et tous ceux que vous citez dans votre lettre, lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, pour obtenir la satisfaction de tous vos besoins. J’espère que vous pourrez m’annoncer de bonnes nouvelles.

Pour recevoir les bénédictions de Dieu, on doit disposer des réceptacles nécessaires, dans le plus grand nombre possible. Ceux-ci se trouvent dans la Torah et les Mitsvot. En conséquence, je formulerai les propositions suivantes : 1. Il y aura des Mezouzot cachères aux portes de votre maison et de celle de vos enfants. 2. Vous et votre fille mariée, vous donnerez de la Tsédaka pour une institution assurant l’éducation des enfants juifs, avant d’allumer les bougies du Chabbat. 3. Votre fille mariée et vous-même, aurez une cuisine strictement cachère. 4. Votre mari et vos fils porteront les Tefilin chaque jour, sauf, bien sûr, le Chabbat et les fêtes.

Je voudrais exprimer encore une fois le souhait que vous passiez l’été en bonne santé, avec toute votre famille et que vous puissiez très rapidement m’annoncer une bonne nouvelle, celle de l’amélioration de votre état de santé et de l’harmonie de votre couple, de même que de la situation de votre fille.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°1673

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1673, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 22 Sivan, avec la demande de bénédiction qui y était jointe et que je lirai, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.

Vous me faites part de la discussion que vous avez eue avec votre épouse et vous me dites qu’elle accepte de ne pas se rendre au Mikwé pendant quelques années(1), car elle n’a pas la force d’avoir des enfants.

La lecture de votre lettre m’a rempli d’effroi. Tout d’abord, selon la partie législative de la Torah, un tel accord est sans valeur, d’après de nombreux Décisionnaires. Vous consulterez, à ce propos, le Choul’han Arou’h Even Haézer, chapitre 76 et début du chapitre 1. Il y a donc bien une obligation(2).

De plus, je n’ai jamais vu que l’on s’impose des souffrances et des mortifications sur le compte de quelqu’un d’autre. Si, comme vous le dites, les médecins pensent que, pour des raisons de santé, une grossesse serait dangereuse pour elle, il faut appliquer la décision hala’hique du Tséma’h Tsédek, exprimée dans ses responsa Even Haézer, tome 1, paragraphe 89(3). Vous consulterez ce texte selon lequel il s’agit là d’un des trois cas, où il est permis d’avoir recours à un tampon(4) pendant une relation conjugale. Je ne veux pas en dire plus, car tout cela est clairement expliqué par ailleurs et ces quelques mots vous suffiront sans doute.

Vous me demandez s’il est justifié de se mortifier, par exemple en dormant sur un banc avec seulement un oreiller. Vous n’indiquez pas la raison d’une telle attitude. En tout état de cause, à notre époque, celui qui fait le choix des mortifications doit opter pour celles qui ne nuisent pas à la santé. Le Rambam tranche, en effet, dans ses lois des opinions, au début du chapitre 4, qu’avoir un corps sain est partie intégrante du service de Dieu.

Concrètement, on peut constater qu’un affaiblissement physique remet en cause le service de Dieu, l’étude de la Torah et la prière fervente. Il faut donc envisager les mortifications en fonction de ce que dit le Séfer Hatoldot du Rabbi Maharach(5), à la fin de la page 72(6), ce qui présente les qualités suivantes : 1. L’intégrité physique n’est pas remise en cause. 2. Il n’en résulte aucun orgueil, aucun comportement ostentatoire en présence des autres personnes. Chacun sera le seul à avoir conscience des difficultés qu’il s’impose à lui-même, en agissant de la sorte. 3. De différents points de vue, une telle attitude est encore plus difficile que les souffrances et les mortifications proprement dites. En effet, il s’agit d’un acte permis et l’on n’a donc pas l’impression d’obtenir un résultat effectif, d’accomplir des réalisations grandioses. 4. Une telle manière d’agir permet, peu à peu, de transformer sa nature et de se dresser, de toutes ses forces, contre le petit malin(7). Et le résultat est à la mesure de l’effort.

A l’occasion de votre anniversaire, dont vous faites mention dans votre lettre, je vous souhaite de longs jours et de bonnes années. Que Dieu fasse que vous ayez une existence agréable, dans tous les sens du terme. Au sens le plus littéral, tout d’abord, matériellement, votre vie sera emplie de Torah et de Mitsvot, de même que du luminaire de la Torah(8), car tout cela est le bien véritable. Que Dieu vous accorde la réussite et que vous illuminiez vos élèves et ceux qui vous suivent, grâce à ce luminaire.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Ne pouvant donc s’unir à son mari et évitant ainsi d’avoir des enfants. (2) Pour cette femme, de se rendre au Mikwé. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1232. (4) Un contraceptif. (5) Ouvrage biographique dont le Rabbi est lui-même l’auteur. (6) En renonçant à ce que l’on a envie de faire. (7) Le mauvais penchant. (8) La ‘Hassidout.

Lettre n°1674

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1674, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tamouz 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Elyahou ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 24 Sivan, par laquelle vous me faites part de l’avancement des enfants qui reçoivent votre enseignement(2). Sans doute progressent-ils également dans la crainte de Dieu et la pratique des Mitsvot. Puisse Dieu faire que s’accomplisse, en la matière, la promesse de nos Sages, selon laquelle on connaît l’élévation pour tout ce qui touche au domaine de la sainteté.

Vous me demandez si un Juif orthodoxe doit enseigner la religion dans l’une des classes de l’école locale, ou bien s’il y a lieu de craindre que, de ce fait, des élèves fréquenteront cette école, qui ne s’y seraient pas rendus autrement. Vous ne me dites pas quel est le défaut de cette école et de quelle nature est son programme d’étude. En conséquence, je ne peux vous répondre que de manière approximative.

Il convient d’adopter une position médiane. Un homme craignant Dieu et orthodoxe y enseignera effectivement la religion, mais il le fera de telle façon qu’il ne sera pas possible d’en faire une quelconque déduction quant à la valeur de cette école. J’attends des précisions, à ce sujet.

Vous me dites qu’en peu de temps, il n’est pas possible d’obtenir grand chose des élèves. Il est clair que, s’il est possible d’instaurer un plus long enseignement, il n’y a pas de raison de se contenter d’un plus court. Néanmoins, votre lettre semble indiquer qu’en l’absence de ce bref enseignement, les élèves ne sauront rien de la religion et des Mitsvot que l’on doit appliquer concrètement. En conséquence, un enseignant compétent saura, même en peu de temps, obtenir beaucoup de ces élèves.

Bien plus, en leur parlant, vous devez souligner fréquemment qu’un bref moment d’étude n’est nullement suffisant. Il faut donc constituer une classe qui pourra consacrer plusieurs heures(3) aux études sacrées. Par ailleurs, il faut aussi leur souligner la nécessité de mettre en pratique les Mitsvot dans le comportement quotidien. La pratique a démontré qu’en agissant de la sorte, on peut attirer de nombreux élèves et séparer le grain de l’ivraie.

Avec ma bénédiction de réussite dans vos activités communautaires et dans vos préoccupations personnelles,

Notes

(1) Le Rav E.H. Roitblatt, de Pernvald, camp de transit pour les réfugiés de la guerre. Voir, à son propos, la lettre n°1330. (2) A l’intérieur même de ce camp. (3) Par jour.

Lettre n°1675

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1675, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu votre lettre du 10 Sivan, dans laquelle vous me faites part du temps que vous avez fixé pour l’étude de la ‘Hassidout. Néanmoins, vous n’êtes pas pleinement satisfait, car vous ne savez à qui poser des questions, lorsque vous êtes confronté à une difficulté et, avant tout, il vous manque un compagnon d’étude.

Je suis surpris de tout cela, car vous connaissez sûrement plusieurs jeunes ‘Hassidim et élèves de nos Yechivot. Il est sans doute possible de fixer un temps d’étude avec l’un d’eux, en plus de ce que vous apprenez par vous-même.

De plus, il est important que vous participiez aux réunions des ‘Hassidim, et non uniquement que vous y soyez présent, par exemple lors de la fête de la libération(1) du 12-13 Tamouz ou du 18 Elloul(2). Bien plus, vous ne considérerez pas que vous aurez ainsi reçu tout ce qui pouvait vous être donné. Vous maintiendrez, par la suite, le contact avec eux et vous continuerez à participer à ces réunions, jusqu'à ce qu’il devienne une évidence pour vous que vous pouvez encore recevoir un enseignement, que ce qui vous a été déjà transmis n’est qu’une petite partie d’un ensemble.

Vous connaissez l’affirmation de nos Sages, selon laquelle si quelqu’un te dit qu’il a fait des efforts et que ceux-ci ont été couronnés de succès, crois-le.

B) Vous me dites avoir lu la lettre que j’ai écrite pour la fête de Pessa’h. Vous avez, en fait, vu la première, qui était rédigée pour les jeunes(3). Je suis surpris que vous n’ayez pas eu connaissance de celle de la veille de Chavouot 5711, adressée aux élèves des Yechivot(4). Sans doute pourrez-vous encore la trouver chez les ‘Hassidim.

Néanmoins, nos Sages affirment que l’action, et non l’étude est essentielle. Vous vous conformerez donc à mes propositions, énoncées dans ces lettres et le plus tôt sera le mieux, car chaque instant qui s’écoule sans être empli du contenu qui devrait être le sien est une perte irrécupérable. Il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident.

C) Vous me demandez la signification de la phrase suivante, que vous relevez dans ma lettre de Pessa’h : Même si l’on doit, de ce fait, changer sa nature et son habitude. Je ne sais pas quelle est votre difficulté, car il me semble que le sens en est bien clair.

Les élèves des Yechivot ont conscience de la grandeur de l’étude. Consacrer une partie de leur temps, pendant lequel ils pourraient parfaire leurs connaissances de la Torah, à rapprocher leur entourage de la Tradition juive en les invitant à adopter des pratiques simples, comme le respect du Chabbat, la connaissance de l’alphabet, la lecture, constitue donc bien, pour eux, un fait nouveau.

Nombreux sont les élèves des Yechivot qui refusent une telle attitude en prétextant de leur crainte de Dieu. Nos Sages disent, en effet, que l’on ne doit pas interrompre son étude de la Torah pour mettre en pratique une Mitsva qui peut être accomplie par d’autres personnes. Et, les enfants qui se consacrent à cette étude ne peuvent pas même la suspendre pour participer à la construction du Temple(5). En conséquence, ces élèves ne souhaitent pas se séparer de la Torah, ce qu’à Dieu ne plaise, même pour un seul instant et il appartient donc à Dieu Lui-même d’assurer une bonne éducation aux Juifs et aux Juives que guettent, malheureusement, l’assimilation et le rejet de la foi.

En réalité, une telle attitude n’est nullement inspirée par la crainte de Dieu, car tel est le besoin du moment et il n’y a pas suffisamment de personnes capables de l’assumer. Il y a bien là une intervention du mauvais penchant.

Nos Sages expliquent : Voici la manière d’agir du mauvais penchant. Aujourd’hui, il dit : fais ainsi...(6). Or, on peut s’étonner de cette formulation. Pourquoi dire fais ainsi et non fais ceci. En fait, lorsqu’il s’adresse à un homme intègre, craignant Dieu, il affirme donner également son accord pour qu’il agisse ainsi. Néanmoins, il introduit, de la sorte, une justification logique, lui permettant d’exercer son emprise sur son comportement. Ainsi, un peu plus tard, il lui sera plus aisé d’élargir cette emprise, puis, peu à peu, il sera en mesure de lui dire : va servir les idoles.

Lettre n°1676

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1676, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir que votre fille est parvenue au cinquième mois de sa grossesse. Que Dieu fasse que celle-ci se passe bien et aisément. Sans doute se conforme-t-elle aux prescriptions du médecin qu’elle consulte de temps à autre, comme le veut la pratique du pays. La naissance interviendra en son temps et vous concevrez

beaucoup de satisfaction d’elle et de vos autres enfants, une satisfaction juive et ‘hassidique.

Il est sans doute inutile de vous souligner l’importance de continuer à correspondre avec votre gendre, mari de votre fille, le Rav. Vous devez lui expliquer par le détail le mérite et la responsabilité qui lui incombent, puisqu’il est chargé de rapprocher les cœurs juifs de leur Père Qui se trouve dans les cieux. Car, qui sait? C’est parfois en conduisant une seule personne à la pratique juive que l’on peut former des générations de fils et de filles, craignant Dieu et se conformant à Sa Parole. Chaque action, chaque intervention, chaque effort, moral ou physique, est donc justifié, même s’il s’exerce uniquement envers une seule personne. En effet, non seulement celle-ci est, à elle seule, un monde entier, mais, bien plus, il faut, en outre, prendre en compte sa descendance et la descendance de sa descendance, jusqu'à la fin du monde.

Vous savez aussi comment la ‘Hassidout interprète cette expression, jusqu'à la fin du monde. Elle indique que l’on fixe un terme(1) au voile(2) et à l’obscurité. Que Dieu fasse que nous puissions en être les témoins, de nos yeux de chair.

Pour cela, nous devons placer notre confiance en Dieu, au delà de toute logique. Tel est, en effet, le sens des mots Tsits, désignant la coiffe du Grand Prêtre et Tsitsit. Le terme Tsits peut être rapproché du verset Il se tient derrière notre mur, observe (Metsits) par les fentes, qui fait allusion à la période de l’exil, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Devarim, page 91c. Or, le Tsits était placé sur le front, symbolisant ainsi la confiance et l’attachement qui transcendent la raison, comme le dit le Likouteï Torah Chir Hachirim, page 23c, se basant sur le Zohar, à propos du front.

Selon une seconde interprétation, Tsits signifie également éclat, reflet, ainsi qu’il est dit les grenades apparaissent-elles(3), son diadème est éclatant(3). Vous consulterez le Torah Or et le Torat ‘Haïm, Parchat Tetsavé, au discours intitulé tu feras un Tsits, qui cite ces trois versets et explique leur rapport avec la période messianique.

Avec ma bénédiction de réussite dans vos activités communautaires et dans vos préoccupations personnelles,

Note ultérieure : Ce sujet est également évoqué dans le Séfer 5627(4).

Notes

(1) C’est-à-dire une fin. (2) En Hébreu Elem, le voile, de la même étymologie que Olam, le monde. (3) Terme qui est de la même étymologie que Tsits. (4) 1867, discours ‘hassidiques du Rabbi Maharach.

Lettre n°1677

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1677, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je n’ai pas eu de vos nouvelles depuis longtemps. Ce n’est sûrement pas parce que vous n’êtes pas satisfait de ma dernière réponse. J’ai bon espoir que vous ne m’en tenez pas rigueur, car je dois bien exprimer mon avis tel qu’il est. Je ne peux écrire ce qui ne correspond pas à ce que j’ai dans le cœur.

B) Je regrette qu’il n’y ait plus aucun espoir pour ce que je vous écrivais, la dernière fois. J’ai bien peur qu’il en est ainsi du fait de votre découragement, face à ces événements et ces accidents. Il faut considérer cette situation comme une épreuve, un voile. Ainsi, non seulement nous ne sommes pas parvenus à assumer notre mission d’une manière relativement facile, mais, bien plus, nous subissons des épreuves et des voiles.

Néanmoins, vous savez que la finalité de l’épreuve et du voile est de révéler de grandes forces. S’ils ont l’effet contraire, s’ils n’apportent pas ces grandes forces mais, bien au contraire, occultent celles que l’on possédait auparavant, ils vont à l’encontre de leur raison d’être.

Selon une interprétation, l’expression pour la faute que nous avons commise devant Toi à cause du mauvais penchant souligne que celui-ci fut créé dans le but d’être vaincu. Bien plus, il désire lui-même qu’il en soit ainsi, comme le dit le Zohar et comme l’explique la fin du chapitre 29 du Tanya. A ce propos, vous consulterez également le chapitre 27.

Il est inutile d’en dire plus, car différents textes expliquent tout cela et je voulais uniquement vous le rappeler.

J’attends de vos bonnes nouvelles et je conclus en vous adressant ma bénédiction,

Lettre n°1678

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1678, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Tamouz 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que vous envisagez un avenir favorable pour l’association des jeunes ‘Hassidim ‘Habad, même s’il est encore nécessaire de lui donner des instructions(1). De fait, il est bon qu’il en soit ainsi, car chacun d’entre nous a besoin d’en recevoir. Néanmoins, certains les refusent ou, plus encore, considèrent qu’ils sont parvenus au sommet de l’élévation. En conséquence, celui qui devrait connaître l’avancement stagne.

A l’opposé, lorsque l’on a conscience de devoir recevoir des instructions et qu’on les accepte, on fait la preuve indubitable qu’il y a une source aux forces cachées étant à l’origine de l’existence et que l’on met parfois en évidence. C’est ainsi que l’on peut, de temps à autre, multiplier ses actions et franchir des étapes successives.

Certes, il y a une cause extérieure, qui donne des instructions(2), mais, de façon générale, plusieurs discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi, citent, à ce propos, l’image du forage d’un puits par les hommes. Leur intervention consiste uniquement à retirer la terre et les pierres, qui empêchent la source de se révéler. En supprimant ce qui est extérieur à l’eau, on permet à celle-ci d’apparaître par ses propres moyens, de se répandre avec une force immense, jusqu’à une hauteur considérable.

Il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Chaque Juif, chaque Juive, possède, en général, des forces considérables. C’est en particulier vrai pour ceux qui sont issus de familles ‘hassidiques, car le mérite de leurs pères leur vient en aide.

Le but de ces instructions est de faire disparaître le voile imposé par les éléments extérieurs que sont les mauvaises habitudes, acquises à cause de son entourage ou de l’oisiveté. La source d’eaux vives, la pointe de Judaïsme(3) exerce alors son action, de manière effective.

Que Dieu accorde à chacun d’entre nous d’accomplir la mission qui lui est confiée pour mener à bien l’œuvre qui vient d’être définie, celle de pratiquer une brèche dans la muraille qui sépare Israël de son Père Qui se trouve dans les cieux. Celle-ci s’ajoutera à l’entaille ouverte par les Sages et les chefs d’Israël, à chaque époque. Ainsi, la clarté se répandra de part et d’autre et l’on aura la Lumière infinie de Dieu, d’une part, celle de l’âme juive, d’autre part.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération(4), afin qu’elle soit une proche préparation pour la libération de notre âme, par notre juste Machia’h, très prochainement.

Notes

(1) Sur ce que cette association doit accomplir. (2) En l’occurrence, le Rabbi lui-même. (3) Qui se trouve dans le cœur de chaque Juif. (4) Du précédent Rabbi des prisons soviétiques, le 12 Tamouz.

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