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Iguerot Kodesh — lettres 1639 à 1658

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1639

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1639, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Sivan 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Raphaël Na’hman Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu avec plaisir votre précédente lettre, de la veille de Chavouot, par laquelle vous m’apprenez que vous avez emménagé dans un nouvel appartement. Puisse Dieu faire qu’en changeant de lieu, vous changiez également de Mazal, comme le disent nos Sages, pour le bien, en bonne santé et avec la satisfaction de tous vos autres besoins.

Je demande à Dieu que vous puissiez me communiquer de bonnes nouvelles, dans ce domaine.

B) Je suis surpris que vous ne disiez rien à propos de l’organisation de la Yechiva, à Tel Aviv. Il a sûrement été décidé d’accroître le temps d’étude et celui-ci est employé de manière satisfaisante.

J’ai déjà expliqué plusieurs fois(2) qu’en augmentant le nombre des élèves, ici-bas, on fait accroître, là-haut, les moyens matériels obtenus.

J’attends de vos bonnes nouvelles. Vous me direz que vous avez augmenté le nombre des bons élèves et que ceux-ci connaissent la réussite, étudiant la Torah avec crainte de Dieu.

C) Vous m’interrogez sur la possibilité d’étudier les sciences séculaires à la Yechiva. De façon générale, il s’agit d’une situation qui n’est pas souhaitable et la rechercher est condamnable. Il m’est difficile d’en dire plus, car je ne connais pas le programme des études, à l’heure actuelle et la demande qui vous est faite.

Néanmoins, le moment est venu d’être plus sûr de soi. Et, de fait, vous devriez être les premiers à prendre une initiative en ce sens. En effet, le verset dit : Dieu est avec nous et ajoute aussitôt : Ne les craignez pas. Du reste, on peut constater la réussite que l’on connaît lorsque l’on s’investit dans ce que l’on accomplit avec intégrité et sans rechercher un intérêt personnel.

Dans tous les domaines où les prétendus experts et, a fortiori, ceux qui ont une entrée en haut lieu, affirment qu’une impossibilité existe, on a connu, au final, la réussite. Il est donc bien clair que l’on doit en tirer de la détermination, surtout pour les points que nos maîtres, de sainte mémoire, ont défini comme essentiels. Il est inutile d’en dire plus.

D) Je vous remercie beaucoup de m’avoir adressé le récit de ce que le Rabbi Rachab a dit au Rav C.Gronam(3). Si vous avez d’autres mots à l’esprit, vous ne manquerez pas de me les écrire.

Je vous joins le compte rendu de ce que j’ai dit à ceux qui me présentaient leurs condoléances, le 19 Iyar(4). Que Dieu accorde à chacun de nous le mérite de n’annoncer que le bien à l’autre, toujours et tous les jours.

Avec ma bénédiction pour que vous ayez une bonne santé,

Notes

(1) Le Rav R.N. Cohen, de Terre Sainte. Voir, à son propos, la lettre n°1231. (2) Voir la lettre n°1629. (3) Le Rav Chmouel Gronam Estherman, premier guide spirituel de la Yechiva, à Loubavitch. (4) A l’issue des sept jours de deuil de Rabbi Israël Aryé Leïb, frère du Rabbi. Voir la note à la fin de la lettre n°1566.

Lettre n°1640

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1640, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu, quoiqu’avec un peu de retard, votre lettre écrite à l’issue du Chabbat Parchat Behar Be’houkotaï. J’ai également reçu vos courriers précédents et j’y ai appris avec plaisir que vous diffusez les sources de la ‘Hassidout, ses coutumes et ses pratiques à l’extérieur. Comme le demande notre sainte Torah, vous augmenterez sûrement votre ardeur, en la matière, car on doit connaître l’ascension en tout ce qui est lié à la sainteté et à quiconque augmente(1), on ajoute(2).

B) Vous me dites que vous avez l’intention d’inscrire votre fils au ‘Héder, bien qu’il n’ait pas encore cinq ans. De façon générale, tout cela dépend de sa maturité physique, de ses aptitudes et surtout de la possibilité de trouver une classe par rapport à laquelle il ne présentera pas une grande différence d’âge. Si tel est le cas, Dieu fera que vous connaissiez la réussite.

C) Vous me demandez de quelle manière rapprocher de la Tradition d’Israël la jeunesse de Terre Sainte. Je ne comprends pas le sens de votre question, puisque vous ne précisez pas ce que vous voulez dire. En effet, telle est votre activité depuis plusieurs mois, même si vous ne lui accordez pas encore toute l’ardeur qu’exige mon beau-père, le Rabbi. Car, le changement qu’il demande est non seulement quantitatif, mais aussi qualitatif. Malgré cela, on peut trouver le moyen de le réaliser.

Dieu merci, cette activité est fructueuse, jusqu'à un certain point. Dès lors, quel est le sens de votre question sur la manière de rapprocher la jeunesse? Peut-être faites-vous allusion à la suite de votre lettre, à ce que vous dites dans le paragraphe suivant(3).

D) Vous me transmettez le compte rendu de ce que vous avez dit, à Lag Baomer, à Miron(4) et vous me demandez s’il peut être interprété comme une attaque contre les autres partis religieux et, le cas échéant, si vous devez maintenir de telles interventions, à l’avenir.

Il est difficile d’énoncer, en la matière, des règles s’appliquant, de manière identique à toutes les situations. Tout est différent d’une réunion à l’autre, d’un endroit à l’autre. Le principe général est le suivant. La finalité ultime est l’Injonction fais le bien. Il faut attirer le plus grand nombre possible vers une bonne éducation à la Torah et aux Mitsvot. Il faut mobiliser tous les moyens pour parvenir à ce résultat.

Manquer de respect peut donc avoir pour conséquence de faillir à l’obtention d’un tel résultat Au final, notre but n’est pas de mener campagne contre quelqu’un. Concrètement, même s’il semble nécessaire, pour sauver la jeunesse, d’expliquer ce que sont les partis et le ravage qu’a causé et que cause encore cet antagonisme, prenant la forme d’une campagne négative et non purement positive, on doit savoir qu’il est préférable de ne rien faire, chaque fois que le doute existe.

En fait, il est dit aussi que le fait de partager un repas rapproche. Ce rapprochement est d’abord matériel, puis il devient spirituel. Il est bien clair qu’une attention particulière est nécessaire, en la matière. Selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, dans l’une de ses saintes causeries, il faut élever l’autre vers soi et non descendre vers lui.

D) J’ai lu avec effroi, dans le compte rendu, de votre discours, le passage suivant : Nous sommes parvenus au début de la délivrance. Je dis bien au début de la délivrance, car celle-ci sera pleinement obtenue avec la venue de notre juste Machia’h.

J’ai été terrifié de lire cela, non pas à proprement parler du fait de vos propos, car un orateur n’est pas pleinement responsable de ce qu’il dit lorsqu’il est saisi par l’enthousiasme, mais parce que vous n’avez pas perçu de quelle manière la foi est heurtée par une telle phrase.

Vous devez méditer à la manière dont le Rambam introduit son Michné Torah : La base de toutes les bases et le pilier de tous les sagesses est de savoir qu’il est une Existence première. Puis, son ouvrage se conclut en évoquant la délivrance et il n’y a nullement là le fait du hasard. En effet, la fin est liée au début et le début, à la fin.

Le Rambam dit aussi comment se passera sa délivrance et ce que sera son début. Voici ce qu’il explique, dans ses lois des rois, chapitre 11, paragraphe 4 :

Un roi de la maison de David se dressera. Il sera un érudit de la Torah, comme David son ancêtre, connaîtra la Loi Ecrite et la Loi Orale. Il convaincra chaque Juif de la suivre et de la renforcer. Il mènera le combat de Dieu. S’il fait tout cela, il sera présumé Machia’h. S’il connaît la réussite et reconstruit le Temple à sa place, s’il réunit les exilés d’Israël, il est une certitude qu’il sera le Machia’h. Il transformera le monde entier pour que tous Le servent ensemble.

La Torah s’exprime donc clairement sur la délivrance et sur son début. Celle-ci sera le fait d’un homme possédant deux cent quarante huit membres, qui sera un érudit de la Torah de Dieu, mènera le combat de Dieu, commencera la diffusion de la Torah et l’élévation de son sort. C’est après cela qu’il rassemblera les exilés.

Voilà ce que dit la partie révélée de la Torah. Quant à la ‘Hassidout, vous avez sûrement vu les nombreux discours évoquant le Machia’h, les lumières et les révélations qu’il apportera. Or, vous vous trouvez en Terre Sainte et vous observez la situation là-bas. Vous voyez que l’on présente la lumière comme obscure et l’obscurité comme lumineuse. Et, après tout cela, vous avancez que cette situation est le début de la délivrance et vous le proclamez à voix haute? C’est particulièrement surprenant.

Je ne souhaite pas évoquer tout cela plus en détails. En effet, 1. Tout cela est bien évident et la réflexion, même la plus sommaire, suffit pour l’établir. 2. Comme je l’ai dit, notre mission est de mener une campagne positive et non négative. En effet, mon beau-père, le Rabbi, nous a rapporté le proverbe du Tséma’h Tsédek, selon lequel nous sommes des travailleurs du jour et nous devons répandre la lumière. 3. Il est interdit de médire, en particulier quand il s’agit de la Terre Sainte. Or, selon la Hala’ha, on peut médire également lorsque l’on dit la vérité. C’est précisément ce qui distingue la médisance de la calomnie.

Bien évidemment, vous n’avez pas à polémiquer, tout le jour et toute la nuit, pour montrer à quel point la situation est négative. Mais, il est clair que vous allez induire en erreur et transformer la Gola(5), sans Alef, en Geoula(6), avec un Alef(7). Cela est une évidence.

E) A l’avenir, il serait bon, pour de tels sujets, de portée générale, que les questions soient posées par la direction des jeunes(8), après avoir mené l’analyse qui convient et exprimé sa propre position. Il n’est pas nécessaire que tous écrivent de manière indépendante. En effet, il n’est pas possible de répondre individuellement à chacun, d’autant qu’il en résultera des répétitions inutiles.

Avec ma bénédiction pour diffuser les sources(9) à l’extérieur, ce qui constituera le canal et le réceptacle pour recevoir les bénédictions de Dieu, satisfaisant tous vos besoins, ainsi que ceux des membres de votre famille,

Notes

(1) Son effort. (2) Des bénédictions. (3) Et, dont le Rabbi traite au paragraphe D), c’est-à-dire la relation avec d’autres partis politiques. (4) Près du tombeau de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï. (5) L’exil. (6) La délivrance. (7) Faire passer l’exil pour la délivrance. (8) L’association des jeunes ‘Hassidim ‘Habad. (9) De la ‘Hassidout.

Lettre n°1641

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1641, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, par le Rav Gabriel Zelkind Kagan, que vous étudiez la Guemara de manière systématique. Sans doute participez-vous également au cours public qui en est donné, mais, bien évidemment, cela n’est nullement suffisant.

Le Talmud indique que seuls ceux qui doivent consacrer de nombreuses heures, chaque jour, à assurer leur subsistance matérielle peuvent se contenter d’étudier un chapitre le matin et un autre le soir. C’est également cette position que retiennent le Choul’han Arou’h, lois de l’étude de la Torah et, en particulier, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois de l’étude de la Torah. A l’opposé, ceux qui ne subissent pas cette contrainte ont la possibilité et parfois même l’obligation de se consacrer à l’étude de la Torah et de ne conserver que quelques heures pour les autres activités.

De façon générale, on ne peut déterminer soi-même à quelle catégorie(1) on appartient. D’autres doivent le faire. En effet, on ne saurait être objectif sur son propre compte et le petit malin(2) trouve alors différents arguments, incite l’homme à s’écarter du chemin qui le conduit vers la maison de Dieu.

Je ne vous connais pas. Je ne sais pas quelle est votre étude et le temps que vous pouvez lui consacrer, ni quel est votre commerce et le degré d’implication qu’il requiert. Vous devez donc consulter les ‘Hassidim âgés de votre ville, qui vous connaissent. Il vous indiqueront comment répartir votre temps entre l’étude de la Torah et ce qui est lié à la crainte de Dieu, d’une part, les activités de ce monde, d’autre part. Vous vous conformerez à leur avis.

Dieu vous accordera la réussite et vous trouverez votre voie. Vous connaîtrez ainsi des élévations successives. Notre sainte Torah tranche, en effet, que l’on doit rechercher l’ascension en tout ce qui est lié à la sainteté.

Notes

(1) Ceux qui peuvent se contenter d’une étude minimale ou ceux qui doivent lui consacrer plusieurs heures. (2) Le penchant vers le mal.

Lettre n°1642

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1642, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Sivan 5712,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du lundi de la Parchat Bamidbar, dans laquelle vous vous plaignez de votre situation morale et du fait qu’il vous arrive de mettre votre foi en doute.

Vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi(1), selon lequel on n’a pas le droit de médire d’un Juif, même s’il s’agit de soi-même. Il peut arriver que vous ayez de telles pensées, mais le dire est bien un acte de médisance. En effet, les Décisionnaires font une différence entre la calomnie, qui est un mensonge et la médisance, qui peut aussi être vraie.

En tout état de cause, de telles pensées ne sont qu’un effet du mauvais penchant, qui cherche à vous troubler, pour vous empêcher d’étudier la Torah, de prier et de mettre en pratique les Mitsvot.

Pour remédier à une telle situation, il faut prononcer un grand nombre de mots de la Torah. Ceux-ci doivent être gravés dans votre esprit et vous les connaîtrez donc par cœur. Il s’agira de quelques passages de la Torah, en particulier de la Michna et du Tanya. Vous consulterez, à ce propos, le discours ‘hassidique intitulé tu honoreras l’ancien, dans le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kedochim. Et, l’on peut expliquer ainsi la demande de mon beau-père, le Rabbi, d’apprendre la Michna par cœur.

Plus généralement, oubliez ce problème. Ne vous demandez plus si vous avez des doutes ou non. Défaites-vous de ces pensées en étudiant un texte de ‘Hassidout, enseignement profond de la Torah qui correspond au monde spirituel d’Atsilout. En effet, la Kabbala, qui est cet enseignement profond de la Torah, émane, de façon générale, d’Atsilout, duquel il est dit que le mal ne t’habite pas(2). Et, vous consulterez le début du chapitre 5 du Tanya, décrivant l’unification de toute part(3).

Que Dieu vous confère la réussite pour prier avec ferveur, diffuser les sources(4) à l’extérieur et pour vous débarrasser de tout ce qui vous trouble.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°1593. (2) Le mal est absent d’Atsilout et, en étudiant la partie de la Torah qui émane de ce monde, on se débarrasse donc des mauvaises pensées. (3) Entre Dieu et l’homme, qui est obtenue par l’étude de la Torah. (4) De la ‘Hassidout.

Lettre n°1643

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1643, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Ye’hyel Mi’hel(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Je n’ai pas eu de vos nouvelles depuis quelques temps. Je suis un peu surpris de ne pas voir votre nom figurer parmi ceux qui assument différentes responsabilités, au sein de l’association des ‘Hassidim ‘Habad en Terre Sainte. Sans doute, y êtes-vous néanmoins actif, même si votre nom n’est pas mentionné. Pour autant, cette modestie est déplacée et vous devez m’écrire précisément ce que vous réalisez.

Bien plus, vous résidez à ‘Haïfa, là où l’action des ‘Hassidim ‘Habad n’est pas notoire, bien que d’anciens élèves de la Yechiva se trouvent dans cette ville, en particulier vous-même et le Rav ‘Hen. Vous vous emploierez sûrement à rectifier tout cela au plus vite. Chaque journée perdue est regrettable, car elle doit être emplie du contenu qui lui est assigné et différents textes de ‘Hassidout commentent le verset des jours ont été créés et pas un d’entre eux...(2).

B) Je fais réponse à une question qui vous a été posée, il y a quelques temps. Elle porte sur le Sidour Tehilat Hachem et sur le Sidour Torah Or, imprimé aux Etats Unis en 5701(3), qui est également reproduit dans le calendrier de la Yechiva Loubavitch. La bénédiction que l’on récite en allumant les bougies du Chabbat se termine par Ner Chel Chabbat Kodech(4). Vous me demandez sur quelle base le mot Kodech(5) a été ajouté à ce texte(6).

Voici ma réponse. Je n’ai, pour l’heure, trouvé aucune réponse à cette interrogation. Mais, il ne me semble pas que ce mot soit déterminant, dans le texte de la bénédiction et j’en veux pour preuve le fait qu’il est omis, chaque fois qu’il risque de provoquer une interruption, comme l’indique le texte de la bénédiction pour le Chabbat et la fête(7). En revanche, lorsque ce risque n’existe pas, on ajoute bien le mot Kodech.

C’est ainsi que ma belle-mère, la Rabbanit, récite cette bénédiction. Il s’agit d’une tradition reçue des générations précédentes. Vraisemblablement, elle a toujours été dite ainsi, dans la famille du Rabbi. Vous connaissez l’explication figurant dans les responsa du Rachba, citée dans celles du Hechiv Moché, au chapitre 13, selon laquelle on ne doit pas repousser une tradition transmise par les femmes âgées de notre peuple, même si l’on dispose de six cent mille preuves permettant de le faire.

C) Vous vous interrogez également sur la bénédiction de l’allumage des bougies, à Roch Hachana, imprimée dans le Sidour, Ner Chel Yom Hazikaron(8). Cette question(9) me paraissait plus forte que la précédente, car c’est une manière nouvelle de dire la bénédiction de l’allumage des bougies(10).

Il y a quelques années, j’ai interrogé mon beau-père, le Rabbi, à ce propos et il m’a dit que le Rabbi Rachab(11) en avait discuté avec le grand Rav Y.Y. Rafalovitch, de Krementchouk. Ce dernier s’interrogeait, à ce propos, mais le Rabbi maintenait qu’il fallait effectivement conserver cette formulation, peut-être pour se rapprocher du Kiddouch et de la Haftara(12).

Telle est la coutume dans la famille du Rabbi et celle qui est couramment adoptée.

D) Vous me posez aussi une question sur le Séfer Hamaamarim Yiddish(13) qui, à la page 80, commente le verset L’Eternel Dieu sonnera du Choffar. Il est expliqué que le premier Nom de Dieu employé par ce verset Ado Naï évoque la rigueur et le second, Avaya, la miséricorde. Vous faites remarquer que le Nom Avaya a ici la même ponctuation que le Nom Elokim(14).

Vous consulterez, à ce propos, la fin du discours ‘hassidique intitulé ce jour-là, on sonnera du grand Choffar, dans les commentaires de Roch Hachana du Likouteï Torah. Telle est, en effet, l’origine de cette explication. Vous verrez aussi, à la même référence, page 51c, le discours la terre fera pousser des végétaux.

E) Vous mentionnez, dans votre lettre, le Rav Moché Linchits. Sans doute apprenez-vous avec lui également la ‘Hassidout. Vous vous renforcerez, l’un et l’autre, dans les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, celles du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, qui sont bien connues.

Avec ma bénédiction de bonne santé,

Notes

(1) Le Rav Y.M. Dabroskin. (2) Que l’on peut interpréter, selon une autre lecture, des jours ont été créés et, par l’intermédiaire de l’homme, la Présence du Dieu unique y apparaît à l’évidence. (3) 1941. (4) La lumière du saint Chabbat. (5) Saint. (6) Voir le recueil Yagdil Torah de Jérusalem, tome 6, page 114, tome 7, page 87 et tome 11, page 108. (7) Lorsque la fête est également un Chabbat, le mot Kodech n’est pas dit dans la bénédiction. (8) La lumière du jour du souvenir. (9) Pourquoi qualifier Roch Hachana de jour du souvenir? (10) Dont on ne retrouve pas l’équivalent pour les autres fêtes. (11) Son père. (12) Dans lesquels on retrouve effectivement la même formulation. (13) Du précédent Rabbi. (14) Qui évoque la rigueur.

Lettre n°1644

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1644, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Douber(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 7 Nissan, dans laquelle vous évoquez le classement des manuscrits appartenant à la collection de votre grand-père, le grand Rav et ‘Hassid C. Y. L. E.(2). Depuis, je n’ai pas eu d’autres nouvelles, bien que vous m’ayez précisé que ce classement serait commencé tout de suite après Pessa’h(3).

Vous savez sûrement que de nombreux manuscrits sont imprimés, à l’heure actuelle. Parfois, ils comportent des erreurs et, lorsqu’il est possible de les comparer à d’autres manuscrits, on obtient, bien souvent, une édition plus précise.

Il serait donc bon de faire tout cela(4) au plus vite. Bien évidemment, les frais d’envoi seront à ma charge et vous aurez, en outre, ma gratitude.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav D.Eliézerov. Voir, à son propos, la lettre n°1774. (2) Le Rav Chlomo Yehouda Leïb Eliézerov. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1652. (4) Le classement.

Lettre n°1645

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1645, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

A la Rabbanit Tamar(1),

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu votre lettre de Sivan, qui ne portait pas l’indication du jour où elle a été rédigée. Vous m’y décrivez votre travail au Beth Rivka de Kfar ‘Habad, qui est, Dieu merci, fructueux, puisque cette école compte déjà trente huit élèves. Vous proposez de recruter une aide enseignante qui conviendrait pour ce poste.

Bien évidemment, il est difficile de déterminer d’ici quelles sont les enseignantes à qui ce poste pourrait convenir. La décision doit être prise sur place. Je soulignerai donc uniquement une idée générale. Il faudrait rechercher des élèves qui soient susceptibles, en peu de temps, de devenir des enseignantes et des éducatrices, au moins pour les plus petits. Avec l’effort qui convient, vous parviendrez sûrement à les trouver.

J’ai écrit à la direction du Kfar(2) pour dire qu’il fallait trouver des locaux convenables pour le Beth Rivka(3). J’ai bon espoir qu’un effort sera fait en ce sens, dans toute la mesure du possible.

Avec ma bénédiction de réussite pour votre mission sacrée, qui sera également le canal et le réceptacle véhiculant et intégrant les bénédictions de Dieu pour vos préoccupations personnelles et en saluant votre mari, le Rav,

Notes

(1) La Rabbanit T. Gluskin. (2) Kfar ‘Habad. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1651.

Lettre n°1646

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1646, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous vous plaignez de votre situation morale. Vous connaissez sûrement le dicton que mon beau-père, le Rabbi, rapportait au nom de son père(1): Une action est préférable à mille plaintes.

Pour parler simplement, cela suffit de se plaindre, il faut maintenant agir. La logique permet d’établir qu’il doit en être ainsi. Tout d’abord, se plaindre est nuisible pour la santé et le Rambam, dans ses lois des opinions, au début du chapitre 4, écrit que avoir un corps en bonne santé est un acte du service de Dieu.

Il y a également un autre effet négatif(2). En se plaignant, on a l’impression d’avoir rendu service à Dieu, d’être réellement parvenu à la Techouva et de pouvoir désormais aller se reposer. On peut comprendre à quel point une telle conception est dommageable pour Son service.

A l’opposé de tout cela, une action, aussi limitée qu’elle puisse être, introduit bien une réalisation. Chaque acte, même de portée spirituelle, raffermit la santé d’un Juif, y compris de manière physique. Son effet va donc bien à l’opposé des conséquences de la plainte, précédemment décrites, qui sont sans utilité.

Avec ma bénédiction pour que vous puissiez m’annoncer vos bonnes actions et me donner également de bonnes nouvelles de vos préoccupations personnelles,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°1435. (2) Découlant du fait de se plaindre.

Lettre n°1647

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1647, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Vous me dites qu’elle ne se couvre pas la tête(1). J’en suis très peiné. Il aurait été bon de trouver un moyen qu’elle le fasse, sans s’engager, pour l’heure, dans toutes les controverses qui existent à ce propos, en évoquant, par exemple, l’avis du Rav M.Alchaker et du Tséma’h Tsédek.

Une réponse est imprimée, à ce propos, dans le Even Haézer, fin du tome 1, chapitre 139. Elle figure également dans le Chaar Hamilouïm, tome 1, chapitre 45. Vous consulterez aussi les commentaires du Talmud, par le Tséma’h Tsédek, au traité Bera’hot 5a.

Il en est de même pour les bras qui sont découverts. Là encore, il faut se conformer à l’avis du Talmud et des Décisionnaires, qui voient en cela la loi de Moché et de Yehoudit(2). Si vous parvenez à un arrangement dans ce domaine, il y a bon espoir qu’avec le temps, il puisse en être de même également sur d’autres points.

B) Vous me transmettez vos notes sur le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken. Si vous en avez formulé d’autres, je serais heureux de les recevoir et j’ai bon espoir de pouvoir les examiner attentivement, lorsque mon temps me le permettra.

C) Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom, lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous ayez de longs jours et de bonnes années, dans toute l’acceptation de ce terme, c’est-à-dire d’abord physiquement. Vous aurez donc une bonne santé, puisque le Rambam dit, au début du chapitre 4 de ses lois des opinions, que avoir une bonne santé fait partie des voies de Dieu. C’est le sens littéral de la version de ce texte que j’ai pu voir dans toutes les éditions que j’ai consultées. Or, il me semble qu’il manque ici un mot et qu’il faudrait dire des voies du service de Dieu(3). Il est surprenant que, pour l’heure, nul ne se soit interrogé, à ce propos.

Mais, ces bonnes années seront, en outre, pénétrées d’un bien véritable, que nous révélons d’une manière visible et tangible.

Avec ma bénédiction pour tout le bien matériel et spirituel, ce qui inclut, évidemment, une bonne santé,

Notes

(1) Il s’agit d’une femme mariée. (2) Laquelle est transgressée si l’on ne se couvre pas la tête ou si l’on se découvre les bras. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1354.

Lettre n°1648

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1648, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 27 Nissan et j’y ai appris avec plaisir que le Joint avait adopté une attitude positive envers la maison de retraite. Tous les aménagements y ont été faits pour permettre l’ouverture d’une synagogue dans laquelle on pourra ne pas être dérangé(1).

Vous me dites que l’on vous fait des difficultés, mais je ne sais pas s’il faut le prendre au sérieux. Il peut s’agir également d’une intervention du mauvais penchant, désireux de faire obstacle aux aménagements que vous avez la possibilité d’introduire.

Le mauvais penchant emprunte donc cette voie et il n’y a pas lieu de l’écouter. Et, il faut analyser soigneusement sa manière de persuader, car il se revêt parfois d’un vêtement ‘hassidique(2), comme le souligne le Rabbi Rachab.

Vous m’écrivez également que votre fils a été élève de la Yechiva de Brunoy, puis de celle de Tel Aviv et qu’il est actuellement parti ailleurs. Je suis un peu surpris que vous puissiez évoquer tout cela aussi froidement(3). Certes, nos Sages disent que, lorsque l’on décoche une flèche vers le ciel, celle-ci retourne vers le sol, la pointe la première(4). Malgré cela, chaque jour qu’il ne passe pas sous les auspices de la ‘Hassidout, de la Torah et de la crainte de Dieu lui est hautement dommageable.

Combien plus en est-il ainsi en cette période du talon du talon du Machia’h, alors que l’issue de notre exil est proche. En effet, l’enseignement de la ‘Hassidout est la préparation et le réceptacle pour la venue et la révélation du Machia’h. Si vous pensez ne pas pouvoir le convaincre vous-même, vous auriez dû trouver un ‘Hassid capable de le faire, qui s’intéresserait à sa situation et lui trouverait au plus vite une issue positive.

Que Dieu vous aide à m’annoncer de bonnes nouvelles, en la matière.

Avec ma

bénédiction,

Notes

(1) Pendant la prière, ce qui n’était pas le cas lorsque les offices n’avaient pas lieu dans un local spécifiquement aménagé à cet effet. Il s’agit ici de la synagogue d’une maison de retraite financée par l’organisme de bienfaisance American Joint Comitee. (2) Travestit son argumentaire en lui donnant une apparence de sainteté. (3) Sans être affecté par le fait qu’il a quitté la Yechiva Loubavitch. (4) On retourne donc toujours vers sa source, comme l’évoque cette image.

Lettre n°1649

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1649, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Aux dirigeants de la Yechiva Loubavitch,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) Vous avez sûrement déjà reçu ma précédente lettre, relative à la discussion avec le docteur Shapiro. J’ai, pour ma part, reçu vos lettres du 26 Iyar, du 3 et du 11 Sivan, avec ce qui leur était joint.

B) J’observe, dans votre lettre, que l’Agence juive vous a proposé un prêt, il y a deux ans déjà. Vous me dites que vous ne vous en êtes pas servi et j’aimerais que vous me l’expliquiez.

C) Je déduis de la lettre précédente et de celle-ci que le prêt qui vous est actuellement proposé est d’un montant de quatre mille livres. Il faut y souscrire au plus vite.

D) Vous envisagez la construction(1) de deux manières, en plaçant un baraquement ou un édifice sur le toit ou bien en réunissant deux bâtiments qui se trouvent dans le quartier de Rakévet. Il semble que la seconde solution doive être préférée à la première. De façon générale, voir large est le moyen d’obtenir la bénédiction de Dieu.

Lorsque l’on commence une construction et que l’on manque de moyens pour la conduire à son terme, on peut obtenir plus facilement une aide supplémentaire, sous la forme d’un prêt ou même selon une formule encore plus avantageuse. Le montant que vous obtiendrez maintenant et que vous pourrez peut-être compléter par le premier prêt de quatre mille livres(2), sera également consacré, au moins pour partie, à la construction, avant qu’il ne soit entièrement dépensé.

E) Vous m’interrogez sur l’emplacement de l’école de Torah et technique du Kfar(3). Vous me demandez si elle doit se trouver à l’entrée ou à la sortie du Kfar. Selon la description de la situation que vous me donnez, elle doit être implantée à l’entrée du village, afin d’être immédiatement remarquée. Ceci présente également d’autres avantages, que vous décrivez vous-même dans votre lettre. Point le plus important, il faut qu’elle voit enfin le jour, que les études y commencent.

F) Pour répondre à votre question, j’ai déjà exprimé mon avis(4) et j’ai précisé que les métiers enseignés dans cette école doivent être ceux qui présentent des débouchés, en Terre Sainte. Il me semble que c’est le cas de l’imprimerie et de la menuiserie.

J’ai déjà dit au Rav M.G.(5), lorsqu’il était ici, qu’il faut exclure, dans cette école, l’électricité et la radio(6).

G) Vous me demandez si cette école professionnelle peut être associée à une école agricole affiliée à l’Alya des jeunes. Il y a tout lieu de craindre que le programme de l’une ne contredise celui de l’autre et que cette situation conduise les organismes qui doivent financer de telles institutions à faire des choix(7).

Pour toutes ces raisons, il faut écarter cette éventualité, en l’état actuel des choses. Néanmoins, on peut continuer à réfléchir à ce projet. Mais, pour l’heure, on n’en parlera à personne. Lorsque ces deux écoles existeront, ou, tout au moins, l’une d’elles, on reposera cette question et l’on envisagera ce qui peut être mis en commun entre elles, selon le principe qui dit que la bougie qui éclaire une personne peut en éclairer cent(8).

Je formule donc à nouveau mon idée. Si l’on parle, d’emblée, de deux écoles fonctionnant conjointement, il y a lieu de craindre que l’on se serve de cet argument comme prétexte pour repousser les deux propositions à la fois, en les déclarant irréalisables.

H) Vous cherchez un nom pour cette institution. Il n’est pas judicieux de le choisir dès maintenant. Il faut laisser cela pour plus tard et, entre temps, parler uniquement de l’école d’imprimerie ou de l’école de menuiserie qui sont sous la direction de la Yechiva de Lod.

Il est clair que l’on ne peut pas parler de Yechiva Loubavitch. Il y aurait alors contradiction entre la collecte pour cette école et celle de la Yechiva proprement dite. C’est bien évident.

I) J’ai apprécié votre lettre, relativement détaillée, qui décrivait la situation, quantitative et qualitative, de la Yechiva. Vous écrivez que cette institution a connu une élévation qualitative par rapport à ce qui prévalait jusqu’à maintenant.

De même, j’ai appris avec satisfaction, par votre lettre, que vous déléguez des élèves de la Yechiva pour prendre part aux activités de ‘Habad, en particulier pour la diffusion des sources(9) à l’extérieur. Sans doute en ferez-vous de même à l’avenir, bien entendu en faisant prendre conscience à ces élèves que leur mission essentielle est l’étude de la Torah, mais que les besoins du moment, le danger qui existe, les conduisent à offrir de leur temps pour sauver des âmes.

La situation doit inspirer de la peine à ces élèves. Et, les guides spirituels de la Yechiva doivent leur expliquer tout cela. Il doivent leur dire que l’on attend, de leur part, deux comportements opposés. D’une part, ils doivent concentrer tous leurs efforts et leur foi sur l’endroit où ils sont envoyés. Par ailleurs, ils doivent comprendre qu’une telle action n’est pas leur but véritable et qu’ils ne s’y consacreraient pas, si ce n’était les besoins du moment, en cette période du talon du talon du Machia’h.

Vous présenterez cette idée aux élèves d’une manière plus développée que ce qui est exposé ici.

J) Vous trouverez ci-joint quelques bons d’envoi en port payé pour les activités communautaires des élèves de la Yechiva(10).

K) Vous concluez votre lettre en disant que, jusqu’à maintenant, vous ne m’avez pas envoyé de rapport détaillé alors que vous estimez désormais nécessaire de le faire. Il est dommage que vous ne l’ayez pas fait jusqu’à ce jour et il n’y a donc pas lieu de vous excuser pour l’introduction de cette manière de procéder.

Vous prêterez le baraquement dont vous disposez au réseau Ohaleï Yossef Its’hak, qui en a bien besoin.

Il n’était pas de mon intention de vous faire prendre en charge les responsabilités qui incombent à l’association des ‘Hassidim ‘Habad et de vous demander de mener vous-mêmes les démarches pour la Yechiva. Je voulais seulement dire que vous deviez les(11) encourager à l’action.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et pour que Dieu vous accorde la possibilité d’annoncer, très souvent, de bonnes nouvelles dans tous ces domaines,

M. Schneerson,

Notes

(1) De la Yechiva de Lod. (2) Dont il est question au paragraphe B. (3) Kfar ‘Habad. (4) Voir la lettre n°1533. (5) Le Rav Moché Gourary. (6) Ne pas enseigner ces métiers. (7) A financer l’une au détriment de l’autre. (8) L’échange entre les deux écoles ne retirera rien à l’une ou à l’autre. (9) De la ‘Hassidout. (10) A titre de participation financière, de la part du Rabbi. (11) Les membres de l’association des ‘Hassidim ‘Habad.

Lettre n°1650

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1650, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes ‘Hassidim ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’accuse réception, par la présente, de votre lettre de la veille de Chavouot, à laquelle était joint le compte rendu de votre réunion du 12 Iyar. Je suis un peu surpris que ce dernier ait tardé à ce point. J’ai été particulièrement satisfait des actions positives que vous avez organisées, à l’occasion de Lag Baomer. Il est dommage, comme vous l’écrivez vous-même, que vous n’ayez pas pu vous attarder en chaque endroit, sur le chemin du retour.

A ce propos, vous devez connaître la coutume des ‘Hassidim de l’Admour Haémtsahi, rapportée par mon beau-père, le Rabbi(1). En effet, le Rabbi demandait à ces ‘Hassidim, lorsqu’ils rentraient chez eux, au retour de Loubavitch, de s’arrêter dans tous les endroits qu’ils traversaient et d’y répéter des explications de ‘Hassidout.

B) Ces jours-ci, devrait arriver en Terre Sainte, le grand Rav et ‘Hassid, Rav Chalom ‘Haskind(2), l’un des jeunes membres de l’association des ‘Hassidim ‘Habad, ici. Il est mon émissaire, chargé de transmettre mon salut, en particulier à la jeunesse, de visiter les camps(3) et les Maabarot(4), les endroits où l’on a labouré et planté ou bien, si on ne l’a pas encore fait, où l’on s’engage actuellement à agir dans ce sens.

J’ai bon espoir que vous organiserez tout cela(5) de la meilleure façon. A n’en pas douter, comme pour chaque activité de mon beau-père, le Rabbi, la réussite sera considérable.

C) Je suis désolé de ne pas voir apparaître dans vos listes le nom de... Je n’en comprends pas la raison. Je suis sûr qu’il est inutile de lui citer pour preuve l’affirmation de nos Sages selon laquelle lorsque l’on décoche une flèche en l’air, celle-ci revient vers le sol, la pointe la première(6), car il se trouve, d’ores et déjà, sur la pointe.

Néanmoins, on doit lui expliquer la promesse de l’Admour Hazaken, exprimée au début du Torah Or, selon laquelle celui qui donne de la Tsédaka aura un cerveau et un cœur mille fois plus affinés. Il consultera également le Elyahou Rabba, au chapitre 13, qui dit : Aharon, le Grand Prêtre, attachait une chaîne à ses hanches et se rendait dans les maisons juives. Si quelqu’un ne savait pas lire le Chema Israël et prier, il lui enseignait la manière de le faire. Si quelqu’un n’avait pas accès à la connaissance de la Torah, il lui montrait comment l’acquérir.

Lettre n°1651

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1651, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Aux dirigeants de Kfar ‘Habad,

que Dieu leur accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu votre lettre, il y a quelques temps et j’en ai reçu une autre, de manière détournée ( !), dans laquelle on m’explique brièvement que l’on vous propose un prêt pour la construction de l’école professionnelle du Kfar. Les conditions de ce prêt ne sont pas précisées, pas plus que sa durée.

Il est inutile de vous rappeler à quel point tout cela est important et doit être réalisé au plus vite, si vous êtes assez satisfaits des conditions proposées, avant que quelqu’un d’autre ne prenne votre place. J’ai bon espoir que vous vous occupez de cela avec l’empressement qui convient et j’attends de vos bonnes nouvelles.

B) J’ai entendu que vous avez obtenu, par un moyen quelconque, une subvention de deux cent cinquante livres, au titre de la Chemitta(1). Vous voudrez bien me confirmer cette information et me donner des détails, à ce propos.

C) J’ai appris avec satisfaction que l’école Beth Rivka du Kfar se développe(2). A ce sujet, sa localisation actuelle n’est pas pleinement adaptée. Il est sûrement inutile de vous le préciser, mais l’on ne conseille l’empressement qu’à ceux qui possèdent cette qualité, par nature.

Vous ferez donc tout ce qui est en votre pouvoir pour attribuer à l’école Beth Rivka l’endroit qui lui convient, afin de pouvoir augmenter le nombre des bonnes élèves et, en outre, d’ajouter une classe dont les élèves, comme on peut l’espérer, deviendront rapidement des monitrices et des éducatrices.

J’attends de vos bonnes nouvelles dans tous ces domaines et également pour ce que j’évoquais dans ma précédente lettre, en particulier pour augmenter le nombre de ceux qui s’installent au Kfar.

Notes

(1) 5712 était effectivement l’année sabbatique de la terre. Voir, à ce propos, les lettres n°1197, 1215, 1216, 1221, 1247, 1343 et 1536. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1645.

Lettre n°1652

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1652, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5712,

Brooklyn,

Aux dirigeants du Collel ‘Habad en Terre Sainte,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) Le ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Yaakov Klibanov, de Chicago, nous a fait savoir que son épouse Vi’hna a quitté ce monde. Il est lui-même membre du Collel ‘Habad. Il faut donc appliquer à son épouse les dispositions du Collel ‘Habad pour les personnes décédées. Vous voudrez bien me confirmer que vous avez fait ce qu’il fallait pour elle.

B) Il me semble vous avoir déjà accusé réception des trois exemplaires du Michnat Yoël(1).

C) Pouvez-vous me donner des nouvelles de l’état de santé du ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Na’houm Dov Denenberg?

D) J’ai reçu, il y a quelques temps, une lettre du grand Rav et ‘Hassid, Rav Douber Eliézrov(2), qui m’a dit avoir fixé avec vous la mise en ordre des écrits et des manuscrits de la collection du grand Rav C.Y. L. E.(3), pour laquelle vous deviez lui venir en aide. Depuis, je n’ai eu aucune nouvelle.

Il serait bon de terminer tout cela au plus vite, afin de ne pas être devancé par quelqu’un d’autre(4). Il faut investir l’effort nécessaire et convenable pour disposer ici des écrits et des manuscrits présentant un intérêt, même s’il faut les restituer par la suite.

Je vous remercie de m’informer, de manière détaillée, sur tout cela.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Le secrétaire,

A Kwint,

Notes

(1) Recueil biographique sur l’Admour Hazaken. (2) Voir la lettre n°1644. (3) Rav Chlomo Yehouda Leïb Eliézrov. (4) Dans l’édition de ces livres.

Lettre n°1653

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1653, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chalom(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 20 Sivan et le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav H.M. A. Hadakov(2) m’a transmis le contenu de ce que vous lui avez écrit. J’ai été heureux de constater que vous reconnaissez enfin le caractère fructueux de votre travail. Que Dieu vous aide à le voir encore plus clairement et de vos yeux de chair.

Vous me dites que c’est fini, qu’un seul garçon est votre récompense, pour tout votre effort. Mais, vous donnez vous-même la réponse par la suite, lorsque vous dites que vous espérez venir ici, avec quelques uns de vos élèves(3), pour le 12 Tamouz(4).

Vous m’interrogez également à propos des missionnaires. A mon sens, il n’y a pas lieu de s’engager dans une discussion avec eux, su la base de la logique. Il faut chercher le moyen de mettre publiquement en évidence ce qu’ils sont, la manière dont ils abusent les créatures, ne révèlent pas leur véritable identité, ne disent pas qu’ils détournent les autres du droit chemin. Il faut également préciser que leur démarche est intéressée.

Il me semble qu’il y a, dans le périodique Jewish Life d’Iyar-Sivan, un article sur leurs activités dans le Bronx(5). Celui-ci vous sera peut-être utile.

Il est arrivé quelques fois qu’en voulant tromper les créatures, ces personnes soient conduites à consulter leurs prêtres et à diffuser publiquement leur avis. En effet, ces prêtres s’opposent aux mensonges et à la duperie qui sont les caractéristiques des missionnaires. Mais, il faut d’abord savoir quelle forme prend leur tromperie. De fait, ils ont presque systématiquement recours au mensonge.

Avec ma bénédiction,

N. B. : Je vous joins une copie de ma lettre écrite à propos de la fête de Chavouot. Peut-être vous sera-t-elle utile, dans l’influence que vous exercez sur votre entourage.

Notes

(1) Le Rav C.Rivkin. Voir, à son propos, la lettre n°1065. (2) Le Rav ‘Haïm Morde’haï Aïzik Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi. (3) Il est dit, en effet, que les élèves sont considérés comme des enfants. (4) Date de la libération du précédent Rabbi des prisons soviétiques. (5) A New York.

Lettre n°1654

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1654, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5712,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos questions, posées il y a quelques temps, à propos du discours ‘hassidique intitulé Les cieux sont Mon trône, qui est au début du Torah Or :

A) Il est dit que la Torah précéda le monde de deux mille ans, puis qu’elle se révéla dans les cieux et sur la terre. Vous me demandez s’il s’agit là de la même affirmation que celle qui figure dans le Zohar et la Idra Rabba, évoquant un chemin unique et les six cent treize voies de la Torah.

De façon générale, le Zohar fait allusion aux Mitsvot, dont l’origine est Kéter, la couronne et le crâne de l’enchaînement des mondes, comme l’explique Igueret Hakodech, au chapitre 20. C’est aussi ce que dit le paragraphe 6 du discours Sonnez du Choffar dans le mois, prononcé en 5691(1), que vous citez dans votre lettre. Ce texte dit que les six cent treize voies se trouvent également dans le crâne. La Torah, à l’opposé, émane de la Sagesse, comme le dit Igueret Hakodech.

Parfois, ce passage du Zohar est considéré comme désignant la Torah. Néanmoins, il la décrit telle qu’elle se trouve en Kéter. Vous consulterez le Likouteï Torah Bamidbar, à la page 11d.

B) Quelle relation y a-t-il entre Bina, l’attribut d’analyse raisonnée, celui de la méditation et la miséricorde céleste, qui permit la création de la Torah?

Le Likouteï Torah sur trois Parachyot, à la page 1b, dit à ce propos : On consultera le chapitre 45 du Tanya. Ainsi Bina se révèle à Yom Kippour parce que l’on met en éveil l’Attribut de miséricorde.

Vous consulterez le Tanya, à cette référence et les notes du Tséma’h Tsédek sur cette question, qui sont imprimées dans le fascicule des Rechimot sur E’ha, à la page 22.

C) Vous citez le fait que les Attributs de l’émotion se soumettent et s’intègrent en leur source. Vous demandez s’il s’agit là des dix Sefirot cachées.

En réalité, ceci fait allusion à la source des Attributs de l’émotion, c’est-à-dire aux sept Attributs tels qu’ils sont inclus en Bina. Le Likouteï Torah sur trois Parachyot décrit longuement tout cela, aux pages 1c et 6c, de même que la séquence des discours ‘hassidiques édités pour Roch Hachana, cette année(2).

D) La Torah se trouvait déjà dans le monde(3), lors de sa révélation. Pourquoi un effort des hommes fut-il alors nécessaire?

On peut répondre à cette question en considérant la différence qui existe entre l’étude de la Torah précédant la prière et celle qui la suit. Vous consulterez le Likouteï Torah Bera’ha, à la page 96b et d’autres textes encore.

E) Il est écrit que le Roua’h(4) et la Nechama(5) de l’homme se trouvent au fond de son cœur. Puis, à la fin de ce discours, on explique qu’ils y occupent seulement une place superficielle.

La fin du discours dit aussi qu’une petite partie d’entre eux pénètre profondément dans le cœur. De fait, la Lumière qui pénètre les mondes n’est qu’une petite partie de celle qui les entoure.

Vous consulterez, à ce propos, le chapitre 48 du Tanya, de même que les additifs au Torah Or, au discours intitulé si l’on place, où il est dit que l’inclusion est, en fait, l’introduction de la Lumière dans le réceptacle.

F) La révélation de Dieu parla à Moché est possible grâce à l’Injonction tu aimeras, comme l’établit clairement le Likouteï Torah sur trois Parachyot, à la page 11c.

Vous consulterez également le Imreï Bina, à la porte du Chema Israël, à la fin

du chapitre 43.

G) A propos du verset la terre est Mon marchepied, il est expliqué que les Mitsvot que l’on met concrètement en pratique permettent l’élévation du pied, c’est-à-dire celle des âmes juives, là-haut et de l’homme, ici-bas.

Ainsi, les trois Sefirot les plus inférieures, Nétsa’h, Hod et Yessod, qui sont plus basses que le corps et correspondent aux deux hanches et au pied, connaissent l’ascension vers les Attributs de l’intellect. Pour cela, elles rejoignent les autres Sefirot de l’émotion(6), qui sont ainsi au nombre de six. Puis, elles s’élèvent vers celles de l’intellect et deviennent ainsi dix.

Tout cela est expliqué, par le détail, dans le Likouteï Torah sur trois Parachyot, à partir de la page 8a.

H) L’âme qui se trouve dans un corps peut réaliser l’union entre la Torah et le Saint béni soit-Il. On peut le justifier de deux manières.

D’une part, elle entre ainsi en contact avec les parcelles du système de Tohou qui se trouvent dans celui de Tikoun(7). De plus, et ce point est essentiel, ce qui est accompli ici-bas permettra d’obtenir, très bientôt et de nos jours, Amen, la révélation divine dans tous les mondes et même dans les stades encore plus élevés de la création.

En effet, l’âme est telle une corde attachée là-haut. Vous consulterez, à ce propos, le chapitre 5 d’Igueret Hatechouva, le début du Kountrass A’haron, dernière partie du Tanya, la seconde note sur le chapitre 40 du Tanya. Vous verrez aussi le discours ‘hassidique du Chabbat qui bénit le mois de Sivan 5712(8).

I) L’explication du discours ‘hassidique intitulé tout comme les cieux, au paragraphe 4, fait référence à trois Vav mentionnés par le verset et il voyagea.... Elle précise, en fait, quelle est la source du dévoilement. C’est, en l’occurrence, les lettres Youd.

Vous consulterez le Torah Or Vayétsé, commentant le discours intitulé Je reviendrai en paix dans la maison de mon père.

J) La force de pousser qui appartient à un végétal bien particulier se trouve également dans la terre et non dans la graine, celle-ci ne faisant que la mettre en éveil et permettant que se développe telle herbe et aucune autre.

Vous consulterez Igueret Hakodech, à la fin du chapitre 20, le discours intitulé Il viendra revêtu d’un habit royal, au chapitre 26 et le grand discours intitulé et ainsi(9), au chapitre 44.

Avec ma bénédiction pour renforcer votre soumission à la Torah et pour affiner vos sentiments,

M. Schneerson,

Notes

(1) 1930, du précédent Rabbi. (2) Qui figurent au début du Séfer Hamaamarim 5709. (3) Elle était connue déjà auparavant. (4) L’aspect sentimental de l’âme. (5) L’aspect intellectuel de l’âme. (6) ‘Hessed, Guevoura et Tiféret. (7) Qui sont investies dans la matière du monde et que l’on ne peut donc appréhender qu’à travers son corps. (8) 1952, du Rabbi. (9) Du Rabbi Maharach.

Lettre n°1655

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1655, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5712,

Brooklyn,

Aux dirigeants de la Yechiva Loubavitch de Richon Letsion,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 17 Sivan et à la précédente, par lesquelles vous me faites part de l’organisation de la Yechiva. Vous me dites également que vous avez l’intention d’organiser une fête, le 13 Tamouz, pour l’ouverture officielle de la Yechiva.

Que Dieu fasse que vous connaissiez la réussite et qu’Il multiplie le nombre de vos élèves, quantitativement et qualitativement, c’est-à-dire par le nombre et par la valeur, puisque la Yechiva porte le nom de Loubavitch.

C’est le 13 Tamouz que fut libéré mon beau-père, le Rabbi. Il affirma alors que sa délivrance n’avait pas une dimension personnelle, qu’elle était une victoire de portée générale, pour tout ce qui concerne la Torah et le Judaïsme. Dieu fera que vous soyez les canaux et les émissaires pour réaliser tout cela dans votre entourage.

La Yechiva Loubavitch que vous dirigez sera donc le centre illuminant son environnement par la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière, par le luminaire de la Torah, qui en est la dimension profonde, avec un esprit d’abnégation, conforme à la volonté de nos maîtres.

Vous transmettrez mon salut à tous ceux qui vous viennent en aide et qui participent à la direction de cette institution.

Avec ma bénédiction pour vous, pour le professeur, le recteur et pour les élèves,

Lettre n°1656

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1656, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5712,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de la Yechiva Loubavitch de Montréal,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 20 Iyar, dans laquelle vous évoquez la fête de conclusion de votre collecte annuelle et l’élection du comité exécutif pour l’année 5712-5713. Lorsque je me trouvais auprès du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’ai mentionné le nom des membres de ce comité, pour qu’ils connaissent la bénédiction et la réussite, dans leurs préoccupations collectives et individuelles.

Vous trouverez ci-joint la lettre que j’adresse au comité exécutif. Pour des raisons bien évidentes, elle est rédigée dans la langue du pays.

Que Dieu vous accorde la réussite dans votre mission sacrée, à vous et aux membres du comité exécutif, une réussite spirituelle et matérielle à la fois. Que la situation de la Yechiva soit conforme à la volonté de son fondateur et dirigeant, mon beau-père, le Rabbi. Que vous ne soyez pas confrontés à des difficultés et à des obstacles dans le domaine financier ou face à l’opposition. Que vous ne subissiez pas même l’obscurité et le voile inhérents à chacun, du fait du corps, de l’âme animale et de la logique naturelle.

Et, que Dieu accorde à chacun d’entre nous de réaliser la mission qu’Il nous confie en ce monde, avec la largesse physique et morale.

Avec ma bénédiction de réussite, matérielle et spirituelle, dans vos préoccupations collectives et personnelles,

J’ai bien reçu votre lettre du 15 Sivan. Conformément à votre demande, ma réponse a été transmise par téléphone.

Sans doute recherchez-vous, avec l’empressement qui convient, le moyen d’utiliser de la meilleure façon la période des vacances. Les élèves sont alors libérés des études séculaires et il est donc possible de graver les études sacrées, avec encore plus de force, dans leur cerveau et dans leur cœur.

Lettre n°1657

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1657, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5712,

Brooklyn, New York,

Je te salue et te bénis,

Comme je te l’ai dit, avant ton départ, il serait bon que ta visite soit empreinte de détermination. Cela ne veut pas dire qu’il faille repousser les autres, ce qu’à Dieu ne plaise. Pour autant, il faut que ton attitude soit déterminée. Tu dois commenter la partie révélée de la Torah, la ‘Hassidout, te consacrer aux activités communautaires, élever le moral des élèves et également celui des professeurs.

En effet, tu ne parles pas en ton nom propre et tu es chargé d’encourager les élèves, les professeurs, dans toute la mesure du possible, pour obtenir le meilleur résultat. Tu trouveras donc la détermination nécessaire dans la sainteté de ta mission, dans sa grande importance. Il est clair qu’elle ne doit pas manquer lorsque cette mission est celle de notre chef, mon beau-père, le Rabbi.

Néanmoins, tout cela doit se passer calmement. Il ne faut pas briser l’autre, ce qu’à Dieu ne plaise, ou l’amoindrir.

Avec ma bénédiction de réussite,

Lettre n°1658

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1658, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 17 Sivan avec plaisir, bien que son contenu ne soit pas de nature à réjouir, puisque vous vous plaignez de votre état de santé. Néanmoins, j’ai été satisfait de recevoir votre lettre, qui faisait suite à une période de silence. Et, j’émets le vœu que vous m’adressiez, très prochainement, une lettre réjouissante, concernant votre état de santé physique et également moral.

Vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi(1), selon lequel

il est interdit de médire d’un Juif, y compris s’il s’agit de sa propre personne. Vous savez aussi que les Décisionnaires font une différence entre la médisance et la calomnie. Ils précisent qu’il y a calomnie uniquement dans la mesure où l’on dit un mensonge, alors que la médisance s’étend également à ce qui est vrai. Malgré cela, cette dernière cause du tort à trois personnes(2), comme le précisent nos Sages.

Ceci peut être comparé à ce qui est dit de la prophétie, laquelle, pour se révéler de manière effective, devait faire l’objet d’une action concrète de la part de celui qui la recevait. Vous connaissez également l’habitude des Grands de notre peuple(3) qui, lorsqu’ils découvraient une explication nouvelle de la Torah, l’exprimaient oralement, afin de lui conférer une existence, dans ce monde inférieur.

Il en est de même pour le tort causé par la médisance, même si elle correspond à la vérité. En effet, elle la révèle à l’évidence, par l’expression orale et lui confère une puissance accrue, qu’elle n’aurait pas eue si elle était restée cachée, auquel cas ses conséquences se seraient marquées moins clairement.

J’espère qu’en recevant la présente lettre, vous aurez eu le temps d’agir auprès de vos voisins, à l’hôpital(4). Vous m’annoncerez de bonnes nouvelles également dans ce domaine.

Avec ma bénédiction de prompt rétablissement et de bonne santé,

Je viens de recevoir votre lettre du 2 de ce mois. Je vous remercie de m’annoncer que vous allez mieux, et à quiconque ajoute...(5).

Notes

(1) Voir la lettre n°1593. (2) Celui qui médit, celui qui l’écoute et celui dont il est question. (3) Voir, à ce propos, le Séfer Hamaamarim Haketsarim de l’Admour Hazaken, à la page 464, de même que la lettre n°1792. (4) Pour les rapprocher de la Torah et des Mitsvot. (5) De bonnes nouvelles, on ajoute des bénédictions.

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