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Iguerot Kodesh — lettres 1578 à 1597

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1578

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1578, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 5/13, dans laquelle vous me demandez un conseil, de la part de votre fils, à propos du parti qu’on lui propose. En effet, il n’est pas certain que les parents de cette jeune fille pourront l’aider financièrement, de manière conséquente.

Voici quel est mon avis. Vous me dites qu’elle possède des qualités qui conviennent à votre fils. C’est bien là le point essentiel de cette proposition. Et, Dieu les aidera à subvenir à leurs besoins. Sans doute, les parents de l’un et de l’autre les aideront-ils, au moins dans un premier temps. Bien plus, vous me dites que les parents de cette jeune fille possèdent une fabrique.

Vous m’écrivez aussi que le Rav... vous en veut sûrement, car on avait pensé à sa fille pour votre fils. Je ne sais que répondre à cette question, ne connaissant pas les détails et en particulier jusqu’à quel point il y a eu un engagement, en la matière. Si votre fils n’a pas rencontré cette jeune fille et que vous n’aviez rien formalisé, il n’y a pas lieu d’en tenir compte. A l’opposé, si votre fils s’est engagé envers elle, il doit lui demander pardon. Sans doute m’écrirez-vous plus de détails, sur ce point.

Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je mentionnerai votre nom, celui de votre épouse et celui de votre fils, pour la satisfaction des besoins de chacun.

Je vous souhaite une joyeuse fête de Chavouot.

N. B. : Sans doute lisez-vous des Tehilim chaque jour et vous étudiez un passage du ‘Houmach. Votre épouse donne, elle-même, de la Tsédaka pour Rabbi Meïr Baal Haness, chaque fois qu’elle allume les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes, comme je vous l’ai déjà écrit dans mes précédentes lettres.

Lettre n°1579

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1579, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Chalom Posner, que vous allez mieux et que vous avez pu rentrer chez vous. Sans doute votre état continuera-t-il à s’améliorer.

En effet, nos Sages disent que l’on doit connaître l’élévation en tout ce qui touche à la sainteté. Et le Rambam précise, dans ses lois des opinions, chapitre 4, que le fait d’avoir un corps en bonne santé est partie intégrante du service de Dieu. Il s’agit donc bien d’un moyen de connaître l’élévation dans ce domaine de la sainteté.

Et, mon beau-père, le Rabbi, a raconté qu’une fois, son père l’appela, lui montra sa main et lui dit: Comme elle est précieuse! Tant de Torah et de Mitsvot ont été déversées pour elle!.

La fête de Chavouot, temps du don de notre Torah, approche. Or, lorsque la Torah fut donnée, tous les enfants d’Israël étaient en bonne santé(1), comme le rapporte le Midrach Chemot Rabba. Que Dieu vous accorde donc une bonne santé et que vous receviez la Torah de manière joyeuse et profonde(2).

Avec ma bénédiction pour une fête joyeuse,

Notes

(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1568 et 1620. (2) Le Rabbi précise dans d’autres lettres: Selon la formule de la bénédiction que donnait mon beau-père, le Rabbi.

Lettre n°1580

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1580, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous ne voyez pas le fruit de votre étude(1).

Nos Sages affirment que celui qui dit avoir fait des efforts et avoir réussi, crois le; celui qui dit ne pas avoir fait des efforts...(2). En conséquence, il est bien clair que, si vous consentez l’effort nécessaire, pendant votre étude, vous en verrez le résultat.

Mais, il faut vous conformer aux temps d’étude fixés par la direction de la Yechiva, afin que la bénédiction(3) se révèle au plus vite.

Que Dieu vous accorde d’étudier la Torah en Le craignant et de manière fructueuse.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Qu’aucun progrès n’est constaté. (2) Et avoir, néanmoins, réussi, ne le crois pas. (3) Pour voir le fruit de cette étude.

Lettre n°1581

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1581, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 21 Iyar, dans laquelle vous me faites part de l’amertume que vous éprouvez, à cause de vos vieux amis, à la synagogue. Il semble que vous en soyez découragé, de même que votre épouse. Je suis surpris de votre réaction, car c’est une situation courante, pour les rabbins et les responsables communautaire, dans toute communauté vivante.

Au sein des personnes qui s’occupent d’une communauté, il y a toujours plusieurs conceptions et il est possible que certains ne soient pas satisfaits des initiatives prises par les dirigeants. Il ne faut pas s’en affecter. Dans la mesure du possible, il faut tenir compte de leur avis, sans, bien sûr, faire de compromis sur les points essentiels et sur tout ce qui peut permettre le développement de la communauté. Vous trouverez sûrement vous-même le moyen d’obtenir l’intérêt maximal avec le minimum de peine et d’insatisfaction.

Vous me demandez si vous devez vous intéresser à l’acquisition d’une maison. Il est, en effet, bon de s’y intéresser, bien qu’il soit préférable de déménager à la fin de l’été plutôt qu’au début. Dieu vous viendra en aide pour découvrir ce qui vous convient le mieux, en ce qui est lié à la synagogue et au Talmud Torah comme pour ce qui concerne la maison.

Vous me dites que vous pensez venir ici, dans un mois environ et que vous comptez faire le voyage en voiture. Vous ferez donc preuve de toute la prudence nécessaire et vous vous reposerez, s’il le faut. Peut-être serait-il bon de vous arrêter dans une ville ou deux, afin d’y mener une action pour promouvoir la pratique juive, en fonction des besoins que vous constaterez. Car, qui sait ce que dispose la divine Providence? Et, vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel un effort n’est jamais vain, surtout s’il est lié à une action concrète. A n’en pas douter, de telles semailles feront, tôt ou tard, pousser des fruits.

Vous n’évoquez pas votre état de santé et celui de votre épouse. C’est sans doute un bon signe.

Je ne sais pas s’il est nécessaire de rappeler à monsieur et madame... leur engagement concernant les principes de la pureté familiale, qui ne s’appliquent pas uniquement avant et après une naissance, mais aussi maintenant et pour toute leur vie. Il me semble que cela était évident, dans notre discussion. Néanmoins, on ne peut tolérer le doute pour un point aussi important. Il faut donc le leur dire, de manière diplomatique, mais sans ambiguïté.

Avec ma bénédiction pour une fête de Chavouot joyeuse et pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Lettre n°1582

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1582, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Iyar 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

le Rav Avraham ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Il est dit que celui qui prie pour son ami est exaucé le premier. Que Dieu fasse donc que vous ayez une bonne santé, que vous puissiez vous consacrer à la Torah et au service de Dieu, avec le calme de l’esprit et du corps, pour célébrer et exalter la Torah, que vous soyez à même, en particulier, de clarifier l’enseignement de nos saints maîtres.

J’aimerais savoir si vous avez reçu, en leur temps, les colis de viande que mon bureau de Paris a souhaité vous envoyer. Quand vous sont-ils parvenus et combien en avez-vous reçu ?

J’ai eu l’occasion de voir ce qui est dit de la lecture du Nassi(2) dans un exemplaire du Hamodya datant d’avant Pessa’h, qui est parvenu jusqu’à moi. Vous savez que mon beau-père, le Rabbi, a indiqué comment devait être faite cette lecture. Les ‘Hassidim auraient donc dû diffuser son enseignement, afin que tous adoptent le même comportement et je suis surpris que cela n’ait pas été le cas.

Il aurait donc fallu rappeler cet enseignement, qui est imprimé dans le Hayom Yom, afin que le peuple ne se répartisse pas en deux camps. Peut-être ne disposiez-vous pas de ce livre, à ce moment.

Je vous joins un bon d’envoi en port payé d’un montant de vingt(3). Il s’agit d’une aide, puisque vous m’avez fait savoir que vous préparez l’impression du septième tome du Ketsot Hachoul’han. Puisse Dieu faire que vous connaissiez le succès, dans ce domaine.

Nous nous apprêtons à publier le texte des Seli’hot selon notre coutume(4), tel qu’il figure dans le Sidour Torah Or et à rééditer le rituel de Roch Hachana et de Yom Kippour. Si vous avez des remarques ou des explications à formuler à ce propos, je vous remercie de me le faire savoir. Le plus vite serait le mieux.

Puisse Dieu faire que nous célébrions tous, avec l’ensemble des enfants d’Israël, la fête de Chavouot de la manière qui convient et, selon le texte de la bénédiction qu’accordait mon beau-père, le Rabbi, que l’on reçoive la Torah avec joie et profondeur.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

Notes

(1) Le Rav A.H. Naé, de Jérusalem. Voir, à son propos, la lettre n°1318. (2) Du passage décrivant le sacrifice des chefs de tribu effectué à l’occasion de l’inauguration du Sanctuaire, qui est lu pendant les douze premiers jours de Nissan, chaque jour correspondant à une tribu. (3) Shekels. (4) Voir la lettre n°1318.

Lettre n°1583

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1583, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Iyar 5712,

Brooklyn,

Au Rav, ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Avraham ‘Hano’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 9 Iyar, dans laquelle vous me demandez mon avis sur la date à laquelle vous devez fixer votre mariage, en un moment bon et fructueux.

A mon avis, s’il n’y a pas d’impossibilité, il serait bon de le fixer en Elloul(2) prochain, mois de la miséricorde, particulièrement propice pour le mariage. Puisse Dieu faire que vous bâtissiez un foyer éternel, basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont illuminées par le luminaire de la Torah, qui est la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

N. B. : Je suis surpris de n’avoir pas eu de nouvelles, depuis longtemps, de ce que vous imprimez dans les journaux(3) et de l’avancement de la traduction en Hébreu du Beth Rabbi(4). Vous me direz sûrement ce qu’il en est dans votre prochain courrier.

Notes

(1) Le Rav A.H. Glitsenstein, de Jérusalem. Voir, à son propos, les lettres n°1365 et 1754. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1687. (3) Des articles sur la ‘Hassidout, paraissant dans les périodiques religieux, en Erets Israël. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°1365 et 1687.

Lettre n°1584

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1584, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 3 Iyar. Entre temps, vous avez dû vous-même recevoir ma réponse à la question que vous aviez posée, puisqu’elle était adressée à la direction du réseau(1), dont vous faites partie.

Vous me parlez de votre situation particulière et de vos difficultés pour assurer votre subsistance. Le grand mérite que constitue votre œuvre sacrée, consistant à fonder et à développer le réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, qui porte le nom de mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération, vous permettra de satisfaire tous vos besoins, de même que ceux de votre famille, matériellement et spirituellement.

Le verset dit: Si vous marchez dans Mes Décrets et Rachi explique: En faisant porter vos efforts sur la Torah. Alors, Je donnerai vos pluies en leur temps et les livres sacrés expliquent, à ce propos, que l’on reçoit ainsi tous les biens matériels(2), bien plus, que ceux-ci parviennent en leur temps.

Puisse Dieu faire que vous puissiez vérifier de vos yeux de chair qu’il en est bien ainsi, très prochainement.

Avec ma bénédiction afin de recevoir la Torah avec joie et profondeur, pour vous et pour tous les membres de la direction(3),

Notes

(1) Ohaleï Yossef Its’hak Loubavich. (2) Le terme hébraïque Guéchem désigne à la fois la pluie et les biens matériels. (3) Du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch.

Lettre n°1585

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1585, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’apprenez que vous avez commencé vos études à la Yechiva Torat Emet(1). Vous sollicitez ma bénédiction pour que ces études soient fructueuses.

Nos Sages disent que: celui qui dit qu’il a fait des efforts et que ceux-ci ont été couronnés de succès, crois le. Tout dépend donc de vous, surtout en ces jours propices, où l’on s’apprête à recevoir la Torah. Vous devez donc graver en votre esprit la manière de se préparer à la recevoir, qui est la proclamation selon laquelle nous ferons et (ensuite) nous comprendrons.

Ces deux points(2) existent, l’un et l’autre, au sein de l’étude de la Torah. En effet, il faut d’abord l’envisager par soumission, même si l’on ne comprend pas la nécessité de l’effort moral et physique qui est nécessaire, pour l’étudier. C’est seulement par la suite que l’on parvient à la comprendre.

C’est de cette façon que l’on reçoit la Torah, que l’on a le mérite de l’étudier de manière fructueuse, en craignant Dieu et de l’interpréter avec exactitude. Différents textes de la ‘Hassidout, qui est la Parole du Dieu de vie, expliquent tout cela.

Avec ma bénédiction pour une étude de la Torah pénétrée de crainte de Dieu,

Notes

(1) La Yechiva Loubavitch de Jérusalem. (2) Le nous ferons et le nous comprendrons.

Lettre n°1586

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1586, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Elyahou Zéev(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu le texte de l’appel que vous avez lancé à propos du Mikwé et je vous en remercie. Il est bon qu’il soit rédigé en Yiddish. Néanmoins, il serait judicieux de le publier également, au moins en résumé et en en adaptant le contenu, dans la langue du pays. Je vous joins le texte d’un appel(2) qui avait été diffusé, en son temps, par le Ma’hané Israël.

Vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi(3), selon lequel un effort n’est jamais vain.

Avec ma bénédiction pour une fête de Chavouot joyeuse et pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Notes

(1) Le Rav E.Z. Berenholts. Voir, à son propos, la lettre n°877. (2) Ayant le même objet. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1581.

Lettre n°1587

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1587, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Au Rav et grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Moché Aryé Leïb(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, quoiqu’avec quelque retard. J’envisage maintenant les questions qui vous ont été posées:

A) Le début du Tanya commente l’affirmation de nos Sages selon laquelle: On la(2) fait jurer d’être un Juste. La ‘Hassidout explique que ce serment est un moyen de la rassasier de forces(3), comme le dit le Kitsourim Vehéarot sur le Tanya, à la page 57. C’est, de fait, pour cette raison que l’on peut jurer(4) d’accomplir une Mitsva, bien que l’on ait déjà prononcé un tel serment devant le mont Sinaï.

Vous faites remarquer que l’on ne comprend pas le sens de ce serment, si l’on examine la fin de ces paroles de nos Sages: Même si le monde entier te dit que tu es un Juste, continue à te considérer, à tes propres yeux, comme un impie.

Cette remarque n’est pas directement liée à l’explication de la ‘Hassidout selon laquelle le serment est à rapprocher de la satiété. Car, même au sens simple, lorsqu’est fait ce serment, il faut comprendre pourquoi il est nécessaire d’être à tes propres yeux, comme un impie, même si le monde entier te dit que tu es un Juste.

Pour revenir à votre question, ce serment présente différents aspects. Ainsi, disent nos Sages, Sache que le Saint béni soit-Il est pur et tous les aspects accessoires ne concernent le service de Dieu de l’homme que dans la mesure où ils lui permettent de mettre en pratique le contenu essentiel de ce serment, sois un Juste et ne sois pas un impie.

Il est donc particulièrement important de ne pas se tromper sur la manière de servir Dieu. Le comportement du Juste est diamétralement opposé à celui de l’impie. Bien plus, le Tanya explique que le Juste a le cœur détruit, ce qui veut dire qu’il n’a pas la perception du mal, n’a pas de mauvaises pensées. Il éprouve du dégoût pour le mal, applique le principe en toutes tes voies, connais-Le et parvient même à inscrire toutes ses préoccupations dans le domaine de la sainteté. Il peut apporter l’élévation à toute chose et ne doit donc rien repousser.

A l’opposé, le Beïnoni, qui est celui que le Tanya définit comme un impie doit analyser chaque situation pour déterminer si elle émane du cœur du Sage (qui) est à droite ou bien du cœur de l’insensé (qui) est à gauche. Si le doute se fait jour, il lui faudra adopter la position la plus rigoriste, puisqu’un principe de la Torah est en cause. Et, l’on comprend qu’une telle analyse doit être menée littéralement pour chaque action.

On peut citer également le septième chapitre du Kountrass Haavoda qui évoque l’adoption d’un niveau du service de Dieu supérieur à celui auquel on pourrait prétendre et qui décrit les inconvénients qui en résultent. Ceci permet de comprendre, y compris si l’on interprète au sens littéral l’affirmation selon laquelle même si le monde entier te dit que tu es un Juste, continue à te considérer, à tes propres yeux, comme un impie, que le terme de Juste est employé ici de manière figurée, pour désigner celui qui possède une majorité de bienfaits(5).

B) Le chapitre 15 d’Igueret Hakodech décrit la distance qui sépare le grand amour de Dieu qu’éprouva notre père Avraham et celui des Sefirot, dans les mondes supérieurs. Il dit: On pourrait penser que...(6). Mais, en réalité, cet amour est infiniment plus grand, plus merveilleux que celui de notre père Avraham.

Pour autant, l’amour d’Avraham conserve une relation avec celui des Attributs célestes et c’est pour cela qu’il dit: Je ne suis que poussière et cendre. La comparaison introduite par ces mots est la suivante. La poussière évoque la cendre résultant du bois qui existait à l’origine(7).

Vous posez la question suivante. La distance qui sépare l’infini de la limite est beaucoup plus grande que celle qui existe entre la poussière(8) et l’arbre, agréable à voir. Dès lors, quelle est la portée de cette comparaison?

Une explication claire peut être déduite d’une analyse précise des termes employés par l’Admour Hazaken. Evoquant la poussière et la cendre de l’arbre agréable, il parle, à différentes reprises de la nature de la poussière. Ceci répond à votre remarque selon laquelle la différence entre l’infini et la limite peut être quantitative, mais non qualitative. Combien plus est-ce le cas quand cette comparaison porte sur cette nature.

Ainsi, on peut comparer une goutte d’eau à toutes les eaux de l’océan, ou bien un individu à toutes les générations potentielles, ce qui évoque plus justement la limite et l’infini, ou encore un ange au nombre infini des cohortes d’anges. Il y a bien là, dans chaque cas, un état limité et un autre, infini. Pour autant, tous sont de même nature. Ils relèvent exactement de la même dimension qualitative.

En ce sens, il est exact de parler(9) de poussière et de cendre, comparées à l’arbre agréable. Dans ce cas, la différence se marque aussi bien quantitativement que qualitativement. Il est donc dit qu’ils ne peuvent être comparés, n’ont aucune commune mesure. Cette conclusion découle bien de l’image de la cendre et non de la comparaison entre la limite et l ’infini.

Notes

(1) Le Rav M.A. L. Shapiro. Voir, à son propos, les lettres n°234 et 1775. (2) L’âme, avant qu’elle ne s’introduise dans un corps. (3) Le terme Chevoua, serment, est de la même étymologie que Sova, satiété. (4) Le Rabbi note, en bas de page: Alors, on sera également engagé et rassasié de forces, chaque aspect ayant son apport spécifique. Cette idée ne sera pas développée ici. (5) Et, une minorité de fautes. Il n’est donc pas séparé du mal et ne peut être un Juste, au sens propre du terme. (6) La bonté et l’amour, dans les sphères célestes, est de la même nature et de la même catégorie que celle de notre père Avraham (7) Et qui a été brûlé pour prendre la forme de cette cendre. (8) Qui évoque la cendre. (9) Pour comparer l’amour de Dieu d’Avraham et celui des sphères célestes.

Lettre n°1588

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1588, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Morde’haï Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 16 Iyar, avec la demande de bénédiction qui lui était jointe et que je lirai, sans en faire le vœu, lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Il invoquera sûrement la miséricorde divine pour tous ceux qui y sont mentionnés, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins.

Que Dieu fasse que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, à ce sujet.

B) J’ai lu avec satisfaction ce que vous m’écrivez à propos de l’étude de la Michna par cœur. Vous savez à quel point nos saints maîtres ont souligné l’importance d’une telle pratique, comme l’établissent différentes causeries de mon beau-père, le Rabbi

Vous avez sûrement vu ce que j’ai expliqué(2), à mon humble avis, sur la valeur de cette pratique, telle que l’établit également la partie révélée de la Torah. Ce texte a été imprimé, en son temps, dans le Kovets Loubavitch.

C) Vous pensez commencer l’étude du Talmud par cœur et vous me demandez mon avis. Je ne sais pas ce que vous entendez par Talmud, s’il s’agit de la Michna, ce qui est, comme je l’ai dit, une excellente chose, ou de la Guemara(3).

Il serait bon de réciter par cœur, de temps à autre, des chapitres de Tanya, en particulier les douze premiers, avec l’avant propos, comme le souligne mon beau-père, le Rabbi, dans sa causerie de Sim’hat Torah 5691(4), prononcée à Riga(5).

D) A propos du Mikwé(6), j’aimerais savoir si celui-ci est conforme à l’avis du Rabbi Rachab. Si ce n’est pas le cas, vous le rectifierez sûrement, dans la mesure où cela n’est pas trop difficile, afin de le mettre en conformité avec cet avis.

E) J’ai été très peiné d’apprendre que rien n’avait été fait, pour l’heure, dans le domaine de l’éducation et que tous les enfants fréquentent l’école publique. J’en suis très surpris, car, dans différents pays, la loi impose qu’il en soit ainsi et l’on organise, néanmoins, des cours supplémentaires, plus précisément des cours essentiels, dans lesquels on enseigne les principes les plus importants pour les enfants juifs, les lois, les bénédictions, le ‘Houmach avec le commentaire de Rachi.

L’un des professeurs vous a dit que les parents ne souhaitent pas cet enseignement. Il n’est pas bon d’avoir foi en de telles choses. Vous connaissez sûrement l’affirmation du Rambam, maintes fois citée par la ‘Hassidout, selon laquelle chaque Juif, au profond de son cœur, est animé du désir de mettre en pratique la Volonté de Dieu. Vous consulterez également le chapitre 41 du Tanya, à la page 58a, qui dit: L’unification de son âme et son inclusion dans la Lumière de Dieu, afin de ne constituer, avec Lui, qu’une seule entité est sincèrement voulue par chaque Juif, de tout son cœur et de toute son âme, du fait de l’amour naturel qui est caché dans le cœur d’un Juif et qui le conduit à s’attacher à Lui.

Un effort n’est jamais consenti en vain(7), surtout lorsque l’on s’apercevra que votre démarche est désintéressée. J’espère avoir de vos bonnes nouvelles et je les attends. Vous m’annoncerez que cette action a été introduite et il est certain que vous connaîtrez la réussite.

F) Vous me dites que lorsque les discours ‘hassidiques sont répétés en version intégrale, l’auditoire ne les comprend pas et que, de ce fait, certains pourraient ne plus venir. Vous me demandez donc si vous pouvez les agrémenter d’un commentaire.

Il est, a priori, préférable de ne pas mélanger le grain et l’ivraie. S’il est nécessaire d’ajouter des explications, vous en trouverez sûrement la matière dans les causeries de mon beau-père, le Rabbi, dans des lettres ou dans des récits. Si cela ne suffit pas, il serait bon de trouver des illustrations dans ce qui est dit au cours des réunions ‘hassidiques, afin de conserver une relation avec ce que vous entendez décrire, ce qui n’est pas le cas des commentaires auxquels vous faites allusion, c’est bien évident.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Notes

(1) Le Rav M.Perlov, de Milan. Voir, à son propos, les lettres n°438, 1720 et 1824. (2) Il s’agit de la lettre n°132. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1720. (4) 1930. (5) Capitale de la Lettonie, où le précédent Rabbi résidait alors. (6) Voir les lettres n°1720 et 1547. (7) Voir les lettres n°1581 et 1586.

Lettre n°1589

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1589, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu votre lettre du 9 Iyar, dans laquelle vous me faites part de votre amertume de ne pas recevoir, de ma part, de réponse à vos lettres. J’ai déjà écrit à plusieurs ‘Hassidim que je m’efforce de satisfaire leurs requêtes, dans la mesure de mes possibilités et de lire, au plus vite, leur demande de bénédiction près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. En revanche, faire savoir que cela a été réalisé ne dépend pas complètement de moi, du fait de mes nombreuses occupations, des déceptions et des nombreuses lettres que je reçois.

Que Dieu satisfasse donc les besoins de chacun et leur accorde la réussite dans le temps et dans le service de Dieu. Et, quiconque conçoit de l’amertume doit savoir que ce sentiment n’est pas fondé, puisqu’aucun manque ne leur a été causé, en l’occurrence. C’est, en fait, moi qui manque de temps.

B) Vous me dites que l’on a proposé un parti à votre fille, puis que tout s’est arrêté et vous me demandez ce que j’en pense. Elle aura bientôt dix sept ans et vous ne savez pas s’il faut penser tout de suite à la fiancer ou attendre.

A mon sens, il ne faut pas adopter une position tranchée, dans un sens ou dans l’autre. Il faut s’y intéresser et le faire posément, sans se presser. Le moment venu, Dieu vous montrera sûrement ce qu’il y a lieu de faire, en la matière.

Vous me demandez s’il faut rechercher précisément un élève de la Yechiva Loubavitch. Il ne me semble pas qu’il faille être exclusif à ce point. Il suffit que celui qui vous est proposé puisse devenir un élève de cette Yechiva, c’est-à-dire qu’il soit capable de fixer un temps pour l’étude de la partie révélée de la Torah et pour la ‘Hassidout, d’adopter les coutumes et les pratiques des ‘Hassidim. Ainsi, on pourra espérer qu’en recevant l’influence qui convient de votre fille et des ‘Hassidim, il adoptera le comportement d’un élève de la Yechiva.

Comme vous le savez, j’ai déjà dit aux ‘Hassidim de votre ville que vous devriez faire paraître, de temps à autres, des articles dans les journaux nationaux, en particulier avant les fêtes. Ce pourrait être des explications de ‘Hassidout, des histoires ‘hassidiques judicieusement choisies. Car, le moment est enfin venu de repousser l’obscurité dans le monde entier, jusque dans son moindre recoin. C’est ensuite que l’on se prépare au jour tant attendu, lorsque la nuit éclairera comme le jour.

Je vous adresse ma bénédiction pour que vous gagniez largement votre vie, que vous connaissiez la réussite dans votre mission sacrée et dans vos préoccupations communautaires, que vous conceviez, avec votre épouse, une satisfaction juive et ‘hassidique de tous vos enfants.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Lettre n°1590

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1590, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, par les ‘Hassidim résidant en Terre Sainte, que vous avez visité ce pays. J’espère que vous ferez usage de votre visite en notre Terre Sainte de la manière la plus positive.

A mon sens, il est particulièrement utile que vous fassiez les recherches nécessaires pour vous marier. Sans doute, avez-vous, là-bas, des amis. Selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, tous les ‘Hassidim ne forment qu’une seule et même famille. Je suis donc convaincu que les ‘Hassidim, sur place, vous viendront en aide, dans ce domaine et dans les autres, dans toute la mesure de leurs moyens. Si vous investissez, en la matière, toute l’énergie nécessaire, Dieu vous fera connaître la réussite.

Je suppose qu’il est inutile de vous rappeler la signification du nom d’Erets Israël. Les Juifs ne sont pas les seuls à l’appeler ainsi. Toutes les nations en font de même et parlent de la Terre Sainte. Notre sainte Torah constate que vers elles sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année. Cela signifie qu’aussi proche de Dieu que l’on puisse être en dehors d’Erets Israël, on doit, néanmoins, ressentir une proximité de Dieu considérablement accrue, dès lors que l’on se trouve dans ce pays.

Celui qui se trouve dans un endroit d’une grande luminosité fermera les yeux et ne voudra pas les rouvrir pour vérifier que la lumière est toujours présente. Il prétendra donc qu’il est dans l’obscurité, mais ceci ne diminuera rien à la clarté de l’endroit. Il en est donc de même pour Erets Israël. Les yeux de l’âme peuvent ne pas être totalement ouverts, pour différentes raisons. Mais, cela ne change rien à la réalité. Il s’agit bien d’un pays vers lequel toujours, sont tournés les yeux de Dieu.

Lorsque l’on a le mérite de se trouver encore plus près du Saint béni soit-Il, il est certain que son âme en tire une force accrue pour mettre en pratique, dans l’existence quotidienne, toutes les bonnes résolutions. Lorsque l’on est en Erets Israël, on peut accéder à toutes les pratiques que l’on considérait comme inaccessibles et l’on s’aperçoit que cela est beaucoup plus aisé que ce que l’on imaginait auparavant. Non seulement, il n’en découle rien de négatif, ce qu’à Dieu ne plaise, mais l’on peut même s’en trouver aidé, en tous ses besoins.

Bien évidemment, mon but n’est pas de faire des discours, mais bien d’encourager l’action concrète. Chacun d’entre nous n’est pas intègre et entier, éprouve des manques dans certains domaines de la Torah et des Mitsvot. Bien souvent, on trouve le moyen de se justifier. On explique que l’on doit bien tenir compte de la nécessité de gagner sa vie, des voisins, de son propre corps.

Néanmoins, quand on médite, même un court instant, on comprend que Dieu a crée le monde entier et l’homme, qu’Il attend de lui un tel comportement, qu’Il ne peut pas attendre un acte de sa part s’Il ne lui a pas donné les moyens de le réaliser. Tout ne dépend donc que de l’homme lui-même.

On comprend également que Dieu, Qui est l’Essence du bien, ne demandera pas à l’homme de faire ce qui lui causera du tort. A l’opposé, celui qui met en pratique l’Injonction de Dieu ne Lui rend pas un service. Il est clair que rien ne Lui manque et Il se passe des bienfaits des hommes. C’est, en fait, un bien pour l’homme lui-même, qui connaît, en agissant ainsi, le bonheur matériel et spirituel.

Celui qui adopte le comportement prôné par Dieu sera véritablement heureux et, comme je l’ai dit, même s’il semble que cela est difficile, ce n’est, en réalité, qu’une épreuve que l’on pourra surmonter, avec l’effort qui convient. Bien plus, on se réjouira de cette épreuve, qui permettra d’agir, par la suite, d’une manière plus agréable et satisfaisante.

En ces jours, nous nous apprêtons, au sein de tout le peuple juif, à célébrer la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah. Nous devons donc graver en notre mémoire que la proclamation du peuple d’Israël, lors de ce don, fut: Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons. Chacun doit pouvoir, à l’heure actuelle, prendre le même engagement. C’est le moyen, pour chacun d’entre nous, de connaître une existence positive et heureuse, matériellement et spirituellement.

En vous souhaitant la réussite dans les domaines qui vous concernent et pour que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles, à ce propos,

Lettre n°1591

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1591, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que votre frère n’acceptera jamais certains aspects de la pratique des Mitsvot. Il faut espérer que c’est seulement là le discours qu’il tient maintenant. Par la suite, lorsque la jeune fille(1) évoquera le sujet avec lui, lorsque vous-même et les amis qui vous aideront lui en parlerez également, il finira par se rapprocher, peu à peu.

Le verset constate, en effet, que je le(2) chasserai peu à peu. Néanmoins, il faut bien lui montrer qu’il ne s’agit pas d’une guerre, qu’on ne cherche pas à le vaincre.

J’espère que vous pourrez bientôt me donner de bonnes nouvelles, à ce propos.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Notes

(1) Avec laquelle il lui est proposé de se marier. (2) Le mauvais penchant. Ceci doit être progressif.

Lettre n°1592

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1592, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me parlez de ceux qui se plaignent d’être dernièrement confrontés à des difficultés commerciales. Peut-être ont-ils limité, l’an dernier, leur participation à la Tsédaka consacrée à la Torah et à la crainte de Dieu. Il serait bon qu’ils augmentent cette participation, à l’avenir, en une proportion qui leur semble au dessus de ce qu’elle devrait être réellement.

Nos Sages nous donnent l’assurance suivante: Prélève la dîme afin de t’enrichir(1). A propos de la Mitsva de Tsédaka, en particulier, Dieu dit: De grâce, mettez Moi à l’épreuve, dans ce domaine.

De même, il serait bon que les femmes, avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes, prélèvent une petite somme pour la Tsédaka de Rabbi Meïr Baal Haness(2).

Dieu leur donnera la réussite, de même qu’aux femmes et aux enfants, dans tout ce dont ils ont besoins. Ils recevront tous la Torah, de manière joyeuse et profonde, au sein de tout le peuple d’Israël.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

Notes

(1) Maasser, dîme, est de la même étymologie que Ocher, la richesse. (2) Le Collel ‘Habad, à Jérusalem.

Lettre n°1593

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1593, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 4 Iyar et, comme vous me l’avez demandé, j’ai mentionné votre nom et celui de votre épouse, lorsque je me suis rendu près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que soient satisfaits tous vos besoins.

Vous vous plaignez de votre situation morale. Il vous semble que toute évolution positive est passagère(1). Vous connaissez le proverbe(2) de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel il est interdit de médire d’un Juif, même s’il s’agit de soi-même. De même, commentant le verset nous étions comme des rêveurs, les discours ‘hassidiques, en particulier, le Torah Or, au début de la Parchat Vayéchev, disent que l’on peut, après avoir fait un effort positif, s’apercevoir que l’on se trouve encore dans une situation inverse à ce qu’elle devrait être. Malgré cela, l’effort a bien été réel. C’est ainsi que deux faits opposés peuvent se réconcilier, dans le rêve.

En tout état de cause, même si vous aviez raison, se plaindre n’est pas une solution. L’action concrète est primordiale et il faut commencer par ce qui est le plus simple, par exemple adopter les trois études, concernant chacun, qui ont été instaurées par mon beau-père, le Rabbi, celles du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, qui vous sont sûrement connues. Il faut aussi diffuser les sources(3), c’est-à-dire exercer son influence sur son entourage pour qu’il adopte les pratiques ‘hassidiques de la manière qui convient.

Ce sont là des moyens sûrs, qui ont fait leur preuve, pour que soit exaucée une prière émanant du fond du cœur, pour que Dieu vous aide à devenir une autre personne. Lorsque l’on emprunte ce chemin et qu’on le fait selon ses propres moyens, ce que chacun peut accomplir, ce qui est même très aisé, comme l’explique le Tanya, on obtient de Dieu le succès et l’on modifie effectivement son comportement, on transforme sa nature.

Que Dieu vous donne la réussite, afin que vous puissiez annoncer de bonnes nouvelles, me dire que vous avez rapproché votre entourage de la ‘Hassidout, ce qui fera la preuve que vous vous élevez vous-même dans le bien.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Notes

(1) Textuellement le temps qu’il faut pour se calmer. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°753, 1621, 1642 et 1658. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°1594

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1594, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai pris connaissance avec plaisir des remarques que vous avez formulées en étudiant le chapitre 27 d’Iguéret Hakodech. Vous me demandez quel est mon sentiment.

J’ai en ma possession un fascicule(1), prêt à être édité, qui traite du fait de se rendre auprès du tombeau du Juste(2). On y trouvera ce chapitre, l’explication sur la visite au tombeau du Juste de l’Admour Haémtsahi, un discours du Tséma’h Tsédek et un autre de mon beau-père, le Rabbi, consacré à ce sujet, de même qu’une réponse du Maharil de Yanovitch(3) sur la possibilité pour les Cohanim de se rendre à Haditch(4).

Dans ce fascicule, j’inclus également des commentaires sur ce chapitre d’Igueret Hakodech qui répondront à votre question. Il est difficile de renouveler ce qui a été fait anciennement et de reproduire ici ces explications. Si la parution de ce fascicule était retardée, mes commentaires vous seront peut être communiqués, afin de vous satisfaire.

Notes

(1) Qui, semble-t-il, n’a pas été édité. (2) Sujet dont traite le chapitre 27 d’Igueret Hakodech, la quatrième partie du Tanya. (3) Rabbi Yehouda Leïb, frère de l’Admour Hazaken. (4) Où est enterré l’Admour Hazaken.

Lettre n°1595

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1595, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Iyar 5712,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre, par laquelle vous m’apprenez que vous vous êtes fiancé avec le jeune homme, ‘Hassid qui craint Dieu, Rav... Vous sollicitez ma bénédiction pour que votre union soit scellée en un moment bon et fructueux. Vous me dites aussi que vous n’êtes pas issue d’une famille ‘hassidique et que n’avez donc pas grande connaissance de ce que vous devez savoir. Néanmoins, vous chercherez à acquérir ces connaissances au plus vite, par l’intermédiaire de votre belle famille.

J’ai lu votre lettre avec satisfaction. Je vous accorde ma bénédiction, ainsi qu’à votre fiancée, pour que vous fixiez votre mariage en un moment fructueux, qu’il soit célébré avec bonheur et vous permette de bâtir un foyer juif, basé sur la Torah et les Mitsvot, comme l’explique la ‘Hassidout, de même que sur les coutumes et les pratiques ‘hassidiques.

Vous écrivez que vous n’êtes pas issue d’une famille ‘hassidique, mais vous ne devez avoir aucune crainte, à ce sujet. Selon le proverbe de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, la ‘Hassidout s’adresse à tout le peuple juif. Elle est exprimée et a été transmise sous une forme qui la rend accessible à chacun, homme ou femme. Tous peuvent mettre en pratique ses enseignements, dans leur existence quotidienne. Il suffit de le vouloir pour que Dieu en donne la possibilité et permette de l’appliquer dans sa vie.

Nous nous apprêtons à célébrer le don de la Torah dans quelques jours. Vous savez sans doute ce que raconte le Midrach, rapportant la Parole de Dieu à Moché, qui lui demandait de transmettre la Torah d’abord aux femmes. Il y a là un enseignement s’appliquant, chez les Juifs, dans différents domaines.

Lorsque l’on s’apprête à bâtir une maison, en particulier, qu’elle soit individuelle ou collective, on doit savoir que la responsabilité en repose essentiellement sur la femme, qui est la maîtresse de maison, son aspect essentiel. La pratique démontre, de manière incontestable, qu’il en est bien ainsi. La conduite du foyer, l’éducation des enfants en particulier et même le comportement du mari dépendent d’elle.

Une femme doit donc avoir une pleine conscience de la mission qui lui incombe. Et, elle peut être certaine que Dieu, Qui attend tout cela d’elle, lui en donne les forces et les moyens, dont elle peut faire usage dans son existence quotidienne.

Que Dieu vous aide à constituer votre foyer et à adopter le comportement qui vient d’être défini. Vous célébrerez joyeusement la fête de Chavouot, puis vous aurez, pendant tout le reste de l’année, une vie de Torah et de Mitsvot.

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°1596

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1596, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Iyar 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre fidèlement aux besoins communautaires,

le Rav Morde’haï Dov(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je voudrais, par la présente, attirer tout particulièrement votre attention sur la fête de Chavouot, les jours qui la suivent et ceux qui la précèdent. Ceux-ci doivent être consacrés à diffuser la Torah auprès des membres de la communauté(2), en particulier des jeunes.

Le Midrach Rabba rapporte que les enfants furent les garants du don de la Torah, que Dieu transmit au peuple juif grâce à eux. Sans doute vous reste-t-il encore le temps de faire tous les préparatifs nécessaires et je ne veux pas dire uniquement pour ce qui vous concerne. En effet, vous avez sûrement des connaissances dans d’autres synagogues, surtout celles qui se trouvent à proximité de votre domicile(3).

Vous devez faire en sorte que, dans celles-ci également, les jours de Chavouot soient utilisés de cette manière. Je vous remercie de m’annoncer de bonnes nouvelles, à ce sujet.

Notes

(1) Le Rav M.D. Altein. (2) Dont le Rav Altein est le rabbin. (3) Dont l’accès est donc aisé.

Lettre n°1597

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1597, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5712,

Aux dirigeants de Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch

en Australie, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec satisfaction, le compte rendu de votre réunion, au cours de laquelle vous avez proposé de nommer le Rav Chalom Hacohen Gutnik recteur de votre Yechiva. Vous me demandez ce que j’en pense.

A mon avis, c’est une bonne chose et sans doute ne refusera-t-il pas cette nomination. Certes, nos Sages disent que celle-ci est une servitude et non une prérogative. Néanmoins, ils soulignent aussi que le préposé au puits est nommé par Dieu et combien plus en est-il ainsi lorsqu’il s’agit du recteur de la Yechiva, chargé d’enseigner la Torah de Dieu aux élèves et surtout de multiplier le nombre des bons élèves. Plusieurs Juifs l’ont choisi et il aura donc les forces de mener à bien la mission qui lui est confiée.

Puisse Dieu lui donner et vous donner la réussite, afin que se multiplie le nombre des élèves et qu’ils s’élèvent également de manière qualitative. Dans un premier temps, et surtout dans un pays neuf, le nombre des élèves sera très réduit, mais il ne faudra pas s’en affecter. Mon beau-père, le Rabbi, transmit l’explication suivante du Baal Chem Tov(1): précisément par le fait que le début est difficile, on peut être certain que la fin sera dans la largesse(2).

Combien plus en est-il ainsi en ces jours qui précèdent la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah. Nos Sages rapportent que les enfants en furent les garants. C’est précisément grâce à eux que Dieu prit la décision de donner la Torah. La période est donc particulièrement propice pour que tout cela se déroule à nouveau, pour que l’on puisse proclamer: Nos enfants seront nos garants, c’est-à-dire les élèves, qui se multiplieront quantitativement et qualitativement.

Avec ma bénédiction pour que vous receviez la Torah avec joie et profondeur, que vous connaissiez la réussite dans votre mission sacrée, pour promouvoir la Torah avec la crainte de Dieu,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°1559. (2) Il s’agit des deux parties d’un même verset.

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