Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°1558
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1558, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav David(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre. J’ai été très satisfait d’apprendre que le Mikwé de Ma’hané Yehouda a été construit conformément aux instructions du Rabbi Rachab(2).
Il y a là une preuve de plus qu’en intervenant avec la sincérité et la détermination nécessaires, on fait disparaître tous les obstacles(3). Ainsi, se réalise la promesse de l’Admour Hazaken selon laquelle ceux qui suivent ses enseignements connaîtront la réussite, pour tout ce qui est lié à la Torah et aux Mitsvot.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav D.Hanzin. Voir, à son propos, les lettres n°1506 et 1559. (2) Voir la lettre n°1506. (3) Voir, à ce propos, la lette n°1544.
Lettre n°1559
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1559, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav David(1),
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Meïr(2),
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Zoussya(3),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, par laquelle vous m’apprenez que vous avez été chargés par l’association des ‘Hassidim ‘Habad, par l’association des jeunes ‘Hassidim ‘Habad et par le réseau Ohaleï Yossef Its’hak de mener une action pour augmenter le nombre des institutions rattachées au courant non affilié(4). Je suis, du reste, un peu surpris de ne pas avoir reçu officiellement le compte rendu de cette réunion, comme cela était le cas jusqu'à maintenant. Je formulerai, en conséquence, deux requêtes :
A) Pour l’heure, seules les institutions Loubavitch participent à ce courant. Il n’y a donc pas lieu d’en faire une question nouvelle, un problème nouveau(5). Ce doit être le prolongement de ce qui a déjà été autorisé. En conséquence, votre réponse doit être que les institutions Loubavitch forment un courant non affilié depuis des années déjà. Bien plus, peut-être est-il suffisant d’apporter l’information qu’il en est ainsi, sans même parler de réponse.
Ces institutions se trouvent à Lod et à Sefrya(6). Or, comme tout ce qui vit, elles se développent et s’agrandissent. Leur nombre est actuellement plus important et l’on doit donc en créer d’autres, en différents endroits. Bien évidemment, les dernières doivent avoir les mêmes droits que les premières, créées il y a deux ans. En effet, les fondateurs appartiennent au même mouvement et il n’y a aucune raison de distinguer les uns des autres.
Il y a un double avantage à présenter la situation ainsi : 1. Cela supprime toute discussion sur le fait d’accorder cette autorisation. 2. Cette question n’a plus rien à voir avec la situation générale et avec la discussion sur l’éducation qui se déroule actuellement, en haut lieu, entre le ministère de l’éducation nationale et les ministres orthodoxes. En effet, aucun fait nouveau n’est ainsi créé. On se contente d’ajouter des institutions à la liste de celles qui existent déjà.
B) Si vous rencontrez monsieur Chazar, vous vous ferez accompagner par au moins un de ceux qui ont déjà été le voir, à ce propos et auxquels il a promis d’accorder son aide.
Bien évidemment, il serait préférable de rencontrer monsieur Chazar avant d’avoir l’entrevue officielle avec l’institution qui doit vous accorder l’autorisation définitive.
Selon les rumeurs, monsieur Chazar devrait quitter la Terre Sainte dans les prochaines semaines. Il faut donc faire vite, d’autant que les inscriptions(7) commencent dans trois semaines.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Je viens de recevoir votre lettre du 6 Iyar et je vous ai adressé un télégramme en conséquence, dont voici le texte :
“ Je fais réponse à votre lettre. A mon avis, vous devez présenter la création de nouvelles écoles comme le prolongement des écoles ‘Habad qui existent déjà et qui sont autorisées en tant que courant non affilié. Avec ma bénédiction ”.
C) En fonction de tout cela, j’espère que vous ne serez confrontés à aucune difficulté et que l’on vous permettra de créer des écoles dans quelques autres endroits. Sans doute s’appliquera, en la matière, l’explication du Baal Chem Tov(8), selon laquelle, lorsque “ le commencement se fait dans la peine ”, on peut obtenir que “ la prospérité arrive à la fin ”(9).
D) Vous trouverez ci-joint des coupons d’envoi en port payé, pour un montant de cinquante Shekels, à titre de participation aux dépenses entraînées par tout ce qui vient d’être dit.
Avec ma bénédiction de réussite,
M. Schneerson,
Je viens de recevoir votre lettre, répondant à quelques unes de mes questions. J’attends donc la suite.
Notes
(1) Le Rav D.Hanzin. Voir, à son propos, la lettre précédente. (2) Le Rav M.Bleginski. (3) Le Rav Z.Wilimovski. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°1535 et 1574. (5) Il s’agit de la création de nouvelles écoles, devant obtenir l’autorisation de fonctionner. (6) Kfar ‘Habad. (7) Pour la nouvelle année scolaire. (8) Voir, à ce propos, les lettres n°559 et 1597. (9) Il s’agit de deux parties d’un même verset, Job 8, 7.
Lettre n°1560
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1560, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Eliézer(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez, dans votre lettre, le discours intitulé “ Ce Leviathan ”, dans le Likouteï Torah Chemini et vous avancez que l’abattage rituel effectué avec un couteau qui ne serait pas lisse est invalidé à cause de l’interruption(2). Vous vous interrogez donc, car un tel couteau est écarté du fait de son entaille(3), comme le dit le traité ‘Houlin 17b, cité par les responsa Tséma’h Tsédek Yoré Déa, chapitre 16 et le Chaar Hamilouïm, chapitre 13, que vous consulterez.
Voici ce que dit le Likouteï Torah : “ Une telle Che’hita est totalement disqualifiée du fait de l’interruption ”. A mon sens, la signification de cette phrase correspond à ce qu’en indique une lecture superficielle. Ainsi, il est plusieurs formes d’interruption, comme le dit la Guemara, à la référence précédemment citée. On peut imaginer une entaille qui a deux pointes ou qui en a une seule ou encore dont l’une monte et l’autre descend. En conséquence, le Likouteï Torah dit que la Che’hita avec les nageoires(4) est totalement disqualifiée du fait de l’interruption entre les parties de celles-ci. Le texte n’envisage pas la raison de cette disqualification, mais la manière de la caractériser.
A ce propos, nos Sages parlent ici de chasse(5). Ceci est également expliqué dans le Torat ‘Haïm, à la Parchat Toledot, au discours intitulé “ Et, Il te donnera ”. Cette explication diverge de celle du Likouteï Torah. Ce passage est également mentionné brièvement
dans le Chneï Haméorot, à la page 10. La page du garde dit que l’auteur est l’Admour Haémtsahi et c’est également ce que note mon beau-père, le Rabbi, dans la généalogie de la ‘Hassidout qui est imprimée au début du calendrier Hayom Yom. Néanmoins, le style de ces discours indique qu’il s’agit de textes concis de l’Admour Hazaken, qui ont été rédigés par l’Admour Haémtsahi.
Notes
(1) Le Rav E.Karasik, de Terre Sainte. Voir, à son propos, la lettre n°1535. (2) L’entaille pratiquée sur la lame du couteau revient à passer ce couteau en deux fois, ce qui est interdit. (3) Et, non de l’interruption que celle-ci provoque, pendant la Che’hita. (4) Du Leviathan, l’espace entre deux parties de nageoire étant comparé à l’entaille pratiquée sur la lame du couteau. (5) Au traité Baba Batra 74b : “ Rabbi Yonathan enseigne : Dans le monde futur, l’ange Gabriel entreprendra une chasse avec le Leviathan ”.
Lettre n°1561
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1561, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Efraïm Eliézer(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre écrite à l’issue du Chabbat “ Tiféret de Tiféret ”(2), anniversaire de la naissance du Rabbi Maharach. Vous me dites que l’on vous interroge sur la fin du premier chapitre du discours intitulé “ Il y eut une controverse dans la maison d’étude céleste ”, dans le Likouteï Torah Tazrya, qui dit : “ Le niveau de Kéter(3) découle de l’Attribut de Royauté de la Lumière infinie de Dieu, qui n’est qu’une émanation et un reflet du Créateur Lui-même ”. Plusieurs questions sont posées, à ce propos :
A) Vous vous demandez à quoi se rapporte l’expression “ qui n’est qu’une ”. Si elle se rapporte à Kéter, cette affirmation n’est pas compréhensible, car l’Attribut de Royauté de la Lumière infinie de Dieu est lui-même une émanation et un reflet. Et, si elle se rapporte à cet Attribut, elle aurait dû être exprimée au féminin(4).
Voici ma réponse :
Pour lever le doute, on peut consulter le même texte, qui figure également dans le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek. Dans cet ouvrage, à la page 103a, il est dit : “
Le niveau de Kéter découle uniquement de l’Attribut de Royauté de la Lumière infinie de Dieu et ce niveau de Royauté est une émanation et un reflet de l’Essence de Dieu ”(5).
Vous vous demandez pourquoi le féminin n’est pas employé par le Likouteï Torah, comme c’est le cas pour le Séfer Hamitsvot. Vous devez savoir que les discours ‘hassidiques ne comportent pas de telles précisions, sauf s’il s’agit, par exemple, de la première partie du Tanya, qui emploie avec rigueur le masculin et le féminin, le singulier et le pluriel.
De fait, il y a eu une controverse, à ce sujet, entre le Rachal et le Ramah, comme le rapportent les responsa du Ramah, au chapitre 4, dont vous consulterez le détail. Vous verrez également le Rachbats, tome 1, chapitre 43, cité par le Sdeï ‘Hémed, principes des Décisionnaires, chapitre 16, paragraphe 65, qui dit : “ Il n’est pas dégradant, pour le Sage, de ne pas connaître les règles de la grammaire et du vocabulaire. Ainsi, il y a, dans les cantiques de Rabbi A. Ha Kalir, qui était l’un des plus grands Sages, plusieurs erreurs grammaticales ”.
Les imprécisions grammaticales des discours ‘hassidiques peuvent aussi s’expliquer, comme le dit le Ramah, dans ses responsa précédemment citées, par une erreur des copistes.
Pour revenir à notre propos, en l’occurrence à ce passage du Likouteï Torah, on peut également l’expliquer d’une autre manière, selon ce que dit la ‘Hassidout sur la formulation de la prière, “ tout cela est foi , établi pour nous”, dont la première expression est énoncée au féminin et la seconde, au masculin, comme l’explique le Likouteï Torah, Parchat Ekev, page 16d.
En effet, l’Attribut de Royauté, se trouvant à la fin d’un monde spirituel, est en position de recevoir(6). Puis, il constitue le début de ce monde matériel et il est alors l’élément qui donne(7). C’est pour cela que l’on constate que “ tout cela est foi ”(8), puis l’on dit que cela est “ établi pour nous ”(9).
Il en est donc de même pour notre passage du Likouteï Torah, expliquant comment Kéter reçoit de l’Attribut de Royauté de la Lumière infinie de Dieu. Ce dernier est donc l’élément qui donne et, de ce fait, le masculin est employé pour décrire cette révélation d’en haut.
Le Tséma’h Tsédek, en revanche, emploie le féminin, puisqu’il parle, à deux reprises, de cet Attribut de Royauté, “
Le niveau de Kéter découle uniquement de l’Attribut de Royauté de la Lumière infinie de Dieu et ce niveau de Royauté est une émanation et un reflet de l’Essence de Dieu ”. Il parle donc de cet Attribut de Royauté dans sa globalité et non uniquement en tant qu’élément qui reçoit. De ce fait, il s’exprime au féminin.
B) Pourquoi parler de l’émanation et du reflet, alors que ce dernier terme aurait pu être suffisant ?
Comme je l’ai dit, il n’est pas aisé d’expliquer de telles répétitions, y compris dans la première partie du Tanya. Vous consulterez, à ce propos, les interprétations qui peuvent être faites sur le troisième chapitre de Chaar Hay’houd Vehaémouna, lesquelles parlent tantôt d’émanation, tantôt de reflet, tantôt des deux à la fois et citent en premier lieu tantôt l’émanation tantôt le reflet. Il en est de même dans plusieurs autres textes.
De façon générale, on peut définir avec précision le sens de ces termes, qu’ils concernent l’élément qui donne ou celui qui reçoit, en observant de quelle manière ils sont utilisés dans d’autres textes.
Du point de vue de l’élément qui donne, l’émanation est plus importante que le reflet, lequel est seulement secondaire, accessoire par rapport à elle. Ainsi, il est souvent dit que “ l’émanation est représentative de ce qui l’émet ” ou que “ l’émanation est attachée à ce qui l’émet ”. Rien de tel n’est dit du reflet.
Du point de vue de l’élément qui reçoit, l’émanation qui est élevée, représentative de ce qui l’émet, ne peut être intégrée que superficiellement. A l’opposé, le reflet qui est secondaire et accessoire peut être reçu profondément. Nos Sages disent donc, au traité Bera’hot 17a et dans le commentaire de Rachi(10), que “ ils portent leur couronne sur la tête, perçoivent un reflet de la Présence divine et mangent ”. Or, la couronne est bien un élément extérieur, accessoire et le fait de manger constitue un plaisir qui est profondément intériorisé.
L’Attribut de Royauté et Kéter présentent ces deux aspects. C’est pour cela que l’on parle à la fois d’émanation et de reflet. Vous consulterez également le Likouteï Torah de cette semaine, à la page 20a et 20b.
C) Le Likouteï Torah, à la même référence, à la fin du chapitre 2, définit plusieurs vêtements de la pensée. Le plus profond est celui qui est consacré à la sagesse de la Torah. Il en est un autre, défini comme “ un vêtement moyen ”, c’est celui qui concerne une science dont les conclusions sont nécessaires à la Torah, par exemple celle de l’observation astrale.
Vous êtes dans le doute, à ce sujet et vous vous demandez si la réflexion à la beauté de la création dans le but de percevoir la grandeur de Dieu est une pensée profonde ou moyenne.
A mon avis, on peut envisager deux conceptions. On peut méditer à la grandeur de la création au sens le plus littéral, comme le dit le Rambam, au début du second chapitre des lois des fondements de la Torah : “ Quel est le moyen de L’aimer et de Le craindre ? ”. Une telle réflexion est une préparation de la Mitsva d’aimer Dieu et de Le craindre.
En revanche, si l’on médite à l’enchaînement des mondes, à l’interaction des Sefirot entre elles, on accomplit, à proprement parler, “ une Mitsva élevée et considérable ”(11) qui, bien plus, doit être privilégiée par rapport à beaucoup d’autres, ainsi qu’il est dit : “ Et, tu sauras aujourd’hui que l’Eternel est Dieu ” et “ Connais le Dieu de ton père ”. Vous consulterez le Kountrass A’haron du Tanya, au paragraphe “ pour comprendre ce que dit le Peri Ets ‘Haïm ”, à la page 156b.
Note : Dans les éditions(12) dont nous disposons, il est question d’une “ Mitsva grande et considérable ”. Et l’on peut s’interroger, à ce propos, en fonction du traité Baba Batra 8b et des Tossafot au traité Guittin 41b. Néanmoins, le ‘Hassid, Rav Acher, qui fut l’éditeur du Tanya, dressa une liste des fautes d’imprimerie, dans laquelle il dit bien “ une Mitsva élevée et considérable ”. Mon beau-père, le Rabbi, a donné son accord à cette liste.
D) Aux chapitres 3 et 4, à la même référence, vous vous demandez si la Klipat Noga du monde spirituel d’Atsilout a une emprise sur l’Attribut de Tiféret de ce monde ou seulement sur ceux de ‘Hessed et Guevoura.
Le contexte permet d’établir qu’une telle emprise est possible dès lors que la lumière de ‘Ho’hma(13) s’est retirée. Néanmoins, dire que cette emprise porte sur Tiféret ou, tout au moins, sur Nétsa’h, Hod et Mal’hout n’est pas exact. Que Dieu nous garde de penser qu’il en est ainsi.
L’explication est la suivante. Lorsque la Lumière de ‘Ho’hma se retire, même si les autres Sefirot restaient à leur place, cette emprise devient possible. Néanmoins, elle ne porte pas sur les Sefirot elles-mêmes, ce qu’à Dieu ne plaise.
Le verset dit, à ce propos, “ si un homme porte une plaie sur la peau ” et vous consulterez, à ce sujet, le Likouteï Torah, à la même référence, au discours intitulé “ Ceci ”. Il en est de même pour le discours qui fait l’objet de notre propos. L’emprise porte sur les mots, mais non sur les Sefirot elles-mêmes, ce qu’à Dieu ne plaise.
E) Vous vous interrogez à propos de l’affirmation qui apparaît dans différents textes(14), selon laquelle un verset enseigne ce qui est certain et non ce qui fait l’objet du doute. Vous établissez un lien entre ce principe et la controverse tendant à établir si la tâche doit apparaître avant le poil blanc(15).
Vous consulterez, à ce propos, la fin du chapitre 4 de ce même discours qui définit le doute et sa clarification s’appliquant à la plaie, au cas du Mamzer et à d’autres domaines.
F) Ce discours ‘hassidique délivre également un enseignement éthique.
Vous consulterez, à ce propos, la causerie de mon beau-père, le Rabbi, du 18 Elloul 5703(16), à la page 15.
G) Je viens de recevoir votre lettre de ce dimanche. Je vous remercie beaucoup pour les explications agréables que vous me donnez sur le verset “ Vous serez saints ”. Parmi les ‘Hassidim ‘Habad, celles-ci sont transmises au nom du Rav Chmouel Betsalel Sheftel, le guide spirituel de la Yechiva, à Loubavitch, qui, lors des réunions ‘hassidiques, disait : “ Je pourrais penser que ma sainteté atteint celle de Dieu : Il s’agit d’une affirmation ”(17). Il est donc possible de s’identifier à Dieu, car “ Je suis saint ” et “ Ma sainteté se trouve au dessus de la vôtre ”(18), ce qui veut dire qu’elle en découle.
Avec ma bénédiction,
Concernant l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ il y eut une controverse dans la maison d’étude céleste ”, il est une explication magistrale dans le commentaire de la Torah et des Mitsvot du Malbim, au début de la Parchat ‘Houkat. Néanmoins, la comparaison met bien en évidence la nature de la ‘Hassidout, des sources, de l’influence et de la lumière nouvelle qu’elle révèle.
Notes
(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son propos, la lettre n°1529. (2) Sefira correspondant au compte de l’Omer du 2 Iyar. (3) La couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes. (4) Mal’hout, la royauté, est au féminin, alors que le terme employé par le Likouteï Torah est Hou, il et non Hi, elle. (5) L’expression “ qui n’est qu’une ” se rapporte donc à l’Attribut de royauté et non à Kéter. (6) Les Lumières de toutes les Sefirot se trouvant dans ce monde. (7) La Lumière émanant des mondes supérieurs. (8) Au féminin, en Hébreu, car il s’agit de l’élément qui reçoit. (9) Au masculin, en Hébreu, car il s’agit de l’élément qui donne. (10) A propos de la récompense qui sera accordée aux Justes dans le monde futur. (11) Selon l’expression du Tanya. (12) Du Tanya. (13) Qui provoque une soumission totale à Dieu, rendant cette emprise impossible. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité ‘Houlin 22b et les Tossafot, à cette même référence, au paragraphe ‘Il est nécessaire’ ”. (15) Ou bien le poil blanc avant la tâche pour qu’il s’agisse d’une plaie pure. (16) 1943. (17) Commentant le verset “ Vous serez saints, car Je suis saint ”, nos Sages disent : “ Pourrais-je penser que ma sainteté atteigne celle de Dieu ? ”. Le Rav Sheftel explique donc que l’on peut interpréter ce commentaire dans le sens d’une affirmation et non d’une interrogation. (18) Ce qui est la suite de cette explication de nos Sages.
Lettre n°1562
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1562, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Meïr Liber(1),
Je vous salue et vous bénis,
Ce la fait bien longtemps que je n’ai pas eu de nouvelles de vous-même et des membres de votre famille. Je veux en déduire que vous et eux allez bien, que vous gagnez correctement votre vie. Néanmoins, notre sainte Torah affirme, au début du Yoré Déa(2), que l’on ne peut s’en tenir à une simple présomption, chaque fois que la vérification est possible. Vous me confirmerez donc tout cela explicitement.
Il y a quelques temps, vous m’avez interrogé sur ce que dit le Tanya, à la page 30, ligne 7 : Ils ont dénié Dieu. Il s’agit là des termes du verset Yermyahou, chapitre 5, verset 12. Vous consulterez également le Dére’h Mitsvoté’ha, à la fin de la Mitsva de l’unité de Dieu, page 62b.
Je vous adresse ma bénédiction de réussite dans tout ce qui vient d’être dit et pour les cours que vous donnez publiquement afin d’exalter et de magnifier la Torah. Et, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, passez l’été en bonne santé et joyeusement.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav M.L. Keller. Voir, à son propos, le lettre n°1334. (2) Du Choul’han Arou’h.
Lettre n°1563
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1563, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5712,
Brooklyn,
Aux jeunes gens se consacrant à l’étude de la Torah
et au service de Dieu, dans la Yechiva Loubavitch
de la ville de Paris(1),
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été heureux d’apprendre, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, guide spirituel et directeur, Rav Nissan(2), comment sont organisés vos études et votre service de Dieu. A l’opposé, j’ai été peiné et fâché que vous n’ayez pas fait preuve de l’approfondissement qui nécessaire pour étudier la Torah, en général, pour apprendre la ‘Hassidout et prier avec ferveur, en particulier, sans doute parce que vous êtes préoccupé par votre déménagement(3). Mon temps ne me permet pas d’aborder ce sujet de manière détaillée, mais son importance me conduit à vous adresser les quelques lignes suivantes.
Vous connaissez sans doute la causerie de mon beau-père, le Rabbi, expliquant les déplacements des enfants d’Israël dans le désert(4). D’une étape à l’autre, ceux-ci démontaient le Sanctuaire, puis l’installaient en son nouvel endroit. Le verset précise que le séjour, en chaque étape, n’était pas toujours de durée égale. Il dit : Il arrivait que la nuée reste du soir au matin. Puis, le matin, elle s’élevait et ils repartaient. Parfois, c’était un jour, une nuit, deux jours, un mois ou une année.
Néanmoins, tous ces déplacements avaient un point commun, C’est sur la Parole de Dieu qu’ils campaient et sur la Parole de Dieu qu’ils repartaient. En outre, ils firent la garde de Dieu, sur la Parole de Dieu, par l’intermédiaire de Moché. En d’autres termes, la manière d’installer le Sanctuaire et tout ce qui appartenait à la garde de Dieu n’était jamais modifié, que les enfants d’Israël aient séjourné un an, plusieurs années, ou bien un jour et une nuit, ou même du soir jusqu’au matin.
La logique humaine, y compris celle de l’âme animale, établit que l’on s’installe et que l’on voyage selon la Parole de Dieu, Qui transcende le temps et l’espace. La finalité de la création en général et de ces voyages, en particulier, est de bâtir un Sanctuaire pour Dieu dans le temps et l’espace matériels. Il nous appartient donc de mettre en pratique la Volonté de notre Créateur, afin de nous lier et de nous attacher à l’Essence de Dieu, béni soit-Il.
Sa Volonté s’accomplit donc, que l’on reste dans un endroit pendant plusieurs années ou seulement du soir au matin. En effet, il s’agit bien, en l’occurrence, de révéler ce qui transcende le temps et l’espace. Les différentes périodes du temps n’ont donc aucune importance.
Ce qui vient d’être dit permet de comprendre la fin du chapitre 25 du Tanya, selon lequel cette unification(5) est éternelle et immuable, là-haut. L’expression de la Volonté de Dieu, par Sa Parole, dans la Torah, est éternelle également. On peut, en outre, en déduire une précision complémentaire à propos des différents domaines pour lesquels la partie révélée de la Torah impose une mesure, ce qui est considéré comme une Mitsva, dès lors que la Torah en dispose ainsi. En pareil cas, cette mesure peut elle-même être considérée comme matérielle.
J’ai bon espoir que ces quelques mots suffiront. J’espère recevoir bientôt la bonne nouvelle de votre engagement accru dans l’étude de la Torah et la prière, pour vous-même et pour l’influence que vous exercez sur les autres. A n’en pas douter, se réaliseront pour vous la promesse et la décision des Sages, affirmant que l’homme qui se sanctifie quelque peu ici-bas reçoit d’en haut une immense sanctification. Car, il y a bien là une promesse.
Avec ma bénédiction de réussite dans l’étude de la Torah pénétrée de crainte de Dieu,
Notes
(1) Se trouvant à Brunoy, près de Paris. (2) Le Rav N.Nemanov. Voir la lettre suivante. (3) En Amérique ou en Erets Israël. (4) Après la sortie d’Egypte. (5) Celle qui est obtenue par l’étude de la Torah.
Lettre n°1564
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1564, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Nissan(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) Comme vous me l’avez demandé et pour le respect du bon ordre, je vous confirme encore une fois que j’ai bien reçu toutes vos lettres envoyées après les fêtes de Tichri, soit le 28 Tichri, les 8, 13 et 17 Kislev, le 2 et le 29 Tévet, les 5, 16 et 19 Chevat, le 20 et le 27 Adar, le 7 Iyar, de même que les listes(2) et les demandes de bénédiction qui leur étaient jointes et qui ont été lues, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.
B) J’ai reçu, avec un plaisir particulier, la liste des ‘Hassidim qui se trouvent en Russie. Celle-ci met en évidence deux points essentiels : 1. Il y a, entre vous et nos frères qui se trouvent en Russie, un amour du prochain et un lien qui ne se rompt pas. 2. Il est à peu près certain que le maintien des relations avec eux, ne serait-ce que par la pensée, renforce la responsabilité collective et la fraternité entre tous.
Ainsi, tout comme les difficultés et les voiles inhérents à ce pays n’affectent pas ceux qui n’y vivent pas, le lien avec ceux qui s’y trouvent encore leur apporte la force de se ressaisir et de tenir bon, malgré la situation à laquelle ils sont confrontés. L’emprise que peuvent avoir sur eux ceux qui cherchent à les persécuter est réduite d’autant.
Par exemple, lorsqu’une partie du corps se trouve dans un endroit ou l’air est saint et pur, l’autre partie, qui est dans une cave étouffante, en est vivifiée. Mais, il en est ainsi uniquement dans la mesure où il s’agit d’un corps unique. C’est précisément ce que la pensée et en particulier l’imagination peuvent accomplir, comme l’expliquent différentes causeries de mon beau-père, le Rabbi. Car, dans ce domaine, le temps et l’espace n’ont aucune incidence.
Vous consulterez également la causerie de mon beau-père, le Rabbi, prononcée le soir de Chemini Atséret 5693(3), dans la Soukka. Il y est question d’un chef du peuple juif, mais l’on peut en trouver l’équivalent chez tous ceux qui sont attachés à lui. Bien plus, il s’agit en l’occurrence d’une communauté et il est dit que il est un Dieu grand et ne se détourne pas(4).
A l’avenir, vous maintiendrez sûrement cet attachement. A n’en pas douter, cela sera très utile à ceux qui se trouvent là-bas et également à ceux qui sont ici. Mon beau-père, le Rabbi, dit, en effet, que le Saint béni soit-Il ne reste pas en dette.
C) Vous me dites que les élèves n’ont pas trouvé le calme d’esprit qui leur permettrait d’étudier comme il convient. En effet, ils sont troublés par les voyages. Je vois joins donc une courte lettre qui leur est adressée(5). Vous la leur commenterez sûrement, de la manière qui convient.
D) J’ai pris connaissance avec satisfaction du programme des études et surtout du fait que vous avez maintenu, pour ceux qui mènent des études rabbiniques et apprennent le Yoré Déa(6), quelques heures de Guemara, chaque jour. Pour ce qui est de la ‘Hassidout, il est bon également d’avoir fixé que l’on en apprenne les textes par cœur.
En la matière, il faut tenir compte de la compréhension et de la mémoire de chacun. Ceux qui ont du mal à apprendre par cœur et doivent consacrer beaucoup de temps à cette activité ne peuvent en être totalement dispensés, mais, pour autant, il ne faut pas que ceci soit trop pénible pour eux, en leur imposant la même cadence que ceux qui retiennent facilement.
En la matière, il appartient au guide spirituel de prendre la décision sur place et de déterminer ce que chacun peut apprendre. En tout état de cause, tous doivent adopter cette pratique, au moins de façon minimale.
E) Un autre point doit être précisé, concernant l’étude de la ‘Hassidout par cœur. Parmi les discours que l’on récite par cœur, certains doivent être faciles à comprendre pour ceux qui ne se consacrent pas à l’étude et pour les jeunes gens qui n’ont pas une bonne connaissance de la ‘Hassidout ‘Habad.
Ces discours ne seront donc pas liés à une fête ou à un Chabbat particulier, mais à un thème que l’on peut évoquer tout au long de l’année. Ainsi, on pourra les réciter chaque fois que cela sera nécessaire, quand il faudra répéter de la ‘Hassidout à l’extérieur de la Yechiva ou de la proximité des ‘Hassidim.
F) Les grandes vacances des écoles communales françaises approchent. Il faut donc tout faire pour recevoir, pendant ces vacances, des jeunes qui, pour l’heure, n’appartiennent pas à notre milieu. Ceux-ci passeront quelques semaines sous votre influence et, de la sorte, il y a bon espoir qu’ils changent leur comportement, se rapprochent de la Torah de Dieu et de ses Mitsvot.
Bien plus, peut-être sera-t-il possible de les conduire à poursuivre leurs études dans un bon Talmud Torah, après les vacances, de prendre part à des cours publics ou même d’entrer à la Yechiva Loubavitch.
G) Vous m’avez demandé si vous devez quitter la France pour venir vous installer ici. J’ai évité de répondre à cette question, pensant que vous interpréteriez vous-même ce silence comme une réponse. J’ai, en outre, exprimé clairement mon avis à ceux qui m’ont interrogé oralement, par exemple le Rav et ‘Hassid... Néanmoins, vous répétez cette question dans chaque lettre, y compris dans les dernières. J’aborderai donc ce sujet, de manière brève
et concise.
Chaque fois que se pose une telle question, je me déplacerai d’ici pour m’approcher de là-bas(7), il faut raisonner en prenant en compte les deux endroits, ici et là-bas. Vous êtes, en l’occurrence, une personnalité qui a une dimension publique. Nos Sages font remarquer que le préposé au puits est nommé par Dieu(8). Combien plus est-ce le cas pour celui dont les élèves sont des érudits de la Torah et surtout de son enseignement profond.
Il faut donc, en premier lieu, prendre en compte vos disciples. Considérez donc votre situation à Paris et en France. Dieu vous a donné le mérite d’être à la tête d’une institution fondée par nos maîtres, la Yechiva Loubavitch, dans laquelle on étudie la Torah en se pénétrant de crainte de Dieu, en se coupant de ce monde matériel et grossier et donc en ayant des préoccupations plus raffinées et plus élevées.
Durant les années que vous avez passées là, on a effectivement pu constater que vous avez multiplié le nombre des élèves, y compris dans les plus grandes classes de cette institution et, combien plus, dans les classes les plus basses et les Talmud Torah qui lui sont rattachés. Votre influence s’étend également sur ceux qui visitent les familles pour apporter la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière dans les foyers juifs de France n’ayant pas encore pris conscience, afin qu’ils puissent se rendre, de leur maison, vers un lieu de Torah et de Mitsvot.
On a pu constater tout cela, bien qu’aucun effort n’ait été fait pour élargir et augmenter le nombre des élèves. On peut donc imaginer ce que la situation aurait été si un tel effort avait effectivement été réalisé. Certes, il y a plusieurs responsables et plusieurs dirigeants, qui exercent leur influence au sein de la Yechiva. Mais, comme c’est généralement le cas dans de telles institutions, tout repose sur un seul homme, qui doit donner le ton et maintenir l’esprit des différentes composantes de cette institution.
On m’a raconté ce qui se passe à Paris, ce qui se déroulait à Poking(9) et la situation qui prévalait en Russie. Tout cela permet d’établir que vous êtes cet homme. C’est vous qui avez renforcé et vivifié toutes les parties de la Yechiva et les cercles de ‘Hassidim qui gravitent autour d’elle.
Ainsi, plusieurs ‘Hassidim ont quitté la France et, à mon avis, ils ont fait une sottise, à l’exception de quelques uns d’entre eux. Je voudrais donc répéter encore une fois qu’il y a beaucoup à faire pour augmenter le nombre des élèves de la Yechiva et des ‘Héders qui lui sont rattachés. Vous devez aussi en développer la dimension qualitative. Néanmoins, il y a une condition à cela, comme à tout ce qui est lié à la Torah et aux Mitsvot. Il faut agir et le faire sincèrement, vouloir réussir et ne pas se contenter de s’acquitter de son obligation.
Après avoir réfléchi à tout cela, je ne vois pas comment vous pouvez quitter votre place, à la direction de la Yechiva Loubavitch de France qui est, pour l’heure, la seule d’Europe et qui a su conserver l’esprit de Loubavitch au delà d’autres Yechivot. Je ne sais pas s’il faut citer d’autre preuves ou mentionner d’autres justifications.
Je n’ajouterai donc que les points suivants. Le Tséma’h Tsédek dit(10) que nous sommes des travailleurs du jour. Notre mission est d’insuffler la clarté et telle est donc notre existence, notre nature profonde. L’Admour Hazaken assure(11) qu’en donnant de la Tsédaka, on a un cerveau et un cœur mille fois plus affinés. Il est clair que ceci s’applique également à la Tsédaka spirituelle. Les notes sur le discours ‘hassidique du début du Likouteï Torah sur trois Parachyot, dans lequel apparaît cette affirmation, établissent que ce chiffre de mille est tout à fait précis. Il n’est nullement une exagération.
Cela veut dire, au sens le plus littéral, que ce que l’on peut comprendre, d’ordinaire, par un effort de mille heures, est acquis en une heure, grâce à la Tsédaka. Si vous faites le compte de la réussite qui est ainsi introduite dans le temps, vous vous apercevrez qu’elle est, à proprement parler, prodigieuse.
Le point central de tout ce qui vient d’être dit est le suivant. Pourquoi voulez-vous porter le fardeau tout seul, mener à vous seul la guerre à l’extérieur et à l’intérieur à la fois, alors qu’il vous suffit de vous attacher à l’institution fondée et dirigée par nos maîtres, d’en devenir partie intégrante, d’être une part de nos maîtres qui prennent ainsi la responsabilité de votre personne ? En pareil cas, votre mission consiste uniquement à ne rien faire pour empêcher que la bénédiction se révèle, spirituellement et matériellement, que vous puissiez l’intérioriser profondément et la transmettre à tous ceux qui apportent leur concours à vos actions, en général, à celles qui permettent de diffuser les sources(12) à l’extérieur et de maintenir l’objectif assigné, à l’intérieur.
Bien évidemment, je ne veux pas exclure totalement l’éventualité d’un voyage. Nous vivons, en effet, dans la période du talon du talon du Machia’h, qui peut provoquer de très nombreux changements. Une modification de votre situation reste donc possible. De même, je n’exclus pas un voyage dont l’objet serait une visite(13). A l’opposé, s’il s’agit d’une installation fixe, je ne vois, comme je l’ai dit, aucun argument, aucun raisonnement logique, justifiant que vous abandonniez l’endroit dans lequel vous vous trouvez pour chercher quelque chose de nouveau. Il est inutile d’en dire plus.
Je vous adresse ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, celle d’insuffler l’enthousiasme, l’attachement, l’unification à Dieu, à vos élèves en particulier et à votre entourage, en général. Ceci sera le canal et le réceptacle qui vous permettront d’obtenir une bonne santé, morale et physique, pour vous et pour tous les membres de votre famille.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav N.Nemanov. Voir, à son propos, les lettres n°1252 et 1799. (2) Des élèves de la Yechiva et des ‘Hassidim. (3) 1932. (4) De tout ce qui est public. (5) Il s’agit de la lettre précédente. (6) Le Choul’han Arou’h. (7) Selon les termes de Rachi, expliquant le déplacement de Moché vers le buisson ardent. (8) Bien que cette responsabilité publique soit particulièrement modeste. (9) Le camp de réfugiés, en Allemagne, dans lequel se trouvaient les ‘Hassidim ‘Habad, sous la direction du Rav Nissan Nemanov. (10) Voir les lettres n°560 et 563. (11) Voir le début du Torah Or. (12) De la ‘Hassidout. (13) Au Rabbi, qui serait donc temporaire.
Lettre n°1565
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1565, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5712,
Brooklyn, New York,
Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
met en ordre les commentaires de la Torah et les commente,
écrivain talentueux, le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir le troisième tome de l’encyclopédie talmudique(2), par l’intermédiaire de monsieur Bar Lev. Je vous remercie pour ce précieux cadeau.
Je n’ai pas eu le temps de l’examiner comme cela aurait été nécessaire. Néanmoins, en le feuilletant, un examen hâtif m’a suffi pour constater l’immense travail qui y avait été investi, la recherche qui a été faite dans toute la littérature talmudique, les premiers et les derniers Sages, y compris les plus récents. Et, la qualité de l’auteur apparaît dans cette réalisation, dont le plan est clair et le style, agréable.
A n’en pas douter, ce livre d’une grande valeur sera d’un apport considérable, en particulier à notre époque, en laquelle les sources de la Torah sont malheureusement fermées à un grand nombre, au sein de notre peuple. Beaucoup n’ont pas le temps de mener une étude approfondie des références.
Un livre méthodique comme celui-ci a donc un rôle fondamental. On y trouvera aisément ce que l’on recherche. Les références sont, en outre, indiquées pour ceux qui souhaitent une étude plus profonde. Par ailleurs, il y a là un trésor inépuisable pour tous ceux qui étudient la Torah et se consacrent à elle.
Que les forces que vous consacrez à la Torah vous permettent de voir le produit fini de votre réalisation.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre œuvre, afin de mettre à la disposition du plus grand nombre la Lumière de la Torah(3) et son Luminaire(4),
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir, à son propos, les lettres n°1354, 1566 et 1768. (2) Dont le Rav Zevin est l’auteur. (3) Sa partie législative. (4) Son enseignement profond.
Lettre n°1566
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1566, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5712,
Brooklyn, New York,
Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
met en ordre les commentaires de la Torah et les commente,
écrivain talentueux, le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Monsieur Bar Lev m’a rendu visite, il y a quelques jours et il m’a transmis le troisième tome de l’encyclopédie talmudique(2). Il m’a demandé si je pouvais apporter mon concours à sa commercialisation et à sa diffusion. Après que nous en ayons discuté, je lui ai donné une lettre rédigée sous la forme d’une réponse qui vous est adressée, à la suite de votre cadeau. Vous en trouverez une copie ci-jointe et j’espère qu’elle aura l’effet escompté.
Bien évidemment, je m’efforcerai de vous aider, en plus de cela, dans toute la mesure du possible.
Je vous confirme, par la présente, bien qu’avec du retard, avoir bien reçu vos lettres du 16 Chevat et de l’issue du Chabbat Vaykra. Entre temps, vous avez dû recevoir les fascicules(3) et les lettres(4) qui les accompagnaient. Vous avez sûrement reçu aussi le Sdeï ‘Hémed. Vous voudrez bien me le confirmer.
Pour ce qui est des livres(5), une vérification faite par le Rav H.Liberman(6), qui était le bibliothécaire de mon beau-père, le Rabbi, n’a permis d’en trouver aucune trace. Néanmoins, une adresse apparaît dans certains d’entre eux. Il y est inscrit qu’ils appartiennent à la bibliothèque de Chmouel Winer. Peut-être parviendrai-je à me procurer une copie de cette adresse, que je vous enverrai. J’adresserai ensuite des courriers à ceux que vous m’indiquerez(7).
Je vous remercie beaucoup pour tout ce que vous avez fait, jusqu'à maintenant, pour le mouvement ‘Habad en Terre Sainte. J’ai été satisfait de recevoir une lettre de l’association des ‘Hassidim ‘Habad et du Kfar(8), m’annonçant comme une quasi certitude qu’ils pourront ne former qu’un seul groupe en restant à l’endroit où ils se trouvent maintenant(9). Sans doute leur implantation s’élargira-t-elle, grâce à l’installation d’autres personnes. J’ai écrit à la direction du Kfar, en précisant que ceci devait être un objectif prioritaire.
Je voudrais vous formuler une requête. Pourriez-vous vérifier s’il y a une permission ou une clarification permettant d’établir une mesure éventuelle qui aurait été prise, en ce qui concerne le prêt gouvernemental, afin d’éviter l’interdiction de demander un intérêt. Vous avez sûrement vu les discussions qu’il y avait, à ce propos, dans le mensuel Ha Pardès. Néanmoins, les permissions qui sont données dans ce recueil ne sont pas pleinement satisfaisantes.
Afin de pouvoir répondre à ceux qui m’interrogent, je voudrais savoir si quelques chose a été fait, dans ce domaine. Certains prétendent qu’un Héter Isska(10) général a été établi par un certain ministère, qu’il n’a pas été possible d’identifier. Je vous remercie de tout ce que vous pourrez faire pour clarifier la situation.
Je vous remercie beaucoup d’avoir rendu visite à la Yechiva de Lod.
Monsieur Shargay m’a rendu visite, mais il est venu juste avant la lecture de la Meguila(11) et il était donc difficile de retarder la communauté(12). Aussi, notre discussion est restée inachevée et il devait me rendre visite encore une fois, mais il ne l’a pas fait et je n’en sais pas la raison.
Dernier point, qui est le plus réjouissant, j’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que vous faites rééditer vos livres Moadim Behala’ha, une nouvelle version de Ichim Ousefarim et de Sipoureï ‘Hassidim. Je n’ai vu que le premier, mais je m’en remets à vos capacités et j’espère que vos autres livres reflètent également vos talents et vos possibilités, qu’ils satisferont les besoins du public juif, en général et du milieu orthodoxe, en particulier.
Vous indiquez dans votre lettre que vous n’avez pas pu compléter vos livres, car vous réutilisez les matrices initiales et cela est dommage. En effet, depuis le temps, vous êtes sûrement en possession de notes et de commentaires, sur ces livres. Et, vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi(13), au nom du Rabbi Maharach : Si tout est déjà bien, ne peut-on envisager mieux ?.
Bien évidemment, s’il vous était possible de me faire parvenir vos deux derniers livres, je vous en serais reconnaissant et vous en remercie d’avance.
Je vous adresse ma bénédiction de réussite dans votre travail et pour de longs jours et de bonnes années, emplies d’actions fructueuses. Or, il n’est de bon que la Torah et sa dimension profonde, qui est l’arbre de vie par lequel les enfants d’Israël quitteront l’exil avec miséricorde(14).
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir la lettre précédente. (2) Voir la lettre précédente. (3) Des enseignements du précédent Rabbi. (4) Du Rabbi introduisant ces fascicules. (5) De la bibliothèque du précédent Rabbi, restée à Varsovie, lorsque celui-ci dut s’enfuir de cette ville, durant l’hiver 5700-1939. (6) Le Rav ‘Haïm Liberman, également secrétaire du précédent Rabbi. (7) Qui seraient susceptibles de donner des indications, à ce propos. (8) Kfar ‘Habad. (9) Voir, à ce propos, les lettres n°1461, 1484, 1709 et 1767. (10) Document permettant le prêt à intérêt, dès lors que celui-ci est défini comme une participation aux bénéfices de l’activité commerciale qui a été rendue possible par le prêt. (11) Le jour de Pourim. (12) En ayant une longue discussion avec lui. (13) Voir, à ce propos, la lettre n°1544. (14) C’est le 13 Iyar que le Rav Israël Aryé Leïb, frère du Rabbi, quitta ce monde. C’est la raison pour laquelle aucune lettre ne fut écrite entre le 13 et le 20 Iyar. Voir, à propos de ce décès, les lettres n°1575, 1606, 1607, 1625, 1639, 1699 et 1748.
Lettre n°1567
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1567, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Iyar 5712,
Brooklyn,
A la direction du réseau Ohaleï Yossef Its’hak,
en Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du jeudi de la Parchat Emor, par laquelle vous me rendez compte de la réunion du 13 Iyar et de votre intervention auprès de l’association des ‘Hassidim ‘Habad pour obtenir des moyens afin d’être aidé pour les inscriptions(1). Entre temps, vous avez sûrement reçu mon courrier, qui faisait réponse au vôtre. Néanmoins, je voudrais préciser encore une fois mon avis et ma position.
Il n’est pas indispensable de conquérir immédiatement toutes les Maabarot(2). Il importe, avant tout, que ce réseau, qui devrait compter une dizaine de ‘Héders et sa direction aient des bases solides, comme je l’ai communiqué oralement au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Moché Gourary(3).
Il faut donc, avant tout, renforcer le réseau dans les endroits où le mouvement ‘Habad est déjà implanté, c’est-à-dire à proximité de là où des ‘Hassidim habitent et, a fortiori, près de Lod et du Kfar(4). Ce peut être aussi un endroit présentant de bonnes dispositions, où se trouvent des jeunes gens dont on peut espérer qu’ils s’inscrivent rapidement dans l’une de nos Yechivot ou encore qu’ils guident et dirigent les autres, en ce sens. Ces critères doivent vous permettre de déterminer dans quels endroits le réseau Ohaleï Yossef Its’hak doit s’installer en priorité.
Je parlais d’une dizaine de ‘Héders. Bien évidemment, ce chiffre n’est pas précis et cela peut être plus ou moins que cela. Je voulais seulement signifier que, pour l’heure, le nombre importe peu. Comme je l’ai expliqué il y a quelques temps déjà, il n’y a pas lieu de mener campagne pour augmenter la quantité, afin qu’il soit plus aisé d’obtenir des moyens et tout ce qui est nécessaire, par exemple les diverses autorisations, sans opposition de la part de ceux qui craignent un développement du mouvement Loubavitch.
Il importe donc que, dans les endroits où des écoles ont été fondées, tout se passe en sorte que l’on puisse y voir un exemple, que l’on prépare les esprits pour développer le réseau, c’est-à-dire que les parents et les élèves soient satisfaits.
Il est, bien sûr, impossible de transiger sur le point central. Vous-même, de manière discrète, devez savoir que tout doit être fait pour qu’au final, les élèves deviennent des ‘Hassidim. Il faut donc orienter l’action en ce sens. En revanche, pour ce qui est de l’ordre, de la qualité pédagogique, de la propreté, il est parfois utile de faire une concession sur la quantité, surtout pour développer la qualité.
Il est difficile d’expliquer tout cela par le détail, car les différents points que cela implique doivent être tranchés sur place. La décision doit être prise en fonction des conditions de l’endroit. Dieu vous donnera une réussite considérable et surnaturelle, afin de magnifier et de glorifier la Torah par le nombre des enfants qui se consacrent à son étude et de connaître l’ascension, car on s’élève dans le domaine de la sainteté.
Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,
Notes
(1) Des élèves, à l’occasion de la nouvelle année scolaire. (2) Les baraquements dans lesquels étaient logés les nouveaux immigrants. Il ne s’agit donc pas que leurs enfants soient tous inscrits d’emblée dans les écoles du réseau Ohaleï Yossef Its’hak. (3) Voir, à son propos, les lettres n°1649, 1766 et 1864. (4) Kfar ‘Habad.
Lettre n°1568
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1568, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Le ‘Hassid, Rav... m’a indiqué que vous et votre épouse n’êtes pas en très bonne santé.
Vous devez être certains que, l’un et l’autre, vous irez mieux, d’autant que nous nous rapprochons de la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah. Le Midrach rapporte que, lorsque la Torah fut donnée, tous furent effectivement en bonne santé(1).
Ceci fait la preuve, une fois de plus que Dieu souhaite qu’on Le serve aussi physiquement(2), comme l’enseigne le Baal Chem Tov et non par des mortifications. Il faut donc en concevoir de la joie, être en bonne santé et se consacrer à l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot.
Que Dieu vous vienne en aide pour recevoir la Torah avec joie et profondeur, en bonne santé.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1579 et 1620. (2) Puisque la santé des corps était une condition nécessaire pour recevoir la Torah
Lettre n°1569
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1569, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps, avec votre contribution aux Maot ‘Hitin(1), pour le Collel ‘Habad, qui y était jointe.
J’y ai également lu avec plaisir que vous souffrez de ne pas pouvoir donner autant de Tsédaka que vous l’auriez voulu. Vous méditez sûrement à ce que nous disons dans la prière Achreï(2), Il accomplit la volonté de ceux qui Le craignent.
En conséquence, j’ai bon espoir que Dieu, considérant votre désir de maintenir vos pratiques positives, en l’occurrence celle de donner de la Tsédaka et de réaliser d’autres bonnes actions, vous viendra en aide et vous en accordera la possibilité. Je vous souhaite de le faire dans la joie et en bonne santé.
Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,
Notes
(1) La Tsédaka spécifique de la fête de Pessa’h. (2) Récitée deux fois le matin et une troisième l’après-midi.
Lettre n°1570
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1570, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
se consacre aux besoins communautaires
et assume une mission divine,
le Rav Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 19 Iyar, par laquelle vous m’apprenez que le Rav M.Hacohen Shayevits a accepté votre proposition(2) et qu’il est devenu le président de votre synagogue. Vous trouverez ci-joint une copie de la lettre que je lui adresse.
Puisse Dieu faire, selon les termes du verset, que il se réjouisse de vous et vous de lui, de la joie de la Torah, de la Mitsva et de la prière, qui sont les trois piliers sur lesquels le monde repose. Ainsi, votre synagogue sera un modèle de ‘Hassidout, se conformant en tout point aux coutumes du Ari Zal.
A l’occasion de la fête de Chavouot, qui approche, je vous adresse ma bénédiction, selon la formulation de mon beau-père, le Rabbi: Recevez la Torah avec joie et profondeur.
Je suis surpris de ne pas avoir reçu de réponse aux lettres que je vous ai adressées auparavant.
Avec ma bénédiction pour la fête,
Notes
(1) Le Rav Y.Flyer. Voir, à son propos, la lettre n°1428. (2) Le Rav Moché Shayevits. Voir, à ce propos, les lettres n°1487 et 1488, de même que la lettre suivante.
Lettre n°1571
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1571, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5712,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Moché Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris avec plaisir que vous avez accédé à la requête des fidèles de la synagogue Chaareï Tefila Bneï Reouven, de rite Ari Zal et vous avez accepté d’en être le président(2).
Puisse Dieu faire que vous assumiez cette fonction et exerciez votre influence conformément au nom de la synagogue, Chaareï Tefila Noussa’h Ari Zal(3). Vous savez que le Ari Zal détermina le texte le plus exact de la prière pour tous les enfants d’Israël, comme l’explique le Likouteï Amarim du Maguid de Mézéritch, reproduit dans l’introduction du Chaar Hacollel.
En voici le texte : Les voies du ciel étaient lumineuses pour le Ari Zal. Il enseigna la sagesse au peuple, à ceux qui ne savent pas à quelle tribu ils appartiennent. Il fixa un texte de la prière, qui est un recueil de plusieurs rites, comme le savent ceux qui sont experts, en la matière. A l’heure actuelle, nous ne savons pas à quel tribu nous appartenons et, même pour ceux qui le savent, il est préférable d’emprunter la porte collective(4). Ainsi, il y a, parmi nous, des Cohanim, des Leviim et, de la sorte, tous peuvent adopter le même texte de la prière, fin de citation pour ce qui concerne notre propos.
Les prières s’élèveront jusqu’au plus haut niveau par les portes de la prière(5). Elles exerceront leur effet ici-bas, de manière concrète, pour guérir les malades et bénir les années(6). Et, l’on sait le grand rôle joué par les Cohanim, en la matière(7), qui sont capables de délivrer leur bénédiction, même à l’époque actuelle. Celle-ci se révèle avec une grande rapidité, à travers tout l’enchaînement des mondes, sans que les accusateurs ne puissent lui faire obstacle. Le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kora’h, explique tout cela par le détail. C’est la raison pour laquelle le symbole des Cohanim est la branche d’amandier, qui fleurit positivement.
Concernant Reouven(5), vous consulterez le traité Sotta 7b, qui dit : Il reconnut(8).
Avec ma bénédiction de réussite dans votre présidence, de bonne santé pour vous et votre épouse et afin que vous trouviez bientôt un logement qui vous convienne, matériellement et spirituellement,
Notes
(1) Le Rav Moché Shayevits. Voir, à son propos, la lettre n°1239. (2) Voir la lettre précédente. (3) Portes de la prière, de rite Ari Zal. (4) Celle de toutes les tribus à la fois (5) Selon le nom de la synagogue. (6) Conformément aux demandes qui sont formulées pendant la prière. (7) Le destinataire de cette lettre est un Cohen. (8) Avoir eu une relation avec Bilha, la concubine de son père. C’est la raison pour laquelle il eut part au monde futur.
Lettre n°1572
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1572, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’indiquez, dans votre lettre, ce que vous prélevez chaque semaine(1). Vous connaissez sans doute le principe, instauré à Oucha, selon lequel on ne peut lui consacrer...(2). Certes, Igueret Hakodech explique longuement la particularité de notre époque, en la matière. Il reste, néanmoins, nécessaire de conserver une certaine limite.
Il m’est difficile de préciser plus clairement mon propos, car je ne connais pas l’origine de votre pratique. De façon générale, la Tsédaka est hautement positive et rien ne peut l’égaler. Son apport constructif se marque également de façon matérielle. Pour autant, il faut réfléchir aux montants que l’on envoie chaque semaine.
Je vous ai déjà transmis par le Rav M.H. A.(3) que l’idée que je m’efforce de vous transmettre, chaque fois que vous venez ici, est la suivante. Vous devez élargir les réceptacles dont vous disposez. Ne vous considérez pas comme quelqu’un qui reçoit ou qui accorde son aide aux autres. Soyez le représentant et l’émissaire de mon beau-père, le Rabbi. Employez-vous à mettre en pratique la mission qui vous est confiée. Les forces nécessaires pour cela vous ont été accordées.
Il est clair que mon beau-père, le Rabbi, attendait de vous que vous fassiez de... une ville ‘hassidique, certes de manière progressive, comme tout ce qui est lié à la sainteté, ainsi qu’il est dit : Je le(4) renverrai peu à peu.
Il en résulte que, lorsque vous faites la connaissance de quelqu’un, directement ou par un intermédiaire, vous devez voir en cela un moyen d’élargir votre entourage, afin de pouvoir exercer votre influence sur quelques personnes de plus, de les conduire à renforcer leur pratique juive et, au final, de diffuser la ‘Hassidout et ses pratiques.
En conséquence de tout cela, je n’ai pas été très satisfait en observant que vous aviez la possibilité de faire la connaissance de... et de renforcer l’influence que vous pouvez exercer sur lui. Or, vous attendez que l’on vous désigne du doigt ce qu’il faut faire.
Lorsqu’un homme ne tire pas partie de ce qui se présente à lui, il finit par le perdre. Nos Sages disent bien que le Saint béni soit-Il ne créa rien de nouveau dans Son monde. Il est inutile d’en dire plus, puisque l’on vous a déjà affirmé, à nombreuses reprises, que vous en avez les forces et les possibilités, que de larges perspectives s’offrent à vous.
Il ne manque donc que votre volonté. Vous devez vous convaincre qu’il vous appartient de mettre en pratique le désir de mon beau-père, le Rabbi, sans tenir compte des difficultés et des voiles qui, pour la plupart, ne sont qu’imaginaires. En effet, quatre vingt dix neuf pour cent du pouvoir des opposants leur vient du fait qu’ils savent qu’on les craint.
Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur, dans la largesse véritable,
Notes
(1) Pour la Tsédaka. (2) Plus du cinquième de ses gains. (3) Le Rav Morde’haï ‘Haïm Aïzik Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi. (4) Le mauvais penchant.
Lettre n°1573
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1573, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre fidèlement aux besoins communautaires, le Rav Yehouda Tsvi Fogelman, que vous avez entrepris la construction de maisons à Worcester, que vous comptez revendre. Vous sollicitez une bénédiction pour que tout se passe bien et pour concevoir de la satisfaction de vos filles.
Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je donnerai lecture de votre demande de bénédiction, afin que vos requêtes soient exaucées.
Néanmoins, vous comprenez vous-même et il est inutile de vous rappeler qu’il est nécessaire, pour recevoir les bénédictions de Dieu, de forger des réceptacles capables de les contenir. Ceux-ci appartiennent à la Torah et aux Mitsvot. Dans la mesure du possible, ils doivent être à la mesure de la bénédiction dont vous exprimez le besoin.
En l’occurrence, pour que vous puissiez construire et vendre des maisons avec succès, vous devez révéler la réussite dans votre propre maison, qui doit être pénétrée d’un esprit de crainte de Dieu, au sens le plus littéral. Il vous faut étudier la Torah de manière fixe, conduire votre foyer sur le chemin de la Mitsva, avec crainte de Dieu. Plus vous ferez les efforts qui conviennent pour introduire la réussite dans votre demeure, dans la dimension spirituelle et plus vous connaîtrez le succès dans les maisons que vous construisez, plus votre profit matériel sera important, lorsque vous les vendrez.
Par ailleurs, il serait bon de vous engager dès maintenant, bien entendu sans en faire le vœu, à prélever un certain pourcentage du bénéfice de cette vente au profit d’une cause de Tsédaka qui implique la crainte de Dieu.
Dieu vous viendra en aide et vous bénira pour que vous conceviez du plaisir de vos filles, un plaisir juif et que vous soyez également satisfait de vous-même.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°1574
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1574, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chalom Dov(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 16 Iyar, dans laquelle vous me faites part de votre participation à la constitution du courant non affilié(2). Entre temps, est sûrement arrivé à destination mon courrier(2) qui faisait réponse à celui du comité et précisait mon opinion sur sa manière de travailler et sur l’organisation de ce réseau. Sans doute, leur action s’oriente-t-elle dans cette direction.
J’ai été particulièrement satisfait de votre participation. J’ai bon espoir que non seulement votre étude de la Torah n’en sera pas diminuée, ce qu’à Dieu ne plaise, mais qu’en outre, s’accomplira en vous la promesse de l’Admour Hazaken, exprimée au début du Torah Or, selon laquelle la participation à la Tsédaka, matérielle et a fortiori spirituelle, permet d’affiner mille fois son cerveau et son coeur. Les commentaires de ce discours ‘hassidique, qui sont imprimés dans le Likouteï Torah sur trois Parachyot, précisent que ce chiffre de mille n’est pas une exagération, mais qu’il doit être interprété au sens le plus littéral.
En d’autres termes, votre étude, qui émane de votre cerveau, vous permettra de comprendre en une heure ce qui, d’ordinaire, aurait nécessité mille heures. Et, il en sera de même pour la prière et pour l’amour du prochain, qui dépendent du cœur et seront également mille fois plus raffinés.
En ces jours précédant la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah, l’effort pour éduquer les enfants permet de la recevoir avec joie et profondeur, selon les termes de la bénédiction qu’accordait mon beau-père, le Rabbi. En effet, le Midrach Rabba rapporte que ceux-ci furent les garants, grâce auxquels Dieu accepta de donner la Torah à Son peuple, Israël.
Avec ma bénédiction de joyeuse fête et pour recevoir la Torah avec crainte de Dieu,
Notes
(1) Le Rav C.D. Lipchits, d’Erets Israël, actuellement responsable national de l’association des Peylim. Voir, à son propos, la lettre n°1198. (2) Voir la lettre n°1559.
Lettre n°1575
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1575, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie de votre lettre de la veille de ce Chabbat, que je viens de recevoir et de vous être occupé de la toilette mortuaire et de l’enterrement(2), comme vous me le dites et comme me l’écrit également le Rav B.T. Chem Tov, émissaire des sages(3). Puisse Dieu faire que nous n’ayons recours l’un à l’autre que pour des raisons joyeuses.
On peut donner une explication plaisante de l’affirmation de nos Sages, figurant au traité Ketouvot 17a, selon laquelle on suspend l’étude de la Torah pour un enterrement ou un mariage. Il est établi que la finalité de la sagesse est la Techouva et les bonnes actions. Lorsque les enfants d’Israël reçurent la Torah, ils dirent nous ferons et ensuite nous comprendrons. C’est la raison pour laquelle on suspend l’étude de la Torah pour accomplir une Mitsva.
De fait, un tel accomplissement est comparable à un enterrement. Car, c’est la morsure du premier serpent qui introduisit la mort dans le monde(4), y compris pour les hommes les plus élevés et même pour les quatre qui ne commirent aucune faute(5).
Mais, l’on suspend l’étude également pour un mariage, c’est-à-dire pour la révélation de la sainteté(6), conduisant vers l’extase et permettant de s’inclure en l’Essence de Dieu.
Nos Sages disent aussi que l’on met de côté le cortège de l’enterrement devant celui du mariage. Ils auraient pu formuler leur enseignement en expliquant que l’on suspend l’étude de la Torah d’abord pour un mariage, puis pour un enterrement. En fait, ils mentionnent d’abord l’enterrement parce que le service de Dieu est organisé ainsi. On doit d’abord s’écarter du mal, puis faire le bien. A l’opposé, l’ordre n’est pas le même lorsque ces deux actes(7) se présentent ensemble. Dès lors, l’Injonction repousse l’Interdit.
Je conclus comme je commençais, en vous remerciant du fond de mon cœur pour ce que vous avez fait et également pour la participation à tout cela(8) du grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Yehouda Zéev Halévi Segal.
Puisse Dieu faire que nous soyons tous liés au Dieu de vie par la Torah de vie, que nous nous apprêtons à recevoir, en le temps où elle est donnée, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, avec joie et profondeur.
Avec ma bénédiction pour la fête,
Notes
(1) Le Rav I.Doubov, de Londres. Voir, à son propos, la lettre n°1510. (2) Du frère du Rabbi. Voir la note à la fin de la lettre n°1566. (3) Le Rav Ben Tsion Chem Tov, d’Angleterre, pays où le frère du Rabbi quitta ce monde. Voir, à son propos, les lettres n°1808 et 1819. (4) Après la faute d’Adam et de ‘Hava. (5) Et, dont la mort s’explique donc uniquement par la morsure du serpent. (6) Qui est provoqué par le mariage et qui rend possible la naissance des enfants. (7) Un acte pour repousser le mal et un autre pour faire le bien se présentant conjointement. (8) La mère du Rabbi n’avait alors pas connaissance du décès de son fils. Peut-être était-ce pour cela que le Rabbi n’évoque pas clairement cet événement.
Lettre n°1576
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1576, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 16 Iyar, par laquelle vous me faites savoir qu’un médecin a dit à votre épouse que son organisme n’était pas susceptible de supporter une grossesse.
Vous ne devez pas vous en effrayer. Il y a des centaines, des milliers de cas dans lesquels les médecins parviennent à la même conclusion et l’on assiste, néanmoins, à la naissance d’enfants en bonne santé. En conséquence, si ces médecins proposent un traitement, par exemple médicamenteux, qui ne soit pas trop énergique, vous vous conformerez à leurs prescriptions. En revanche, il faut écarter les opérations et autres interventions fortes.
Dieu vous viendra en aide et, le moment venu, c’est-à-dire dans peu de temps, je l’espère, vous et votre épouse recevrez la bénédiction d’avoir un enfant.
Vous connaissez la lettre de l’Admour Hazaken(1), qui est déjà publiée, selon laquelle un bon moyen d’avoir des enfants est d’étudier une partie de la Torah qui conduit à aimer Dieu et à Le craindre, c’est-à-dire la ‘Hassidout. Vous devriez donc fixer une étude de la ‘Hassidout avec l’un de vos voisins, au moins trois fois par semaine, de sorte qu’il ne se passe pas trois jours sans que vous ne l’appreniez. Bien évidemment, l’une de ces trois fois sera le Chabbat. Les deux autres seront fixées à votre convenance.
Votre épouse a sans doute adopté la pratique positive des femmes juives consistant à donner de la Tsédaka pour Rabbi Meïr Baal Haness(2), chaque fois qu’elle allume les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Vous devez également lui demander de se couvrir scrupuleusement la tête.
Si vous respectez tout cela l’un et l’autre, j’ai bon espoir que vous m’annoncerez bientôt une bonne nouvelle, le fait que votre épouse attend un enfant, de sorte que je puisse en faire part, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.
Avec ma bénédiction, à vous et à votre épouse, pour une fête de Chavouot joyeuse et pour m’annoncer de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Méa Chearim, page 38a et Séfer Hamaamarim Haketsarim, pages 460à 462. Voir aussi les lettres n°1244, 1387 et 1686. (2) Celle du Collel ‘Habad, de Jérusalem, qui en porte le nom.
Lettre n°1577
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1577, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été peiné d’apprendre qu’en enseignant la ‘Hassidout à la Yechiva Loubavitch, vous marquez des différences entre les élèves. Vous en avez renvoyé certains de votre cours et il en est d’autres auxquels vous ne vous intéressez pas.
J’en suis particulièrement surpris. Comment pouvez-vous faire pareille chose? Qui d’entre nous peut s’arroger le droit de renvoyer un garçon ou un jeune homme d’un cours de Tanya ou de ‘Hassidout? Bien au contraire, chacun de nous doit s’efforcer d’attirer quiconque peut y prendre part, même de manière imparfaite et lui donner accès à l’enseignement le plus large.
Différentes causeries rapportent que, depuis le Baal Chem Tov, on se dirige vers celui qui doit recevoir, à la différence de ce qui est pratiqué dans d’autres cercles. Bien évidemment, ce déplacement n’est pas seulement physique. Il implique aussi de quitter son propre niveau, de se rapprocher, de trouver les mots qui conviennent à l’auditoire qui, pour l’heure, ne se trouve pas encore à ce niveau.
Il m’est difficile d’en dire plus, mais tout cela est douloureux. J’ai bon espoir que vous ferez évoluer la situation, dans toute la mesure du possible. Même s’il y a la moindre chance qu’un élève puisse bénéficier d’un cours de ‘Hassidout ou de Tanya, il faut qu’il y participe. Et, l’on doit rechercher son bien, s’enquérir de sa situation.
En conséquence, les causeries et les fascicules que l’on enseigne doivent être choisis en fonction de ce que peuvent comprendre ces élèves, dont la logique n’est, pour l’heure, pas très développée.
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