Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°1538
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1538, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Iyar 5712,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 26 Nissan, dans laquelle vous me parlez de ceux que vous avez invités à vos Séders et pour Chevii Chel Pessa’h. Vous et votre épouse avez un grand mérite. Vous contribuez à rapprocher le cœur des fils et des filles d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux. Vous le faites, en particulier, grâce à cette invitation aux Séders qui, en apparence, n’est pas une étude formelle et n’apporte que des connaissances accessoires. Pour autant, c’est précisément pour cette raison que le message passe encore plus clairement, qu’il exerce une influence plus profonde, même si l’action elle-même reste superficielle. En effet, il est possible d’ajouter, pendant le Séder ou à proximité de celui-ci, les explications nécessaires, avec les termes qui conviennent. Dès lors, la pratique superficielle s’introduit profondément et elle exerce son effet.
J’ai pris connaissance avec plaisir de ce que vous m’écrivez à propos de votre travail à la faculté de Boston et je ne sais pas pourquoi vous exprimez un doute, dans votre lettre, sur son caractère positif. Il est bien évident que cette activité est bonne et souhaitable.
Vous me demandez sur quel thème concentrer votre étude. Lorsque des personnes comme vous m’ont rendu visite, je leur ai déjà dit, à différentes reprises, qu’il fallait parler essentiellement de notre foi, de notre Torah, de l’action concrète qui est, comme vous le savez, l’apport du don de la Torah. C’est alors que les enfants d’Israël dirent “ nous ferons ” et ensuite seulement “ nous comprendrons ”.
J’ai déjà donné une image actuelle, à ce propos. Lorsqu’il y a un incendie, on n’a pas le temps d’expliquer aux spectateurs ou même à ceux qui s’efforcent de l’éteindre comment fonctionnent les machines permettant de le faire, pourquoi elles doivent être placées de telle façon et orientées de telle autre.
Il en est de même pour la situation actuelle des Juifs, alors que, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, les murs de l’exil sont en flammes. Il faut donc sauver les âmes juives de cet incendie, afin que toutes prennent part à la délivrance, très bientôt et véritablement de nos jours. Quiconque est alors présent et ferme les yeux, refusant de voir l’incendie ou bien s’installe tranquillement, attendant qu’on lui explique, par le détail, le fonctionnement de la machine qui permet de l’éteindre et tous les détails sur la manière de le faire, prend la responsabilité du danger qu’induit une telle attitude.
A l’opposé, le simple fait de se concentrer sur le fait d’éteindre l’incendie prépare et introduit, par la suite, une bonne compréhension de son origine, de la manière dont les machines ont été construites et dont elles éteignent l’incendie.
Le sens de cette image est bien clair. Néanmoins, il faut l’expliquer à chacun et à chacune, selon ses moyens intellectuels et ses centres d’intérêt.
Je n’ai pas eu, depuis quelques temps, de nouvelles de l’état de santé des membres de votre famille. Vous me confirmerez donc que tout va bien, dans ce domaine.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°1539
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1539, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au jeune homme, ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Morde’haï,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 25 Nissan, par laquelle vous m’apprenez que vous vous êtes fiancé avec Léa Reïzel et que vous avez décidé d’habiter à Sefrya(1). Vous avez décidé de vous marier cet été.
Puisse Dieu faire que ceci soit avec un bon Mazal, en un moment bon et fructueux. Vous bâtirez un foyer juif, basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont expliquées et éclairées par le luminaire de la Torah, qui est la ‘Hassidout.
Vous me dites que votre fiancée a pratiquement un an de plus que vous, qu’elle s’appelle Léa Reïzel mais qu’on la nomme couramment Reïzel, alors que votre propre mère s’appelle Myriam Léa(2). Le Tséma’h Tsédek dit, à ce propos, dans ses responsa Even Haézer, chapitre 143, que “ il n’y a absolument rien à craindre ”. Vous consulterez également sa décision hala’hique, au chapitre 116, qui, a fortiori, s’applique à votre cas.
Vous me demandez s’il faut que tous vous appellent Avraham Morde’haï ou bien s’il suffit que l’on vous donne ces deux noms lorsque vous êtes appelé à la Torah ou bien que vous signez ainsi. Il n’y a pas de règle, en la matière et je n’ai pas reçu d’instruction, à ce propos. Vous continuerez à adopter le comportement que vous avez eu jusqu'à maintenant.
Néanmoins, je vois une contradiction entre le début et la fin de votre lettre. Au début de celle-ci, vous me dites que vous vous appelez Avraham Morde’haï Chmouel, puis, par la suite, vous n’écrivez plus que Avraham Morde’haï.
Vous évoquez le temps que vous fixez pour vos études de la Torah, en plus de celles qui concernent chacun(3). J’ai écrit, il y a quelques temps(4), que chaque ‘Hassid doit avoir deux études de la partie révélée de la Torah et deux autres de la ‘Hassidout, l’une profonde et l’autre, plus superficielle, chaque jour ou, tout au moins, quelques fois par semaine.
Il faudrait parvenir à ce que trois jours ne passent pas sans que l’on ait une étude profonde. Sur quel livre ou quel recueil de discours ‘hassidiques doit porter votre étude? Vous prendrez conseil, à ce propos, auprès des ‘Hassidim âgés et vous vous conformerez à ce qu’ils vous diront.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov et de réussite dans tous les domaines, matériels et spirituels,
Notes
(1) A Kfar ‘Habad. (2) Voir également la lettre n°901. (3) Il s’agit du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, que l’on doit étudier chaque jour. (4) Voir la lettre n°1510.
Lettre n°1540
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1540, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui concernait votre fils. Celui-ci souhaite venir poursuivre ses études à la Yechiva Loubavitch, ici. Vous précisez qu’en Tamouz, il aura vingt ans, pour de longs jours et de bonnes années.
Votre fils profitera de l’été pour renforcer son ardeur à l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Bien évidemment, cela ne veut pas dire qu’il devra affaiblir sa santé. L’enseignement du Baal Chem Tov et la ‘Hassidout ‘Habad soulignent, tout particulièrement, que l’on doit être en bonne santé, physique et morale.
Pendant le courant de l’été, il écrira à la direction de la Yechiva Loubavitch, ici et ils se mettront sûrement d’accord. Durant l’été, il étudiera de la manière qui a été définie plus haut et, par la suite, il sera bon qu’il vienne poursuivre ses études ici, à partir de Roch Hachana.
Que Dieu fasse que vous conceviez beaucoup de plaisir de cet enfant et de tous les autres, un plaisir juif et ‘hassidique, dans la tranquillité et la largesse.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°1541
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1541, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Nissan, à laquelle était jointe une demande de bénédiction. Cette dernière sera lue, en un moment fructueux, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. A n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine pour la satisfaction des besoins de chacun de ceux que vous mentionnez dans votre lettre.
Vous me demandez comment rectifier le passé et vous me dites que vous n’avez pas la force de jeûner. Vous consulterez la biographie du Rabbi Maharach(1), à la page 72. L’un de ses proverbes y est mentionné : “ Jeûner, au sens courant, consiste à ne pas manger du lever au coucher du soleil, c’est-à-dire à maigrir. Le jeûne défini par la Torah, en revanche, est un acte du service de Dieu, qui implique une réflexion, pendant quinze minutes chaque jour, à ce que l’on doit faire pour assurer son propre avancement ”.
Le Rabbi Rachab(2) conclut : “ De la sorte, non seulement on transforme les forces de son esprit, mais, bien plus, on change de nature ”. Et mon beau-père, le Rabbi(3) ajoute : “ Chacun peut tirer un enseignement de cet histoire, en l’occurrence la nécessité de méditer, quinze minutes chaque jour, à son propre avancement ”.
A mon avis, cela s’ajoute au fait que, de manière générale, il ne convient pas de réfléchir trop précisément aux fautes que l’on a commises. Il semble, pour ce qui vous concerne, qu’il s’agisse d’une intervention de votre mauvais penchant pour vous rendre triste et mélancolique. Vous devez donc être joyeux, ainsi qu’il est dit : “ Servez Dieu dans la joie ”, ce qui implique deux points, l’état de serviteur, défini par le Torah Or, au début de la Parchat Michpatim, qui inclut également le serviteur cananéen, celui qui est heureux de ne rien faire et, parallèlement, la nécessité que ce service soit joyeux.
De fait, une brève réflexion suffit pour prendre conscience de votre bonheur, du sort agréable qui est le vôtre, puisque vous avez le mérite d’être un ‘Hassid. En conséquence, quoi qu’il vous arrive, vous avez la certitude que le Rabbi vous placera dans un véritable rayon de lumière. Néanmoins, il faut vous attacher fortement à lui, en étudiant la ‘Hassidout, en marquant votre amour pour votre prochain.
L’Admour Hazaken a déjà établi(4) que l’Injonction “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est le réceptacle de cette autre Injonction “ tu aimeras l’Eternel ton Dieu ”.
Notes
(1) Dont le Rabbi est l’auteur. (2) Fils du Rabbi Maharach. (3) Fils du Rabbi Rachab. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°1035 et 1527.
Lettre n°1542
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1542, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Iyar 5712,
Brooklyn,
Aux dirigeants des jeunes de l’association
des ‘Hassidim ‘Habad en Terre Sainte,
à qui Dieu accordera longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 22 Nissan, par laquelle vous me rendez compte de vos activités, depuis Tévet jusqu'à maintenant. Puisse Dieu vous accorder le discernement qui convient, conformément aux demandes de mon beau-père, le Rabbi. En effet, nous avons entendu, à différentes reprises, de sa propre bouche qu’il faut se garder à tout prix de se suffir de ce que l’on a accompli et d’en être satisfait.
Il ne faut pas que “ le petit malin ”(1) puisse utiliser cette situation pour provoquer la torpeur et l’affaiblissement de l’action qui est nécessaire, à l’avenir. Plus encore, parfois celui-ci fait même usage de cet état de fait pour renforcer l’orgueil et la conscience de sa propre personne, surtout lorsque ce sentiment paraît justifié, c’est-à-dire que les actions qui ont été réalisées sont, à l’évidence, très positives. Son argumentation est alors très forte et il faut donc être particulièrement vigilant.
C’est la raison pour laquelle les explorateurs introduisirent leurs propos par des vérités. C’est de cette façon qu’ils purent affaiblir le cœur des enfants d’Israël et les décourager de s’installer en Erets Israël, de se trouver de manière fixe et permanente dans le pays qui “ voulut(2) faire la Volonté de son Créateur ”, celui d’Israël qui permet de se trouver à la tête de Dieu(3).
Vous consulterez le Likouteï Torah Chela’h, au discours ‘hassidique intitulé “ Je suis l’Eternel ”, qui commente l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ lorsque, dans la prière, on répond Amen Yehé Chemé Rabba , Dieu acquiesce de la tête ”.
B) Après cette entrée en matière, je voudrais vous révéler que je suis satisfait, même si je ne le suis pas complètement, du détail de toutes vos actions positives. En effet, il n’y a pas de risque que je puisse moi-même m’enorgueillir de ce que je n’ai pas personnellement accompli.
Je dis que je ne suis pas complètement satisfait car la description que vous faites dans votre lettre souligne clairement à quel point toute action menée à l’heure actuelle porte ses fruits, pour peu qu’elle soit réalisée avec vérité, c’est-à-dire de la manière qui convient, sans s’affecter devant les obstacles et les difficultés de la première heure.
Compte tenu de ces éléments, vous auriez pu accomplir beaucoup plus, pendant ces quelques mois, de Chevat à Nissan. Car, si, à toute époque, le temps qui passe ne peut être retrouvé, combien plus est-ce le cas à la nôtre, celle du “ talon du talon du Machia’h ”, dont chaque instant est particulièrement précieux. Il est possible de l’utiliser pleinement, d’obtenir des accomplissements grandioses, des fruits et des “ fruits de fruits ”, jusqu'à l’extrémité du monde, pourtant lui-même conçu pour voiler Dieu(4).
C) Vous reprendrez sûrement contact avec tous les endroits où vous me précisez que l’action est encore en cours ou que des résultats concrets n’ont pas encore été obtenus. Vous évaluerez la situation et, à n’en pas douter, vous obtiendrez finalement la réussite.
L’Admour Hazaken a donné l’assurance que, grâce au sacrifice qu’il fit de sa propre personne, ceux qui suivraient sa voie connaîtraient la réussite dans les actions qu’ils mèneraient, pour la Torah et les Mitsvot.
D) Concernant l’action à mener auprès des élèves des Yechivot, l’un des moyens d’intervenir, en la matière, pourrait être de rechercher, dans ce milieu, les garçons et les jeunes gens qui descendent de familles ‘hassidiques.
Il faudra leur faire des reproches, en privé bien sûr, leur rappeler que leurs parents et leurs grands-parents leur ont fait hériter des forces de plusieurs générations de ‘Hassidim. S’ils n’en font pas usage conformément à la volonté de ceux qui les leur ont léguées, ils leur manquent de respect et vont à l’encontre de leur volonté, ils gaspillent inutilement des forces que Dieu leur a accordées.
Et, qui sait, peut-être est-ce là l’une des raisons essentielles pour laquelle ils se trouvent dans telle Yechiva. C’est par leur intermédiaire que doit y briller le luminaire de la Torah, son enseignement profond qui, à notre époque, s’est révélé à travers la ‘Hassidout.
Vous trouverez sûrement les mots qui conviennent pour développer cette explication, selon l’état d’esprit de chaque garçon et de chaque jeune homme que vous contacterez.
E) Le jeune... se trouvait auparavant dans le Kibboutz que vous citez dans votre lettre. Il a été étudiant, pendant quelques années, à la Yechiva Loubavitch, ici. Son père est né en Terre Sainte et il a fait ses études à la Yechiva Torat Emet.
Il serait bon de lui transmettre mes salutations et de l’engager, d’exiger qu’il soit parmi les premiers à diffuser les sources(5) dans son entourage.
F) Vous me demandez des instructions précises sur ce que vous devez faire. Il est dur de le faire lorsque l’on est géographiquement éloigné. Nos Sages affirment que tout dépend des conditions de l’endroit et de l’espace.
Pour cela, il ne faut pas perdre de vue le point central de chaque action, l’objectif essentiel qui est toujours la nécessité de rapprocher les coeurs des enfants d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux et, en particulier, de l’enseignement de la ‘Hassidout générale et de la ‘Hassidout ‘Habad, de même que des voies et des pratiques ‘hassidiques.
G) Vous me dites que... pourra vous aider dans votre travail. Néanmoins, il vous faudra alors faire état de votre participation dans chaque annonce. Il est bien clair qu’aucune subvention ne peut être acceptée à cette condition. Je suis même très surpris qu’on vous fasse une telle proposition.
Il est bien clair que, lorsque l’on obtient une subvention, il est légitime de rendre des comptes sur la façon que l’on a eue de l’utiliser, en fonction de l’objectif assigné. En revanche, on ne peut pas s’en servir comme moyen de pression, pour obliger à diffuser une annonce sur une certaine compagnie, quelle que soit l’action envisagée, une étude de la ‘Hassidout, une réunion ‘hassidique.
H) J’ai appris avec plaisir, par votre lettre, que vous avez diffusé le contenu de ma lettre collective, rédigée à l’occasion de la fête de Pessa’h(6) et que celle-ci a été imprimée dans les journaux orthodoxes. Vous enverrez sans doute ici quelques exemplaires de votre publication et des coupures de journaux.
A l’avenir, vous voudrez bien m’adresser deux exemplaires de tout ce que vous imprimez. Je vous en remercie. Vous avez sûrement reçu, il y a quelques temps déjà, ma lettre collective adressée aux élèves des Yechivot(7). Comme le mentionne sa conclusion, celle-ci a également été écrite à l’occasion de la fête de Pessa’h. Néanmoins, elle reste valable tout au long de l’année.
I) J’ai déjà écrit, il y a quelques temps, que je suis surpris par le fait que le nombre des membres de l’association des jeunes ‘Hassidim ‘Habad n’augmente pas. Vous devez expliquer aux jeunes issus de familles ‘hassidiques que la qualité de membre de cette association n’est pas une distinction, mais bien une responsabilité. Pour autant, celle-ci leur incombe tout autant, même s’ils ne sont pas membres de cette association.
L’affiliation à cette association permet donc d’appartenir à une communauté
et, de la sorte, de bénéficier du mérite publique. A n’en pas douter, chaque ‘Hassid et chaque descendant de ‘Hassid duquel on peut dire que “ le père fait hériter de sa sagesse à son fils ” possèdent les forces ‘hassidiques qui leur ont été léguées.
Ceux qui n’en font pas usage et, a fortiori, ceux qui considèrent tout cela avec indifférence, adoptent une attitude qui est particulièrement coupable, surtout à notre époque, comme je l’ai montré. Il est sûrement inutile d’en dire plus.
J) Vous m’interrogez sur l’émission de radio. Vous ne dites pas quels inconvénients cela présente. Or, il y en a sûrement, même si, dans la mesure où l’on peut en juger d’ici, ces derniers sont accessoires par rapport aux avantages que l’on peut en attendre.
Néanmoins, il importe que celui qui présentera ces émissions les prépare soigneusement. Un comité sera constitué, qui en approuvera le contenu, afin qu’il soit adapté, que l’on soit sûr qu’il atteint son objectif.
K) Vous avez décidé de trouver, en chaque endroit, des personnes qui s’assureront que tout est fait en conformité avec l’objectif fixé. Cela est très judicieux.
Dieu vous accordera sûrement la réussite pour trouver les moyens qui conviennent, afin que cette décision soit suivie d’effet.
L) J’ai été heureux d’apprendre qu’un nouveau représentant d’organisation a été choisi pour appartenir à la direction de l’association des jeunes ‘Hassidim ‘Habad.
Vous avez convoqué une réunion commune avec l’association des ‘Hassidim ‘Habad et puisse Dieu faire qu’à l’avenir il y ait un resserrement entre vos deux organisations. Bien plus, cet attachement, qui est, selon la définition qu’en donne la ‘Hassidout, un lien créé entre deux entités distinctes, se transformera ensuite en union. Vous ne formerez alors qu’un seul bloc, pour mettre en pratique la Volonté de notre Père Qui se trouve dans les cieux.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et en saluant tous les dirigeants et tous les membres de l’association des jeunes ‘Hassidim ‘Habad,
N. B. : Je vous adresse quelques bons d’expédition en port payé, à titre de participation aux dépenses induites par vos réalisations sacrées.
Notes
(1) Le mauvais penchant, selon le nom que lui donne le précédent Rabbi. (2) Erets, le pays, est de la même étymologie que Ratson, la volonté. (3) Israël est de la même étymologie que Li Roch, “ une tête pour Moi ”. (4) Olam, le monde est de la même étymologie que Elem, le voile. (5) De la ‘Hassidout. (6) Il s’agit de la lettre n°1477. (7) Il s’agit de la lettre n°1507.
Lettre n°1543
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1543, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Iyar 5712,
Aux chers enfants du distingué ‘Hassid,
qui craint Dieu, le Rav Moché Eliezer
et de son épouse, madame Ra’hel Elké
Creimer,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris, par une lettre du distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, aux multiples accomplissements, le Rav Avraham Dov Ber que l’anniversaire du décès de votre cher père sera ce soir. Puis, le 22 Iyar, ce sera celui de votre chère mère.
Je voudrais vous exprimer tout mon souhait et ma bénédiction pour que vous conserviez vivant le souvenir de vos parents, pour de longs jours et de bonnes années.
De façon générale, l’anniversaire d’un décès appelle deux sentiments. D’une part, l’âme du défunt reçoit une élévation, en ce jour, comme le disent nos livres sacrés. Elle accède alors à un stade spirituel plus haut, ce qui est cause de joie pour elle et pour tous ses proches, pour de longs jours et de bonnes années.
A l’opposé, l’anniversaire du décès commémore ici-bas la mémoire du défunt, ce qui induit le contraire de la joie.
Néanmoins, cet anniversaire ne devrait pas générer ici-bas le contraire de la joie, mais, bien au contraire, une sérieuse réflexion, une méditation et un bilan moral, afin de conformer sa propre vie, dans ce monde, à celle que connaît l’âme, là-haut. Cette dernière en effet, reçoit, d’année en année, des élévations successives et il doit donc en être de même, ici-bas, pour tous ceux qui lui sont liés. Ceux-là doivent aussi connaître un avancement perpétuel, pour tout ce qui concerne la Torah, la prière et les bonnes actions.
C’est de cette façon que l’on peut procurer à ceux qui ont quitté ce monde la plus grande satisfaction qui soit.
Tout cela met en évidence le pilier fondamental de notre foi, l’absence de la mort pour tout ce qui est lié à la sainteté, en général et pour les Juifs, en particulier. Seule existe la transition, d’un monde à l’autre. En conséquence, ceux qui ont, dans ce monde, une existence liée en permanence à la sainteté, à la Torah et aux Mitsvot, perçoivent ce passage comme une élévation, un avancement, d’abord dans ce monde matériel et ensuite, à l’issue de quelques étapes, dans le monde futur.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°1544
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1544, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai reçu votre lettre en son temps et l’on m’a transmis, ces jours-ci, vos salutations et le contenu de ce que vous avez écrit aux Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Yossef Halevi Weinberg. Vous avez sûrement reçu, en leur temps, les fascicules(1), mes lettres collectives et le télégramme(2). Vous avez sans doute diffusé leur texte ou, tout au moins, leur contenu, de la manière qui convient.
B) Il est sûrement inutile de vous rappeler que vous devez donner à votre fille, qui va visiter la Terre Sainte, l’adresse des ‘Hassidim et de nos institutions. Je suis sûr que vous l’avez fait de votre propre initiative. Ainsi, elle pourra aller voir ces endroits et il y a bon espoir que cela exercera sur elle une influence positive.
Le Rabbi Maharach dit, en effet(3) : “ Si le bien est effectivement bien, est-ce à dire que le meilleur ne soit pas envisageable ? ”. Je vous remercie de me dire ce que vous ferez, dans ce domaine, les endroits qu’elle visitera et l’impression que lui fera cette visite.
C) J’ai beaucoup apprécié votre intervention à propos de ‘Habad Loubavitch, lors de la session du Board of Deputies(4). Nos Sages disent que les forces du mal prennent l’apparence de la sainteté, comme un singe qui imite l’homme. Néanmoins, pour notre regret et notre douleur, il est différents points que nous devons apprendre de nos opposants.
On peut constater que leur effronterie leur confère la réussite, en particulier ces derniers temps. Or, si une telle attitude, qui n’a pas sa raison d’être, peut apporter des résultats, combien plus peut le faire la largesse véritable, ainsi qu’il est dit “ j’avancerai dans la largesse ”, dans les domaines de la sainteté, sans s’affecter des voiles et des obstacles. Il est une certitude absolue que, de la sorte, on connaîtra le succès, au final.
Ce que vous venez de faire en apporte la preuve. Vous être parvenu à mettre en éveil le sentiment profond qui était caché en... Et, cette preuve est double. Tout d’abord, mon beau-père, le Rabbi dit(5) que “ tous se soumettent devant la vérité ”. Et, les ‘Hassidim des générations antérieures avaient ce proverbe : “ un sentiment ‘hassidique n’est jamais perdu ”, ce qui veut dire, non seulement, qu’il s’exprime sous la forme d’une contribution à la Tsédaka ou d’une bonne action, mais aussi qu’il revient, à terme, vers la ‘Hassidout, comme l’établit cet épisode.
Puisse Dieu faire que vous fassiez preuve de la détermination nécessaire. Ainsi, vos actions fructueuses vous procureront uniquement du plaisir et de la satisfaction, mais aucune déception, ce qu’à Dieu ne plaise.
Avec ma bénédiction de réussite pour servir Dieu dans la joie et la largesse,
Notes
(1) Des enseignements du précédent Rabbi. (2) Edités à l’occasion de la fête de Pessa’h. (3) Voir les lettres n°1224 et 1566. (4) Organisme représentatif des communautés juives en Angleterre. (5) Voir les lettres n°1224 et 1566.
Lettre n°1545
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1545, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Ben Tsion(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 20 Nissan, de même que votre livre, le commentaire du Rambam sur la Meguilat Esther, dont un exemplaire m’est parvenu par la poste et un second, par l’intermédiaire du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Hendel Havlin. Je vous remercie beaucoup pour ce cadeau.
Puisse Dieu faire que vous ayez de longs jours et de bonnes années, que vous puissiez oeuvrer pour le mérite de tous en diffusant de telles valeurs, avec les qualités que Dieu vous a accordées, dans la tranquillité et la largesse, matérielle et spirituelle.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom, pour que vous soyez en bonne santé, lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père. A n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine, pour la satisfaction de vos besoins.
Je vous remercie beaucoup de m’avoir rapporté dans votre lettre l’explication de la Michna “ le Sage possède sept qualités ” que vous avez entendue de mon père, lorsque vous vous trouviez à Kiev. Si vous pouviez me fournir d’autres précisions, dont vous vous souviendriez, sur cette visite et surtout sur cette explication, je vous en serai reconnaissant.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Je vous joins un bon d’envoi en port payé, qui correspond aux frais de transport(1).
Notes
(1) Le Rav B.T. Kreinfuss. (2) De ce livre.
Lettre n°1546
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1546, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu vos lettres du 23 Nissan, du Roch ‘Hodech Iyar et les précédentes. J’attends de bonnes nouvelles de l’organisation de la Yechiva et du Beth Rivka, à Casablanca, pour la nouvelle année scolaire qui commence maintenant. Vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi, qui dit que le début conditionne tout ce qui se passe ensuite.
B) Je vous remercie de m’avoir adressé les livres(2) dont la liste était jointe à votre lettre du 23 Nissan. Vous me direz, si cela est nécessaire, quelles lettres de remerciement doivent être adressées à ceux qui les ont données.
Néanmoins, je suis un peu surpris. D’après mes informations, un très grand nombre de livres de Kabbala ont été imprimés en Afrique du nord, en particulier à Djerba. Or, il n’y en a que quelques uns parmi ceux que vous m’envoyez. Peut-être serait-il bon de s’informer, à ce propos.
C) Je vous joins une réponse pour le Cho’het de votre ville. Vous voudrez bien la lui transmettre. Je vous en remercie. Si des explications complémentaires sont nécessaires, vous trouverez les mots qui conviennent pour les lui donner.
J’écrirai, ces jours-ci, au Rav de Taorirt.
D) Il est possible qu’un des membres des jeunes de l’association des ‘Hassidim ‘Habad se trouvant ici rende visite au Maroc, dans une semaine ou deux. C’est un élève de la Yechiva Loubavitch, le grand Rav et ‘Hassid, Rav Chalom Haskind, qui se rend en Terre Sainte et, sur son chemin, visitera le Maroc, à ma demande.
Il parle l’Hébreu, car il a habité en Terre Sainte pendant quelques années et il possède une bonne connaissance de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Il faut donc profiter de son passage pour le faire parler devant les jeunes enseignants et peut-être même en présence des Sefardim âgés et, bien évidemment, des élèves.
Si tout cela est bien organisé, il y a bon espoir qu’il en résulte un élan d’enthousiasme, parmi les élèves, les professeurs et les éducateurs des Sefardim. Il pourra rester au Maroc le temps qu’il faudra pour cela. Mais, les préparatifs, s’ils prennent du temps, devront être effectués à l’avance.
Vous avez sûrement reçu, en son temps, le télégramme concernant monsieur Chalom(3).
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et de bien matériel et spirituel, pour vous et pour tous les membres de votre famille,
M.
Schneerson,
Notes
(1) Le Rav C.Matusof, de Casablanca. Voir, à son propos, les lettres n°1250, 1598, 1728 et 1837. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1250. (3) Le responsable des institutions Otsar Hatorah au Maroc.
Lettre n°1547
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1547, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Mi’haël(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai reçu avec plaisir votre lettre du jeudi de la semaine passée et les précédentes. Vous me dites avoir envoyé la liste des élèves(2), mais, pour l’heure, je ne l’ai pas reçue. Elle me parviendra sûrement ces jours-ci.
B) Vous m’interrogez sur le programme des études. Vous proposez que les grandes classes apprennent la ‘Hassidout pendant une heure et demie avant la prière et deux heures le soir.
A mon avis, il est encore trop tôt pour instaurer, dans votre pays, une étude quotidienne de trois heures et demie de ‘Hassidout pour les élèves Sefardim. Certes, je pense qu’il est bon de fixer pour eux une étude de la ‘Hassidout avant la prière et également le soir et la nuit. Mais, avant d’instaurer une étude aussi longue, le matin et le soir, il faut tenir compte du fait qu’il s’agit d’un endroit nouveau. On ne peut donc pas demander d’emblée le maximum.
Concernant l’étude de la ‘Hassidout, peut-être serait-il bon d’instaurer un temps d’étude obligatoire pour tous et de donner à ceux qui le désirent la possibilité d’un temps supplémentaire, que la Yechiva ne présentera pas comme impératif.
A mon sens, la Yechiva fixera, pour l’instant, le temps d’étude obligatoire avant la prière du matin. Il durera une demi heure ou trois quarts d’heure. Puis, il y aura encore une heure et demie, le soir. Il faut également souligner aux élèves que cette étude doit être accrue durant le Chabbat. Ce principe s’applique également à ceux qui passent le Chabbat chez eux et non à la Yechiva.
C) J’ai appris avec plaisir, par votre lettre, que vous aviez confectionné de la Matsa Chemoura et ce qui s’était passé en marge de cette activité. Mon beau-père, le Rabbi, a maintes fois expliqué que ce qui se passe en marge a parfois plus d’effet que l’action proprement dite.
Certes, une telle action reste superficielle, mais, si elle est accompagnée ou suivie d’explications, elle peut être intériorisée, de sorte que l’on cumule à la fois la qualité de ce qui est superficiel et celle de ce qui est profond.
D) Bien évidemment, je mentionne votre nom et celui des membres de votre famille, en un moment propice, lorsque je me trouve près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous connaissiez la réussite dans votre mission sacrée, la satisfaction de tous vos besoins et de vos préoccupations personnelles.
Le grand mérite que constitue le fait de diffuser la lumière de l’enseignement de notre maître au Maroc vous permettra de susciter et de recevoir toutes les bénédictions de Dieu, qui vous seront accordées là-haut et se révéleront ici-bas.
E) Vous m’avez écrit, il y a quelque temps à propos de l’immersion rituelle pour laquelle il s’est avéré par la suite que l’eau n’arrivait pas jusqu'à l’orifice assurant la jonction avec le bassin d’eau de pluie. Mais, il est à peu près certain qu’auparavant, ces deux bassins avaient bien été en contact, au moins une fois. Il est impossible que l’on ne se soit pas assuré, lorsque le Mikwé a été rempli, que cet orifice était recouvert par l’eau.
Or, selon plusieurs des derniers Sages, si la jonction a été faite au moins pendant un instant, il n’y a pas lieu d’adopter une position rigoriste et le Mikwé est, a priori, cacher. Plusieurs responsa, en particulier celles du ‘Hatam Sofer, rappellent qu’auparavant les bains rituels étaient construits de cette façon. La jonction avec l’eau de pluie n’était faite qu’une seule fois et l’on s’y trempait ensuite.
Bien plus, un tel Mikwé était lui-même utilisé pour être relié à un autre bassin dans lequel on se trempait également. Notre coutume est établie en fonction du Mikwé de Rostov(3), dans lequel la jonction avec l’eau de pluie était maintenue lorsque l’on se trempait. Néanmoins, tel n’est pas le standard de la Hala’ha.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et pour tout le bien, matériel et spirituel, pour vous et pour les membres de votre famille,
Notes
(1) Le Rav M.Lipsker, de Meknès. Voir, à son propos, les lettres n°1251, 1556, 1617 et 1689. (2) Des élèves de la Yechiva de Meknès. (3) Du Rabbi Rachab. Voir, à ce propos, les lettres n°539, 1588 et 1719.
Lettre n°1548
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1548, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me faites savoir que vous vous apprêtez à célébrer votre anniversaire. Ce Chabbat, vous vous efforcerez sûrement d’être appelé à la Torah et de réciter, pendant le troisième repas du jour sacré, un discours ‘hassidique. Si les présents ne sont pas familiarisés avec la ‘Hassidout, il n’est pas nécessaire de leur préciser la nature du texte que vous prononcez. Il suffit de respecter la pratique, en la matière.
Au jour même de votre anniversaire, vous donnerez un montant à la Tsédaka, avant Cha’harit et un autre avant Min’ha. De même, vous lirez un livre de Tehilim.
Avec ma bénédiction de réussite auprès de vos élèves, pour que vous parveniez à implanter en eux la Torah et la crainte de Dieu et pour que vous puissiez vous installer prochainement,
Lettre n°1549
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1549, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Shmaryahou(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu votre lettre du 27 Nissan, de même que les deux précédentes et je vous en remercie. Il en sans doute inutile de consacrer un long moment à vous remercie. La Michna tranche que la récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même. Cela veut dire que la plus grande rétribution que l’on puisse recevoir pour avoir accompli une bonne action est cette bonne action elle-même.
De la sorte, on s’attache à Celui Qui a ordonné de la mettre en pratique, Qui en a eu la Volonté. Une telle récompense dépasse le Gan Eden et le monde futur. Ainsi, commentant le verset “ Qui est avec moi dans le ciel ”, l’Admour Hazaken disait : “ Je ne veux que Toi même ”, comme le rapporte le Chorech Mitsvat Hatefila(2), au chapitre 40.
B) J’espère que, dans quelques semaines vous recevrez, en Terre Sainte, la visite d’un jeune homme, le Grand Rav et ‘Hassid, Rav Chalom ‘Haskind(3). Je vous écrit, à ce propos pour faire suite à la discussion que nous avons eu ensemble, lorsque vous étiez ici et pour faire réponse à votre lettre au Rav M.H. A.(4).
C) J’ai parlé avec vous des manuscrits de ‘Hassidout qui se trouvent en Terre Sainte et je suis un peu surpris qu’il n’en ait rien découlé, pour l’heure.
D) Vous êtes resté ici pendant une période relativement longue et nous avons évoqué différents sujets, mais la question la plus fondamentale n’a pas été posée. C’est la suivante : “ Où en es-tu ? ”(5). Vous savez qu’un ministre demanda à l’Admour Hazaken(6) ce que signifie cette question.
Le Rabbi lui expliqua que le Saint béni soit-Il la posait à chaque homme : “ Que fais-tu ? Que deviens-tu ? ”. Certes, toutes vos actions sont positives, elles concernent l’association des ‘Hassidim ‘Habad, les Yechivot, le Kfar(7). Pour autant, le verset dit bien : “ Ne te dérobe pas à ta propre chair ”. Chacun doit également se préoccuper de sa propre personne.
La question se pose donc : “ Où en êtes-vous, Rav Shmaryahou ? ”, avec tous les titres qui vous reviennent et qui sont cités au début de cette lettre. Et, si vous en méritez d’autres, qu’ils soient ajoutés. Mais, même après tout cela, la question se pose encore ! Qu’en est-il de votre étude de la ‘Hassidout et de la partie révélée de la Torah ?
Avec ma bénédiction de bonne santé pour votre épouse, pour vous-même et pour tous les membres de votre famille, afin de concevoir beaucoup de satisfaction ‘hassidique de vous-même et de vos proches,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav S.Gourary. Voir, à son propos, les lettres n°1234, 1246 et 1249. (2) Dans le Dére’h Mitsvoté’ha, du Tséma’h Tsédek. (3) Voir, à propos de cette visite, la lettre n°1546, au paragraphe D. (4) Le Rav ‘Haïm Mendel Aïzik Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi. (5) Béréchit 3, 8. C’est la question que Dieu posa à Kaïn, dans le jardin d’Eden. (6) Lors de son emprisonnement dans les geôles tsaristes, qui aboutit à sa libération du 19 Kislev. (7) Kfar ‘Habad. Le Rav Gourary avait des responsabilités dans toutes ces institutions.
Lettre n°1550
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1550, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée :
A) Vous me dites que, selon certains, tous les membres de votre communauté ne sont pas contents de vous. Vous me demandez donc si vous devez chercher un poste dans une autre ville.
A mon avis, vous ne devez pas le faire. Pour différentes raisons, il est préférable de faire usage de l’ardeur dont vous devrez faire preuve pour trouver une place ailleurs dans le but de vous faire des amis et des connaissances, dans votre communauté, afin d’y avoir de meilleurs contacts avec les personnes. Bien évidemment, ces meilleurs contacts ne peuvent pas être obtenus au prix de concessions relatives à la Torah et aux Mitsvot.
Nos Sages expliquent que l’on écoute les paroles de celui qui craint Dieu. Vous leur montrerez également que vous êtes efficace dans la gestion de la communauté, y compris dans les activités pour lesquelles vous n’êtes pas payé. C’est ainsi que vous tisserez de bonnes relations avec les personnes et donc avec Dieu, car nos Sages affirment, dans les Pirkeï Avot, Michna 10, chapitre 3, que “ celui qui est aimé des créatures est aimé de Dieu ”. Vous consulterez également le Séfer Hamaamarim Yiddish, à la page 172, au discours intitulé “ Il disait ”.
B) Vous me dites que votre épouse entre dans le neuvième mois de sa grossesse. Puisse Dieu faire que celle-ci se conclut aisément, que la naissance se passe en son temps et facilement et que vous ayez un enfant en bonne santé.
Vous vous efforcerez d’ouvrir l’arche sainte, les jours de lecture de la Torah, jusqu'à la naissance, mais vous éviterez, néanmoins, un comportement ostentatoire. La naissance se passera en un moment bon et fructueux.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°1551
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1551, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris avec satisfaction, par votre lettre, que vous avez fixé un temps pour étudier la ‘Hassidout. Néanmoins, je regrette qu’après tant d’années au cours desquelles vous-même et la famille... habitez à..., vous n’ayez pas eu la possibilité de réunir au moins une dizaine de personnes, qui participent avec vous à cette étude.
Est-il concevable que vous vous soyez installé, avec toute votre famille, à... uniquement pour gagner votre vie ou pour obtenir un soutien financier au profit de la Yechiva ? Certes, assurer le financement de ceux qui se consacrent à l’étude de la Torah est particulièrement important. Commentant le verset “ Ceux qui la soutiennent sont heureux ”, le Zohar dit : “ Ne lis pas Meouchar, heureux, mais Merocho, à Sa Tête ”, comme le discours ‘hassidique de mon beau-père, le Rabbi, intitulé “ Elle est un arbre de vie pour ceux qui s’attachent à elle ”, prononcé à Sim’hat Torah 5699.
Malgré tout cela, il ne faut pas oublier la Torah elle-même. On ne peut pas se contenter de soutenir financièrement ceux qui le font. Vous consulterez, à ce propos, le traité Ketouvot 111b, selon lequel seul celui qui est incapable d’étudier personnellement la Torah peut s’acquitter de son obligation en agissant ainsi. Bien évidemment, cela ne s’applique pas à ceux qui ont eu le mérite de recevoir une éducation de Torah, en particulier dans le cadre de la Yechiva Loubavitch.
Il est clair et évident que vous devez étudier la Torah vous-même et vous efforcer que les autres prennent également part à l’enseignement dont vous avez eu le mérite d’avoir connaissance. Il doit donc être une certitude, pour vous et pour la famille..., que vous ne vous trouvez pas à... uniquement pour des raisons matérielles, y compris les plus élevées. Vous devez également y rechercher la spiritualité.
Vous devez être le guide spirituel et le canal véhiculant la lumière de la ‘Hassidout à ... et dans sa région. Si l’on attend de vous un tel accomplissement, vous possédez sûrement toutes les forces nécessaires pour le mener à bien. Si vous faites des efforts en ce sens, ils seront couronnés de succès, conformément à la promesse de l’Admour Hazaken.
Avec ma bénédiction de réussite collective et personnelle,
Lettre n°1552
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1552, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre, qui n’était pas datée, m’apprenant que votre épouse a accepté de porter une perruque(1). Puisse Dieu faire qu’elle adopte cette pratique avec un cœur joyeux, qu’elle puisse, très prochainement, constater de ses yeux la bénédiction et la réussite accrues, dans ses préoccupations communautaires et personnelles, que vous ayez une bonne santé et l’opulence matérielle, vous et les membres de votre famille.
De même, j’ai été satisfait d’apprendre, par votre lettre également, que vous étudiez la Torah, de manière fixe, avec le Rav... En outre, vous concevez maintenant plus de satisfaction de vos propres études. De temps à autre, votre plaisir augmentera encore car, comme l’indique notre sainte Torah, tout ce qui est lié au sacré doit être en ascension. Il y a là une obligation pour chacun.
Dieu agit également “ mesure pour mesure ”(2) et Il vous donne les moyens de cette ascension dans le sacré, grâce à laquelle vous serez moins soumis aux limites du monde, de sorte que vous puissiez satisfaire vos besoins matériels avec moins d’étroitesse et de barrières. Ainsi, vous pourrez vous consacrer à la Torah, servir Dieu et faire de bonnes actions, avec largesse d’esprit et tranquillité du corps.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
N. B. : Comme vous me l’avez demandé, je lirai votre demande de bénédiction près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1432 et 1832. (2) Agissant envers l’homme comme ce dernier agit envers Lui.
Lettre n°1553
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1553, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai pris connaissance, avec plaisir, par votre lettre, des événements positifs qui vous arrivent. Et, sans doute, à réception de ma lettre, votre épouse aura-t-elle pleinement recouvré la santé.
Vous évoquez la possibilité de travailler pour la Yechiva Loubavitch de votre ville. Je me suis renseigné et il semble que, pour l’heure, cela ne soit pas possible. Vous m’écrivez que vous avez le cœur brisé en considérant votre propre situation. Vous faites sans doute allusion à vos difficultés matérielles.
Je suis particulièrement surpris de votre attitude. Vous, votre épouse et ceux qui vous entourent avez vu les merveilles de Dieu, au fil des années. Chacun d’entre nous est un rescapé, que Dieu a sauvé de façon miraculeuse, car “ vous n’êtes pas la majorité d’entre les peuples ”. Comment, après tout cela, avoir le cœur brisé ?
Bien plus, vous êtes installé, depuis quelques temps, dans un endroit nouveau. Vous devez donc placer votre confiance en Celui Qui nourrit et satisfait chacun. Il vous permettra de gagner votre vie comme il convient. Quand ce sera effectivement le cas, vous serez vous-même surpris de votre découragement, conçu pour ce qui n’était que passager.
Puisse Dieu faire que vous adoptiez la voie du Baal Chem Tov, basée sur le verset : “ Servez Dieu dans la joie ”. Ainsi, même quand il s’agit de servir Dieu, ainsi qu’il est dit : “ En toutes tes voies, connais Le ”, il est également nécessaire d’être joyeux, comme l’expliquent le Rambam, lois des opinions, chapitre 3, de même que le Tour et Choul’han Arou’h, au chapitre 231.
Avec le temps, je suis sûr que vous serez joyeux, non pas par soumission, mais parce que vous comprendrez, par votre intellect, qu’il doit en être ainsi, qu’il y a effectivement lieu de se réjouir, non uniquement par son âme divine, mais aussi par son corps et son âme animale.
Avec ma bénédiction pour une bonne installation, matérielle et spirituelle,
Lettre n°1554
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1554, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Brooklyn, New York,
Aux membres du groupement féminin de Manhattan,
au profit du Beth Rivka,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
Je vous adresse mes salutations et ma bénédiction, à l’occasion du septième banquet annuel du groupement féminin de Manhattan pour les écoles Beth Rivka, qui aura lieu demain, mardi 11 Iyar 5712, avec l’aide de Dieu.
Nos Sages racontent que les enfants d’Israël furent libérés d’Egypte par le mérite des femmes vertueuses. Ce mérite était le suivant. Ces femmes ne firent aucun cas des terribles décrets et des souffrances de l’exil. Elles formèrent une génération d’enfants fidèles au Judaïsme, soumis à l’Eternel, Dieu de leurs pères.
Le Tout Puissant nous a promis que la délivrance complète, qui s’approche, serait similaire à la sortie d’Egypte.
Ainsi, à l’heure actuelle comme à l’époque, la libération du peuple d’Israël dépend des femmes juives, qui sont, en particulier, responsables de l’éducation des enfants.
J’ai donc bon espoir que vous concentrerez votre action à la fois sur l’éducation de vos propres enfants et sur l’aide que vous pourrez apporter à l’éducation des autres. Vous ferez, en particulier, tout ce qui est en votre pouvoir pour renforcer votre engagement au profit des écoles Beth Rivka, car elles forment celles qui deviendront des mères juives, maintenant les traditions des femmes vertueuses de toutes les époques.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre action, qui vous permet d’obtenir les bénédictions divines, matérielles et spirituelles, pour vous et pour tous les vôtres,
Lettre n°1555
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1555, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du dernier Chabbat, qui contenait une demande de bénédiction pour... Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’en donnerai lecture et, à n’en pas douter, il invoquera pour lui la miséricorde divine.
Il serait bon de demander à sa mère, sans, bien sûr, la faire souffrir inutilement, si sa naissance a été pure(2). En tout état de cause, il faut lui demander de placer chez elle de bonnes Mezouzot. Il serait bon, dans la mesure du possible, que le fils porte un Talith Katan. Si son état de santé évolue de manière positive, vous ne manquerez pas de m’annoncer cette bonne nouvelle.
J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que vous vous préparez à faire usage de la période des vacances, qui approche, pour conduire quelques élèves à la Yechiva(3). Il faut investir, dans cette activité, de l’ardeur et beaucoup de forces, afin de multiplier le nombre de ces élèves.
D’une part, la fin du vingt cinquième chapitre du Tanya explique que “ cette unité(4), là-haut, est éternelle et immuable ”. De même, la Mitsva que ces élèves accompliront, ne serait-ce qu’une seule fois, sera “ là-haut, éternelle et immuable ”.
De plus, et peut-être même est-ce là le point essentiel, lorsque ces élèves entendront des explications de la Torah, un mot invitant à la crainte de Dieu, une idée liée à une Mitsva, ils implanteront en eux la Lumière infinie de Dieu et recevront une force éternelle qui, au final, exercera son effet, y compris ici-bas.
Que Dieu vous accorde la réussite, de même qu’à ceux qui vous viennent en aide dans votre mission sacrée. Vous réaliserez votre action de manière fructueuse et surnaturelle, de sorte que l’effet s’en révèle au sein de la nature. En conséquence, vous connaîtrez également la réussite dans vos préoccupations personnelles.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav H.H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, les lettres n°1355 et 1794. (2) Si elle respectait les lois de la pureté familiale, lors de sa conception. (3) De Brunoy. (4) Celle qui est créée entre Dieu et l’homme qui étudie la Torah.
Lettre n°1556
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1556, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre fidèlement aux besoins communautaires,
le Rav Mi’haël(1),
Je vous salue et vous bénis,
Pour faire suite à mon précédent courrier(2), je voudrais vous poser les questions suivantes :
A) La dispense de se rendre à l’école, le Chabbat, a-t-elle été accordée aux élèves de Guersif ? Bien évidemment, il faut tout faire pour l’obtenir, car une faiblesse dans un endroit pourrait se propager dans tous les autres.
B) Où en est la bibliothèque(3) ? L’installer dans la salle municipale de réunion aura l’avantage de permettre qu’elle soit très fréquentée. Néanmoins, il est préférable qu’elle se trouve en un endroit qui appartient au réseau Ohaleï Yossef Its’hak, afin d’être l’une de ses activités et d’être perçue comme telle.
Il y a bon espoir que, de la sorte, des personnes s’approchent de vous et que vous ayez de nouveaux élèves. De façon générale, votre objectif doit être que la Yechiva, en particulier et Ohaleï Yossef Its’hak, en général ne soient pas uniquement des institutions scolaires, mais également des lieux à partir desquels un renforcement de tout ce qui concerne le Judaïsme se propage dans toute la ville et dans sa région.
Bien évidemment, tout cela doit être réalisé de manière diplomatique.
C) J’aimerais savoir si vous avez déjà reçu les livres en anglais à propos desquels vous m’avez écrit, il y a quelques temps et s’il est envisageable que ceux-ci se trouvent dans la bibliothèque ou bien s’il en résulterait une attitude inconsidérée et une tendance à intégrer des études qui n’appartiennent pas à notre domaine.
D) Vous m’interrogez sur le papier à en-tête. Il faut y mentionner également les écoles de filles. Vous me demandez si l’adresse d’ici doit y figurer. Il se trouve que l’on ne considère plus de la même façon, dans votre pays, les relations avec d’autres états. Différents avis sont émis, à ce sujet. J’ai donc quelques craintes à faire figurer ostensiblement cette adresse, tant que tout ce problème n’a pas été clarifié.
En revanche, vous pouvez faire confectionner un tampon ou bien des étiquettes indiquant quelle est mon adresse. Cette étiquette sera jointe à vos lettres, chaque fois que vous l’estimerez utile.
E) Vous m’interrogez sur ce que vous avez dépensé pour le Mikwé. Le Bureau, en effet, n’avait pas donné son accord pour ce montant(4). Le bon ordre, auquel mon beau-père, le Rabbi, accordait tant d’importance, veut que tout ce qui ne fait pas partie du programme établi soit décidé sur l’avis de plusieurs personnes et non d’une seule. Il en est donc de même pour un projet d’aide à la construction ou à la réparation d’un Mikwé, qui ne concerne pas directement notre activité, mais l’affecte, cependant, de manière indirecte, car, comme je le disais, lorsqu’une institution Loubavitch existe dans un certain endroit, elle doit se préoccuper de tout ce qui est lié à la crainte de Dieu.
Néanmoins, cette dépense était, en l’occurrence, justifiée. Toutefois, pour qu’il n’en résulte aucun désordre, il est important que vous préveniez le Bureau ou que vous informiez d’abord ici. C’est ensuite seulement que vous prendrez une décision.
Mais, l’on ne peut revenir sur ce qui est fait et vous avez sûrement déjà inclus ce montant dans les dépenses autorisées par le Bureau.
F) Dans l’une de vos lettres, vous me parlez de la traduction en français des Conversations avec les jeunes(5). Il serait bon de s’y intéresser, si cela est possible et surtout, comme le précise l’un de vos courriers, si cela peut être réalisé sans frais ou bien avec un budget très réduit.
Mais, une personne doit être chargée d’en vérifier la traduction. En outre, lorsque l’épreuve en sera prête, il faudra l’envoyer ici pour qu’elle soit relue avant son impression, de sorte que les erreurs que l’on trouverait, le cas échéant, puissent encore être corrigées.
Bien évidemment, si vous parvenez à réaliser tout cela, il faudra utiliser les Conversations des années précédentes, en choisissant à chaque fois le mois correspondant. Vous préparerez chaque exemplaire deux mois à l’avance pour être sûr qu’il paraisse à temps.
G) Vous me demandez s’il est bon de faire une école de filles à Meknès. Il est clair qu’une telle initiative est positive, non seulement à Meknès, mais aussi dans les autres endroits. Néanmoins, il faut se garder de mettre ensemble les filles et les garçons, non seulement qu’il ne soit pas dans les mêmes classes, mais aussi qu’ils ne passent pas par les mêmes portes d’entrée et de sortie.
Dans la mesure du possible, ils se trouveront dans des bâtiments différents et dans des rues différentes car, en la matière, plus l’on est prudent et mieux c’est.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission,
Notes
(1) Le Rav M.Lipsker, de Meknès. Voir, à son propos, la lettre n°1547. (2) La lettre n°1547. (3) Voir la lettre n°1270. (4) Le Bureau d’aide aux réfugiés, dont le siège est à Paris et qui était dirigé par le Rav Binyamin Gorodetski. (5) Qui, à l’époque, paraissaient seulement en Yiddish et en anglais.
Lettre n°1557
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1557, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Iyar 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été horrifié de recevoir votre télégramme, m’annonçant que les professeurs de la Yechiva ont l’intention de faire la grève et de cesser d’enseigner. Ce qui peut découler d’une telle situation est bien clair.
Sans prendre position sur ce qui fait l’objet de la controverse, je vous ai envoyé un télégramme pour vous dire l’impression que me fait une telle nouvelle. Dieu merci, j’ai reçu un télégramme des professeurs, m’annonçant qu’ils ont repris leur enseignement.
Ici même, j’ai interrogé, à ce propos, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav... J’ai également lu la lettre des professeurs et il semble que ceux-ci se plaignent. Comme à l’accoutumée, en pareil cas, chacune des parties a partiellement raison et partiellement tort. Néanmoins, il faut déterminer si ce qui est justifié constitue la majeure partie de l’argumentation ou si c’est ce qui n’est pas justifié.
En tout état de cause, il est un point auquel je ne trouve, pour l’heure, aucune justification. Les professeurs ont formulé, depuis quelques temps déjà, une revendication. Ils ont émis le souhait que soit organisée une réunion, afin d’en discuter. Or, non seulement il n’y a eu aucun échange sur leurs arguments, mais, en outre, cette réunion n’a pas eu lieu et l’on n’a pas discuté avec eux.
Je ne comprends pas cette manière d’approcher les problèmes, dont les conséquences sont bien claires et l’on sait à quoi tout cela peut aboutir. Avec le temps, il peut même en résulter des conséquences irrémédiables, ce qu’à Dieu ne plaise.
La réaction consistant à dire qu’il n’y a pas lieu de se préoccuper de tout cela est fausse. Tout d’abord, il ne faut pas voir en cela un ennui et, de plus, nul ne peut se délier du serment qu’il a prononcé près du mont Sinaï. Mon beau-père, le Rabbi, vous a nommés à la direction de cette Yechiva. Tant que vous n’aurez pas trouvé quelqu’un qui soit capable de vous dispenser de cette responsabilité, vous devez l’assumer pleinement, que vous participiez aux réunions ou non. Vous portez cette responsabilité même si vous prévenez à l’avance, de manière officielle, que vous ne participerez pas aux réunions.
Voici ce qu’il faut retenir de tout ce développement. Certes, les ‘Hassidim ‘Habad doivent vous venir en aide pour mener à bien votre mission consistant à diriger la Yechiva. Pour autant, la responsabilité de celle-ci se trouve bien sur vos épaules.
Que Dieu vous donne la réussite et qu’Il me vienne en aide pour qu’à l’avenir, on ne me fasse plus intervenir pour faire de la morale, mais, bien au contraire, pour remercier et formuler des vœux de réussite.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles et en vous remerciant de me les transmettre au plus vite,
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