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Iguerot Kodesh — lettres 1457 à 1477

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1457

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1457, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[13 Adar 5712]

Pour chasser les mauvaises pensées, vous devez multiplier les mots de l’étude et de la prière. Vous connaîtrez par coeur quelques chapitres de Tanya et de Michna, qui vous protégerons, même quand vous ne les réciterez pas, pas même par la pensée. C’est ce qu’indique le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kedochim. Il serait bon d’étudier le discours ‘hassidique qui donne cette explication. Il est intitulé: Tu honoreras l’ancien.

Bien souvent, de telles pensées sèment le trouble précisément pendant la prière ou l’étude de la Torah. Il est donc judicieux qu’à ce moment, vous ayez le Sidour ou le livre que vous étudiez, ouverts devant vous, à la page correspondante. Si vous sentez que vos pensées s’éparpillent, vous regarderez aussitôt le Sidour ou le livre. Alors, ses mots vous préserveront.

Lettre n°1458

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1458, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Adar 5712,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav B.G.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 5 Adar. J’ai appris avec peine que la maison d’étude pour les Rabbanim a été appelée Beth Yossef Its’hak. Je suis surpris que l’on ne m’en ait pas parlé à l’avance.

A l’avenir, cette institution devra rester sans nom, comme c’était le cas auparavant, du vivant de mon beau-père, le Rabbi, dans ce monde, alors qu’il le savait(2). Si c’est impossible, on l’appellera Ohaleï Yossef Its’hak(3), mais la première solution(4) est à préférer.

Vous avez sûrement reçu mon télégramme, à l’occasion de Pourim et vous l’avez diffusé dans les implantations(5). J’attends de bonnes nouvelles des réunions ‘hassidiques de Pourim.

Avec ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Le Rav Binyamin Gorodetski, de Paris. Voir, à son propos, la lettre n°1206. (2) Il savait que cette maison d’étude n’avait pas de nom. (3) Comme les institutions créées au Maroc et en Australie. (4) Le fait de laisser cette institution sans nom. (5) Des ‘Hassidim, en région parisienne.

Lettre n°1459

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1459, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Vendredi, veille du Chabbat Ki Tissa,

lorsque tu élèveras la tête 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec satisfaction que vous allez mieux. Mais, vous ajoutez que la détermination nécessaire aux Juifs vous fait défaut et j’en suis peiné. Car, combien plus doit-elle se trouver chez ceux qui ont eu le mérite de connaître le luminaire de la Torah, c’est-à-dire la ‘Hassidout et d’apprendre l’un de ses principes fondamentaux, la notion de divine Providence, longuement définie par le Baal Chem Tov et par les écrits ‘hassidiques de nos maîtres.

J’ai bon espoir que ce manque sera uniquement passager et bref, que la puissance de votre âme, qui est appelée Etan, se mettra prochainement en éveil, qu’elle se manifestera dans vos forces révélées. De fait, le mot Etan a trois significations, fort, dur et vieux. Il est, en effet, lié au Nom divin Ab, qui, émanant du niveau spirituel d’Atik Yomin, n’a donc pas subi le processus créatif, ce qu’à Dieu ne plaise, comme l’explique le Kountrass Limoud Ha’hassidout, à propos de l’explication que donne l’Admour Hazaken du verset Cantique d’Etan l’Ezra’hite.

Nous vivons les jours d’Adar, mois durant lequel on intensifie la joie, à laquelle nos Sages n’ont pas fixé de limite. Dès lors, aussi joyeux que l’on puisse être, il reste toujours possible d’ajouter. Que Dieu fasse que s’accomplisse en vous la conclusion du Midrach Rabba, sur Esther: Les bénédictions positives de Dieu sont abondantes, nombreuses et multiples, le bien est important, la bonté est importante, la miséricorde est importante, la Tsédaka est importante, la foi est importante, le salut est important, la bénédiction est importante, l’éloge est importante, la paix est importante.

Ce texte se conclut par : Dieu donnera la puissance à Son peuple, Dieu bénira Son peuple par la paix.

Avec ma bénédiction de prompt rétablissement et pour un bon Chabbat,

Lettre n°1460

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1460, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 20 Adar 5712, Brooklyn,

A l’association ‘Habad, en Terre Sainte, aux jeunes de l’association ‘Habad, en Terre Sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je propose que vos deux associations portent un même nom(1). Vous inscrirez donc: Association des ‘Hassidim ‘Habad, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée puis, sur la ligne suivante: Jeunes de l’association des ‘Hassidim ‘Habad, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée.

B) La direction interne de l’association ‘Habad restera ce qu’elle a été jusqu’à maintenant, mais, comme je l’ai déjà écrit il y a quelques temps, il faudra lui adjoindre un représentant des jeunes. Or, rien n’a été fait, en la matière. Les jeunes doivent donc, au plus vite, choisir un second représentant, en plus de celui qui siège déjà à la direction de l’association ‘Habad.

L’affiliation sera donc commune à ces deux associations. Si, par exemple, on imprime des cartes de membres, on y fera figurer les deux noms précédemment cités. Mais, parmi les informations, on en ajoutera une qui précisera le rattachement aux jeunes de l’association ‘Habad.

C) Selon l’usage courant, il serait bon d’instaurer des cotisations pour l’association ‘Habad et aussi pour les jeunes de l’association ‘Habad. Dans un premier temps, par exemple pendant les trois premiers mois, ces cotisations seront réparties, à parts égales, entre les deux institutions. Par la suite, vous pourrez modifier la répartition, avec l’accord de l’une et de l’autre, en fonction des dépenses respectives, constatées pendant ces trois mois.

Note: Vraisemblablement, les cotisations ne couvriront pas l’ensemble des dépenses, d’autant qu’elles devront être les moins chères possibles, afin que tous puissent être membres. En conséquence, les institutions Loubavitch, en Terre Sainte, payeront également une cotisation. Chacune prélèvera de ses rentrées un certain montant ou, mieux encore, un pourcentage, pour la caisse commune aux deux associations, dont l’activité est au profit de toutes ces institutions.

D) Tout ce qui concerne la représentation extérieure, par exemple auprès des responsables de l’Agence juive(2) ou des différents ministères, sera de la compétence de l’Association ‘Habad. Si cela convient, il faudra faire également participer l’un des jeunes, appartenant à la direction des deux associations.

E) La diffusion de la ‘Hassidout dans les synagogues, dans les Yechivot et, de façon générale, auprès de tous les publics, en Terre Sainte, requiert de nombreux déplacements, des efforts et une ardeur particulière. Cette activité entre donc plus spécifiquement dans les attributions des jeunes de l’Association ‘Habad. Néanmoins, il faudra également nommer, au comité d’organisation, un représentant de l’Association ‘Habad.

F) S’il est nécessaire, pour imprimer les textes ‘hassidiques, de faire figurer le nom de l’éditeur, vous reprendrez la formulation précédemment citée, Association des ‘Hassidim ‘Habad, en notre Terre Sainte, Jeunes de l’association des ‘Hassidim ‘Habad, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée.

J’espère que vous discuterez de ces propositions au plus vite et me ferez connaître vos décisions.

Puisse l’attachement de chacun d’entre nous à notre saint maître faire que l’intellect dirige les sentiments. Ainsi, nous mènerons tous à bien la mission qui nous est confiée ici-bas, avec un esprit tranquille et un coeur joyeux.

Je vous adresse ma bénédiction de réussite dans la réalisation de la mission sacrée que notre chef vous a confiée et nous a confiée.

J’attends de vos bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir les lettres n°1291 et 1347. (2) Voir, par exemple, la lettre suivante.

Lettre n°1461

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1461, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar 5712,

Brooklyn,

Au conseil municipal de Kfar Sefrya ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres, par lesquelles vous m’exposez votre situation. L’Agence juive vous propose et vous demande même de vous installer dans un nouvel endroit, situé à quelques kilomètres de votre localisation actuelle. Là, elle construira pour vous un village nouveau, avec des maisons et les édifices publics nécessaires, comme une synagogue, une maison d’étude, une école, un Mikwé.

Dans cette nouvelle localisation, chaque maison sera à proximité du champ qui lui est attribué. Néanmoins, la route y conduisant n’a pas encore été réalisée, même si les autorités la considèrent comme un projet prioritaire. Bien évidemment, les habitants du nouveau village devront avoir une activité agricole, avec tout ce que cela suppose, des poulaillers, des animaux. Vous me demandez ce que j’en pense(1).

Vous ne savez que répondre à cette proposition, car il n’y a pas unanimité parmi les ‘Hassidim habitant au Kfar(2). Plusieurs d’entre eux travaillent à l’extérieur du Kfar et, dans la nouvelle localisation, les moyens de communication seront moins favorables qu’à l’heure actuelle. Par ailleurs, l’activité agricole est particulièrement lourde, de sorte qu’un homme seul ne peut l’assumer s’il n’est pas aidé par les membres de sa famille. Or, toutes les familles de ‘Hassidim n’ont pas les moyens d’adopter une telle activité, pour différentes raisons.

Voici mon opinion, qui est également ma proposition :

A) Même si l’Agence juive demande que votre village soit une implantation agricole, il faut s’efforcer, par tous les moyens, que celui-ci soit construit sur son emplacement actuel. Il suffit, pour cela, par exemple, que vous soient attribués les champs qui se trouvent aux alentours de l’endroit où vous vous trouvez maintenant.

A mon avis, il est très important que le Kfar se maintienne là où il se trouve actuellement. Car, chaque fois que l’on se déplace, quelque chose se casse ou est perdu. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Vous possédez un argument très fort. C’est l’Agence juive elle-même qui vous a placés là. Vous vous êtes habitués à cet endroit et vous y avez fait plusieurs aménagements. Vous avez organisé votre vie et vos échanges avec Tel Aviv et la région, en conséquence. Il appartient donc à l’Agence juive de tenir parole et de vous fournir tout ce qui est nécessaire à une implantation agricole là où vous vous trouvez actuellement, sans vous imposer un déplacement supplémentaire, après les nombreux exils que vous avez vécus.

Il est clair que l’on ne peut pas vous supprimer les avantages qui vous ont été accordés en tant que village agricole, sous prétexte que vous ne souhaitez pas vous rendre dans le nouvel emplacement qui vous est proposé.

Je présume que certains, pour différentes raisons, n’interviendront, en ce sens, que de manière faible. A mon sens, ils font une erreur. Je voudrais donc souligner encore une fois qu’à mon avis, tout cela est extrêmement important. Il faut tout faire pour que vous restiez tous ensemble, à l’endroit où vous vous trouvez actuellement, en conservant, bien entendu, les droits que doit avoir une implantation agricole.

J’ai bon espoir que messieurs Chazar(3), Gelman et Shargaï, qui doit venir ici, vont apporteront leur aide pour mener à bien ces démarches. Néanmoins, je pense que si vous exprimez fortement votre demande, en l’argumentant de la manière qui a été présentée ci-dessus, en soulignant que l’Agence juive elle-même vous a placés là, vous obtiendrez gain de cause, sans avoir recours à ces interventions.

B) Si, malgré mes suppositions et en dépit des démarches que vous ferez avec l’énergie qui convient, on n’accède pas à votre requête, pourtant justifiée, il faudra s’efforcer que Kfar ‘Habad se répartisse entre les deux implantations, celle où vous vous trouvez actuellement et celle qui vous est proposée.

Si les familles ‘hassidiques ne sont pas en nombre suffisant pour constituer la majorité de la population des deux implantations, il faudra, de la manière qui convient, s’adjoindre des immigrants et des personnes installées de longue date, qui éliront domicile dans un deux endroits, le Kfar ‘Habad actuel ou le nouveau Kfar, de sorte que l’un et l’autre se conduisent dans l’esprit de ‘Habad.

Bien évidemment, si vous devez vous répartir entre le Kfar actuel et la nouvelle implantation, ceux qui, du fait de leurs activités, doivent être en contact permanent avec Tel Aviv seront prioritaires pour rester dans l’endroit où vous vous trouvez maintenant. Chaque détail, dans ce domaine, sera soumis au conseil municipal du Kfar, qui prendra la décision.

Note : Il est important, en tout état de cause, que vous vous adjoignez des personnes qui conviennent, parmi les immigrants ou parmi les anciens résidents. Il faut investir vos forces et votre énergie, en la matière. Bien entendu, s’il est nécessaire de s’installer dans les deux endroits, la nécessité d’agrandir le nombre des ‘Hassidim, dans chaque Kfar, sera encore plus primordiale.

C) Si la solution proposée au paragraphe précédent ne peut en aucune façon être obtenue, bien qu’à mon avis, cette impossibilité serait uniquement la conséquence de l’insuffisance des efforts menés dans ce sens, s’il est impératif de s’installer dans le nouveau Kfar, il faudra retarder ce déplacement, dans toute la mesure du possible, à condition, bien évidemment, que cela n’ait pas d’incidence sur les subventions accordées.

En effet, le salut de Dieu intervient en un clin d’œil et peut-être, au final, sera-t-il possible d’obtenir la situation décrite au premier paragraphe ou, tout au moins, celle du second.

Avant de conclure, je répète encore une fois qu’un effort est nécessaire, qu’il faut exiger, en la matière. En effet, tous les droits d’une implantation agricole vous ont été promis, lorsque vous vous êtes installés dans votre endroit actuel. Il appartient donc à l’Agence juive de trouver les moyens et les modalités pour tout concilier sans que vous ayez à vous déplacer.

Je vous adresse ma bénédiction pour que Dieu fasse régner la paix parmi vous. Tous unis, vous connaîtrez la réussite, matérielle et spirituelle à la fois, conformément à la volonté de notre chef, mon beau-père, le Rabbi.

J’attends, au plus vite, la confirmation que vous avez bien reçu la présente lettre et de bonnes nouvelles, dans tous ces domaines.

Notes

(1) Voir la lettre n°1484. (2) Kfar ‘Habad. (3) Qui fut par la suite président de l’état d’Israël.

Lettre n°1462

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1462, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[20 Adar 5712]

De façon générale, la dispute est détestable. Néanmoins, elle est encore plus grave en Erets Israël.

Nos Sages disent que c’est précisément à cause de cette faute que nous avons été envoyés en exil. Il est donc bien clair que tous les efforts sont nécessaires pour rejeter la controverse et tout ce qui pourrait lui ressembler.

Et, lorsque cette forme du mal est particulièrement forte, en un certain endroit, cela souligne à quel point il est fondamental de la briser. Tous les efforts doivent alors être mobilisés en cet endroit.

Lettre n°1463

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1463, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo Yossef(1),

J’ai appris, avec douleur, le malheur qui s’est produit et la perte de votre épouse, la Rabbanit. Dieu vous consolera, parmi les autres endeuillés de Sion et de Jérusalem(2).

Puisse Dieu faire que vous ne rencontriez plus la souffrance et la peine, que vous ne connaissiez plus que le bien et le bonheur, la tranquillité du cœur et du cerveau, la réussite dans votre œuvre, dans votre étude de la Torah et dans vos responsabilités communautaires.

Avec ma bénédiction,

N. B. : J’ai entendu des ‘Hassidim raconter que, lors du décès de son épouse, la Rabbanit, le Tséma’h Tsédek(2) était particulièrement amer.

Il cita, à plusieurs reprises, le passage du Zohar, tome 3, page 5a, qui parle d’un roi sans reine. Puis, l’un de ses fils lui dit : Je t’ai moi-même entendu citer l’explication de nos Sages, au traité Kiddouchin 30b, selon laquelle le verset passe ta vie avec cette femme fait allusion à la Torah. Le Tséma’h Tsédek lui répondit : Tu m’as consolé, mon fils, tu m’as consolé.

Notes

(1) Le Rav C.Y. Zevin. Voir, à son propos, la lettre n°1354. (2) Formule traditionnelle de consolation des endeuillés. (3) Il fut le seul, avec le Rabbi, à perdre son épouse. Tous les autres maîtres de la ‘Hassidout quittèrent ce monde avant leur épouse.

1464

1464

Lettre n°1464

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1464, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 22 Adar 5712, Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav M.(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu, en son temps, votre lettre du mardi de la Parchat Tetsavé.

B) Je vous adresse les lettres pour les élèves, garçons et filles, qui m’ont rendu visite. Vous les leur transmettrez de la manière qui convient. Il serait bon que vous les accompagniez de quelques mots d’explication, afin de renforcer leur attachement à la Yechiva(2).

Peut-être serait-il bon que ces lettres soient transmises en présence des parents, ou, tout au moins, que ceux-ci en soient prévenus. Je m’en remets à votre jugement.

C) Il serait judicieux d’expliquer à monsieur ... que la terre et le peuple d’Israël ne sont pas comparables aux autres pays et aux autres nations. Leurs lois sont donc différentes et nous ne devons nous en remettre qu’à la Torah de Moché et non imiter leurs comportements.

Bien au contraire, il faut que "les nations avancent à ta lumière". Ceci s’applique également à la vie juive en dehors d’Erets Israël, mais, encore plus clairement, lorsque l’on désire poursuivre sa vie en Terre Sainte. Il faut alors savoir qu’avant toute autre chose, on doit avoir un mode de vie conforme à l’esprit de la Torah, basé sur ses principes.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Le Rav Moché Hecht. Voir, à son propos, les lettres n°962 et 1469. (2) La Yechiva Loubavitch de New Haven.

Lettre n°1465

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1465, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Adar 5712,

Brooklyn,

A ceux qui se consacrent aux besoins communautaires

et, en particulier, à l’éducation ‘Habad,

le Rav ‘Haïm Chaoul Brook,

le Rav Yossef Shmotkin,

le Rav Yaakov Yossef Raskin, le Cho’het,

le Rav M.Brook(1),

le Rav Ouri Ben Cha’har(2),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres du 13 et du 28 Chevat, par lesquelles vous m’apprenez que vous avez déjà acquis une baraque et l’avez aménagée(3). Vous me demandez quel nom vous devez donner à cette école.

A mon avis, cela dépend du programme des études. Si les élèves sont également issus de milieux qui ne sont pas très proches de ‘Habad, ce programme devra être différent de celui de la Yechiva Loubavitch. Il serait alors bon d’affilier cette école au réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. A l’opposé, s’il est possible que ce programme soit celui de la Yechiva Loubavitch, elle pourra être appelée Tom’heï Temimim ou A’heï Temimim(4). Cela dépend également de la création de classes supérieures.

Il semble que la première éventualité, l’affiliation au réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, soit la plus souhaitable. En effet, ceci permettra d’intégrer des élèves qui, a priori, n’accepteraient pas un programme intégralement ‘Habad. Peu à peu, on les attirera ainsi vers l’esprit de Loubavitch.

En tout état de cause, les études seront organisées de telle façon que les élèves achevant le cursus dans cette école de Richon Letsion puissent entrer dans l’une de nos Yechivot, en Terre Sainte, à Lod ou à Jérusalem.

Que Dieu dévoile Sa Présence dans vos réalisations et que vos accomplissements soient fructueux, que vous formiez des élèves emplis de crainte de Dieu, ‘Hassidim et érudits.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Le Rav Mena’hem Mendel Brook. (2) Tous de Terre Sainte. (3) En école. (4) Noms de la Yechiva Loubavitch.

Lettre n°1466

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1466, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Adar 5712,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’aimerais savoir si vous prenez part aux réalisations des femmes juives, dans votre ville et, le cas échéant, quelle est votre activité.

Comme vous le savez sans doute, il est couramment accepté que le peuple juif forme une grande famille, qui doit être soudée par l’amour du prochain. C’est ainsi que l’on peut être conduit à participer aux activités publiques, afin d’entrer en contact avec le plus grand nombre de personnes.

C’est également de cette façon que l’on peut insuffler l’enthousiasme à sa vie privée, quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve. En effet, on a toujours la possibilité de venir en aide aux autres personnes, avec lesquelles on entre en contact.

Je vous souhaite tout le bien et, en particulier, de la satisfaction de votre fils.

Ayez un Pessa’h cacher,

Lettre n°1468

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1468, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Adar 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Azryel Zelig(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre concernant l’impression du Tanya(2). Vous connaissez ma position, en la matière, énoncée il y a quelques temps déjà. Celle-ci ne peut être réalisée qu’en photographiant l’édition de la Yechiva, qui a été relue par le Rabbi Rachab. Pourquoi se trouver confronté au doute et prendre la responsabilité d’une correction dont on peut se passer ?

B) Concernant l’impression du Sidour Tehilat Hachem, vous voudrez bien me transmettre les détails. Vous me direz à quel Sidour vous pensez, celui qui a été édité à Rostov ou l’édition complète du Tehilat Hachem. De plus, ferez-vous une photographie de l’édition existante ou bien le texte sera-t-il composé à nouveau ?

J’ai cru comprendre, dans votre lettre, que l’imprimeur propose de faire l’avance des fonds. Il doit donc imposer des conditions, en conséquence et vous voudrez bien me les rédiger par écrit. Celles-ci doivent être connues d’emblée, par le détail.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et dans l’attente de vos bonnes nouvelles, au plus vite,

Notes

(1) Le Rav A.Z. Slonim. Voir, à son propos, la lettre n°847. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1495.

Lettre n°1469

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1469, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Adar 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, par votre lettre, que vous avez instauré une étude avec les élèves qui m’ont rendu visite(2). Il est particulièrement nécessaire :

A) qu’ils fassent venir également à ce cours leurs amis et amies qui ne sont pas élèves de la Yechiva,

B) de parler, pendant ces cours, des Mitsvot concrètement applicables à la vie de tous les jours,

C) que l’un ou l’une de ces élèves, dans la mesure du possible, parle lui-même de ces Mitsvot concrètement applicables.

Vous avez sûrement reçu ma lettre pour monsieur Harris, de même que le précédent courrier qui vous était destiné.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Le Rav M.Hecht. Voir, à son propos, la lettre n°1464. (2) Voir la lettre n°1464.

Lettre n°1470

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1470, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Adar 5712,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu une lettre du Rav Moché Shapiro de Tel Aviv, qui m’informe de son action pour créer le plus grand nombre de bains rituels, en notre Terre Sainte. Il en a fondé plus d’une centaine, dans les baraquements des immigrants venus des pays arabes, de Bulgarie, de Roumanie, de Hongrie et de Pologne.

Il a des difficultés à obtenir les matières premières qui conviennent(2), par exemple des baignoires, des canalisations, du ciment, des tuiles. Il est impossible de se procurer tout cela sur place, même lorsque l’on est capable de payer.

Je connais votre intérêt et la valeur que vous accordez à la pureté familiale et au Mikwé. Je voudrais donc vous demander si, par votre influence, vous avez la possibilité de vous procurer ces éléments dont on a besoin, là-bas, pour construire des bains rituels.

J’espère avoir de vos bonnes nouvelles.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Y.Robinson. Voir, à son propos, la lettre n°947. (2) Pour la construction.

Lettre n°1471

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1471, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Adar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Adar, par laquelle vous m’annoncez votre mariage. Je vous réitère donc ma bénédiction, une bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov. Vous bâtirez un édifice éternel, basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont expliquées et illuminées par la ‘Hassidout, luminaire de la Torah.

Vous faites sans doute l’effort qui convient pour trouver un logement acceptable. Dieu vous accordera la réussite, dans ce domaine.

Vous me dites que vous souhaitez proposer un parti à votre belle-sœur, en l’occurrence l’un des élèves de la Yechiva. C’est une bonne initiative et je ne comprends pas pourquoi vous hésitez à le faire.

J’aimerais savoir si votre épouse exerce une activité dans le monde religieux et, le cas échéant, laquelle. De même, serait-il envisageable que vous fixiez une étude de la Torah avec elle ? Bien évidemment, elle portera sur le texte que vous désirez. L’intérêt qui en découle est bien évident. Mon beau-père, le Rabbi, fait état, dans ses mémoires, de tels comportements, qui eurent un effet positif, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, en saluant toute votre communauté,

Lettre n°1472

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1472, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Adar 5712,

Brooklyn,

A la direction de l’Association ‘Habad,

en notre Terre Sainte,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

1) Je fais réponse à la question que vous m’avez posée sur un sujet que nous avons évoqué, il y a quelques temps déjà. J’ai transmis, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav M.G.(1), qu’il était important de développer les écoles ‘Habad, au sein du réseau Ohaleï Yossef Its’hak et d’affilier à ce réseau les écoles religieuses fondées par les Peylim. Néanmoins, ces institutions ne doivent pas être adhérentes à un parti ou soulever le doute. Les autorités pourraient alors renforcer leur position, affirmant l’inutilité de ces partis et le ministère de l’éducation nationale sera alors directement en relation avec chacune de ces écoles, ce qui serait, bien sûr, dommageable.

A mon avis, il est, en tout état de cause, nécessaire que chaque école ne soit pas totalement indépendante, ce qui l’affaiblirait considérablement, envers l’intérieur et, ce qui est encore plus grave, envers l’extérieur. Il est sans doute inutile d’en dire plus.

D’emblée, mon intention était donc que toutes les écoles faisant partie de ce réseau s’unissent en un courant non affilié(2), qu’elles aient une direction commune, capable de mener les négociations et de discuter avec le ministère de l’éducation nationale ou toute autre administration.

J’ai bon espoir que les écoles des Peylim intègrent ce réseau, puis, par la suite, celles de la communauté(3) installée depuis longtemps(4). Il faut donc fonder une direction conjointe, dans laquelle seront représentés l’association ‘Habad, les jeunes de l’Association ‘Habad et le réseau Ohaleï Yossef Its’hak. On proposera aux Peylim d’y avoir également une représentation.

Bien évidemment, tout cela n’est qu’une proposition, que l’on peut moduler, surtout en ajoutant des représentants à la direction, au fur et à mesure qu’il y aura de nouvelles adhésions à ce courant non affilié. Il est clair qu’il importe avant tout de ne pas s’écarter de l’objectif principal et l’on doit donc être certain que ceux qui se joindront à la direction en auront le soucis.

Si les écoles s’organisent de cette façon, il n’y aura plus aucune crainte à avoir. Il ne sera plus question de relation directe entre l’Education nationale et chaque école, ce qui n’est absolument pas souhaitable. En effet, cette organisation mènera elle-même les négociations, par l’intermédiaire de sa direction générale.

2) J’ai déjà dit plusieurs fois que, pour de multiples raisons, il y a tout lieu de penser que les autres cercles vous viendront en aide, afin de créer un réseau scolaire non affilié. Vous devez comprendre ce que je veux dire. Mais, pour cela, vous devez vous-même faire preuve de l’empressement nécessaire.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Le Rav Moché Gourary, de Tel Aviv. (2) A un parti politique. (3) Orthodoxe non affiliée. (4) En Erets Israël.

Lettre n°1473

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1473, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Adar 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Naftali Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

On m’a fait part de votre question ou de votre surprise. En effet, monsieur Rabinovitch vous a raconté que, se trouvant chez moi, il m’avait indiqué qu’il donnait un certain montant pour la Tsédaka. Je lui ai alors demandé de le transmettre à une cause précise, destinée à aider le financement des mariages. Or, vous êtes étonné que je lui ai stipulé la destination de ces fonds.

Nos Sages l’expliquent au traité ‘Houlin 94a, en interdisant certaines pratiques qui pourraient prêter à confusion. Les Décisionnaires en parlent également, aux références mentionnées par le Eïn Michpat Ner Mitsva(2). En l’occurrence, comme j’ai pu m’en apercevoir, monsieur Rabinovitch pensait que sa contribution serait utilisée autrement. D’après la Hala’ha, j’étais donc tenu de lui dire à quelle cause de Tsédaka elle serait attribuée.

J’aimerais savoir si vous prenez part aux activités communautaires, dans votre ville, en particulier dans le domaine de l’éducation.

Je vous joins un discours ‘hassidique de mon beau-père, le Rabbi, qui vient de paraître.

En saluant le distingué ‘Hassid, qui craint Dieu, Rav ‘Haïm Yaakov Gass et en vous souhaitant à tous une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Rav N.Kahana, de Greensborough. (2) Citant les références des décisions hala’hiques relatives à chaque passage talmudique.

Lettre n°1474

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1474, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Adar 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chalom(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je voudrais, par la présente, vous exprimer ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

Puisse Dieu faire que vous parveniez à implanter en vos élèves, la crainte et la connaissance de Dieu. Telle est, en effet, la finalité de la période messianique, lorsque tous Me connaîtront, du plus petit au plus grand.

Chacun de nous doit donc faire des efforts, moraux et physiques, en ce sens. Et, disent nos Sages, on vient en aide à celui qui veut se purifier et également à celui qui apporte cette purification aux autres(2).

Notes

(1) Le Rav C.Shusselshech, de Bailly, France. (2) Litaher, se purifier, peut aussi être lu Letaher, purifier les autres.

Lettre n°1475

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1475, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Adar 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’aimerais savoir si vous prenez part aux activités du monde orthodoxe, dans votre ville, en particulier dans le domaine de l’éducation, qui est d’actualité en la présente période, entre Pourim et Pessa’h. En effet, Morde’haï, qui était le plus grand, à son époque, par sa connaissance de la Torah, par sa crainte de Dieu et par sa sagesse, parvint à annuler le décret précisément en enseignant la Torah aux enfants, comme le rapportent nos Sages.

Et, l’on retrouve également cette idée à Pessa’h, fête qui commence par le Séder, pendant lequel on a recours à différents stratagèmes pour mettre en éveil l’attention des enfants et les empêcher de dormir, les préserver du sommeil physique et, a fortiori, du sommeil moral. Or, le Séder commence par les questions que posent les enfants.

Il en va de même pour la fin de la fête de Pessa’h, commémorant le passage de la mer Rouge, comme le souligne le Midrach Chemot Rabba. Alors, ces enfants, qui étaient nés en Egypte et qui y avaient grandi, reconnurent Dieu les premiers.

Il découle de tout cela que la délivrance, physique et morale, d’Israël dépend de l’éducation de la jeune génération. Chaque Juif, même s’il est aussi grand que Morde’haï, puisque le Midrach Esther Rabba dit que Morde’haï, à son époque, fut comme Moché, en la sienne, se doit donc de participer à cette éducation.

Que Dieu accorde à chacun d’entre nous d’illuminer la part du monde qui lui est confiée. C’est ainsi que l’on hâtera et que l’on provoquera la délivrance complète et véritable de tout Israël, comme l’explique le chapitre 37 du Tanya.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et pour une bonne santé,

Lettre n°1476

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1476, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Nissan 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la fête de Pessa’h, qui approche, je voudrais vous exprimer mes chaleureux souhaits pour que vous la célébriez de manière cachère et avec la joie d’un véritable temps de notre libération, physique et morale à la fois, car ces deux dimensions sont indissociables.

En notre génération, en cette période du talon du Machia’h, qui, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, se trouve derrière notre mur, il est particulièrement important d’accorder toute l’attention nécessaire et de faire porter tous les efforts sur l’éducation de la jeune génération.

En effet, la Torah, Torah de Vérité et Torah de vie apporte la liberté à l’homme et nos Sages disent, au sixième chapitre du traité Avot, que seul est libre celui qui étudie la Torah.

La fête de Pessa’h souligne particulièrement l’importance de l’éducation. Ainsi, la célébration du Séder commence par les questions que posent les enfants. Différentes actions sont alors entreprises pour qu’ils ne dorment pas, physiquement et encore moins moralement.

De même, la fin de Pessa’h commémore le passage de la mer Rouge et nos Sages soulignent, dans le Midrach Chemot Rabba que les nourrissons et les tous petits enfants, nés en Egypte, reconnurent alors Dieu les premiers.

Je conclus comme je commençais, en vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Lettre n°1477

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1477, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Nissan 5712,

Brooklyn, New York,

A nos frères, les enfants d’Israël,

partout où ils se trouvent,

que Dieu leur accorde longue vie(1),

Je vous salue et vous bénis,

La fête de Pessa’h approche.

Chaque événement qui se produit dans le monde(2) apporte la sagesse et délivre un enseignement à l’homme qui médite. Cette leçon peut porter sur la manière de servir Dieu, sur les relations entre les hommes ou sur ces deux dimensions à la fois.

Si l’on apporte l’attention qui convient, il est plus aisé de mettre cette leçon en évidence, lorsqu’il s’agit de la Torah, qui a la même étymologie que Horaa, enseignement, car elle délivre un enseignement pour la vie, est appelée Torah de vie. Il en est de même pour ses Mitsvot. Combien plus est-ce le cas pour ce qui concerne ses principes fondamentaux.

L’un de ceux-ci est le souvenir de la sortie d’Egypte, qui est un grand fondement(3), un pilier solide de notre Torah et de notre foi. En effet, cette libération se distingue(4) de tous les autres miracles, parce qu’il nous est demandé d’en faire mention chaque jour, de même que du passage de la mer Rouge(5). Cette obligation nous incombe encore plus clairement(6) au début de la fête de Pessa’h, en son premier soir.

De nombreux points peuvent être appris de cet événement, de ses différents aspects et de ce qui l’accompagna. Je soulignerai ici l’un d’entre eux, un point commun au début et à la fin de cette fête, qui délivre une leçon concrète pour notre vie, non seulement durant la fête, mais aussi tout au long de l’année.

Car, c’est bien là le but. Toutes les bénédictions et les lumières qui se révèlent pendant les fêtes et les célébrations doivent être conservées pour chaque jour de l’année. C’est en particulier vrai pour celles(7) qui sont obtenues pendant la fête de Pessa’h.

Les lois et les coutumes de la fête, introduisent, dès son commencement, dès la tombée de la nuit, le Séder, dont le début et le point essentiel est l’Injonction: Et, tu diras à ton fils. On adopte donc différentes modifications, des pratiques nouvelles, afin de susciter l’intérêt des enfants. Bien plus, on ne le fait pas uniquement pour les enfants sages, car il y a bien un sage, un impie, un naïf et un qui ne sait pas poser de questions. Et, tous doivent être réunis pour le Séder de Pessa’h. Le père enseigne donc selon les moyens et la compréhension de son fils.

La fin de Pessa’h commémore un miracle qui eut lieu en ce jour, lorsque le Saint béni soit-Il ouvrit la mer pour nous. Alors, chaque Juif désigna du doigt et dit: C’est mon Dieu et je veux Le glorifier. Or, les garçons et les filles qui étaient nés et avaient grandi pendant l’âpre exil reconnurent Dieu les premiers.

Ainsi, la conclusion de la fête est liée à son début.

Nous devons employer toutes nos forces et toute notre ardeur pour trouver des moyens et des manières d’agir qui permettront de conquérir la jeune génération, même si cela a pour conséquence de modifier sa nature et son habitude. Tous les enfants d’Israël, sages, impies, naïfs ou ne sachant pas poser de questions, doivent se rapprocher de la Torah et des Mitsvot. Alors, nous aurons la certitude d’aller, avec nos jeunes et nos anciens, à la rencontre de la délivrance, avec nos fils et nos filles.

Notre génération est née et a grandi pendant cet âpre exil. Elle a connu les persécutions et les pogromes. Ses survivants, en particulier les enfants que Dieu a accordés, qu’Il nous a laissés comme symboles et comme signes, car la Torah se perpétuera par leur intermédiaire(8), sont également menacés, puisqu’on leur impose une éducation qui présente le mal comme du bien et le bien comme du mal(9), l’obscurité comme de la lumière et la lumière comme de l’obscurité, la douceur comme de l’amertume et l’amertume comme de la douceur, afin de les détourner de la Torah de Dieu.

Mais, le Saint béni soit-Il les sauvera et nous sauvera de leurs mains et cette génération aura le mérite, très bientôt et de nos jours, par notre juste Machia’h, d’être celle de la délivrance, qui sera la délivrance véritable, celle qui est promise par nos saints prophètes, non par la force et la puissance, mais bien par l’esprit de Dieu. Alors, chacun et chacune reconnaîtra, désignera du doigt et dira(10):

Voici, c’est notre Dieu. Nous avons placé notre espoir en Lui et Il nous a sauvés. C’est l’Eternel, nous avons eu foi en Lui. Nous nous réjouirons et serons heureux du salut qu’Il accorde.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

M. Schneerson,

Notes

(1) Deux versions de cette lettre existe, l’une en Hébreu, l’autre en Yiddish. Elle est imprimée également dans la Haggada du Rabbi, à partir de l’édition de 5747-1987. (2) Le Rabbi note, en bas de page: La fin du sixième chapitre du traité Avot dit: Tout ce qui existe dans le monde, le Saint béni soit-Il le créa uniquement pour son honneur. Et le Baal Chem Tov enseigne, comme le rappelle la fin des mémoires du Rabbi, à la page 344: J’ai appris de tous ceux qui m’ont enseigné. En effet, tout ce qui existe dans le monde a pour but de délivrer un enseignement à l’homme. Et, la divine Providence le conduit vers ce qui peut lui délivrer cet enseignement. On consultera ces références; (3) Le Rabbi note, en bas de page: Voir la longue analyse du Séfer Ha’hinou’h, à la Mitsva n°21. (4) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Torah Or, page 57b. (5) Le Rabbi note, en bas de page: Voir la Tossefta sur le traité Bera’hot, au début du chapitre 2 et le Torah Or, page 62b. (6) Le Rabbi note, en bas de page: Voir cette obligation qui incombe encore plus clairement, dans la Haggada de Pessa’h avec un recueil de coutumes, page 15b et les références qui y sont citées. (7) Le Rabbi note, en bas de page: Voir la causerie de Pessa’h 5703, au paragraphe 47. (8) Le Rabbi note, en bas de page: Commentaire de Rachi sur le verset Ichaya 8, 18. (9) Le Rabbi note, en bas de page: Voir Ichaya 5, 20-24. (10) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Midrach Chemot Rabba, à la fin du chapitre 23, expliqué par le discours ‘hassidique et Moché vint, de 5654.

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