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Iguerot Kodesh — lettres 1356 à 1375

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1356

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1356, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A la suite de notre conversation téléphonique, j’ai eu l’impression que vous n’avez pas saisi l’importance de préserver votre santé, en général et de manger des gâteaux avant la prière(1), en particulier. Je reproduis donc ici un mot du Baal Chem Tov, imprimé dans Kéter Chem Tov.

Du reste, vous savez sans doute que mon beau-père, le Rabbi, a rappelé, lors des dernières réunions ‘hassidiques, la nécessité pour un ‘Hassid d’étudier le Kéter Chem Tov et le Or Torah du Maguid de Mézéritch.

Or, le Kéter Chem Tov, tome 1, page 17 de l’édition qui est en ma possession, dit : Lorsque le corps est malade, l’âme est également affaiblie et l’on ne peut prier correctement, même si l’on n’a pas commis de fautes. Un homme doit donc préserver scrupuleusement la santé de son corps.

Je vous adresse ma bénédiction pour que vous soyez en bonne santé et puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles. Vous vous souvenez sans doute de ce dont nous avons parlé. Vous devez donc vous adresser aux Sefardim de votre ville pour qu’ils apportent leur aide à notre travail au Maroc(2).

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre était malade. (2) Voir les lettres n°1250, 1251, 1253, 1270, 1271, 1272, 1348.

Lettre n°1357

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1357, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Tévet 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Avraham Sender(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre. Je vous remercie également pour votre cadeau, la liste des élèves de la Yechiva qui ont étudié à Loubavitch(2) jusqu'en 5670(3). Je la recherchais depuis longtemps et voici que vous me l’avez adressée. Je vous en remercie beaucoup.

A ce propos, il serait bon que vous m’indiquiez exactement pendant quelle période vous avez vous-même poursuivi vos études dans cette Yechiva et que vous m’apportiez les mêmes précisions pour vos amis, dont vous vous souvenez.

Vous formulez une remarque sur les dimensions qualitative et quantitative, en considérant l’affirmation de nos Sages selon laquelle Dieu consola la lune(4) en multipliant son armée(5). Il me semble que cette remarque est judicieuse, bien qu’une distinction puisse être faite(6). Un point commun existe, cependant. C’est donc une bonne remarque. Vous consulterez également les Tossafot sur le traité Soukka 4b.

Je vous joins un exemplaire de ma lettre, adressée à tous, datant de Zot ‘Hanouka(7) et je conclus en vous adressant ma bénédiction de réussite pour le temps que vous consacrez à l’étude, dont la ‘Hassidout occupe une place importante. Et, puisque j’évoque ce sujet, je voudrais vous demander encore une fois de faire tout ce qu’il faut pour renforcer ... dans sa propre étude de la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav A.S. Nemtsov. Voir, à son propos, la lettre n°315. (2) Il s’agit ici de la Yechiva fondée dans la ville de Loubavitch, par le Rabbi Rachab. Le Rav Nemtsov était l’un de ses élèves. (3) 1910. (4) Qui avait réduit sa taille, par rapport au soleil. (5) Les étoiles. Le qualitatif a donc bien été remplacé par le quantitatif. (6) Entre ce que cette image décrit et ce qui relève purement des dimensions quantitatives et qualitatives. (7) Le dernier jour de cette fête. Il s’agit de la lettre n°1325.

Lettre n°1358

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1358, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Tévet 5712,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav E.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 14 Kislev et celle du 27. Je vous remercie beaucoup de m’avoir fait cette description précise.

J’ai expliqué plusieurs fois, à vous-même et à la direction de l’association des ‘Hassidim ‘Habad(2), à quel point il est capital que les écoles soient placées sous la responsabilité de cette association, en plus des Yechivot qui existent déjà.

Lorsque vous étiez ici, je vous ai dit que, pour différentes raisons, les représentants des partis religieux en Terre Sainte vous viendraient en aide, en la matière. Officiellement, il y a un courant non affilié, dans lequel peuvent s’inscrire ces écoles.

Tout cela a une incidence concrète. En effet, nous pourrons, de la sorte, assumer la responsabilité d’écoles religieuses, dans lesquelles il n’est pas encore possible d’étudier la ‘Hassidout, en particulier quelques Talmud Torah et ‘Héder fondés par les responsables communautaires des camps(3).

Il faut espérer que, très prochainement, il y aura enfin de bons résultats de l’action du comité de coordination. Quand ce sera le cas, s’il se révèle impossible d’inscrire les écoles qui se trouvent sous notre responsabilité dans ce courant non affilié, il en résultera une perte que je ne sais pas s’il sera possible de combler.

Vous voudrez bien diffuser ma lettre(4) aux dirigeants de toutes les institutions ‘Habad et, de manière officieuse, me dire ce que vous en pensez.

Avec ma bénédiction de bonne santé, pour vous et pour votre épouse,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Eliézer Karasik. Voir, à ce propos, les lettres n°1046, 1060 et 1500. (2) Voir la lettre suivante. (3) De transit des réfugiés. (4) Il s’agit de la lettre n°1291.

Lettre n°1359

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1359, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5712,

Brooklyn,

Aux dirigeants de l’association des ‘Hassidim ‘Habad

en Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai appris incidemment, mais vous savez que tout est effet de la divine Providence, comme le souligne le Baal Chem Tov, que le département de la culture et de l’éducation, en notre Terre Sainte, a reçu des centaines de milliers de livres qui avaient été saisis par les nazis, que leur nom soit effacé. Ceux-ci sont déjà parvenus en Terre Sainte et l’on cherche maintenant à identifier leurs propriétaires.

De plus, le ministère des cultes a l’intention de distribuer une partie de ces livres, en particulier ceux qui ont un caractère religieux, aux Yechivot et aux écoles de Terre Sainte. Il semble que ces informations soient exactes, puisqu’elles ont été accompagnées de plusieurs précisions.

Je formule, en conséquence, la proposition suivante. Vous présenterez, le plus rapidement possible, la double requête suivante : 1. Peut-être une partie des ces livres appartenait-elle à la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi. 2. Un nombre conséquent de ces livres pourrait être donné pour nos Yechivot de Terre Sainte, par exemple celles de Lod et de Torat Emet. On pourra, de plus, mentionner également celles du Kfar(1) et de Tel Aviv, si la distribution s’étend aussi à de telles institutions.

Bien évidemment, si l’on trouve là des livres appartenant à la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi, il faudra les prendre et les envoyer ici. Quant aux livres destinés aux Yechivot, outre leur intérêt intrinsèque, il est important que les ministères et les administrations sachent qu’une partie doit en revenir aux institutions Loubavitch de Terre Sainte.

B) Je vous demande instamment, à l’avenir, de ne pas me laisser apprendre de telles choses incidemment, même s’il y a là un effet de la divine Providence. Qu’un membre du comité de l’association des ‘Hassidim ‘Habad soit donc chargé de s’intéresser à des développements similaires. Bien entendu, il ne faut pas que ce soit une marmite appartenant à des associés(2).

Vous m’informerez, au plus vite, de ce qui a été fait, en la matière.

C) J’ai eu la visite du ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Aryé Leïb Gelman. D’après ce qu’il m’a dit, celui-ci sera rentré en Terre Sainte d’ici deux ou trois semaines. Il serait bon de préparer, pour cette date, un plan détaillé de ce qu’il est possible de lui demander, en tant que président du comité de coordination, en Terre Sainte, pour faire suite à la note qui lui a été adressée, il y a quelques temps, afin de formuler une demande pour nos institutions. Celle-ci lui a fait bonne impression et il l’a fait savoir ici. En effet, seul le mouvement ‘Habad lui a transmis un plan de travail détaillé.

Concrètement, je lui ai demandé, dès qu’il obtiendrait les fonds, de les mettre aussitôt à la disposition du mouvement ‘Habad, afin de lui donner les moyens de se mettre à l’action. Il n’a, bien sûr, pas pu me donner une réponse claire, car le Mizra’hi(3) doit également bénéficier de cette subvention. Il faut donc réitérer cette requête, une seconde, puis une troisième fois, d’autant qu’il est lui-même d’accord d’y accéder et l’on peut donc compter sur son aide. Ainsi, il y a donc espoir de recevoir cette subvention plus vite et que le montant en soit plus important.

Tout dépend donc de la date à laquelle les fonds seront envoyés d’ici(4). Si j’obtiens des informations, à ce propos, je vous les communiquerai. Mais, il faut préparer tout cela et marquer fortement cette position auprès de monsieur Gelman. Il faut agir au plus vite.

D) J’ai appris que les Yechivot et les Talmud Torah en Terre Sainte, peuvent être subventionnés par trois organismes, le comité des Yechivot, le ministère des cultes et le ministère des affaires sociales.

Vous voudrez bien me communiquer les informations dont vous disposez, à ce propos, pour chacun de ces organismes. Vous accordent-ils des subventions et, le cas échéant, de quel montant ?

J’attends votre réponse sur tous ces points et sur mes lettres précédentes. Le plus tôt sera le mieux et je vous en remercie d’avance.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

M. Schneerson,

Notes

(1) Kfar ‘Habad. (2) Une responsabilité confiée à plusieurs personnes à la fois, qu’aucune n’assume pleinement. (3) Le courant national religieux. (4) Les subventions sont accordées à partir d’une collecte réalisée aux Etats Unis.

Lettre n°1360

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1360, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 23 Tévet 5712, Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction, qui n’était pas datée. Vous me dites que votre vue s’est affaiblie. Vous avez consulté un spécialiste, qui, pour l’heure, n’a rien pu faire pour vous.

Il serait bon que vous consultiez un autre spécialiste. En effet, la Torah nous demande d’emprunter les voies de la nature(1). De plus, je vous conseille de prendre part aux cours publics de Torah. Vous apprendrez aussi quelques lignes de Tanya et de Zohar ou, tout au moins, vous les lirez.

J’espère que vous pourrez m’annoncer l’amélioration de votre vision(2).

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) En consultant un médecin lorsque l’on est malade. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1388.

Lettre n°1361

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1361, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 18 Tévet, de même que la précédente, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait et dont j’ai donné lecture près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. A n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine pour que vous ayez une bonne santé.

Vous avancez que vous m’avez peut-être causé du déplaisir par votre précédente lettre, en me disant que vous n’étiez pas satisfait de ma réponse. Que Dieu me garde qu’il en soit ainsi ! Il n’y a aucun déplaisir de ma part, mais plutôt une certaine forme de découragement, car le sens de ma réponse allait exactement à l’encontre de votre interprétation.

J’affirmais clairement la grande valeur des promesses formulées par les Justes. Je disais qu’au final, elles devaient inéluctablement se réaliser. Vous deviez donc en tirer les conclusions pour votre propre cas, avoir la certitude qu’il en serait bien ainsi, comme le souligne, en particulier, le Rav I.M. de Poltava.

Or, vous avez interprété ma lettre d’une manière opposée à celle-ci et j’en suis donc moi-même embarrassé. Je ne sais que vous répondre de plus. Le Rabbi Maharach dit que les mots expriment l’essence de l’âme et mon beau-père, le Rabbi, précise qu’une réponse se formule parfois d’elle-même. Les

‘Hassidim ajoutent que la manière d’interpréter cette réponse, par celui qui la reçoit, est déterminante, surtout si celui-ci est à même de formuler un avis, s’il est sûr de lui, comme le dit la Michna, au début du traité Horayot : Voici la règle générale : celui qui fait dépendre de lui-même....

En tout état de cause, les excuses que vous demandez dans votre lettre n’ont nullement lieu d’être. Il est clair que vous ne devez en aucune façon vous sentir écarté, ce qu’à Dieu ne plaise. S’il n’a jamais été question de mettre quiconque à l’écart, combien plus est-ce le cas à notre époque, en cette période du talon du Machia’h. Il convient, en effet, d’aller à sa rencontre et, comme le dit le Tséma’h Tsédek, c’est en étant unis et soudés que les ‘Hassidim accueilleront le Machia’h.

J’ai appris avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Ben Tsion Chem Tov, que vous enseignez la Torah publiquement. Mais, celui-ci m’a dit aussi qu’il a pu constater votre découragement. Pensez donc à l’immense responsabilité que vous a confiée notre maître. Dès lors, qui pourrait se comparer à vous ? Le fait d’assumer une telle mission évoque, d’une certaine façon, l’affirmation suivante de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, commentée par la ‘Hassidout : Je ne suis qu’une indication(1). En effet, celui-ci ne possédait aucune personnalité propre(2) et il pouvait donc dire qu’il n’agissait pas par lui-même, que son Maître se révélait à travers lui.

Certes, c’est à ce propos qu’il est dit : J’ai vu ceux qui sont susceptibles de connaître l’élévation. Ils sont peu nombreux(3). Et, qui peut prétendre accéder à un tel niveau ? Néanmoins, chaque ‘Hassid possède en lui la force du Rabbi(4). Son comportement est donc ce qu’il doit être, au moins potentiellement. Bien plus, il est aisé de révéler ce potentiel et chacun dispose de l’aplomb nécessaire pour cela. Il suffit de demander à Dieu d’en faire bon usage, en particulier pour l’étude de la Torah.

Vous connaissez, en effet, la différence entre l’étude de la Torah et la prière. Celle-ci, en particulier pendant les jours de semaine, s’élève vers Dieu. Elle émane de l’étroitesse(5), alors que la Torah, en particulier la ‘Hassidout, arbre de vie, est une révélation céleste et large.

Avec ma bénédiction pour une bonne santé et pour avoir de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours, de ce qui vous concerne, en général et de votre état de santé, en particulier,

Je vous joins ma lettre, adressée à tous, à l’occasion de la fête de toutes les fêtes, le 19 Kislev.

Notes

(1) De ce qui se passe dans les sphères célestes, sans introduire aucun message personnel. (2) Sa soumission à Dieu était totale. (3) Il est donc bien clair que le niveau qui vient d’être décrit n’est pas accessible à chacun. Dès lors, comment l’exiger ? (4) Il reçoit ainsi la force de s’élever au dessus du niveau qui est réellement le sien. (5) Elle provient d’un effort de l’homme qui cherche à s’élever vers Dieu.

Lettre n°1362

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1362, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 24 Tévet, dans laquelle vous décrivez votre situation. Vous me dites que vous avez pris connaissance de votre dossier médical et vous me décrivez l’effet que cela a eu sur vous. Vous imaginez donc ce qui devrait arriver. En conséquence, vous lisez des Tehilim et vous priez Dieu. Vous me demandez ce que j’en pense.

Voici ma réponse.

Le fait de lire des Tehilim et d’implorer le Maître du monde est, sans l’ombre d’un doute, une bonne chose, car Il dirige effectivement le monde entier et chaque homme en particulier, avec tout ce qui le concerne. En revanche, la lecture du rapport médical et les conclusions que vous en avez tirées pour l’avenir ne me satisfont pas du tout, car cela n’est pas votre affaire. Ce n’est pas pour cela que vous avez été créé !

Le grand Rav Dov Yehouda Cho’hat m’écrit que vous respectez la Torah et les Mitsvot. Vous croyez donc que Dieu est le Maître du monde. Or, même un propriétaire de chair et d’os, s’il est efficace, répartit les rôles, de sorte que l’un n’empiète pas sur l’autre et que tous concourent au but final celui qui leur a été assigné. S’il en est ainsi pour l’homme, qui est limité en tout ce qu’il fait et peut donc parfois se tromper, combien plus en est-il ainsi pour le Maître du monde, son véritable Propriétaire. Tout ce qui existe doit donc être utilisé de manière parfaite et assumer pleinement sa mission.

A l’opposé, lorsque l’on se fixe un autre objectif, on subit deux inconvénients : 1. Puisque l’action menée n’est pas ce qu’elle doit être, elle ne peut que causer du tort. 2. Elle empêche, en outre, de mener à bien ce qui est réellement la mission que l’on a reçue.

Tout ce qui vient d’être dit s’applique également, de différents points de vue, à votre propre situation. Vous n’avez pas une profession médicale et vous avez été élevé comme un Juif respectant la Torah et les Mitsvot. Il en découle deux points : 1. Les problèmes médicaux n’appartiennent pas à la mission que Dieu vous a confiée dans ce monde. 2. Votre but et la mission pour laquelle vous avez été créé consistent à respecter la Torah et les Mitsvot, ce qui inclut également des Préceptes comme tu aimeras ton prochain comme toi-même, tu feras des reproches à ton prochain et aussi, comme l’explique le Tana Dveï Elyahou, lorsque tu verras quelqu’un qui est nu, tu le vêtiras, ce qui signifie que, lorsque l’on voit un Juif nu de Torah et de Mitsvot, Il faut s’efforcer de l’en vêtir.

En conséquence, tant que vous ferez des prévisions et des pronostics médicaux : 1. vous vous détournerez de la mission qui vous a été assignée, 2. vous ne ferez que nuire à votre propre guérison, ce qu’à Dieu ne plaise et, en tout état de cause, vous ne la favoriserez pas. En quoi pourrez-vous vous nuire ? En imaginant ce qui n’existera jamais, ce qui affaiblira votre sort, de même que votre confiance en Dieu, à force de méditer et de vous concentrer sur ce que dit tel docteur et ce que pense tel professeur.

Si vous me demandez mon avis, je voudrais vous dire que vous devez adopter le comportement que prône notre sainte Torah. Celle-ci affirme, en l’occurrence, qu’elle permet de guérir. Elle autorise ainsi les hommes à consulter des médecins. Elle accorde à ces derniers le droit et le pouvoir de guérir et uniquement celui-là.

C’est pour cette raison que l’on consulte un médecin, que l’on se conforme ensuite à ses prescriptions. Vous-même n’intervenez pas dans ce processus. Vous devez laisser faire le médecin. Il vous appartient uniquement de placer votre confiance en Dieu, d’être certain que vous aurez de longs jours et de bonnes années, ainsi qu’il est dit : La crainte de Dieu est la vie. Plus votre confiance en Dieu sera forte, moins vous aurez de doutes et plus vous pourrez vous consacrer à la mission qui vous est confiée dans le monde, celle de mettre en pratique la Torah et les Mitsvot et de guider les autres sur cette voie, comme je le disais auparavant.

C’est donc de cette façon que vous aurez de longs jours et de bonnes années, au sens le plus littéral. Oubliez complètement le rapport médical et ce que vous avez lu dans les manuels de médecine. Tout cela n’appartient pas à votre mission et ne vous regarde pas. Cela ne peut donc pas améliorer votre situation et, de façon générale, ne peut avoir que l’effet contraire, ce qu’à Dieu ne plaise.

Vous lirez, chaque jour, les Tehilim, selon leur répartition mensuelle, le matin, après la prière. Vous apprendrez, chaque jour également, le ‘Houmach avec le commentaire de Rachi. Vous prendrez part, en outre, à des cours publics et l’un d’entre eux, au moins, portera sur la ‘Hassidout. Bien évidemment, vous vous fixerez comme objectif ce que dit le verset : servez Dieu dans la joie. Le Baal Chem Tov en souligna l’importance aux ‘Hassidim. Vous vous réjouirez aussi bien en priant et en étudiant qu’en mangeant, en buvant, en se consacrant à toutes les occupations courantes et même en dormant, comme l’écrit le Rambam, dans ses lois des opinions.

Lorsque vous adopterez un tel comportement, votre situation connaîtra une évolution positive, votre état de santé ira en s’améliorant et vous pourrez me donner de bonnes nouvelles, à ce propos.

Il serait également bon que, chaque matin avant la prière et également avant Min’ha, vous donniez quelques pièces à la Tsédaka, sauf, bien entendu, le Chabbat et les fêtes.

J’espère et je suis certain que vous accepterez mon avis et mes conseils. Vous me le ferez savoir au plus vite.

Avec ma bénédiction pour que vous ayez une bonne santé, un prompt rétablissement, que vous puissiez assumer la mission qui est la vôtre dans ce monde, avec le calme de l’esprit et du corps, pour de longs jours et de bonnes années et pour que vous soyez un ‘Hassid.

N. B. : Sans doute prenez vous part aux réunions ‘hassidiques qui sont organisées dans votre ville.

Lettre n°1363

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1363, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5712,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 17(2) Tévet, par laquelle vous me dites que des élèves sollicitent une bénédiction, en particulier pour étudier la Torah en se pénétrant de crainte de Dieu. Je vous joins ma réponse à leur demande. Vous y ajouterez sûrement des explications et des commentaires, en fonction de ce que vous jugerez nécessaire. Je m’en remets à votre jugement.

Votre lettre m’apprends aussi que votre fils Morde’haï Tsvi s’est marié le 18 Tévet. Je vous exprime par la présente ma bénédiction, une bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov. Que leur union soit en un moment bon et fructueux, qu’ils fondent un foyer juif, basé sur la Torah et les Mitsvot, comme l’explique la ‘Hassidout. Que vous conceviez d’eux beaucoup de satisfaction juive et ‘hassidique.

Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov,

N. B. : Je vous joins une copie de ma lettre, adressée à tous, à l’occasion de la fête de toutes les fêtes, qu’est le 19 Kislev et un coupon d’expédition en port payé comme cadeau de mariage.

Vous êtes sans doute issu de la famille rabbinique des Greenwald, en Hongrie. J’aimerais en savoir plus, à ce propos. De même, vous me dites que votre épouse est la fille du Rav Aharon Slutski. Je voudrais savoir quelle était sa connaissance de la Kabbala. Possède-t-on des commentaires de lui, écrits ou imprimés ? Le cas échéant, est-il possible d’en recevoir une copie ?

Vous m’écrivez que des jeunes gens m’ont vu(3). Ceci s’applique seulement à une interrogation, mais non à une réponse(4). Vous consulterez également les commentaires, chapitre 138, paragraphe 4 et chapitre 242, le traité Ketouvot 25b. A ce propos, il y est dit que tous le savent et l’on peut s’interroger, à ce propos si l’on consulte le traité Mena’hot 93b. Il faut en conclure que ces deux traités parlent de deux époques différentes(5). Mais, l’on peut encore s’interroger, à ce propos.

Notes

(1) Le Rav Chlomo Greenwald, de Jérusalem. (2) Le Rabbi écrit Tov, bon, terme dont la valeur numérique est 17. (3) Le Rav Greenwald écrivait au Rabbi : J’ai appliqué à mon propre cas les termes de l’affirmation suivante de nos Sages : Des jeunes gens m’ont vu et se sont cachés, comme l’explique le Yoré Déa, chapitre 242, paragraphe 16. De ce fait, je n’ai pas répondu à la lettre que le Rabbi m’a adressée. C’est donc par pudeur que le Rav Greenwald n’a pas osé répondre à la précédente lettre du Rabbi. (4) Le Rabbi répond donc que la pudeur peut empêcher de s’adresser à quelqu’un. En revanche, elle ne peut avoir pour effet de ne pas répondre à celui qui a envoyé une lettre. (5) Une époque pendant laquelle tous le savent et une autre pendant laquelle ce n’était pas le cas.

Lettre n°1364

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1364, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yossef(1) Halevi,

Je vous salue et vous bénis,

C’est avec plaisir que j’ai reçu votre lettre du 18 Tévet 5712. Entre temps, vous avez sûrement reçu la mienne, avec ce qui y était joint.

A) J’ai appris avec satisfaction, par votre lettre, que la collecte(2) était fructueuse. Puisse Dieu faire que ce succès se poursuive, de la manière qui convienne, qu’il permette de réunir une somme importante. Vous continuerez à m’en tenir informé.

B) J’ai été content de lire, dans votre lettre, que vous pensez vous rendre, ces jours-ci, en Rhodésie, pour y visiter les grandes villes. Là bas également, conformément au désir de mon beau-père, le Rabbi, vous collecterez des biens matériels et vous sèmerez de la spiritualité.

Sans doute trouverez vous, là aussi, des personnes issues de familles ‘hassidiques. Vous leur rappellerez donc leur origine. Il serait bon de s’enquérir également de la situation des autres pays voisins et, le cas échéant, de s’y rendre.

C) J’ai aussi eu plaisir à lire que vous avez fixé un temps pour étudier la Torah avec le Rav ... J’ai reçu aujourd’hui une lettre de lui. Vous trouverez sûrement les textes qui le marqueront, de sorte qu’il ait le désir de poursuivre cette étude, même après que vous ayez quitté le pays.

D) Il est très judicieux que vous souligniez au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Y.Alay(3), l’immense importance d’organiser, de temps à autres, des réunions ‘hassidiques et des cours de Torah.

Il serait bon d’envisager la publication d’articles, dans la presse, sur la ‘Hassidout et les ‘Hassidim, dans la langue du pays. Vous trouverez sûrement de la matière que vous pourrez utiliser dans tout ce qui a d’ores et déjà été édité en anglais, par exemple les mémoires(4) et la traduction anglaise des causeries de mon beau-père, le Rabbi, éditées dans Hakrya Vehakedoucha(5).

E) Pour ce qui est de la jeunesse, on vous a adressé, par enveloppe postale séparée, la traduction qui a été faite des discussions avec les étudiants, organisées ici. Sans doute pourrez-vous en faire un bon usage.

F) Vous me dites que madame ... a décidé de subir une opération de l’oeil sans attendre trop longtemps. Puisse Dieu faire que cette intervention se passe bien et qu’elle recouvre prochainement ses forces.

Je ne connais pas l’usage local(6), mais s’il existe, dans la synagogue, une lumière perpétuelle, il serait bon qu’elle y participe. En revanche, si cette pratique n’existe pas, il n’est pas utile de l’instaurer pour cela. Elle s’engagera alors à financer les bougies de la synagogue pendant quelques temps.

Elle allume sûrement les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Il serait bon qu’elle donne de la Tsédaka, avant de le faire, qui sera dédiée au fonds de Rabbi Meïr Baal Haness(7).

G) Je vous joins une lettre pour... Je vous remercie de bien vouloir la lui remettre.

H) Je vous adresse également le compte rendu des propos que j’ai tenus devant les élèves, à l’occasion de l’allumage de la cinquième bougie de ‘Hanouka et de ce que j’ai dit aux donateurs et aux responsables de la Yechiva Loubavitch, qui sont venus me voir.

I) J’ai vu incidemment(8), mais le Baal Chem Tov dit que tout événement est une manifestation de la divine Providence, que le grand Rav, très âgé, Rav Yossef Isser Halevi Gad Chlita, de Johannesburg, a édité le Rav Efraïm, un commentaire sur la Torah.

Il serait bon de lui suggérer, dans la mesure du possible, d’envoyer ce qu’il publie à ma bibliothèque. Il en est de même si vous rencontrez d’autres auteurs, dans les endroits que vous visitez. Vous pouvez aussi leur proposer, en échange, des livres de ‘Hassidout publiés par les éditions Kehot.

Je vous demanderais également, si cela ne vous occasionne pas un trop grand dérangement, d’acquérir les livres précieux ou rares, en échange de parutions des éditions Kehot, dans la mesure où cela est possible. Il en résultera un double apport positif. D’une part, les destinataires posséderont des livres de ‘Hassidout. Ainsi, inévitablement, un jour ou l’autre, ils les utiliseront. De plus, on disposera ici de ces livres, qui ont assurément un contenu positif.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en saluant tous les vôtres, en particulier le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Yermyahou(3).

Notes

(1) Le Rav Y.Weinberg. Voir, à son propos, les lettres n°82 et 119. (2) Faite par le Rav Weinberg en Afrique du sud, au profit du centre des Yechivot Loubavitch. (3) Le Rav Yermyahou Alay, d’Afrique du sud. Voir, à son propos, les lettres n°1288 et 1298. (4) Du précédent Rabbi. (5) Paru à New York pendant les années de la guerre. Voir les lettres n°30, 34, 37, 48, 65, 76, 86, 96, 99, 122 et 131. (6) En Afrique du sud. (7) Le Collel ‘Habad, à Jérusalem. (8) Voir la lettre n°1359.

Lettre n°1365

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1365, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Avraham ‘Hano’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 18 Tévet et celles qui l’ont précédée. De même, j’ai vu, dans le Hamodya, vos articles sur l’enseignement du Baal Chem Tov et sur la fête du 19 Kislev. Je vous remercie beaucoup pour tout cela, qui permet de préparer la propagation des sources(2) à l’extérieur. En effet, lorsque celles-ci seront diffusées, chacun pourra en avoir une meilleure perception.

De plus, le désir s’est ainsi sûrement éveillé, chez certains, de rechercher ces sources. Vous poursuivrez donc cette activité. Je ne suis pas certain que nous recevions ici tous les exemplaires du Hamodya, dans lesquels se trouvent vos articles. Il serait donc préférable que vous nous les adressiez systématiquement.

Vous me demandez s’il est possible d’imprimer de tels articles également dans les journaux non religieux. Il est difficile d’apporter à cette question une réponse globale, valable pour tous les journaux à la fois. De fait, si ces articles ne sont pas signés par quelqu’un de religieux, cela ne peut pas nuire, dès lors que leur contenu est positif(3). Bien évidemment, il ne s’agit là que d’une remarque, de portée générale et il faut, à chaque fois, se demander de quel journal et de quel article il s’agit. Néanmoins, en fonction de ce qui vient d’être dit et dans la mesure où ce journal ne pourra pas dire que tel homme religieux fait partie de ses rédacteurs, il n’y a aucun risque.

Je voudrais vous faire la proposition suivante. Nous nous apprêtons à rééditer le Beth Rabbi(4), en Hébreu. Dieu vous a donné des talents d’écrivain et vous pourriez donc vous charger de cette traduction(5), présenter, dans un Hébreu clair, ce qui concerne l’Admour Hazaken, l’Admour Haémtsahi et le Tséma’h Tsédek, en vous basant sur les causeries de mon beau-père, le Rabbi. Vous préparerez trois chapitres indépendants et vous me direz combien de temps il vous faudra pour que le premier soit prêt et quel salaire vous souhaitez recevoir.

Bien évidemment, si votre texte est publié, il sera précisé que vous en êtes le traducteur. Il faudrait aussi ajouter des références, à la fin du livre ou en bas de page, indiquer dans quel écrit de mon beau-père, le Rabbi, ce récit peut être trouvé.

J’attends de vos bonnes nouvelles pour tout cela.

Je vous joins une copie de ma lettre, adressée à tous, à l’occasion de la fête de toutes les fêtes, le 19 Kislev. Vous voudrez bien la diffuser car, d’ici, il est difficile de l’envoyer personnellement à chacun.

Notes

(1) Le Rav A.H. Glitsenstein, de Jérusalem. Voir, à son propos, la lettre n°950. (2) De la ‘Hassidout. (3) Ces articles peuvent paraître sous une autre signature. (4) Biographie des trois premiers maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad. (5) L’original est en Yiddish.

Lettre n°1366

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1366, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je vous ai écrit(1), à la fin de l’été dernier, à propos de votre comportement et, en particulier, de vos jeûnes. Pour l’heure, je n’ai reçu aucune réponse de votre part, à ce sujet. De même, je ne sais pas quelle est votre étude de la Torah et de quelle manière vous priez.

Je voudrais, par la présente, vous rappeler que vous devez m’informer au plus vite de tout cela. Vous maintenez sûrement, de la manière la plus forte, le temps de l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. De même, vous priez avec ferveur. Et, il est clair que tout cela ne doit pas nuire à votre santé physique(2). En effet, l’homme peut disposer de l’une et de l’autre(3), comme le précise le Rambam, qui souligne, au début du chapitre 4 des lois des opinions, que avoir un corps en bonne santé est un moyen de servir Dieu.

Tout dépend donc du sentiment du coeur. De façon générale, un ‘Hassid, surtout s’il est un élève des classes supérieures de la Yechiva, doit donner l’exemple aux autres, en particulier aux plus jeunes élèves. Il s’agit là d’une lourde responsabilité et les forces qui vous sont accordées sont, en conséquence, très importantes.

Vous pouvez donc exercer une influence positive sur les autres et cela ne dépend que de vous. Il faut révéler ce potentiel, qui existe, qui peut aisément faire son apparition. Vous devez en faire concrètement usage pour la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière, de même que pour le luminaire de la Torah, qui est la ‘Hassidout.

J’attends de vos bonnes nouvelles, dans tous ces domaines.

Notes

(1) Il s’agit de la lettre n°1342. (2) En incluant les jeûnes. (3) De la Torah et la prière, d’une part, de la santé physique, d’autre part, sans que l’une ne contredise l’autre.

Lettre n°1367

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1367, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai lu avec plaisir que l’étude de la partie révélée de la Torah était plus enthousiaste(2), que la visite du grand Rav, se consacrant aux besoins communautaires, Rav E.K(3) et l’interrogation qu’il avait mené sur cette partie révélée de la Torah avaient été utiles.

Si, en tout temps, on a faim et soif de bonnes nouvelles, combien plus est-ce le cas, à l’heure actuelle, surtout lorsque celles-ci concernent la Torah et les Mitsvot.

B) Vous me parlez du désir des élèves(4) de venir ici. Peut-être leurs arguments sont-ils justifiés, mais ils restent particuliers et ne concernent que certaines personnes. La Yechiva et les institutions doivent rechercher leur propre bien, qui, en conséquence, sera aussi celui de leurs élèves(5).

Il faut donc s’efforcer de développer ces institutions. Pour cela, elles doivent être capables de montrer les élèves qu’elles ont formés. Et, l’on ne peut se contenter d’annoncer que les élèves les plus âgés ont été envoyés dans un autre pays, comme je l’ai déjà écrit dans mes précédentes lettres, traitant de ce sujet.

C) Vous proposez que des élèves d’ici viennent poursuivre leurs études dans des institutions de Terre Sainte. Pour l’heure, cela entraînerait de grandes difficultés, d’autant que ceux-ci sont habitués, ici, à un certain confort. Les parents ne sont pas tous satisfaits de l’éducation qu’ils reçoivent dans les institutions Loubavitch.

Mais, le moment viendra pour cela. Peut-être, avec le temps, cela sera-t-il possible.

D) Vous me dites que vous avez lu ma lettre(6), adressée à quelques élèves, à propos du labourage et de la plantation, devant tous les autres élèves. Peut-être serait-il bon de la diffuser également dans les autres classes de la Yechiva, à Lod.

Concernant le labourage et la plantation, il faudra ajouter y quelques références et quelques explications supplémentaires, qui figurent dans le Likouteï Torah Bechala’h, au début du chapitre 4, Chir Hachirim 38b, dans la séquence de discours ‘hassidiques Maïm Rabim, à partir du chapitre 98 et dans d’autres textes.

J’attends de vos bonnes nouvelles, pour tout ce qui vient d’être dit.

Notes

(1) Le Rav C.H. Kasselman. Voir, à son propos, la lettre n°1342. (2) A la Yechiva dont le Rav Kasselman était le guide spirituel. (3) Le Rav Eliézer Karasik. Voir, à son propos, la lettre n°1358. (4) De la Yechiva de Lod. (5) En l’occurrence, le fait de rester à la Yechiva et de la renforcer. (6) Il s’agit de la lettre n°1373. Voir aussi la lettre n°1372.

Lettre n°1368

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1368, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tévet 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été heureux de recevoir vos salutations, par l’intermédiaire du grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Yossef Halevi Weinberg(1). Il m’a parlé également de votre chaleureuse participation et de l’aide que vous lui avez apporté pour mener à bien sa mission(2).

Il est certain que Dieu vous récompensera, selon Sa mesure, de multiples fois, dans tous vos besoins et dans ceux de votre famille. Néanmoins, il m’écrit aussi que vous n’êtes pas satisfait, pas heureux et j’en suis soucieux et très surpris. Car, lorsque l’on donne de la Tsédaka et que l’on soutient des institutions relevant de la Volonté de Dieu, on devient Son associé. Or, est-il plus grande joie que celle de se lier à Dieu ?

Comment renforcer sa confiance en Dieu plus aisément qu’en se disant que tout ce qu’Il fait est pour le bien ? Car c’est bien ainsi que l’on s’attache à Lui et, comme le souligne l’Admour Hazaken dans le Tanya, en donnant de la Tsédaka, on apporte, en outre, l’élévation au reste de ce que l’on possède. Et, il précise encore, dans Igueret Hakodech, que grâce à cette Mitsva, on obtient l’opulence matérielle, la santé et la satisfaction de tous les besoins physiques de l’homme.

Mon beau-père, le Rabbi, a dit qu’un homme est en bonne santé lorsqu’il ne ressent pas les membres de son corps. Car, dès lors qu’il commence à sentir sa tête ou son corps, il sait que ceux-ci ne vont pas bien. Et, de fait, le verset Mela’him 2, 4, 19 fait allusion à tout cela : Il dit à son père : j’ai mal à la tête, j’ai mal à la tête.

On peut en déduire également à quel point l’orgueil est méprisable. Celui-ci conduit à une forte conscience de ses propres qualités, même si celles-ci sont réelles. En fait, le fait de ressentir ses propres qualités n’est pas bon(3). A l’opposé, celui qui ne cherche pas à en avoir conscience est spirituellement sain.

Il en est de même pour la santé physique. Il ne faut pas y penser. Bien sûr, il faut la préserver et se conformer aux prescriptions des médecins, mais l’on ne doit pas s’en faire une préoccupation. Dieu dirige le grand monde et Il peut donc en faire de même pour le petit monde qu’est l’homme. Il lui accordera la santé et lui, en retour, mettra en pratique les termes du verset : Vous êtes attachés à l’Eternel, votre Dieu grâce à la Torah et aux Mitsvot.

Lorsque l’on médite à tout cela, on est effectivement en bonne santé et l’on se délivre des tracas. On connaît ainsi une grande réussite, non seulement dans les préoccupations spirituelles, mais aussi dans les domaines matériels, comme celui des affaires.

J’espère avoir de vos bonnes nouvelles, apprendre que vous vous en remettez à Dieu pour ce qui concerne votre santé, que vous vous souciez seulement de la Torah et des Mitsvot, pour vous-même et pour tout votre entourage.

Je vous adresse ma bénédiction pour une bonne santé, pour le bien matériel et spirituel. Et, j’attends de vos bonnes nouvelles.

Notes

(1) Voir, à son propos, les lettres n°1287 à 1289. (2) De collecter des fonds, en Afrique du sud, pour le centre des Yechivot Loubavitch. (3) Tout comme le fait de ressentir un membre du corps prouve que celui-ci n’est pas en bonne santé.

Lettre n°1369

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1369, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5712,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Il est sûrement inutile de préciser à quelqu’un comme vous qu’il est nécessaire, pour recevoir les bénédictions célestes, de forger, ici-bas, de larges réceptacles. Et, lorsque quelqu’un est lié à la Torah, celle-ci constitue elle-même ces réceptacles, car elle est plus longue que la terre et plus large que la mère.

Néanmoins, comme le soulignent nos Sages, au traité Chabbat 31a, une mesure de terre salée doit lui être mêlée(1), pour que cette Torah se préserve. Le traité Yoma 72b précise

qu’un effort est nécessaire pour que la Torah soit un élixir de vie(2).

De nos jours, tout cela est possible grâce à l’étude de la ‘Hassidout, enseignement profond de la Torah, grâce à la prière fervente et à la lecture des Tehilim. Nos Sages soulignent, au traité Erouvin 65a, que l’étude de la Torah exige un esprit clair. Il est inutile d’en dire plus.

Avec ma bénédiction pour que vous me donniez bientôt de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le traité Chabbat dit que cette terre salée, mélangée au blé, l’empêche de se gâter. (2) Elle n’a donc pas ce caractère naturellement et, pour celui qui en fait un mauvais usage, elle peut même être un poison mortel.

Lettre n°1370

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1370, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5712,

Brooklyn, New York,

Que connaisse la paix cet homme important, pilier de

la Torah, colonne de lumière, l’un de ceux qui connaissent

l’élévation, qui dépasse tous les autres, porte une grande

couronne d’or, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

Rabbi Israël Abou’hatsera(1), auparavant grand Rabbin de la

communauté d’Arfoud et de sa région(2), actuellement en

Erets Israël,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de votre installation en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée par notre juste Machia’h, très prochainement, Amen, que telle soit Sa Volonté, je souhaite que votre arrivée soit bénie par Dieu.

Dieu guide les pas de l’homme et Il vous a accordé le mérite de vous rendre en notre Terre Sainte. Assurément, la Providence divine vous a confié là une mission particulière. Vous devez insuffler la vitalité à nos frères, les Sefardim, les renforcer dans la Torah et les Mitsvot, en général, guider leurs enfants, en particulier, pour qu’ils ne se détournent pas, ne tombent pas dans le piège d’une éducation sans valeurs, ce qu’à Dieu ne plaise.

Vous devez garder sur eux un œil vigilant. Tous les garçons et les filles, sans exception, doivent être éduqués à la Torah et aux Mitsvot, avec crainte de Dieu et selon la tradition de nos saints maîtres, dans des écoles pénétrées de sainteté.

Grâce à vos efforts et à votre abnégation pour mener à bien cette mission, Dieu vous accordera de longs jours, de bonnes et agréables années. L’âge augmentera votre sagesse et vos forces. Et, vous connaîtrez le succès dans votre grande œuvre, qui a pour objet de grandir et de renforcer la Torah, de même que dans vos préoccupations personnelles, morales et physiques, avec la plus grande largesse.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Baba Salé. Voir, à son propos, la lettre n°1499. (2) Au Maroc.

Lettre n°1371

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1371, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Tévet 5712,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu les chèques pour le Ma’hané Israël, que vous avez laissés ici avant votre départ, afin de ne pas déroger à votre bonne habitude.

La participation à l’activité large et variée de Ma’hané Israël est un acte de Tsédaka. Or, celui qui multiplie de tels actes est digne d’éloge. Par ailleurs, vous avez également le mérite de ne pas diminuer le montant de votre participation à la Tsédaka, par rapport à votre habitude. Il est inutile de souligner l’importance d’une telle pratique.

J’apprécie tout particulièrement votre bonne action en sachant l’épreuve qu’elle a dû constituer pour vous, de la manière dont vous considérez votre situation actuelle.

Plus l’épreuve est forte et plus l’on doit se maîtriser, afin de la surmonter. Une telle manière d’agir est une grande Mitsva. Elle permet, en outre, d’affiner et d’élever sa propre personnalité. Cette manière de rejeter le mal est très chère à Dieu. Elle suscite d’immenses canaux, véhiculant la bénédiction et la réussite, matérielle et spirituelle à la fois.

Avec ma bénédiction pour que vous puissiez m’annoncer bientôt que vous réalisez de bonnes affaires,

Lettre n°1372

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1372, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5712,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous joins une lettre(2), adressée à tous, qui est destinée à quelques élèves(3). En effet, le temps ne me permet pas de répondre personnellement à chacun. Vous voudrez donc bien la leur lire, en leur précisant, au préalable, qu’ils doivent la considérer comme une réponse personnelle, à chacun de ceux qui m’ont posé cette question.

Bien évidemment, si vous pensez qu’une explication est nécessaire, je m’en remets à votre jugement pour l’exprimer dans les termes qui conviendront le mieux.

Avec ma bénédiction,

N. B. : Concernant le labourage et la plantation, vous consulterez le Likouteï Torah Bechala’h, au début du quatrième chapitre du discours intitulé Voyez et les références qui y sont citées, le Likouteï Torah Chir Hachirim, page 38b, la séquence de discours ‘hassidiques Maïm Rabim 5638(4), à partir du chapitre 98 et de nombreux autres textes.

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov, de Brunoy, France. Voir, à son propos, la lettre n°1252. (2) Il s’agit de la lettre suivante. Voir aussi la lettre n°1367. (3) De la Yechiva de Brunoy. (4) 1878, du Rabbi Maharach.

Lettre n°1373

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1373, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5712,

Brooklyn,

Aux élèves de la Yechiva Loubavitch de Paris,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à la question posée par plusieurs élèves(1).

Vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel le terme de bénédiction est à rapprocher de l’expression pluies de bénédiction(2). La pluie est utile uniquement lorsqu’elle tombe sur un champ labouré et planté. Et, il en est de même pour la bénédiction. Celui qui la reçoit doit aussi labourer et planter. Néanmoins, en la matière, on peut semer d’une manière relativement limitée et, malgré cela, récolter une bénédiction et une réussite immenses et considérables.

Pour les érudits de la Torah et les élèves de la Yechiva, le labourage consiste à respecter scrupuleusement les temps d’étude, même si cela a parfois pour conséquence de restreindre le sommeil ou l’alimentation. Il faut, avant tout, rejeter la paresse, le manque d’empressement et d’ardeur.

La plantation est le fait d’étudier avec diligence et fougue. Et, lorsque l’on a réalisé une telle préparation, on obtient la bénédiction, la réussite et toutes les formes de la compréhension.

Lorsque je me trouverais près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je mentionnerai vos noms, pour que vous connaissiez la réussite dans l’étude de la Torah, pénétrée de la crainte de Dieu qui convient. Vous-mêmes, vous mettrez sûrement en pratique ce qui vient d’être dit.

Vous lisez sans doute des Tehilim chaque jour, selon leur répartition mensuelle et vous étudiez, chaque jour également, au moins quelques versets de la Paracha de la semaine.

Avec ma bénédiction pour que votre étude de la Torah soit pénétrée de crainte de Dieu et fructueuse,

Notes

(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1367, 1372 et 1449. (2) Suggérant que la bénédiction peut être comparée à la pluie.

Lettre n°1374

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1374, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous évoquez ces pensées qui vous troublent. Vous devez les oublier complètement. Il vous faut apprendre par cœur quelques passages de Torah, que vous aurez préparés(1). Sans doute connaissez-vous par cœur également des chapitres du Tanya et des discours ‘hassidiques.

Vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi, qu’il rapporte au nom de plusieurs de nos maîtres. Lorsque l’on se plaignait, devant eux, d’avoir de mauvaises pensées, ils répondaient : On peut s’engouffrer dans ce qui est vide. En conséquence, lorsque le cerveau est empli des mots de la Torah et de la prière que l’on connaît par cœur, ceux-ci restent gravés dans l’esprit, même lorsque l’on n’y pense pas, comme l’explique le Likouteï Torah, au discours tu honoreras l’ancien.

Ainsi, lorsqu’il ne s’agit pas d’un endroit vide(2), il est plus difficile d’y pénétrer. Si parfois, elles(3) le font tout de même, il est plus aisé de les en chasser.

Avec ma bénédiction pour connaître la réussite et étudier la Torah avec crainte de Dieu,

Notes

(1) Pour se concentrer sur eux quand les mauvaises pensées se présentent. (2) Le cerveau. (3) Les mauvaises pensées.

Lettre n°1375

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1375, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tévet 5712,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 14 Tévet, dans laquelle vous me parlez de votre enseignement de la ‘Hassidout et des réunions ‘hassidiques que vous avez organisées, ces jours-ci. Je vous remercie beaucoup de m’avoir communiqué ces bonnes nouvelles. En tout temps, on a faim et soif de les recevoir et il n’est de bon que la Torah et les Mitsvot. Mais, combien plus est-ce le cas à l’époque actuelle, surtout lorsque ces nouvelles concernent des endroits éloignés, par l’esprit bien sûr, car l’éloignement géographique n’intervient pas, en la matière, même s’il est parfois à l’origine de l’éloignement moral.

Bien évidemment, cela ne veut pas dire que tout soit systématiquement bien fait. Ce n’est malheureusement pas le cas, en l’occurrence. Et, je vous ai déjà dit plusieurs fois que l’une de vos missions principales avait été définie par mon beau-père, le Rabbi, dans les termes suivants : Un bon professeur ne se contente pas d’enseigner aux élèves. Il les conduit, en outre, à acquérir leur autonomie dans l’étude. Sa réussite ne peut être appréciée uniquement auprès de l’élève consciencieux et appliqué à

son étude. Son efficacité doit être également établie chez celui qui est de nature paresseuse, qui n’a que des moyens limités.

Or, il en est de même pour ce qui vous concerne. Votre mission essentielle consiste à former des Juifs pratiquants, des ‘Hassidim, à faire qu’au final, ce mouvement s’étende au monde entier. Pour cela, vous ne pouvez pas vous contenter d’enseigner la ‘Hassidout que vos auditeurs sont habitués à entendre, puis de leur demander une participation pour les institutions. Il faut réveiller en eux le désir de vouloir tout cela et surtout de construire, autour de vous, un environnement ‘hassidique. Pour cela, vous devez réunir quelques jeunes ‘Hassidim.

C’est pour cela que je vous ai demandé, à de très nombreuses reprises, de vous renseigner sur les moyens que pourraient avoir des ‘Hassidim de gagner leur vie, dans votre ville. Il s’agit de ‘Hassidim que vous connaissez. Vous êtes familiers de leur nature et vous êtes au fait de leurs besoins. Malheureusement, rien de tout cela n’a été fait.

Bien plus, je vous soupçonne de considérer votre arrivée et votre installation sur place comme un départ en exil. Chaque jour, vous attendez avec impatience de pouvoir vous libérer de cet exil et de vous installer, en un moment bon et fructueux, à Brooklyn ou à Williamsburgh. Il est, bien entendu, impossible que de telles pensées n’affectent pas votre travail, ne fassent pas obstacle au plein accomplissement de votre mission.

Par ailleurs, il est clair qu’en pareil cas, vous ne vous investissez pas profondément. Dans le Torat Chalom, à la page 41, le Rabbi Rachab dit : On se trouve là par soumission, mais l’on voudrait être ailleurs, partir. Certes, on est actif, de cette manière, mais pourquoi ne pas le faire avec vérité ? On doit être réellement là où l’on se trouve. C’est ensuite seulement que l’on pourra se rendre dans un autre endroit. Tant que l’on agit ici, on doit se trouver ici. C’est de cette façon que l’action est vraie. Vous consulterez le long développement de ce texte.

Combien plus en est-il ainsi pour ce qui nous concerne. Votre mission actuelle a un caractère essentiel. Nos Sages montrent l’importance de séparer le grain de l’ivraie. Nous venons de voir que l’on doit être réellement là où l’on se trouve. Si c’est le cas, vous devriez faire venir sur place d’autres ‘Hassidim. Ainsi, vous ne serez plus seul. Or, vous cherchez actuellement le contraire. Vous espérez qu’en restant seul, on aura enfin pitié de vous et l’on vous libérera de cet exil.

Avec ma bénédiction de réussite, dans vos préoccupations communautaires et personnelles,

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