Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°1312
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1312, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Kislev 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du dimanche de la Parchat Toledot, dans laquelle vous me décrivez votre situation et votre comportement. Et, vous me demandez mon avis, à ce propos.
Il ne me semble pas bon que vous étudiez toujours seul, que vous priez seul. Vous vous justifiez en disant que vous ne pouvez apprendre ou prier lentement avec personne. Mais, réfléchissez donc ! Vous et votre beau-père habitez là depuis longtemps. Durant tous ces mois, toutes ces années, n’était-il pas possible de conduire quelques personnes à adopter les pratiques ‘hassidiques et à étudier la ‘Hassidout ?
Bien plus, mon beau-père, le Rabbi, donne l’assurance qu’un effort n’est jamais vain. Et, même à propos de celui qui peut dire, à juste titre, sur son propre compte : je dors, le verset porte témoignage que mon cœur est en éveil. Combien plus est-ce le cas pour l’enseignement et les pratiques de la ‘Hassidout, qui est le luminaire. Celui-ci attire donc naturellement les parcelles de Sainteté(1). Il suffit pour cela d’approcher le luminaire de ces parcelles.
Tout dépend donc de l’homme qui a déjà connaissance du luminaire ou, tout au moins, qui est lié à lui. Il lui appartient de rapprocher ces parcelles, où qu’elles se trouvent.
Comme vous le savez, mon beau-père, le Rabbi a longuement décrit la situation d’un ‘Hassid(2) du Rabbi Maharach qui se trouva repoussé dans un coin reculé. Il en exprima son insatisfaction devant le Rabbi et lui dit qu’il était impossible, là-bas, de rapprocher quiconque du Judaïsme. Le Rabbi Maharach lui répondit que, s’il s’agissait uniquement d’assurer sa subsistance matérielle, Dieu aurait pu l’envoyer dans un endroit où se trouvent des Juifs pratiquants. S’il avait été conduit dans une ville où il se sentait seul, c’était précisément pour exercer une influence positive sur son entourage, afin que, peu à peu, celui-ci adopte un bon comportement.
Il en est donc de même pour vous et votre beau-père. Vous vous trouvez dans une ville où résident beaucoup de Juifs pratiquants. Parmi eux, il y en a plusieurs qui sont issus de familles ‘hassidiques. Or, nos Sages font remarquer que, lorsque l’on décoche une flèche en l’air, elle retombe sur sa pointe. Pour autant, il faut bien la lancer et, si vous le faites, vous connaîtrez la réussite, comme nos maîtres en donnent l’assurance.
En vous saluant et avec ma bénédiction,
Notes
(1) Investies dans la matière du monde. (2) Voir les lettres du précédent Rabbi, tome 7, lettre n°1883.
Lettre n°1313
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1313, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 26 Kislev 5712, Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Mena’hem Man(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre, dans laquelle vous me dites qu’une réunion ‘hassidique a eu lieu, le 19 Kislev, de même qu’une conclusion de la Michna. Vous avez chanté la mélodie de l’Admour Hazaken et vous avez répété des commentaires de la ‘Hassidout.
Il serait bon que de telles réunions aient lieu, le plus souvent possible, en particulier pendant le Chabbat qui bénit le mois et les jours de fête. En effet, lorsque des ‘Hassidim se rassemblent, ils répètent des explications de la Torah, des récits des Justes, qui sont les fondements du monde. Or, ces propos de nos Sages et ces histoires des Justes rafraîchissent l’âme divine, lui apportent la force nécessaire pour mettre en pratique la mission qui lui est confiée, celle d’affiner le corps, l’âme animale et la part du monde qui lui est impartie.
La Mitsva de ‘Hanouka consiste à allumer des bougies, dès lors qu’il commence à faire sombre. De plus, on augmente, d’une nuit à l’autre, la clarté de ces bougies. Il en découle une leçon sur la manière de considérer l’obscurité de l’exil. Chaque Juif reçoit la force de l’illuminer et, de temps à autre, d’y ajouter de la clarté, car, disent nos Sages, on s’élève dans la Sainteté(2).
Je vous prie de transmettre mon salut à tous ceux qui ont pris part à la réunion ‘hassidique du 19 Kislev. A titre de participation à la prochaine réunion, je vous adresse, symboliquement, cinq dollars, que vous utiliserez pour acheter ce qui sera utile pour qu’elle puisse se tenir, comme de l’eau de vie et de la nourriture.
Avec ma bénédiction de bonne santé et en saluant tous ceux qui participent à cette réunion,
Notes
(1) Le Rav M.M. Swet. (2) Voir la lettre n°1308.
Lettre n°1314
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1314, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Kislev 5712,
Brooklyn
Je vous bénis et vous salue,
Je voudrais évoquer avec vous l’importance de ce que vous écrivez vous-même et vous en montrer l’importance, c’est-à-dire établir le caractère primordial du mariage. Vous affirmez ne trouver personne que vous soyez susceptible d’épouser.
J’ai, néanmoins, bon espoir qu’en adoptant une optique juste pour considérer les prétendants que vous rencontrez, vous pourrez, avec l’aide de Dieu, trouver celui qui convient, matériellement et spirituellement.
Il faut toujours garder présent à l’esprit qu’en ce bas monde, rien n’est parfait et il en est de même pour les hommes. Aucun ne peut posséder toutes les qualités et il ne faut donc pas imaginer pouvoir trouver une telle personne, comme on pourrait l’espérer.
Dès lors qu’aucun homme ne peut cumuler toutes les qualités, il est clair que l’on possède soi-même des défauts, mais on les considère avec indulgence. Il faut donc méditer à tout cela. Dans certains domaines, on doit même, jusqu'à un certain point, faire des concessions, en émettant le voeu qu’avec le temps, une partie de ces défauts, réels ou imaginaires, s’améliorent et se dissipent.
Si vous considérez le mariage de cette façon, votre choix sera considérablement simplifié et vous envisagerez la question de votre mariage d’une manière beaucoup plus sereine.
Je voudrais également vous faire remarquer qu’il est impossible de se faire une représentation exacte de ce que seront deux personnes, après leur mariage. En effet, il s’agit d’un événement majeur de leur vie, qui la transforme complètement. Or, on ne peut pas anticiper ces changements. Cela signifie que, lorsqu’il s’agit d’un mariage, on n’a pas pleinement le choix et qu’il faut s’en remettre à Dieu, Qui conduira le couple vers le bonheur et le bien.
Et, l’on peut concrètement vérifier que l’on adopte, en général, une telle attitude, que l’on connaît ensuite le bonheur, jusqu'à cent vingt ans.
Il en va de même, dans votre cas. Vous ne pouvez prétendre vérifier d’emblée, pour chaque parti qui vous est proposé, ce qu’il sera très exactement après le mariage. Sur ce point, il faut s’en remettre à Dieu, Qui peut diriger le grand monde et donc en faire de même, en particulier, pour le petit monde que chacun constitue, afin d’obtenir le bien matériel et spirituel à la fois.
J’espère que vous lirez la présente lettre une fois, puis une seconde, que vous méditerez à ce que je vous écris. L’idée essentielle que je voudrais vous communiquer est la suivante. A partir d’aujourd’hui, vous devez perdre l’idée que vous pouvez constater d’emblée que le parti qui vous est proposé ne vous convient pas. Bien au contraire, il faut vous dire que Dieu vous fait assurément rencontrer quelqu’un qui vous convient. Celui-ci peut être l’homme qui est destiné à être votre mari.
Il faut donc s’interroger et savoir exactement de quoi il s’agit. Je souhaite que vous trouviez bientôt quelqu’un qui vous convienne, matériellement et spirituellement, que vous bâtissiez un foyer juif, basé sur la Torah et les Mitsvot.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Vous pouvez m’écrire dans la langue que vous manipulez le plus aisément, en russe, en Yiddish ou en français.
Lettre n°1315
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1315, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Kislev 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans lequel vous me faites part de l’état de santé de votre épouse. Puisse Dieu faire que sa grossesse se passe bien, que la naissance intervienne en son temps et facilement. Elle se conforme sûrement aux prescriptions des médecins.
Je vous propose(1) de dire chaque jour, sans en faire état publiquement, dans le Chema Israël du coucher, avant la bénédiction Hamapil, le Psaume Lamenatséa’h(2). Après l’avoir récité, vous relirez encore une fois le verset Yeane’ha(3) et, par la pensée, vous demanderez que Dieu le considère comme si vous aviez eu à l’esprit tout ce à quoi l’on doit méditer, en pareil cas.
Vous respecterez tout cela, sans en faire le voeu, jusqu'après la naissance, en un moment bon et fructueux. De même, vous ferez vérifier les Mezouzot de votre maison et votre épouse donnera de la Tsédaka, sans en faire le voeu, pour le fonds de Rabbi Meïr Baal Haness(4), à la veille du Chabbat, avant d’allumer les bougies.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°928, 1176, 1208 et 1422. (2) Le Psaume 20. (3) Le verset 2 de ce Psaume 20. (4) Celui du Collel ‘Habad.
Lettre n°1316
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1316, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Kislev 5712,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav David Nathan(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été heureux de recevoir votre cadeau, des bougies de cire pour ‘Hanouka. Me basant sur ce que je vous ai dit il y a quelques temps, et d’après l’affirmation du Zohar, tome 2, page 128b, selon laquelle un Juif doit payer pour accomplir une Mitsva, je vous adresse un chèque. Vous l’utiliserez en bonne santé, pour acquérir ce que vous voulez, de manière positive.
J’envisagerai également un point qui est d’actualité.
Le miracle de ‘Hanouka fut la victoire au combat. Pourquoi fallut-il, en outre, que se produise celui de la fiole d’huile ? De plus, s’il restait une fiole pure, pourquoi celle-ci ne pouvait-elle contenir la quantité nécessaire pour brûler le temps qu’il faut pour fabriquer de l’huile pure ? Et, pourquoi faire un miracle au sein d’un autre miracle, puisque l’on trouva cette fiole, d’une part et qu’un peu d’huile suffit pour huit jours, d’autre part ?
En se basant sur les propos des derniers Sages(2), on peut peut-être considérer que la Torah aurait permis un allumage avec de l’huile impure, ou bien parce qu’il s’agit d’un sacrifice public, ou encore parce qu’un liquide appartenant au Temple ne peut contracter l’impureté. Néanmoins, par leur effort, les Juifs transcendèrent alors la raison et firent don de leur propre personne. Dieu fit alors la preuve de Son amour pour eux et, bien qu’il ait été permis d’allumer avec de l’huile impure, un miracle transcendant la raison leur permit de trouver une fiole d’huile pure.
Il est deux manières de faire don de soi. La ‘Hassidout définit le sacrifice de Rabbi Akiva, qui dit : Quand me sera-t-il donné de le faire ?. Une telle démarche, certes, dépasse la raison. Elle procure, néanmoins, un plaisir. Le sacrifice de notre père Avraham, par contre, est plus élevé. Celui-ci assuma la mission qui lui était confiée et il invoqua là-bas le Nom de l’Eternel, Dieu du monde, verset dans lequel il ne faut pas lire il invoqua, mais il fit invoquer. Puis, s’il fallait, pour cela, faire don de lui-même, il n’y faisait pas obstacle. Il ne se sacrifia donc pas parce que cela lui était précieux et agréable, mais parce qu’il fallait agir de la sorte, car il n’y avait pas d’autre moyen d’assumer sa mission, dans le monde.
A ‘Hanouka, il en fut de même et les Juifs firent don d’eux-mêmes pour ne pas oublier Ta Torah et les Décrets de Ta Volonté. S’ils devaient offrir leur vie, ils étaient prêts pour cela, mais ils n’éprouvaient pas de plaisir particulier à le faire.
C’est pour cela qu’on leur fit un miracle au sein d’un autre. Car, la découverte de la fiole d’huile fut miraculeuse. Mais, un autre miracle se produisit, en outre. Celle-ci aurait dû brûler une seule nuit. Or, elle le fit pendant huit jours, afin que l’on utilise uniquement de l’huile pure.
On sait que les Juifs sont comparés à de l’huile, car, comme celle-ci, ils ne se mélangent pas aux autres liquides, selon le Midrach Rabba, au début de la Parchat Tetsavé. C’est pour cela qu’il est possible d’accomplir la Mitsva de ‘Hanouka, de façon ordinaire, de façon meilleure et de la façon la meilleure, ce qui correspond à la partie révélée de la Torah, à ses secrets et aux secrets de ses secrets(3).
Que Dieu fasse que disparaissent bientôt les pas des Tarmodes(4), anagramme de Moredet, la révolte. Vous ajouterez, vous avancerez, vous progresserez dans le domaine de la Sainteté, depuis le coucher du soleil, dans l’obscurité de la nuit, de sorte que la nuit éclaire comme le jour.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav D.N. Lesser. Voir, à son propos, la lettre n°891. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1308 et la lettre suivante. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1308. (4) Symbolisant ceux qui se révoltent contre Dieu, dans le monde.
Lettre n°1317
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1317, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Kislev 5712,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Efraïm Eliézer Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie pour votre lettre du 21 Kislev. J’ai été satisfait d’apprendre que vous avez commencé l’étude de la ‘Hassidout avec le Sidour. Puisse Dieu faire que vous connaissiez également la réussite dans le temps, comme le montre la Mitsva des lumières de ‘Hanouka, que l’on peut accomplir de façon ordinaire, de façon meilleure ou de la façon la meilleure(2).
Ceci peut être comparé au miracle lui-même qui, selon l’avis de plusieurs Sages des dernières générations, aurait pu être allumé avec de l’huile impure, s’agissant d’un sacrifice publique. Le Juste et grand Rav d’Ostrovtsa(3) le discute longuement, comme à son habitude, dans son livre qui vient d’être imprimé(4).
Mais, un miracle, correspondant à la façon meilleure, se produisit et l’on trouva la fiole d’huile. Un second miracle eut lieu, introduisant la façon la meilleure, et cette quantité d’huile brûla pendant huit jours, tout comme la harpe, dans le monde futur, aura huit cordes. Or, tout le peuple adopte la façon la meilleure d’accomplir la Mitsva.
J’attends de vos bonnes nouvelles, concernant les actions positives menées dans le domaine de l’éducation, qui est lié à ‘Hanouka. Son caractère vertueux est symbolisé par le fait que la fiole portait le sceau du Grand Prêtre.
N. B. : J’ai bien reçu votre lettre datée de la quatrième bougie. Je vous remercie d’avoir noté vos souvenirs des jours lumineux et de ce que vous vous rappelez de vos ancêtres.
Jeudi dernier, alors que je me trouvais près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’ai mentionné votre nom, pour la satisfaction de tous vos besoins. Je vous en préviens donc, conformément à l’enseignement de nos Sages, selon lequel celui qui donne(5)... doit le lui faire savoir.
Lorsque vous m’avez rapporté ce que dit le Ramban sur le fait de voir le visage du Juste, il me semble vous avoir répondu que j’avais vu cela dans un certain livre. Je l’ai effectivement trouvé dans le Vayossef Avraham, du Rav Lipchits, paru à Munkatch, en 5691(6), au paragraphe 34. Il y est précisé que ceci est évoqué également dans le Divreï Torah, tome 1, paragraphe 27, du Rabbi de Munkatch.
Je vous joins le compte rendu de ce qui a été dit devant les élèves, au cinquième soir de ‘Hanouka.
Vous me dites que vous vous souvenez qu’il prenait le Chamach(7) des mains de son petit-fils, après avoir récité la bénédiction. On peut s’interroger, à ce propos, si l’on considère le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 167, paragraphe 3.
Notes
(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son propos, les lettres n°906, 1376, 1414 et 1509. (2) Voir la lettre précédente. (3) Rabbi Meïr Ye’hyel Holtschtok, d’Ostrovtsa. (4) Meïr Eïneï ‘Ha’hamim, édition de New York 5710, tome 1, chapitre 44. (5) Un cadeau à son ami. (6) 1931. (7) La lumière de ‘Hanouka servant à allumer toutes les autres.
Lettre n°1318
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1318, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Kislev 5712,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham ‘Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres, en leur temps et j’y fais réponse.
Dans votre lettre du 7 Mar’Hechvan, vous me posez la question suivante. Lorsque le Roch ‘Hodech Elloul est un Chabbat et un dimanche, on dit, pendant le Chabbat, la Haftara Hachamaïm Kisseï(2). Faut-il, en outre, lire deux versets de la Haftara Ma’har ‘Hodech(3)? Vous émettez, dans votre lettre, l’avis qu’il ne faut pas le faire, écartant ainsi complètement cette Haftara de Ma’har ‘Hodech. C’est effectivement cette position que vous avez retenue dans votre livre, le Ketsot Hachoul’han, au paragraphe 3.
A) Nous avons eu le mérite de recevoir, en la matière, un enseignement de mon beau-père, le Rabbi, qui est imprimé dans le Sidour Torah Or, édité en 5701(4). Lorsque le Chabbat Parchat Ha’hodech est un Roch ‘Hodech(5) ou une veille de Roch ‘Hodech, on doit dire, après la Haftara de Parchat Ha’hodech, également le premier et le dernier versets de celle de Chabbat Roch ‘Hodech(6) ou de Ma’har ‘Hodech.
Ainsi, il est clairement établi que ces versets peuvent même être récités, en l’absence d’un avis considérant que la Haftara dont ils sont extraits doit être lue. En effet, tous s’accordent pour dire qu’on ne lit pas la Haftara Ma’har ‘Hodech, pendant le Chabbat Parchat Ha’hodech. Malgré cela, on lit bien le premier et le dernier versets de ce texte.
Il en est donc de même pour le Roch ‘Hodech Elloul, qui est un Chabbat et un dimanche. On doit alors lire les versets de la Haftara Ma’har ‘Hodech. Ceci a également une incidence sur le prochain Chabbat, celui de ‘Hanouka, lorsque Roch ‘Hodech Tévet est le Chabbat et le dimanche. A mon sens(7), en fonction de ce qui vient d’être dit, on doit lire, après la Haftara du Chabbat ‘Hanouka, le premier et le dernier versets de la Haftara de Roch ‘Hodech(6) et également ceux de Ma’har ‘Hodech.
On récitera d’abord le verset Hachamaïm Kisseï, plus important que la Haftara de Ma’har ‘Hodech et qui intervient, en outre, le premier, dans le temps, bien que le second jour de Roch ‘Hodech soit le plus central.
B) Vous dites qu’il vous semble nécessaire de faire précéder le Hatarat Nedarim(8) d’un Yehi Ratson et vous écrivez que telle est notre pratique(9).
Les coutumes imprimées dans le fascicule ont été explicitement enseignées par mon beau-père, le Rabbi et il m’a clairement dit qu’il n’y avait pas lieu de réciter ce Yehi Ratson. Son père, le Rabbi Rachab, avait la même position, comme cela est imprimé dans le Sidour Tehilat Hachem, édité à Rostov, en 5678(10), qui introduit le texte par Chimeou Na Rabotaï, Hakol Ihyou Moutarim, Hareï Ani Mosser Modaa, Koulam Ihyou Moutarim(11).
C) Concernant celui qui indique les sonneries du Choffar(12), vous dites qu’il se contente de désigner du doigt(13) uniquement lorsque c’est le Rabbi qui le sonne.
Vous savez sans doute que, pendant de nombreuses années, le Rabbi Rachab ne sonnait pas lui-même, mais indiquait les sonneries à celui qui devait le faire. Il en fut de même pour mon beau-père, le Rabbi, pendant les dernières années. Or, l’un et l’autre désignèrent du doigt et n’annoncèrent rien à voix haute.
D) Je vous ai interrogé sur la manière de réciter les Seli’hot pendant le jeûne de Guedalya(14). Je voulais savoir quels paragraphes il fallait réciter, combien de fois il fallait intercaler le Kel Méle’h, car il est bien clair que l’on n’adopte pas l’ordre figurant dans les Seli’hot.
Cet ordre a été imprimé, selon les instructions de mon beau-père, le Rabbi, dans le Sidour Torah Or, précédemment cité. Or, on ne dit pas plus de trois fois les treize Attributs de Miséricorde divine, en dehors de Motsaeï Menou’ha(15) et la veille de Roch Hachana.
Nous avons coutume de ne pas lire les Seli’hot, pendant les dix jours de Techouva, à l’exception du jeûne de Guedalya et, dans ce dernier cas, on le fait en tant que jeûne public. Il faut donc dire Kel Méle’h trois fois, comme à chaque jeûne. Le Sidour Lawut le précise.
En conséquence, il est nécessaire de déterminer quels sont les paragraphes qu’il faut omettre. Peut-être les ‘Hassidim âgés de Terre Sainte ont-ils reçu une tradition, en la matière. Je vous remercie d’avance de bien vouloir me renseigner sur ce point.
E) En plus du temps de A’hilat Prass(16) qui est défini dans les notes, à la fin des Rechimot sur E’ha, page 61, notes 2 et 3, je viens de trouver les mesures suivantes dans le Vayaass Avraham, du Rabbi de Tché’honov, à la page 456 :
Cinq minutes un tiers, deux minutes deux tiers ou deux minutes.
F) J’ai eu l’occasion de prendre connaissance de ce que vous avez écrit, dans la livraison de la veille de Soukkot du Hamodya. Il est vrai que chacun peut commenter la Torah comme il l’entend. Néanmoins, vous exprimez votre surprise du fait qu’il n’y ait pas de Hala’ha dans le chapitre 625 du Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm.
A ceci on peut répondre que : 1. il en est de même pour le chapitre 430. 2. la Hala’ha présentée par le chapitre 625 est, de façon générale, celle de résider dans la Soukka. Néanmoins, elle est introduite dans les termes du verset.
Ceci permet d’interpréter le début du chapitre 639 : Comment mettre en pratique la Mitsva de la Soukka ?. En effet, le Choul’han Arou’h aurait dû citer également les mots afin que sachent(17), qui introduisent également une Hala’ha, puisqu’à priori, il faut avoir la conscience d’être assis dans une Soukka, comme l’expliquent longuement le Baït ‘Hadach, le Peri Megadim et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken. Concrètement, cette nécessité de conscience, qui est essentielle, ne serait pas mentionnée dans le Choul’han Arou’h, comme vous l’avancez dans le Hamodya, si l’on n’accepte pas cette explication.
Néanmoins, l’imprimeur, dont les connaissances étaient imparfaites, voulut, de ce fait, réduire son effort en abrégeant la citation du verset. Il omit donc les mots afin que vos générations sachent. Il y a une forte présomption qu’il en est bien ainsi et qu’il faut rajouter au Choul’han Arou’h les mots afin que sachent, puisque ceux-ci figurent dans le Tour et dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, qui, par ailleurs, ne citent pas l’intégralité du verset.
Je vous salue, de même que votre Torah et je vous adresse ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.H. Naé, de Jérusalem. Voir, à son propos, les lettres n°987 et 1434. (2) Celle du Chabbat Roch ‘Hodech. (3) Celle du Chabbat, veille de Roch ‘Hodech. (4) 1941. (5) Adar. (6) Hachamaïm Kisseï. (7) Le Rav Naé modifia le calendrier du Collel ‘Habad, en conséquence. (8) Cérémonie permettant de se délier des voeux que l’on a fait pendant l’année, à la veille de Roch Hachana. (9) Voir, à ce propos, la lettre n°1434. (10) 1918. (11) C’est-à-dire la Hatarat Nedarim proprement dite, sans Yehi Ratson. (12) A Roch Hachana, guidant celui qui le sonne. (13) Et n’annonce pas à haute voix quelle sonnerie doit suivre. (14) Voir le Séfer Haminhaguim, page 52. (15) La première Seli’ha, à l’issue du Chabbat. (16) Le temps maximal accordé pour accomplir certaines Mitsvot, par exemple la consommation de la Matsa, le soir du Séder. (17) Vos générations que J’ai fait résider les enfants d’Israël dans des Soukkot lorsque Je leur ai fait quitter l’Egypte, verset qui définit cette Mitsva et la conscience qui est nécessaire, pendant que l’on se trouve dans la Soukka.
Lettre n°1319
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1319, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
‘Hanouka, cinquième lumière, 5712,
Brooklyn, New York,
A nos frères, les enfants d’Israël,
qui chérissent la Torah et les Mitsvot,
en notre Terre Sainte et en tout endroit,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Le sanctuaire de la Torah qu’est la Yechiva Torat Emet, se trouvant à Jérusalem, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée, est bien connu parmi nos frères, les enfants d’Israël.
Elle a été fondée, il y a quarante ans, par le Rabbi Rachab et, depuis lors, elle a été placée sous son autorité, puis sous celle de mon beau-père, le Rabbi. L’un et l’autre ont multiplié les efforts pour venir en aide à la Yechiva et assurer son développement.
Dernièrement, du fait de l’immigration en Terre Sainte, et malgré sa situation financière particulièrement difficile, la Yechiva s’est élargie et elle s’est efforcée d’accueillir des élèves parmi la jeunesse immigrante qui, de la sorte, peut réaliser concrètement son désir de vivre dans la tente de la Torah, pénétrée de crainte de Dieu, s’attacher à l’Eternel notre Dieu, grâce aux Paroles du Dieu de vie.
Bien évidemment, cette action a considérablement augmenté les dépenses et la Yechiva se trouve maintenant dans une situation matérielle sérieuse et critique.
Je lance donc, par la présente, un appel à tous ceux qui chérissent la Torah et les Mitsvot, partout où ils se trouvent.
Aidez largement et d’une main généreuse la Yechiva Torat Emet, de Jérusalem, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée.
Accordez-lui la possibilité de poursuivre et de développer sa sainte œuvre, conformément aux besoins de notre époque.
Par le mérite de cette grande Mitsva, Dieu vous accordera la bénédiction et la réussite pour vous-mêmes, pour votre maison et vos enfants, par toutes les formes du bien, spirituel et matériel.
Que vos yeux et les nôtres assistent à l’élévation de la corne de la Torah, avec crainte de Dieu, de celle de la Tradition d’Israël, car Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un.
Avec ma bénédiction pour le bien et la réussite, matérielle et spirituelle,
M. Schneerson,
Lettre n°1320
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1320, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
‘Hanouka, cinquième lumière, 5712,
Brooklyn, New York,
Au distingué Rav, érudit bien connu, empli de connaissance,
qui ordonne son étude et la commente, ‘Hassid qui craint Dieu, recherche le bien de son peuple, le Rav I.A.(1) Halevi Chlita, grand Rabbin(2),
Je vous salue et vous bénis,
Des voyageurs de là-bas vers ici et d’ici vers là-bas(3) me soumettent différents problèmes et une question est soulevée, en particulier, sur la manière de voyager.
Je voudrais donc vous demander si la situation a été améliorée(4) et sur quelle base vous avez autorisé le voyage dans un bateau israélien qui se déplace également pendant le Chabbat(5).
Je vous remercie de me répondre rapidement, car ceux qui m’interrogent doivent bientôt voyager et ils attendent donc cette réponse.
Avec ma bénédiction et mes respects, pour vous et pour votre Torah,
Notes
(1) Le Rav Its’hak Aïzik Herzog. Voir, à son propos, la lettre n°925. (2) Ashkénaze. (3) D’Israël vers l’Amérique et de l’Amérique vers Israël. (4) S’il est possible de faire ce voyage sans enfreindre le Chabbat. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°1354.
Lettre n°1321
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1321, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tévet 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et la demande de bénédiction de votre cousine, par l’intermédiaire du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Aryé Leïb Kremer(1).
J’aimerais savoir si votre cousine respecte les lois de la pureté familiale. Si ce n’est pas le cas, ce qu’à Dieu ne plaise, elle doit s’engager à le faire, de la manière la plus rigoureuse, dès aujourd’hui.
Il faut aussi lui demander de donner, tous les matins, à l’exception du Chabbat, de la Tsédaka pour le fonds de Rabbi Meïr Baal Haness(2), de faire vérifier que toutes les Mezouzot de sa maison soient cachères. J’espère qu’elle pourra marquer fortement sa confiance en Dieu, afin que tout se passe comme il se doit et en son temps, qu’elle puisse annoncer une bonne nouvelle, dans ce domaine(3).
Un médecin l’examine sûrement, de temps à autre et elle se confère à ses prescriptions, se gardant, en particulier, de porter des objets pesants.
Je ne lui écris pas directement, car je souhaite que vous le fassiez vous-même, que vous lui expliquiez l’importance de mettre en pratique ce que j’ai mentionné, en particulier la pureté familiale. J’espère obtenir de vous de bonnes nouvelles, à ce sujet. Vous voudrez bien transmettre ma bénédiction à votre cousine.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) De Montréal. Voir la lettre n°1241. (2) Celui du Collel ‘Habad, de Jérusalem. (3) Celle de la naissance d’un enfant.
Lettre n°1322
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1322, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tévet 5712,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris avec effroi que votre petit-fils vit avec une non-Juive. Il serait bon, dès réception de cette lettre, que vous le rencontriez et lui expliquiez qu’il cause, de cette façon, son propre malheur et celui de cette non-Juive, malheur au sens le plus littéral et le plus matériel.
Il ne faut pas être abusé par le fait que d’autres personnes le font également et qu’il ne leur arrive rien de fâcheux. Pour se sauver et pour la sauver, il doit la quitter au plus vite. Leur bien-être physique et moral en dépend.
Avec ma bénédiction pour que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles, en la matière, au plus vite,
Lettre n°1323
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1323, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tévet 5712,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous devez, au plus vite, écrire à votre fils(1), pour lui demander de mettre scrupuleusement les Tefilin, chaque jour, sauf, bien entendu, le Chabbat et les fêtes. S’il lui est impossible de le faire le matin, il pourra les mettre pendant tout le reste du jour, du lever au coucher du soleil.
Vous lui expliquerez, dans votre lettre, que les Tefilin sont une Mitsva à part entière. Peu importe donc, en la matière, de quelle manière il met en pratique les autres Mitsvot. Bien plus, les Tefilin ont la vertu de conférer une longue vie et de permettre le retour chez soi.
Je vous joins également une lettre en anglais, sur ce sujet, pour votre fils, avec un message de mon beau-père, le Rabbi(2), qu’il a adressé, en son temps, aux conscrits de l’armée.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Qui se trouve au service militaire. (2) Voir la lettre n°101.
Lettre n°1324
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1324, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tévet 5712,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav Simon(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir les nouvelles que vous m’avez données de la réunion ‘hassidique du 19 Kislev, fête de toutes les fêtes. Mais, il est dommage que vous soyez resté dans les généralités. Les bonnes résolutions prises par les présents seront sûrement suivies d’effet, durant l’année qui vient, pour nous et pour
tout Israël, pour le bien. Nos Sages soulignent, en effet, que l’action est essentielle, et non la théorie.
Néanmoins, il serait bon de rappeler, de temps à autre, à ceux qui ont participé à cette réunion, qu’ils doivent mettre en pratique ces décisions. Nos Sages constatent que le fait de se réunir de cette façon crée un rapprochement. Il serait donc judicieux, à l’occasion d’une prochaine réunion ‘hassidique, de souligner la nécessité de tenir ses engagements.
Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous utilise concrètement les forces qui lui ont été accordées. Lorsqu’on l’on se sanctifie quelque peu ici-bas, on reçoit de Dieu une immense sanctification et l’on vient en aide à celui qui désire se purifier. Et, la ‘Hassidout explique, dans le Likouteï Torah, à la Parchat Devarim, page 88b, la différence entre se purifier et être pur. En effet, se purifier consiste aussi à purifier les autres(2).
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en saluant tous les ‘Hassidim et tous vos proches.
M. Schneerson,
N. B. : Vous me dites que, au cours des visites que vous avez faites dans différents pays, vous êtes entré en compte avec des Juifs qui, pour l’heure, ne respectent pas encore la Torah et les Mitsvot et vous faites remarquer que certains vous en tiennent rigueur.
Voici ma réponse.
L’optique de Loubavitch a toujours été de n’écarter personne, pas même ceux qui appartiennent à la catégorie que vous décrivez. Bien au contraire, il faut les rapprocher de leur Père Qui se trouve dans les cieux, par des paroles agréables et des marques de proximité.
Bien évidemment, il faut être prudent, en la matière et, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, dans l’une de ses causeries: Il ne faut pas descendre vers l’autre, mais, au contraire, élever l’autre vers soi. Toutefois, il est bien clair qu’il faut tendre la main à celui qui a besoin d’aide. Parfois, cette main doit même être très longue.
Pour peu que l’on prenne cette précaution, la réussite est pratiquement systématique. On met en évidence ce qui est positif, en écartant ce qui est mauvais. Et l’assurance nous a été donnée que nous connaîtrons la réussite.
Notes
(1) Le Rav S.Jacobson. Voir, à son propos, la lettre n°869. (2) Ce verbe peut se lire à la fois Litaher, se purifier soi-même et Letaher, purifier les autres.
Lettre n°1325
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1325, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Zot ‘Hanouka(1) 5712,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement pris part à la réunion ‘hassidique(2) du jour lumineux qu’est le 19 Kislev, fête de notre délivrance et de la libération de notre âme(3). Mon beau-père, le Rabbi, parle, dans ses lettres, des réunions de ‘Hassidim, en général et, en particulier, de celles de la fête de la délivrance de l’Admour Hazaken et de la victoire de la ‘Hassidout, enseignement du Baal Chem Tov et du Maguid de Mézéritch.
Il est dit, en effet, que les enfants d’Israël(4) furent libérés la main haute(5) et ceux qui ont pris part à ces réunions ont donc sûrement pris de bonnes décisions, surtout celle de fixer un temps pour étudier la partie révélée de la Torah(6) et la ‘Hassidout.
J’ai déjà décrit, dans mes lettres figurant dans le fascicule du 19 Kislev de cette année 5712, l’immense responsabilité et le grand mérite consistant, pour chacun de nous à diffuser les sources(7) à l’extérieur.
Mon beau-père, le Rabbi, a dit qu’il fallait annoncer(8) une réunion du 19 Kislev, en rendre compte par écrit. C’est donc ce que vous ferez, de façon détaillée. Vous indiquerez, en particulier, les bonnes décisions qui ont été prises, à cette occasion et comment elles ont déjà été appliquées.
J’aimerais notamment connaître les études publiques que vous dirigez, ou bien auxquelles vous participez. Vous savez à quel point l’Admour Hazaken et tous nos maîtres en ont montré l’importance(9).
Je vous remercie de m’adresser un compte rendu détaillé, à ce sujet.
J’attends de bonnes nouvelles, et il n’est de bon que la Torah(10) et le luminaire qu’elle renferme(11).
M. Schneerson,
Vous voudrez bien faire connaître le contenu de la présente lettre à tous les participants et leur demander d’y répondre.
Notes
(1) Dernier jour de la fête. Le Rabbi note, en bas de page: Voir le discours ‘hassidique du Tséma’h Tsédek figurant dans le fascicule de ‘Hanouka. Voir, en particulier, sa conclusion. (2) Cette lettre collective personnelle fut écrite à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. Les cinq lettres suivantes ont été rédigées comme des ajouts personnalisés à celle-ci. Voir également la lettre précédente, dans laquelle le Rabbi demande aussi un compte rendu de la réunion ‘hassidique organisée pour le 19 Kislev. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Séfer Hamaamarim 5710, page 106. (4) Tel est le prénom du Baal Chem Tov. (5) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Zohar, tome 3, page 125a. (6) Le Rabbi note, en bas de page: Voir aussi la fin du discours ‘hassidique intitulé sur tes murs 5638, du Rabbi Maharach, reproduit à la fin du fascicule édité pour le 24 Tévet 5711. (7) De la ‘Hassidout. (8) Le Rabbi note, en bas de page: Voir la note 3 du fascicule n°74. (9) Le Rabbi note, en bas de page: Voir Igueret Hakodech, chapitre 23, le discours ‘hassidique intitulé sois silencieux et écoute, Israël, de Sim’hat Torah 5693 et d’autres références. (10) Le Rabbi note, en bas de page: Traité Bera’hot 5a. (11) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Zohar, tome 3, page 124b, Igueret Hakodech chapitre 26, l’introduction du Biyoureï Hazohar de l’Admour Haémtsahi et le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab, à partir du chapitre 11.
Lettre n°1330
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1330, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, A Elyahou ‘Haïm Abelski-Roytblatt(1), Pernwald(2),
Vous voudrez bien saluer tous les ‘Hassidim. Mon beau-père, le Rabbi, souligne(3) que l’on peut appeler ainsi quiconque est lié à la Torah et aux Mitsvot. Vous leur transmettrez également le contenu de la lettre qui se trouve au verso(4).
Je vous joins, en outre, le texte de la causerie qui a été prononcée, à l’occasion de la cinquième bougie de ‘Hanouka, devant les élèves(5), mais qui concernent, en réalité, tous ceux qui ont fréquenté la Yechiva Loubavitch et, plus généralement, tous les Juifs respectant la Torah et les Mitsvot.
Parmi ces Mitsvot, en effet, figurent les suivantes: "Tu feras des reproches(6)", "tu aimeras ton prochain(7)". Il serait inutile d’en dire plus.
Avec ma bénédiction pour que vous puissiez, très prochainement, me donner de bonnes nouvelles,
De plus, nous vous adressons, cette semaine, des documents de la Yechiva(8).
Notes
(1) Cette lettre fut écrite comme un ajout personnalisé à la lettre n°1235. (2) Camp de transit dans lequel vivaient encore des réfugiés de la guerre, parmi lesquels se trouvaient plusieurs familles de ‘Hassidim. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°922 et 1140. (4) Il s’agit de la lettre n°1235. (5) De la Yechiva Loubavitch, à New York. (6) A ton prochain, mais tu ne lui feras pas supporter la faute. (7) Comme toi-même. (8) Permettant d’établir un visa d’entrée aux Etats Unis, afin d’y enseigner à la Yechiva.
Lettre n°1331
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1331, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tévet 5712,
Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Rosen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Au nom du Rabbi Chlita(2), je vous confirme qu’il a bien reçu votre livre, Nézer Hakodech, commentaire du traité Tamid et vous remercie beaucoup de le lui avoir adressé. Sans doute enverrez-vous également à la bibliothèque du Rabbi Chlita les autres ouvrages dont vous êtes l’auteur. Soyez-en remercié d’avance.
Vous trouverez ci-joint une liste de notes, rédigées par le Rabbi Chlita, à propos de certains points évoqués dans votre livre.
Conformément à la demande du Rabbi Chlita, il vous a été envoyé un Séfer Hamaamarim 5700(3). A n’en pas douter, il vous intéressera beaucoup.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes:
Sur le début du livre: page 5a, vous demandez le sens de cette affirmation de la Michna: En trois endroits(4). A quoi bon enseigner ce compte?
A mon humble avis, la réponse est bien évidente. En effet, c’est là l’aspect essentiel de cette loi et il doit donc bien y avoir trois lieux de garde, comme le verset permet de l’établir. Le texte dit ensuite que, dans le second Temple, la garde était faite dans le Beth Avtinas. Là encore, cette précision est une évidence, car cette garde aurait été valable également si elle se passait dans trois autres endroits, puisque le verset n’évoque pas spécifiquement le Beth Avtinas.
De plus, si la Michna disait Il faut placer des gardes dans le Beth Avtinas, comme vous le proposez, le doute ne serait pas levé pour autant, car: 1. des Cohanim faisaient également la garde dans plusieurs endroits du Beth Hamoked. 2. et, que se passe-t-il s’il n’était pas possible de placer des gardes dans un endroit mentionné par la Michna? 3. comment procédait-on dans le premier et le troisième Temple(5), de même que dans le Sanctuaire(6)? La réponse à toutes ces interrogations découle du fait que les Cohanim gardaient le Temple en trois endroits et que le Sanctuaire est également considéré comme le Temple.
Page 15b, à propos de l’Injonction de la Techouva: Vous demandez pourquoi le Rambam ne se base pas sur le verset et tu reviendras pour établir qu’il est bien une Injonction de faire Techouva(7).
A mon humble avis, c’est précisément pour cela que le Rambam a pris la précaution d’expliquer ce verset, dans ses lois de la Techouva, chapitre 7, paragraphe 5. Il précise qu’il doit être interprété comme une affirmation(8), une assurance donnée aux Juifs, qu’à la fin de l’exil, ils accéderaient à la Techouva. Il le déduit de la manière dont ce verset est rédigé, sous la forme d’un récit de ce qui se passera à la fin des temps.
A la fin de ce développement, à la page 16a, vous écrivez que la Torah ne définit pas comme Mitsva un sentiment du coeur. Ceci a une incidence sur la Mitsva de détruire le ‘Hamets et conditionne le fait de pouvoir le faire uniquement en son coeur.
Tout cela est surprenant. Plusieurs Mitsvot sont, en effet, des sentiments du coeur, celle de croire à l’unité de Dieu, de L’aimer, de Le craindre. Vous consulterez également le Rambam, lois des sacrifices, chapitre 14, paragraphe 12, qui établit que l’on peut consacrer un animal(9) par la pensée(10), qu’il est inutile de le faire verbalement avant de l’offrir.
Tel n’est pas l’avis de Rachi et des Tossafot, au début du second chapitre du traité Meïla, qui précisent: Dès qu’il a été sanctifié verbalement. Vous consulterez également le Chaar Haméle’h Teroumot, chapitre 4, paragraphe 16. Ce sujet ne sera pas développé ici.
En revanche, il est une question qui se pose bien, ici. Tous les prophètes ont ordonné d’accéder à la Techouva. Il s’agit donc bien d’une condition nécessaire pour que puisse être offert le sacrifice d’expiation, à Yom Kippour. Dès lors, pourquoi la Techouva ne serait-elle pas une Mitsva?
Si je puis me permettre d’avancer une explication que je n’ai trouvée, pour l’heure, dans aucun livre, je dirais qu’à mon humble avis, cette Injonction(11) figure effectivement dans la Torah, au verset Devarim 10, 16: Vous circoncirez le prépuce de votre coeur et vous n’aurez plus la nuque raide. Il y a bien là un ordre d’ôter le prépuce du coeur et la dureté de la nuque qui existent déjà.
Mais, le verset ne dit pas si l’on se place dans un cas où la faute concrète a déjà eu lieu ou pas encore. Les deux façons à la fois y sont donc incluses, dans cet ordre.
Et l’on peut également comprendre pourquoi le Rambam n’en parle pas, dans son compte des Mitsvot. En effet, la Techouva a une portée générale et elle inclut toute la Torah. De ce fait, elle ne peut être comptée, comme il l’explique lui-même dans le Séfer Hamitsvot, au quatrième Chorech(12), où il cite également l’Injonction Vous circoncirez.
Vous consulterez également le commentaire du Rav I.P. Perla, sur le Séfer Hamitsvot de Rabbi Saadya Gaon, à la Paracha 42. Celui-ci s’interroge, en s’appuyant sur plusieurs passages talmudiques, sur l’affirmation du Rambam selon laquelle la confession est l’aspect essentiel de la Techouva.
Vous verrez aussi le Zohar, tome 3, page 122a, le premier chapitre d’Igueret Hatechouva de l’Admour Hazaken, auteur du Choul’han Arou’h, le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de la confession et de la Techouva.
A la fin, page 34b: Vous commentez le texte, Le’haï Haolamim, à Celui Qui possède la vie éternelle(13).
Vous n’avez pas vraiment explicité la question que vous posez et l’analyse n’est donc pas très précise. Elle peut prêter à confusion.
Il y a ici trois points: 1. Le mot Le’haï peut être écrit avec un seul Youd ou avec deux Youds. 2. Si l’on considère qu’il n’en a qu’un seul, il peut encore être ponctué avec un Pata’h, Le’haï ou avec un Tseïré, Le’heï. 3. Le mot Haolamim, avec un Hé, peut aussi s’écrire Olamim, sans Hé. Tout cela a une incidence sur la manière de lire les bénédictions de Barou’h Cheamar, Ichtaba’h, Boré Nefachot et sur le cantique Haadéret Vehaémouna(14).
On peut citer plusieurs avis, à ce propos: 1. Le ‘Hok Nathan, à la fin du traité Tamid, a, semble-t-il, adopté une position unique, considérant que l’on dit, dans tous les cas, Haï Haolamim, y compris dans le cantique Haadéret Vehaémouna. 2. Dans le Sidour de Rabbi Amram Gaon, Barou’h Cheamar et Ichtaba’h sont imprimés avec un seul Youd, alors que Boré Nefachot en a deux. Dans tous les cas, le mot est ponctué avec un Pata’h. 3. Dans le Sidour de Rabbi Yaakov d’Emdin, il est précisé que l’on doit dire, dans Barou’h Cheamar, Ichtaba’h et Boré Nefachot, la formule Haï Haolamim, avec un seul Youd et un Pata’h. Dans le cantique Haadéret Vehaémouna, il est dit Lehaï Haolamim, avec un Pata’h. 4. Dans le Sidour de l’Admour Hazaken, auteur du Choul’han Arou’h et du Tanya, est retenu, dans tous les cas, ‘Heï Haolamim, avec un seul Youd et un Tseïré. Dans le cantique Haadéret Vehaémouna, par contre, on dit Le’haï Olamim. On trouve la même affirmation dans le Sidour Or ‘Hadach.
Le Maguen Avraham, au chapitre 207, donne son avis uniquement pour Boré Nefachot, qu’il ponctue avec un Tseïré. On peut se demander quelle est sa position pour Barou’h Cheamar, Ichtaba’h et le cantique Haadéret Vehaémouna. Un même doute existe aussi sur la position du Gaon de Vilna. On consultera aussi le Abudarham, le Birkeï Yossef et le Chaareï Techouva sur Ora’h ‘Haïm, chapitre 207, le Iyoun Tefila sur le Sidour Otsar Hatefilot, à la bénédiction Barou’h Cheamar, les notes du Ralats sur la Michna, à la fin du traité Tamid et d’autres références encore.
Notes
(1) Le Rav Moché Rosen. (2) Le texte de cette lettre a été écrit par le secrétaire du Rabbi. Les notes qui la suivent, en revanche, ont été rédigées par le Rabbi lui-même. (3) 1939-1940, du précédent Rabbi. (4) Le Temple était gardé, pendant la nuit. Or, il semble inutile de préciser qu’il l’était en trois endroits, puisque ceux-ci sont clairement cités. Chacun peut donc établir ce compte sans la précision de la Michna. (5) Puisque la précision de la Michna est donnée seulement à propos du second. (6) Du désert. (7) Voir, à ce propos, ‘Hidouchim Oubyourim Bechass, dont le Rabbi est l’auteur, tome 1, à partir de la page 136. (8) Et, non une Injonction. (9) Pour en faire un sacrifice. (10) Voir, à ce propos, le Likouteï Levi Its’hak, Iguerot, pages 304 et 305. (11) De Techouva. (12) Dans lequel le Rambam montre que chacune des 613 Mitsvot doit avoir un caractère spécifique et non uniquement une formulation générale. (13) Qui apparaît dans plusieurs passages du rituel de prière. (14) La formule Haï Haolamim apparaît dans tous les quatre.
Lettre n°1332
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1332, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tévet 5712,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 14 Kislev, par laquelle vous me demandez des références sur le choix d’un nom pour un fils ou une fille et si ce choix incombe au père ou à la mère. Vous avancez ce qui est dit par certains versets, selon lesquels
le nom du fils est donné tantôt par le père, ainsi qu’il est dit Avraham appela son fils, tantôt par la mère, comme ce fut le cas pour les fils de Yaakov, à propos desquels il est dit : elle lui donna pour nom.
Voici ma réponse :
A) A mon sens, on ne peut rien déduire de ces versets. Ainsi, les noms de tous les fils de Yaakov, à l’exception de Binyamin, furent donnés par leur mère. Or, il n’est pas logique de dire que le nom d’un fils doive systématiquement être choisi par la mère, que le père n’a pas son mot à dire, en la matière.
Bien plus, plusieurs versets montrent que le nom du fils est effectivement donné par le père. Dans certains cas, ce nom est donné par les deux à la fois(2), qu’il s’agisse du même nom, comme c’est le cas pour Ichmaël ou d’un nom différent, comme dans le cas de Binyamin(3). Plus encore, le nom est parfois donné par des étrangers, comme pour Zara’h, Perets et Oved.
Vous consulterez les versets Chmouel 2, 12, 24 et 25.
Pourquoi les noms des fils de Yaakov furent-ils donnés par Ra’hel et Léa ? Parce que, disent nos Sages, dans le Midrach Béréchit Rabba, à la fin du chapitre 72, celles-ci étaient prophétesses. De plus, leur esprit prophétique était supérieur à celui des Patriarches et c’est pour cela qu’il est dit : En tout ce que te dira Sarah, écoute sa voix, selon le Midrach Chemot Rabba, au chapitre 1. Vous consulterez également le Likouteï Torah sur Chir Hachirim, au quatrième chapitre du discours intitulé la voix de mon Bien Aimé.
Quand aux noms d’Its’hak et d’Esav, ils furent aussi donnés par Sarah, selon le verset Béréchit 21, 6 et par Rivka, selon le commentaire de Rachi sur le verset Béréchit 25, 26, basé sur le Midrach Rabba, à la même référence et le Midrach Tan’houma Chemot, chapitre 4.
B) Pour revenir à la question proprement dite, le choix d’un nom est un acte important, une immense responsabilité. Différents textes de ‘Hassidout montrent que celui-ci est le canal véhiculant la vitalité et la bénédiction à celui qui le porte.
Le Chneï Lou’hot Haberit l’explique longuement, dans l’introduction de la dernière partie, de même que le Tanya, à la fin du premier chapitre de Chaar Hay’houd Vehaémouna, le Likouteï Torah Behar, au second chapitre du discours intitulé Mes Chabbats et d’autres référence encore.
En conséquence, disent les écrits du Ari Zal, lorsqu’un homme naît, que son père et sa mère lui donnent un nom, le Saint béni soit-Il place dans leur bouche celui qui correspond à son âme spécifique, selon le Séfer Haguilgoulim, vingt troisième introduction, le Emek Haméle’h, première partie, fin du quatrième chapitre et le Or Ha’haïm, sur le verset Devarim 29, 17.
C) A qui appartient-il de donner un nom ? Je n’ai pas reçu d’instruction claire, en la matière, mais vous consulterez les commentaires des premiers Sages, comme le Hadar Zekenim ou le Daat Zekenim, sur le verset Béréchit 38, 5 : Il était à Keziv quand elle l’enfanta.
Selon ces Sages, le premier nom(4) est donné par le père, le second par la mère, le troisième par le père. C’est ainsi qu’il faut interpréter ce verset. En l’occurrence, elle lui donna un nom parce que Yehouda était à Keziv quand elle l’enfanta.
A mon sens, en l’absence de tout coutume établie, les noms doivent être choisis dans l’ordre qui vient d’être déterminé. Certes, le Ramban écarte cette explication, considérant que le but de ce verset n’est pas d’établir quelle est la coutume. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il remette en cause l’avis de ces premiers Sages(5).
Vous consulterez également le Ikareï Hadat sur Yoré Déa, chapitre 27, paragraphe 7, qui dit qu’un homme a coutume de donner à son premier fils le nom de son père(6).
Je vous joins le fascicule(7) et la brochure(8) du 19 Kislev, avec ma lettre, adressée à tous, qui l’accompagne(9), puisque la Torah est toujours d’actualité(10).
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav C.Yallov, de Syracuse, Etats Unis. (2) Mais, indépendamment l’un de l’autre. (3) Nom qui lui fut donné par son père, alors que sa mère l’appela Benoni. (4) Le nom du premier enfant. (5) Il dit simplement que l’on ne peut pas le déduire de ce verset. (6) Qui est donc le grand-père de l’enfant. (7) Des enseignements du précédent Rabbi. (8) Relatant l’emprisonnement et la libération de l’Admour Hazaken. (9) Voir la lettre n°1263. (10) Bien que le 19 Kislev soit passé.
Lettre n°1333
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1333, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tévet 5712,
Brooklyn, New York,
A l’organisation des jeunes de l’association ‘Habad(1),
26, rue A’had Haam, Tel Aviv,
Je vous salue et vous bénis,
En son temps, le Rabbi Chlita a bien reçu(2) votre invitation et votre requête concernant le treizième anniversaire de la fondation de votre organisation, en Terre Sainte. Il vous a adressé, à ce propos, un télégramme, dont voici le texte :
En réponse à votre invitation et à votre requête, concernant votre treizième anniversaire, vous mobiliserez sûrement toutes vos forces pour mener à bien la sainte mission qui est confiée à toute la jeunesse, en Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée.
Lettre n°1334
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1334, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tévet 5712,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Meïr Liber(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du 24 Kislev. J’y ai appris avec satisfaction que vous avez un temps fixé pour étudier la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. Vous le renforcerez sûrement et lorsque l’on ajoute(2), on reçoit une bénédiction accrue, pour tout ce qui concerne les enfants, la santé et l’opulence matérielle.
Vous me posez la question suivante. Vous apprenez un chapitre de Tanya, chaque jour et vous me demandez s’il est possible de supprimer cette étude, pour la remplacer par celle du passage quotidien, en fonction de la répartition annuelle définie par le Hayom Yom.
A mon avis, n’abandonnez ni l’une, ni l’autre ! Etudiez un chapitre de Tanya, comme vous l’avez fait jusqu'à maintenant. Puis, apprenez, moins profondément, le passage quotidien qui est défini par le Hayom Yom.
Je vous joins ma lettre, adressée à tous, datant de Zot ‘Hanouka dernier(3).
Notes
(1) Le Rav M.L. Keller. (2) Un effort de plus. (3) Il s’agit de la lettre n°1325.
Lettre n°1335
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1335, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tévet 5712,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
J’ai bien reçu votre lettre, rédigée à l’issue du Chabbat Mikets, dans laquelle vous m’exposez ce qui vous est arrivé, à la suite d’une erreur dans le journal, sur l’heure de l’allumage des bougies(2).
Vous distribuerez à la Tsédaka, en l’espace de quelques semaines, un montant de sept dollars et deux cents(3). Il est préférable de le faire à la veille du Chabbat, avant d’allumer les bougies. Vous étudierez également les lois du Chabbat, dans l’abrégé du Choul’han Arou’h.
Autant que je sache, il existe une traduction anglaise de cet abrégé du Choul’han Arou’h. Ainsi, vous l’étudierez plus aisément. Il serait bon, en outre, que vous attiriez quelques autres femmes à partager cette étude avec vous.
Puis, vous oublierez tout ce qui s’est passé et vous ferez vérifier encore une fois les Mezouzot de votre maison.
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Du Chabbat, que cette femme a allumées trop tard, du fait de cette erreur. (3) Soit la valeur numérique du mot Chabbat.
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