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Iguerot Kodesh — lettres 1209 à 1229

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1209

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1209, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Elloul 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Israël Abba(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 13 Elloul, dans laquelle vous me décrivez précisément la situation de la Yechiva, à Shefertown(2). Je vous en remercie.

Vous me demandez si la Yechiva doit être transférée à Melbourne. Si je comprends bien ce qu’il en est, il n’y a pas assez d’élèves pour les répartir entre les deux villes. Néanmoins, nos Sages disent que l’on ne peut détruire une ancienne synagogue tant que la nouvelle ne fonctionne pas encore. Ceci s’applique, de la même manière, en l’occurrence.

Vous m’interrogez également à propos de l’élève ..., auquel on propose un poste d’enseignant dans le Talmud Torah de la communauté de Tché’hnin. A mon sens, il serait bon que l’on fasse usage de ses compétences dans notre propre Yechiva. Si ce poste ne contredit pas cette éventualité, autrement dit si l’on ne pourra formuler le reproche, par la suite, qu’il a été contraint de l’abandonner pour venir dans notre Yechiva, il pourra accepter ce poste.

A l’occasion de la nouvelle année, qui s’approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse ma bénédiction, ainsi qu’aux membres de votre famille, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1)

Le Rav I.A. Pliskin. Voir, à son propos, la lettre n°744. (2)

En Australie.

Lettre n°1210

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1210, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Elloul 5711,

Brooklyn,

A mon proche parent, le Juste, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yo’hanan(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 18 Elloul, mois de la miséricorde. Comme vous le savez, mon beau-père, le Rabbi a rapporté que cette date est celle de la naissance du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken. Ce jour est en lui-même propice, ‘Hay(2).

Ainsi, cette date vivifie tous les domaines du service de Dieu d’Elloul, la Techouva, la Torah, la prière et les bonnes actions, auxquelles font allusion, selon nos saints livres, les initiales des mots constituant les versets suivants, ton cœur et le cœur de, Il a guidé sa main et Je te fixerai un endroit où il se réfugiera, un homme à son ami et des cadeaux aux pauvres, je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi(3). Tout cela a été longuement expliqué(4) dans la causerie, au cours de la réunion ‘hassidique du 18 Elloul.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et la bénédiction, je vous adresse ma bénédiction, ainsi qu’aux membres de votre famille, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Rav Y.Twerski, le Rabbi de Ra’hmastrivka. (2) Littéralement vivant, terme dont la valeur numérique est 18. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1191. (4) Par le Rabbi lui-même.

Lettre n°1211

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1211, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Elloul 5711,

Brooklyn,

Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre fidèlement aux besoins communautaires,

le Rav Dov Yehouda(1)

et tous ceux qui ont participé avec lui(2),

en ce jour lumineux du 18 Elloul,

et auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu avec plaisir votre lettre par laquelle vous m’informez de la réunion ‘hassidique qui a eu lieu, le 18 Elloul. Vous y avez lu des causeries de mon beau-père, le Rabbi. Sans doute avez-vous également encouragé les sentiments d’amour du prochain, d’amour de la Torah et d’amour de Dieu, qui tous ne font qu’un.

Tel est le contenu de l’enseignement du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, auteur du Choul’han Arou’h et du Tanya, l’un et l’autre nés le 18 Elloul. Et, puisse Dieu faire que chacun d’entre eux mette en pratique les bonnes résolutions, concernant la Torah et les Mitsvot, prises en ce jour.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et la bénédiction, je vous adresse ma bénédiction, ainsi qu’aux membres de votre famille, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav D.Y. Shochat. (2) A une réunion ‘hassidique dont il sera question dans cette lettre.

Lettre n°1212

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1212, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Elloul

5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav ‘Haïm(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 19 Elloul et j’ai appris avec plaisir que vous avez organisé une réunion ‘hassidique, le 18 Elloul. La description que vous en donnez montre à quel point est juste l’affirmation de mon beau-père, le Rabbi, selon laquelle il suffit de commencer à agir pour en apercevoir aussitôt les fruits. Il importe donc de se mettre à l’œuvre, sans s’affecter du nombre de personnes à qui on a d’abord à faire(2). A n’en pas douter, il y en aura de plus en plus, par la suite.

Vous me demandez si vous devez accepter ce poste de Cho’het. J’ai bon espoir que, si vous maintenez fermement votre exigence d’aménager la Che’hita des gros animaux(3), il vous sera possible de l’obtenir, d’autant que, comme vous l’écrivez, le Rav est de votre côté. Tant que cette évolution n’est pas effective, il me semble que vous devez rester Cho’het uniquement pour la volaille.

Sans en faire le voeu, je mentionnerai, avant Roch Hachana, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, tous ceux que vous mentionnez dans votre lettre.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et la bénédiction, je vous adresse ma bénédiction, ainsi qu’aux membres de votre famille, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav H.Plotkin. Voir, à son propos, la lettre n°878. (2) Même s’il s’agit d’un très petit nombre. (3) Pour qu’elle soit strictement conforme à la Hala’ha.

Lettre n°1213

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1213, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Troisième jour des Seli’hot 5711,

Brooklyn, New York,

Vous vous efforcerez sans doute d’étudier ces discours ‘hassidiques avec des amis(1). Car, à tout moment, nos Sages soulignent l’importance de ne pas apprendre la Torah seul(2). Mais, combien plus le soulignent-ils quand il s’agit des jours précédant Roch Hachana, de cette fête proprement dite, puis des dix jours de Techouva. Se réunir avec des amis est alors particulièrement important.

La ‘Hassidout, commentant le verset vous vous trouvez tous ensemble aujourd’hui(3), remarque que cette Paracha est toujours lue avant Roch Hachana, comme l’indique le mot Hayom, aujourd’hui, qui fait allusion à ce jour. Alors, toutes les parcelles d’âmes se dressent et s’élèvent vers leur source, devant l’Eternel votre Dieu. Elles doivent donc toutes se réunir et s’unir, vos chefs de tribus..., vos puiseurs d’eau.

Mon beau-père, le Rabbi, conclut son analyse(4), qu’il reçut de son père, en ces termes : Chaque Rabbi raconte à son successeur que l’Admour Hazaken, lorsqu’il se trouvait à Mézéritch, apprit de son maître, le Maguid, qui il était réellement. Il sut alors que la mission qui lui était confiée consistait à révéler et à commenter l’enseignement du Baal Chem Tov, relatif à l’amour de Dieu et de son prochain, à diffuser la ‘Hassidout ‘Habad. Et, son maître, le Maguid, citant son propre maître, le Baal Chem Tov, précisa qu’il fallait témoigner d’une attention particulière envers les personnes simples. On doit aimer un Juif uniquement parce qu’il est juif.

Il explique encore(5) que le Baal Chem Tov montra la profonde imbrication de l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour du prochain. Le Maguid de Mézéritch expliqua cette notion et établit le lien qui existe entre ces trois amours et les trois manières d’aimer Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Enfin, l’Admour Hazaken montra que chacun a le pouvoir, l’obligation et la nécessité de ressentir concrètement ces trois amours. Il précisa que la porte permettant l’élévation était l’amour du prochain. Sur celle-ci, il est inscrit, en lettres lumineuses : voici la porte de l’élévation.

Lorsque nous nous unirons tous ensemble, l’Eternel notre Dieu nous choisira comme peuple, en ce jour de Roch Hachana et il sera notre Dieu. Il nous éclairera d’une lumière éternelle, nous libérera(6), lors de la délivrance véritable et complète, très bientôt et de nos jours.

Mena’hem Mendel Ben ‘Hanna Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre du Rabbi fut écrite comme avant propos au fascicule contenant des discours ‘hassidiques du précédent Rabbi, édité à l’occasion de Roch Hachana. (2) Le Rabbi note, en bas de page : Traité Bera’hot 63b. Voir aussi les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 4, paragraphe 10. Selon ce texte, il faut s’efforcer de réunir dix personnes. Une même affirmation figure dans Igueret Hakodech, chapitre 23. (3) Le Rabbi note, en bas de page : Dans le Likouteï Torah, au début de la Parchat Nitsavim. (4) Le Rabbi note, en bas de page : Dans la note sur Nitsavim 5707. (5) Le Rabbi note, en bas de page : Dans la causerie de Lag Baomer 5708. (6) Le Rabbi note, en bas de page : Dans le Midrach Tan’houma, au début de la Parchat Nitsavim.

Lettre n°1214

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1214, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Troisième jour des Seli’hot 5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Roch Hachana et, comme le dit l’avant propos(2), vous vous efforcerez de l’étudier avec des amis. C’est de cette manière que l’on peut faire l’acquisition de la Torah(3).

De fait, on parle des choses et non des qualités, qui permettent de faire l’acquisition de la Torah, comme le fait remarquer le début de ce discours ‘hassidique. Ces choses impliquent, en effet, l’humilité et la conscience de sa petitesse. Nul n’a donc le droit de penser que tel ami n’apporterait rien à son étude, qu’il se suffit à lui-même, bien plus que l’autre le dérangerait(4).

Puisse donc Dieu faire que cette étude soit acquise, dans l’esprit de ceux qui y prendront part, qu’elle porte leur nom(5), devienne leur Torah et, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi : non seulement il a appris la Torah, mais, bien plus, la Torah lui a appris quelque chose.

Mon beau-père, le Rabbi, raconta(6) :

Mon père avait coutume de prolonger jusqu'à après la nuit, le discours ‘hassidique qu’il prononçait à la fin du second jour de Roch Hachana. Ainsi, il introduisait les bénédictions des quarante huit heures de cette fête dans le monde, de sorte que la lumière de la ‘Hassidout éclaire toute chose.

Je propose donc que chacun en fasse de même et lie les heures de Roch Hachana et le début de la journée suivante(7) en étudiant la ‘Hassidout, par le fait(8) que nos maîtres nous ont frayé le chemin pour y parvenir. Ainsi, nous introduirons en chaque objet, y compris le plus bas, la lumière de la ‘Hassidout.

En vous souhaitant et en me souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Mena’hem Mendel Ben ‘Hanna Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre collective personnelle fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) La lettre précédente. (3) Le Rabbi note, en bas de page : Traité Avot, chapitre 6, Michna 6 et Midrach Chmouel, à cette référence. (4) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le discours ‘hassidique figurant dans le fascicule n°89. (5) Le Rabbi note, en bas de page : Traité Avoda Zara 19a et commentaire du Maharcha, à la même référence. (6) Le Rabbi note, en bas de page : Le second jour de Roch Hachana 5704. (7) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le Yerouchalmi, traité Yoma, chapitre 1, paragraphe 1 et chapitre 2, paragraphe 1 : Il suffit de lier le jour et la nuit. (8) Le Rabbi note, en bas de page : Le mot Bichvil, par le fait que, reçoit deux explications, selon le Kéter Chem Tov, début du tome 2, qui cite l’explication du Baal Chem Tov sur l’affirmation suivante de nos Sages : le monde entier est nourri pour ‘Hanina, mon fils.

Lettre n°1215

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1215, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Troisième jour de Seli’hot 5711,

Brooklyn, New York,

Aux fils et filles d’Israël, partout où ils se trouvent,

auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A la fin de cette année, alors que nous nous préparons au début de la suivante, qui arrive, pour nous et pour tous les fils et filles d’Israël, pour le bien et la bénédiction,

chacun et chacune établit un plan, au moins dans ses grandes lignes, des comportements et des actions qu’il adoptera pendant les prochains jours, avec la ferme résolution de connaître l’élévation.

L’année 5712 approche, qui est celle de la Chemitta. Celle-ci sera une année de Chabbat pour la terre, un Chabbat pour Dieu. Ce sera le Chabbat de la terre pour vous, pour la nourriture... pour tes animaux.

Ce verset doit être interprété au sens littéral.

Par ailleurs, notre sainte Torah introduit ici, de manière allusive, un enseignement très important et elle nous prépare ainsi un programme détaillé pour l’année qui vient.

Ce sera une année de Chabbat pour la terre et nous nous reposerons de toute matérialité, de toute grossièreté dans notre existence quotidienne et dans nos comportements.

Un Chabbat pour Dieu, pour le Nom de Dieu, permettant de s’affranchir des fausses idées et des conceptions erronées, des erreurs qui écartent le Juif de la voie juste et véritable, du chemin de Dieu, pour lequel Avraham, notre premier père, a donné sa vie. Il a demandé à ses fils et à sa maison d’emprunter ce chemin après lui. C’est ce qu’ils firent et c’est ainsi que vit notre nation, le peuple d’Israël, depuis plus de trois millénaires.

Ce sera le Chabbat de la terre pour vous, pour la nourriture... pour tes animaux et en écartant la grossièreté, en acquérant la spiritualité, on ne se limitera pas au temps de la prière ou de l’étude de la Torah, pour se dire ensuite : Pendant mes affaires, pendant mon repas, je peux m’identifier à toutes les autres nations.

Telle n’est pas notre manière d’agir.

Israël, peuple unique sur la terre, possède un Dieu unique et une Torah unique. L’unité et la perfection sont des éléments fondamentaux de notre existence, une vie d’unité, basée sur une notion unique : Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un.

Le Chabbat de la terre, Chabbat pour Dieu, doit se manifester dans chaque domaine, y compris la nourriture et les animaux.

Seule une telle manière de vivre a assuré notre pérennité jusqu'à maintenant. Il faut donc prendre la décision de l’adopter concrètement, désormais. Ainsi, nous serons inscrits et scellés pour une bonne et douce année, d’un bien visible et tangible.

En vous souhaitant et en me souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Mena’hem Mendel Ben ‘Hanna Schneerson,

Lettre n°1216

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1216, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Troisième jour des Seli’hot 5711,

Brooklyn, New York,

Aux fils et filles d’Israël, partout où ils se trouvent,

auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue largement et vous bénis abondamment,

En ces jours qui font la transition entre l’année qui vient de s’écouler et celle qui va commencer, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, en ces jours d’élévation morale et de bilan,

chacun prend la décision que l’année prochaine sera meilleure, plus élevée, dans l’existence quotidienne, dans les réalisations concrètes, pour soi-même et envers l’autre.

S’il en est ainsi chaque année, combien plus est-ce le cas pour celle-ci, puisque 5712 sera l’année de la Chemitta.

Brièvement, la Chemitta est comparable au saint Chabbat, parmi les sept jours de la semaine. De même, la Chemitta est une année consacrée à Dieu, tous les sept ans. Et, la Torah donne alors un programme différent, la terre se reposera d’un Chabbat pour Dieu.

Il en est ainsi dans la dimension matérielle et physique.

Plus profondément, dans la dimension morale, cette année invite, comme il est dit : la terre se reposera, à se couper de la matérialité et de la grossièreté, pour s’élever vers la spiritualité. Elle est un Chabbat pour Dieu, permettant de s’écarter des faux idéaux et d’une prétendue spiritualité qui, au final, conduit à des comportements encore plus bas et grossiers.

On peut donc s’élever vers la finesse et les valeurs morales, grâce à la Torah et aux Mitsvot, données par Dieu. Dès lors, ces caractères peuvent se marquer dans chaque détail de l’existence, y compris la nourriture, la boisson, le commerce et tous les objets liés à la vie, matérielle et physique, de chaque jour. Car, tous doivent être emplis de l’éclat de la Divinité.

En nous pénétrant de l’idée du Chabbat et de la Chemitta dans notre existence de tous les jours, en décidant de nous maintenir avec abnégation sur le chemin de la Torah et des Mitsvot, qui ont permis notre maintien depuis plus de trois millénaires, nous mériterons, à n’en pas douter, d’être inscrits et scellés pour une bonne et douce année, d’un bien visible et tangible.

En vous souhaitant et en me souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Mena’hem Mendel Ben ‘Hanna Schneerson,

Lettre n°1217

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1217, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Troisième jour des Seli’hot 5711,

Brooklyn, New York,

Aux présidents, responsables et membres des synagogues

de rite Ari Zal, Tséma’h Tsédek et Loubavitch,

partout où elles se trouvent,

Dieu leur accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la nouvelle année, qui vient, pour nous et pour tous les fils et filles d’Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse ma bénédiction, afin que vous ayez une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Nos Sages soulignent que le nom a un contenu profond. C’est effectivement le cas lorsqu’une synagogue s’appelle Noussa’h Ari ou bien Tséma’h Tsédek ou encore Loubavitch.

Vos grands-parents et arrières-grands-parents ont fait don d’eux-mêmes pour conserver la pureté de ce nom ‘hassidique, qu’ils portaient en pleine conscience et dont ils étaient fiers. Et, vous-mêmes, leurs enfants et petits-enfants, percevrez sûrement, à sa juste valeur, la responsabilité qui vous incombe. Vous devez garder et perpétuer cette grande tradition ancestrale et cet héritage, qui a été placé dans vos mains.

Je m’adresse à vous en ces jours d’éveil moral et de recherche de la spiritualité. Vous devez renforcer les assises de votre synagogue, quantitativement, en multipliant le nombre de ses membres, en particulier parmi les jeunes et moralement, en développant les cours de Torah et de ‘Hassidout, ‘Houmach, Michna, Guemara, Eïn Yaakov, Choul’han Arou’h, Tanya, discours ‘hassidiques, en y organisant une réunion ‘hassidique, de temps à autre. Ainsi, votre synagogue sera vivante, chaleureuse et lumineuse.

Ne perdez donc pas la possibilité offerte par les saints jours qui approchent, celle de vivifier votre communauté dans tous ces domaines. J’espère que vous convoquerez une réunion exceptionnelle, si cela est nécessaire, pour appliquer concrètement ces différents points. Dieu vous donnera la réussite et je serais heureux d’en avoir de bonnes nouvelles.

Mon beau-père, le Rabbi, constate que : il est un fait établi qu’un effort positif n’est jamais sans effet.

En souhaitant à chacun de vos adhérents d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année, de même que les membres de sa famille, ses enfants et ses petits-enfants, parmi tous nos frères, les enfants d’Israël,

Lettre n°1218

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1218, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Elloul 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 4 Elloul et j’y ai lu avec satisfaction que vous poursuivez votre action auprès des Juifs pratiquants, en général et des ‘Hassidim ‘Habad, en particulier, pour tout ce qui touche à la Yechiva. Non seulement, vos affaires n’en seront nullement affectées, mais bien plus, vous forgerez ainsi les réceptacles qui vous permettront d’élargir votre prospérité matérielle, que Dieu vous accordera désormais de Sa main pleine, ouverte, sainte et large.

Vous avez sans doute entendu l’expression que mon beau-père, le Rabbi, répétait sans cesse : Quiconque apporte son aide pour assurer la bonne éducation des enfants juifs, desquels il est dit : Vous êtes des fils pour l’Eternel votre Dieu, recevra de Dieu, mesure pour mesure, une satisfaction véritable et juive de ses enfants. Il est clair que ce sera effectivement votre cas. Vous et votre épouse concevrez sûrement beaucoup de satisfaction juive de votre fille.

Le 18 Elloul, anniversaire de la naissance de notre maître, le Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, alors que je me trouvais près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’ai mentionné votre nom et celui des membres de votre famille, pour la satisfaction des besoins de chacun d’entre vous. A n’en pas douter, mon beau-père invoquera la miséricorde divine, afin que vous receviez bénédiction et réussite.

J’ai été satisfait de faire la connaissance de votre fille, qui m’a rendu visite, en chemin vers Londres. Elle m’a fait bonne impression et j’en suis d’autant plus convaincu, comme je vous l’ai écrit, qu’elle vous procurera beaucoup de satisfaction juive.

Quant au soucis que vous cause votre associé non-juif, vous devez, à mon avis, vous demander si vous n’avez pas causé du tort à des Juifs, par inadvertance et sans le vouloir, dans vos affaires ou bien du fait de celles-ci. Si vous réparez cela, vous serez délivré du soucis de ce non-Juif.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse ma bénédiction, à la fois matérielle et spirituelle, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, de même que tous les membres de votre famille.

Avec ma bénédiction,

N. B. : Je vous joins un message en anglais et une lettre adressée à tous, pour Roch Hachana, qui, à n’en pas douter, vous intéresseront.

Lettre n°1219

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1219, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Elloul 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai pris connaissance avec satisfaction de votre lettre du mercredi de la Parchat Tavo, dans laquelle vous me dites que votre mari recouvre la santé et que votre fils vous a aidé à tenir votre commerce. J’espère que vous continuerez à me donner de bonnes nouvelles de vous et de tous les vôtres.

J’ai lu avec plaisir dans votre lettre que vous avez organisé, parmi les femmes, un comité du dernier devoir. Il est difficile de décrire l’immense mérite que représente une telle activité. Puisse Dieu faire que nous méritions prochainement la résurrection, lorsque Dieu fera disparaître la mort pour l’éternité. Alors, s’accomplira au sens physique, la promesse selon laquelle vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui.

A l’occasion de la nouvelle année qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je voudrais exprimer, à votre mari, à vous-même et aux membres de votre famille, ma bénédiction, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement à la fois.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°1220

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1220, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Elloul 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 13 Elloul, avec la demande de bénédiction qui l’accompagnait et que j’ai lue, en le jour lumineux du 18 Elloul, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.

Vous m’écrivez que vous êtes soucieux, du fait de votre état de santé. Il n’y a aucun lieu de vous inquiéter. Vous avez sûrement lu, dans les mémoires, ce que faisait le père de l’Admour Hazaken, dans les jardins et dans les champs(2). Et qui d’entre nous connaît le secret de la manière dont il doit transformer la matière du monde, comment et de quelle manière mettre en pratique la Volonté de Dieu ? Nous devons nous en remettre à notre Père, Qui se trouve dans les cieux. Il nous conduira sur le chemin qui est, pour nous, le meilleur, celui d’un bien visible et tangible, matériellement et spirituellement.

J’ai eu connaissance avec satisfaction de vos efforts pour maintenir... dans la pratique juive et j’ai mentionné leur nom près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Ainsi, j’espère qu’il sera plus aisé de les convaincre.

Nos Sages donnent l’assurance, dans le traité Temoura 15a, que le riche et le pauvre se rencontrent. Dieu fait briller les yeux de l’un et de l’autre. En l’occurrence, vous exercez votre influence sur ces personnes dans le domaine de la Torah et des Mitsvot. Dieu fera donc briller vos propres yeux et Il vous accordera la réussite dans l’étude de la partie révélée de la Torah, de la ‘Hassidout et dans vos autres préoccupations.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction de réussite dans vos études et dans vos autres préoccupations,

Notes

(1) Du précédent Rabbi. (2) Dans des endroits où il devait s’isoler.

Lettre n°1221

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1221, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Elloul 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre et la demande de bénédiction qui l’accompagnait. Sans en faire le voeu, je donnerai lecture de cette dernière près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, avant Roch Hachana.

Vous me demandez si vous pouvez aller visiter la Terre Sainte, après la fête de Soukkot. J’ai des doutes sur le bien fondé de cette visite, pendant l’année de la Chemitta.

J’aimerais savoir ce qu’est devenu votre fils, après ce dont nous avons parlé, lorsque vous étiez là, l’un et l’autre, il y a quelques temps.

A l’occasion de la nouvelle année, qui vient, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je voudrais vous exprimer ma bénédiction, ainsi qu’à tous les membres de votre famille, afin que vous soyez inscrits et scellés, pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°1222

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1222, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Fin d’Elloul 5711,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav C.Halevi(1),

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je voudrais vous exprimer ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement à la fois.

Vous connaîtrez une grande réussite auprès de vos élèves(2), auxquels vous parviendrez à insuffler la Torah avec la crainte de Dieu. Vous aurez une grande satisfaction ‘hassidique de tous vos enfants, avec la tranquillité de l’âme et du corps.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1)

Le Rav Chmouel Levitin, de New York. (2)

A la Yechiva centrale, à New York.

Lettre n°1223

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1223, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Fin d’Elloul 5711,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre et votre demande de bénédiction(1).

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction de réussite dans l’étude pénétrée de crainte de Dieu,

M. Schneerson,

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Vous me demandez si vous devez venir ici. A mon avis, la divine Providence a fait que vous puissiez illuminer l’Australie de la clarté de la ‘Hassidout. Vous devez donc, au moins pendant quelques temps, assumer cette mission. C’est seulement par la suite que vous chercherez une manière plus agréable de servir Dieu.

Vous vous demandez si votre enseignement a un quelconque effet sur les auditeurs et vous envisagez même de l’interrompre. Que Dieu vous garde de faire pareille chose ! Vous savez que la Tsédaka, même si elle n’est pas donnée de manière désintéressée(2) assure effectivement la survie du pauvre, bien que l’on ne soit pas animé d’une telle intention(3).

*

*

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Vous citez le chapitre 46 du Tanya qui déduit la présence de Dieu en Egypte du verset : Je suis descendu pour le sauver. Or, vous notez que le verset cité par la Haggada est : J’ai traversé le pays de l’Egypte.

Le Tanya se base sur l’enseignement de nos Sages, dans le Midrach Chemot Rabba, chapitre 32, paragraphe 8 et la Pessikta ‘Hadta, qui est imprimée dans le tome 6 de Beth HaMidrach : Il éprouva pour eux un amour si intense qu’Il descendit en Egypte pour les sauver.

La Hagada, en revanche, prend en compte l’impureté de l’Egypte. A cause de celle-ci, aucun ange ne pouvait pénétrer dans ce pays. Il n’y avait donc là aucune marque d’amour envers Israël. C’est ce qu’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Tsav, page 12c.

Le Tanya souligne donc avant tout l’amour de Dieu pour Israël, alors que la Hagada veut montrer qu’un ange ne put intervenir, que seul Dieu était à même de les libérer. C’est ce qu’explique le Likouteï Torah. Chaque texte cite ainsi le verset qui illustre le mieux son propos.

Notes

(1) Cette lettre collective personnelle fut adressée à plusieurs personnes ayant sollicité la bénédiction du Rabbi. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Mais pour s’en enorgueillir. (3) Parce que l’on a, par exemple, perdu une pièce qui a été trouvée par un pauvre.

Lettre n°1224

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1224, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tichri 5712,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je reçois, de temps à autre, des nouvelles de vos études à la Yechiva. Certains détails de votre comportement me satisfont, mais, même si tout était bien, vous connaissez le proverbe du Rabbi Maharach, que mon beau-père, le Rabbi, répéta de nombreuses fois : Si tout est effectivement bien, ne peut-on aspirer à mieux ?. Bien plus, il se trouve qu’en l’occurrence, certains points concernant votre comportement et votre ardeur à l’étude pourraient effectivement être améliorés.

Je voudrais vous rappeler ici le qualificatif que le Rabbi Rachab a donné aux élèves de la Yechiva. Il les a appelé des Temimim, ceux qui sont intègres. Ils doivent être des lumières qui éclairent. Combien plus doit-il en être ainsi pour ceux qui sont, en outre, des fils de Temimim. Chacun d’entre vous doit avoir gravé dans l’esprit l’immense responsabilité qui lui incombe. Vous devez être un exemple pour tous les autres élèves de la Yechiva, qui vous imiteront, non seulement dans l’étude de la ‘Hassidout et la ferveur de la prière, mais aussi dans l’étude de la partie révélée de la Torah et dans votre attitude envers les autres.

J’espère que ces propos, quantitativement brefs, suffiront pour vous faire prendre conscience de la vérité et vous aider à comprendre pourquoi vous vous trouvez à la Yechiva. De fait, vous ne vous y trouvez pas uniquement pour vous-même. Vous devez également exercer une influence positive sur votre entourage, être le modèle de ce que représente un élève de Yechiva, à la fois par l’aspect profond de votre personnalité et par votre apparence extérieure.

J’attends une bonne nouvelle de votre part. Vous m’annoncerez que vous avez bien reçu cette lettre et que vous avez commencé à en mettre concrètement les termes en pratique, d’une manière scrupuleuse.

Avec ma bénédiction de réussite dans l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, pénétrée de crainte de Dieu,

Lettre n°1225

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1225, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Tichri 5712,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu, grand érudit,

qui met en forme son étude et la commente, est empli

de connaissances, le Rav Meïr(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie beaucoup pour le précieux cadeau, les deux tomes du Torat ‘Haïm, que vous m’avez adressé. J’espère que vous enverrez également à la bibliothèque les autres livres dont vous êtes l’auteur.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul(2) et une copie de ma lettre adressée à tous(3) qui, à n’en pas douter, vous intéresseront. Par colis séparé, nous vous envoyons les discours ‘hassidiques de l’été 5700(4) et le Séfer Hasi’hot.

Je vous adresse ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année, au cours de laquelle vous pourrez vous consacrer à la Torah par toutes vos forces. En outre, vous insufflerez à votre communauté la Torah de vie, c'est-à-dire celle qui est pénétrée de sa dimension profonde, de l’arbre de vie, selon l’expression du Zohar, tome 3, page 124b.

Les activités, en cette période, sont nombreuses et je dispose donc de peu de temps. Néanmoins, j’ai feuilleté vos livres et j’ai consulté, en particulier, ce qui concerne le présent moment de l’année, c'est-à-dire les commentaires relatifs à la Techouva. En conséquence, je formulerai ici quelques remarques, même si elles ne sont pas aussi développées qu’elles auraient dû l’être.

Dans votre commentaire des Sidrot Vayéle’h et Haazinou, vous parlez de la manière dont la Techouva fut consultée(5). Vous savez sans doute qu’il existe plusieurs versions de ce texte et, vous verrez, à ce propos, le texte du Yerouchalmi, au traité Makot, chapitre 2, le Yalkout Chimeoni sur les Tehilim, au Psaume 25. Le Vaveï Haamoudim, du fils du Chneï Lou’hot Haberit en cite une version surprenante, d’après ce qui est dit du prophète Ye’hezkel. Concernant la manière dont la prophétie fut consultée(5), il mentionne un verset qui, de toute évidence, fait allusion à la sagesse(6). Le Yerouchalmi, par contre, cite ces versets dans l’ordre contraire, ce qui semble plus logique.

J’ai largement développé tout cela par ailleurs et je rappellerai ici brièvement mon propos.

On interrogea donc la Sagesse et elle répondit: Que le mal poursuive celui qui commet des fautes. Logiquement, on peut comprendre cette affirmation en expliquant que la faute entraîne naturellement le mal. Et, dans cette réponse, il est uniquement question du mal, sans autre précision, car ses dimensions quantitative et qualitative dépendent de celle de sa cause, c'est-à-dire de la faute.

On interrogea également la prophétie, dont l’objet est de se lier à la

Présence divine. Celui qui commet une faute, même par inadvertance, se prive de ce lien. De fait, celui qui agit sans conscience doit également expier son acte. La réponse de la prophétie fut donc la suivante: Que meurt l’homme qui a commis une faute. En effet, la moindre transgression suffit pour se couper de la Présence divine. Vous consulterez, à ce propos, le Guide des égarés, tome 2, à partir du chapitre 34, qui traite de la prophétie.

On posa la même question à la Torah, qui dit: Que l’homme offre un sacrifice d’Acham et on lui pardonnera. La Torah, qui est la Sagesse du Saint béni soit-Il, dépasse même la prophétie. C’est la raison pour laquelle le prophète n’introduit pas d’élément nouveau(7). Et, la Torah ressent donc le manque(8) beaucoup plus que la sagesse et la prophétie. De ce point de vue, la mort elle-même n’est pas suffisante pour apporter l’expiation.

Néanmoins, la Torah est une Torah de bonté et Dieu tend la main pour accueillir ceux qui se repentent. Il tient compte du fait qu’un homme, lorsqu’il commet une faute, est saisi par un esprit de folie et agit comme un animal. La Torah introduit donc un moyen de racheter cette faute et celui-ci souligne que l’homme a pu le commettre uniquement parce qu’il s’est comporté comme un animal. Le sacrifice qui doit être apporté est précisément celui d’Acham, qui regroupe toutes les catégories de faute, celle que l’on n’est pas certain d’avoir commise, celle que l’on a fait par inadvertance, celle pour laquelle on agi en conscience. On pourrait développer également d’autres explications.

La même question fut également posée au Saint béni soit-Il(9). Certes, qui, mieux que Lui, est conscient du préjudice(8)? A l’opposé, qui Lui dicterait Son comportement? Et, si tes fautes sont multiples, que Lui ôtes-tu?. Dieu demande donc à l’homme de mettre en éveil la partie de son âme qui s’élève au dessus de tout calcul et, de la sorte, d’accéder à la Techouva.

La Techouva permet de se changer, d’une extrême à l’autre, de sorte que, selon les termes du Rambam, Celui Qui a connaissance de ce qui est caché puisse porter témoignage qu’il ne commettra plus cet acte insensé. Un tel homme, provoque, pour ce qui le concerne, une transformation, dans les sphères célestes, d’une extrême à l’autre. Alors qu’il se trouvait dans une fosse profonde, dans laquelle le défaut qu’il avait causé était particulièrement ressenti, il se hisse, grâce à la Techouva, sur une cime élevée. De fait, le niveau atteint par ceux qui réalisent la Techouva est inaccessible aux Justes parfaits. Nous n’en dirons pas plus ici.

Vous m’interrogez sur les fautes intentionnellement commises qui sont transformées en bienfaits. Vous trouverez l’explication correspondante à la fin du chapitre 7 du Tanya.

Concernant la Torah et les Mitsvot accomplies par celui qui a commis une faute, vous consulterez les lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken, chapitre 4, paragraphe 3.

Je voudrais formuler également une remarque sur la conclusion de votre lettre, selon laquelle nous sommes parvenus au début de la délivrance. Que Dieu nous garde de dire et, a fortiori, d’écrire que la situation actuelle, en notre Terre Sainte, pour ce qui touche à la pratique juive, fait la preuve que nous sommes au début de la délivrance. Il est douloureux d’en dire plus, d’autant que tous savent bien ce qu’il en est.

Puisse donc Dieu faire que nous quittions, très bientôt et de nos jours, cette obscurité profonde et intense, dans laquelle on fait passer la pénombre pour de la lumière et la lumière pour de la pénombre et que notre juste Machia’h nous libère, avec tout le peuple d’Israël, à l’extérieur d’Erets Israël comme en Terre Sainte, qui sera rebâtie et restaurée.

Ainsi, nous quitterons cet exil amer et nous connaîtrons la délivrance complète et véritable.

Notes

(1) Le Rav M.Blumenfeld. (2) Voir le Séfer Hamaamarim 5709, page 26. (3) Il s’agit de la lettre n°1191. (4) 1940, du précédent Rabbi. (5) Pour donner un avis sur ce qu’il convient de faire à l’homme qui a mal agi. (6) A laquelle la même question fut également posée. (7) Mais transmet uniquement les termes de la prophétie qui lui a été confiée, alors que l’érudit de la Torah en développe des explications nouvelles. (8) Suscité par l’homme qui a commis la faute. (9) Dont la réponse fut: Un tel homme doit faire Techouva.

Lettre n°1227

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1227, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Tichri 5712,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav Mena’hem Man(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du dimanche de la Parchat Haazinou, par laquelle vous m’interrogez sur l’affirmation du Sidour de l’Admour Hazaken, selon laquelle on récite, au second soir de Soukkot(2), d’abord la bénédiction de Chéhé’héyanou(3), puis celle de Léchev Basoukka(4), alors que, concrètement, nous récitons ces bénédictions, le second soir, dans l’ordre inverse.

Voici ma réponse. Nos coutumes sont basées(5) sur ce qu’a raconté mon beau-père, le Rabbi, du comportement de son père, le Rabbi Rachab. Or, ce dernier apporta lui-même une correction, à ce propos, dans le Sidour avec lequel il priait. Vous consulterez, du reste, le Sidour Torah Or imprimé à New York, en 5701(6) et vous trouverez cette correction, à la page 233, dans le texte du Kiddouch des fêtes.

De façon générale, vous devez savoir que nos maîtres gardaient très scrupuleusement les coutumes. Néanmoins, celles qu’ils respectaient n’étaient pas toutes rendues publiques, de sorte que les ‘Hassidim n’en avaient pas connaissance. Des confusions en ont résulté. Et, notre génération a eu le mérite, comme l’a maintes fois souligné mon beau-père, le Rabbi, de voir la révélation de certaines de ces pratiques. Auparavant, celles-ci n’étaient pas divulguées, alors que, désormais, l’autorisation de le faire a été accordée.

De même, on nous a révélé des trésors, constitués par les récits de nos maîtres qui, jusqu’à notre époque, n’étaient pas connus. Nombre d’entre eux figurent dans les causeries(7) qui ont été éditées. Beaucoup d’autres sont prêts à être imprimés.

J’ai appris avec satisfaction, par votre lettre, que vous avez conscience de vos origines ‘hassidiques, bien plus, que vous en savez la valeur et adoptez, en conséquence, le comportement nécessaire. Je vous souhaite de connaître de longs jours et de bonnes années, une longue vie, en bonne santé et aussi, dans une dimension plus profonde, des années emplies de bonnes choses et il n’est de bon que la Torah et les Mitsvot.

Vous avez sûrement adopté les études instaurées par mon beau-père, le Rabbi, c’est-à-dire le passage quotidien du ‘Houmach de la Sidra de la semaine, avec le commentaire de Rachi, les Tehilim de chaque jour, selon leur répartition mensuelle et un passage du Tanya, défini dans le guide d’étude(8). C’est grâce à cela que l’on obtient la bénédiction et la réussite dans tous les domaines.

Avec ma bénédiction,

Le Sidour dit que la pratique est la même les deux premiers soirs(9). Cette affirmation est le fait de celui qui a réalisé la mise en page(10) et non de l’Admour Hazaken. Ce dernier, bien au contraire, précise dans son Choul’han Arou’h, chapitre 643, paragraphe 1: le premier soir. Le Rabbi Rachab

en déduit que l’on n’adopte pas le même ordre(11), le second soir, comme il le dit dans la correction dont je parle plus haut.

Notes

(1) Le Rav M.M. Swet. Voir, à son propos, la lettre n°1313. (2) Au moment du Kiddouch. (3) La bénédiction qui est liée à la fête. (4) La bénédiction qui est liée au fait de se trouver dans la Soukka. (5) Voir le Séfer Haminhaguim ‘Habad, page 67. (6) 1941, qui précéda le Sidour Tehilat Hachem, lui-même conçu par le Rabbi. Dans la dernière édition, il s’agit de la page 490. (7) Du précédent Rabbi. (8) Figurant dans le Hayom Yom, dont le Rabbi est l’auteur. (9) De Soukkot, s’agissant de l’ordre des bénédictions dans le Kiddouch. (10) Du Sidour. (11) Des bénédictions.

Lettre n°1228

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1228, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille du Chabbat 13 Tichri 5712,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 13 Tichri et de la fête de Soukkot, qui approche(1). Vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre, en particulier grâce à la joie du temps de notre joie, qui est la nôtre, au pluriel(2).

Vous savez qu’un homme, lorsqu’il est joyeux, s’efforce d’être en compagnie(3), ainsi qu’il est dit: tu te réjouiras, toi et ta maison, c'est-à-dire toutes les personnes la constituant.

Combien plus est-ce le cas lorsque l’on se réunit pour étudier la Torah, qui a la vertu de rapprocher les coeurs, instaure l’amitié entre tous ceux qui prennent part à l’étude(4), surtout quand elle porte sur l’enseignement profond de la Torah, qui est l’arbre de vie, ne comprenant aucune interrogation, aucune controverse(5).

Lorsque de nombreuses personnes se réunissent, elles peuvent obtenir tout ce qu’elles désirent(6), en particulier si l’objet de leur réunion est l’étude de la Torah ou une fête empreinte d’amour du prochain. Alors, s’accomplit la promesse selon laquelle Bénis-nous, notre Père, tous comme un, par la lumière de Ta Face(7).

C’est ainsi que l’on provoque la joie de Dieu, à laquelle fait également allusion le pluriel du temps de notre joie, en l’occurrence, celle du Saint béni soit-Il, que Dieu se réjouisse de Ses créatures et celle des Juifs, qu’Israël se réjouisse de son Créateur(8).

Avec ma bénédiction pour une joyeuse fête,

M. Schneerson,

Notes

(1) Introduit par la lettre n°1126. Cette lettre personnelle collective fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Ce qui implique bien la réunion de plusieurs personnes. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le traité Yebamot 62b, à propos de celui qui est sans joie et le traité Moéd Katan 7b, qui constate: de façon générale, on préférera être en compagnie. (4) Le Rabbi note, en bas de page: Selon le traité Kiddouchin 30b. (5) Le Rabbi note, en bas de page: Selon le Zohar, tome 3, page 124b. Voir Igueret Hakodech, au chapitre 26. (6) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 38, paragraphe 6: Je ne peux les dominer (ceux qui construisirent la tour de Babel, parce qu’ils étaient unis). Le Likouteï Torah sur trois Parachyot l’explique longuement, à la fin de la Parchat Noa’h. (7) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le chapitre 32 du Tanya, le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva d’aimer son prochain, le Kountrass Hé’haltsou. (8) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Likouteï Torah sur Chemini Atséret, au discours intitulé: Que Dieu soit avec moi pour mes amis, chapitre 3, la causerie du premier soir de Soukkot 5704, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et protégera tout Israël.

Lettre n°1229

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1229, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de la fête de Soukkot 5712,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché Meïr(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous m’annoncez la création d’un comité pour la pureté familiale, dans le quartier de Brighton Beach et vous me demandez d’adresser quelques mots d’encouragement aux membres de cette communauté.

J’accède à votre requête avec joie et je vous joins le texte de mon appel(2). Avec l’effort qui convient, Dieu permettra sûrement que votre initiative positive soit suivie d’effet, au plus vite.

Avec ma bénédiction pour une bonne fête,

Notes

(1) Le Rav M.M. Yachar. (2) Voir la lettre suivante.

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