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Iguerot Kodesh — lettres 1129 à 1148

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1129

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1129, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre datée de la veille du Chabbat 23 Tamouz. Entre temps, mes courriers adressés à messieurs Elmaleh, Gross et Da Silva sont sûrement parvenus à leur destinataire. Je l’ai avait écrits en relation avec la fête de la libération(2) et ils rendent peut-être nécessaire une explication complémentaire(3). Je m’en remets à votre jugement, en la matière.

Vous m’écrivez que vous ne pouvez parler du 12 Tamouz avec personne, dans votre ville(4). Cela n’est pas exact. Des personnes auxquelles vous pouvez vous adresser s’y trouvent nécessairement. Si ce n’était pas le cas, vous ne vous seriez pas installé dans cette ville. Mais, il vous faut encore trouver ces personnes.

L’attribut du bien est plus puissant que celui du malheur. Or, au début du traité Pessa’him, nos Sages ont montré de quelle manière il fallait chercher le ‘Hamets(5), jusque dans les orifices et les fentes. Combien plus doit-il en être ainsi, lorsqu’il s’agit d’une recherche positive et de l’effort que chaque Juif doit fournir, en la matière. En pareil cas, on peut, à n’en pas douter, obtenir beaucoup plus que le résultat escompté et, en tout état de cause, largement au-delà de ce que l’on peut s’imaginer avant même d’avoir fourni un tel effort.

Très souvent, nous avons besoin de connaître ici, de façon précise, le nombre des institutions(6) et des élèves qui fréquentent chacune d’entre elles. Grâce à votre action, ce nombre augmente, de temps à autre. Vous voudrez donc bien me prévenir immédiatement de la création d’une nouvelle institution ou d’un nouvel aménagement, en la matière. Je vous en remercie d’avance.

Le financement par le Joint(7) me cause beaucoup de soucis, mais j’ai bon espoir que mon beau-père, le Rabbi, qui continue à diriger l’action, plus que de son vivant, obtiendra la réussite dans ce domaine. Comme l’explique le fascicule du 12 Tamouz, édité pour la fête de la libération, cette année, le succès sera naturel et surnaturel à la fois.

A la veille de Roch ‘Hodech Mena’hem Av, je me suis rendu auprès du tombeau de mon beau-père, le Rabbi et j’ai mentionné votre nom, ainsi que celui de votre épouse, pour la satisfaction de vos besoins et pour que vous ayez bientôt des enfants.

Je suis un peu surpris que vous n’évoquiez pas, dans votre lettre, l’état de santé de votre épouse. Conformément à l’usage des ‘Hassidim de l’ancienne génération, cela veut vraisemblablement dire que tout va bien. Dans votre prochaine lettre, vous détaillerez sûrement ce point et vous pouvez être certain, tout comme votre épouse, que mon beau-père, le Rabbi, suscite la bénédiction et la réussite pour ceux qui se consacrent à la mission qu’il leur a confiée. Vous me donnerez tous les deux de bonnes nouvelles, dans ce domaine.

Je vous joins le compte rendu de ce que j’ai dit aux élèves qui se rendent dans différentes villes, avec la mission d’y renforcer la pratique juive(8). Peut-être pourrez-vous en faire usage, de la manière qui convient, dans votre ville.

Il serait bon de rechercher, dans votre ville, un journal dans lequel on pourrait faire paraître des articles sur notre action, en particulier, ou bien sur la Torah et la ‘Hassidout, plus généralement. Bien évidemment, peu importe s’il est rédigé dans la langue du pays. Bien au contraire, ceci peut être un avantage et permettre de multiplier le nombre des lecteurs.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Je viens de recevoir votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem Av. Je vous remercie de m’avoir adressé les livres de Kabbala. Je vous prie instamment de continuer à le faire, qu’il s’agisse de Kabbala ou de la partie révélée de la Torah. Plus vous en enverrez et mieux cela sera. Il ne doit pas nécessairement s’agir d’ouvrages anciens. Ce peut être tout ce qui est édité en Afrique ou en Asie.

Notes

(1) Le Rav C.Matusof, du Maroc. Voir, à son propos, la lettre n°818. (2) Du 12-13 Tamouz. (3) Pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec le récit de la libération du précédent Rabbi. (4) A Casablanca. (5) Ce qui est une recherche négative, puisque le ‘Hamets est interdit, à Pessa’h et qu’il s’agit, en l’occurrence, de le faire disparaître. (6) Crées au Maroc. (7) Qui a diminué. (8) Voir la lettre n°1120. (9) Appartenant à d’anciennes collections marocaines.

Lettre n°1130

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1130, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Mihaël(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu en son temps votre lettre du mercredi de la Parchat Matot Masseï. Du fait de mes nombreuses activités, ma réponse a été retardée jusqu'à maintenant. De manière générale, lorsque je reçois une lettre dans laquelle une requête est formulée, je m’efforce d’y accéder, dans toute la mesure du possible. La réponse aux lettres, en revanche, est retardée, contre mon gré, à cause de mon emploi du temps et de la nécessité de préparer l’édition des enseignements ‘hassidiques de notre maître.

Je vous demande donc, à l’avenir, de m’écrire le plus souvent possible et de me décrire toutes vos réalisations positives, sans tenir compte du retard de ma réponse. De plus, il nous est parfois nécessaire de connaître le nombre précis de nos institutions, au Maroc et le nombre approximatif des élèves fréquentant chacune(2). Lorsque vous ouvrez une nouvelle institution ou qu’un changement significatif intervient dans le nombre des élèves, vous voudrez bien me le faire savoir au plus vite.

Je vous remercie de vos efforts pour envoyer des livres à ma bibliothèque(2). Vous continuerez sûrement à le faire. Il semble, en effet, que de nombreux livres, de Kabbala ou de la partie révélée de la Torah, aient été imprimés, ces dernières années, en Afrique du nord. Vous pourrez sans doute en obtenir la plupart, à titre gracieux, pour ma bibliothèque ou, tout au moins, en échange de livres parus aux éditions Kehot.

Le fascicule édité à l’occasion du 12 Tamouz vous a été adressé en son temps.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et en saluant tous ceux qui vous viennent en aide,

N. B. : A l’occasion de la fête de la libération du 12 Tamouz, une lettre et un fascicule ont été envoyés au Rav Tolédano(3). Il est sans doute arrivé, en son temps, à son destinataire.

Vous voudrez bien vérifier également s’il existe, dans votre ville, un journal(2), quotidien, hebdomadaire ou mensuel, qui accepterait d’éditer, de temps à autre, un article sur la ‘Hassidout, en général et sur notre action, en particulier.

Notes

(1) Le Rav M.Lipsker, de Meknès, Maroc. Voir, à son propos, la lettre n°785. (2) Voir la lettre précédente. (3) Le Rav Raphaël Barou’h Toledano, Grand Rabbin de Meknès. Voir, à son propos, la lettre n°944.

Lettre n°1131

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1131, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu en son temps votre lettre du 5 Mena’hem Av et j’ai appris avec satisfaction que votre fils va mieux. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez souvent de bonnes nouvelles.

Vous sollicitez un prêt pour vos affaires. Vous savez sans doute que mon beau-père, le Rabbi, a fondé une caisse de bienfaisance, gérée par le bureau pour l’aide et l’intégration des réfugiés(1). Il m’est difficile de déroger à la procédure établie en la matière(2), d’autant qu’elle a été fixée par mon beau-père, le Rabbi.

Comme c’était le cas auparavant, vous devez donc vous adresser au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav B.Gorodetski. Il vous aidera sûrement, selon les possibilités de cette caisse. De mon côté, je lui écrirai également en ce sens.

Le fascicule de commentaires sur E’ha(3) vous a été adressé, par envoi séparé. Vous voudrez bien me confirmer l’avoir reçu.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Dont le siège est à Paris et qui est dirigé par le Rav Binyamin Gorodetski. (2) En accordant directement ce prêt. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°1127 et 1128.

Lettre n°1132

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1132, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid, qui s’acquitte fidèlement

de sa tâche, le Rav Y.Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre d’hier et je me dépêche de vous répondre pour vous raconter un nouveau miracle de mon beau-père, le Rabbi :

J’étais contrarié parce que je n’ai pas pu annoncer à mon beau-père, le Rabbi, près de son tombeau, à la veille de Roch ‘Hodech Mena’hem Av, que vous m’avez transmis votre chèque habituel, pour le financement de ses actions(2). Néanmoins, comme je vous l’ai déjà raconté, mon beau-père, le Rabbi, m’a dit, une fois, que je ne devais exercer aucune pression sur vous, dans le domaine financier. Je ne suis donc pas intervenu.

Je m’aperçois maintenant que le Rabbi vous a lui-même conduit à la prise de conscience(3). En effet, vous m’écrivez vous-même que vous avez eu des remords. Ceux-ci font penser aux proclamations, faites dans les sphères célestes, qui suggèrent aux hommes des pensées et de bonnes décisions auxquelles ils n’étaient, par eux-mêmes, pas prêts, comme l’explique le Likouteï Torah, Parchat Tetsé, page 36d et, plus précisément, le discours ‘hassidique intitulé Alors Moché chanta de 5700(4), que vous possédez sûrement.

Dieu vous viendra en aide et non seulement vous ne diminuerez pas vos accomplissements positifs, ce qu’à Dieu ne plaise, mais, bien plus, vous les augmenterez car, conformément à l’avis de nos Sages, on s’élève en tout ce qui est lié à la sainteté.

Une intervention évidente de la divine Providence a fait que tout cela se passe le 15 Av, date que mentionnent nos Sages, à la fin du traité Taanit, faisant remarquer que par la suite, l’ajout devient possible, pour ce qui concerne la Torah et celle-ci fait qu’il en soit de même pour les Mitsvot(5), en particulier pour la Tsédaka, qualifiée de Mitsva générique et considérée, à elle seule, comme l’ensemble des Mitsvot.

Vous consulterez, à ce propos, le chapitre 37 du Tanya, la fin du chapitre 3 d’Igueret Hatechouva, les chapitres 3 et 4 d’Igueret Hakodech, de même que la fin des chapitres 5, 6, 8, 9, 10 et 12.

Avec ma bénédiction de réussite dans vos activités personnelles et pour que vous transformiez les biens matériels en spiritualité, avec joie et enthousiasme,

Notes

(1) Le Rav Yaakov Kats, de Chicago. Voir, à son propos, la lettre n°822. (2) Parce que ce chèque n’avait pas été transmis ! (3) Par l’envoi de ce chèque. (4) 1940, du précédent Rabbi. (5) Que les Mitsvot soient multipliées.

Lettre n°1133

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1133, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn, New York,

Aux grands Rabbanim, distingués ‘Hassidim qui craignent

Dieu et dirigent la communauté de Dublin et de sa région,

Le grand Rabbin, Rav Israël Yakobovitch et le juge du

tribunal rabbinique, Rav Zalman Yossef Aloni,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du mardi de la Parchat Pin’has.

Je mentionnais, à la suite du Chabbat Na’hamou(1), la double consolation qu’évoquent nos Sages. Elle ne l’est pas uniquement par sa dimension quantitative, mais aussi qualitativement. Une telle consolation doit non seulement supprimer la douleur, mais aussi la transformer en plaisir.

Ainsi, un homme peut prendre conscience que les souffrances qu’il a endurées ont un sens. Toutefois, une telle consolation n’est pas double(2). Pour qu’elle le soit, il faut, en outre, pouvoir vérifier que ces douleurs n’en étaient pas, qu’elles étaient, en réalité, un bien caché qui, du fait de son caractère hautement positif, a pu recevoir une telle formulation, en parvenant ici-bas.

On peut comprendre tout cela à partir d’une explication qu’introduit brièvement le chapitre 26 du Tanya et dont parle également la Guemara. Une première formule dit que tout ce que Dieu fait est pour le bien. Une seconde, plus élaborée, précise que cela est également pour le bien(3).

C’est la différence qui peut être faite entre un récit concernant Rabbi Akiva et un autre, relatif à Na’houm, Ich Gamzo. La bougie de Rabbi Akiva s’éteignit, son âne et son coq furent dévorés et il fut ainsi préservé d’un tort physique(4). Il prit alors conscience que sa peine était, en réalité, un bienfait. Pour autant, les événements qu’il vécut furent réellement éprouvants et il n’y eut donc là qu’une simple consolation.

Dans le récit de Na’houm, Ich Gamzo, en revanche, des pierres précieuses et des pierres furent échangées contre de la terre(5). Or, un miracle survint à cette terre(6) et non seulement l’épreuve le sauva des déboires, mais, bien plus, elle démontra qu’il ne s’agissait pas d’un malheur mais, au contraire, d’un bien inestimable(7).

Puisse donc Dieu faire, pour ce qui vous concerne, que vous puissiez constater, non seulement que tout ce que Dieu fait est pour le bien, mais aussi que cela est également pour le bien. Dieu, Qui est Tout Puissant, révélera la finalité ultime et l’on prendra conscience que cela est également pour le bien, même si cela n’apparaît pas, à nos yeux de chair, car ce bien appartient au monde caché, qui transcende le monde révélé.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en invoquant la miséricorde céleste et en espérant recevoir de bonnes nouvelles, de façon générale et aussi dans le détail,

Notes

(1) Qui fait suite à Tichea Beav et dont la Haftara commence par Na’hamou, Na’hamou, consolez, consolez Mon peuple. (2) C’est, en fait, la définition même d’une consolation et l’on ne voit donc pas en quoi consiste son caractère double. (3) Quel que soit l’événement. (4) Parce que les brigands ne remarquèrent pas sa présence. Or, il avait considéré de manière négative la perte de sa bougie, de son âne et de son coq. Il dut donc convenir que tout ce que Dieu fait est pour le bien. (5) Pour le voler. (6) Et elle apporta la victoire au combat, lorsqu’elle fut jetée sur l’ennemi. (7) Car les pierres précieuses et les perles n’auraient pas permis de vaincre l’ennemi de cette façon. Na’houm Ich Gamzo dit, à ce propos : cela est également pour le bien.

Lettre n°1134

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1134, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch

de Lod, auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres du 29 Tamouz et du 5 Mena’hem Av.

Vous m’écrivez que vous avez eu l’idée de déléguer un émissaire particulier en Belgique, en Hollande et en Suisse, afin de collecter des fonds pour la Yechiva. A mon avis, cette proposition est globalement positive, mais à deux conditions :

A) Vous en discuterez avec les autres institutions Loubavitch(1), qui envoient aussi des délégués dans différents pays, afin qu’il n’y ait pas de confusion et de rancoeurs mutuelles. Il serait peut-être même bon d’organiser, avec quelques autres institutions, une collecte unifiée.

B) Le ou les délégués ne se contenteront pas de collecter des fonds, comme le demande mon beau-père, le Rabbi(2). Selon son expression, ils récolteront des biens matériels et sèmeront de la spiritualité. L’expérience a montré que la réussite de la première partie de leur mission dépend de celle de la seconde.

Lettre n°1135

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1135, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de Kfar ‘Habad,

auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres du 7 Mena’hem Av et du vendredi, veille du Chabbat Parchat Devarim.

Vous me faites part de votre intention d’envoyer ici un délégué, représentant des ‘Hassidim de Kfar Sefrya ‘Habad, mais vous ne m’indiquez pas ce que sera sa mission. La formulation de votre lettre ne m’a pas permis non plus de déterminer s’il s’agit d’une décision que vous portez à ma connaissance ou d’une question que vous me posez. Si votre décision est prise, vous voudrez bien me le préciser à une prochaine occasion et vous efforcer d’obtenir les documents officiels(2).

En revanche, si vous me demandez mon avis, cette proposition ne me convient pas du tout, car je n’y vois pas grand intérêt. A l’approche de Tichri, surtout lorsque commence l’année de la Chemitta(3) et alors que doivent intervenir des modifications dans votre implantation, le moment n’est pas du tout propice pour qu’un homme actif et capable d’exercer une influence s’en aille pendant plusieurs semaines, d’autant qu’une large part de ce qu’il peut accomplir en étant ici peut sans doute être obtenu également par courrier.

Pendant les deux semaines qui viennent, les dirigeants de l’appel unifié de ce pays, de la collecte pour Erets Israël et du Joint se trouveront en Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée. A mon avis, il serait bon :

1. d’obtenir qu’ils visitent le Kfar et d’organiser, pour eux, l’accueil qui convient,

2. que des représentants des ‘Hassidim du Kfar leur rendent ensuite visite, profitant de la bonne humeur qui aura ainsi été créée.

Pour renforcer la démarche, des représentants de l’association des ‘Hassidim ‘Habad et des différentes synagogues ‘hassidiques seront présents également, faisant ainsi la preuve que vous constituez un groupe significatif, en Terre Sainte. Si des représentants de toutes les institutions ne peuvent être intégrés à la délégation, celle-ci sera au moins habilitée à s’exprimer en leur nom.

Après avoir fait, devant ces dirigeants, l’exposé qui convient, vous leur expliquerez avec fermeté, mais, bien évidemment, avec calme et sérénité, que vous avez besoin d’une aide particulière pour la Chemitta. Dans la discussion, il est peut-être utile de mentionner la possibilité, comme ils le savent, d’organiser une collecte publique, au profit du mouvement Loubavitch, de la part du fonds pour la Chemitta, aux Etats Unis.

En effet, ils ne font preuve d’aucun empressement, en la matière, car un manque pour eux en résulterait sûrement, dans la collecte générale. Ils doivent reconnaître que la demande d’aide pour la Chemitta est justifiée, qu’elle ne diminuera en rien leur propre collecte, bien au contraire.

Bien évidemment, une telle démarche est envisageable uniquement si aucun parti, aucune autre institution ne sollicite une aide à la Chemitta pour le Kfar(4).

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Kfar ‘Habad s’appelait auparavant Kfar Sefrya. (2) Pour son entrée aux Etats Unis. (3) Le Chabbat de la terre, que fut en 5712 (1951-1952). (4) Si le Kfar n’a pas chargé une autre instance de le représenter.

Lettre n°1136

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1136, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de l’association des ‘Hassidim ‘Habad,

auxquels Dieu accordera une longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) Vous trouverez ci-joint la copie d’un courrier que j’adresse au Kfar(1). A mon sens, même si les représentants du Kfar ne rendent pas visite aux dirigeants que je cite dans cette lettre, car on dit qu’un parti a été chargé de défendre leurs intérêts auprès d’eux, il reste nécessaire que des représentants des institutions Loubavitch leur rendent visite. Ils leur parleront des activités du mouvement Loubavitch en Terre Sainte. Pour différentes raisons, cette démarche sera utile, même si rien n’est demandé en échange(2).

B) Madame Levy, l’une des dirigeantes du Joint en France, est actuellement en visite en Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée. Par son intermédiaire, différents projets, au profit des ‘Hassidim, ont pu aboutir et elle pourra, à l’avenir encore, avoir une intervention décisive, en la matière.

Elle vient en Terre Sainte essentiellement pour y préparer l’installation de son père qui est, d’après ce que l’on dit, un Juif pratiquant. Il serait bon de lui venir en aide pour y parvenir. Il est dit , en effet Envoie ton pain au fil de l’eau.

Je ne connais pas son adresse, mais elle s’adressera sûrement à l’association des ‘Hassidim ‘Habad ou à l’un de ses dirigeants. Les adresses correspondantes lui ont été communiquées à

Paris.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Kfar ‘Habad. Il s’agit de la lettre précédente. (2) Aucun financement de ces activités.

Lettre n°1137

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1137, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille du mercredi de la Parchat Ekev,

Et ce sera si vous écoutez(1),

20 Mena’hem Av 5711(2),

Brooklyn, New York,

En son temps(3), j’ai accepté avec plaisir la proposition du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Mena’hem Zéev Halevi(4), qui souhaitait réaliser un recueil de lois et de pratiques usuelles(5) mais parfois négligées par certaines personnes, qui n’en comprennent pas l’importance ou encore ne savent même pas qu’elles existent.

Je salue avec une grande satisfaction la parution d’un premier recueil. Je rédige donc ces quelques lignes pour exprimer mes voeux et ma bénédiction.

J’accorde ainsi ma bénédiction pour que s’accomplissent, en ces propos émanant du cœur du ‘Hassid qui a effectué cette compilation et l’a mise en forme, l’assurance de nos Sages(6) selon laquelle : les paroles qui émanent du cœur pénètrent dans le cœur de ceux qui prendront connaissance de ce recueil. Ceux-ci en accompliront les termes, chacun selon ce qu’il doit faire, en respectant les Injonctions et en se gardant de transgresser les Interdits.

Les causeries et les lettres de mon beau-père, le Rabbi, que le ‘Hassid, auteur de cette compilation, a également éditées, apporteront, à n’en pas douter, une aide appréciable, en la matière.

*

*

*

Différents textes soulignent la valeur des pratiques que les hommes considèrent comme étant de moindre importance. Il nous a été souligné(7) que l’on peut ainsi s’écarter totalement du droit chemin, ce qu’à Dieu ne plaise : Ah, vous qui attirez la faute par les cordes de la vanité : Ceux qui les foulent au talon et n’en tiennent aucun compte. Par la suite, la faute s’amplifie et devient comme une charrette qui écarte l’homme de ce monde et du monde futur.

Et l’on nous a dit(8) ce que serait la punition : Pourquoi dois-je m’emplir de crainte lorsque j’éprouve le mal ? Parce que la faute se trouve à mes talons. Il s’agit là des Mitsvot légères, auxquelles les hommes ne prêtent pas attention, qu’ils foulent au talon et celles-ci m’entourent.

Mais, l’on nous a également donné l’assurance(9) que la récompense serait considérable :

Et ce sera(10) si vous écoutez, si vous respectez les Mitsvot légères que l’on foule au talon, l’Eternel ton Dieu respectera pour toi l’alliance et la bonté dont Il a fait le serment à tes ancêtres. Il t’aimera, te bénira et te multipliera.

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Premiers mots de cette Paracha. (2) Date anniversaire du décès de Rabbi Lévi Its’hak, père du Rabbi. (3) Cette lettre du Rabbi est l’avant propos du recueil de lois. (4) Le Rav M.Z. Gringlass, de Montréal. Voir, à son propos, la lettre n°419, 1149 et 1190. (5) Voir, à ce propos, les lettres n°657, 1149 et 1190. (6) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le Séfer Hayachar de Rabbénou Tam, chapitre 13, cité par le Chneï Lou’hot Haberit, porte des lettres, paragraphe 30. (7) Le Rabbi note, en bas de page : Zohar Mikets, page 199a. Voir aussi le chapitre 7 d’Igueret Hatechouva. (8) Le Rabbi note, en bas de page : Midrach Tan’houma, début de la Parchat Ekev. Voir le Likouteï Torah, commentaires de Roch Hachana, page 62d. (9) Le Rabbi note, en bas de page : Commentaire de Rachi au début de la Parchat Ekev. Voir le Torah Or Vayétsé, page 23c. (10) Le Rabbi note, en bas de page : Le mot Vehaya, et ce sera, fait systématiquement allusion à la joie, selon le Midrach Béréchit Rabba, au chapitre 42, alors que le mot Hoï, Ah, comme dans Ah, vous qui attirez la faute, indique la détresse. Le lien avec Ekev peut être déduit de l’explication du Tséma’h Tsédek, dans son Pirouch Hamilot, le second tome de Dére’h Mitsvoté’ha, commentant le verset heureux ceux qui résident dans Ta maison, à propos du mot Hoï et du Likouteï Torah Reéh, page 30d, des Rechimot E’ha, page 31, à propos de Vehaya. Concernant Ekev, on consultera le Ets ‘Haïm, porte 38, paragraphe 3, le Chaar Hapessoukim Béréchit 26, 5 ; 31, 19 et d’autres références encore.

Lettre n°1138

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1138, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous

bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 17 Mena’hem Av, dans laquelle vous me dites que votre père demande à ses enfants de lui donner les moyens de se rendre en Terre Sainte, mais que votre mère ne veut pas l’accompagner.

Je vous raconterai, à ce propos, un récit que je tiens de mon beau-père, le Rabbi(1). Un ‘Hassid du Tséma’h Tsédek voulait se rendre en Erets Israël. Son Rabbi lui dit : Rabbi Hillel(2) n’éprouve pas le besoin de se rendre en Terre Sainte. Toi, en revanche, tu ressens ce besoin. Fais donc ici même Erets Israël(3).

On peut déduire de ce récit la considération que le Tséma’h Tsédek avait pour Rabbi Hillel. J’espère que vous aurez de bonnes nouvelles, en la matière et que vous m’en ferez part.

Hier, à l’occasion de l’anniversaire du décès de mon père, je me suis rendu près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi et j’y ai mentionné votre nom et celui des membres de votre famille, pour la satisfaction de vos besoins.

Je pense que vous avez dû recevoir l’article en anglais à propos de l’Afrique(4), de même que la brochure sur les activités communautaires. Vous me le confirmerez.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Qui le raconta dans l’une de ses lettres. (2) Rabbi Hillel de Paritch, l’un des grands ‘Hassidim du Tséma’h Tsédek. (3) Sans avoir besoin de s’y rendre physiquement. Ceci est également une réponse pour le père du destinataire de cette lettre. (4) Des activités du mouvement Loubavitch en Afrique du nord.

Lettre n°1139

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1139, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du lundi de la Parchat Ekev et aux précédentes.

C’est avec une grande joie que je voudrais vous annoncer l’aboutissement de l’idée que vous aviez eue(2) en 5705(3), celle d’éditer les discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi, grâce aux contributions de donateurs. Différentes raisons, des empêchements, des voiles, des obstacles en ont retardé la réalisation jusqu'à maintenant.

Avant-hier, veille du 20 Mena’hem Av(4), le premier volume de ces discours ‘hassidiques a été rapporté de la reliure. Il contient ceux qui ont été prononcés pendant l’été 5700(5). Il est dit que le vin appartient à son propriétaire, mais l’on remercie celui qui le sert. Or, c’est bien vous qui avez été à l’origine de ce projet, commençant à voir sa réalisation concrète.

Quand seront imprimés et reliés les volumes suivants ? Je ne le sais pas, car mes activités sont nombreuses et ma charge de travail, importante. Néanmoins, j’ai bon espoir que ce sera dans un proche avenir.

Ce livre vous a été adressé, par colis séparé, avec la brochure sur les activités communautaires(6). Vous les avez sûrement déjà reçus.

Notes

(1) Le Rav M.I. Hecht. Voir la lettre n°962. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°184. (3) 1945. (4) Date de la Hilloula de Rabbi Lévi Its’hak, père du Rabbi. (5) 1940. (6) Mentionnée dans la lettre précédente.

Lettre n°1140

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1140, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Y.M. M.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres du 8 et du 17 Mena’hem Av. Lorsque je me trouvais, hier, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’ai mentionné votre nom, pour la satisfaction de tous vos besoins et surtout pour que vous connaissiez la réussite dans la mission qui vous est confiée. A n’en pas douter, le Rabbi invoquera pour vous la miséricorde divine. Grands sont les Justes...(2), dont le Saint béni soit-Il entérine les décisions.

Vous organiserez sûrement une réunion ‘hassidique, pendant le Chabbat Mevar’him(3), afin d’encourager et de renforcer nos frères, les enfants d’Israël, dans l’amour de Dieu, de la Torah et de son prochain. Mon beau-père, le Rabbi, signifia aux émissaires des Sages(4) et aux délégués qu’ils devaient récolter des biens matériels et semer de la spiritualité(5). On peut parfois vérifier concrètement qu’un ajout à la spiritualité qui est semée permet de collecter plus de fonds.

Vous trouverez ci-joint un courrier adressé à monsieur Lévi Its’hak Lewin, dont vous me parlez dans votre lettre.

Je vous souhaite de connaître la réussite et vous charge de saluer nos Juifs(6), c'est-à-dire ceux qui sont liés à la synagogue, à la Torah et aux Mitsvot, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi. Or, qui peut être exclu par une telle définition ? On sait ce que dit le Rambam, à la fin du chapitre 2 des lois du divorce(7).

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Yossef Mena’hem Mendel Tenenbaum. (2) Après avoir quitté ce monde, plus que de leur vivant. (3) Le dernier du mois, qui bénit le mois suivant. (4) Chargés par lui de collecter des fonds pour le fonctionnement de ses institutions. (5) Voir les lettres n°935 et 1134. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°922. (7) Chaque Juif est animé d’un désir profond de mettre en pratique la Volonté de Dieu, même s’il prétend ouvertement le contraire.

Lettre n°1141

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1141, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre. Pour différentes raisons, je n’ai pu le faire jusqu'à maintenant. Vous me faites part de ce qui s’est passé, pour vous et pour votre épouse et vous me demandez comment vous pouvez, l’un et l’autre, réparer la situation :

A) Vous prélèverez, pour la Tsédaka, 26 2/3 Sela de la Torah, pour vous-même et le même montant pour votre épouse. Vous ne le ferez pas nécessairement en une seule fois. Ce prélèvement pourra être progressif. Il serait bon que vous le donniez en quarante fois.

Vous pourrez établir, dans votre ville, la valeur d’un Sela de la Torah en vous renseignant sur le montant qui est donné pour le rachat du premier-né. En effet, celui-ci est égal à cinq Sela.

B) Vous ferez un effort particulier, avec votre épouse, dans le domaine de l’harmonie conjugale. Vous serez particulièrement prudent, en la matière. Nos Sages disent, en effet, qu’une femme se maîtrise moins aisément, pleure rapidement. Vous devez donc céder et accéder à sa requête, en particulier pour les préoccupations courantes.

Si nos Sages soulignent, à tout moment, l’importance de la paix au foyer, combien plus le font-ils quand il s’agit de la veille du Chabbat. Or, nous nous trouvons tous dans l’après-midi de la veille du Chabbat de la création. Très bientôt, notre exil parviendra à son terme et notre juste Machia’h viendra.

C) Vous savez sans doute que les Tikouneï Zohar sont divisés en quarante paragraphes, qui correspondent à la période allant de la veille de Roch ‘Hodech Elloul à Yom Kippour. Vous lirez alors, chaque jour, le paragraphe qui lui correspond.

D) Bien évidemment, jusqu'à Yom Kippour, vous étudierez scrupuleusement les trois passages quotidiens qui concernent chacun, ceux du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, instaurés par mon beau-père, le Rabbi.

Vraisemblablement, c’est le paragraphe B ci-dessus, relatif à l’harmonie conjugale, qui vous posera le plus de difficultés. Mais, l’on sait l’importance de la paix et il est dit de la Torah que toutes ses voies sont des voies agréables et tous ses chemins sont paix. Combien plus en est-il ainsi en ce dernier exil, dont la raison, comme le disent nos Sages, au traité Yoma 9b, est le manque de paix.

Plus l’on approche de l’issue de l’exil et plus les forces opposées au domaine de la sainteté luttent pour empêcher que la paix s’instaure dans le monde, en général et entre un homme et son épouse, en particulier, car ceux-ci correspondent à l’élément masculin et l’élément féminin, tels qu’ils se trouvent dans les sphères célestes. Mais, le résultat que l’on peut escompter est à la mesure de l’effort et il est certain que l’on reçoit toutes les forces nécessaires pour surmonter l’épreuve. Vous consulterez également le Kountrass Hé’haltsou.

Grâce à ce qui vient d’être dit, ce qui s’est passé sera effacé et votre faute, rachetée, d’autant qu’elle n’est pas vraiment certaine, d’après ce que dit votre lettre.

Il serait bon que vous transmettiez le contenu de ce courrier à votre épouse, car elle est elle-même sans doute attristée par ce qui vous est arrivé. Dieu fera que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles sur cette question, en particulier et sur tout ce qui vous concerne, matériellement et spirituellement, en général. Comme vous me l’avez demandé, j’ai mentionné vos noms auprès du tombeau du Rabbi.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°1142

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1142, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11 Mena’hem Av, dans laquelle vous m’interrogez.

A) Vous me parlez de votre fonction d’éducateur et d’enseignant, que vous avez définie précisément dans un précédent courrier et vous me demandez ce que j’en pense.

Cette activité est très positive. Elle l’a été de tout temps, constituant une mission confiée par Dieu, comme le soulignent nos Sages, commentant le verset ceux qui comprendront scintilleront de la clarté du firmament, avec ceux qui font acquérir un mérite au public, pour l’éternité. Combien plus cette occupation est-elle déterminante à l’époque actuelle, à proximité de la fin de l’exil, alors qu’il convient de préparer le peuple juif à la venue du Machia’h.

Il en fut de même lors de la révélation du mont Sinaï. Nos Sages soulignent que l’absence d’un seul des six cent mille Juifs aurait compromis le don de la Torah, ce qu’à Dieu ne plaise. Ils disent aussi que, pour quitter l’exil, tous doivent être vertueux. Et le mérite de ceux qui contribuent à obtenir un tel résultat est inestimable.

B) Vous me demandez comment expier votre propre situation. Vous respectez sûrement les études qui concernent chacun, celles du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, instaurés par mon beau-père, le Rabbi. De plus, vous donnerez de la Tsédaka chaque jour, trois pièces le matin et trois autres avant Min’ha, sauf, bien sûr, le Chabbat et les jours de fête.

Vous adopterez tout cela sans en faire le voeu, jusqu'à Yom Kippour. Vous vous habituerez également à prononcer, dans toute la mesure du possible, des mots de la Torah et de la prière, lorsque vous marchez dans la rue.

Avec ma bénédiction pour que vous annonciez de bonnes nouvelles dans tous ces domaines,

Lettre n°1143

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1143, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir que vous avez eu un fils, en un moment fructueux. Je vous adresse ma bénédiction pour que vous l’éduquiez, avec votre épouse, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, de même que vos autres enfants, dans la tranquillité de l’esprit et du corps.

Il est un proverbe de mon beau-père, le Rabbi, qui est basé sur l’enseignement de nos Sages selon lequel Dieu agit mesure pour mesure. Il dit que ceux qui dispensent aux autres(2) une bonne éducation sont récompensés par Dieu et peuvent éduquer leurs propres enfants à la bougie (qui) est une Mitsva, la Torah (qui) est une lumière, le chemin de la vie(3). Puisse Dieu faire que vous puissiez souvent m’annoncer de bonnes nouvelles et la réalisation de ces bénédictions.

Je vous joins le compte rendu de ce que j’ai dit, lors d’une réunion ‘hassidique, à propos du mois d’Elloul. Il vous intéressera sûrement et, avant tout, il en résultera des actions positives, car, disent nos Sages, ce n’est pas l’étude, mais l’application, qui est l’essentiel.

Je conclus, comme j’ai commencé, en vous exprimant ma bénédiction de Mazal Tov, ainsi qu’à votre épouse.

Notes

(1) Le Rav Z.Drori. (2) Aux enfants des autres. (3) Qui délivre un enseignement moral.

Lettre n°1144

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1144, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 21 Mena’hem Av.

Je lirai votre demande de bénédiction près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, mais j’ai été épouvanté d’y voir figurer la phrase : Qu’il n’y ait pas d’espoir pour les dénonciateurs.

Comment pouvez-vous employer ces mots pour une telle situation ? Bien plus, est-ce pour cela que mon beau-père, le Rabbi, doit s’extirper du Gan Eden et se présenter devant le tribunal céleste pour formuler sa requête ? Mon Dieu, que vous arrive-t-il ?

Lettre n°1145

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1145, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chlomo ‘Haïm(1), émissaire des sages,

Je vous salue et vous bénis,

Je voudrais formuler une remarque d’ordre général, que je vous prie de transmettre à tous les élèves(2).

Il semble que certains d’entre eux, pour une raison que je ne connais pas, aient l’intention de partir pour les Etats Unis. Cela ne me semble pas judicieux, car ils peuvent vraisemblablement poursuivre leurs études là où ils se trouvent maintenant. Peut-être y a-t-il une exception, un élève pour qui ce voyage peut être utile, mais, de façon générale, le fait d’accourir en Amérique et de poursuivre ses études à Brooklyn me semble être une marque d’orgueil.

La direction morale de la Yechiva doit donc écarter une telle situation, expliquer aux élèves la responsabilité que l’on prend en quittant la Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée. Il est permis de le faire uniquement pour étudier la Torah ou pour se marier. Il faut donc étudier la Torah de sorte que la Torah elle-même puisse certifier l’authenticité d’une telle étude. Et, lorsque l’on est un élève de Tom’heï Temimim(3), il faut que la ‘Hassidout témoigne également qu’une telle étude est digne de ce nom.

De plus, la situation actuelle, en Terre Sainte, présente de larges possibilités d’action. Des centaines, des milliers de Juifs peuvent être sauvés. Il doit donc y avoir sur place une institution qui soit à même de proclamer : Voici les élèves que je suis capable de former et non : Ces élèves sont maintenant ailleurs. Croyez-moi donc sur parole lorsque je vous dis ce qu’ils sont.

De plus, avec le temps, j’ai bon espoir qu’une partie de ces élèves pourront devenir des éducateurs, des enseignants, au moins pendant quelques semaines ou quelques mois, même en poursuivant leurs études à la Yechiva. L’importance d’une telle activité est inestimable.

Je viens de recevoir votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous souhaitez également venir ici pour le septième mois(4), celui qui est rassasié de toutes les forces(5). Or, chaque instant de celui-ci que vous pourrez utiliser pour exercer une influence positive sur les élèves est précieux. A la place de cela, vous voulez abandonner votre troupeau à son sort.

Il m’est, de façon générale, pénible de faire de la morale, d’autant que je ne sais si votre lettre formule une question que vous me posez ou expose une information que vous me communiquez. Dans ce dernier cas, il n’y a, bien sûr, pas lieu de faire de la morale. Néanmoins, lorsque j’ai lu votre lettre, je ne pouvais en croire mes yeux.

Bien évidemment, mon avis ne vous empêche pas de vous procurer les documents officiels(6). Si ce que vous me communiquez est une décision que vous avez déjà prise, vous pourrez écrire directement au secrétariat, à ce propos. Les démarches seront alors prises en charge, dans la mesure du possible.

Mon avis, toutefois, est bien clair. C’est celui que j’exprimais auparavant.

Avec ma bénédiction de réussite, auprès de vos élèves et de vous-même,

Notes

(1) Le Rav C.H. Kasselman. Voir, à son propos, la lettre n°769. (2) De la Yechiva de Kfar ‘Habad. (3) De la Yechiva Loubavitch. (4) Celui de Tichri, si l’on compte à partir de Nissan. (5) Chevii, septième, est de la même étymologie que Moussba, rassasié. (6) Pour pouvoir séjourner aux Etats Unis.

Lettre n°1146

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1146, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chlomo ‘Haïm(1), émissaire des Sages,

Je vous salue et vous bénis,

Je vous adresse quelques lettres destinées à des personnes(2) qui n’ont pas communiqué leur adresse. Lorsque vous les remettrez aux destinataires, il sera nécessaire, dans certains cas, que vous y ajoutiez quelques explications. C’est la raison pour laquelle je les envoie par votre intermédiaire et je vous remercie d’avance pour l’effort que ceci vous imposera.

De même, vous voudrez bien me faire savoir quelles classes(3) ont étudié, durant cet été 5711, les discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi et sur quels textes a porté cette étude.

Vous avez sûrement reçu ma précédente lettre(4).

Avec ma bénédiction de réussite dans l’influence que vous exercez sur vos élèves et sur votre entourage,

Notes

(1) Le Rav C.H. Kasselman, de Terre Sainte. Voir, à son propos, la lettre n°769 et la lettre précédente. (2) De Terre Sainte. (3) De la Yechiva. (4) Voir la lettre précédente.

Lettre n°1147

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1147, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav ‘Haïm(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

Je me faisais la réflexion que je n’avais pas eu de vos nouvelles depuis bien longtemps et j’ai donc été très satisfait d’en obtenir par le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Meïr Ashkénazi. Il m’a dit que, Dieu merci, vous allez bien.

J’ai également été content d’apprendre que vous avez rendu visite à monsieur... Si vous le faites de temps à autre, je suis sûr que vous pourrez exercer sur lui une influence positive et le rapprocher de la pratique juive. Si, en outre, vous trouvez un moyen de lui venir en aide matériellement, il sera beaucoup plus attentif au message spirituel que vous lui communiquerez.

Je suis surpris que vous ne parliez pas de réunions ‘hassidiques, par exemple le Chabbat à midi ou bien lors d’un Melavé Malka(2) organisé dans votre ville. Vous trouverez sans doute une ou deux personnes intéressées par une telle activité et, au bout du compte, vous parviendrez à y attirer une large assistance. Il est difficile d’évaluer d’emblée ce que ces réunions peuvent apporter pour rapprocher les coeurs juifs de leur Père Qui se trouve dans les cieux.

J’espère que ces quelques mots sauront vous convaincre de la nécessité d’agir auprès de vos connaissances, d’organiser de telles réunions. Vous le ferez sûrement sans grand effort et je suis sûr que vous obtiendrez des résultats positifs.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Vous trouverez ci-joint les reçus correspondant à vos envois.

Notes

(1) Le Rav H.Plotkin, de Toronto. Voir, à son propos, la lettre n°878. (2) Le samedi soir, à l’issue du Chabbat.

Lettre n°1148

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1148, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Mena’hem Av 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 22 Tamouz, par laquelle vous me faites part de votre désir de venir poursuivre vos études, pour différentes raisons, à la Yechiva Tom’heï Temimim de Brooklyn(1). Vous me dites que tel est aussi l’avis du recteur de votre Yechiva(2), le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Chlomo ‘Haïm Kasselman(3).

Vous savez sans doute que l’on ne peut quitter Erets Israël que pour étudier la Torah ou pour se marier. L’étude de la Torah doit donc être digne de ce nom(4). Si vous vous engagez à adopter un tel comportement, il serait bon que vous veniez poursuivre vos études ici.

Vous devez d’abord vous mettre d’accord avec la direction de la Yechiva ici, directement ou bien par l’intermédiaire de la direction de la Yechiva dans laquelle vous vous trouvez actuellement, afin d’obtenir les documents officiels nécessaires(5).

Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite dans votre étude, pénétrée de crainte de Dieu, que vous soyez un ‘Hassid, craignant Dieu et un érudit de la Torah.

Vous respectez sans doute les trois études concernant chacun, le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, qui sont instaurés par mon beau-père, le Rabbi et, de temps à autre, vous récitez de la ‘Hassidout par cœur.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) La Yechiva qui se trouve auprès du Rabbi. (2) Celle de Kfar ‘Habad. (3) Voir, à son propos, les lettres n°769 et 1145. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°1145. (5) Pour séjourner aux Etats Unis.

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