Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°1089
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1089, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples
connaissances et se consacrant aux besoins publics,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du premier jour de Tamouz, avec les chèques qui y étaient joints et je vous en remercie. Nos Sages disent que le vin appartient à son propriétaire, mais l’on remercie celui qui le sert(2). Je vous suis donc gré de vos efforts au profit du Collel, en Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée. Assurément, vous les élargirez et les redoublerez, à l’avenir, conformément aux besoins du moment, d’autant que, comme vous le soulignez vous-même dans votre lettre, la collecte a été réduite de plus d’une moitié, cette fois-ci. Vous êtes donc en droit de demander un effort à ceux qui, cette année, ont diminué leur participation ou l’on même supprimée.
De fait, tout ce qui est vivant devrait aller de l’avant et non diminuer, ce qu’à Dieu ne plaise. L’ajout et l’agrandissement sont des signes de vie, alors que la réduction et la contraction vont dans le sens inverse. Celui qui augmente sa participation reçoit une bénédiction accrue et, concernant la Tsédaka, nos Sages disent que celui qui conduit les autres à donner est plus grand que celui qui donne lui-même, ce qui a une plus large portée que l’affirmation selon laquelle le vin appartient à son propriétaire, mais l’on remercie celui qui le sert.
A ce propos, une question est bien connue(3). S’il est établi que le vin appartient à son propriétaire, mais l’on remercie celui qui le sert, pourquoi l’idolâtrie est-elle interdite ? Les astres sont pourtant chargés de véhiculer l’influence divine ici-bas(4), ainsi qu’il est dit : par les récoltes que mûrit le soleil et par celles de la lune.
La réponse à cette question est bien évidente. Le soleil, la lune et toutes les armées célestes n’ont pas le libre arbitre et sont donc comme la cognée dans la main du bûcheron. Il est bien clair qu’il n’y a pas lieu de remercier la cognée. Il n’en est pas de même pour celui qui sert le vin et qui possède effectivement le libre arbitre. Celui-là prend lui-même la décision d’être l’émissaire pour révéler le bien, de manière concrète. En conséquence, il mérite la reconnaissance.
De même, les anges n’ont pas le libre arbitre, comme le dit le Tanya, au début du chapitre 39. Chez les créatures de ce monde, seuls les enfants d’Israël le possèdent et c’est donc uniquement pour eux que s’applique le principe selon lequel on remercie celui qui le sert.
Bien évidemment, seul le Créateur possède, à proprement parler, le libre arbitre, puisqu’Il ne subit aucune contrainte. Son choix est donc réellement libre, ce qui ne peut être totalement le cas pour les créatures, puisqu’au final, leur nature, leur intellect, leur volonté, leur désir les conduisent à entreprendre une certaine action et non celle qui lui est opposée.
Même si la contrainte provient de sa propre personne, il ne peut s’agir réellement de libre choix, que ne possède donc que Dieu, dans toute Son Essence, car Il est la plus haute perfection. Ici-bas, le libre arbitre est confié à l’homme, qui est créé à Son image. Or, vous êtes appelés des hommes.
Je vous remercie pour les quelques lignes que vous m’écrivez à propos du fonds de secours. Comme vous le savez, aucune subvention n’a été accordée, cette année, pour les institutions de mon beau-père, le Rabbi, fonctionnant en Europe, auxquelles un plein soutien étaient auparavant assuré. Cette fois-ci, elles n’ont pas obtenu un sou, alors que des fonds ont été transférés en Europe, pour la Roumanie.
J’espère et je suis convaincu que vous vous emploierez à réparer cette injustice au plus vite, afin que ces institutions ne manquent de rien. Elles ont été créées par mon beau-père, le Rabbi et celui-ci veille donc attentivement sur elles, encore à l’heure actuelle. Il recherche leur bien et invoque la miséricorde divine pour qu’elles connaissent la réussite dans tous les domaines.
Puisse Dieu faire que nous ne nous annoncions, l’un à l’autre, que de bonnes nouvelles.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Yossef Flyer. Voir, à son propos, la lettre n°816. (2) En l’occurrence, celui qui s’est efforcé de collecter les fonds des autres. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°980. (4) Les servir serait donc le moyen de les remercier.
Lettre n°1090
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1090, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Aux dirigeants, recteurs et enseignants de
la Yechiva Loubavitch de ...(1),
auxquels Dieu accordera longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, votre demande et votre question(2).
L’organisation des études est modifiée, pendant les mois d’été, dans plusieurs Yechivot. Je voudrais donc attirer votre attention sur les points suivants :
A) Lorsque les élèves se trouvent dans la Yechiva et y mènent leurs études avec ardeur, les enseignants se doivent de leur accorder toute leur attention, y compris en dehors des heures d’étude, s’efforcer de leur faire adopter, à tout moment, un comportement et un mode de vie convenables.
Mais combien plus doit-il en être ainsi pendant les vacances d’été. Il fait alors s’intéresser encore plus clairement aux élèves, savoir où chacun d’entre eux se trouve, quelles sont leurs occupations, leur apporter toute l’aide nécessaire pour qu’ils se maintiennent sur la bonne voie. Nos Sages disent, en effet, au traité Baba Batra 8b, que même lorsque les élèves ne le voient pas, ils les surveillent et pensent à eux. Vous verrez ce que dit le Maharcha, à ce propos.
B) L’élévation n’a pas de limite. Il serait donc bon que les professeurs, même les plus compétents, utilisent leurs congés pour accroître leurs connaissances, dans tous les domaines qui concernent leur fonction, car elle est une mission sacrée, comme le souligne le traité Baba Batra 21b.
C) Les donateurs et les responsables de la Yechiva, lorsqu’ils seront en vacances, pourraient, chaque fois qu’ils feront une connaissance, lui expliquer l’importance de venir en aide aux Yechivot, lui dire que elle est un arbre de vie pour ceux qui trouvent leur force en elle. Ceux qui la soutiennent sont heureux. Nos Sages disent, dans le Zohar, tome 3, page 53b : Ne lis pas Meouchar, heureux, mais Merocho, de sa tête, d’emblée. Ils reçoivent, en effet, d’emblée toutes les bénédictions. Vous consulterez également le discours ‘hassidique, introduit par ce même verset, qui fut prononcé en 5699(3).
Lettre n°1091
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1091, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tamouz 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres du 9 Sivan et du mercredi de la Parchat Kora’h, à laquelle était joint le texte de votre testament. On disait, auparavant, que le simple fait d’en rédiger un est un acte propice pour obtenir une longue vie.
Concernant ce document, il doit, pour être valable, faire l’objet d’un dépôt auprès d’un homme de loi. Je tiens à vous le rappeler.
J’aimerais savoir si vos voyages ont une utilité et j’espère que vous me donnerez de bonnes nouvelles, à ce propos.
Je ne sais pas où vous serez les 12-13 Tamouz et je vous joins donc le fascicule édité à cette occasion. A n’en pas douter, il vous intéressera beaucoup.
Avec ma bénédiction pour que vous connaissiez le calme de l’esprit et, en conséquence, le calme physique,
Lettre n°1092
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1092, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tamouz 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre, qui faisait réponse à la mienne. Constatant votre intérêt pour ces publications, je vous joins le fascicule édité à l’occasion du 12-13 Tamouz. Il vient de paraître et il est accompagné d’une lettre, qui se rapporte à son contenu(1).
Vous m’écrivez que vous faites partie des poussins qui se sont écartés du nid. On peut citer, à ce propos, peut-être de manière plaisante, le principe énoncé par la Torah, selon lequel les êtres vivants ne peuvent être repoussés. Il est mentionné au traité Yoma 64a et vous consulterez, à ce propos, le Léka’h Tov, du Rav Y.Engel, à la sixième règle.
Le traité ‘Houlin 87a dit aussi qu’il est hors de question d’écarter quiconque, lorsqu’il s’agit de pratiquer les Mitsvot. Vous consulterez, à ce propos, les derniers commentateurs du Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 646 et Yoré Déa, chapitre 28. Combien plus est-ce le cas, dans le domaine moral, car rien ne résiste à la volonté.
Vous faites valoir que la Mitsva de se rendre impur pour un mort de Mitsva(2) permet d’établir que l’enterrement est une Mitsva de la Torah(3). Vous consulterez, à ce propos, le Séfer Hamitsvot du Ramban, premier chapitre. Rachi, en revanche, dans son commentaire du traité Bera’hot 19b, y voit une marque de respect envers le défunt. Cette situation est donc comparée à celle d’un homme qui se dévêtirait dans la rue. Le rhabiller serait une marque de respect et non une Mitsva.
En tout état de cause, certains Sages des premières générations considèrent que l’enterrement n’est pas une Mitsva de la Torah. C’est l’avis de Rabbi Saadya Gaon, dans son Séfer Hamitsvot, sur la Paracha, au chapitre 34, qui dit que la Mitsva de l’enterrement introduite par la Torah concerne uniquement celui qui a été pendu en fonction de la sentence prononcée par un tribunal. Rabbi David Ben Zimra, tome 1, chapitre 311, dit que, pour tous les autres morts, il y a uniquement un Interdit de laisser leur corps en l’état, mais non une Injonction de les enterrer(4). Pour le Baal Hala’hot Guedolot, que le Ramban cite, à la même référence, l’enterrement est une partie d’une Mitsva plus générale, qui est : Tu suivras Sa voie. Le Ireim, au chapitre 50, développe une même explication. Le Rambam, aux lois du deuil, début du chapitre 14, considère que l’enterrement est une Injonction instaurée par les Sages et un détail d’application du Précepte tu aimeras ton prochain comme toi-même. Et, les commentateurs font remarquer qu’il contredit sa propre affirmation, au début du chapitre 12 et dans son Séfer Hamitsvot, à l’Injonction 231.
Vous consulterez aussi le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, au chapitre 495, Kountrass A’haron, paragraphe 3 et au début du chapitre 527, qui dit que l’enterrement est un Commandement de la Torah. Vous consulterez aussi les nouvelles responsa du Chaagat Aryé, aux paragraphes 6 et 12, le commentaire de Perla sur le Séfer Hamitsvot de Rabbi Saadya Gaon, à l’Injonction 19, qui développe une longue analyse, à ce propos, le Sdeï ‘Hémed, principes, à la lettre Kouf, paragraphe 39. Tout cela ne sera pas développé ici.
Avec ma bénédiction pour que vous puissiez étudier la Torah, avec calme et tranquillité, matériellement et spirituellement,
Notes
(1) Il s’agit de la lettre n°1075. (2) Celui que personne ne se charge d’enterrer. On se rendra donc impur en effectuant cet enterrement. (3) Et non instaurée par les Sages. (4) C’est donc un Commandement négatif et non positif.
Lettre n°1093
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1093, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Tamouz 5711,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu vos lettres du mardi de la Parchat Beaalote’ha et du lundi de la Parchat ‘Houkat, avec la demande de bénédiction pour l’enfant et la femme. Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je mentionnerai leur nom pour qu’ils aient une prompte guérison. J’espère que vous me donnerez de bonnes nouvelles, en la matière.
L’enfant porte sûrement un Talith Katan. Si ce n’est pas le cas, je propose qu’il le fasse dès aujourd’hui. Et, la femme prendra l’habitude de donner de la Tsédaka, deux fois par semaine. Peu importe la somme. Il suffit que le don soit régulier, sans en faire le voeu. Il serait bon que l’une des deux fois soit la veille du Chabbat ou de la fête, avant d’allumer les bougies.
Dans votre lettre, vous me dites avoir vu le Séfer Torah de Rabbi Nissim Gaon et que vous devez vous déplacer pour voir un autre Séfer Torah ancien, celui de Rabbi Its’hak Abouab.
Je vous serais reconnaissant, si cela est possible, de faire une photocopie de la colonne sur laquelle figure l’expression Petsoua Daka(2). Vous savez ce que dit l’Admour Hazaken, à ce propos(3). On a vu un Séfer Torah dont la tradition rapporte qu’il a appartenu à Ezra, le scribe. Ce mot y est écrit comme le dit l’Admour Hazaken. Je vous remercie donc de bien vouloir m’envoyer une photocopie de ce passage, dans ces deux Séfer Torah.
Vous consulterez également les notes sur les responsa du Tséma’h Tsédek, à la fin du chapitre des additifs, page 50b.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.Friedman, de Jérusalem. (2) Devarim 23, 2 : Celui qui a les organes génitaux écrasés (Petsoua Daka) ne sera pas admis dans l’assemblée de Dieu. Le mot Daka est orthographié avec un Alef, dans le Séfer Torah des Achkenazim et avec un Hé, dans celui des Sefardim, sans que le sens n’en soit modifié. (3) Il demande d’écrire Daka avec un Alef.
Lettre n°1094
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1094, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Tamouz 5711,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Vous trouverez ci-joint la lettre que j’adresse à...(1). Pour votre part, vous vous efforcerez sans doute de lui expliquer que les ‘Hassidim et ceux qui sont issus de familles ‘hassidiques savaient, auparavant, qu’ils ne pouvaient se maintenir sans étudier la ‘Hassidout(2).
Combien plus doit-il en être ainsi, à l’époque actuelle, surtout pour les jeunes. Pour eux, la ‘Hassidout est la seule consolation, le seul espoir de tenir bon, malgré l’obscurité intense et profonde de cet exil amer.
Une image est donnée, à ce propos, celle de l’aube. Juste avant le lever du jour, la pénombre et le désir de dormir sont plus vifs. Et, les paroles émanant du cœur pénètrent dans le cœur. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles, en la matière.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Pour lui expliquer l’importance d’étudier la ‘Hassidout. (2) Voir, à ce propos, la lettre suivante.
Lettre n°1095
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1095, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[11 Tamouz 5711]
J’ai pris connaissance avec plaisir de la lettre de votre père, le Rav et ‘Hassid, dans laquelle il me dit qu’il étudie la Torah, qu’il a le désir de poursuivre ses études, d’accumuler des connaissances. Il gardera sûrement cette attitude, qui est également celle du Saint béni soit-Il, comme le disent nos Sages, au traité Sanhédrin 99b, commentant le verset : Il se maintiendra dans ce qui fait Ma force et M’apportera la paix, qui se rapporte à celui qui étudie la Torah pour elle-même.
Le Tanya et la ‘Hassidout, en général, expliquent que la Torah est la Sagesse et la Volonté de Dieu. Or, Lui-même et Sa Sagesse ne font qu’un. C’est donc en étudiant la Torah que l’on peut accomplir les termes de la promesse selon laquelle Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un.
Malheureusement, la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal introduisit la mort dans le monde et le Be’hayé souligne que le corps de l’enfant commence à se dessécher, dès l’instant de sa naissance. En d’autres termes, sa mort apparaît dès le début de sa vie. C’est également le sens du verset : Au jour où tu en mangeras, tu mourras.
Voici pour ce qui concerne la dimension matérielle.
Dieu consulta la Torah pour créer le monde et tout ce qui s’y trouve doit donc trouver sa source en elle. Et, l’on peut ainsi comprendre la question que posent nos Sages, au traité ‘Houlin 139b : Où trouve-t-on, dans la Torah, une allusion à Haman ?. En effet, rien ne peut exister dans le monde qui n’ait sa source dans la Torah.
La faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal eut un effet similaire, de même que, par la suite, celle du veau d’or. On sait, en effet, que les enfants d’Israël, près du mont Sinaï, furent blanchis et délivrés de leur impureté, qu’ils retrouvèrent après la faute du veau d’or. Il en résulta l’oubli de la Torah, comme le dit le traité Erouvin 54a : Si ce n’était la faute du veau d’or, les Juifs n’auraient pas oublié la Torah.
Spirituellement, l’oubli correspond à la mort.
Matériellement, la mort intervient après soixante dix ans et même, si l’on fait intervenir l’attribut de rigueur, après quatre vingts ans. Bien plus, il est dit que sa vie sera de cent vingt ans. Néanmoins, pourquoi la mort est-elle envisageable ? Parce que le corps de l’enfant commence à se dessécher depuis sa naissance, comme le disait le Be’hayé.
Il en est de même pour l’étude de la Torah. Comment l’oubli est-il possible, par la suite ? Parce que d’emblée, l’étude n’a pas été ce qu’elle aurait dû être. Ainsi, nos Sages disent, au traité Erouvin 54a : si elle pénètre les 248 membres de ton corps, elle se maintiendra. Vous consulterez, à ce propos, le Tanya, au début du chapitre 37, qui souligne que l’on doit étudier la Torah de cette manière.
Au sein de la Torah, on distingue deux parties, que le Zohar appelle corps de la Torah, terme que l’on retrouve dans la Michna et âme de la Torah, qui en est la dimension profonde.
Celui qui entre en relation avec le corps d’un homme se trouve effectivement en rapport avec lui. Néanmoins, pour vivifier cette relation, pour qu’elle soit positive et fructueuse, il faut connaître la structure de ce corps, les détails qui le constituent et méditer à l’existence de l’âme, à ce qui la composent. C’est uniquement de cette manière que l’on peut avoir une bonne connaissance du corps.
Ce qui vient d’être dit s’applique, de la même manière, à ce qui fait l’objet de notre propos.
Il fut un temps où tous les Juifs étaient en bonne santé, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Or, la Torah envisage la situation majoritaire. Selon le principe qu’énonce le Rambam, les enfants d’Israël doivent manger et boire, au même titre qu’un corps en bonne santé. En d’autres termes, ils doivent étudier la partie révélée de la Torah et son sens simple. Et, seuls ceux qui se consacrent aux membres intérieurs du grand corps que constitue le peuple juif, en particulier au cerveau et au cœur, avaient accès à l’enseignement profond de la Torah.
Puis, le temps passa et, du fait de nos fautes, nous avons été renvoyés de notre terre. L’obscurité du monde devint de plus en plus forte. Les cœurs et les cerveaux s’affaiblirent, de sorte que, selon l’expression du prophète, de la plante des pieds à la tête, rien n’est plus intact. Dès lors, il ne suffit plus de boire et de manger. Il faut, en outre, prendre des médicaments.
Plus l’obscurité est intense, plus le danger est grand pour le malade et plus il est nécessaire de suivre un traitement. Il convient avant tout de mettre en éveil la vitalité qui se trouve au profond de l’âme juive. Ainsi, on peut se maintenir, surmonter les épreuves, les voiles et les difficultés. Comme on l’a dit, la Torah prend en compte la situation majoritaire. Chacun de nous doit donc étudier l’enseignement profond de la Torah, la ‘Hassidout, qui apporte la guérison au monde. C’est ce qu’explique le Rabbi Rachab, dans son Kountrass Ets ‘Haïm.
Ce qui découle de ce développement est énoncé par nos Sages, au traité Chabbat 31a, on introduit la foi dans le temps, la crainte de Dieu est un trésor. Celui qui a étudié les six ordres de la Loi Orale ne peut pas, pour autant, se passer de craindre Dieu. Et nos Sages disent encore que, si ce n’est pas le cas, il est préférable de ne pas apprendre la Torah.
Tout ceci concerne le temps et le lieu où il était possible d’accéder à la Torah sans effort particulier, de manière naturelle. Et, combien plus en est-il ainsi, à l’époque actuelle. On peut, en effet, constater que, lorsque l’on étudie la ‘Hassidout, partie profonde de la Torah, on maintient, en général, sa crainte de Dieu. A l’opposé, les jeunes qui disent ne posséder que la Torah, sont, bien souvent, malheureusement, l’illustration des propos de nos Sages, au traité Yebamot 109b : Celui qui prétend ne posséder que la Torah ne possède pas même la Torah.
Ce qui vient d’être dit concerne tous les Juifs.
A fortiori, ceux dont les parents sont des ‘Hassidim, qui évoluent dans un environnement où la ‘Hassidout est présente, où l’on respecte les pratiques ‘hassidiques, reçoivent ainsi clairement un message divin, leur soulignant la bonne part qui leur a été confiée, sans effort de leur part, de par leur naissance, en sachant que ceci leur appartient, qu’il leur revient d’étudier la ‘Hassidout.
En pareil cas, on étudiera la ‘Hassidout d’une manière totalement différente. Bien plus, on vivifiera l’étude de la partie révélée de la Torah, dont on supprimera les difficultés et les voiles, les questions et les troubles. Il est essentiel, en effet, que l’étude soit enthousiaste, que l’on mette en pratique l’affirmation selon laquelle Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un.
J’aimerais savoir quel est le texte de la ‘Hassidout que vous étudiez. A n’en pas douter, vous intensifierez cette étude. Nos Sages disent, en effet, que l’on s’élève dans la sainteté et l’on ne redescend pas, principe qui, selon de nombreux avis, est instauré par la Torah elle-même.
J’attends de vos bonnes nouvelles. Or, il n’est de bon que la Torah et son luminaire. Je conclus en vous adressant ma bénédiction de réussite pour étudier la Torah avec la crainte de Dieu,
Lettre n°1096
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1096, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[12 Tamouz 5711(1)]
Le’haïm, Le’haïm(2) et pour la bénédiction. Que l’on soit inspiré de manière fructueuse, en renforçant le Judaïsme, en diffusant la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout.
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Il s’agit du télégramme que le Rabbi adressa à tous les ‘Hassidim, à l’occasion de la fête de la libération du 12-13 Tamouz. (2) Termes par lesquels le Rabbi suggère l’organisation de réunions ‘hassidiques.
Lettre n°1097
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1097, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jour de la libération du 13 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, a de bons sentiments,
chérit la Torah et recherche la Tsédaka, le Rav L.Newman,
Je vous salue et vous bénis,
Il est bien clair que je suis très intéressé par la situation de chacun des ‘Hassidim et en particulier de ceux qui ont été très actifs, ces dernières années et ont cherché à s’installer dans un endroit éloigné. Bien évidemment, je voudrais savoir également de quelle manière ceux qui se trouvent là-bas depuis longtemps accueillent ceux qui viennent d’arriver.
En conséquence, j’ai appris avec plaisir, par le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav..., que vous l’avez aidé, en lui rendant service. Je voudrais vous demander de continuer à le faire, à l’avenir, dans toute la mesure de vos moyens. En rendant un service à son prochain, on en rend un, encore plus important, matériel et spirituel à la fois, à soi-même.
Mon beau-père, le Rabbi, a souligné que les trois amours, amour de Dieu, amour de la Torah et amour de son prochain, dépendent l’un de l’autre. Tous les trois doivent s’exprimer par des actions concrètes. On peut ainsi venir en aide aux autres, jusqu'à ce que tous soient unis. Telle est la mission qui est confiée à un Juif.
A l’occasion de la fête de la libération de mon beau-père, le Rabbi, qui fut libéré des prisons soviétiques en 5687, est paru le fascicule du 12-13 Tamouz. J’ai le plaisir de vous l’adresser.
J’espère recevoir de bonnes nouvelles de votre action au profit de la communauté et de chaque individu.
Avec ma bénédiction, matérielle et spirituelle et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Lettre n°1098
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1098, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Fête de la libération du 13 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
a de bons sentiments, se consacre aux besoins publics
avec empressement, multiplie les bons accomplissements,
homme de grande élévation, issu d’une illustre lignée,
le Rav Its’hak Meïr Hacohen(1),
ministre des affaires sociales(2),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre écrite, de Suisse, à l’issue du Chabbat Parchat ‘Houkat. J’ai également reçu celle du 15 Sivan, rédigée à Jérusalem, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée. Je vous remercie beaucoup de m’avoir fait une description détaillée de tout ce qui concerne la constitution d’un front religieux uni en Terre Sainte(3) et des efforts que vous avez déployé pour lui faire voir le jour.
Comme je vous l’ai dit lors de notre discussion, j’ai envoyé une lettre en Terre Sainte pour donner mon avis sur la participation aux élections(4). J’ai dit que chacun et chacune devait y prendre part en votant pour les listes les plus orthodoxes et persuader les autres d’en faire de même. Comme vous me l’avez demandé, j’ai adressé un télégramme, faisant état de ma position, à l’association des ‘Hassidim ‘Habad, qui en a sûrement fait état publiquement, de la manière qui convient.
Comme vous me l’avez demandé, dans votre lettre, je mentionnerai votre nom, lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, pour que vous obteniez la réussite et la bénédiction. Que Dieu renforce votre état de santé, qu’il vous apporte la force dans votre combat pour la Torah, que vous puissiez voir la bénédiction et la réussite dans tout ce qui vous concerne, vos activités publiques et vos préoccupations personnelles.
Avec mes respects et ma bénédiction de réussite.
A l’occasion de la fête de la libération, jour de la délivrance de mon beau-père, le Rabbi, après avoir été emprisonné par les soviétiques en 5687(5), j’ai le plaisir de vous adresser le fascicule édité pour le 12-13 Tamouz, qui vient de paraître. Je connais la valeur qu’ont pour vous mon beau-père, le Rabbi et ses paroles.
Notes
(1) Le Rav I.M. Lewin. Voir, à ce propos, la lettre n°1032. (2) De l’état d’Israël. (3) De l’ensemble des partis religieux. Voir, à ce propos, les lettres n°825, 953, 1032, 1043, 1044, 1045, 1046, 1047, 1060, 1064. (4) Voir les lettres citées à la note précédente. (5) 1927.
Lettre n°1099
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1099, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jour de la libération,
13 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Elyahou Chmouel Hacohen(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris avec peine le décès de votre épouse.
Dieu vous consolera, parmi tous les autres endeuillés de Sion et de Jérusalem(2).
On sait qu’il est permis de jeûner, pendant le Chabbat, à la suite d’un mauvais rêve. La raison en est la suivante. Le Chabbat est un temps de plaisir et il est alors impossible de supporter la douleur. Dès lors, l’attribut de rigueur ne peut plus intervenir.
C’est aujourd’hui un jour de joie, celui de la libération et de la délivrance de mon beau-père, le Rabbi, qui écrivit, dans une lettre, que ce n’est pas seulement moi que le Saint béni soit-Il libéra, le 12 Tamouz, mais aussi tous ceux qui chérissent notre sainte Torah, respectent la Mitsva, ou même ceux pour qui Israël n’est qu’un surnom(3).
En ce jour, à n’en pas douter, la sévérité, la limite de la compréhension disparaissent. Votre peine se dissipera donc.
Avec mes voeux de consolation,
Notes
(1) Le Rav E.C. Kahanov. (2) Telle est la formule traditionnelle de consolation de l’endeuillé. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1075.
Lettre n°1100
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1100, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Tamouz 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, par l’intermédiaire du distingué ‘Hassid qui craint Dieu, monsieur..., votre contribution de cinq dollars. Je l’ai transmise à la caisse pour les actions discrètes, un fonds permettant de financer les besoins des hommes et des institutions, sans en faire état publiquement.
Votre mérite de participer à une telle forme de Tsédaka est considérable et j’espère que ce don discret viendra en aide à la personne pour le mérite de laquelle elle a été donnée, de sorte qu’elle se sentira mieux et sera en bonne santé.
La Guemara nous dit que celui qui prie pour son ami, afin de lui faire obtenir ce dont il a lui-même besoin est exaucé en premier. A l’époque actuelle, de façon générale, chacun éprouve le manque d’une certaine chose. Je formule donc le voeu que Dieu comble votre besoin, que votre maison soit un véritable foyer juif, empli de Torah et de Mitsvot. Je serais heureux que vous m’écriviez pour me dire ce qu’il en est.
D’après ce que je comprends, vous fréquentez plus régulièrement la synagogue. Je vous propose donc d’adopter, sans en faire le voeu, la pratique, instaurée par mon beau-père, le Rabbi, de lire, chaque matin, après la prière, des Tehilim, selon leur répartition mensuelle. Je vous conseille également de vous habituer à donner de la Tsédaka, chaque jour, avant les prières de Cha’harit et de Min’ha. Peu importe le montant. Il suffit de le faire de manière régulière et systématique, chaque fois que vous commencez à prier.
La Sidra que nous avons lue, Chabbat dernier, commence par le verset : Voici le Décret de la Torah. La ‘Hassidout souligne que le mot ‘Houkat, décret, est de la même étymologie que ‘Hakika, la gravure. Celle-ci est très différente de l’écriture. Lorsque l’on écrit, on prend de l’encre et du parchemin, qui sont deux éléments distincts et on les réunit. A l’opposé, quand on grave des lettres sur la pierre, celles-ci en sont partie intégrante.
Il en est de même pour l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot. En les accomplissant, il faut graver, ne constituer qu’une seule et même entité avec elles. C’est à ce propos que la Torah nous dit : Si vous marchez dans Mes Décrets (Be’houkotaï, également de la même racine que ‘Hakika, la gravure), Je donnerai vos pluies en leur temps et la terre fournira sa production.
J’espère avoir de vos bonnes nouvelles et je conclus en vous adressant ma bénédiction,
Lettre n°1101
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1101, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Tamouz 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Monsieur... m’a parlé de vous et de votre action positive dans les domaines du Judaïsme. J’en ai été satisfait. Monsieur... m’écrit maintenant que vous avez besoin d’une bénédiction de prompt rétablissement.
Lundi dernier, le 12 Tamouz, je me trouvais près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi et j’ai mentionné votre nom, pour que vous ayez une complète guérison. J’espère que vous pourrez m’annoncer une bonne nouvelle, me dire que vous allez mieux. Je vous serai reconnaissant de me transmettre cette bonne nouvelle.
Je voudrais vous rappeler la pratique instaurée par mon beau-père, le Rabbi, qui consiste à lire tous les matins, après la prière, des Tehilim, selon leur répartition mensuelle, afin de réciter l’ensemble de ceux-ci au moins une fois par mois, à étudier, chaque jour également, un passage du ‘Houmach avec le commentaire de Rachi. J’espère que, sans en faire le voeu, vous garderez ces deux études, à l’avenir, car elles introduisent la bénédiction et la réussite dans l’existence de chaque Juif.
Le premier verset de la Sidra de la semaine passée, que nous avons lue pendant ce Chabbat, est : Voici le Décret de la Torah. La ‘Hassidout explique que le mot ‘Houkat, Décret, introduit également une autre idée, car il est de la même étymologie que ‘Hakika, la gravure. Il indique ainsi, de manière allusive, qu’un Juif doit étudier la Torah et accomplir les Mitsvot, à la manière de la gravure et non de l’écriture, dans laquelle l’encre et le parchemin sont différents l’un de l’autre, mais uniquement réunis par la suite.
Il faut étudier la Torah et accomplir les Mitsvot comme on graverait des lettres dans la pierre, de sorte qu’elles en soient partie intégrante et non un corps étranger qui lui est ajouté. De même, un Juif ne doit constituer qu’une seule et même entité avec la Torah et les Mitsvot. Et, la Torah dit alors que si vous marchez dans Mes Décrets (Be’houkotaï, qui est aussi de la même racine que ‘Hakika, la gravure), Je vous donnerai vos pluies en leur temps et la terre fournira sa production.
Avec ma bénédiction de prompt rétablissement,
Lettre n°1102
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1102, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav Aharon Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, par votre frère, le distingué ‘Hassid qui craint Dieu et s’acquitte fidèlement de sa mission, le Rav Yaakov Hacohen(2), votre participation à notre action éducative, en Afrique du nord. Vous en trouverez ci-joint le reçu.
J’ai été particulièrement satisfait d’obtenir votre participation le 13 Tamouz, jour de la libération de mon beau-père, le Rabbi, des mains de la Yevsektsya(3), en Russie, en 5687(4). Cette date, en effet, est, pour nous tous, un renforcement et un encouragement dans notre action pour le Judaïsme de la Torah et celui de l’éducation conduite avec abnégation, selon le chemin frayé par mon beau-père, le Rabbi.
En ce jour, mon beau-père, le Rabbi prie pour tous ceux qui suivent sa voie, afin que Dieu leur accorde une bonne santé, la réussite et l’opulence matérielle, de même qu’aux membres de leur famille. De la sorte, tous pourront prendre part plus aisément et plus efficacement à sa sainte œuvre.
J’espère avoir toujours de bonnes nouvelles de vous-même et des membres de votre famille.
Avec ma bénédiction de réussite matérielle et spirituelle,
Notes
(1) Le Rav A.Kats. Voir, à son propos, la lettre n°867. (2) Le Rav Y.Kats, de Chicago. Voir, à son propos, la lettre n°822 et la lettre suivante. (3) La section juive du parti communiste. (4) 1927.
Lettre n°1103
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1103, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
et s’acquitte fidèlement de sa tâche,
le Rav Yaakov Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec satisfaction votre lettre de la veille de la fête de la libération du 12 Tamouz, qui m’est parvenu au jour même de cette libération. Votre participation, de même que celle de votre frère Aharon Hacohen(2) et celle de monsieur Binyamin Sacks parvenaient vraiment au bon moment. Vous vous êtes acquis un mérite particulier, en réalisant une action concrète au jour même de la libération, afin de prendre part à l’œuvre sacrée de mon beau-père, le Rabbi.
Au jour lumineux de sa libération, mon beau-père, le Rabbi, à n’en pas douter, prie surtout pour tous ceux qui sont attachés à lui, pour tous ceux qui mènent une action pour la Torah et pour son luminaire(3) avec abnégation. Ainsi, Dieu fera que leur participation soit plus aisée et Il leur permettra de l’augmenter, avec une bonne santé et dans la largesse matérielle et spirituelle.
Vous trouverez ci-joint les lettres que j’adresse à votre frère, monsieur Aharon Hacohen(2) et à monsieur Binyamin Sacks. Je vous remercie de bien vouloir les leur transmettre.
Avec ma bénédiction pour connaître la réussite dans vos entreprises et pour pouvoir rapidement m’annoncer de bonnes nouvelles, à ce propos,
Notes
(1) Le Rav Y.Kats de Chicago. Voir, à son propos, la lettre n°822. (2) Voir la lettre précédente. (3) La ‘Hassidout.
Lettre n°1104
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1104, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me posez la question suivante. Vous constater que les signes de cantilation, pour différents versets de la Loi Ecrite, ne sont pas en harmonie avec leur sens simple. Vous me demandez donc comment vous devez les lire, selon ces signes de cantilation, ou bien en marquant des temps de repos et en associant les mots selon le sens simple, en laissant chacun libre de la durée de ces temps de repos.
Voici ma réponse :
A) Selon la tradition de notre peuple, les signes de cantilation ont été révélés par Dieu, comme l’indique le Pardès, de Rabbi Moché Cordovéro, au début de la porte 28, à propos des voyelles. Voici ce qu’il dit : Tous les Sages d’Israël ont reçu une tradition orale, depuis l’époque d’Ezra le Scribe, selon laquelle celui-ci détenait lui-même personnellement une tradition orale, remontant à Moché notre maître et établissant que ce dernier avait reçu de Dieu les différentes voyelles.
Vous consulterez également la porte 29, qui en dit de même pour le nom des signes de cantilation, faisant ainsi allusion à différents éléments.
Ceci contredit l’avis de Rabbi A. Ba’hour, qui dit que les signes de cantilation et les voyelles furent introduits par la suite. Différents ouvrages commentent tout cela par le détail et vous consulterez également le Pekouat Sadé, du même auteur que le Sdeï ‘Hemed.
Néanmoins, après la révélation du Zohar et des Tikouneï Zohar, quiconque a foi en le contenu de ces livres croira que les signes de cantilation et les voyelles ont été données par Dieu. Vous consulterez également le Likouteï Torah, à la fin du second chapitre du discours ‘hassidique intitulé Cantique des Cantiques et les références qu’il indique.
B) Les signes de cantilation furent donnés pour chanter les mots et, selon les termes du Zohar, tome 1, page 15b : Les lettres correspondent au corps, l’esprit aux voyelles. Tous suivent les signes de cantilation et restent comme elles sont. Lorsque l’on chante ces signes, les lettres s’élèvent et les voyelles les suivent. Quand on cesse de le faire, elles restent telles qu’elles sont. Vous consulterez aussi l’introduction des Tikouneï Zohar, page 8a et d’autres références.
C) D’après ce qui vient d’être dit, il est difficile de comprendre pourquoi, en différents endroits, les signes de cantilation ne sont pas en harmonie avec le sens simple des versets, comme vous le faites remarquer dans votre lettre.
On peut proposer plusieurs explications :
1) Nous ne connaissons pas bien les principes des signes de cantilation et
leur signification. La majeure partie d’entre eux et peut-être même la totalité de ceux qui sont mentionnés par les livres ont été conçus par les hommes, qui ont essayé de comprendre comment il fallait chanter la Loi Ecrite. S’il y a une distorsion entre ces signes et le sens simple des versets, peut-être est-ce parce que les signes de cantilation ont, quelques fois, été privilégiés par rapport à la signification des versets.
2) L’explication qui vient d’être donné doit, en outre, être modulée en fonction du timbre de la voix, de la longueur du souffle et d’autres éléments.
3) La manière d’écrire un mot(1) fait allusion à une explication qui transcende le sens simple et la signification première, comme le montre Igueret Hakodech, au chapitre 19. Selon le même raisonnement, on peut considérer que les signes de cantilation font parfois référence à de telles explications. Mais, en pareil cas, le mot ne peut pas être lu tel qu’il s’écrit, ce qui n’est pas vrai pour les signes de cantilation. On sait, en effet, que, de façon générale, le chant est plus directement lié à la profondeur de l’âme, qui transcende l’intellect et la compréhension. Vous consulterez, à ce propos, le Likouteï Torah, à la référence précédemment citée.
D) Ce qui vient d’être dit conduit à s’interroger sur l’affirmation de nos Sages, citée au traité Yoma 52a, selon laquelle cinq versets n’ont pas d’interprétation définitive. De plus, le chapitre 70 et le Yerouchalmi Avoda Zara, chapitre 2, paragraphe 7, en ajoutent un autre.
Mais, les Sages des premières générations posent déjà cette question et ils proposent les explications suivantes :
1) L’interprétation définitive de ces versets peut effectivement être déduite de leurs signes de cantilation, qui furent restitués par Ezra. C’est ce que disent le Ritva, sur le traité Yoma, à cette référence, le Roch, dans les Tossafot, le Yad Mala’hi et le Maharcha.
2) Il y a une controverse à propos des signes de cantilation de ces versets et c’est pour cela qu’il n’y a pas d’interprétation définitive. C’est l’avis du Beth Yossef, dans ses responsa Avkat Ro’hel, à la fin du chapitre 4.
Vous consulterez, à propos de tout cela, le Sdeï ‘Hémed, principes, ‘Heth, paragraphe 28 et le Chaareï Efraïm, chapitre 3, paragraphe 15.
Voici ce qui découle de cette analyse. Il est bien évident qu’un verset doit être lu selon ses signes de cantilation. On ne peut les modifier et introduire ceux que l’on aurait personnellement choisis, ce qu’à Dieu ne plaise.
Vous consulterez également la causerie de mon beau-père, le Rabbi, du 25 Chevat 5696(2), qui, au paragraphe 5, montre à quel point tout cela est important(3).
Vous poursuivez sûrement votre action dans le domaine de la bonne éducation. J’aimerais connaître les détails de ce que vous accomplissez, en la matière et je vous remercie d’avance de bien vouloir me les communiquer.
Notes
(1) Lorsqu’elle diffère de la façon de le lire. (2) 1936. (3) La nécessité d’être précis dans l’usage des signes de cantilation.
Lettre n°1105
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1105, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.B. T.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée.
A mon avis, votre projet commercial est une bonne idée. Vous connaissez le proverbe(2) que cite mon beau-père, le Rabbi, au nom du Rabbi Maharach : On dit que l’on contourne un obstacle en passant sous celui-ci et, si ce n’est pas possible, par le dessus. Je considère, pour ma part, que l’on doit aller d’emblée par le dessus(3). A n’en pas douter, Dieu vous enverra la réussite, vous accordera l’opulence matérielle et vous-même transformerez ces biens matériels en spiritualité(4).
Je vous joins une lettre pour monsieur Newman, avec une enveloppe le concernant. Je m’en remets à vous pour déterminer s’il faut la lui remettre en mains propres ou la lui envoyer par la poste.
Votre fils Chimeon vient d’avoir quatorze ans et, à cette occasion, je vous adresse mes voeux pour qu’il ait la crainte de Dieu, soit un ‘Hassid et un érudit. Vous-même et votre épouse concevrez beaucoup de plaisir et de satisfaction de lui et de vos autres enfants.
Vous avez sûrement organisé une réunion ‘hassidique, pendant les jours de la fête de la libération(5) et vous vous êtes renforcés dans la Torah, les Mitsvot et le luminaire de la Torah(6). Je vous serais reconnaissant de me faire savoir précisément comment cela s’est passé.
En saluant toute la communauté et en vous adressant ma bénédiction de réussite,
Notes
(1) Le Rav Chmouel BeTsalel Althuiz. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°1077 et 1114. (3) Et, en l’occurrence, réaliser d’emblée l’investissement nécessaire. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°1077. (5) Du 12-13 Tamouz. (6) La ‘Hassidout.
Lettre n°1106
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1106, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été satisfait d’avoir l’occasion de faire connaissance avec vos deux fils, qui m’ont rendu visite. Ils m’ont fait bonne impression et je suis certain qu’en parlant plus souvent avec eux du Judaïsme et de la pratique effective des Mitsvot, ils en tireront les conséquences. Ceci aura de l’effet également sur les membres de leur famille, de sorte que tous se rapprochent de la Torah et des Mitsvot.
Au cours de notre discussion, ils m’ont dit que vous souffrez de la prostate et que l’un des médecins préconise une opération chirurgicale. Néanmoins, vous hésitez à la faire, car vous pensez ne pas être suffisamment fort pour la supporter.
Il me semble que vous devriez consulter deux médecins spécialistes. Vous leur ferez également part de votre avis et s’ils pensent aussi que vous devez avoir recours à une opération, vous la ferez, en un moment bon et fructueux, conformément à leurs prescriptions(1). Dieu fera que tout se passe bien. Vous aurez de longs jours, de bonnes et calmes années, au sens le plus littéral.
Mais, les bonnes années ont également une dimension plus profonde. Elles doivent l’être également dans le domaine spirituel, c'est-à-dire être emplies de Judaïsme, pour vous-même et dans l’influence que vous exercez sur votre entourage, en particulier vos enfants et petits-enfants, qui conduiront leur foyer et leur vie sur le chemin de la Torah et des Mitsvot.
Nous nous trouvons actuellement dans les trois semaines(2) qui commémorent la destruction du Temple. Nous devons également nous souvenir de l’affirmation de la Guemara, selon laquelle le Temple fut détruit du fait de la haine gratuite(3). Nous voulons tous et souhaitons, très prochainement la délivrance complète et véritable. Nous devons donc faire un effort particulier pour supprimer la cause qui fut à l’origine de cette destruction.
En d’autres termes, tous nos efforts doivent nous conduire à aimer notre prochain. Ceci concerne particulièrement les Cohanim(4), qui, avant de prononcer leur bénédiction, disent(5) : bénir Son peuple, Israël, avec amour. Citant l’un des Justes cachés, mon beau-père, le Rabbi a dit que, selon cette expression, il est également nécessaire de bénir le peuple d’Israël pour qu’il possède ce sentiment d’amour, pour que l’un en éprouve pour l’autre, pour que ce sentiment reçoive une expression concrète, matériellement et, encore plus, spirituellement.
J’espère avoir de vos bonnes nouvelles et je vous prie de transmettre mon souvenir à vos fils. Je souhaite obtenir, d’eux également, de bonnes nouvelles.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1015 et 1071. (2) Qui séparent le 17 Tamouz du 9 Av. (3) Sans aucune cause, sans justification. (4) Le destinataire de cette lettre était vraisemblablement un Cohen. (5) Dans la bénédiction qui précède.
Lettre n°1107
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1107, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[20 Tamouz 5711]
Tu m’a fait savoir que tu as célébré ta Bar Mitsva et tu sollicites ma bénédiction(1).
Je t’exprime donc ma bénédiction pour que tu sois, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, quelqu’un qui craint Dieu, un ‘Hassid et un érudit de la Torah. Tu causeras beaucoup de satisfaction, une satisfaction ‘hassidique.
Mon beau-père, le Rabbi, a raconté que nos maîtres, lorsqu’ils prononçaient un discours ‘hassidique à l’occasion d’une Bar Mitsva, le commençaient par le verset : faisons l’homme à notre image. Par la suite, lorsqu’ils transmettaient le texte de ce discours(2), ils omettaient parfois cette introduction.
En conséquence, un Bar Mitsva doit savoir qu’il mérite désormais le titre d’homme, Adam(3), le plus élevé des quatre termes qui le décrivent, Adam, Ich(4), Guéver(5), Enoch(6), comme l’expliquent le Kountrass Torat Ha’hassidout, au chapitre 7 et le second chapitre du discours ‘hassidique intitulé et vint Amalek, de 5709(7), qui figure dans le fascicule n°62. Il faut immédiatement agir en ce sens et ne pas s’en remettre à plus tard. Ainsi, on reçoit l’aide de Dieu et l’on devient Adam, comme le dit le Séfer Hatoldot(8), à la page 64.
Tu as sûrement récité un discours ‘hassidique, au jour de ta Bar Mitsva et tu adopteras les études qui concernent chacun, celles du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya.
Avec ma bénédiction de réussite dans l’étude de la Torah, emplie de crainte de Dieu,
Notes
(1) Voir également la lettre n°652. Une même lettre a été adressée à plusieurs personnes. (2) Pour le dupliquer et le diffuser. (3) Terme qui décrit l’homme dans sa perfection intellectuelle. (4) Terme qui décrit l’homme dans sa perfection sentimentale. (5) Terme qui décrit l’homme conscient de ses lacunes intellectuelles ou sentimentales et s’employant à les réparer. (6) Terme qui décrit l’homme dépourvu de toute qualité. (7) Pourim 1949. (8) Du Rabbi Maharach, rédigé par le Rabbi.
Lettre n°1108
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1108, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tamouz 5711,
Brooklyn, New York,
Aux Rabbanim, distingués ‘Hassidim qui craignent Dieu,
se consacrent avec empressement aux besoins publics,
agissent et conduisent les autres à le faire,
le Rav Reouven Tsvi Yehouda Feigelshtok et
le Rav ‘Haïm Chlomo Grinhuit,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 17 Iyar, à laquelle était jointe votre collecte pour les Maot ‘Hitin(1), faite auprès de vos amis et des ‘Hassidim. Le bureau vous a sûrement adressé des reçus individuels.
La caisse de Maot ‘Hitin est une des réalisations communautaires de mon beau-père, le Rabbi, dont toutes les actions au profit de la collectivité et de chaque individu se poursuivent encore, à l’heure actuelle. Pour des personnes comme vous, il est sûrement inutile de préciser à quel point cette Mitsva est primordiale.
C’est la façon de mettre en pratique la sentence(2) : Quiconque a faim, qu’il vienne et mange, quiconque est dans le besoin, qu’il vienne et célèbre Pessa’h. En faisant cette annonce, matériellement et spirituellement, on peut hâter la réalisation de la promesse(3), selon laquelle : L’an prochain, nous serons en Erets Israël, libres.
Vous voudrez bien transmettre mes remerciements et ma bénédiction à tous ceux qui agissent et font agir les autres, dans le cadre de cette Mitsva. J’ai bon espoir que vous redoublerez d’effort et d’ardeur dans votre participation à cette mission sacrée, car on s’élève, dans le domaine de la sainteté.
Avec ma bénédiction, à chacun des participants, pour la satisfaction de tous leurs besoins,
Notes
(1) La Tsédaka spécifique destinée à subvenir aux besoins de Pessa’h. (2) Le début de la Haggada de Pessa’h. (3) Qui conclut la Haggada de Pessa’h.
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