Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°1049
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1049, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5711,
Brooklyn,
Au Rav, docte et distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux nombreuses connaissances, érudit qui met en forme
la Torah, le Rav R.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps et je viens de recevoir votre livre, le Séfer Habahir avec vos notes et commentaires. Je vous en remercie beaucoup.
Vous me demandez mon sentiment, à ce propos. Je pense qu’il s’agit d’un ouvrage important, éclairant et illuminant le Zohar, les Tikouneï Zohar, le Séfer Habahir et le Zohar ‘Hadach. On y trouve beaucoup de dextérité et d’efforts.
Nos Sages enseignent, au traité Erouvin 21b, que l’on enseigne la sagesse au peuple en lui énonçant les signes traditionnels de la Torah et le verset introduit ainsi le fait que cette sagesse permet d’approfondir la compréhension et de formuler de nombreuses paraboles. Le début du Midrach Chir Hachirim Rabba donne de nombreuses illustrations de ce principe.
Combien plus en est-il ainsi pour le Zohar, pour lequel l’œuvre à accomplir reste importante et j’ai pu constater concrètement l’intérêt que présente vos remarques lorsque j’étudiais moi-même ces ouvrages. Puissiez-vous recevoir la bénédiction des nombreuses personnes qui étudieront le Zohar grâce à vos commentaires.
Néanmoins, il est dommage que vos explications soient si concises, surtout là où elles auraient dû être développées. Et, je suis surpris, et même étonné, qu’en quelques endroits, qu’un enfant lui-même pourrait désigner, vous ne citiez pas les commentaires de la ‘Hassidout ‘Habad, directement liés au sujet que vous évoquez.
Bien plus, la ‘Hassidout ‘Habad formule une interprétation spécifique de la Kabbala et des propos de nos Sages figurant dans le Zohar. A l’heure actuelle, cette omission est particulièrement surprenante, alors que les ouvrages de la ‘Hassidout sont de plus en plus répandus, que l’opposition qui s’était auparavant faite jour a disparu.
Comme vous me l’avez demandé, je vous ai adressé, par envoi séparé, la Haggada de Pessa’h(2). De même, votre nom a été ajouté à la liste des destinataires des fascicules(3).
Je vous adresse ma bénédiction pour que vous développiez le vêtement et le corps de la Torah(4), de même que son âme et l’âme de son âme(5), selon l’expression du Zohar, à la page 154a.
N. B. : Comme à mon habitude, pour marquer mon intérêt, j’ai immédiatement feuilleté votre livre et cet examen rapide me conduit aux remarques suivantes :
Au chapitre 1 : Le Or Bahir cite le Tsyouni, qui dit : On peut établir clairement que la lumière a été créée. La même formulation figure dans l’édition de Lemberg, éditée en 1882, dont je dispose. Il faut vérifier ce qu’il en est dans les éditions antérieures, car, à mon avis, il ne fait pas de doute qu’il faudrait dire : l’obscurité a été créée.
Pour déterminer s’il y a eu, à proprement parler, une création de l’obscurité, vous consulterez une note explicative(6) figurant au début du fascicule édité pour le 12 Tamouz 5708(7).
Au chapitre 200 : Vous consulterez les explications de nos Sages énoncées dans le Torah Chlema, sur Béréchit, au chapitre 3.
Le Séfer Habahir est cité par le Torah Or, paru aux éditions Kehot tel qu’il fut publié à Vilna, aux pages 18c, 114c à deux reprises et dans le Likouteï Torah, à la Parchat Bechala’h 2a, Vaykra 35b, Bamidbar 51a, 63c, 64a, 94a. Vous consulterez toutes ces références.
Notes
(1) Le Rav R.Margalyot. (2) Avec les commentaires du Rabbi. (3) De l’enseignement du Rabbi précédent édités pour chaque fête. (4) Sa partie révélée. (5) Sa partie cachée. (6) Du Rabbi (7) 1948, présentant un discours ‘hassidique du précédent Rabbi.
Lettre n°1050
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1050, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5711,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
Le ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins publics, Rav Chlomo Zalman Hecht, m’a transmis votre demande de bénédiction.
Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je mentionnerai votre nom et, à n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine pour la satisfaction de tous vos besoins.
Dieu demanda aux Cohanim(2) de bénir le peuple d’Israël avec amour. Ils doivent donc, dans tous leurs comportements, se pénétrer de cet amour pour leur prochain. Dès lors, Dieu leur donne l’assurance que Moi, Je les bénirai, qu’Il leur marquera également Son amour, en leur offrant un bien évident.
Vous étudiez sûrement, chaque jour, la Paracha de la semaine, les Tehilim, selon leur répartition mensuelle et le Tanya que mon beau-père, le Rabbi, a réparti pour tous les jours de l’année.
Avec ma bénédiction pour que vous soyez en bonne santé et puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles, dans ce domaine,
Notes
(1) Le Rav Y.Kats, de Chicago. (2) Le destinataire de cette lettre est un Cohen.
Lettre n°1051
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1051, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5711,
Brooklyn, New York,
Aux élèves terminant leur scolarité
et à leurs parents, auxquels Dieu
accordera longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de l’attribution de votre diplôme, je voudrais saluer tous les élèves qui achèvent leur scolarité et vont intégrer de plus hautes classes, des sections supérieures, poursuivant ainsi leur éducation sacrée.
Les vacances d’été commencent maintenant, qui sont une période de repos et de renouvellement des forces, afin de les conserver pour la nouvelle année scolaire, qui commencera positivement, pour nous et pour vous.
Chers enfants, vous devez savoir que les vacances ne sont pas une rupture avec l’étude et l’éducation. Car, un enfant juif ne peut cesser, fut-ce même une seule journée, en été comme en hiver, d’étudier la Torah et de recevoir une bonne éducation.
Bien au contraire, durant le temps libre dont disposent les élèves, pendant les longues journées d’été, vous devez réviser ce que vous avez déjà appris et vous préparez à ce qui vous attend, sur la voie de la Torah et des Mitsvot.
Ainsi, en accumulant ces forces physiques renouvelées, vous susciterez également en vous des forces morales. Les unes et les autres, mais surtout ces dernières, font qu’une personne est intègre et saine.
Quant à vous, parents juifs, qui assumez en permanence le rôle de parents et d’éducateurs, vous devez savoir que, pendant les mois d’été, en particulier, celui-ci vous incombe de manière pratiquement intégrale.
Je vous adresse ma bénédiction. Que Dieu vous accorde, chers enfants, de même qu’à vos parents, vos professeurs et vos éducateurs, une bonne santé physique et morale, avec beaucoup de satisfaction, une satisfaction juive, dans le calme du corps et de l’esprit.
Avec ma bénédiction pour un été en bonne santé, matériellement et spirituellement,
M. Schneerson,
Lettre n°1052
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1052, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Sivan 5711,
A la direction de l’association ‘Habad en Terre Sainte,
puisse-t-elle être restaurée et rebâtie,
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint une lettre(1) par laquelle je m’adresse à différentes écoles, aux Etats Unis, qui sont en vacances pendant les mois d’été.
Il existe aussi, en Terre Sainte, des écoles qui prennent leurs vacances durant l’été. Vous pouvez donc faire usage de ma lettre, la diffuser de la manière qui convient, afin qu’elle soit de la plus grande utilité(2).
Vous voudrez bien me faire connaître, de manière détaillée, tout ce que vous aurez fait, en la matière.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Notes
(1) Il s’agit de la lettre précédente. (2) Auprès de toutes les écoles concernées.
Lettre n°1053
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1053, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu le livre Ko’ho de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, que vous m’avez fait parvenir. Je vous en remercie et nos Sages disent, au traité Baba Kama 92b, que le vin appartient à son propriétaire, mais l’on remercie celui qui le sert.
Néanmoins, on remercie celui qui le sert uniquement s’il possède lui-même le libre arbitre(1), comme l’explique le Séfer Hamitsvot, du Tséma’h Tsédek, au chapitre 3 de la Mitsva de la circoncision. C’est le cas seulement si le propriétaire est juif, mais non s’il est un ange ou encore un non-Juif. Vous consulterez le Likouteï Torah, à la Parchat Emor, au commentaire du discours Vehénif, chapitre 3. Mais, l’on peut encore s’interroger, à ce propos.
Vous voudrez bien remercier pour moi l’auteur de ce livre, qui me l’a offert. Dans la mesure du possible, il serait bon qu’il envoie ses autres livres à notre bibliothèque, éventuellement en échange de parutions des éditions Kehot. Si vous pouviez l’obtenir, je vous en serais très reconnaissant.
Vous féliciterez l’auteur pour avoir écrit un livre appartenant à la partie cachée de la Torah, en général et, en particulier, lié au Zohar, grâce auquel les enfants d’Israël quitteront l’exil avec miséricorde, très bientôt et de nos jours.
Je dois toutefois exprimer ma surprise. En effet, différents passages de ce livre montrent que l’auteur a connaissance de l’enseignement du Baal Chem Tov et de ses disciples. Malgré cela, je n’ai pas encore vu, pour l’heure, qu’il cite les ouvrages de ‘Habad, alors que ceux-ci traitent des concepts qu’il développe dans son livre.
Il fut un temps où, dans certains cercles, on adoptait une attitude réservée envers l’enseignement de ‘Habad, ainsi qu’il est dit : ne recherche pas ce qui te dépasse. On considérait qu’il suffit de marquer sa foi en Dieu, tout au long du jour, comme le disent, en particulier, les livres du Rabbi de Ziditchov.
De même, quelques générations avant celle-là, de nombreux Grands d’Israël s’effrayèrent de la diffusion de la ‘Hassidout générale, c'est-à-dire de l’enseignement du Baal Chem Tov. Et, encore quelques générations avant cela, la propagation du Zohar faisait peur également.
Puis, quelques décennies après la diffusion du Zohar et, ensuite, quelques décennies après la révélation du Baal Chem Tov et de son enseignement et, par la suite, avec l’éclairage, qui se poursuit encore actuellement, des six luminaires que furent les chefs de ‘Habad, depuis l’Admour Hazaken jusqu'à mon beau-père, le Rabbi, il fut concrètement établi que l’on ne pouvait plus se passer de cet enseignement.
Que l’on médite aux conséquences de l’étude du Zohar, puis de l’enseignement du Baal Chem Tov, à l’effort, en particulier développé à notre époque, pour étudier la ‘Hassidout ‘Habad. Il ne fait plus l’ombre d’un doute que le Zohar est l’arbre de vie, que l’enseignement du Baal Chem Tov constitue les sources dont lui parlait le Machia’h(3), qu’à l’heure actuelle, la ‘Hassidout ‘Habad est le moyen de comprendre le Zohar. C’est de cette manière que l’on peut diffuser les sources à l’extérieur et, ainsi, provoquer la venue du roi Machia’h.
Nous tous avons eu le mérite, même si l’on peut s’interroger sur la valeur de notre génération, d’assister à une ample révélation des concepts cachés du Zohar et de la ‘Hassidout, désormais accessibles à la raison humaine. En tout état de cause, on peut savoir que ces concepts existent, même si on ne les perçoit pas profondément.
De la sorte, l’intellect s’unit à la connaissance de Dieu, Qui emplit les mondes et les entoure, par rapport à Qui tout est insignifiant. On peut ainsi dépasser la foi et ce qu’elle permet. Celui qui ne tire pas profit de tout cela, bien que, par un effet de la divine Providence, il ait connaissance de l’existence de la ‘Hassidout ‘Habad, suscite le plus grand étonnement.
De plus, celui qui a la possibilité d’apprendre cette partie de la Torah et ne le fait pas n’est pas considéré comme ayant mené son étude comme il aurait dû le faire. Vous consulterez les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 1, fin du paragraphe 4, pour ce qui concerne notre propos. Ce texte dit : Les Sages de la Vérité(4) disent... ils disent encore... la perfection de l’âme consiste, pour elle, à connaître tout ce qu’elle peut étudier de la Torah. Elle ne peut s’élever et se parfaire, en sa source, sans cette connaissance.
Il est inutile d’en dire plus tant cela est logique et évident.
Je vous donnerai maintenant une liste, non exhaustive, de références, dans la ‘Hassidout, parlant de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï : Igueret Hakodech, chapitres 19 et 26, Torah Or, page 23c, Likouteï Torah Vaykra, page 18a, citant une note du Tséma’h Tsédek selon laquelle le Baal Chem Tov eut une élévation considérable, page 28a, Bamidbar, pages 84c, 87d, Devarim, pages 12b, 43a, qui parle d’une élévation supérieure à celle du roi David, ce qui est surprenant, Chir Hachirim page 19c, Sidour de l’Admour Hazaken, porte de Lag Baomer, discours Vehé’hérim 5631, à partir de la page 52 et d’autres références encore.
Le discours Veélé Chemot 5617, de Rabbi Hillel de Paritch, actuellement sous presse(5), dit : Selon l’Admour Hazaken, pour les âmes les plus élevées, comme celle de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, le Temple ne fut jamais détruit.
Je conclurai avec une explication que l’on peut peut-être avancer, à propos du commentaire de nos Sages, que rapporte l’introduction du livre Ko’ho de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï. Elle figure dans le Yerouchalmi Sanhédrin, chapitre 1, paragraphe 2. Lorsque Rabbi Akiva donna l’ordination à Rabbi Meïr et à Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, il demanda que Rabbi Meïr prenne place le premier. Rabbi Chimeon s’en affecta et Rabbi Akiva lui dit, alors : Il te suffit que moi-même et ton Créateur connaissions ta force.
On peut, à ce propos, poser plusieurs questions. Voici quelques unes d’entre elles. S’agissant de la réponse, si Rabbi Akiva connaissait la force de Rabbi Chimeon, pourquoi ne lui fit-il pas prendre place en premier ? Et, si Rabbi Chimeon n’en avait pas la force, pourquoi Rabbi Akiva ne le lui dit-il pas ? Et qu’importe que moi-même et ton Créateur connaissions ta force ? Le Pneï Moché explique que Rabbi Meïr était plus âgé que Rabbi Chimeon. Mais, cette explication n’apparaît pas du tout ici.
Sur la forme de la réponse, pourquoi dire ton Créateur et non le Saint béni soit-Il ou le Tout Puissant, selon les expressions courantes ? D’autant que les Sages acquièrent la Torah non pas par la création naturelle, mais bien grâce aux quarante huit qualités que l’on doit posséder. Et, pourquoi dire ta force et non ta sagesse, puisqu’il s’agit d’ordination des Sages ? Et, concernant la réponse, pourquoi dire moi et ton Créateur et non l’inverse ?
L’explication est brièvement la suivante, le temps ne me permettant pas de faire le développement qu’il faudrait. Toute la Torah se trouve dans le monde supérieur d’Atsilout, selon le Torah Or ‘Hayé Sarah, à la fin du discours reprenant les termes du Rabbi. Puis, le Talmud, les raisons profondes de la Hala’ha, apparaissent dans celui de Brya et la Michna, la Hala’ha tranchée, occultant les raisons, en Yetsira. Le Tanya explique tout cela au chapitre 52. La Kabbala, en revanche, est seulement en Atsilout, comme le dit le Torah Or, à la même référence, la note au chapitre 40 du Tanya, le Kountrass A’haron, au paragraphe commençant par afin de comprendre ce que dit le Peri Ets ‘Haïm.
Rabbi Chimeon Ben Yo’haï était un maître des secrets de la Torah et, par son intermédiaire, la possibilité de les percevoir était également accordée aux autres Sages, qui pouvaient ainsi mettre en évidence l’enseignement caché de la Torah dans sa partie révélée, comme le dit le discours Vehé’hérim, précédemment cité.
Lorsque les Sages se réunissent pour discuter la Torah, ils ne se préoccupent pas de savoir qui prendra place le premier et qui sera le second. S’il s’agit, en revanche, de trancher la Hala’ha, de statuer sur un problème financier, on interroge d’abord le plus grand, qui est alors assis le premier. Pour prononcer une condamnation à mort, en revanche, on commence par le plus petit, selon le chapitre 4 du traité Sanhédrin.
Ce qui vient d’être dit permet de comprendre ce passage du Yerouchalmi. Rabbi Akiva fit prendre place à Rabbi Meïr et à Rabbi Chimeon, dans cet ordre. Il s’agissait, en l’occurrence, de trancher la Hala’ha. Rabbi Meïr prit donc place le premier car il éclairait les yeux des Sages par la Hala’ha, selon le traité Erouvin 13b. Rabbi Chimeon s’en affecta, sachant qu’il savait parfaitement discuter la Torah, comme le dit le traité Chabbat 33b et qu’il était, en outre, un maître des secrets de la Torah, qu’il transmettait, en outre, aux autres Sages.
Certes, Rabbi Chimeon acquit certaines de ses qualités longtemps après son ordination par Rabbi Akiva. Mais, il en possédait déjà certaines et surtout connaissait ses capacités, en la matière, ce qu’il pouvait obtenir puisque ses aptitudes s’étaient révélées d’emblée.
Rabbi Akiva lui répondit que moi, c'est-à-dire l’Attribut de royauté du monde d’Atsilout, selon le Zohar, tome 1, page 6b et le traité Soukka 53a et ton Créateur, le Talmud, qui se trouve en Brya et révèle en lui l’Attribut de royauté d’Atsilout, connaissent ta force, bien qu’elle ne se soit pas encore révélée dans la Hala’ha tranchée, qui se situe en Yetsira. Le sens de la force est expliqué dans le Likouteï Torah sur trois Parachyot, page 56c.
Il y a bien là des qualités extraordinaires. En conséquence, il te suffit et, lorsque la Hala’ha fut tranchée, en Yetsira, Rabbi Meïr prit place le premier.
Ce qui vient d’être dit permet de répondre aux questions précédemment posées.
Avec ma bénédiction pour tout le bien matériel et spirituel,
Notes
(1) Voir, à ce propos, la lettre n°980. (2) Il s’agit du Rav Ichaya Acher Zelig Margolis. (3) Lui expliquant qu’il viendrait lorsque celles-ci se répandraient à l’extérieur. (4) Ceux de la Kabbala. (5) Qui fut imprimé dans le Péla’h Harimon.
Lettre n°1054
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1054, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5711,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.I. I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous formulez une remarque sur ce que dit le fascicule édité à l’occasion de Chavouot 5711(2), à la page 278 : Le Rabbi constitue le Grand Prêtre. Dans ma note(3), je soulignais que le sens de cette affirmation n’est pas totalement clair. Vous proposez de l’interpréter d’après ce que dit le Avodat Israël, ouvrage du Maguid de Koznits, à propos de Yom Kippour. Celui-ci explique, en effet, que les Justes, par leur sainteté, apportent l’élévation au Grand Prêtre et à l’officiant de la communauté.
Je ne pense pas que cette explication soit la bonne, car nous n’avons plus de Grand Prêtre. Et, comment pourrait-il s’agir de l’officiant, dont il n’est même pas question ici. A mon avis, voilà comment il faut comprendre ce texte. Le Rabbi Rachab a expliqué l’application au service de Dieu de chacun de ces actes(4), ce que tout Juif doit accomplir en son âme.
Puis, évoquant le Grand Prêtre, il précisa que la possibilité de l’égaler, dans la dimension morale, est apportée par le Rabbi. C’est après avoir reçu la force qu’il accorde que l’on peut, spirituellement, servir Dieu comme un Grand Prêtre.
Si telle est bien la signification de ce texte, il y a là deux idées nouvelles et opposées l’une à l’autre : A) Chacun est tenu d’égaler le Grand Prêtre, bien évidemment de manière spirituelle. Ainsi, le chapitre 29 d’Igueret Hakodech dit que les Mitsvot dépendant du roi ne sont pas confiées à tous. Il ne dit rien de tel pour le Grand Prêtre. Vous consulterez aussi le Chaar Haguilgoulim, onzième et seizième introductions, le Chneï Lou’hot Haberit, au début de la partie sur la Loi Ecrite et l’introduction du Toledot Yaakov Yossef. B) Il est impossible de chercher à atteindre un tel niveau si l’on n’est pas aidé pour y parvenir. Mais l’on peut encore s’interroger sur tout cela.
Avec ma bénédiction de prompte guérison,
Notes
(1) Le Rav Meïr Israël Isser Friedman. (2) 1951, contenant un discours ‘hassidique du précédent Rabbi. (3) Rédigée par le Rabbi sur le texte du précédent Rabbi. (4) Effectués dans le Temple.
Lettre n°1055
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1055, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5711,
Brooklyn, New York,
Au ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav Yaakov(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la visite que vous m’avez rendue, je voudrais vous exprimer encore une fois ma bénédiction pour que vous ayez de longs jours et de bonnes années, ainsi que votre épouse.
Ce seront des années véritablement longues et bonnes, ce qui signifie, chez les Juifs, qu’on les vivra dans la tranquillité de l’esprit et du corps, en accomplissant de bonnes actions. Il faut donc ressentir ces jours et ces années, grâce à des réalisations liées à la Torah et aux Mitsvot, qui prendront la forme d’accomplissements positifs, pénétrés des trois amours, amour de Dieu, amour de la Torah et amour de son prochain.
Une telle existence apporte la réussite et la bénédiction, dans son propre foyer, comme dans celui des enfants et des petits-enfants.
Comme je vous l’ai dit oralement, mon beau-père, le Rabbi, a maintes fois rappelé une explication du Baal Chem Tov, selon laquelle tout ce qu’un Juif voit ou entend doit lui délivrer un enseignement sur sa manière de servir Dieu. Bien évidemment, une situation permanente doit, a fortiori, délivrer un tel enseignement.
Le linge et les vêtements, avant qu’on les porte, sont parfaitement propres, impeccablement repassés et admirablement à leur place. Puis, dès lors qu’on les porte un certain temps, ils sont froissés, poussiéreux ou tachés. Pour autant, on ne doit pas les jeter. On les confie à un blanchisseur ou à un teinturier(2).
Le blanchisseur place ces vêtements dans un ustensile ou dans une machine, qu’il porte à une température tiède ou chaude, en y versant de l’eau chaude, différents produits chimiques et du savon. Il les débarrasse ainsi de la saleté et des taches. Puis, il les repasse en appliquant sur eux un fer ou une presse. Après cela, on peut, de nouveau, porter ces vêtements.
Il en est de même pour l’âme juive. Lorsque Dieu la donne à un homme ou à une femme, celle-ci est pure(3), empesée(4) et adaptée à cette personne(5). Ainsi, nous constatons, chaque jour, dans les bénédictions du matin, que l’âme que Tu m’as donnée est pure.
Mais, le temps passe et cette âme se consacre aussi aux préoccupations du monde. Dès lors, elle se froisse, car elle n’est pas utilisée de la manière désirée par Dieu. Bien plus, elle peut même se couvrir de poussière ou de taches, si l’on néglige une Mitsva que l’on devrait accomplir, ce qu’à Dieu ne plaise, ou si l’on transgresse une Interdiction, ce qu’à Dieu ne plaise.
Néanmoins, la Torah nous demande de ne pas perdre l’espoir d’avoir une âme pure et adaptée à une vie juive. Pour cela, il faut la placer dans un endroit où la température est tiède, ayant été réchauffée par l’enthousiasme de la Torah et des Mitsvot. L’âme y puisera sa passion et son entrain.
Cet enthousiasme doit, cependant, être réservé aux activités sacrées. Pour cela, on devra prier avec la plus grande ferveur, ainsi qu’il est dit : déverse ton cœur comme de l’eau, étudier la Torah avec concentration, ainsi qu’il est dit : Vous qui avez soif, allez boire de l’eau et il n’est pas ici question d’eau, au sens littéral, mais bien de la Torah.
Pour parvenir à cela, différents éléments doivent être réunis(6). Il faut donner de la Tsédaka, respecter la Cacherout et d’autres Mitsvot. Ainsi, l’âme retrouve intégralement sa pureté. Si, en outre, on place sur elle le poids(7) de la Torah, on s’apercevra que, malgré la pression, celui-ci ne la dérange pas, mais, bien au contraire, la rend droite, en remet chaque détail à sa place, lui restitue la forme et l’apparence qui lui conviennent.
Grâce à la Torah et aux Mitsvot, l’âme devient ce qu’elle doit effectivement être.
Je conclus en formulant le voeu que vous ayez de longs jours et de bonnes années, de même que votre épouse. Vous concevrez, de tous vos enfants, beaucoup de satisfaction juive.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Y.Perl. (2) Telle est vraisemblablement l’activité du destinataire de cette lettre. (3) Reïn, le terme Yiddish employé ici par le Rabbi signifie à la fois propre et pure. (4) C'est-à-dire repassée. (5) C'est-à-dire bien à sa place. (6) Correspondant aux produits chimiques et au savon. (7) Correspondant au fer à repasser.
Lettre n°1056
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1056, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Sivan 5711,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav Mena’hem Mendel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai eu de vos nouvelles avec plaisir, par le grand Rav et distingué ‘Hassid, qui craint Dieu et se consacre fidèlement aux besoins communautaires, le Rav Chlomo Zalman Hecht(2). J’ai également reçu votre contribution à la Tsédaka, que vous me chargez de distribuer comme je l’entends.
J’ai réparti cette somme comme suit, trois unités pour le Collel ‘Habad de Jérusalem, trois unités pour la Yechiva Torat Emet de Jérusalem et trois unités pour la Yechiva des immigrants de Russie, à Lod. J’ai transmis le reste au bureau du Merkaz(3), pour les actions menées en Afrique du nord, que le Rav Hecht a sûrement évoquées devant vous. Je vous en parlerai brièvement.
Deux semaines avant de quitter ce monde, mon beau-père, le Rabbi, exprimait le souhait d’introduire un bon réseau éducatif en Afrique du nord, où vivent de très nombreux Juifs, qui sont pratiquants et souhaitent une éducation religieuse pour leurs enfants, mais leur immense pauvreté empêche la plupart d’entre eux de la leur donner.
Conformément au désir de mon beau-père, le Rabbi et peu après son décès, un émissaire particulier a été délégué en Afrique du nord, afin de constater la situation sur place.
Cela fait désormais un an qu’ont été créés une Yechiva, une Yechiva élémentaire, des Talmud Torah et un ‘Héder, pour les petits garçons et les petites filles. Dieu merci, la réussite est considérable. Les enfants sont satisfaits, poursuivent leurs études et le font avec succès.
Le seul obstacle empêchant d’élargir cette œuvre éducative comme il le faudrait est le manque de moyens. Cette situation fait d’autant plus mal au cœur que le coût de la vie est, là-bas, très bon marché. Un dollar suffit pour assurer une bonne éducation à un enfant pendant un mois. Chaque dollar transmis au bureau du Merkaz permet donc de former un enfant juif de plus, de raffermir son lien à la Torah et aux Mitsvot, afin qu’il reste un Juif conscient tout au long de son existence.
J’aimerais savoir si vous avez un temps fixé pour étudier la Torah et sur quels livres porte votre étude. Vous observez sûrement, sans en faire le voeu, la pratique quotidienne instaurée par mon beau-père, le Rabbi, qui consiste à lire des Tehilim après la prière(4).
Je conclus en vous adressant ma bénédiction pour que vous ayez de longs jours et de bonnes années, que vous puissiez vous élever dans la Torah, les Mitsvot et, en particulier, la Tsédaka et que vous annonciez de bonnes nouvelles.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav M.M. Einbund, de Chicago. (2) Rav de Chicago. (3) Le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. (4) Du matin.
Lettre n°1057
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1057, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Sivan 5711,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du mercredi de la Parchat Chela’h, avec la demande de bénédiction qui l’accompagnait. Je lirai cette dernière près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, lorsque je m’y trouverai. A n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine pour que le Tout Puissant exauce, de manière positive, tous les souhaits de votre cœur.
Je vous répéterai encore une fois ce que je vous ai déjà écrit, il y a quelques temps. Vous devez fixer un temps pour étudier la Torah et lire scrupuleusement des Tehilim, chaque jour, selon leur répartition mensuelle.
Vous m’avez écrit, une fois, que vous étiez particulièrement occupé. Voici donc quelle est la solution. Il faut montrer au Saint béni soit-Il que, malgré l’insuffisance et les difficultés, vous conservez un temps fixé pour l’étude. Ainsi, Dieu tiendra Sa promesse, selon laquelle si vous marchez dans Mes Décrets, Je donnerai vos pluies en leurs temps. Rachi explique : Si vous marchez dans Mes Décrets : en faisant porter vos efforts sur la Torah.
Grâce à cet effort, Je donnerai vos pluies en leur temps, c'est-à-dire plus profondément, tous vos besoins matériels(2), lorsqu’ils sont nécessaires, sans tracas, afin de pouvoir servir Dieu, dans la tranquillité de l’esprit et du corps.
Avec ma bénédiction pour que vous vous installiez positivement, matériellement et spirituellement à la fois,
Notes
(1) Le Rav Y.Valtuch, de Tel Aviv.
Lettre n°1058
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1058, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Sivan 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du dimanche de la Parchat Beaalote’ha. Je suis surpris que, dans chacune de vos lettres, vous ne fassiez pas mention des canaux véhiculant la prospérité matérielle de chaque ‘Hassid et surtout de chaque ancien élève de la Yechiva, c'est-à-dire du temps fixé pour étudier la ‘Hassidout, dans la mesure du possible avec d’autres personnes ou, à défaut, seul.
Bien évidemment, ceci s’ajoute aux études qui concernent chacun, le passage quotidien des Tehilim, du ‘Houmach avec le commentaire de Rachi et du Tanya, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, pour tous ceux qui sont attachés et liés à lui.
Avec ma bénédiction pour que vous parveniez à gagner votre vie, m’annonciez de bonnes nouvelles et me disiez que vous allez bien, matériellement et spirituellement,
Lettre n°1059
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1059, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Sivan 5711,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav David(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre du 15 Sivan, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait. Avec l’aide de Dieu, je la lirai lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.
J’y ai lu avec satisfaction que vous vous êtes installé dans la maison de votre beau-père, le Rav et ‘Hassid(2). Que Dieu vous guide sur la bonne voie et vous permette de vous établir comme il convient, matériellement et spirituellement. Vous gagnerez votre vie et pourrez également fixer un temps pour étudier abondamment la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout.
Vous avez eu le grand mérite d’éclairer le monde en éditant les livres de nos maîtres, les chefs de ‘Habad. Ce mérite vous protégera, ainsi que tous les membres de votre famille, pour que vous receviez la vie et la paix, matériellement et spirituellement, une vie emplie de tout le bien, de la clarté de la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière, du luminaire de la Torah.
J’espère que vous pourrez m’annoncer de bonnes nouvelles, en la matière et me dire que les membres de votre famille sont en bonne santé.
Avec ma bénédiction pour que vous vous installiez comme il convient, matériellement et spirituellement, très prochainement,
M. Schneerson,
Vous vous souvenez sans doute de ce que je vous ai écrit, lorsque vous vous trouviez encore en Allemagne(3), afin d’établir ce qui vous revenait, concernant les publications. En effet, il m’a été dit que vous avez investi de l’argent et des efforts. Je ne sais pas si votre dévouement a été rétribué.
Vous établirez donc tous les comptes, comme il convient et vous me décrirez exactement ce qui s’est passé, sans cacher les résultats concrets. De même, vous avez sûrement gardé pour vous quelques exemplaires des livres que vous avez édités, ce qui aura un autre effet positif, celui de disposer de ces livres en Terre Sainte.
Notes
(1) Le Rav D.Bravman, qui, avant de s’installer en Terre Sainte, était responsable des publications en Europe, pour le compte des éditions Kehot. Voir, à son propos, la lettre n°830. (2) Le Rav Y.Y. Raskin. (3) Où étaient réalisées les publications.
Lettre n°1060
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1060, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Sivan 5711,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid, qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Eliézer(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement reçu ma lettre(2) concernant les élections et le front religieux uni(3). J’aimerais obtenir des nouvelles détaillées de ce qui se passe sur place, en général et de ce qu’il en est de ce front religieux, en particulier.
Les informations qui nous parviennent ici sont contradictoires. Peut-être serait-il bon de déléguer d’ici un émissaire particulier, qui pourrait éventuellement influencer, sur place, ceux qui ont leur mot à dire, en la matière.
Je viens d’apprendre que la date limite pour le dépôt des listes était dimanche dernier. Là encore, nous n’avons pas les moyens de vérifier si cette information est exacte.
Notes
(1) Le Rav E.Karasik, de Terre Sainte. (2) Il s’agit de la lettre n°1046. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°925, 953, 1032, 1043, 1044, 1045, 1046 et 1047.
Lettre n°1061
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1061, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Sivan 5711,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
J’ai reçu votre télégramme et votre lettre m’annonçant que vous êtes bien arrivée. J’ai été très satisfait d’apprendre que le voyage s’était bien passé, que, parvenant là-bas, vous avez pu vérifier que tout allait bien. Mais, j’ai appris avec peine que vous vous sentiez découragée. Ce sentiment est tout à fait déplacé.
Il est dit que l’esprit brisé est un sacrifice pour Dieu, mais il est inutile de préciser qu’il ne s’agit nullement là de découragement et encore moins de désespoir, qui est nuisible pour la santé, ce qu’à Dieu ne plaise, agit sur le système nerveux, fait percevoir toute chose d’une manière plus sévère et plus grave que ce qu’elle est réellement.
Mon beau-père, le Rabbi raconta que son père, le Rabbi Rachab, lui dit, une fois : Observe la valeur du corps juif, pour lequel tant de Torah et de Mitsvot ont été déversées. Ainsi, Dieu a donné un corps si précieux. Il faut donc s’efforcer, de manière sincère, que ce corps soit en bonne santé, afin de mettre en pratique ce que Dieu attend de nous.
Le Rambam(2), lois des opinions, chapitre 4, dit : Avoir un corps intègre et en bonne santé fait partie du service de Dieu. Et une lettre du Maguid de Mézéritch, imprimée dans Hatamim, qui est adressée à son fils, l’ange(3), dit : un petit orifice dans le corps fait un trou béant dans l’âme.
Mon but n’est pas de discourir. Je voudrais, cependant, vous convaincre d’adopter cette attitude et, par votre intermédiaire, d’en persuader également votre mari, le Rav. Certes, le Zohar dit que la force de l’âme est la faiblesse du corps. Cela signifie qu’il faut affaiblir les exigences du corps et non son état de santé, ce qu’à Dieu ne plaise. On peut le vérifier concrètement. Un corps en bonne santé permet d’être beaucoup plus actif, dans tous les domaines et, en particulier, pour ce qui concerne l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour de son prochain.
J’espère que vous me donnerez de bonnes nouvelles de votre état de santé et de celui de votre mari, le Rav et ‘Hassid. Que Dieu fasse que chacun d’entre nous n’annonce que de bonnes nouvelles aux autres, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction de bonne santé et pour concevoir une satisfaction juive et ‘hassidique de tous vos descendants et des membres de votre famille,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°899. (3) Rabbi Avraham l’ange.
Lettre n°1062
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1062, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Sivan 5711,
Brooklyn,
Je te salue et te bénis,
A l’occasion de ta Bar Mitsva, qui a été célébrée pendant le Chabbat Parchat Chela’h, je voudrais te réitérer, par la présente, les bénédictions que je t’ai données de vive voix, lorsque tu étais ici. Que le jour de ta Bar Mitsva soit le commencement d’une vie juive, emplie de Torah et de Mitsvot. En effet, tu deviens, en ce jour, un Juif adulte, au plein sens du terme, possédant toutes les prérogatives et
tous les devoirs des autres Juifs, qui se doivent d’étudier la Torah et de mettre en pratique les Mitsvot.
L’une des premières Bar Mitsva dont nous ayons connaissance est décrite par le Midrach Béréchit Rabba, à la Paracha 53. Il s’agit de celle de notre père Its’hak. Le Midrach raconte qu’Avraham organisa, à cette occasion, un grand festin. Il y invita de nombreuses personnes. De fait, Avraham, étant lui-même un roi, y convia tous les autres monarques de son époque. Parmi ceux-ci, se trouvait également Og, le roi de Bachan.
Le Midrach rapporte encore que Og, le puissant roi de Bachan, constatant la joie de notre père Avraham, qui était déjà âgé, puisqu’il avait, à l’époque, cent treize ans et de son fils unique, dit alors : “Que représentent Avraham et Its’hak, de même que les valeurs qu’ils ont adoptées et pour lesquelles ils combattent, alors qu’ils sont si petits et si faibles ? Je peux les écraser d’un seul doigt!.
Lettre n°1063
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1063, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Sivan 5711,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 17(1) Sivan et je voudrais vous réitérer les voeux chaleureux que je vous ai exprimés, lorsque vous vous trouviez ici. Puissiez-vous concevoir beaucoup de satisfaction de votre petit-fils qui célèbre sa Bar Mitsva(2) et de vos autres enfants et petits-enfants. Il est inutile de préciser à quelqu’un comme vous que la satisfaction véritable est celle qui est liée à la Torah et aux Mitsvot.
A mon sens, vous devriez exercer plus clairement votre influence sur vos enfants, afin de les renforcer dans la Torah et les Mitsvot. Il est bien entendu que les paroles des Sages sont entendues dans le calme et uniquement de cette façon, comme le soulignent les Sages eux-mêmes, dans le Chneï Lou’hot Haberit, porte des lettres, fin de la lettre Kouf et dans le Chaar Hapessoukim du Ari Zal, qui commente ce verset. Je m’en remets à votre entendement pour trouver les voies et les moyens d’accroître l’influence que vous exercez sur eux.
Néanmoins, il convient de souligner que de nombreux parents ne mesurent pas à sa juste valeur l’influence qu’ils exercent sur leur enfants. Ils pensent que leurs efforts sont vains. En conséquence, ils ne font pas usage de leur influence comme ils le devraient. Ceux-là commettent une erreur, l’ascendant des parents sur les enfants étant toujours au delà de ce qu’ils s’imaginent. Un effort en ce sens permettra d’obtenir un résultat considérable. Même s’il n’exerce pas pleinement son effet, il le fera, au moins pour une large part.
Vous trouverez ci-joint la lettre que j’adresse au Bar Mitsva. Il ne m’a pas précisé dans quelle langue je devais lui écrire, mais vous m’avez fait part de votre intention de la lire devant l’ensemble des convives(3). Je l’ai donc rédigée en Yiddish.
Avec ma bénédiction pour que vous passiez l’été en bonne santé, avec tous les membres de votre famille,
Notes
(1) Le Rabbi emploie ici le mot Tov, bon, dont la valeur numérique est 17. (2) Voir la lettre précédente. (3) De la Bar Mitsva. Il s’agit de la lettre précédente.
Lettre n°1064
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1064, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Sivan 5711,
Brooklyn, New York,
Aux distingués membres du comité exécutif
de l’union des ‘Hassidim ‘Habad en Terre Sainte,
à qui Dieu accordera longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 21 Iyar. Pour différentes raisons, ma réponse à été différée jusqu'à maintenant. Vous voudrez bien m’en excuser.
J’ai appris avec plaisir que vous aviez pris conscience de la grande responsabilité qui vous incombe. Vous vous êtes engagés à élargir le domaine de vos activités, à fixer et à conduire à leur terme les objectifs de l’union des ‘Hassidim ‘Habad en Terre Sainte. Vous savez combien le temps est précieux. Il est dit que Des jours ont été créés et Il appartient à l’homme d’y mettre en évidence la présence de Dieu. Mais, cette mission revêt une importance particulière à notre époque, celle du talon du Machia’h, alors que celui-ci se tient derrière notre mur, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi.
Combien plus en est-il ainsi en Terre Sainte, vers laquelle toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”, comme l’explique Igueret Hakodech, au chapitre 14. En effet, une lumière nouvelle y émane de la Sagesse supérieure, qui n’a encore jamais éclairé le monde. Et il en est ainsi littéralement chaque jour.
Lettre n°1065
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1065, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Sivan 5711,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chalom(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 11 Sivan et j’ai appris avec plaisir que vous êtes parvenu, au moins partiellement, à mettre en ordre votre étude de la Torah. Vous êtes également intervenu pour que le Mikwé soit fonctionnel. Il est difficile d’imaginer à quel point tout cela est important. Vous savez ce que disent, à ce propos, les Cheelot Vetechouvot Min Hachamaïm et le Likouteï Torah, à la fin du discours intitulé Ta’hat. Vous consulterez également le recueil qui se trouve à la fin du Sidour Méa Chéarim, à la page 45 et d’autres références encore.
Vous me dites que vous vous efforcez de convaincre vos meilleurs élèves de s’exiler en un lieu de Torah(2). Cela est particulièrement judicieux. Bien évidemment, s’il est impossible de les persuader de venir à New York, il est sûrement positif, dans un premier temps, qu’ils se rendent à la Yechiva de Chicago. Par la suite, certains d’entre eux viendront sûrement à New York.
Avec ma bénédiction pour que vous puissiez mener à bien votre mission sacrée avec succès, dans la largesse et pour trouver un parti qui vous convienne, matériellement et spirituellement, très prochainement,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav C.Rivkin. Voir, à son propos, la lettre n°360. (2) De s’éloigner de chez eux pour en poursuivre l’étude, selon l’expression de la Michna.
Lettre n°1066
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1066, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Sivan 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’espère que, lorsque vous ne pouvez pas vous rendre à la synagogue, vous maintenez, néanmoins, vous études de la Torah, chez vous. Ainsi, vous pourrez, le plus rapidement possible, retourner à la synagogue et participer aux cours publics.
Vous avez sans doute connaissance de la coutume ‘hassidique, introduite par le Baal Chem Tov, qui consiste à baser son service de Dieu sur la joie. Cette manière d’agir est beaucoup plus efficace que celle qui est soutenue par le sentiment opposé.
Il est dit que la joie brise toutes les limites. Lorsque celle-ci est conforme à la volonté de Dieu, conduit à L’aimer, à aimer la Torah et son prochain, elle permet d’obtenir, de la Main de Dieu, pleine et ouverte, tout ce qui est nécessaire pour l’éprouver, sans tenir compte d’aucune autre considération.
J’espère recevoir de vos bonnes nouvelles, apprendre que vous allez mieux, que vous êtes retourné à la synagogue, comme vous en avez toujours eu l’heureuse habitude.
Je conclus en vous adressant ma bénédiction pour que vous ayez de longs jours et de bonnes années, c'est-à-dire, au sens littéral, pour avoir une longue vie, en bonne santé et également pour que ces années soient emplies de tout le bien. Or, il n’est de bien que la Torah et les Mitsvot.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°1067
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1067, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Sivan 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu en son temps votre lettre, accompagnée d’une demande de bénédiction pour votre fils. Il m’est difficile de la lire en l’état(1), car vous dites accepter les souffrances auxquelles vous auriez éventuellement été condamné, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien évidemment, cette formulation n’est pas exacte et n’a pas lieu d’être.
Vous affirmez, tout d’abord, que vous sollicitez une grande miséricorde(2). Or, celle-ci a pour effet de supprimer les souffrances. Il n’y a donc pas lieu de mener toutes ces discussions, tendant à déterminer qui est coupable et qui sera puni à sa place. En conséquence, je lirai votre demande de bénédiction en omettant ces quelques lignes.
Puisse Dieu faire que vous puissiez bientôt me donner de bonnes nouvelles de votre fils. Vous m’annoncerez que sa situation est meilleure et, si une intervention surnaturelle est nécessaire pour cela, celle-ci n’est pas impossible à Dieu. Qui pourrait lui dicter son comportement ? Bien plus, une possibilité naturelle existe aussi. Il est en prison depuis un certain temps déjà. Certes, un verdict a été rendu, mais, lorsque la justice n’en est pas une, celui-ci est sans valeur. Bien plus, nous invoquons la miséricorde divine et tous ces calculs seront donc inutiles.
Vous me parlez de votre installation au Brésil et vous me demandez comment obtenir les documents nécessaires pour immigrer dans ce pays. D’après ce que j’en sais, un Cho’het expérimenté sera particulièrement recherché là-bas, en particulier dans la capitale, Rio de Janeiro.
Vous trouverez sûrement, à notre bureau d’aide aux réfugiés(3), à Paris, l’adresse du Rav Zinerovitch, qui réside là-bas. C’est un commerçant aisé, mais, à titre honorifique, il assume également les fonctions de Rav. Il serait bon de vous adresser à lui.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Près du tombeau du précédent Rabbi. (2) C’est par ces mots que commence traditionnellement une demande de bénédiction. (3) Du Rav Binyamin Gorodetski.
Lettre n°1068
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1068, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Sivan 5711,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du lundi de la Parchat Chela’h, par laquelle vous m’apprenez que le consul du Canada vous a délivré des visas pour vous installer dans ce pays. J’ai déjà écrit à quelques uns des ‘Hassidim que, d’après les nouvelles qui me parviennent de là-bas et que vous possédez sûrement, il n’est pas possible d’y gagner aisément sa vie, pas plus qu’aux Etats Unis. En revanche, des possibilités existent dans les pays d’Amérique du sud et en Australie. Je suis donc surpris que l’on ne s’intéresse pas à ces endroits, bien qu’il ne soit pas si aisé d’obtenir un visa pour s’y installer.
En tout état de cause, et quel que soit l’endroit dans lequel vous vous fixerez, que Dieu vous permette de faire un bon voyage, de vous y établir de la manière qui vous convient le mieux, matériellement et spirituellement à la fois.
Vous me dites que l’on propose un parti à votre fille. Vous précisez que le jeune homme s’appelle Avraham, comme vous(1). Néanmoins, ce nom lui est donné seulement lorsqu’il monte à la Torah ou quand il signe un document.
Si cette union vous convient en tout point, il n’y a pas lieu de l’annuler uniquement à cause de cela. Vous consulterez, à ce propos, les responsa du Tséma’h Tsédek, partie Even Haézer, chapitre 143, qui disent qu’en pareil cas, on ne peut pas considérer qu’un homme et son gendre aient le même prénom. Il n’y a donc rien à craindre(2). Vous verrez également les Pisskeï Dinim du Tséma’h Tsédek, sur Yoré Déa, tome 1, chapitre 116.
Avec ma bénédiction et en saluant les membres de votre famille,
Notes
(1) La question posée est donc la suivante.
Un homme peut-il marier sa fille à quelqu’un qui porte le même nom que lui. La fille, en appelant son mari, pourrait prêter à penser qu’elle appelle son père par son prénom. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°901.
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