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Iguerot Kodesh — lettres 1028 à 1048

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1028

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1028, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Iyar 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Elyakim Guetsel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait d’avoir de vos nouvelles et de celles de tous les membres de votre famille par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Ben Tsion Chem Tov(2). Celui-ci m’a transmis également votre demande de bénédiction et je l’ai lue près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, lorsque je m’y trouvais, à Lag Baomer.

Vous savez sans doute que Rabbi Chimeon Ben Yo’haï appela Lag Baomer, date à laquelle il quitta ce monde, le jour de sa joie. Vous savez aussi que la joie transcende toutes les limites. Lire une demande de bénédiction, au jour de la joie de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, près du tombeau de notre chef, celui qui révèle les secrets de la Torah à notre époque, qui nous permet, grâce à son enseignement, de s’attacher à l’arbre de vie, c'est-à-dire à la partie profonde de la Torah et, par son intermédiaire, au Dieu de

Vie, est le moyen de briser tous les voiles et tous les obstacles, de faire obtenir à chacun la satisfaction de tous ses besoins, enfants, santé, prospérité matérielle.

J’espère que vous pourrez m’annoncer de bonnes nouvelles à propos de tout ce que vous avez évoqué dans votre demande de bénédiction.

Vous trouverez ci-joint la causerie de Lag Baomer qui a été éditée récemment. Vous l’étudierez et vous vous approfondirez sur son texte. Ainsi, vous pourrez obtenir satisfaction sur plusieurs questions qui se posent.

Dans l’espoir de recevoir de vos bonnes nouvelles, pour vous-même et pour les membres de votre famille, je conclus en vous souhaitant une bonne fête de Chavouot et de recevoir la Torah joyeusement et profondément,

Notes

(1) Le Rav E.G. Berger, de Londres. (2) Emissaire du Rabbi à Londres. Voir, à son propos, les lettres n°993 et 1088.

Lettre n°1029

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1029, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot(2). Vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux. Quiconque peut agir en ce sens doit le faire. Le mérite de tous en dépend et vous viendra en aide(3) pour connaître la réussite dans cette tâche.

*

*

*

On sait(4) qu’à chaque fête, le contenu qui lui est assigné se fait jour de nouveau, lorsqu’elle survient.

Ainsi, lors de la fête des Matsot, on sort d’Egypte. A Lag Baomer, on reçoit la révélation de la partie profonde de la Torah.

Le moment est alors particulièrement propice pour susciter et intérioriser profondément ces éléments

Ces jours sont ceux du don de notre Torah. Ils sont propices(5), pour le peuple propice(6), qui reçoit alors un élément propice, la Torah(7), de manière joyeuse et profonde.

Mais, le saint béni soit-Il dit à Israël : Proposez-Moi de bons garants, m’assurant que vous respecterez la Torah. Alors, Je vous la donnerai. Les seuls garants qu’Il accepta furent les enfants. Lorsque ceux qui devaient recevoir la Torah dirent : Nos enfants seront nos garants et nous les éduquerons sur la voie de la Torah. Dieu répondit alors(8) : A n’en pas douter, ce sont de bons garants et, grâce à eux, Je vous la donnerai.

Ce qui était alors vrai l’est encore, à l’heure actuelle.

Chacun d’entre nous, se préparant au temps du don de notre Torah, qui approche, doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour éduquer ses enfants sur le chemin de la Torah, prendre la décision, s’engager sur cette voie, avec la plus grande fermeté, pour les jours qui suivront la réception de la Torah.

Chaque Juif porte la responsabilité de tous les autres.

L’effort précédemment défini, s’il porte uniquement sur l’éducation des enfants, n’est pas du tout suffisant.

A n’en pas douter, chacun peut exercer son influence, au moins jusqu'à un certain point, pour que les enfants de sa proximité immédiate reçoivent également une bonne éducation. Parfois, on peut agir également pour les enfants qui sont éloignés ou même se trouvent dans un autre pays.

Si chacun est tenu d’agir pour renforcer la bonne éducation dans l’endroit où il se trouve, pour l’instaurer là où il n’existe pas encore, combien plus doit-on réunir toutes ses forces et lutter contre toute initiative tendant à écarter des enfants qui reçoivent déjà une bonne éducation, à les éloigner de la Torah de Dieu, surtout si ceux-ci risquent, de la sorte, d’abjurer, ce qu’à Dieu ne plaise.

Et l’on connaît la promesse qui nous a été faite pas nos Sages(9) : Chaque fois que les Juifs s’emploient à obtenir un certain résultat, ils parviennent à leur fin.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah joyeusement et profondément,

M. Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre collective personnelle fut adressée à plusieurs personnes, accompagnant le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1011. (3) Le Rabbi note, en bas de page : Voir Likouteï Torah, commentaires de Chemini Atséret, discours intitulé : Que Dieu soit avec moi pour ceux qui me viennent en aide, au chapitre 5. (4) Le Rabbi note, en bas de page : Voir l’introduction du fascicule édité à l’occasion du 2 Nissan 5710. (5) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le Zohar, tome 2, page 157a et le Mikdach Méle’h, à la même référence, qui dit : l’élément propice, c’est l’Attribut de Royauté. (6) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le Zohar, tome 2, page 126b, le Likouteï Torah du Ari Zal, Parchat Yethro, commentant le verset : vous serez pour Moi un peuple propice. (7) Le Rabbi note, en bas de page : Selon le traité Baba Kama 87b. Voir le Kehilat Yaakov, article propice, paragraphe 2, qui dit : On peut, en effet, expliquer, que la Torah émane des trois premières Sefirot, Kéter, ‘Ho’hma et Bina. Vous consulterez aussi le Likouteï Torah, Chir Hachirim, fin du discours intitulé : tes joues sont agréables. (8) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le Midrach Chir Hachirim Rabba, sur le verset : Attire-moi, nous courrons après toi. (9) Le Rabbi note, en bas de page : Voir le Midrach Me’hilta, Parchat Tissa, sur le verset : c’est un signe éternel.

Lettre n°1030

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1030, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, grand érudit, ‘Hassid qui craint Dieu

et se distingue par ses bons comportements,

Sage de grande renommée, possédant de larges connaissances,

Rav Ben Tsion Meïr ‘Haï Ouzyel, Richon Letsion(1),

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion du temps du don de notre Torah, qui approche, je vous adresse ma bénédictions pour que vous receviez la Torah avec joie et profondeur, au lendemain du septième Chabbat(2), comme nos Sages interprètent cette expression et selon son sens littéral, qui correspond au calendrier de cette année(3).

La ‘Hassidout, dans le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, à la Parchat Emor, au discours intitulé et Il éleva la main, début du chapitre 2, explique que le lendemain du Chabbat désigne ce qui possède une sainteté plus élevée que le Chabbat, c'est-à-dire la Lumière qui entoure, issue de Bina, l’Attribut d’analyse raisonnée. On en tire la force de compter l’Omer, comme l’explique le Zohar, tome 3, page 96a.

Je sais que vous appréciez les commentaires de la Torah et les causeries de mon beau-père, le Rabbi. Je vous adresse donc le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot, cette année, qui vient de paraître.

En vous souhaitant une bonne fête et avec mes respects,

Notes

(1) Le grand Rabbin Séfarade d’Israël. Voir la lettre suivante. (2) C'est-à-dire de la septième semaine de l’Omer, période qui sépare Pessa’h de Chavouot. (3) Le premier jour de Pessa’h était alors un Chabbat et le compte de l’Omer commençait donc un dimanche, premier jour de la semaine. Les sept semaines de l’Omer étaient ainsi comptées dans l’ordre naturel, du dimanche au Chabbat.

Lettre n°1031

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1031, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, grand érudit, ‘Hassid qui craint Dieu,

qui possède de larges connaissances de la Torah,

la présente et la discute, adopte de bons comportements

et recherche le bien de son peuple,

Rav Its’hak Aïzik(1), grand Rabbin,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion du temps du don de notre Torah, je vous exprime ma bénédiction pour célébrer la réception de la Torah intègre de Dieu avec joie et profondeur.

Selon le calendrier de cette année, tous les avis exprimés au traité Mena’hot 65b s’accordent pour reconnaître que les semaines, et non uniquement les jours, sont entières(2).

Le Rambam, lois des sacrifices perpétuels et supplémentaires, chapitre 7, paragraphe 11, dit : Cette fête de Pessa’h fut célébrée un Chabbat, selon ce que sont imaginés les insensés. Néanmoins, il les appelle insensés uniquement parce que leur explication n’a pas de sens, comme le Rambam le souligne lui-même.

Il remarque, en outre, que ils se sont imaginés, car Moché quitta le monde le 7 Adar, qui était alors un Chabbat ou la veille de ce jour, comme l’indiquent les commentateurs du Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 292. Et, le Rambam écrit lui-même, dans son introduction : Moché notre maître rédigea l’intégralité de la Torah avant de quitter ce monde et la transmit ensuite.

Tout cela fut donc au lendemain de Pessa’h, en l’année de leur entrée en Erets Israël, un mardi ou un mercredi. Comme cela est bien connu, la règle selon laquelle le premier jour de Pessa’h ne peut être un lundi, un mercredi ou un vendredi ne s’appliquait pas encore, à l’époque.

J’espère que votre état de santé s’est amélioré et je demande à Dieu de vous envoyer une prompte guérison, afin que vous retrouviez vos forces au plus vite.

Je sais que vous appréciez les commentaires de la Torah et les causeries de mon beau-père, le Rabbi. Je vous adresse donc le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot, cette année, qui vient de paraître.

En vous saluant et en vous souhaitant une bonne fête, avec mes respects et mon salut,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav I.A. Herzog, grand Rabbin Ashkénaze d’Israël. Voir, à son propos, la lettre n°925. Voir aussi la lettre précédente. (2) Voir la lettre précédente.

Lettre n°1032

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1032, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch ‘Hodech Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et adopte de bons

comportements, responsable communautaire aux multiples

accomplissements, issu d’une illustre lignée,

le Rav Its’hak Meïr Hacohen(1), ministre des affaires sociales(2),

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion du temps du don de notre Torah, qui s’approche, je vous exprime mes souhaits pour que nous célébrions la réception de la Torah dans la joie et profondément.

La situation en Terre Sainte me cause beaucoup de peine. Chaque jour, nous en parviennent des nouvelles particulièrement attristantes et les dissensions qui se font jour entre les Orthodoxes sont particulièrement douloureuses.

Malgré cela, j’ai bon espoir qu’au final, il y aura bien un front religieux uni(3), d’autant que j’ai évoqué ce sujet avec monsieur Moché Shapiro, le ministre de l’intérieur.

Comme je l’ai déjà écrit, il est, à mon avis, bien clair que des élections qui auraient lieu maintenant en Terre Sainte serait préjudiciables, pour elle comme pour le dispositif qu’elle a mis en place dans les autres pays, en particulier aux Etats Unis, par exemple la collecte des bonds, l’appel unifié, les nations unies.

Nul n’ignore, et surtout pas ceux qui résident sur place, qu’en pareil cas(4), une perte est fort probable et un gain très hypothétique. Il est donc possible, avec l’effort qui convient, et même s’il est très tard, d’annuler les élections.

Néanmoins, s’il s’avère que c’est impossible, il doit au moins être envisageable de retarder ces élections. Ce serait une bonne chose et, en tout état de cause, un pis aller.

Je sais que vous appréciez les commentaires de la Torah et les causeries de mon beau-père, le Rabbi. Je vous adresse donc le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot, cette année, qui vient de paraître.

En vous saluant et en vous souhaitant la réussite et une bonne fête,

Notes

(1) Le Rav I.M. Lewin. Voir, à son propos, les lettres n°1045 et 1098. (2) De l’état d’Israël. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°925. (4) S’il y a des élections en Terre Sainte.

Lettre n°1033

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1033, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Aux membres de l’équipage et aux officiers

du paquebot Misgav, à l’occasion de leur visite

aux Etats Unis,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, par votre ami, monsieur Its’hak Gittelsohn, que vous visitez les Etats Unis. Par son intermédiaire, je vous adresse ma bénédiction de bienvenue. Je vous salue et vous présente tous mes bons voeux.

Il est bien clair que le but de votre visite, aux Etats Unis ou dans tout autre pays, doit être de susciter l’admiration et le respect pour l’installation de notre peuple en notre Terre sainte, puisse-t-elle être reconstruite et restaurée. En ce sens, vous serez l’exemple et le symbole du développement de la Terre Sainte. Vous représenterez ainsi, aux yeux de tous, les forces vives de notre peuple, son aspect le plus important et le plus élevé.

Or, que possédons-nous d’important et d’élevé aux yeux des autres nations ?

Depuis que les enfants d’Israël se sont constitués en peuple, c'est-à-dire depuis le temps du don de notre Torah, événement que nous célébrerons pendant la fête de Chavouot, ces prochains jours, ils sont la minorité d’entre les nations, une minorité au sens numérique. Malgré cela, ce peuple, depuis qu’il existe, constitue un modèle et un guide pour tout l’univers, par sa dimension qualitative, spirituelle, grâce à la propagation du monothéisme, au respect de la voie de Dieu, conduisant à adopter la justice et la droiture.

Depuis l’époque de la constitution de notre peuple, nous faisons l’objet d’attaques, dans chaque génération. Or, les enfants d’Israël survivent encore, alors que ceux qui se sont dressé contre nous, l’Assyrie, Babylone, la Grèce, Rome, ont disparu, sans qu’il ne reste de trace de ces peuples.

Ce qui vient d’être dit révèle le secret de la survie de notre nation. Celle-ci ne dépend pas du quantitatif, mais bien du qualitatif. Elle ne s’est pas maintenue grâce à la force physique, mais par les valeurs morales éternelles qu’elle a intégrées et qui sont devenues indissociables d’elle. Selon les termes du verset, vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui.

Il en est de même pour la finalité de votre visite, en tout endroit où vous parvenez. Vous devez représenter ce qui est caractéristique de la vie juive, du domaine essentiel du peuple d’Israël, qui le distingue de tous les autres, étant sa particularité et sa qualité. Il faut mettre en avant et souligner les forces morales du peuple juif, montrer la suprématie de l’esprit sur la matière, c’est-à-dire, selon le proverbe de notre prophète, ni par la force, ni par la puissance, mais par Mon esprit, dit l’Eternel Tsevaot.

Avec ma bénédiction pour une fête joyeuse et pour la réussite dans l’accomplissement de votre mission véritable et de votre mission morale, dans ce monde,

Lettre n°1034

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1034, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Zalman Chimeon(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, par laquelle vous m’apprenez que la jeune fille que vous avez éduquée se mariera le jeudi 10 Sivan. Vous voudrez bien lui transmettre ma bénédiction pour que son mariage soit célébré en un moment bon et fructueux, que le couple bâtisse un foyer juif, basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont définies par la ‘Hassidout et béni par des enfants intègres.

Je vous adresse ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov.

J’ai lu avec satisfaction, dans votre courrier, que vous vous apprêtez à rédiger vos mémoires des années 5680-5686(2), lorsque vous vous trouviez à Rostov(3). Vous noterez tout cela avec le plus de détails possibles.

Mon beau-père, le Rabbi, dit que, lorsque l’on raconte une histoire, on doit en préciser le contexte, l’époque, le lieu et les conditions. Il explique, dans ses causeries, que son père, le Rabbi Rachab, l’a habitué à se poser la question suivante : De quoi te souviens-tu ?, afin de graver dans son esprit tout ce qu’il voyait et entendait.

A une époque où l’oubli est fréquent, il est important que chaque récit soit consigné par écrit, avec tous ses détails, tout comme les premières et les dernières tables de la loi étaient gravées sur toutes les faces. Néanmoins, les premières firent, en outre, disparaître l’oubli du monde.

Vous consulterez, à ce propos, les discours intitulés Va-t-en pour toi de 5666(4) et le huitième jour, ce sera pour vous une convocation de 5689(5).

Notes

(1) Le Rav Z.C. Dvorkin. Voir, à son propos, les lettres n°788 et 1158. (2) 1920-1926. (3) Où vivait le Rabbi Rachab. (4) En 1906, du Rabbi Rachab. (5) En 1928, du précédent Rabbi.

Lettre n°1035

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1035, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav Elyahou Hirsh(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 28 Iyar et je vous remercie de la bonne nouvelle qu’elle m’annonce, puisque vous m’apprenez que l’épouse du Rav... va mieux. Que Dieu vous donne le mérite de toujours transmettre de bonnes nouvelles.

J’ai été heureux d’apprendre que, vous et votre épouse, avez aidé le Rav... dans les moments difficiles. Déjà, Hillel affirmait que le Précepte tu aimeras ton prochain comme toi-même est un grand principe de la Torah. Mon beau-père, le Rabbi(2), citant l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, dit que tu aimeras ton prochain comme toi-même est l’entrée en matière à tu aimeras l’Eternel ton Dieu.

J’espère que l’amour de Dieu et l’amour du prochain iront de pair chez vous. Le Tséma’h Tsédek dit, en effet : Alef Beth, Alef est l’initiale de Ahava, l’amour et Beth de Bera’ha, la bénédiction. Guimel Dalet, Guimel est l’initiale de Gaava, l’orgueil et Dalet de Dalout, la pauvreté, ce qu’à Dieu ne plaise.

A l’occasion de la fête de Chavouot, je vous adresse ma bénédiction pour que vous receviez la Torah pour toute l’année, avec joie et profondeur.

Notes

(1) Le Rav E.H. Einbinder. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1097.

Lettre n°1036

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1036, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du lundi de la Parchat Bamidbar, dans laquelle vous me dites que l’on vous propose un parti, mais la jeune fille ne parvient pas à prendre une décision, en la matière. Elle viendra donc vraisemblablement, avec son père, pour me demander mon avis.

Vous ne me donnez pas le nom de cette jeune fille. De même, vous n’indiquez pas si vous me demandez un conseil ou si vous voulez seulement me faire connaître votre position, avant la visite de la jeune fille et de son père.

Concernant la question proprement dite, il faut, en pareil cas, consulter de nombreuses personnes, trouver des amis et des proches qui la conseilleront dans le sens qu’ils jugeront bon. Votre lettre semble indiquer que vous ne savez pas pourquoi une décision finale n’est pas encore intervenue, en la matière. Lorsque vous aurez une bonne nouvelle, vous n’oublierez pas de me l’annoncer.

J’aimerais savoir si vous avez un temps fixé pour étudier la Torah, en général et la ‘Hassidout, en particulier. Si l’étude de la ‘Hassidout était importante, dans les années passées, elle est, à l’heure actuelle, indispensable, pour différentes raisons. En l’occurrence, une longue analyse à ce propos n’est pas nécessaire, puisque, comme vous le dites dans votre lettre, votre grand-père se rendait déjà chez le Rabbi(1).

Vous vous adressez à moi pour un mariage et, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, celui-ci est aussi difficile à conclure que le passage de la Mer Rouge. Nos Sages disent que le Saint béni soit-Il Lui-même constitue les couples. Pour ma part, je ne suis pas un marieur expérimenté, ni même un marieur inexpérimenté. Malgré cela, vous me consultez, en la matière. Combien plus devez-vous m’écouter pour ce qui concerne l’étude de la ‘Hassidout.

Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite dans la vie, en vous attachant à la partie profonde de la Torah, qui en est le luminaire. Ainsi, vous éclairerez vos comportements, vous trouverez le chemin et la décision qui vous conviennent, matériellement et spirituellement.

Vous trouverez ci-joint la causerie de Lag Baomer, éditée il y a quelques temps, avec la lettre qui l’accompagne(2), évoquant l’une et l’autre l’étude de la partie profonde de la Torah.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur,

Notes

(1) Il suffit donc de suivre la tradition familiale. (2) Voir la lettre n°996.

Lettre n°1037

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1037, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du trente huitième jour de l’Omer. Lorsque je me trouvais, hier(1), près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’ai mentionné votre nom pour que vous obteniez la guérison. J’espère que vous me donnerez des bonnes nouvelles, en la matière.

Vous concluez votre lettre en me demandant de vous conduire vers une bonne Techouva, au moins vers la Techouva Inférieure. A une même question, j’ai répondu à un ‘Hassid que nous nous trouvons dans la période du talon et même du talon de talon du Machia’h.

Mon beau-père, le Rabbi, a dit et répété, à de nombreuses reprises, qu’il ne restait que très peu de choses à réaliser. Bien plus, on sait comment provoquer la venue du Machia’h. Il faut, pour cela, diffuser les sources de la ‘Hassidout, à l’extérieur. Vous assumerez donc vous-même cette mission, car on doit pouvoir trouver, à Jérusalem(2), des personnes qui se trouvent encore à l’extérieur.

Vous les réchaufferez donc et vous les illuminerez avec la chaude lumière de la ‘Hassidout. C’est de cette manière que l’on fait disparaître l’obscurité. Si l’on a eu des pensées, des paroles et des actions inadéquates, on peut également les supprimer de manière positive, par exemple en ayant des larmes de joie, comme on l’explique à propos du verset que tes larmes s’écoulent comme un fleuve. Vous consulterez également le Divreï ‘Haïm, au chapitre 11.

Quant à la compréhension et aux sentiments que l’on n’aurait pas dû avoir, on peut les supprimer par les trois amours, celui de Dieu, celui de la Torah et celui de son prochain. En étudiant la Torah, en particulier son luminaire, c’est-à-dire la ‘Hassidout, on transforme l’obscurité en lumière.

Il me semble difficile d’intervenir, en me trouvant ici, dans les affaires du Collel(3) pour demander que l’on attribue une livre(4) par mois à votre petit-fils. A la place de cela, je vous adresse un bon pour recevoir un colis.

Je conclus en vous adressant ma bénédiction de prompte rétablissement et pour que vous puissiez me donner de bonnes nouvelles de votre état de santé, de vos préoccupations personnelles et de ce qui se fait chez les ‘Hassidim, en général.

Avec ma bénédiction pour que vous receviez la Torah avec joie et profondeur,

Notes

(1) Veille de Roch ‘Hodech. (2) Où réside le destinataire de cette lettre. (3) Le Collel ‘Habad, à Jérusalem. (4) Israélienne.

Lettre n°1038

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1038, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat, à propos du soldat(2), monsieur..., qui vient de rentrer à Chicago et a été hospitalisé, ayant été blessé au bras gauche.

Autant que je m’en souvienne, avant qu’il ne parte(3), l’été dernier, je vous ai demandé de lui expliquer l’importance de mettre les Tefilin(4). Vous lui demanderez s’il l’a fait, car cela est directement lié à l’état de son bras gauche.

S’il ne l’a pas fait, ce qu’à Dieu ne plaise, il prendra, le plus rapidement possible, la ferme décision de respecter, de la manière la plus scrupuleuse, dès qu’il sera rétabli, la Mitsva des Tefilin et le Chabbat. J’espère recevoir une bonne nouvelle(5), en la matière.

Avec ma bénédiction, pour vous-même et pour tous les membres de votre famille, afin de recevoir la Torah avec joie et profondeur, et avec une bonne santé,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Hecht, de Chicago. Voir, à son propos, la lettre n°1026. (2) Voir la lettre n°1026, qui parlait également d’un soldat. (3) A l’armée. (4) Sur la bras et sur la tête, afin, comme le soulignent nos Sages, d’atteindre l’ennemi au bras et à la tête. (5) Apprendre qu’il a effectivement pris cette décision.

Lettre n°1039

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1039, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah, qui approche, je voudrais, par la présente, vous adresser ma bénédiction, une bénédiction pour une bonne fête et pour recevoir la Torah avec joie et profondeur.

La Torah est la Sagesse du Créateur, béni soit-Il. Elle est plus longue que la terre et plus large que la mer. Lorsque le Saint béni soit-Il nous la donna, sur le mont Sinaï, Il la mit à la portée de chacun et tous peuvent donc la comprendre, dans la mesure de leurs moyens intellectuels.

L’un y trouvera, au sens le plus littéral, le moyen de mettre en pratique l’Injonction et tu choisiras la vie. Sa récompense sera considérable, dans ce monde comme dans le monde futur. La Torah le gardera et le protégera des punitions, graves ou moins graves.

L’autre comprendra que la Torah est le guide, indiquant à l’individu et à la communauté le chemin à suivre, le comportement à adopter. Car, ses chemins sont agréables et toutes ses voies sont paix.

Ces deux conceptions sont liées à la partie révélée de la Torah et ne représentent donc pas la plus haute perfection.

L’enseignement de ‘Habad intègre également la partie profonde de la Torah. Il révèle son luminaire et sa finalité ultime. Le Zohar définit, en effet, trois éléments qui sont imbriqués, Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il. La Torah est le lien profond qui se tisse entre la créature et le Créateur.

L’explication est, très brièvement, la suivante. La création fut effectuée à partir du néant et non au moyen d’une relation de cause à effet, instaurée avec le Créateur, comme le montre précisément l’enseignement de ‘Habad. Il ne peut donc y avoir aucune commune mesure entre l’existence et le néant. De ce point de vue, aucune différence ne peut être faite entre le minéral le plus bas et l’homme le plus élevé.

En effet, les minéraux, végétaux, animaux et humains sont tous des créatures de Dieu. Et, même l’homme le plus parfait est incapable de saisir Dieu par sa pensée, car son intellect est également une créature(2). De fait, il n’existe aucune commune mesure entre la limite et l’infini.

Le Créateur est la perfection du bien. Il souhaita donc offrir à la créature la possibilité de se libérer des barrières et des limites inhérentes à sa condition, de connaître la plus haute élévation, non seulement dans son monde créé, mais même au delà de celui-ci, afin de pouvoir s’unifier parfaitement au Créateur.

Dans Sa grande bonté, Dieu nous a donc donné la Torah de vérité et Il nous a sanctifié par Ses Commandements, qui permettent à l’homme de se libérer de son monde étroit, de s’attacher et de s’unifier au Créateur, ainsi qu’il est dit vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui.

Lettre n°1041

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1041, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Kalman Na’houm(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu de vos nouvelles avec plaisir. J’ai été particulièrement satisfait que vous vous consacriez aux besoins communautaires, dans votre ville. Vous voudrez bien transmettre mon souvenir et ma bénédiction à tous ceux qui vous ont apporté leur collaboration ou qui le feront. Dieu conférera la réussite à chacun d’entre eux, dans tous leurs besoins et vous pourrez m’annoncer de bonnes nouvelles, en la matière.

Par colis séparé, je vous adresse un recueil des causeries de mon beau-père, le Rabbi. Ainsi, en un moment propice, par exemple pendant le troisième repas du Chabbat ou à l’occasion d’une fête, vous trouverez le moyen de transmettre le contenu des causeries qui y sont imprimées au plus grand nombre. On trouve, dans cet ouvrage, des idées pour chaque catégorie de publics, depuis les plus grands érudits jusqu’aux personnes les plus simples.

Telle est précisément la définition de la vérité(2), en particulier celle de notre Torah, Torah de vérité. La vérité est identique d’un bout à l’autre, comme l’explique brièvement le chapitre 13 du Tanya.

J’aimerais savoir quels cours publics de Torah sont donnés dans votre synagogue. Sans doute avez-vous également adopté la pratique instituée par mon beau-père, le Rabbi, qui consiste à lire chaque jour des Tehilim, selon leur répartition mensuelle, après la prière.

Ceci s’ajoute aux études auxquelles chacun s’engage, à titre personnel, celle, quotidienne également, du passage du ‘Houmach, avec le commentaire de Rachi, le dimanche du début de la Sidra au Cheni, le lundi jusqu’au Chelichi, et ainsi de suite, celle également du Tanya, selon sa répartition annuelle, comme l’indique le guide d’étude(3).

Je salue toute votre communauté et vous adresse ma bénédiction pour recevoir le bien matériel et spirituel. J’attends de vos bonnes nouvelles et il n’est de bon que la Torah et les Mitsvot.

Notes

(1) Le Rav K.N. Fisher, de Shebagin. (2) Elle est invariable, quelle que soit la personne à qui elle s’adresse. (3) Imprimé dans le Hayom Yom, il fut établi par le précédent Rabbi.

Lettre n°1042

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1042, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 25 Iyar. Vous avez dû recevoir la mienne, il y a quelques temps déjà, avec le fascicule et la causerie(1) qui l’accompagnaient. Je mentionnerai votre nom et celui de votre épouse, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, pour la satisfaction de tous vos besoins.

Je répète ce que je vous ai déjà dit, il y a quelques temps. Je ne comprends pas du tout la raison de votre amertume et de votre mélancolie. Vous savez que la moindre responsabilité qui incombe à un homme lui est confiée par un effet de la divine Providence. Combien plus est-ce le cas, lorsqu’il s’agit de fonctions rabbiniques. Il est bien clair que vous devez avoir conscience de ce que l’on attend de vous, mais il est tout aussi clair que, si cette conscience vous rend triste ou amer, c’est la preuve qu’elle émane des forces du mal, en d’autres termes de celui que mon beau-père, le Rabbi, appelait le petit malin(2).

Chaque instant que vous consacrez à ces idées vous place sous l’emprise des forces du mal. Il est dit, à propos de telles pensées, que, dès lors qu’elles montent à l’esprit, il convient de les repousser résolument, de les oublier et de ne pas les accepter.

Cette attitude est prônée pour tous et chacun doit l’adopter. Elle est intégrée au comportement d’un homme moyen(3). Certes, le Tanya dit que cet homme moyen n’a jamais de sa vie commis de fautes, alors qu’au chapitre 14, il affirme qu’à tout moment, quiconque le désire peut en devenir un. Cela signifie simplement que, dans la situation où il se trouve désormais, il ne commettra plus de fautes à l’avenir et, dans son état d’esprit actuel, n’en aurait pas commis, de par le passé. Ce point ne sera pas développé ici.

Vous m’écrivez que vous recherchez d’autres fonctions. Vous déduirez de ce qui vient d’être que j’ai beaucoup de mal à accepter cette position. Vous devez conserver votre poste, raffermir votre confiance en Dieu, Qui vous guidera sur le chemin de la vérité et vous conférera la réussite dans votre mission sacrée.

Si vous éprouvez des doutes, en la matière, ceux-ci ne doivent pas porter sur vos capacités. Ils sont uniquement la marque d’un affaiblissement de votre confiance en Dieu. Je vous conseille d’étudier la porte de la confiance en Dieu du ‘Hovat Halevavot et, de manière générale, de vous attacher à l’arbre de vie, c’est-à-dire à l’étude de la ‘Hassidout, de participer souvent aux réunions ‘hassidiques, avec une sincère joie ‘hassidique, d’être joyeux et de réjouir les autres.

Vous vous êtes déjà installé dans votre nouvel appartement et il aurait fallu y organiser une réunion ‘hassidique, comme il convient, vous souvenir de l’ancien temps, lorsque l’on participait à de telles réunions sans se demander ce qu’en penseront telle ou telle personne, ce qu’en penseront le côté gauche(4) et le côté droit(5) de sa propre personnalité. On savait uniquement qu’il y avait une réunion ‘hassidique, que l’on pouvait, à cette occasion, entendre une explication ou un bon mot de la ‘Hassidout, un récit concernant nos maîtres. Ainsi, on intériorisait la lumière et un peu de lumière repousse beaucoup d’obscurité.

De plus, à quoi bon réfléchir à l’obscurité ? Pourquoi ne pas plutôt penser à la lumière ? Nous nous trouvons, du reste, pendant la période du don des premières Tables de la Loi(6), qui apportèrent la liberté véritable(7).

Puisse Dieu faire que cette nouvelle résidence vous fasse changer de Mazal, qui sera désormais positif(8). Ce sera un foyer chaleureux et joyeux, dès votre arrivée. Il sera empli de la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière, du luminaire de la Torah, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout, les pratiques et les coutumes ‘hassidiques. De temps à autre, vous y organiserez une réunion ‘hassidique.

J’attends de vos bonnes nouvelles. J’espère apprendre que vous avez un meilleur moral et qu’au final, vous aurez décidé de vous soumettre à la volonté de Dieu et, à l’avenir, de mettre en application le Précepte de la Torah enjoignant de Le servir avec joie et enthousiasme.

Notes

(1) Les textes édités du précédent Rabbi. (2) Le mauvais penchant. (3) Le Beïnoni défini par le Tanya qui, bien que n’étant pas un Juste, s’est résolument écarté du mal. (4) Celui du penchant vers le mal. (5) Celui du penchant vers le bien. (6) La fête de Chavouot. (7) Ces Tables étaient, en effet, ‘Harout, gravées sur la pierre et nos Sages disent : Ne lis pas ‘Harout, gravé, mais ‘Hérout, liberté, ce que ces Tables apportèrent. (8) Nos Sages enseignent que celui qui change d’endroit, change de Mazal.

Lettre n°1043

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1043, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu et multiplie les actions positives, le Rav Moché Shapiro(1), ministre de l’intérieur et de l’immigration(2),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre télégramme. Ce jour, je vous en ai adressé un, en retour, dont voici le texte :

Je suis scandalisé par votre télégramme m’annonçant que le front religieux(3) a été rompu. Nombreux sont ceux qui en rendent responsables le Poël Hamizra’hi(4). Or, il est certain que si les partis renonçaient à leurs intérêts politiques, ce front pourrait voir le jour. Et son existence est nécessaire non seulement pour la communauté, mais aussi pour chaque parti, en particulier.

Lettre n°1044

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1044, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yossef Burg(1),

Je vous salue et vous bénis,

Me basant sur notre rencontre, à Paris,

en 5707(2) et sur le souvenir que j’en garde, puisque la Torah commande de présumer qu’un homme conserve sa droiture, je me permets de vous adresser ces quelques lignes.

Il est dommage que nous n’ayons pu nous rencontrer, lorsque vous étiez ici. J’exposerai brièvement mon propos, car il est inutile de décrire longuement l’importance de l’enjeu de ces élections, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.

J’espérais que ces élections n’auraient pas lieu, car le moment n’est pas propice pour les tenir. Mais, en tout état de cause, l’unité devrait être parfaite, au sein du monde orthodoxe, en Terre Sainte, afin que celui-ci se présente aux urnes sous la forme d’un front(3).

Pour quelqu’un comme vous, il est inutile de préciser à quel point le bien de tous en dépend. Chaque parti doit donc renoncer aux intérêts politiques qui vont à l’encontre du bien commun. Vous êtes vous-même un Juif orthodoxe et vous comprenez donc que ce qui sert l’orthodoxie a la priorité sur tous les bénéfices matériels, même lorsqu’ils sont certains et, a fortiori, quand ils sont illusoires et hypothétiques, d’autant qu’en pareil cas, ils peuvent même causer des pertes.

Je fais allusion au front uni du Judaïsme religieux en Terre Sainte, qui doit exister non seulement pour le bien public, mais aussi dans l’intérêt de chacun des partis. Je m’adresse donc à vous en tant que personnalité orthodoxe, pour que vous fassiez usage de vos efforts et de votre influence, afin de constituer ce front, même s’il en résulte des concessions pour chaque parti.

Je suis convaincu que l’intérêt du Judaïsme orthodoxe sera votre première priorité et que vous userez de votre influence, chaque fois que cela sera possible, pour induire, de la part des autres, un même comportement.

Je vous remercie pour les bonnes nouvelles que vous m’annoncerez, dans ce domaine.

En vous saluant et en vous adressant ma bénédiction,

Notes

(1) Du parti national religieux, ministre dans plusieurs gouvernements d’Israël. (2) 1947. (3) Voir la lettre précédente et la suivante.

Lettre n°1045

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1045, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples accomplissements, descendant

d’une sainte lignée, le Rav Its’hak Meïr Hacohen(1),

Ministre des affaires sociales(2),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous ai adressé, ce jour, le télégramme suivant :

Faisant suite à ma lettre, je suis scandalisé d’apprendre que le front religieux(3) a été dissous. Le Poël Hamizra’hi(4) en incrimine certains partis. Or, il est certain que si les partis renonçaient à leurs intérêts politiques, ce front pourrait voir le jour. Et, son existence est nécessaire non seulement pour la communauté, mais aussi pour chaque parti, en particulier.

J’ai bon espoir qu’en ce moment décisif, chaque parti prendra conscience de la responsabilité qui lui incombe, vis à vis de la communauté et qu’il permettra la constitution de ce front.

Avec ma bénédiction et dans l’espoir que Dieu nous prenne en pitié.

Le Poël Hamizra’hi prétend avoir consenti d’importants efforts et, par la faute d’autres partis, avoir été empêché de constituer ce front uni. Néanmoins, il ne précise pas qui sont les partis qu’il incrimine. En tout état de cause, vous vous trouvez sur place et vous devez donc connaître la situation.

J’ai bon espoir que, de votre côté, vous réunirez toutes vos forces pour constituer ce front uni. Je vous remercie d’avance pour les bonnes nouvelles que vous me donnerez, en la matière.

Je vous salue et vous adresse ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav I.M. Lewin. Voir, à son propos, la lettre n°1032. (2) De l’état d’Israël. Une même lettre fut adressée à plusieurs responsables de partis religieux. (3) Voir les deux lettres précédentes. (4) La section ouvrière du parti national religieux. Voir la lettre n°1043.

Lettre n°1046

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1046, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis(1),

J’ai obtenu, par différentes sources, des informations sur le front religieux uni(2). J’ai envoyé, ce jour, des télégrammes et des lettres, dont je vous joins les copies. Leur contenu se passe de tout commentaire et il s’ajoute au télégramme que je vous ai personnellement adressé.

A mon sens, il serait bon que vous vous concertiez, avec vos deux amis(3), pour adopter une position critique envers tous ceux à qui j’ai adressé des télégrammes et des lettres, pour leur souligner que rompre l’unité du Judaïsme religieux, en Terre Sainte, causera au peuple un tort considérable et brisera l’unité également ici, aux Etats Unis. Les conséquences financières seront graves et il est difficile d’évaluer tous les effets négatifs que cela aura, à l’avenir, ce qu’à Dieu ne plaise.

Si vous jugez nécessaire de vous adjoindre une autre personne, je m’en remets à votre avis. Bien évidemment, tout cela n’est qu’une proposition de ma part. Vous vous trouvez sur place et vous percevez donc la situation plus clairement.

J’espère que vous prendrez une juste décision, en la matière et que Dieu conférera la réussite à chacun d’entre nous, afin d’accomplir la mission qui lui incombe, celle de renforcer la Torah et le Judaïsme en tout endroit.

Vous me confirmerez sûrement avoir reçu cette lettre et vous me direz ce que vous avez accompli, dans ce domaine. Je vous en remercie d’avance.

Je vous salue et vous bénis.

Je viens de recevoir(4) le manuscrit de ‘Hassidout dans lequel se trouvent les discours ‘hassidiques commentant la visite au tombeau du Juste. Je vous en remercie beaucoup.

Notes

(1) Cette lettre fut adressée au Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem et aux Rabbanim Eliezer Karasik et Moché Gour Aryé, de Tel Aviv. (2) Devant être constitué à l’occasion des élections, en Israël. Voir, à ce propos, les trois lettres précédentes. (3) Chaque destinataire de la lettre avec les deux autres. Voir la note 1. (4) Ce paragraphe a été ajouté à la lettre destinée au Rav C.Y. Zevin. Voir, à ce propos, la lettre n°890.

Lettre n°1047

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1047, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Sivan 5711,

Brooklyn,

A la confédération des ouvriers d’Agoudat Israël,

en Terre Sainte,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai espéré que les élections en Terre Sainte n’auraient pas lieu maintenant ou, tout au moins, qu’elles soient repoussées à plus tard(1). Pour différentes raisons, il n’est pas bon qu’elles se tiennent à l’heure actuelle, tant que l’unité ne règne pas dans le camp du Judaïsme orthodoxe, afin que celui-ci puisse présenter un front uni.

J’ai été consterné d’apprendre que le front religieux a été rompu.

Il est, bien sûr, inutile de préciser qu’en pareil cas, chaque parti doit renoncer à ses intérêts politiques, dès lors qu’ils vont à l’encontre du bien public. Et ce qui concerne le Judaïsme orthodoxe dans son ensemble a la priorité sur tout profit matériel, même lorsque celui-ci est certain et, combien plus, quand il est illusoire et hypothétique, d’autant qu’il peut même s’avérer être une perte.

Pour toutes ces raisons et en considérant la lettre que vous m’avez écrite le 12 Adar Chéni(2), je considère qu’il est inutile d’en dire plus. Vous ferez sans doute tout ce qui est en votre pouvoir pour que ce front religieux soit constitué, ce qui indispensable non seulement pour le bien de tous, mais aussi pour chaque parti, en particulier.

Je vous remercie d’avance pour les bonnes nouvelles que vous m’annoncerez, en la matière.

En vous saluant et en vous adressant ma bénédiction,

Notes

(1) Voir les quatre lettres précédentes. (2) Dont le texte était le suivant :

A Rabbi M. M. Schneerson, Rabbi de Loubavitch, New York, Nous avons discuté le contenu de votre télégramme et de votre lettre. Nous sommes heureux de vous annoncer que nous avons trouvé dans vos propos un appui et un encouragement pour notre propre position. Ceux qui ont connaissance des dissensions qui se font jour entre les hommes dans ce pays, des barrières qui les séparent, ne peuvent que s’effrayer de l’éventualité d’élections. De même, nous n’avons pas et nous n’avons jamais eu l’intention ou la volonté de nous présenter à ces élections sur une liste indépendante, bien que nous étions plein d’hésitations devant les graves insuffisances que présenterait un front religieux. Ces hésitations, qui ne seront pas détaillées ici, se sont renforcées pendant les deux ans et demie d’existence de ce front et de sa participation au gouvernement. Néanmoins, dès lors que ce front religieux existe, il est inconcevable de le démanteler. Le rejet d’une telle éventualité devrait suffir pour que tous les partis religieux se présentent sur une liste unique. Lors des premières élections, nous avons clairement soutenu cette position, mais la constitution d’une liste unique a échoué du fait de l’entêtement de certaines personnes, qui placent leurs intérêts personnels douteux au dessus des besoins publics. Nous avons donc été contraints d’agir en contradiction avec notre sentiment. A l’heure actuelle, encore une fois, il est tout à fait envisageable de constituer une liste unique, pour peu que les responsables du premier échec ne récidivent pas. Que le Tout Puissant nous accorde la paix, pour nous, pour tout Israël et pour Jérusalem.

Lettre n°1048

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1048, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Sivan 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec satisfaction, par le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, mon ami, le Rav ‘Haïm Morde’haï Aïzik ‘Hadakov, que votre affaire a eu une issue positive. Puisse Dieu faire qu’à l’avenir également, tout aille bien pour vous, matériellement et spirituellement, comme il convient pour un corps juif et une âme juive. Bien évidemment, la paix peut s’instaurer entre eux uniquement lorsque le premier se conforme à la volonté de la seconde ou, plus exactement, quand l’âme animale se soumet à l’âme divine.

Comment obtenir un tel résultat ? Nos Sages disent que celui qui étudie la Torah pour son nom instaure la paix dans le sanctuaire céleste et dans le sanctuaire terrestre. En l’occurrence, le sanctuaire céleste est l’âme divine et le corps, l’âme animale, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Matot Masseï, au discours Hé’haltsou. Vous maintiendrez sûrement les cours de Torah dont nous avons parlés ensemble.

Vous trouverez ci-joint un reçu pour le montant que vous m’avez adressé, afin que je le donne à la Tsédaka, selon ma propre décision. Je l’ai transmis au bureau des affaires confidentielles, une caisse de Tsédaka qui distribue une aide discrète, sans en faire publiquement état. Vous savez que le don discret est l’une des formes les plus élevées de la Tsédaka.

Avec ma bénédiction de réussite matérielle et spirituelle,

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