Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°83
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°83, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Lundi 9 Tamouz 5703,
A notre ami, le Rav honorable et éminent, Rav A.Tarchich
Je vous salue et vous bénis,
Le Rabbi Chlita nous a transmis votre demande que le Ma'hané Israël délègue un émissaire dans
votre ville, afin de convaincre vos élèves de fréquenter la Yechiva.
En conséquence, nous vous demandons de nous faire connaître les éléments suivants:
A) Est-il préférable que cet émissaire vienne maintenant ou plutôt à la fin de l'été, peu avant le début du semestre hivernal à la Yechiva?
B) Est-il suffisant que cet émissaire soit sur place uniquement pour un Chabbat?
Nous souhaiterions disposer d'un compte rendu de vos activités dans le cadre de Ma'hané Israël. Bien que vous soyez particulièrement occupé, en été, vous saisirez sans doute l'occasion que vous procurent alors vos rencontres avec de nombreuses personnes que vous ne voyez pas, en hiver pour les engager à se renforcer dans la pratique juive.
En effet, quelques propos prononcés de tout son coeur pénètrent dans le coeur de celui qui les entend et, avec l'aide de Dieu, y exercent une influence considérable. Tôt ou tard, on peut en voir les effets positifs.
Lettre n°84
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°84, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Lundi 16 Tamouz 5703,
Au grand Rav, éminent et agréable, le Rav Z.Halévi
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre et vous trouverez ci-joint un reçu de deux dollars correspondant à votre don pour le Ma'hané Israël.
Les dons pour la Yechiva et le Collel 'Habad leur ont été transmis et ces organismes vous enverront eux-mêmes un reçu.
Il y a quelques temps déjà, nous avons envoyé à vos fils des cartes de membres du groupe de la Michna et ils les ont sans doute reçues.
Je voudrais vous proposer de prendre part également aux autres activités de Ma'hané Israël et du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Il me semble que vous êtes tout désigné pour mener une telle action, en particulier dans deux domaines:
A) Vous pouvez assurer la diffusion des recueils et des discours imprimés parmi tous ceux que vous contactez et à qui vous en expliquerez la grande importance, la possibilité d'éveiller en eux un sentiment de Techouva et de crainte de Dieu, surtout en la présente période du talon du Machia'h. Les lettres de mon beau-père, le Rabbi Chlita, imprimées dans le second recueil, expliquent qu'une Techouva immédiate peut provoquer la délivrance immédiate.
B) Vos fils peuvent également participer à la diffusion de ces discours et des conversations avec les jeunes, en Yiddish et en anglais, qui s'adressent aux enfants juifs et contiennent des articles qui les rapprochent de la Torah et du Judaïsme.
Le prix de ces recueils, discours et conversations est très abordable, de sorte que quiconque s'y intéresse voudra sûrement les acheter. Il suffit donc de trouver quelqu'un qui voudra et pourra expliquer le contenu de ces discours et de ces recueils à tous ceux qui n'ont pas encore connaissance de cette lumière bienfaisante.
Vous connaissez sans doute l'explication de l'Admour Hazaken(1) sur le verset Dieu prépare les pas de l'homme. Lorsqu'un Juif parvient dans un endroit, c'est assurément dans un but bien précis, celui d'accomplir une Mitsva, envers Dieu ou envers un autre homme. Un Juif est l'émissaire de Dieu qui, où qu'il se trouve, reçoit la force de Celui qui le délègue.
Dans l'une de ses lettres, mon beau-père, le Rabbi Chlita écrit: L'amour du Saint béni soit-Il pour notre père Avraham se justifie essentiellement parce qu'il lia à Dieu ses enfants et sa maison. Ainsi, l'immense accomplissement qu'il réalisa en surmontant les épreuves auxquelles il fut confronté n'est nullement comparable à ce lien, au bien qu'il prodigua aux autres.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(2)
Notes
(1) Reproduite dans Hayom Yom, à la date du 10 Tamouz, soit six jours avant la date que porte cette lettre. (2) De Ma'hané Israël.
Lettre n°85
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°85, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה(1),
Lundi 16 Tamouz 5703,
A l'honorable Rav, craignant la Parole de Dieu,
Rav D.Halevi(2)
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez exprimé votre étonnement à propos de ce que j'avais dit, lors de la conclusion de la Michna apprise par coeur(3). J'ai expliqué, en effet, que l'on ne doit se désespérer d'aucun Juif, qui qu'il soit, même s'il a été véritablement un impie tout au long de sa vie, ce qu'à Dieu ne plaise, car, au bout du compte, de son plein gré ou sous la contrainte céleste, de son vivant ou après sa mort, on lui fera quitter les portes de l'impureté dans laquelle il s'était embourbé, on lui fera franchir plusieurs étapes de purification et d'élévation, à l'issue desquelles il pourra également réintégrer sa source, la Lumière Infinie de Dieu.
Vous me dites que tout cela vous parait très surprenant et vous avez relevé, dans mes propos, plusieurs contradictions.
Je reproduirai donc ici quelques propos de nos Sages qui étaient la référence de mes propos et qui permettront de répondre aux questions qui pourraient être soulevées.
Voici la reproduction de votre question:
Je vous ai entendu dire que, selon la 'Hassidout, on ne doit se désespérer d'aucun Juif, qui qu'il soit, même s'il a été véritablement un impie tout au long de sa vie, ce qu'à Dieu ne plaise, car, au bout du compte, de son plein gré ou sous la contrainte céleste, de son vivant ou après sa mort, on lui fera quitter les portes de l'impureté dans laquelle il s'était embourbé, on lui fera franchir plusieurs étapes de purification et d'élévation, à l'issue desquelles il pourra également réintégrer la source, sa Lumière Infinie de Dieu.
Lettre n°86
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°86, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jeudi 19 Tamouz 5703,
A notre ami, remarquable jeune homme,
le Rav Mena'hem Zeev Gringlass,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 courant et aux cartes postales qui l'ont précédée:
A) J'ai écrit au Rav Y.Weinberg et il a sans doute reçu ma lettre(1). Je lui ai demandé de continuer à rédiger les témoignages des 'Hassidim, ce qu'il avait arrêté de faire depuis le début. Or, il faut toujours se préserver de l'oubli.
B) Il y a quelques temps, un élève de la Yechiva, Yaakov Leman, m'a fait parvenir 22,75 dollars. De plus, vingt cinq Shekels étaient joints à sa lettre de ce jeudi. Je voudrais faire la proposition suivante. Je comprends que vos dettes sont de plus en plus importantes. Néanmoins, ne pas payer les publications nous empêchent d'éditer plusieurs ouvrages importants. Il convient donc:
1. de trouver un donateur qui pourra résorber la dette ou, tout au moins, une large partie de celle-ci.
2. de trouver des donateurs qui s'engageront à financer, par exemple, l'édition d'un recueil, d'un discours, des conversations avec les jeunes d'un ou de deux mois. Bien évidemment, le nom du donateur sera imprimé, comme nous l'avons fait dans le second recueil de lettres(2) ou dans le 'Hano'h Lanaar(3). Avec vos frères, les élèves de la Yechiva, vous trouverez sans doute un moyen d'apporter une application concrète à tout cela.
C) Le paquet de lettres envoyé à Klotskin(4) nous est revenu, pour une quelconque raison. Mais, nous l'avons renvoyé et nous sommes surpris qu'il ne l'ait pas encore reçu. Lorsque ces lettres seront diffusées, il ne faudra pas oublier d'effacer de l'en-tête, la mention à l'attention du docteur Klotskin.
D) Vous souhaitez reproduire et diffuser l'article paru dans Hakrya Vehakedoucha sous le titre pourquoi le Machia'h ne vient-il pas?(5). Je vous ferai parvenir l'avis de mon beau-père, le Rabbi Chlita, dès qu'il m'aura donné sa réponse.
E) Je vous remercie d'avoir négocié avec le courtier de la presse pour la diffusion de nos publications. Nous espérons que des résultats positifs en découleront.
F) Vous trouverez, ci joint, la carte de membre du groupe de Michna par coeur du Rav H.C. Greenhat(6). Il serait bon que vous précisiez systématiquement à qui il faut accorder le titre de Rav. Je ne sais pas pourquoi il n'avait pas reçu cette carte jusqu'à maintenant.
G) J'ai bien reçu le discours du Rabbi de Pessa'h et je vous adresse, ci joint, celui du 19 Kislev 5703. Il n'a pas été relu par le Rabbi. Bien évidemment, vous me le rendrez.
H) On vous a déjà fait savoir que les fascicules dont vous m'avez adressé la liste par l'intermédiaire de l'élève Glushtein, de la Yechiva, ne sont pas disponibles. Si nous en recevons, nous vous le ferons savoir.
I) Parmi les livres du Rav Y.A. Z.Margulis, je possède uniquement le Amoudeï Arazim, qui, d'ailleurs, évoque le sujet traité par le Rabbi, ce 19 Kislev, à la page 3a et qui parle, en outre, du Tséma'h Tsédek, à la page 43a. Je n'ai pas vu ses autres livres. En possédez-vous en doubles exemplaires?
J) Mon beau-père, le Rabbi, partira se reposer, vraisemblablement au même endroit que l'an dernier(7).
K) Nous vous avons adressé les conversations avec les jeunes du mois de Tamouz avant d'avoir reçu votre lettre et nous avons donc envoyé le nombre d'exemplaires qui figurait dans votre précédent courrier. Pouvez-vous me faire savoir immédiatement combien il vous faudra des conversations de Mena'hem Av?
L) Nous avons reçu aujourd'hui même une quantité limitée du livre 'Ho'hmeï Israël Baal Chem Tov. Il coûte 85 cents et, sans Haktav Vehami'htav, 75 cents.
M) Nous vous avons envoyé, à titre d'échantillons, un Talith Katan et une Kipa. Or, le Rav Zalman Shechter, après avoir reçu votre lettre, a commencé à les vendre et j'en ai été très satisfait car, pour différentes raisons, il est bon que cette transaction et, de façon générale, la vente de Talith Kattan, se fassent sans notre participation.
N) Y a-t-il du nouveau à propos de la demande de Barenhols(8)?
0) Ce que vous m'écrivez à propos de Hakrya Vehakedoucha a été transmis à la rédaction du journal.
P) Je saisis cette occasion pour vous rappeler que certains de vos amis, y compris ceux qui sont installés ou bien des 'Hassidim, n'ont pas encore participé à l'écriture du Séfer Torah(9).
Q) Qu'en est-il des Messibot Chabbat(10), du Beth Rivka(10) et des centres de vacances pour l'été?
R) Les fascicules contenant la bénédiction après le repas vous seront adressés cette semaine, si Dieu le veut.
S) Les tomes 1 et 5 du Sifrénou(11) sont parus. Vous un recevrez des échantillons en même temps que les fascicules de bénédiction après le repas. Vous en trouverez, ci joint, une brève présentation, qu'il serait bon de diffuser, dans votre pays, par voie de presse. Si vous estimez cela utile, vous pouvez consacrer une petite somme du budget du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h pour publier une annonce, au moment qui convient, selon les conditions du pays, soit tout de suite soit juste avant la rentrée scolaire.
T) Nous vous avons envoyé un échantillon du Chema Israël. Ce fascicule coûte 15 cents et je suis surpris que vous n'ayez pas confirmé l'avoir bien reçu. Nous vous adressons également, à titre d'échantillon, un exemplaire du 'Hano'h Lanaar, qui coûte 30 cents.
Nous attendons votre réponse sur tous ces points.
Nous conclurons en évoquant la Paracha de ce Chabbat. Nos Sages voulaient, en effet, inclure la Parchat Balak dans le Chema Israël, afin d'y faire figurer le verset il s'est courbé et s'est couché, comme un lion ou, selon une autre version, le verset ce peuple se lève comme un lionceau, se dresse comme un lion et le Midrach explique, à ce propos: Dès qu'ils s'éveillent de leur sommeil, ils se lèvent comme des lions, lisent le Chema Israël et proclament la royauté de Dieu.
Il nous faut comprendre le sens de cette comparaison avec le lion et sa place dans le Chema Israël, d'autant que, selon la Tossefta et le Midrach, le fait de se dresser de la manière décrite est le comportement du loup plutôt que celui du lion.
Le Chema Israël permet de proclamer l'unité de Dieu et Son règne, d'écarter l'éventualité d'un autre pouvoir, ce qu'à Dieu ne plaise. Or, si l'on médite à la signification de cette unité, au fait qu'il n'est nul autre que Lui, que rien n'est séparé de Lui, on aboutit à la conclusion que toute chose doit devenir un instrument du service de Dieu.
C'est ainsi que l'on pourra mettre en pratique l'Injonction tu aimeras l'Eternel ton Dieu de tout ton coeur, c'est-à-dire de tes deux penchants, y compris du mauvais. Le Rambam dit: Celui qui adopte ce principe servira Dieu tout au long de son existence, y compris lorsqu'il s'unit à son épouse, même si, comme le disent nos Sages, l'envie disparaît lorsque le mauvais penchant est supprimé.
C'est aussi ce que souligne le Baal Chem Tov, lorsqu'il commente le verset quand tu verras l'âne de ton ennemi et c'est de cette manière qu'il faut interpréter la comparaison avec le lion. Nos Sages soulignent que cet animal dévore sa proie vivante et non morte. De même, il faut aimer Dieu également par son mauvais penchant(...).
La récompense pour le fait de se dresser comme un lion est donc, mesure pour mesure, exprimée par le verset: Il s'est courbé, s'est couché, qui pourra le relever?. Car, dès lors que le mauvais penchant aime Dieu également, la paix peut régner dans la personnalité de l'homme, et donc dans le monde entier(...).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(12)
Notes
(1) Rav Yossef Weinberg, destinataire de la lettre n°82. (2) Du précédent Rabbi. (3) Du Rabbi Rachab, père du Rabbi précédent. (4) Il s'agissait de lettres du précédent Rabbi, qui furent, par la suite, réunies dans un recueil spécifique, afin d'être diffusées. Voir, à ce propos, les lettres n°90 et 96. (5) Paru, dans le numéro 28, de Tévet 5703. (6) Le Rav 'Haïm Chlomo Greenhut. (7) Il avait passé l'hiver 5702 à Morristown , dans le New Jersey. (8) Voir, à ce propos, la lettre n°73. (9) Pour accueillir le Machia'h. Voir, à ce propos, la lettre n°71. (10) Voir, à ce propos, la lettre n°48. (11) Un livre de lecture hébraïque. (12) De Ma'hané Israël.
Lettre n°87
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°87, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Lundi 1er Mena'hem Av 5703
A notre ami, aux multiples réalisations,
Le 'Hassid, Rav Y.L.Halevy(1),
Je vous salue et vous bénis,
Nous avons bien reçu vos lettres, avec ce qu'elles contenaient et nous vous en remercions. Entre temps, vous avez sans doute vous-même reçu la lettre de notre secrétaire.
Nous avons demandé que des exemplaires des conversations avec les jeunes soient envoyés à toutes les personnes dont vous nous avez communiqué le nom. De même des cartes de membres des groupes de Michna par coeur ont été adressées à ceux que vous avez pu contacter et celui qui en multipliera le nombre recevra des bénédictions accrues.
Le prix de 'Hano'h Lenaar est 30 cents.
Je vous remercie de vous être engagé à recommander le Sifrénou à la direction du Talmud Torah. Si une large quantité en est commandée, nous pourrons consentir une remise de 20 ou 30%.
Nous vous joignons une circulaire du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h concernant le Sifrénou. Pouvez-vous nous transmettre l'adresse de tous les Talmuds Torah et de toutes les institutions scolaires de votre ville? Ainsi, nous pourrons leur adresser également cette circulaire
Conformément à notre discussion sur la nécessité de trouver des souscripteurs permanents aux parutions des éditions Kehot, nous vous envoyons des formulaires d'abonnement. Avec l'aide de Dieu, vous voudrez bien tenir votre engagement, dans ce domaine.
Si vous acceptez de faire cadeau à la bibliothèque de Kehot du livre que vous avez un double(2), je vous en serai très reconnaissant.
Je vous remercie également pour votre interprétation de la fin de la lettre du Rabbi(3) concernant la fermeture de la porte, dans laquelle vous lisez on peut ensuite la fermer(4). Si j'obtiens une précision, en la matière, je vous le ferai savoir.
Je conclurai cette lettre avec un point qui est lié à ce Chabbat.
La tribu de Lévi(5) a-t-elle participé à la guerre de Midyan? Il existe deux versions du Sifri, à ce propos. Selon la première, ils ne combattirent pas, selon la seconde, ils le firent et c'est ce deuxième avis que Rachi retient.
Le Rambam souligne que la tribu de Lévi ne combat pas, comme le reste du peuple juif. Pourquoi cette guerre fut-elle une exception et qu'en tirer pour le service de Dieu?
La 'Hassidout explique que les sept peuples contre lesquels était dirigé ce combat symbolisent les sept émotions négatives, qui sont à l'origine de l'orgueil. Le but de la guerre était de s'approprier leurs terres, d'y labourer et d'y planter. Or, les Léviim sont éloignés des préoccupations terrestres. Leur mission consiste à enseigner la Loi au peuple d'Israël, ce que ne peut faire celui qui laboure et plante. Ils étaient donc étrangers aux objets du monde et à l'abri de l'orgueil.
A l'opposé, la guerre contre Midyan n'avait pas pour but d'annexer son territoire, mais plutôt d'y porter la vengeance de Dieu, comme le précise le Ramban. Il s'agit là d'un mal qui s'exprime sous sa forme la plus fine et c'est la raison pour laquelle la tribu de Lévi doit alors lutter également.
Cette idée nous permettra de comprendre une autre différence entre la guerre de Midyan et toutes les autres. A celle-ci, participèrent mille hommes de chaque tribu, de la plus nombreuse comme de la plus petite.
Ce qui vient d'être expliqué permettra d'en établir simplement la raison. En effet, quand il s'agissait de conquérir un peuple pour annexer son territoire, lequel serait ensuite réparti entre les tribus en fonction de leur importance numérique, les tribus les plus nombreuses devaient fournir un plus grand nombre de soldats.
Il en est de même pour la dimension morale. Le mal évident est directement en relation avec les préoccupations du monde, avec les trente neuf travaux qui permettent de le transformer(6). Le mal le plus fin, en revanche, existe également chez ceux qui craignent Dieu, comme le souligne, en particulier, le Rabbi(3).
Se débarrasser du mal le plus fin n'est pas aisé et c'est précisément pour cela que ce dernier exil est si long, dépassant largement celui de Babel. C'est pour la même raison que la guerre doit être dirigée par Moché, notre maître, dont quelqu'un remplit les fonctions dans chaque génération, surtout en la fin de ce dernier exil, à l'époque du talon du Machia'h.
Il faut donc se rendre au combat en faisant preuve de la plus grande abnégation. Alors, on peut être certain que nul ne tombera durant la bataille, que tous entreront en Erets Israël, avec notre juste Machia'h, très bientôt et de nos jours.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(7)
Notes
(1) Rav Yehouda Leïb Halévy Horowits. (2) Il s'agit d'une biographie du Rav Avraham 'Hen, père du célèbre 'Hassid, le Rav David Tsvi 'Hen, parue à Tel Aviv en 5691 (1931). (3) Rachab. (4) Le Rabbi fit, par la suite, imprimer cette lettre avec la correction proposée par le Rav Horowits. (5) A laquelle appartient le destinataire de cette lettre. (6) Et sont donc interdits pendant le Chabbat. (7) De Ma'hané Israël.
Lettre n°88 bis
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°88 bis, traduction française
[seconde version de la lettre précédente]
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Début Mena'hem Av 5703?(1)]
Je conclurai cette lettre(2) avec un point qui est lié à ce Chabbat.
La tribu de Lévi a-t-elle participé à la guerre de Midyan? Il existe deux versions du Sifri, à ce propos. Selon la première, ils ne combattirent pas, selon la seconde, ils le firent et c'est ce deuxième avis que Rachi retient.
Le Rambam souligne que la tribu de Lévi ne combattait pas, comme le reste du peuple juif. Pourquoi cette guerre fut-elle une exception et qu'en tirer pour le service de Dieu?
La raison en est très simple. Le but de la guerre contre les sept peuples était de s'approprier leurs terres, d'y labourer et d'y planter. Or, les Léviim sont éloignés des préoccupations terrestres. Leur mission consiste à enseigner la Loi au peuple d'Israël, ce que ne peut faire celui qui laboure et plante. Ils étaient donc étrangers aux objets du monde.
A l'opposé, la guerre contre Midyan n'avait pas pour but d'annexer un endroit pour s'y installer, puisque la tribu de Reouven ne vint là que par la suite, mais bien d'y porter la vengeance de Dieu, comme le précise le Ramban. C'est la raison pour laquelle la tribu de Lévi devait prendre également part au combat.
Ceci nous permettra de préciser une autre différence entre la guerre de Midyan et toutes les autres. A celle-ci, participèrent mille hommes de chaque tribu, de la tribu la plus nombreuse comme de la plus petite.
Ce qui vient d'être expliqué permettra d'en comprendre la raison. En effet, quand il s'agissait de conquérir un peuple pour annexer son territoire, lequel serait ensuite réparti entre les tribus en fonction de leur importance numérique, les tribus les plus nombreuses devaient fournir un plus grand nombre de soldats, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il s'agit uniquement d'y porter la vengeance de Dieu
Il en découle un enseignement pour le service de Dieu. La guerre contre les sept peuples évoque, en effet, la conquête des sept émotions négatives, qui inspirent l'orgueil. En conséquence, la tribu de Lévi, de même que tous ceux qui décident de s'engager dans le service de Dieu et se libèrent ainsi des obligations du monde, ne sont pas concernés par une telle guerre.
Midyan, en revanche, évoque, le mal le plus fin. Un Lévi ou bien un Israël jouant le rôle de Lévi, comme on l'a vu, doivent donc également s'y engager.
Se débarrasser du mal le plus fin n'est pas aisé et c'est précisément pour cela que ce dernier exil est si long, dépassant largement celui de Babel. C'est pour la même raison que la guerre doit être dirigée par Moché, notre maître, dont quelqu'un remplit les fonctions dans chaque génération, surtout en la fin de ce dernier exil, à l'époque du talon du Machia'h. Bien plus, il faut se rendre au combat en faisant preuve de la plus grande abnégation.
Dès lors, la récompense accordée est mesure pour mesure. Celui qui a fait don de lui-même au delà de toute considération logique peut obtenir une victoire surnaturelle, de sorte que nul ne tombe au combat, que tous entrent en Erets Israël, avec notre juste Machia'h, très bientôt et de nos jours.
Avec ma bénédiction et mon salut à tous les membres de votre famille, en particulier au Rav Y., en souhaitant que vous alliez bien, une Techouva immédiate et une délivrance immédiate,
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Cette lettre, corrigée, sur le manuscrit de la précédente, a vraisemblablement été rédigée peu après celle-ci. (2) Le début de la lettre n'a pas été reproduit.
Lettre n°89
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°89, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mena'hem Av 5703,
Au responsable plein d'ardeur et aux multiples réalisations,
le Rav Ch. Palmer(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous remercie d'avoir cherché à obtenir des nouvelles de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Son état de santé est comme à l'accoutumée. Il est clair que la chaleur de cette période est la cause de sa faiblesse. Il est dommage qu'il n'ait pas encore pu se rendre à la campagne, pour se reposer de ses multiples occupations.
Celui qui guérit toute chair raffermira sans doute sa santé et il se renforcera de plus en plus, comme en formulent le voeux tous nos amis et les 'Hassidim.
Je vous remercie pour votre chèque de 112,5 dollars, destiné à l'édition des discours de mon beau-père, le Rabbi Chlita, prononcés pendant la fête de Pessa'h(2).
Nous avons reçu la même somme de notre cher Rav Y.Kats et nous transmettons donc les manuscrits à l'imprimerie. Dès qu'ils seront publiés, nous vous les ferons parvenir.
Outre mes remerciements, je voudrais aussi vous exprimer ma bénédiction de Mazal Tov. Vous venez, en effet, d'acquérir un grand mérite en participant à cette édition. Avec l'aide de Dieu, vous illuminerez l'âme d'un grand nombre de Juifs grâce aux propos de mon beau-père, le Rabbi Chlita et ces personnes seront conduites vers la Torah, la prière et les bonnes actions.
Commentant les événements survenus en ces jours, pendant le mois de Mena'hem Av(3), nos Sages disent que le premier Temple fut détruit parce que l'on s'était détourné de la Torah, à laquelle les Juifs, même s'ils l'étudiaient, n'accordaient pas toute son importance. Le second Temple, en revanche, fut détruit à cause de la haine gratuite.
La sainteté du premier Temple était entière, alors qu'au second manquait l'Arche sainte. Or, le premier Temple fut construit par Chlomo(4), qui reçut ce nom parce que la paix, Chalom(5)et la tranquillité régnèrent de son vivant, y compris avec les peuples que son père David combattit.
Une telle situation est donc l'antithèse de la haine gratuite.
De plus, Chlomo enseigna la Torah au peuple et il favorisa la crainte de Dieu pour que celui-ci s'attache à la Torah, comme le rapportent les Sages.
Une telle situation est donc l'antithèse d'un abandon de la Torah.
A chaque époque et en tout lieu, celui qui réalise une action pour le bien de tous, par le sentiment d'amour du prochain qui l'anime et sans recherche d'un intérêt personnel, en renforçant la Torah et le Judaïsme, hâte notre délivrance et la reconstruction du Temple par notre juste Machia'h, qui, lui aussi, ne se manifestera, dès sa venue, que par la paix
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(6)
Notes
(1) Le Rav Chlomo Palmer. (2) Qui furent effectivement édités par deux donateurs, le Rav H.Ch. Palmer et le Rav Y.Kats. Voir, à ce propos, les lettres n°92, 105 et 107. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°91 et 93. (4) Terme que l'on peut lire Chléma, entière, dont la sainteté était entière. Chlomo est, en outre, le prénom du destinataire de la lettre. (5) De la même étymologie que Chlomo. (6) De Kehot.
Lettre n°90
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°90, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Dimanche 7 Mena'hem Av 5703,
A notre ami, remarquable jeune homme,
le Rav M.Z. Gringlass(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 26 courant:
A) Vous trouverez ci-joint le calcul de ce que vous nous devez et je vous demande de bien vouloir vous acquitter de cette date au plus vite, comme vous l'avez promis, car chaque jour qui passe a une importance.
B) Je suis surpris que le paquet de lettres pour Kletskin(2) ne vous soit pas encore parvenu. Il y a sans doute un obstacle quelque part.
C) Nous vous avons adressé, par la poste, le nombre de conversations avec les jeunes du mois de Mena'hem Av que vous nous avez demandé, mais nous ne comprenons toujours pas pourquoi vous refusez un envoi express, qui permet de réaliser une économie substantielle sur les frais de transport. En effet, la formule expresse, ici, ne nous coûte rien.
D) Nous avons fait en sorte que l'on vous envoie également les autres publications que vous avez demandées.
E) Concernant les Talith Katan, Zalman Shechter vous écrira(3).
F) Nous sommes surpris que vous ne nous ayez pas dit si vous avez annoncé, par voie de presse, la conclusion de l'étude de la Michna. Il en est de même pour le Sifrénou. Il est curieux que vous ne nous confirmiez même pas avoir reçu notre courrier joint aux deux lettres du Rabbi Chlita(4), qui accompagnaient l'annonce du Sifrénou.
G) Voici nos prochaines publications, avec l'aide de Dieu: le Kountrass Oumayan(5), le discours(6) de Pessa'h dernier et un recueil sur le Tséma'h Tsédek. Une partie de tout cela se trouve déjà à l'imprimerie.
H) Le Ramach(7) vous répondra lui-même aux autres questions, dans les jours qui viennent, avec l'aide de Dieu.
Vous avez sans doute déjà reçu le discours(6) du 19 Kislev.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Le secrétaire,
Aharon Silbermints
Notes
(1) Rav Mena'hem Zeev Gringlass. La lettre est signée par le secrétaire, mais le manuscrit porte les corrections manuelles du Rabbi. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°86, paragraphe C. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°86, paragraphe M. (4) Il s'agit d'un recueil, reproduit par ronéotype, de deux lettres du précédent Rabbi. (5) Du Rabbi Rachab. (6) Du précédent Rabbi. (7) Le Rabbi lui-même.
Lettre n°91
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°91, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[9 Mena'hem Av]
Nous conclurons en évoquant l'événement du jour. Nos Sages disent que, si le premier Temple fut détruit à cause des fautes qui avait alors été commises, les Juifs auraient néanmoins pu être sauvés si la Torah avait conservé son importance à leurs yeux. Le luminaire qu'elle contient les aurait ramené à des meilleurs sentiments et le Temple n'aurait pas été détruit. Le second Temple, en revanche, fut détruit à cause de la haine gratuite.
Notre période est celle du talon du Machia'h et, selon les dires de nos Sages, toutes les dates limites de la délivrance sont dépassées. Tout dépend désormais de la Techouva et des bonnes actions. Chacun doit donc, là où il réside, redoubler d'amour envers son prochain, marquer avec encore plus de forces son amour pour la Torah et les Mitsvot.
Ces deux nécessités s'accomplissent conjointement lorsque l'on renforce la Torah et le Judaïsme dans les cercles les plus larges du peuple d'Israël.
Est-il une plus grande marque d'amour que l'effort physique et moral qui est consenti pour sauver son ami de l'enfer dans lequel peuvent le conduire ses fautes? Et tous les Juifs sont des amis!
Est-il plus grand signe d'importance, pour la Torah, que de souligner et d'expliquer à chacun qu'elle est la Sagesse et la Volonté du Saint béni soit-Il, de lui dire qu'elle est immuable, en tout temps et en tout lieu? Or, Dieu implanta en nous la vie éternelle, par l'intermédiaire de la Torah et des Mitsvot.
Que Dieu nous délivre donc au plus vite, par notre juste Machia'h.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Lettre n°93
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°93, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jeudi 11 Mena'hem Av 5703
Au très estimé donateur, le Rav ...
Je vous salue et vous bénis,
Nous sommes très surpris de ne plus avoir de vos nouvelles, ces derniers temps. Nous sommes toujours heureux de recevoir une lettre de votre part, nous faisant part ce qui vous concerne personnellement et de la manière dont vous renforcez le Judaïsme dans votre ville, comme nous en parlions lorsque vous étiez ici.
Nous vous avons adressé une carte de membre du groupe de Michna par coeur et vous l'avez sans doute déjà reçue.
Nous sommes surpris que vous n'ayez pas encore commandé les recueils Hayom Yom et 'Hano'h Lenaar qui sont parus récemment et ont suscité une grande satisfaction dans le monde 'hassidique. Sans doute ne les avez-vous pas commandés car vous n'avez pas eu connaissance de leur publication. Nous vous envoyons donc cinq exemplaires de ces recueils, pour vous et pour vos amis. Si vous pensez ne pas en avoir l'utilité, vous pouvez nous les renvoyez, à nos frais.
En ce mois de la destruction du Temple, que Dieu transformera, très bientôt et de nos jours, en joie et en allégresse, nous devons tous nous rappeler que le premier Temple fut détruit parce que les hommes s'étaient, à l'époque, détournés de la Torah, alors que le second disparut du fait de la haine gratuite.
Se souvenir de tout cela doit mettre en éveil un profond désir d'aimer chacun, de manière gratuite et désintéressée. Vous consulterez, dans le Hayom Yom, à la date du 15 Kislev, ce que dit, à ce propos, l'Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul'han Arou'h. Il est tout particulièrement nécessaire de raffermir l'amour de la Torah, que l'on peut faire acquérir en expliquant qu'elle est la Sagesse de Dieu et, de façon plus générale, en renforçant la crainte de Dieu.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Le directeur du comité exécutif
Lettre n°94
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°94, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Avant le 18 Mena'hem Av 5703(1)]
Vous trouverez ici les conceptions de la divine Providence développées par les Sages qui précédèrent le Baal Chem Tov, puis celle du Baal Chem Tov.
1: La conception du Baal Chem Tov
La divine Providence règle chaque détail de l'existence d'un homme, mais aussi celle des minéraux, végétaux et animaux. Quelques textes 'hassidiques dont je dispose permettent d'établir la définition qu'en donne la 'Hassidout.
En 5696(2), mon beau-père, le Rabbi disait: Notre maître, le Baal Chem Tov, précisant le sens de la divine Providence, indique que non seulement le Créateur fixe le moindre détail du mouvement de chaque créature, lui apportant ainsi la vitalité et l'existence, mais, bien plus, Il inscrit ce détail dans le schéma global de la création. Ainsi, le mouvement d'un brin d'herbe occupe une place dans le Plan divin de la création.
Première remarque: Le Tanya ne donne qu'une définition générale de la divine Providence, soulignant que les hérétiques la contestent, considérant qu'elle est impossible, même s'ils reconnaissent que le monde fut créé, à partir du néant, par la Parole de Dieu. C'est ce que le contexte permet d'établir. Un autre texte précise que, selon ces hérétiques, une relation causale existe entre la Divinité et le monde. Or, l'effet rétroagit sur sa cause et ils en concluent que Dieu ne peut s'investir dans ces mondes inférieurs pour y révéler Sa Providence. Cela serait, pour Lui, une chute vertigineuse et, bien plus, remettrait en cause Son Unité.
Ils considèrent donc que Dieu a abandonné la terre et n'est plus que le Dieu des dieux(3). Pour la même raison, ils considèrent que les miracles sont impossibles.
Il faut donc leur répondre que, bien au contraire, il est certain que Dieu est toujours présent au sein de la création, qu'Il se trouve, en permanence, dans ses stades les plus inférieurs.
Seconde remarque: Dieu protège d'un seul oeil ceux qui Le craignent, ou encore de Ses deux yeux. On peut aussi imaginer qu'un oeil accomplisse ce que ne peuvent faire Ses deux yeux. Chaque oeil introduit un aspect spécifique de cette Providence, mais ne remet pas en cause le détail de ce qui la constitue. Telle est l'opinion du Baal Chem Tov, mais non des Sages qui le précédèrent.
Pour tous, un miracle prenant un aspect naturel est une forme élevée de Providence. C'est la raison pour laquelle un seul oeil peut être tourné vers ceux qui Le craignent.
Le comportement naturel est inférieur à la Providence d'un seul oeil et peut être comparé à la situation dans laquelle Il fermerait les yeux, ce qu'à Dieu ne plaise. C'est ainsi que l'on doit interpréter certains passages de la 'Hassidout.
2: La conception des Sages antérieurs au Baal Chem Tov
La Providence de Dieu s'applique individuellement aux hommes et globalement, à l'ensemble de l'espèce, pour les animaux et les végétaux.
Ainsi, le Guide des égarés, après avoir exposé différents avis, dit:
La cinquième conception est la nôtre, c'est-à-dire celle de notre Torah, selon laquelle la Providence est individuelle uniquement pour les hommes, alors qu'elle porte sur l'espèce, dans son ensemble, pour les animaux et, a fortiori, pour les végétaux. Mais, elle ne s'applique pas à tous les hommes de la même manière. Car, les insensés et les impies sont méprisables et comparables à des animaux.
Le Chomer Emounim, un disciple de Rabbi Moché Zakouta, écrit, à la fin de son livre: Rien n'existe par le fait du hasard, sans intervention de la divine Providence, ainsi qu'il est dit «Je les suivrai dans ce qui leur arrivera». Ainsi, ce qui semble le fait du hasard est, en réalité, une manifestation divine, car tout émane de Sa Providence. Néanmoins, des différences existent entre les formes de cette Providence, comme l'expliquent les Sages de la Kabballa. Et, les créatures qui n'ont pas d'accomplissements, c'est-à-dire les animaux, les végétaux et les minéraux bénéficient de cette Providence par l'intermédiaire des astres qui leur sont assignés et qui surveillent leur espèce, dans sa globalité.
Lettre n°95
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°95, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Lundi 29 Mena'hem Av 5703,
Aux distingués jeunes gens, se passionnant pour l'étude de la
partie législative de la Torah et de la 'Hassidout, recherchant
l'élévation, les élèves de la Yechiva, que Dieu leur accorde
longue vie, Farendale, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre dans laquelle vous m'interrogez sur la fin du premier chapitre du Tanya, qui explique que les âmes des autres nations émanent des trois forces du mal, totalement impures, dans lesquelles il n'y a pas du tout de bien. Vous vous demandez, néanmoins, si ces nations ne possèdent pas au moins un peu de bien. En effet, comment pourrait-il en être autrement, dès lors qu'il leur est demandé de mettre en pratique les sept Commandements des descendants de Noa'h.
De plus, il existe des Justes des nations, qui ont part au monde futur, selon l'avis de Rabbi Yochoua et le Rambam en retient le principe pour la Hala'ha. Ou bien peut-être faut-il maintenir, comme le dit le Tanya, que les autres nations n'ont pas du tout de bien.
Si l'analyse est basée sur la logique, on peut bâtir différents raisonnements. Ainsi:
A) Si l'on avance que les non-Juifs possèdent effectivement un peu de bien, qui agit dans leur personnalité, quelle différence doit-on faire entre les forces du mal totalement impures et celle qui possède un peu de bien? Et pourquoi dire qu'une bonne action faite par un non-Juif n'a d'autre motivation que de s'en enorgueillir? Bien plus, le traité Sanhédrin considère qu'un non-Juif doit aussi donner de la Tsédaka. Dès lors, comment dire qu'il ne possède pas du tout de bien?
B) Si les non Juifs n'ont pas du tout de bien, comment peuvent-ils exister? Et, même s'ils agissent pour s'enorgueillir, ils n'en ont pas moins accompli une bonne action, en donnant de la Tsédaka, quoique avec une mauvaise intention. Or, comment sont-ils capables d'une bonne action s'ils ne possèdent pas du tout de bien?
En fait, la 'Hassidout apporte l'explication de tout cela. Le Tséma'h Tsédek écrit: Les trois forces du mal sont, par elles-mêmes, totalement impures et ne possèdent pas de bien, mais elles peuvent renfermer des parcelles de sainteté, se trouvant exilées en elles.
Un discours de 5670(1) précise: Le Tanya dit que les trois forces du mal totalement impures n'ont pas du tout de bien. Cela ne veut pas dire qu'elles ne renferment pas une parcelle de sainteté. Si c'était le cas, elles ne pourraient pas exister. Certes, elles tirent leur vitalité d'une force qui ne fait que les entourer. Pour autant, elles doivent bien posséder la lumière de la sainteté. Toutefois, la parcelle qu'elles en possèdent s'est éloignée de sa source et s'est obscurcie, au point de prendre l'apparence du mal. C'est pour cela qu'elles ne ressentent nullement la Divinité.
Un texte de 5665(2) ajoute: Le bien devient du mal, comme un morceau de viande permise qui, s'intégrant à celle qui est interdite, s'identifie à elle(3).
(...) On peut, en effet, être entouré par la vitalité divine, sans en avoir conscience. A l'opposé, cette vitalité peut être engloutie dans la personnalité de l'homme.
Tout cela pourrait être développé, mais je souhaite vous répondre au plus vite et ne pas retarder ma lettre.
Je vous souhaite une grande réussite dans l'étude et dans l'action.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Le directeur du comité exécutif(4)
Notes
(1) 1910, du Rabbi Rachab. (2) 1905, du même auteur. (3) Le Rabbi ajoute, en bas de page, la note suivante: Selon le Yoré Déa, ce principe s'applique uniquement lorsqu'il y a un mélange de viande et de lait. Le Zohar explique, en effet, qu'un tel mélange permet au domaine du mal d'exercer son emprise sur celui de la sainteté. Le Guide des égarés établit un lien entre ce mélange et l'idolâtrie. (4) Après la signature, le Rabbi indique encore une série de références.
Lettre n°96
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°96, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jeudi 9 Elloul 5703,
A notre ami, remarquable jeune homme,
le Rav M.Z. Gringlass(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je réponds brièvement à vos lettres, car je suis très occupé par la publication du Kountrass Oumayan(2), du discours de Pessa'h(3) et de quelques autres textes. C'est pour cela que ma réponse a été retardée jusqu'à maintenant:
A) Vous avez sans doute reçu notre précédente lettre, évoquant votre venue ici pour prendre conseil sur la manière d'agir, dans votre pays, pour tout ce qui concerne l'éducation juive la plus pure, de même que la façon de promouvoir l'accomplissement des Mitsvot et l'étude de la Torah.
B) Pour une quelconque raison, la parution de Hakrya Vehakedoucha a été retardée, ces derniers mois. Nous avons bon espoir que les exemplaires de Tamouz, Mena'hem Av et Elloul paraîtront d'ici une semaine.
C) Toutes les publications que vous avez demandées vous ont été envoyées et vous avez sans doute reçu, entre temps, les exemplaires de lettres pour Klotskin(4). Je suis surpris que tout cela ait été retardé.
D) Nous avons reçu, de votre part, 48 exemplaires le 20 Tamouz, 25 le 1er Elloul et 30, par le Rav Fredmeski.
E) Le comité du Séfer Torah a envoyé, il y a deux semaines, des reçus et des lettres, qui sont sûrement parvenus à tous ceux qui ont apporté leur contribution par votre intermédiaire. Si ce n'est pas le cas, vous voudrez bien me faire connaître les noms manquants et je ferai alors les recherches nécessaires.
F) D'après ce que j'ai entendu, et vous pouvez en obtenir la confirmation auprès du Rachal(5), les Tefilin du Rav D.Shifrin n'étaient pas très belles(6). Si vous souhaitez néanmoins en disposer, faites-le moi savoir. Je rechercherai où elles se trouvent et tenterai de satisfaire votre requête.
G) Nous avons envoyé les tomes 1 et 5 du Sifrénou au Rav Carlebach, comme il nous l'a demandé.
H) Par l'intermédiaire de qui pourrions-nous obtenir que nos livres d'étude soient également diffusés dans les cercles de votre Congrès juif?
I) Peut-être serait-il possible et même souhaitable que votre journal fasse une annonce pour le Sifrénou, en particulier et, de façon générale, pour toutes nos publications. Nos efforts, d'ici, ne sont pas suivis d'effet et il serait donc bon que plusieurs lecteurs écrivent, à ce propos, à la rédaction ou bien d'intervenir par des moyens comparables.
J) Nous préparons actuellement un calendrier en langue anglaise, comme celui de l'an dernier et un livre sur le Temple, avec un plan de la maison et du service qui y était effectué, également dans la langue du pays. Et, à condition que l'on trouve des donateurs, dont on pourra faire imprimer le nom, un calendrier identique sera édité, en Yiddish, si l'on en trouve le temps, par le Ma'hané Israël.
Vous m'écrivez que dans les Noms divins Ab(7) et Sag(8), le chiffre des dizaines est placé en premier, alors que, dans le Nom Ban(9), il est placé en dernier.
J'ai vu, il y a de nombreuses années, une explication à ce propos, me semble-t-il au nom de Rabbi Chimchon d'Astropolya, selon laquelle la valeur numérique réduite des Noms Ab, Sag et Ma(10) est neuf(11). Or, il en est de même pour Ban, car le Noun final vaut sept cents, soit, en valeur réduite sept(12). Si l'on avait dit Nab, en revanche, la valeur numérique réduite aurait été seulement sept(13). Je ne me souviens pas s'il explique pourquoi il est important que la valeur en soit neuf.
Peut-être était-ce parce que le neuf est, selon le Ets 'Haïm, le sommet du chiffre, qui en est le stade le plus élevé. En effet, le chiffre dix introduit les dizaines et n'en est que le début. Vous consulterez, à ce propos, l'introduction du Shefa Tal qui, me semble-t-il, était très étudié dans votre pays. Celui-ci explique que le Nom Ma a pour valeur numérique neuf(14), soulignant ainsi l'importance de ce chiffre.
On peut avancer aussi que cette formulation permet une mémorisation facile, puisqu'il s'agit d'un mot ayant un sens(15), ce qui n'est pas le cas de Nab. On peut, toutefois, s'interroger à propos du Nom Mab, que l'on aurait pu énoncer Bam(16).
Plus profondément, Ban est lié à Even, la pierre, se décomposant en Alef Ben, un fils, qui fait allusion aux quatre fils dont il question dans la Haggada de Pessa'h ou des dix fils d'Elkana. Vous consulterez, à ce propos, le discours prononcé, cette année, à Pessa'h.
La différence entre le Noun normal et le Noun final est expliquée par ailleurs, mais je me demande si cela a une incidence sur notre propos.
Je répondrai aux autres questions la prochaine fois.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(17)
Au début du Niflaot 'Hadachot, de Rabbi Chimchon d'Astropoli, cette même question est posée au nom des Sages de la Kabballa. La signification du Nom Ban est précisée et, lorsque celui-ci est écrit avec un Noun final, il a la même valeur numérique que Chabbat(18).
Et ce qui est dit dans le corps de la lettre figure, au non de Rabbi Chimchon d'Astropoli, à la fin du Pitgamin Kadichin, édité à Lublin en 5649(19).
Longtemps après: j'ai trouvé dans le commentaire Yoël Moché, une explication, au nom du Rav de Lvov, selon laquelle le Têth, dont la valeur numérique est neuf, est une lettre sacrée, car il n'est jamais modifié. En effet, la valeur numérique de deux fois neuf reste neuf(20).
Dans les Likoutim Yekarim de Nemaïtin, il est rapporté que Rabbi Abélé de Vilna interrogea le Tséma'h Tsédek à propos du Midrach selon lequel les disciples demandèrent à Rabbi combien de Noms a le Saint béni soit-Il. Il leur répondit: Dieu demande qu'on Lui donne son coeur. Ils demandèrent encore: Pourquoi sont-ils tous dans le désordre(21), un seul étant dans l'ordre?. Il leur répondit: Parce que le Nom de Dieu est vérité. Le Tséma'h Tsédek explique que la valeur numérique des Noms Ab, Sag, Ma et Ban(22) est la même que celles des initiales de la phrase Dieu demande qu'on Lui donne son coeur(23). De plus, la valeur numérique réduite de Emeth, la vérité, est neuf(24).
Lettre n°97
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°97, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Mercredi 22 Elloul 5703,
A notre très cher maître, le Rav Yaakov Rosenheim,
Président mondial d'Agoudat Israël,
Je vous salue et vous bénis,
En réponse à votre lettre du 26 août, j'ai l'honneur de vous faire savoir que le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h accepte avec joie votre proposition, qu'il a transmise au Beth Yaakov de Jérusalem, puisse-t-elle être bientôt reconstruite, concernant les livres d'étude. Il lui a, en outre, envoyé quelques spécimens des volumes déjà parus du Sifrénou.
Le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h vous a également adressé ces livres.
Notre réponse vous parvient avec retard, car nous avons été très occupés, au début de l'année scolaire, avec la rentrée de nos institutions. Vous voudrez bien nous en excuser.
Nous vous souhaitons d'être inscrit et scellé pour une bonne année, avec une Techouva immédiate et une délivrance immédiate,
Lettre n°98
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°98, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[22 Elloul 5703]
Je conclurai en évoquant ce qui est d'actualité. Nos Sages font remarquer que les initiales du verset des cadeaux à ses amis et des dons aux pauvres forment le mot Elloul. C'est durant ce mois qu'il faut souligner l'importance de la Tsédaka. Le Rambam demande d'en donner, entre Roch Hachana et Yom Kippour, plus que pendant tout le reste de l'année. Or, comme le dit la Michna, s'il en est ainsi de la Tsédaka qui permet de vivre dans ce monde, combien plus en est-il ainsi pour celle qui donne accès au monde futur.
La Tsédaka possède également une autre supériorité par rapport à celle qui apporte la vie dans ce monde. En effet, cette dernière peut parfois être donnée à des pauvres qui ne la méritent pas. Et, comme le soulignent nos Sages, on peut punir quelqu'un en faisant qu'il donne de la Tsédaka uniquement à de telles personnes, afin de lui supprimer toute récompense. Cela est d'autant plus vrai si l'argent de la Tsédaka est utilisé pour écarter des enfants de la foi.
La Tsédaka conduisant vers le monde futur ne présente pas un tel risque, surtout lorsqu'elle permet d'éduquer les enfants et de raffermir les adultes dans l'étude de la Torah et la pratique des Mitsvot. Il n'y a même pas lieu de craindre que la Torah soit enseignée à un disciple sans valeur, d'autant qu'il est interdit de le faire uniquement dans le cas où une telle situation n'est pas inéluctable, comme le dit l'Admour Hazaken, dans son Choul'han Arou'h.
Puisse Dieu nous accorder Sa Tsédaka, afin que nous soyons inscrits et scellés pour une bonne et douce année, au sein de tout le peuple juif.
Lettre n°99
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°99, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Elloul 5703]
Je donne suite à la rubrique courrier des lecteurs de l'exemplaire de Mena'hem Av de Hakrya Vehakedoucha:
A 'Haïm Dov Ber P.:
Nous lui avons répondu, dans l'exemplaire de Mena'hem Av de Hakrya Vehakedoucha, à propos de l'affirmation de nos Sages selon laquelle c'est avec difficulté que l'on a permis d'étudier la Torah pendant le Chabbat, qui est citée dans le Torah Or et le Likouteï Torah. Il voulait savoir si elle est également mentionnée dans des écrits antérieurs.
Pour répondre à de telles questions, il faut rappeler la phrase suivante de nos Sages: Sois prudent, afin de ne pas être brûlé par la braise des Sages.
En effet, on peut s'en remettre pleinement aux propos de l'Admour Hazaken et de son fils, l'Admour Haémtsahi. Lorsqu'ils mentionnent une parole de nos Sages, on peut être certain qu'ils l'ont réellement dites.
Mais, nous devons considérer les lecteurs avec bienveillance et être convaincus qu'ils n'émettent aucun doute, à ce propos. Celui-ci désirait donc uniquement connaître la référence de cette parole de nos Sages, ce qui est effectivement une démarche traditionnelle.
Nous lui répondrons donc que cette parole figure dans la conclusion du Séfer Hïrea, de Rabbénou Yona de Gérondi. Elle n'est pas mentionnée dans les Midrashim dont nous disposons, mais l'on sait que de nombreux Midrashim dont disposaient les premiers Sages ont été perdus et ne sont pas parvenus jusqu'à nous.
Au Rav Y.Y. H.:
La même question est posée à propos de la parole suivante de nos Sages: Je résiderai parmi eux: Il n'est pas dit «dans le Sanctuaire» mais «parmi eux», c'est-à-dire à l'intérieur de chaque Juif, citée dans les discours du Rabbi Chlita.
La remarque faite à propos de la réponse précédente s'applique également dans ce cas.
Cette citation apparaît de nombreuses fois dans les textes 'hassidiques, de même que dans le Rechit 'Ho'hma, dans le Chneï Lou'hot Haberit et dans beaucoup d'autres livres.
Il est bien évident que l'expression nos Sages disent s'applique, aussi bien, à ceux de la période post talmudique et midrachique.
Lettre n°100
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°100, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[5702-5703(1)]
Nos Sages rapportent que, lorsque le Saint béni soit-Il voulut donner la Torah aux enfants d'Israël, Il dit à Moché: Adresse-toi d'abord aux femmes, car elles témoignent de plus d'empressement dans l'accomplissement des Mitsvot et elles guideront leurs enfants vers la Torah.
Ainsi, la génération du don de la Torah reçut une bonne éducation et, lorsque l'on collecta de l'or pour faire le veau d'or, les femmes refusèrent fermement de donner leur contribution. Puis, peu après, quand les enfants d'Israël apportèrent leur offrande pour la construction du Sanctuaire, les femmes furent les premières à offrir leurs participations.
Parents! Pères et mères!
Le roi Chlomo, le Sage d'entre tous les hommes, dit que la sagesse des femmes construit leur maison, alors que la démission de leurs mains la détruit.
Chaque jeune fille, chaque petite fille est appelée à construire un foyer juif, lorsqu'elle grandira. Et c'est d'elle que dépend sa pérennité ou, ce qu'à Dieu ne plaise, sa destruction.
Or, il vous incombe à vous, parents, de la préparer à assumer ce rôle fondamental. Vous portez la responsabilité de l'avenir de votre fille, de la maison qu'elle devra bâtir.
Pour que vous puissiez donner à votre fille l'éducation dont elle a besoin, afin de s'engager sur le chemin conduisant à une vie de bonheur matériel et spirituel,
pour apporter à votre fille et à votre petite fille toutes les connaissances qui lui seront nécessaires pour mener à bien cette mission,
pour lui donner les bases solides constituées par la foi de tout Israël,
pour qu'elle soit réellement une jeune fille juive, liée à sa foi, à sa Torah et à la tradition de nos ancêtres,
Le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h a fondé le réseau scolaire Beth Rivka et Beth Sarah.
Parents! envoyez votre fille à l'école Beth Rivka ou Beth Sarah de votre quartier.
Hommes et femmes! Venez en aide au Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, dans sa mission de constitution et de développement de son réseau scolaire. Ainsi, nous aurons la certitude que ses élèves seront parmi les bâtisseuses de la nouvelle génération, une génération saine matériellement et spirituellement, de laquelle le peuple d'Israël sera fier(2).
Avec ma bénédiction et mes respects,
Le directeur du comité exécutif(3)
Notes
(1) Dès 5702 et, encore plus, en 5703, le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h fonda des écoles de filles Beth Rivka et Beth Sarah. A ce propos, le Rabbi écrivit cette lettre, en hébreu, afin qu'elle soit traduite en anglais et largement diffusée. (2) Voir également les lettres n°101, 123, 124 et 168. (3) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Lettre n°102
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°102, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Entre Roch Hachana et Yom Kippour 5704,
Aux élèves de la Yechiva de Montréal,
qui craignent Dieu et multiplient les actions positives,
Je vous salue et vous bénis,
En réponse à la bénédiction que vous m'avez adressée pour la nouvelle année, je voudrais, à mon tour, vous souhaiter d'être définitivement inscrits pour une bonne année, matérielle et spirituelle, avec un bien visible et tangible.
Ces jours, qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour, lequel est également appelé Roch Hachana, délivrent de nombreux enseignements. L'un d'entre eux découle de la différence qui peut être faite entre ces deux fêtes. En effet, la première est liée à l'aspect superficiel et la seconde, à l'âme profonde.
Au sens le plus simple, le contenu de ces jours(1) est la Techouva. Ainsi, nos Sages conseillent de rechercher Dieu pendant qu'Il est proche, c'est-à-dire durant les dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour. On peut en conclure que tous ces dix jours ont pour objet de préparer le Yom Kippour, l'essence de ce jour permettant la Techouva véritable et parfaite, ainsi qu'il est dit vous vous purifierez devant l'Eternel.
Il est expliqué, par ailleurs, que Roch Hachana est la source de la crainte de Dieu et Yom Kippour, celle de la Techouva.
Plus profondément, on doit dire que ces dix jours, outre leur contenu spécifique, préparent aussi Yom Kippour en réalisant la transition de l'aspect superficiel vers l'état profond. De façon générale, la Techouva est, en effet, réalisée avec l'aspect profond du coeur. C'est le cas pour la Techouva inférieure et, combien plus, pour la Techouva supérieure. Le Likouteï Torah souligne qu'à Yom Kippour, duquel il est dit vous vous purifierez devant Dieu, il est possible d'accéder à la révélation profonde de la Divinité, ainsi qu'il est dit Je rechercherai Ta face(2), Eternel. Il est encore expliqué qu'en agissant de la sorte, l'on met en pratique l'Injonction Recherchez ma face, ce qui peut être accompli par la quintessence du coeur, mais non pas sa révélation extérieure.
Roch Hachana, les dix jours de Techouva et Yom Kippour retracent, en fait, la création de l'homme. Roch Hachana est célébré au jour de sa création. Or, il fut créé à l'endroit qui devait racheter sa faute(3). Mais, tout cela n'était encore que potentiel et non tangible.
Dans le service de Dieu, cela signifie que l'âme, parvenant ici-bas, est rassasiée de forces célestes. Elle doit ensuite faire en sorte que l'esprit retourne vers Dieu qui l'a donnée. C'est ce qui est obtenu à Yom Kippour, jour de la Techouva et du Jubilé(4).
Du reste, c'est essentiellement pendant l'année du Jubilé que Yom Kippour est appelé Roch Hachana, comme le soulignent nos Sages.
On peut réaliser tout cela par un effort émanant du profond de son coeur, des dix stades successifs de profondeur que compte l'âme.
Puisse Dieu nous conduire prochainement à une Techouva intègre envers Lui. C'est en particulier l'objet de la Neïla(5), qui marque l'union profonde entre le Saint béni soit-Il et Israël, se substituant aux fiançailles, aspect superficiel, qui existaient auparavant. Alors, selon les termes du Rambam, nous connaîtrons immédiatement la délivrance complète, par notre juste Machia'h.
Avec ma bénédiction pour que vous soyez définitivement inscrits et scellés pour une bonne année,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(6)
Notes
(1) Voir, à ce propos, la lettre n°104. (2) Pane'ha, qui peut aussi se traduire par Ton aspect profond. (3) Là où le Temple devait être bâti, par la suite. (4) Que le tribunal des hommes proclamait à Yom Kippour. (5) La dernière prière, concluant Yom Kippour. (6) De Ma'hané Israël.
Lettre n°103
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°103, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[5 Tichri 5704]
Nous vous remercions de nous avoir adressé votre Alef Beth. Celui qui a été édité par le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h est différent du vôtre, sur plusieurs points.
La différence fondamentale est la suivante. Dans notre Alef Beth, les voyelles sont désignées par leur nom, Kamats, Pata'h, ce qui n'est pas le cas du vôtre. L'enfant n'apprendra donc jamais ces noms. De plus, vous présentez les voyelles comme si elles étaient annexes aux consonnes. Vous pourrez déterminer vous-même dans quelle mesure l'éducation la plus pure est remise en cause de cette manière.
Vous consulterez, dans le Tikouneï Zohar, l'introduction et le Tikoun 70, dans lesquels figurent plusieurs explications sur le nom des voyelles. Selon le Zohar 'Hadach, ces noms sont les initiales de ceux des anges(...).
Nous aimerions savoir quelle diffusion a eu le Kountrass Oumayan et je vous remercie de m'éclairer sur ce point. Je formulerai la même demande à propos du Hayom Yom.
Avec ma bénédiction pour que vous soyez définitivement scellé pour une bonne année, pour la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,
Lettre n°105
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°105, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Tichri 5704,
Au responsable communautaire actif, aux multiples
réalisations, le Rav Ch. Palmer(1),
Je vous salue et vous bénis,
Nous avons achevé, aujourd'hui même, l'impression des propos prononcés par le Rabbi pendant Pessa'h 5703 et je vous en adresse un recueil. Par ailleurs, j'ai demandé que l'on vous en envoie quelques autres, par colis séparé. Vous voudrez bien me faire savoir combien d'exemplaires supplémentaires vous désirez.
L'impression a été retardée jusqu'à maintenant pour différentes raisons. D'une part, mon beau-père, le Rabbi Chlita, a fait de nombreux ajouts au texte de ses propos, qui est donc, quantitativement et qualitativement, plus important que le projet d'origine. De plus, nous avons souhaité que l'impression en soit très belle, que la brochure comporte un index et des références.
Notre travail est désormais achevé et je voudrais vous exprimer encore une fois mes remerciements, au nom de tous ceux qui liront et étudieront ces explications. Grâce à vous et au très cher monsieur Kats(2), la publication de cette brochure a été rendue possible.
Nos Sages expliquent, dans le Midrach, que la fête de Soukkot renouvelle le compte des actions entre le Saint béni soit-Il et Dieu. Il nous a alors été demandé de prendre les quatre espèces, un cédrat, une branche de palmier, de la myrte et du saule. Nos Sages expliquent, dans ce Midrach, qu'elle font, toutes les quatre, allusion à Israël.
Le cédrat évoque ceux qui étudient la Torah et accomplissent de bonnes actions, le palmier, ceux qui étudient la Torah mais ne font pas de bonnes actions, la myrte, ceux qui ont à leur actif d'importantes réalisations mais n'étudient pas la Torah et le saule, ceux qui sont dépourvus à la fois de Torah et de bonnes actions. Le Saint béni soit-Il demande donc de constituer, avec ces quatre espèces à la fois, un seul et même bouquet et Il affirme que l'élévation est obtenue précisément de cette manière.
En l'occurrence, une causerie du Rabbi(3) apporte ce que ne donne pas son discours. Non seulement le cédrat et le palmier (4) se montreront dans toute leur beauté grâce à elle, mais, bien plus, la myrte et le saule, ou en tout cas leurs équivalents chez les hommes(5) d'après les paroles de nos Sages pourront également, si quelqu'un leur vient en aide, accéder à la beauté et à la grâce, par l'intermédiaire de quelques extraits de cette causerie. Ainsi, tous formeront réellement un seul bouquet pour accomplir, de tout leur coeur, la Volonté de Dieu.
Heureux celui qui s'appelle Chlomo(6) parce qu'il possède la paix, Chalom et l'instaurera entre les quatre groupes de Juifs qui viennent d'être définis. Lorsque tous seront unis, ils recevront la bénédiction, la miséricorde et la vie, comme nous le disons dans la bénédiction Sim Chalom(7).
Je vous souhaite une fête joyeuse, une Techouva immédiate et une délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Directeur du comité exécutif(8)
Ma lettre du 7 Mena'hem Av(9) vous est sans doute parvenue en son temps.
Notes
(1) Le Rav Chlomo Palmer. Voir la lettre n°89. (2) Voir la lettre n°89. (3) Qui est bien le contenu du fascicule venant d'être publié. (4) Qui l'un et l'autre représentent ceux qui étudient la Torah. (5) Ceux qui ne l'étudient pas. (6) Comme le destinataire de cette lettre. Voir, à ce propos, la lettre n°89. (7) De la Amida quotidienne. (8) De Kehot. (9) La lettre n°89.
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