KOULAM Télécharger l’app

Iguerot Kodesh — lettres 63 à 82

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°63

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°63, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mercredi 10 Adar II 5703,

Brooklyn, New York

Au Rav important et bien connu, grand érudit et issu d'une

illustre famille, le Rav Yehouda Leïb Eliézrov Chlita,

Jérusalem,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres au Ma'hané Israël, à propos du Séfer Torah pour accueillir notre juste Machia'h, auxquelles étaient jointes les listes des membres du groupe de Michna par coeur et du Sefer Torah:

A) La constitution des groupes de Michna par coeur n'a pas du tout été réservée aux élèves des Yechivot. Elle concerne tout le peuple juif. Il faut mener une campagne pour que quiconque en a la possibilité en devienne membre, en apprenant par coeur la partie qui lui est confiée, soit entre trois et cinq chapitres par an, c'est-à-dire environ une Michna par semaine, en récitant par coeur ce que l'on connaît déjà lorsque l'on se trouve dans la rue ou quand on se tient dans un magasin, en étant assis dans le train ou à toute autre occasion, afin de purifier l'atmosphère. Le second recueil des lettres de mon beau-père, le Rabbi Chlita, vous est sans doute parvenu et vous y verrez ce qu'il explique à ce propos.

Nous sommes convaincus que, si vous organisez une campagne dans ces termes, vous trouverez des centaines de membres, y compris parmi les commerçants, qui se trouvent toujours à l'extérieur et auxquels s'appliquent donc les termes du verset Je te trouverai à l'extérieur. La 'Hassidout précise, en outre, la qualité d'un commerçant et quelques références sont données, par ailleurs. Ces commerçants deviendront donc membres des groupes.

Vous noterez que la date de conclusion de l'étude, pour tous les membres, sera, avec l'aide de Dieu, le lendemain de Chavouot 5703.

B) Vous avez raison de dire que, pour élargir l'activité de Ma'hané Israël en notre Terre sainte, il faudrait que quelqu'un fasse le tour de tous ses villages. Malheureusement, nous ne pouvons pas nous permettre, pour l'heure, de supporter les dépenses qui en découleraient. Mais, en cherchant bien, vous trouverez sans doute, dans chaque ville et village, des personnes habitant sur place qui feront le travail de Ma'hané Israël et seront ses représentants locaux.

C) Nous avons bien reçu les récépissés du groupe mondial des Tehilim, mais nous ne pouvons les transmettre aux donateurs, car le nom du Collel y est également mentionné. Vous savez sans doute qu'il faut, ici, être très prudent pour toutes les questions financières et ne pas susciter les critiques. Je vous demande donc de faire imprimer des récépissés uniquement pour le groupe mondial des Tehilim et de nous les envoyer au plus vite.

D) Vous trouverez ci-joint une liste des membres du groupe mondial des Tehilim. Il serait bon que vous établissiez des certificats, sur du papier fin, pour chaque membre figurant sur la liste et que vous nous les adressiez, après les avoir signés. Nous les ferons parvenir à leurs destinataires.

E) Tout ce qui est édité par le Ma'hané Israël et le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h vous est adressé, de temps à autre et vous parvient sans doute en son temps.

Nous conclurons sur une idée de la Torah, reprenant ce qui vient d'être dit. Ainsi, la purification de l'atmosphère concerne plus spécifiquement les commerçants. La 'Hassidout explique largement ce que cela implique pour le service de Dieu et pour l'âme de l'homme. Ainsi, une atmosphère nocive est beaucoup plus préjudiciable que celle qui est grossière(...).

Le moyen de purifier l'atmosphère est le sacrifice des encens, qui en supprime, en particulier, la mauvaise odeur(...). On peut considérer comme telles toutes les Mitsvot que l'on met concrètement en pratique, lesquelles concernent spécifiquement les commerçants. Les mots de la Torah que l'on prononce entrent également dans cette catégorie, étant considérés à la fois comme une étude et comme une action pratique(...).

Peut-être est-il possible d'avancer que la purification de l'atmosphère est le moyen de préparer la délivrance complète. Ainsi, il est dit que les exilés seront rassemblés par le mérite de la Michna. Tout ceci reste, néanmoins, d'une portée limitée, ce que ne seront pas la génération du Machia'h et le monde futur. Bien plus, les mots de la Torah sont définis comme des chevaux, ainsi qu'il est dit le cheval qui a été enfourché par le Roi.

En préparant ces chevaux, nous assisterons bientôt à la réalisation de la promesse selon laquelle Mon bien Aimé ressemble au cerf ou à la biche des faons. Nous serons méritants et la délivrance se dévoilera au plus vite.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif

Lettre n°64

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°64, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jeudi 11 Adar II 5703

Date à laquelle la Meguila peut être lue(1)

Aux grands érudits, menant le combat de la Torah,

les élèves de la Yechiva et, parmi eux,

le Rav Moché Elyahou(2), Montréal, Canada,

Je vous salue et vous bénis,

Je commencerai par vous demander de m'excuser de n'avoir pu vous répondre par écrit jusqu'à maintenant. En effet, je suis très occupé par la réalisation du calendrier pour les 'Hassidim 'Habad qui doit paraître ces jours-ci(3). Mais le Rachal(4) vous a sans doute transmis ma réponse orale, il y a déjà quelques temps. De même, mon télégramme vous est sûrement parvenu en son temps. Je vous écris donc pour me racheter, en vous adressant, en quelque sorte, ce cadeau, qui fera également usage de réunion 'hassidique pendant la fête de Pourim toute proche.

La Michna enseigne que la Meguila est lue le 11, le 12, le 13, le 14 et le 15 Adar. En effet, les villages anticipent cette lecture au jour où siège le tribunal. Brièvement, il est possible de déterminer, en se basant sur la 'Hassidout, ce qu'il en découle pour le service de Dieu.

La Meguila raconte le miracle, un comportement transcendant la nature. Néanmoins, le miracle de Pourim prit une apparence naturelle. La nature fait allusion à une forme du service de Dieu basée sur la raison. Le miracle prenant une forme naturelle correspond à l'acte de ce service qui, basé sur une forte volonté transcendant la raison, peut, dans un second temps, s'exprimer de manière logique, par l'action qu'exerce cette volonté sur l'intellect. Enfin, il y a le miracle évident, le service de Dieu qui transcende totalement la raison. Du reste, il est plusieurs catégories de miracles évidents. Nos Sages parlent ainsi de miracle, de miracle de miracle, de miracle à l'intérieur du miracle, selon que le service de Dieu révèle la partie de l'âme qui, d'ordinaire, ne se trouve pas dans le corps ou bien conduit au sacrifice de soi-même.

La lecture de la Meguila a pour but de diffuser le miracle dans le monde et d'introduire le comportement miraculeux dans l'existence de tous les jours. Or, la soumission permettant de faire abstraction de la raison, peut prendre cinq formes. Elle peut se limiter à la pensée, la parole et l'action. Elle peut toucher les sentiments, l'amour et la crainte de Dieu. Elle peut concerner l'intellect, l'idée première et le concept sur lequel il s'appuie. Elle peut se marquer à la base même de la volonté. Enfin, elle peut investir l'âme.

Ces cinq formes correspondent aux quatre lettres du Tétragramme et à la pointe surplombant le Youd, première de ces quatre lettres. On sait, en outre, que la nature est liée au Nom divin Elokim et le miracle, au Nom Avaya.

C'est pour cela que la Meguila est lue du 11 au 15 Adar. La surface du sol, en effet, est considérée comme si elle s'élevait jusqu'à dix Tefa'h. C'est également la mesure de la hauteur du domaine public. La Meguila, qui est miraculeuse et non naturelle, commence donc le 11.

Il est dit que, dans une synagogue, doivent, en permanence, se trouver dix personnes prêtes à prier. De même, la prière requiert la concentration des dix forces de son âme pour se lier au Saint béni soit-Il. Mais, la Meguila est, a priori, lue le 14 Adar, révélant le comportement miraculeux dans les quatre premiers des cinq niveaux précédemment définis, lesquels sont ajoutés aux dix parce qu'ils sont tous positifs. Elle ne doit pas l'être le 15, en revanche, qui correspond à ce cinquième niveau, à l'essence de l'âme, symbolisée par la pointe surplombant le Youd. A ce stade, il faut, en effet, se méfier d'un éventuel ennemi, qui pourrait se dresser. Les villes entourées d'une muraille à l'époque de Yochoua, par contre, présentent la perfection nécessaire pour que la Meguila y soit lue le 15.

La Meguila est donc lue du 11 au 15 Adar parce qu'elle met en évidence les quatre lettres du Nom divin Avaya. Dès le 14 Adar, ces quatre lettres éclairent et, le 15, on peut, en outre, percevoir la pointe surplombant le Youd dans les villes entourées d'une muraille à l'époque de Yochoua.

Par contre, si l'on est dans un endroit où ne se trouvent pas dix personnes prêtes à prier, la raison et le service de Dieu naturel doivent intervenir. Un citadin doit donc venir pour donner lecture de la Meguila aux villageois et insuffler le comportement miraculeux dans leur existence. Dès lors, cette lecture peut avoir lieu le 11 et faire que les pensées, les paroles et les actions transcendent la raison. Elle peut être fixée le 12 et transformer les sentiments. Tout dépend à quelle date les villageois se réunissent pour que le tribunal puisse siéger. De la sorte, chaque villageois reçoit l'élévation, au moins de façon passagère et accède au rang de citadin. Mais, un jugement est nécessaire, pour permettre cette transformation.

La Guemara s'interroge, à ce propos. Comment un citadin peut-il faire cette lecture au nom des villageois et obtenir la révélation pour leur compte? Elle répond que les villageois approvisionnent les citadins, leur apportant de l'eau et de la nourriture. En d'autres termes, ils préparent les aliments pour que les citadins puissent assurer leur transformation. Dès lors, une fraternité s'instaure entre eux et un citadin peut donc lire la Meguila aux villageois.

Mais, la Hala'ha précise qu'une telle différence entre villageois et citadins pouvait être faite uniquement lorsque tout allait bien, comme à l'époque du Temple. Pendant l'exil, en revanche, tous lisent la Meguila le 14, afin d'en pénétrer l'ensemble de leur personnalité.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson

Notes

(1) Selon la première Michna du traité Meguila. (2) Il s'agit du Rav Gerlitski, qui devait alors se marier. Les élèves de la Yechiva avaient donc adressé au Rabbi la lettre suivante: Notre frère, qui se marie, Moché Elyahou Gerlitski vous a déjà écrit. Mais, au nom des élèves de la Yechiva qui se trouvent ici, nous souhaitons vous dire à quel point nous désirons votre visite. C'est pour cela que nous nous permettons de vous inviter encore une fois au mariage de notre frère.

Votre présence en cette circonstance joyeuse sera un mérite pour lui et pour nous. De plus, nous voulons vraiment que vous nous réunissiez et nous insuffliez la vitalité, qui nous réconfortera, dans notre situation bien peu enviable. Nous sommes en exil depuis trois ans, loin du centre de notre vitalité. Depuis deux ans, nous n'avons plus de guide spirituel, capable de nous indiquer comment mettre en pratique les enseignements du Rabbi Chlita. Certes, le Rabbi Chlita nous envoie des lettres, mais nous avons besoin de quelqu'un qui soit capable de les lire. (3) Le Hayom Yom. (4) Le Rav Chmouel Levitin qui avait rencontré les élèves de la Yechiva de Montréal pendant cette période.

Lettre n°65

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°65, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jeudi 11 Adar II 5703

A notre ami, remarquable jeune homme,

le Rav Mena'hem Zeev(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je réponds à vos lettres et vous demande de m'excuser pour mon retard. J'étais, en effet, occupé à la réalisation du calendrier pour les 'Hassidim 'Habad, qui doit paraître ces jours-ci.

A) Il y a déjà quelques temps, nous vous avons écrit à propos de la fondation du Beth Rivka et je suis très surpris que cette question soit passée sous silence. Notre ami, le Rachal(2) ne nous a pas donné une raison valable, justifiant le retard considérable qui a été pris. Or, chaque jour qui passe cause une perte irréparable.

Combien de petites filles et de jeunes filles auraient pu, dans l'intervalle, commencer elles-mêmes à pratiquer la Torah et les Mitsvot et guider les autres dans la bonne direction? La bonne éducation dispensée par Beth Rivka a fait la preuve de la modification du comportement qu'elle induit. Et, la 'Hassidout établit que, si une seule fille prononce, grâce à cette éducation, une bénédiction de plus par rapport à son habitude, celle-ci s'est, de la sorte, unie profondément à la Volonté de Dieu. Or, là-haut, une telle union est éternelle.

Certes, on peut se demander pourquoi il en est ainsi, mais l'Admour Hazaken porte témoignage que c'est bien le cas et la Hala'ha stipule qu'un homme doit considérer qu'il se trouve, de même que le monde entier, sur une balance en équilibre qu'une seule action peut faire pencher du bon côté. Pourquoi donc retarder tout cela?

Mon but n'est en aucune manière de vous faire de la morale et des reproches, ce qu'à Dieu ne plaise. Je suis, néanmoins, très surpris de votre manière d'aborder ce problème. J'en parle donc dans une lettre qui vous est adressée, car c'est vous qui m'avez posé la question au nom de tous les anciens élèves de la Yechiva.

B) Vous voudrez bien me faire savoir quelle décision a finalement été prise à propos du jeune homme de Vancouver(3). Je pourrais, à ce propos, renouveler la remarque faite au paragraphe précédent. Subvenir aux besoins d'un jeune homme est donc un problème si ardu que vous ne trouviez pas le moyen de le résoudre?

C) Vos instructions sur l'envoi des paquets sont parvenues tardivement et elles seront prises en compte à l'avenir.

D) Votre demande a été envoyée au périodique Hakrya Vehakedoucha et l'argent lui a été transmis en son temps. Votre requête au Rav A.P.(4) lui est également parvenue. Il est sûrement inutile de vous expliquer l'importance de payer vos dettes. En effet, le manque d'argent bloque actuellement plusieurs publications.

E) Je vous demande instamment de poursuivre la rédaction des mémoires et de me restituer le compte rendu que je vous ai adressé pour en faire une copie.

F) Comment s'est passée la diffusion des conversations avec les jeunes dans les écoles secondaires?

Je conclurai en évoquant la pratique de la présente période, la Mitsva du demi Shekel. Il est dit que le riche ne donne pas plus et le pauvre, pas moins. Et le traité Meguila souligne que, par cette Mitsva, les Juifs parvinrent à contrebalancer les pièces que Haman offrait en échange de leur vie. Lui-même voulait exterminer tous les Juifs, sans aucune distinction et ceux-ci furent sauvés parce qu'ils étaient prêts à offrir leur vie pour Dieu. De ce point de vue, tous les Juifs, y compris le plus simple, sont, en effet, identiques. Par rapport à Lui, tous sont insignifiants.

Puisse Dieu nous faire mériter, très bientôt et de nos jours, la venue de notre juste Machia'h, qui viendra lorsque l'on ne pensera pas à lui. Alors, se révélera la partie cachée du coeur, par rapport à laquelle tous sont identiques, du plus grand au plus petit.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif,

Notes

(1) Gringlass, de Montréal. (2) Le Rav Chmouel Levitin, qui revenait d'une visite à Montréal. (3) Voir la lettre n°51. (4) Le Rav Avraham Pariz.

Lettre n°66

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°66, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[12 Adar II 5703]

Les bonnes nouvelles que nous avons reçues de la manière dont vous vous consacrez à tout ce qui touche à l'éducation juive nous ont conduit à vous adresser la présente lettre.

Vous avez sans doute entendu parler de Ma'hané Israël, une institution fondée par mon beau-père, le Rabbi Chlita qui, Dieu merci, a déjà à son actif de nombreuses réalisations dans les différents domaines du Judaïsme, comme le respect du Chabbat, l'étude de la Torah, la pureté familiale, les Tefilin.

Le Ma'hané Israël s'emploie également à apporter le réconfort moral aux soldats juifs.

Le Ma'hané Israël a fondé un groupe de Michna par coeur, qui, chaque année, distribue, par tirage au sort, quelques chapitres à ses membres, afin qu'ils les apprennent par coeur et les récitent chaque fois que possible, lorsqu'ils marchent dans la rue, se trouvent dans un magasin ou voyagent dans un train.

Nous vous adressons, par envoi séparé, des articles expliquant le but et les actions de Ma'hané Israël, dont les différentes branches d'activité peuvent sûrement recevoir une application dans votre ville. Nous serions heureux de recevoir vos courriers nous annonçant de bonnes nouvelles dans tous ces domaines.

Commentant l'époque de Pourim, nos Sages expliquent que les demis-Shekels donnés, chaque année, par les Juifs contrebalancèrent la somme que Haman proposa à A'hachvéroch pour obtenir leur perte.

Or, ces demi-Shekels permirent de jeter la base, c'est-à-dire de forger les socles du premier Sanctuaire que les enfants d'Israël bâtirent pour Dieu. Par la suite, ils servirent à effectuer les sacrifices publics. Dans les deux cas, il fut dit que le riche n'en donnera pas plus et le pauvre, pas moins.

Le seul moyen de déjouer les plans de Haman fut de rassembler tous les Juifs. De quelle manière fut-il possible de leur inspirer l'unité qui est nécessaire? En jetant la base du Sanctuaire que chaque Juif porte en son coeur, du sentiment profond qui l'anime quel que soit le groupe auquel il appartient. En effet, si l'on considère ce sentiment, tous sont bien identiques, celui qui est riche de connaissance et celui qui en est dénué et pauvre.

Lorsque la base est jetée et que ce sentiment est en éveil, on peut bâtir un Temple merveilleux, prendre conscience que chaque Juif est un Sanctuaire sacré, dans lequel Dieu se révèle. Il faut seulement savoir le mettre en éveil.

Avec ma bénédiction de joyeux Pourim, de Techouva immédiate et de délivrance immédiate,

Lettre n°67

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°67, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille du Chabbat Parchat Para 5703,

Aux élèves de la Yechiva de Montréal,

puisse Dieu leur accorder longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Nous vous envoyons,

par courrier séparé, vingt exemplaires de la lettre que mon beau-père, le Rabbi Chlita, a adressé à l'un des responsables du comité d'action pour l'éducation conforme à la Torah.

Pour une certaine raison, nous nous permettons de limiter la diffusion de cette lettre à ceux qui prennent une part active à l'oeuvre du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h dans le domaine éducatif, par exemple en organisant des Messibot Chabbat ou en diffusant les publications du Merkaz.

Pouvez-vous nous transmettre le nom et l'adresse des personnes à qui vous avez communiqué cette lettre? Vous préciserez également de quelle manière ils participent aux actions du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Si d'autres exemplaires de cette lettre vous sont nécessaires pour les distribuer selon les conditions précédemment mentionnées, veuillez nous le faire savoir et nous vous les enverrons, avec l'aide de Dieu.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Lettre n°68

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°68, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Vendredi 4 Nissan 5703

A nos amis, fidèles responsables communautaires,

Aux multiples accomplissements, qui chérissent la Torah

et recherchent la Tsédaka, les membres de l'association des

'Hassidim 'Habad et de sa branche féminine,

Newark, New Jersey,

Je vous salue et vous bénis,

Nous avons bien reçu votre don de deux cents dollars, qui est votre participation à l'édition des petits fascicules contenant la bénédiction après le repas(1) et nous vous en remercions.

Il est difficile de décrire le mérite que constitue la participation à une aussi importante Mitsva. Des milliers de Juifs pourront, avec l'aide de Dieu, affermir leur pratique juive, grâce à ces fascicules. Et les millions de bénédictions qui seront prononcées grâce à eux, seront, si Dieu le veut, autant d'intercesseurs pour tous ceux qui en ont permis l'édition.

Nous espérons que votre don n'aura pas un caractère exceptionnel et que vous continuerez à venir en aide, dans toute la mesure de vos moyens, au Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et à sa large action éducative.

Connaissant votre dévouement pour la cause juive et votre immense énergie, nous voulons également exprimer le souhait que vous ne vous contenterez pas de collecter des fonds. Vous mobiliserez également tous vos moyens pour conduire le plus grand nombre d'enfants à recevoir une bonne éducation au Beth Sarah de Newark et à réaliser toutes les actions nécessaires pour le développement de cette école, avec l'aide de Dieu.

En ce mois de Nissan, celui de la délivrance, chacun d'entre nous doit, encore plus qu'à l'accoutumée, se souvenir de ce que nos Sages nous rapportent, à son propos.

C'est par le mérite des femmes vertueuses que les enfants d'Israël furent libérés de l'Egypte. Celles-ci surent constituer une génération, faite de centaines de milliers d'enfants qui, encore tous petits, perçurent Dieu et virent les miracles qu'Il accomplit pour Son peuple.

Lors du passage de la Mer Rouge, les ennemis d'Israël furent noyés et les enfants d'Israël purent s'en aller, sains et saufs, dirigés par Moché notre maître vers Erets Israël. Ces enfants furent alors les premiers à s'écrier: C'est mon Dieu et je veux Lui être agréable, le Dieu de mon père et je veux proclamer Sa grandeur. Ce fut là le premier cantique entonné par l'ensemble du peuple juif.

Lors de la délivrance complète, très bientôt et de nos jours, le peuple juif chantera encore une fois, comme le dit le Midrach. Il prononcera un nouveau cantique et nous devons donc préparer les enfants juifs pour qu'ils puissent s'exclamer fièrement: C'est mon Dieu et je veux Lui être agréable par mon bon comportement, pendant le temps de l'exil. Ainsi, Il pourra résider dans le Temple.

Nous souhaitons un Pessa'h cacher et joyeux à tous vos membres et la réussite dans ce que vous accomplissez.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(2)

Notes

(1) Destinés à être diffusés auprès des soldats juifs combattant au front. (2) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°69

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°69, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[6 Nissan 5703]

Je conclurai ma lettre avec ce qui concerne ce mois.

Selon Rabbi Eliézer, la délivrance interviendra en Tichri, alors que, pour Rabbi Yochoua, elle sera en Nissan. Le premier avis est basé sur une comparaison entre le Choffar de Roch Hachana et celui de la délivrance, alors que le second prend pour référence la nuit, protégée depuis les six jours de la création, qui fut celle de la sortie d'Egypte.

Cette controverse, portant sur le temps de la délivrance, s'applique également aux âmes juives, dans leur accomplissement de la Torah et des Mitsvot. Selon Rabbi Eliézer, les enfants d'Israël connaîtront la délivrance lorsqu'ils accéderont à la Techouva par leur propre initiative. C'est également à cela que font allusion le Choffar de Roch Hachana, comme l'explique le Rambam et, de manière plus générale, le mois de Tichri. Nos Sages disent, en effet: Sonnez du Choffar dans le mois: si vous améliorez vos actions, la balance penchera en Tichri et ce mois rachètera et blanchira les fautes de Ton peuple.

Pour Rabbi Yochoua, les enfants d'Israël seront naturellement libérés, même s'ils n'accèdent pas à la Techouva, car Dieu leur enverra un roi dont les décrets seront aussi durs que ceux de Haman et ils amélioreront ainsi leur comportement. C'est bien ce qui se passa lors de la sortie d'Egypte, quand ils furent libérés afin de pouvoir recevoir la Torah. Et nos Sages font remarquer que celle-ci leur fut donnée sous la contrainte. C'est pour cela que le mont Sinaï fut placé au dessus de leurs têtes.

C'est aussi pour cela que la nuit de la sortie d'Egypte fut, selon l'expression de nos Sages, protégée depuis les six jours de la création. Cette expression établit clairement qu'une telle protection n'était pas le fait des hommes.

Du reste, commentant les versets voici les générations des cieux et de la terre, lorsqu'ils furent créés... alors qu'il n'y avait pas d'homme pour travailler la terre, nos Sages disent: Il n'y avait pas un homme susceptible de soumettre les créatures au Saint béni soit-Il.

Néanmoins, il y a une grande différence entre la période actuelle et ce qui se passa à l'époque. Lors du don de la Torah, les enfants d'Israël n'étaient pas encore astreints à la pratique de la Torah et ils pouvaient donc prétendre que celle-ci leur avait été imposée par la contrainte. Mais, à l'heure actuelle, ils doivent la mettre en pratique et, même si la Techouva leur est imposée par un roi cruel, ils doivent se dire que Dieu est à l'origine d'une telle situation. Se plier à cette contrainte est donc bien un moyen d'agir de tout son coeur.

Ainsi, dit le Rambam, celui qui, victime de son mauvais penchant, décide de négliger une Mitsva, puis subit la flagellation, jusqu'à ce qu'il la mette en pratique, n'est nullement considéré comme ayant été forcé à le faire. Car, au fond de lui, il souhaite être partie intégrante du peuple d'Israël et respecter l'ensemble des Mitsvot.

Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse, la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif

Lettre n°70

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°70, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Nissan 5703]

En ce mois de la délivrance, il est bon de se rappeler des propos de nos Sages. Selon Rabbi Eliézer, la délivrance, à laquelle fait allusion le Choffar de Roch Hachana, interviendra en Tichri, alors que, pour Rabbi Yochoua, elle aura lieu en Nissan, car il la compare à la nuit de la sortie d'Egypte, protégée depuis les six jours de la création.

Cette divergence peut être comparée à une autre discussion, qui les oppose également. Selon Rabbi Eliézer, les enfants d'Israël seront libérés parce qu'ils feront d'eux-mêmes Techouva et c'est également ce qu'évoque le Choffar, puisqu'il est dit: si vous améliorez vos actions, Tichri rachètera vos fautes.

Pour Rabbi Yochoua, les enfants d'Israël, même s'ils n'accèdent pas par eux-mêmes à la Techouva, subiront la présence d'un roi cruel, que Dieu leur enverra pour améliorer leur comportement. Ceci peut être comparé à la sortie d'Egypte, lorsqu'ils furent libérés afin de recevoir la Torah. Or, nos Sages soulignent qu'ils la reçurent par la contrainte et c'est pour cela que la montagne fut placée au dessus de leurs têtes.

On sait qu'il existe trois dimensions, l'espace, le temps et l'âme. Ce qui vient d'être dit concerne les deux dernières. Pour ce qui est de la première, la distinction qu'il convient de faire est très simple. Pour Rabbi Eliézer, les Juifs seront nécessairement méritants et Dieu hâtera donc la délivrance, alors que, pour Rabbi Yochoua, même s'ils n'ont pas ce mérite, elle viendra en son temps. Ce qui découle de cette différence est expliqué par ailleurs.

Pour autant, la Torah fut effectivement acceptée par la contrainte, car les enfants d'Israël n'étaient pas encore astreints à la mettre en pratique, ce qui n'est plus le cas, à l'heure actuelle.

De fait, même sous la contrainte, il est possible de la respecter de tout son coeur. Ainsi, le Rambam explique que celui qui, victime de son mauvais penchant, décide de négliger une Mitsva, puis subit la flagellation, jusqu'à ce qu'il la mette en pratique, n'est nullement considéré comme ayant été forcé à le faire. Car, au fond de lui, il souhaite être partie intégrante du peuple d'Israël.

Lettre n°71

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°71, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Dimanche 13 Nissan 5703,

A notre ami, remarquable jeune homme,

le Rav Mena'hem Zeev(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres.

A) Pour ce qui concerne Beth Rivka, je sais à quel point votre temps est pris par toutes vos occupations communautaires, dont l'importance est indéniable et dont vous ne pouvez vous défaire un seul instant, ce qu'à Dieu ne plaise.

Il faut, néanmoins, considérer qu'à cette époque-ci et en cet endroit, la création d'une école de filles basée sur la sainteté est une opération de sauvetage des filles juives, dont l'éducation, en outre, conditionne largement celle de leurs frères et l'ambiance familiale, de même que la purification de l'atmosphère juive, dans sa globalité.

Si l'on prend tous ces éléments en compte, je me demande si cette création peut vraiment être repoussée.

Qui mieux que vous a conscience que vous figurez parmi les seuls que nous savons, dans votre pays, capables d'assumer une telle mission?

Tant qu'il ne vous a pas été possible de créer une école pour les filles, vous pourriez au moins organiser des Messibot Chabbat pour elles, ce qui est plus facile. L'expérience a montré que celles qui participent à de telles Messibot influencent ensuite leurs amies à fréquenter le Beth Rivka et, de manière générale, à améliorer leur comportement.

B) Pour ce qui est du jeune homme de Vancouver(2), je ne parviens pas à m'expliquer votre refus. Je ne suis pas sur place, mais je vous exprime, néanmoins, sur ce point, mon désaccord total. Pour autant, je n'ai jamais cherché à imposer mon avis et je ne changerai pas d'attitude, en l'occurrence.

Mais, en tout état de cause, vous devez répondre à ce Rav, qui a adressé une lettre polie et argumentée. Vous devez justifier pourquoi vous avez refusé cette proposition que d'autres auraient accepté. Vous devez lui accorder l'honneur auquel il a droit(3).

C) Votre instruction concernant les publications a été suivie et les cinquante Shekels que vous avez adressés ont été repartis comme vous nous l'avez demandé.

D) Pour ce qui est de l'écriture du Séfer Torah(4), nous sommes parvenus, Dieu merci, à la Parchat Haazinou. Celui qui désire en acquérir une lettre doit donc le faire au plus vite. Or, parmi vos amis de la Yechiva, certains ne l'ont pas encore fait!

Notes

(1) Gringlass, de Montréal. (2) Voir lettres n°51 et n°65. (3) Celui de recevoir une réponse, dès lors qu'il a formulé une demande. (4) Demandé par le précédent Rabbi pour aller à la rencontre du Machia'h. Voir lettre n°29.

Lettre n°72

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°72, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jeudi 8 Iyar 5703,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

On peut citer ce que dit la Paracha de cette semaine, Emor: Dis... et tu diras. Cette répétition permet de mettre en garde les grands à propos des petits.

Il est trois domaines pour lesquels la Torah énonce une telle mise en garde.

A propos du sang, tout d'abord, pour lequel les hommes éprouvaient auparavant une attirance particulière, un immense désir d'en consommer. Nul n'a donc le droit de se dire que ses efforts pour donner aux enfants une bonne éducation seront vains, dès lors que ceux-ci sont victimes des passions de leur coeur.

Il en est de même pour les reptiles. Nos Sages disent que ceux qui les consomment n'ont d'autre but que de défier leur Créateur, car ils ne peuvent inspirer que le dégoût. Dès lors, qu'attendre de ceux qui en mangent effectivement?

C'est aussi vrai pour l'impureté des Cohanim. Les notions de pureté et d'impureté n'ont pas de base rationnelle et elles ne concernent, du reste, que les Cohanim, que Dieu a choisis pour Le servir. Un éducateur est donc en droit de se demander comment expliquer de tels concepts, d'autant qu'on pourrait lui rétorquer: Je souhaite m'identifier aux non-Juifs et ne plus appartenir à cette nation de prêtres et à ce peuple sacré.

La Torah nous demande donc de ne pas nous décourager et chaque Juif, qui qu'il soit, a le devoir de guider les autres vers la vérité, dans toute la mesure du possible, en mettant en éveil leur sentiment juif.

Combien plus cela s'applique-t-il aux petits, au sens le plus littéral, qui sont malléables et dépendent pleinement de leur éducateur.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Lettre n°73

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°73, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mardi 20 Iyar 5703,

A notre cher ami, le Rav Mena'hem Zeev Gringlass,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 22 Nissan, à votre carte postale du 27 Nissan et à votre lettre du 8 Iyar.

A) Nous prenons part à votre joie, à l'occasion de l'achat d'un bâtiment pour la Yechiva(1) et nous vous adressons nos meilleurs voeux, du fond du coeur.

B) Nous avons pris connaissance avec plaisir, dans votre lettre, des actions positives qui sont menées, avec l'aide de Dieu, dans votre ville, en particulier de l'accroissement de l'effectif des élèves de la Yechiva, de la bonne impression qu'a fait la réunion publique et de l'institution de Messibot Chabbat pour les garçons et pour les filles.

C) Il est très positif que vous ayez eu des réunions pour la création du Beth Rivka. Espérons que cette expression de bonne volonté sera suivie d'effet, au plus vite, avec l'aide de Dieu.

D) Vous pourrez prendre connaissance de la manière d'organiser les Messibot Chabbat dans l'album que nous vous avons envoyé, dans le compte rendu que vous avez reçu depuis quelques temps déjà et dans les instructions pour les moniteurs et monitrices que vous avez également.

Si vous avez des questions précises, vous pourrez nous les transmettre.

E) Nous avons demandé que les publications vous soient envoyées selon le nombre que vous en avez commandé.

F) Nous avons appris avec satisfaction que le Rav Y.Weinberg(2) a pu créer un groupe de ceux qui respectent le Chabbat et nous avons lu dans le journal ce qui a été accompli par ce groupe.

Vous nous tiendrez régulièrement informés de ce qui est réalisé par ce groupe.

G) Nous avons appris avec joie ce qui est organisé par Aharon Klein, Nathan Felig et Eliézer Silver.

H) Les cartes que vous délivrez pour prendre part aux Messibot Chabbat(3) et dont vous nous avez envoyé quelques modèles nous donnent effectivement toute satisfaction, mais nous ne comprenons pas comment vous pourrez les utiliser pendant le Chabbat. Même si ceux qui les distribuent précisent qu'il est interdit de les transporter sur soi durant ce jour, ils peuvent aussi oublier de le faire et ceux qui les reçoivent, selon leur habitude, les transporteront donc.

Par ailleurs, il faut se demander ce que penseront ceux qui verront ces cartes sans savoir les difficultés qu'elles peuvent poser(4).

I) Glushtein m'a transmis onze dollars et cinquante cents pour le Séfer Torah(5).

J) Faites-moi savoir à quels discours du Rabbi publiés à Riga et à Varsovie vous faites allusion, afin que nous puissions plus aisément vérifier si les textes en sont disponibles.

K) Le Rav Elyahou Na'houm Barenholz vend des livres sacrés à Toronto. Il nous a écrit, entre autre, qu'il serait bon qu'une personne passe quelques temps dans cette ville pour y renforcer la pureté familiale. Vous pourriez peut-être vous intéresser à cette

proposition.

Notes

(1) Loubavitch de Montréal. (2) Le Rav Yossef Weinberg, qui fut, par la suite, à New York. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°75. (4) Du point de vue hala'hique, pour le respect du Chabbat. (5) Ecrit pour accueillir le Machia'h.

Lettre n°74

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°74, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Iyar 5703,

A la rédaction du 'Haver(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous adresse ces quelques mots, à l'occasion de la parution du 'Haver de Chavouot, qui en est aussi le numéro du jubilé.

Cette fête s'appelle Chavouot, semaines, ainsi qu'il est dit tu compteras pour toi sept semaines. En revanche, on ne compte pas le jour même de la fête. On compte uniquement les jours qui le précèdent, puis cette fête est célébrée.

Il y a bien là une particularité, parmi les trois fêtes de pèlerinage. Car, la fête des Matsot et celle de Soukkot reçoivent, dans la Torah, une date précise, alors que Chavouot est uniquement défini comme le cinquantième jour de ce compte.

Quel enseignement peut-on tirer de tout cela?

*

*

*

Chavouot est le jour de la réception de la Torah.

Avant que la Torah ne soit donnée, on l'étudiait d'ores et déjà. Avraham, le premier Juif, était lui-même appelé homme âgé, qui réside dans la tente de l'étude. Puis, il en fut de même pour les générations suivantes. Pour autant, nul n'était alors tenu de mettre en pratique les Commandements. On étudiait la Torah par ses forces propres, puisque l'on n'avait pas encore reçu l'Injonction de le faire.

On était donc limité, dans sa possibilité de progresser, par les dispositions que l'on avait naturellement. Ceux qui possédaient d'immenses capacités pouvaient effectivement connaître une élévation perpétuelle, mais qui n'en restait pas moins limitée. Car, chaque être créé est, par nature limité.

Puis vint le don de la Torah et Dieu dit: Les créatures terrestres s'élèveront vers le ciel, les créatures célestes descendront sur terre et Je prendrai Moi-même la première initiative en ce sens en exprimant l'Essence de Moi dans la Torah que Je vous donne. Ainsi, votre élévation pourra transcender toutes les limites.

Après le don de la Torah, cette possibilité est offerte à tous, que l'on ait des moyens intellectuels limités ou, au contraire, très larges. Car chaque Juif reçoit sa part de la Torah.

C'est pour cela que l'on parle du don de la Torah. Car, il s'agit bien d'un don, d'un cadeau. Une Torah aussi élevée, avec le Luminaire qu'elle contient, ne pourrait pas être obtenue autrement. Aucun effort personnel ne serait suffisant pour l'acquérir.

Ceci nous permettra de comprendre pourquoi Moché, lorsqu'il se trouvait sur le mont Sinaï, étudiait la Torah, puis, aussitôt, l'oubliait. Il s'écria donc: Je n'en ai rien retenu!. C'est alors que Dieu lui en fit cadeau. Or, nous savons que les Patriarches ne cessèrent jamais de l'étudier, qu'il y avait une Yechiva en Egypte, que Moché lui-même y étudia la Torah pendant plusieurs décennies!

Néanmoins, un cadeau n'est pas accordé à n'importe qui. Il faut le mériter, car on n'offre pas un cadeau si l'on n'en conçoit pas soi-même du plaisir.

Comment les Juifs eurent-ils le mérite de recevoir un tel cadeau?

Ils mirent en pratique la Torah et les Mitsvot de leurs ancêtres, par le mérite desquels fut obtenue la révélation du mont Sinaï. Pour s'y préparer, ils quittèrent l'Egypte, abomination de la terre et comptèrent les jours qui les séparaient encore du moment de recevoir la Torah. Ils s'apprêtèrent ainsi à ce grand dévoilement.

*

*

*

C'est de cela que nous devons toujours nous rappeler. Lorsque nous étudions la Torah, nous devons avoir présent à l'esprit qu'elle est la Torah de Dieu et il nous faut, au préalable, réciter une bénédiction, béni sois-Tu, Eternel, Qui donne la Torah, au présent.

Dieu fait cadeau de la Torah à cet instant précis, exactement comme Il le fit sur le mont Sinaï. Nous devons donc, en l'étudiant, éprouver la même crainte qu'alors, jusqu'à se mettre à trembler. La peur de mal agir doit se manifester avant l'intelligence. C'est uniquement à cette condition que l'intelligence se maintient.

Il faut donc compter, transformer et illuminer ces quarante neuf portes de la compréhension que chacun peut franchir par ses forces propres. C'est de cette façon que l'on met en pratique le Précepte vous compterez cinquante jours. Dès lors, quand on étudie la Torah, on ressent la Présence de Dieu. Dieu est avec Lui et la Hala'ha est systématiquement tranchée selon son avis. On découvrira, au cours de cette étude, la vérité la plus pure.

De même, on recevra les Lumières divines les plus élevées, pour pouvoir Le servir. Certes, il est dit: Tu as fait que l'homme soit un peu moins que Dieu, mais nos Sages soulignent que, si ce n'était la faute, l'homme pourrait être à proprement parler divin.

*

*

*

Le 'Haver, depuis sa création s'est fixé pour objectif de pénétrer dans des foyers qui, jusqu'alors, étaient éloignés de la pratique juive. On doit donc savoir qu'aussi loin qu'un Juif puisse s'écarter, aussi bas qu'il puisse tomber, il conserve la possibilité de quitter cette profonde obscurité pour retrouver une grande lumière.

On ne peut donc en aucune manière considérer un Juif avec découragement et il faut lui expliquer qu'il n'a pas, lui-même, le droit de se décourager.

On doit lui faire savoir que Je suis l'Eternel votre Dieu qui vous ai fait quitter le pays de l'Egypte. Dieu Lui-même lui vient en aide, le libère de sa propre grossièreté, tout comme Il délivra les enfants d'Israël des quarante neuf portes de l'impureté, en Egypte.

Il faut lui expliquer qu'il lui suffit de mettre en éveil sa propre motivation, sa fibre juive qui constitue le profond de lui-même. Il connaîtra alors une élévation perpétuelle et transformera, par ses forces propres, tout ce qu'il entreprendra. Alors, il recevra un cadeau de Dieu, qui lui apportera la sanctification. Ainsi, il sera libéré de toutes les souffrances, délivré de l'exil.

Avec mes souhaits de réussite dans votre oeuvre et ma bénédiction pour recevoir la Torah joyeusement et profondément, de même que pour la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(2)

Notes

(1) Un journal pour les jeunes édité par la Yechiva Loubavitch de Montréal. (2) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°75

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°75, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5703,

A notre ami, remarquable jeune homme,

le Rav Mena'hem Zeev Gringlass,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos cartes postales du 27 et du 29 Iyar:

A) Nous avons demandé de vérifier ce qu'il en est, concernant les Talith Katan et les Kipot.

B) Pour éviter la calomnie, les apparences trompeuses et la médisance, nous sommes fermement opposés aux cartes que vous délivrez pour le jour du Chabbat(1).

C) Je suis surpris que vous n'ayez pas précisé combien d'exemplaires des conversations avec les jeunes du mois de Sivan il vous faut.

D) Vous trouverez ci-joint un résumé des explications données pendant les premiers jours de Pessa'h(2). Le texte n'en a pas été revu(2) et les références figurant dans la marge ont été notées par moi. Bien évidemment, vous me le restituerez.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et profondeur, pour vous-même et pour tous vos frères,

M. Schneerson,

Directeur du comité exécutif(3)

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre 73. (2) Par le précédent Rabbi. (3) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°76

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°76, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mardi 3 Sivan 5703,

Au Rav érudit et avisé(1),

Je vous salue et vous bénis,

Me basant sur ce qui m'a été dit à votre propos, je me permets de vous écrire sans aucune forme d'entrée en matière. Vous avez sans doute une connaissance précise de l'activité du Ma'hané Israël et du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, institutions qui ont été fondées, depuis quelques temps déjà, par mon beau-père, le Rabbi Chlita. Plusieurs aspects et différentes branches de ces activités ont été présentées, entre autres, dans Hakrya Vehakedoucha, dans les discours du Rabbi Chlita et dans le recueil Hayom Yom.

Mais, il était bien clair, dans l'esprit du fondateur, que l'activité du Ma'hané Israël et du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h ne devait pas se limiter uniquement aux Etats Unis et au Canada. Son désir était de trouver, dans différents endroits, des personnes possédant le même état d'esprit et assumant ces fonctions à partir de leur propre demeure, par leurs propres moyens et avec le concours d'amis qu'ils motiveraient à les aider.

Nous vous avons écrit, à diverses reprises, pour engager une action dans ces domaines et n'avons, pour l'heure, reçu aucune réponse de votre part. Mais, cette activité est maintenant d'actualité et je voudrais donc reformuler les points suivants:

A) La conclusion de l'étude par coeur de l'ensemble de la Michna(2) a été fixée au dimanche 17 Sivan, date à laquelle sera également faite la répartition, par tirage au sort, pour l'année qui vient et dont la conclusion aura lieu au lendemain de la fête de Chavouot 5704(3).

Le but du groupe d'étude de la Michna a été clairement expliqué dans le second recueil des lettres de mon beau-père, le Rabbi Chlita(4), qui vous est sans doute parvenu, il y a quelques temps. L'éloignement géographique fait qu'il est impossible, d'ici, d'inviter chacun en particulier à engager de nouveaux membres pour ce groupe. Ceux-ci prendront part à la répartition, par exemple en se joignant à nos amis, les 'Hassidim de Manchester, qui en ont déjà organisé une l'année dernière, ou bien en créant un groupe indépendant. En tout état de cause, la conclusion devra avoir lieu au lendemain de Chavouot 5704. Vous voudrez bien me faire connaître toutes les actions positives que vous aurez pu mener dans ce domaine.

B) Depuis quelques temps, plusieurs publications ont été éditées ici et il s'agit de les diffuser le plus largement possible. Il est dit, en effet, que tes sources se répandront à l'extérieur, c'est-à-dire dans ce qui est réellement l'extérieur. Nous vous proposons donc de découvrir celui qui se chargera de les diffuser et de les vendre, car c'est seulement ce que l'on paye de son argent qui a de la valeur. Ainsi, ces livres parviendront aux personnes les plus éloignées. Pour que ceci se fasse sans retard, nous enverrons tout de suite, à votre adresse, dix exemplaires de chaque livre et vous voudrez bien nous confirmer les avoir reçus. Nous vous remercions, par avance, de bien vouloir nous donner une réponse rapide.

Vous vous souvenez sans doute de la lettre que vous m'avez écrite à propos du Tsimtsoum(5). Un homme doit donc réfléchir à ce qui se serait passé si son Rabbi se trouvait avec lui, ici et maintenant, l'Admour Hazaken, le Baal Chem Tov, le Ari Zal, Rabbi Chimeon Bar Yo'haï à l'époque de la Idra, Rabbi Akiva lorsqu'il expliquait le Char Céleste, le Grand Prêtre alors qu'il était dans le Saint des Saints ou même Moché, notre maître à l'instant du don de la Torah. Il est clair que cet homme aurait été totalement soumis, au point de ne même plus ressentir sa propre existence.

Or, la 'Hassidout aboutit à la conclusion que le Tsimtsoum porta sur la Lumière et non sur le Luminaire, ce qu'à Dieu ne plaise. Il en résulte que le Luminaire est véritablement présent, à l'heure actuelle, tel qu'Il se révèle dans le Saint des Saints, en ce monde d'Assya ou bien, comme à l'instant du don de la Torah, dans le monde d'Atsilout ou dans les mondes de l'Infini, par exemple le stade précédant le premier Tsimtsoum, lorsque la Lumière infinie de Dieu existait seule!

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec profondeur, pour la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,

Le directeur du comité exécutif

Notes

(1) Cette lettre est adressé au Rav Yera'hmyel Binyaminsohn. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°53. (3) 1944. (4) Paru à la fin de l'année 5702. (5) Voir la réponse dans la lettre n°11.

Lettre n°77

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°77, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Vendredi 8 Sivan 5703,

Au 'Hassid sage et élevé, le Rav I.Hacohen Kats(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute consulté quelques fois les conversations avec les jeunes, que nous vous avons adressées, conformément à l'abonnement que vous aviez souscris, lorsque vous étiez ici. En outre, vous vous êtes sûrement efforcé de les diffuser, dans tous les endroits où cela était utile.

Il est assurément inutile de vous expliquer à quel point il est important de rechercher le bien des autres. Nous avons donc bon espoir que vous orienterez votre action dans ce sens et l'élargirez même, au fur et à mesure, en attirant d'autres personnes, qui vous viendront en aide.

Mon beau-père, le Rabbi Chlita, m'a rapporté les propos suivants de l'Admour Hazaken. La Torah est divine et spirituelle. Comment la première Mitsva qu'elle édicte peut-elle être celle de procréer? C'est qu'il est dit: Ses voies sont des voies agréables et il en est de même pour l'ordre dans lequel elle est énoncée.

Telle est donc la signification de cette première Mitsva. Un Juif doit ressentir le désir de former un autre Juif. C'est ce que m'a dit mon beau-père.

En vous souhaitant une fête joyeuse et une réception profonde de la Torah,

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(2)

Notes

(1) Le Rav Yaakov Kats. (2) De Ma'hané Israël.

Lettre n°78

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°78, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Vendredi 8 Sivan 5703,

A notre ami, le grand Rav bien connu, aux généreux

comportements, le Rav Mena'hem Tsvi Rivkin,

Manchester,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre datant d'avant la fête de Pessa'h:

A) Votre demande de bénédiction à été transmise à mon beau-père, le Rabbi Chlita qui, sans doute, vous répondra directement.

B) Le Séfer Torah pour accueillir le Machia'h(1) a été écrit jusqu'à la Parchat Haazinou. Les participations peuvent encore être reçues pendant qu'il est écrit et il faut donc se dépêcher.

C) La conclusion de l'étude par coeur de la Michna(2) a été fixée au dimanche 17 Sivan et la répartition par tirage au sort pour l'année qui vient sera faite le même jour. Sa conclusion sera le lendemain de Chavouot 5704. Avec l'aide de nos amis qui se trouvent dans votre ville, vous y organisez sûrement une telle répartition, qui sera encore plus forte que celle de l'an dernier.

Il faut bien savoir que la possibilité de réciter de la Michna par coeur n'est pas réservée aux élèves des Yechivot ou bien à ceux qui se consacrent à l'étude. Elle s'adresse à toute la maison d'Israël, de sorte que ceux qui ont une activité professionnelle peuvent aussi en apprendre quelques chapitres et les répéter lorsqu'ils marchent dans la rue ou se trouvent dans un magasin, afin de purifier l'atmosphère. Vous avez sans doute reçu le second recueil des lettres de mon beau-père, le Rabbi Chlita et vous y verrez son développement, à ce propos.

D) Nous vous avons envoyé plusieurs publications éditées par Kehot(3) et vous les avez sans doute reçues. De même, nous vous adressons le guide des bénédictions et des prières(4), conformément à votre demande.

Je vous serais très reconnaissant de me confirmer que vous les avez bien reçus et de me dire s'il faut en envoyer l'équivalent en Terre Sainte et, le cas échéant, dans quelle quantité.

Là encore, il serait bon que vous puissiez constituer, par l'intermédiaire de quelqu'un qui a votre confiance, un comité de diffusion et de vente de ces publications. Ce comité sera chargé de nous faire savoir combien d'exemplaires nous devons envoyer de chaque publication et en assurera la diffusion et la vente.

E) Nous vous avons envoyé le huitième numéro de Hatamim, comme vous nous l'avez demandé, de même que le recueil Hayom Yom.

Je conclurai en exprimant le souhait que vous ressentiez profondément le temps du don de notre Torah. En effet, rien n'est modifié et l'on peut encore s'emplir de crainte, comme ce fut le cas, à l'époque. La fête de Chavouot est liée au compte de l'Omer qui, selon plusieurs Décisionnaires, est uniquement d'ordre rabbinique, à l'époque actuelle. En effet, la transformation de la matière se révélera uniquement dans le monde futur, lorsqu'elle aura été conduite à son terme. Mais, elle existe, d'ores et déjà, à l'heure actuelle et c'est pour cela que, d'après quelques avis, le compte de l'Omer est effectivement une obligation de la Torah.

Puissions-nous mériter de connaître la fête des prémices, lorsque le Temple sera reconstruit, très bientôt et de nos jours.

Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(5)

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°71. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°76. (3) La maison d'édition du mouvement Loubavitch, qui venait d'être créée et que le Rabbi dirigeait. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°68. (5) Du Ma'hané Israël.

Lettre n°79

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°79, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mardi 12 Sivan 5703

A mon ami, érudit et homme affiné, le Cho'het Rav A.S.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous demande de m'excuser pour le retard que j'apporte à répondre à votre lettre, qui est dû à différentes raisons. Voici ce que je voudrais vous dire:

L'étude de la Michna par coeur se conclura le dimanche 17 Sivan et l'on fera alors une nouvelle répartition pour l'année à venir, soit jusqu'au lendemain de Chavouot 5704. Nous espérons que vous-même et votre ami, le Rav M.T.(2), de même que tous les 'Hassidim, vous organiserez une telle répartition dans votre ville, avec encore plus d'ardeur que l'an passé.

Nous avons expédié dans votre ville des publications qui ont été éditées ici. Celles-ci ont été envoyées à l'adresse du Rav M.T. et nous vous demandons instamment de bien vouloir lui venir en aide et d'inviter tous ceux qui en sont capables à prendre part à leur diffusion et à leur vente. Pour cela, on constituera un comité de jeunes, pleins d'enthousiasme, ou toute autre organisation, selon les conditions de l'endroit. Et puisse Dieu faire que s'accomplisse très prochainement la promesse selon laquelle tes enseignements se répandront à l'extérieur, car c'est alors que viendra notre juste Machia'h.

Nous avons écrit, à propos de tout cela, au Rav M.T., qui a sans doute déjà reçu notre lettre. Vous vous viendrez donc en aide l'un à l'autre et Dieu vous accordera la réussite.

Nous conclurons en évoquant une idée de la Torah. Vous m'avez envoyé une parabole à propos de la torsion du cou de l'oiseau(3) et je vous en remercie.

Considérant, comme l'affirment nos Sages, que chaque idée de la Torah peut recevoir de nombreuses interprétations, je développerai brièvement ce que cette torsion enseigne pour le service de Dieu, en me basant sur la 'Hassidout.

La torsion est opérée au niveau de la nuque et elle permet de séparer la tête du corps, c'est-à-dire, en particulier, du coeur. Ainsi, l'incision est pratiquée par la nuque et atteint, dans un second temps, la trachée et l'oesophage.

Voici à quoi correspond, dans le service de Dieu, la différence entre le visage et la nuque. Le visage symbolise la forme rationnelle de ce service, lorsque le coeur et les sentiments se conforment aux instructions du cerveau.

La nuque, en revanche, évoque l'entêtement, la nuque roide, le recours à la soumission et à la contrainte, en dépit des envies du coeur, pour adopter le comportement qui convient.

Dans le service de Dieu, la volaille et l'animal évoquent les hommes moyens, le Beïnoni défini par le Tanya et les impies, alors que les poissons sont les justes, comme cela est expliqué par ailleurs. De plus, ces trois niveaux existent aussi dans la personnalité de l'homme et correspondent à l'âme intellectuelle, au corps et à l'âme animale. Je vous expliquais tout cela dans ma précédente lettre(4).

Le Tanya donne une définition précise de l'homme moyen et de l'impie. Le premier n'a jamais adopté un mauvais comportement et l'attirance au mal qui se trouve en son coeur n'a jamais l'occasion de s'exprimer concrètement, car son intellect dirige ses sentiments. Il n'en reste pas moins que le mal marque fortement sa personnalité. Bien plus, il se renforce, de plus en plus et c'est pour cela qu'il est, à son propos, question de la nuque.

La nuque évoque la nécessité de s'imposer la contrainte, en dépit de toute logique, lorsque le mal, dans toute sa force, peut se manifester à tout instant. Bien plus, il arrive que cet homme moyen soit troublé. Dès lors, la clarté de l'âme et de l'intellect le quitte. En pareil cas, il n'est d'autre moyen que de se faire violence et de repousser le mauvais penchant.

Il est bien clair que cet animal, c'est-à-dire l'impie, dont le mal peut attaquer les pensées, les paroles et les actions, partie inerte de son âme, doit faire preuve de la soumission la plus totale, phase inerte du service de Dieu. Et si, avant d'avoir reçu la Che'hita, l'animal est d'ores et déjà incapable de se soumettre, il est à considérer comme Taref.

Néanmoins, tout ceci est vrai seulement à l'extérieur du Temple. A l'opposé, lorsqu'une volaille est offerte en sacrifice dans son enceinte, il devient inconcevable que l'homme puisse éprouver un autre désir. Car, en ce lieu, les âmes se soumettaient totalement à Dieu, comme la flamme d'une bougie s'intègre à celle d'une torche et c'est pour cela que l'on s'y prosternait, face contre terre.

Or, l'effort des hommes doit être à la mesure de la révélation divine que l'on souhaite obtenir. Le service de Dieu, en pareil cas, doit donc être comme le visage, aussi parfait que son niveau le lui permet. L'équivalent n'est pas vrai pour l'animal, dont l'effort doit être intense. Pour la volaille, la torsion est donc faite par la nuque, alors que le visage est préservé. En pareil cas, la trachée et l'oesophage sont sectionnés en dernier.

Cette torsion est opérée par le Cohen lui-même, qui, en pareil cas, n'agit pas en tant qu'émissaire de Dieu, dont l'action, dès lors, serait divine. En effet, servir Dieu de manière profonde, par son effort propre, est le moyen de recevoir la révélation profonde de Dieu. On peut ainsi comprendre pourquoi la Che'hita peut être faite par celui qui n'est pas Cohen, mais non la torsion du cou.

Depuis la destruction du Temple, on retrouve l'équivalent de tout cela durant la prière et l'étude de la Torah, puisque la synagogue et la maison d'étude sont qualifiées de petits sanctuaires.

Le Tanya nous permettra de comprendre ce qui vient d'être dit. Il explique, en effet, que l'homme moyen éprouve, d'une manière évidente, de l'amour de Dieu à certains moments, par exemple pendant la lecture du Chema Israël ou la prière, lorsque l'analyse intellectuelle peut être approfondie ou encore quand il marque son désir pour la Torah de Dieu, comme en disant le Chema Israël ou la prière. Ainsi, l'amour de Dieu qu'éprouvent les hommes moyens pendant la prière est bien comparable à celui des justes.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(5)

Notes

(1) Le Rav Avraham Sender Nemtsov. (2) Le Rav Mena'hem Tsvi Rivkin. Voir la lettre précédente. (3) Voir, à ce propos, les versets Vaykra 1, 15 et Vaykra 5, 8. (4) La lettre n°27. (5) De Ma'hané Israël.

Lettre n°80

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°80, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[15 Sivan 5703]

Je vous remercie d'avance de la réponse que vous m'apporterez et j'émets le souhait que la flamme s'élèvera d'elle-même.

Pendant la période de l'exil, il est, en effet, nécessaire de raviver cette flamme. Puis, dans le monde futur, on pourra constater qu'elle s'élève d'elle-même.

Cela se passera très bientôt et de nos jours, Amen, puisse Dieu faire qu'il en soit ainsi.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate.

Lettre n°81

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°81, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Dimanche, veille de Roch 'Hodech Tamouz 5703

Au grand Rav, érudit et respectable, le Rav H.B.(1)

Je vous salue et vous bénis,

Je désire vous informer, par la présente, que nous avons organisé ici, la semaine dernière, une conclusion de la Michna(2) qui a été apprise par coeur par le groupe de Michna du Ma'hané Israël. Après cette conclusion, a été effectuée une répartition pour la nouvelle année, dont la conclusion aura lieu au lendemain de Chavouot 5704.

Nous voudrions donc encourager encore une fois tous nos amis, surtout ceux qui chérissent la Torah et vous-même, en particulier, à devenir membres de ce groupe, à le faire connaître parmi vos connaissances et vos relations, en leur soulignant l'importance de purifier l'atmosphère(3) par les mots de la Torah, par ailleurs affirmée dans différents textes de la partie révélée de la Torah(...).

Il faut s'efforcer que tous s'intègrent à ce groupe et récitent de la Michna

par coeur, en marchant dans la rue, comme l'explique mon beau-père, le Rabbi Chlita. Ces contributions permanentes au groupe de Michna auront un apport capital, car une Mitsva mise en pratique par le plus grand nombre reçoit une toute autre dimension.

Je m'excuse de n'avoir pu donner suite à votre lettre en son temps, du fait de mes nombreuses occupations. Celles-ci ne sont pas moins nombreuses maintenant, mais je répondrai néanmoins, à quelques unes des questions posées dans votre lettre:

A) Vous n'acceptez pas de retenir les deux raisons pour lesquelles les lumières de 'Hanouka sont allumées en ordre croissant, d'abord parce que toute chose doit croître dans le domaine de la sainteté, ensuite pour établir le nombre de jours de la fête qui sont passés(4). Une controverse oppose nos Sages, à ce sujet, mais je disais que cela n'empêche pas de retenir l'une et l'autre et c'est ce que vous contestez(...).

Il reste encore possible de préciser le sens de mon affirmation. Par exemple, celui qui, pour une quelconque raison, commence à allumer les bougies au milieu de la fête, devra en prendre le même nombre que les autres si l'on prend pour référence le nombre de jours qui sont déjà passés, alors qu'une seule lui suffira, s'il considère la nécessité de croître dans le domaine de la sainteté, laquelle impose uniquement d'allumer en ordre croissant(...).

Le devoir d'augmenter, dans le domaine de la sainteté, est déduit d'un verset de la Torah, alors que la prise en compte des jours déjà passés de la fête est uniquement basée sur la logique.

B) Vous citez l'avis selon lequel le jeûne de la destruction du Temple aurait pu être fixé le 10 Av, date à laquelle fut brûlée la majeure partie du Sanctuaire. Mais, il est dit aussi que le dégât causé par le feu est pris en compte au moment où celui-ci est allumé, c'est-à-dire, en l'occurrence le 9, sans tenir compte de ce qu'il cause par la suite. Dès lors, comment envisager de fixer le jeûne au 10 Av?

J'avoue ne pas comprendre le sens de cette question, car il s'agit, dans ce passage talmudique de déterminer quel jour les Juifs doivent prendre le deuil du fait du malheur qui leur est arrivé et non de savoir à quel moment l'action menée par les non-Juifs est parvenue à son terme.

Ainsi, si quelqu'un blesse son prochain et que celui-ci meurt, quelques jours plus tard, des suites de cette lésion, il est clair que les proches du défunt seront en deuil à partir du jour de la mort et non de la date de l'agression.

C) Vous soulignez que le Temple fut détruit par le feu de Dieu, qui peut le faire disparaître à tout instant. Nos Sages disent toutefois qu'un décret assorti d'un serment ne peut être rapporté. Or, ce fut bien le cas, lors de la destruction du Temple(...).

Néanmoins, tout dépendait, en l'occurrence, de la Techouva et il est dit que tout est dans les mains de Dieu, sauf la crainte de Dieu.

On peut, toutefois, aller dans votre sens et considérer que cela n'est pas la raison essentielle de ce qui s'est passé et que rien n'empêchait donc Dieu de faire disparaître Son feu à tout instant.

D) Vous m'interrogez également à propos de la fête de 'Hanouka. Vous dites que la fiole d'huile pouvait, dès le premier jour, brûler potentiellement pendant huit jours. Comment les lois naturelles furent-elles donc respectées? Vous en concluez que le miracle se renouvelait à chaque instant ou à chaque jour. Vous ne l'exprimez pas clairement, mais il me semble que telle est bien votre conclusion.

On peut répondre à cette question de différentes manières:

1. J'ai écris que le miracle conféra à l'huile la force de brûler pendant huit jours, ce qui explique l'avis de Beth Chamaï, demandant d'allumer un nombre de bougies qui correspond aux jours restant de la fête. Car, si ce n'était cela, pourquoi faudrait-il les prendre au compte dès le début de la fête? Or, vous vous demandez si ce raisonnement est juste, alors qu'en le réfutant, vous retirez toute légitimité à l'avis de Beth Chamaï.

2. Le miracle devait durer huit jours. Certes, il en fallait sept pour purifier le Sanctuaire, un jour pour fabriquer l'huile, quatre jours pour se rendre dans le lieu ou l'on pouvait le faire et quatre jours pour en revenir. Mais, tout cela était réalisé dès le premier jour et ne fut pas rajouté par la suite. Néanmoins, c'est seulement l'année suivante que l'on put s'apercevoir que le miracle avait supprimé toute interruption de l'allumage des lumières. Mais, il en était bien ainsi dès le premier jour, car le miracle pouvait se produire uniquement par cette fiole d'huile.

3. De plus, on sait qu'il n'est pas de miracles inutiles(...) et, si l'on dit que le miracle se renouvelait à chaque instant, il en découlerait qu'il était inutile lorsqu'il faisait grand jour(...).

E) Je m'interrogeais, dans ma lettre, sur l'avis selon lequel la quantité d'huile fut divisée en huit parts égales, puisque les instruments du service de Dieu, utilisés dans le Temple, devaient être pleins et c'était également le cas pour le Chandelier. Mais, je me suis aperçu que cette conception était fausse, car cette huile était sanctifiée non pas en la plaçant dans le Chandelier, mais dès lors qu'une certaine quantité en était disposée dans le Temple. Il n'y avait donc pas d'impossibilité que ce Chandelier ne soit pas plein.

On peut, du reste, se demander pourquoi les réservoirs du Chandelier étaient plus grands que la quantité d'huile qu'ils devaient contenir. On peut expliquer, néanmoins, que, lorsque l'on disposait uniquement de mèches épaisses, on devait augmenter la quantité d'huile.

F) Vous faites remarquer que l'allumage du Chandelier n'était pas défini comme un acte du service de Dieu dans le Temple. En conséquence, souligne le Rambam, cet allumage pouvait être effectué par celui qui n'est pas Cohen. Dès lors, demandez-vous, pourquoi l'inauguration du Chandelier fut-elle faite en l'allumant?

Or, la raison en est clairement établie. L'inauguration d'un instrument est la première utilisation normale de celui-ci dans le Temple. En l'occurrence, celle du Chandelier consistait donc bien à l'allumer. Néanmoins, la Michna précise que cette inauguration devait avoir lieu au coucher du soleil et le Rambam précise qu'il fallait alors allumer toutes les sept lumières, puis en retirer les cendres, au matin. Peu importe donc quand ces lumières étaient préparées.

Il fallait donc, en l'occurrence, placer les mèches, puis l'huile. On pouvait le faire le matin ou le soir, à condition que les cendres en soient bien retirées le matin.

Certes, l'allumage du Chandelier n'est pas un acte du service de Dieu, non que cet allumage ne soit pas important, mais plutôt parce que l'intervention de l'homme n'est pas déterminante. En effet, elle n'appelle aucun effort de sa part, puisque la flamme doit s'élever d'elle-même, ce qui est indépendant de cet acte d'inauguration.

G) Vous écrivez également que la présence de la table, du Chandelier, des autels et du rideau est indispensable pour pouvoir effectuer les sacrifices. Mais, il est dit, par ailleurs, que la construction de l'autel dura huit jours et s'acheva le huitième. Il en résulte qu'il n'y avait pas d'autel lors de l'allumage du Chandelier et que celle-ci était donc sans valeur.

Selon cette interprétation, cet allumage fut simplement une Mitsva et non, à proprement parler, un acte du service de Dieu dans le Temple. C'est pour cela qu'il n'était pas nécessaire qu'elle soit pleine d'huile. De même, beaucoup se demandent pourquoi un miracle fut nécessaire puisque la notion d'impureté ne s'applique pas à ce qui est public. Ce qui vient d'être dit apporte une réponse à cette objection, puisque l'allumage du Chandelier était une Mitsva et non un sacrifice.

Votre argument est surprenant. Car, la notion d'impureté et le Chabbat sont mentionnés dans un même verset et, selon votre raisonnement, il faudrait se demander comment ils purent allumer le Chandelier durant le Chabbat. Or, cet allumage fut effectivement fait pendant huit jours consécutifs, comme différentes sources l'établissent. De plus, comment se servirent-ils d'un Chandelier consacré au service de Dieu pour effectuer un acte qui n'en participait pas? On peut toutefois considérer qu'il s'agissait alors d'un nouveau Chandelier, dont l'usage profane reste permis tant que celui-ci n'a pas été utilisé pour le service de Dieu.

Mais, l'on peut s'étonner d'une telle interprétation. Car, si la Torah ne fait pas obligation d'allumer le Chandelier, celui-ci est bien un feu étranger que Dieu n'a pas demandé. Et, celui qui entre dans le Temple dans un but autre que le service de Dieu est puni de flagellation.

A ce propos, je voudrais ajouter un mot, lié à notre propos.

La Meguilat Taanit(...) explique que la purification du Sanctuaire fut commencée à la fin de Mar'Hechvan ou au début de Kislev. Dès lors, pourquoi attendirent-ils jusqu'au 25 Kislev pour inaugurer le Temple? J'ai trouvé à cela une explication, dans les livres des dernières générations, selon laquelle ils bâtirent un nouvel autel, apportèrent de nouveaux instruments du service et placèrent le Chandelier dans le Sanctuaire. Ils en allumèrent les lumières. Puis, le 25 Kislev, ils se levèrent de bonne heure et offrirent des sacrifices sur l'autel. Ils célébrèrent alors l'inauguration de l'autel pendant huit jours. De fait, il est un usage établi que l'on peut citer de tels livres.

De plus, on peut dire que la présence des instruments précédemment cités est nécessaire uniquement pour le service de Dieu effectué à l'intérieur du Sanctuaire. Il ne convient cependant pas de citer l'Arche sainte, parmi ces instruments, car celle-ci ne se trouvait pas dans le second Temple(...).

Une autre source, en revanche, ne mentionne pas les rideaux et ne fait pas de différence entre ce qui est effectué à l'intérieur du Sanctuaire et ce qui se déroule à l'extérieur de celui-ci. Néanmoins, on peut remarquer qu'aucun acte du service n'est lié à l'Arche sainte ou aux rideaux. En effet, même lors de l'aspersion du sang, il n'est pas obligatoire que celui-ci touche le rideau.

A ma connaissance, cette Hala'ha ne figure pas dans le Rambam(...).

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif

Notes

(1) Le Rav 'Haïm Dov Ber Ginsburg. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°76. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°63. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°50.

Lettre n°82

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°82, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Lundi 2 Tamouz 5703,

A notre ami, le Rav. Y. Weinberg(1), Montréal,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse aux courriers par lesquels vous me demandez de vérifier pour quelle raison mon beau-père, le Rabbi Chlita, n'a pas répondu à vos lettres dans lesquelles vous lui faisiez un compte rendu de vos actions pour renforcer le respect du Chabbat(2).

Je lui en ai parlé avant la fête de Chavouot et, encore une fois, cette semaine. Juste avant et juste après Chavouot, le Rabbi n'a pu répondre qu'aux questions les plus pressées. Mon beau-père, le Rabbi Chlita vous répondra donc vraisemblablement, la semaine prochaine.

Je saisis cette occasion pour vous demander de poursuivre la retranscription des témoignages datant des années 5699-5700(3), que vous avez interrompu dès son début(4).

Il est dit, en effet, que si tu M'abandonnes pendant un jour, Je t'abandonnerai pendant deux jours et l'on peut se demander si ce principe est valable uniquement pour la Torah, comme semble l'indiquer le Zohar, ou bien s'il s'étend également aux autres domaines de la sainteté, ce qui semble être l'avis de Rachi. Ou peut-être s'agit-il d'un principe naturel, qui s'applique dans n'importe quel domaine pour lequel l'oubli est possible. Le Talmud fait mention de plusieurs situations illustrant tout cela.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(5)

Notes

(1) Le Rav Yossef Weinberg. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°73, paragraphe F. (3) 1939-1940. (4) Ceux-ci sont partiellement reproduits dans Chemouot Vessipourim, tome 3. (5) Du Ma'hané Israël.

← Lettres précédentes Lettres suivantes →
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam