Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°41
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°41, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Quatrième lumière de 'Hanouka 5703,
Au responsable communautaire aux nombreux
accomplissements, qui s'exprime toujours avec sagesse et qui
est illuminé par la Torah de lumière, le Rav Efraïm Eliézer
HaCohen(1), Philadelphie,
Je vous salue et vous bénis,
Je sais à quel point vous êtes lié à mon beau-père, le Rabbi Chlita. C'est la raison pour laquelle je vous adresse, ci jointe, la lettre qu'il a écrite pour le jour du jeûne et pour les jours suivants.
Il est sans doute inutile d'attirer votre attention sur le contenu de cette lettre et sur l'importance de lui apporter la plus large diffusion.
On peut rappeler, à ce propos, que les lumières de 'Hanouka doivent être placées à la porte de la maison, vers l'extérieur, c'est-à-dire près de la porte qui est la plus proche du domaine public, là où l'attrait du monde s'exerce de manière concrète. Et celui qui habite à l'étage, évoquant ainsi les personnes, peu nombreuses, qui possèdent l'élévation et n'ont pas de porte ouverte, pas d'accès direct aux plaisirs de ce monde, doit, à tout le moins, les placer près de la fenêtre qui donne sur le domaine public.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Directeur du comité exécutif(2)
Notes
(1) Yalles, par la suite Rav de Philadelphie. (2) De Ma'hané Israël.
Lettre n°42
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°42, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Quatrième lumière de 'Hanouka 5703,
A notre cher donateur, le Rav ...
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sans doute déjà reçu votre carte de membre du groupe de Michna apprise par coeur.
La Guemara établit le principe de la responsabilité collective des Juifs. Le Rabbi Chlita note, à ce propos, que le mot Arev(1) a, en outre, deux autres significations, agréable et interdépendant. Ainsi, un Juif est agréable à un autre Juif, l'un et l'autre sont interdépendants. C'est pour cela qu'ils ont une responsabilité collective. Tel est le contenu de ses propos.
C'est grâce à la Torah unique que les Juifs constituent un peuple unique et unifié à l'Eternel notre Dieu, Qui est Un.
Nous avons donc bon espoir que vous ne vous contenterez pas d'aspirer à votre propre bien, mais que vous rechercherez également celui des autres, en prenant la plus large part à l'oeuvre entreprise par le Ma'hané Israël.
Comme le Rabbi Chlita l'a maintes fois souligné, nous nous trouvons dans les derniers instants de l'exil. La Torah et la Techouva sont les seuls moyens d'alléger les douleurs de l'enfantement du Machia'h.
L'amour que chacun doit éprouver pour son prochain doit mettre en éveil la plus profonde pitié envers celui qui, à l'époque actuelle, n'a pas encore accédé à la Techouva.
Les coupures de journaux dont nous disposons vous permettront de comprendre que, compte tenu de la situation, il vous est beaucoup plus facile de commencer à agir. Avant de le faire, il semble qu'il s'agisse d'une tâche difficile. Puis, lorsque l'on se met au travail, on connaît le succès, avec l'aide de Dieu.
Dans l'attente de votre réponse,
et avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Directeur du comité exécutif
N. B. : Le Rabbi Chlita vient de diffuser la lettre(2) que nous vous joignons. Il est très important de lui apporter la plus large diffusion possible, par exemple en l'accrochant dans les synagogues.
Notes
(1) Qui signifie responsable. (2) Pour le jeûne du 10 Tévet, dont il est question dans les trois lettres précédentes.
Lettre n°43
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°43, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Veille de Roch 'Hodech Tévet 5703]
Je fais réponse à vos remarques:
A) Vous m'interrogez sur mon affirmation(1) selon laquelle l'accomplissement est à la mesure de l'effort. Vous objectez que, selon l'expression de nos Sages, l'un peut en faire plus, alors que l'autre en fait moins.
Néanmoins, le fait d'en faire plus ou moins ne doit pas, selon la même expression de nos Sages, diminuer la ferveur et l'ardeur de cet engagement. Il indique simplement que la récompense de celui qui en fait plus et de celui qui en fait moins est la même, dès lors que l'un et l'autre agissent avec une même ardeur.
En conséquence, celui qui en fait moins ne peut être qu'un homme qui n'a pas eu la possibilité d'en faire plus. Ainsi, nos Sages citent l'exemple de Rabbi Eliézer qui pleura parce qu'il n'avait pu étudier la Torah comme il le souhaitait, car ses moyens étaient limités(2) ou bien par impossibilité d'approfondir l'objet de son étude(2). De ce fait, il lui était donc impossible d'étudier plus.
Or, cela n'était, en l'occurrence, nullement le cas. Il était possible d'en faire plus et vous aviez le moyen de le faire. En pareil cas, cette manière d'agir n'aurait pas provoqué d'orgueil. Dès lors, il est évident que l'accomplissement est bien à la mesure de l'effort.
B) Je vous écrivais que l'on invite également à faire preuve d'ardeur ceux qui, par nature, possèdent cette qualité. C'est ce qu'affirme le Sifri, mais le Midrach Bamidbar Rabba a été cité comme référence, dans ma lettre, parce qu'il est plus facile à trouver et à consulter(...).
Ainsi, celui qui a moins étudié la Torah parce qu'il ne pouvait faire autrement reçoit bien la même récompense que celui qui l'étudie beaucoup. Cela est une évidence.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Dans la lettre n°35. (2) A ce moment-là.
Lettre n°44
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°44, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Dernier jour de 'Hanouka 5703
Au respectable 'Hassid, le Rav I.Sheinfeld,
Rocksbury, Massachussets,
Je vous salue et vous bénis,
Comme vous nous l'avez demandé lorsque vous étiez ici, nous avons envoyé à votre fille les publications pour la jeunesse du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. Avec son grand empressement et l'influence qu'elle exerce, elle saura sûrement faire parvenir ces périodiques aux enfants et, de cette manière, s'acquerra un grand mérite, de sorte que le bien de tous dépendra d'elle.
Nous avons bon espoir qu'à l'avenir, vous continuerez, dans la mesure de vos moyens, à diffuser auprès des jeunes qui se trouvent sous votre influence, les publications du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. Celles-ci ont pour but de les rapprocher de la Torah, des Mitsvot et des traditions de nos ancêtres. Car, si l'on ne forme pas les jeunes, que deviendront-ils, une fois adultes? Les enfants et les élèves d'aujourd'hui ne seront-ils pas les sages de demain? De cette action, dépend donc la Présence divine dans le peuple d'Israël, selon l'expression du Yerouchalmi.
Nous vivons une période de dures persécutions(1), comparables à celles de Haman. En pareil cas, nos Sages conseillent d'enseigner la Torah aux enfants des ignorants et de permettre aux impies d'accéder à la Techouva. C'est ainsi que l'on supprime les décrets.
Chacun doit considérer que le monde est moitié méritant et moitié coupable, qu'il peut, par ses bonnes actions, faire pencher la balance du côté du bien et provoquer le salut et la délivrance.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Directeur du comité exécutif(2)
Notes
(1) Ces paragraphes se retrouvent également dans la lettre 49. (2) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Lettre n°45
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°45, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Jours de 'Hanouka 5703(?)](1)
Au Rav ...(2)
... Vous m'interrogez sur la parution de 'Hechvan 5703 du périodique Hakrya Vehakedoucha, dans laquelle il semble qu'ait été oublié le nom de la troisième force du mal totalement impure, le feu qui prend sa source en lui-même. En effet, ces trois forces du mal y sont dénommées vent, tempête et grand nuage(3).
En fait, il est effectivement possible d'imaginer que vent et tempête désignent deux forces du mal différentes. Pour autant, on considère généralement qu'il est bien une seule et même force du mal s'appelant vent de tempête et il s'agit donc, en l'occurrence, d'une erreur d'imprimerie, dans Hakrya Vehakedoucha.
Il est un très grand nombre de sources démontrant qu'il y a bien une force du mal qui s'appelle le feu qui prend sa source en lui-même. Néanmoins, ce nom n'est pas mentionné dans le Tanya, qui y fait seulement allusion, par le mot etc. et l'on sait que cet ouvrage fut rédigé avec une précision toute particulière. J'ai pu moi-même vérifier qu'il en était bien ainsi, y compris dans les éditions parues du vivant de l'Admour Hazaken(...).
Le Tanya établit, dans ce passage, quelle est la source de ces forces du mal, dépourvues de tout bien. Du reste, je n'ai pas vu, dans les écrits de la 'Hassidout, une explication sur les différences qui existent entre ces trois forces. Sans doute, correspondent-elles aux trois lignes entre lesquelles se répartissent les forces de l'âme, celle de droite, correspondant à l'eau, celle de gauche, au feu et celle du milieu, au vent(...).
Nous conclurons par ce qui est positif et d'actualité.
Les lumières de 'Hanouka éclairent l'endroit de la pénombre. C'est le sens du verset Dieu éclairera mon obscurité, en particulier en nos générations du talon du Machia'h.
Or, 'Hoche'h, l'obscurité, est constitué des initiales de 'Hamor, Chor, Kélev, l'âne, le boeuf et le chien, animaux qui symbolisent les trois forces du mal, celle de droite, celle de gauche et celle du milieu, laquelle correspond à Amalek. Seule la Torah peut illuminer une telle obscurité, alors que la prière ne le peut pas.
Bien plus, il s'agit ici de la partie révélée de la Torah, qui se place à l'endroit précis où la matière doit recevoir l'élévation. Si je pouvais me permettre d'introduire une idée nouvelle, je dirais que la partie du service de Dieu consistant à étudier la 'Hassidout possède à la fois la qualité d'appartenir à l'enseignement profond de la Torah et celle de se trouver à l'endroit où la matière doit être élevée.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Il est question, dans cette lettre, du numéro de 'Hechvan 5703 du périodique Hakrya Vehakedoucha. Puis, elle se conclut en parlant de 'Hanouka et l'on peut en déduire qu'elle a été rédigée pendant les jours de 'Hanouka 5703. Toutefois, cette déduction n'est pas une certitude, car elle a pu être rédigée une année plus tard. En effet, le début de cette lettre et sa date ne nous sont pas parvenus. (2) La lettre est adressée au Rav Mena'hem Zéev Gringlass, de Montréal. (3) Alors qu'elles sont d'ordinaire désignées comme le vent de tempête, le feu qui prend sa source en lui-même et le vent de tempête.
Lettre n°46
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°46, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Tévet 5703,
A mon cher ami, le Rav ...
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du septième jour de 'Hanouka.
Il ne fait pas de doute que vous pouvez également, au prix d'un petit effort, trouver quatre bonnes actions à accomplir(1).
Il est donc inutile de se décourager. Mon beau-père, le Rabbi, m'a maintes fois dit que, tout comme il ne faut pas s'attribuer des défauts que l'on n'a pas, on doit aussi avoir conscience de ses propres qualités.
L'expérience a montré que le fait de se déconsidérer à ses propres yeux est, bien souvent, un stratagème du mauvais penchant pour affaiblir ou pour troubler une certaine réalisation concrète. Chacun en sait quelque chose.
Vous savez sans doute que j'ai écrit à monsieur ... à propos de la publication des discours et des causeries prononcées, à Chicago, il y a un an(2). Tout cela est retardé à défaut d'avoir trouvé un financement. Or, je n'ai, pour l'heure, pas de réponse.
Savez-vous ce qu'il en est? Pouvez-vous les convaincre? Il y a quelques temps, j'ai écrit, à ce propos, à notre ami, le Rav M.L.(3).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Le directeur du comité exécutif
Autre point, il est expliqué, par ailleurs, que le découragement a uniquement une valeur passagère.
Notes
(1) Celles que doit réaliser, chaque mois, tout membre de Ma'hané Israël. Voir la lettre n°32. (2) Par le précédent Rabbi. Ces textes parurent, en 5704, dans le recueil de Chicago. La publication fut, au bout du compte, réalisée à la mémoire de Eliézer Weissman, de Chicago. Voir, à ce propos, la lettre n°146. (3) Le Rav Moché Leïb Rotsztein, à l'époque responsable de l'association des 'Hassidim 'Habad de Chicago.
Lettre n°47
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°47, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Tévet 5703
A notre ami, remarquable jeune homme, le Rav Mena'hem
Zéev Gringlass, Montréal,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres du 12 et du 16 Tévet, ainsi qu'aux deux cartes postales.
A) Le Rav Pastinski est un rabbin de Vancouver, qui est proche du mouvement Loubavitch et soutient sa Yechiva. Il est donc bon que vous le contactiez.
B) Je vous remercie de vos efforts pour la diffusion des conversations avec les jeunes. Nous allons cesser de les reproduire par ronéotype pour les faire imprimer. La première fois, plusieurs préparations étaient nécessaires et la parution a donc été retardée, mais elle devrait intervenir la semaine prochaine et nous vous enverrons alors le nombre d'exemplaires que vous avez demandés.
C) Nous écrirons, avec l'aide de Dieu, au Rav Kamenitski, à Barenhols, à Kahanovitch et au Talmud Torah de Toronto.
D) Concernant l'école de filles, il faut tout faire pour qu'elle soit fondée dans votre ville. Ceci a été expliqué en détails dans la lettre adressée à tous(1), dont vous prendrez sûrement connaissance.
E) Nous vous avons envoyé, aujourd'hui même, 250 exemplaires de l'appel lancé par le Rabbi Chlita pour le jour du jeûne(2), qui vient de paraître avec une traduction anglaise.
F) Nous avons envoyé à monsieur Wolofski un compte rendu des réalisations du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. Nous lui avons demandé de le diffuser dans le Nécher(3). Sans doute serait-il bon que vous l'encouragiez vous-même à le faire.
G) J'ai reçu votre chèque et je l'ai réparti conformément à vos instructions.
H) Il est sans doute inutile de vous expliquer l'importance du Maamad(4), à propos duquel vous m'avez déjà écrit. Je suis surpris que vous n'en parliez pas dans vos lettres.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
M. Schneerson
Directeur du comité exécutif(5)
Je viens de recevoir la lettre dans laquelle se trouvait le compte rendu des propos du Rabbi de Sim'hat Torah. Vous trouverez ci-joint celui du 10 Kislev.
Notes
(1) Il s'agit de la lettre n°48. (2) Du 10 Tévet. (3) Journal juif édité au Canada. (4) Collecte pour les besoins personnels du Rabbi. (5) De Ma'hané Israël.
Lettre n°50
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°50, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Au début de Chevat 5703(?)](1)
Vous rappelez(2), en annexe à votre lettre, les deux raisons pour lesquelles les lumières de 'Hanouka sont allumées en ordre croissant, d'abord parce que tout doit croître dans le domaine de la sainteté, ensuite pour établir le nombre de jours de la fête qui sont passés. En fait, il y a une controverse entre nos Sages, à ce propos. Pour autant, rien n'empêche de retenir les deux raisons à la fois.
Rien n'empêche de cumuler les deux raisons, puisqu'elles ne se contredisent pas. Cela n'a aucune incidence concrète et le Talmud a fait bien plus que cela, retenant deux avis, même lorsque cela change l'action concrète. Le Rachbam donne une explication similaire.
La nécessité de prendre en compte les jours passés de la fête ou ceux qui restent, d'allumer les lumières en nombre croissant ou décroissant, dépend de la question suivante. Le miracle de 'Hanouka fut-il, chaque jour plus important que la veille ou, au contraire, moins important?
L'année où le miracle survint, on ne savait pas pendant combien de jours cette huile brûlerait. C'est pour cela que les commentateurs s'interrogent sur l'avis considérant que l'huile fut répartie, le premier jour, en huit parties égales. Bien plus, le traité Zeva'him indique que les instruments du service divin peuvent être sanctifiés uniquement lorsqu'il sont pleins. Il faut en conclure que, au moins aux yeux de ceux qui en étaient les spectateurs, le miracle était chaque jour plus important.
Mais, le traité Chabbat explique que la fête de 'Hanouka fut instaurée seulement l'année suivant le miracle. Alors, il était déjà établi que l'huile utilisée le premier jour pouvait, potentiellement, brûler pendant huit jours. Le second jour, en revanche, elle ne pouvait plus brûler que pendant sept jours.
C'est la raison pour laquelle Beth Chamaï demande d'allumer, chaque jour, un nombre de bougies correspondant aux jours qui restent de la fête. Il prend en compte, en effet, la quantité résiduelle d'huile et en déduit que le miracle est, chaque jour, moins important. Beth Hillel, en revanche, indique que le miracle à venir n'est encore que potentiel. Il n'est pas concrètement révélé et l'on ne peut donc exiger qu'il soit reconnu par tous. Car, la plupart des hommes se déterminent en fonction de ce qu'ils voient de leurs yeux et nos Sages affirment, dans le traité Yoma, qu'il en est ainsi, même lorsqu'il s'agit d'un miracle.
C'est donc pour cela que l'on allume les lumières en fonction des jours passés, c'est-à-dire du miracle effectif, d'autant que ces bougies sont allumées pour faire connaître le miracle publiquement. De ce point de vue, le miracle est, en effet, chaque jour plus important. On peut ainsi comprendre que Beth Chamaï adopte une position rigoriste et Beth Hillel, une attitude plus large.
Du reste, on retrouve leurs conceptions respectives développées dans un autre domaine(3). Le traité Ouktsin demande, en effet, à partir de quel moment les poissons peuvent contracter l'impureté. Beth Chamaï dit: dès qu'ils sont péchés. En effet, ils ont alors quitté l'endroit naturel de leur vie et, potentiellement, ils sont déjà morts. Même si ce n'est pas concrètement le cas, ce n'est qu'une question de temps. Beth Hillel, en revanche, dit: lorsqu'ils meurent effectivement.
Pour conclure, j'évoquerai, au moins brièvement, l'éthique et le service de Dieu, à partir de la seconde raison opposant Beth Chamaï et Beth Hillel, à propos de l'allumage des lumières de 'Hanouka, décroissant selon l'un comme les sacrifices de la fête de Soukkot, croissant selon l'autre parce qu'il n'y a pas de diminution dans la sainteté. Le traité Chabbat expose l'application au service de Dieu du rigorisme de Beth Chamaï et de la prodigalité de Beth Hillel.
Si un homme, dont le sanctuaire personnel a été rendu impur par l'intervention de son mauvais penchant, désire se purifier et s'unir à Dieu, Beth Chamaï lui conseille de mettre tout d'abord en pratique les Préceptes écarte-toi du mal et tu détruiras le mal qui se trouve en toi. Au début de son effort, le mal est encore présent dans toute sa vigueur. On attend donc de lui beaucoup d'efforts et un profond engagement. Puis, de jour en jour, ce mal s'amenuise et, par la suite, son effort est donc moins grand qu'au début.
Ceci peut être comparé aux sacrifices de Soukkot, qui sont offerts au titre des nations du monde, non pas pour qu'elles disparaissent, mais bien pour qu'elles adoptent un comportement positif, pour que, de jour en jour, leur mal s'amenuise, de sorte qu'un nombre plus restreint de sacrifices soit suffisant, pour ce qui les concerne.
Ainsi, le nombre décroissant des sacrifices de Soukkot, correspondant aux nations, ne contredit pas le fait qu'ils ont pour but de les racheter.
Beth Hillel, en revanche, considère qu'un tel homme doit, en premier lieu, se lier à Dieu, même si le mal qu'il porte en lui reste encore très fort. Il doit, néanmoins, mettre d'emblée en pratique le Précepte fais le bien, avancer dans le domaine de la sainteté. Alors, peu à peu, il sera encouragé, développera son action et louera Son grand Nom(4). Il effacera le souvenir d'Amalek et, de nouveau, Son grand Nom sera entier.
Nous serions heureux d'avoir un compte rendu de vos réalisations positives, dans les domaines d'action de Ma'hané Israël et du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. Vous nous écrirez sans doute, à ce propos, de temps en temps et je vous en remercie d'avance.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav 'Haïm Dov Ber Ginsburg, le rabbin de Vancouver. (2) Le début de cette lettre et sa date ne sont pas connus. Mais, elle fut vraisemblablement écrite à proximité de la lettre n°51, c'est-à-dire en Chevat, ou peut-être pendant 'Hanouka, comme le montre son contenu. (3) Beth Chamaï prenant en compte le potentiel et Beth Hillel, ce qui est déjà effectif. (4) Selon le texte de la prière de 'Hanouka.
Lettre n°51
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°51, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Chevat 5703,
A la direction de la Yechiva Loubavitch de Montréal,
Je vous salue et vous bénis,
Le Rav 'Haïm Dov Ber Ginsburg de Vancouver, au Canada, nous confie dans sa lettre, entre autres choses, les faits suivants:
En arrivant à Vancouver, j'y ai rencontré un réfugié qui réside là, un jeune homme qui s'appelle ... et vient de Vienne, capitale d'Autriche. Du fait de la guerre, il a été enfermé dans un camp, avec d'autres réfugiés, dans le Québec, au Canada. Depuis quelques mois, il a été libéré, sur l'intervention d'un de ses parents, qui habite à Vancouver.
Lettre n°52
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°52, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Chevat 5703,
A l'homme honorable, qui se consacre au service de Dieu,
le 'Hassid, Rav I.
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre de la veille de Roch 'Hodech Chevat, avec votre chèque de cinq dollars pour les cinq calendriers. Conformément à votre demande, nous vous enverrons 24 brochures mensuelles, en anglais, du mois de Tévet. Celles de Chevat paraîtront le 15 Chevat.
Nous nous réjouissons de votre décision de participer à la diffusion de ces brochures et nous vous en remercions. Vous vous apercevrez sans doute très vite de leur grande utilité pour leurs lecteurs.
Nous venons d'éditer une version précise des bénédictions et des prières, avec une retranscription anglaise. Nous vous l'enverrons pour l'institution que vous dirigez et, de façon générale, pour les jeunes que vous contactez. La brochure coûte 15 cents. Pour un Talmud Torah, elle est vendue 10 cents.
Le verset dit que l'homme est tel l'arbre du champ. La maison d'Israël est la vigne de Dieu, dont les fruits sont les enfants, petits garçons et petites filles. Un directeur d'école ou de jardin d'enfants assume donc une immense responsabilité, puisque cette vigne lui a été directement confiée par son Propriétaire. Nos Sages affirment que le fait de se consacrer aux enfants est une oeuvre sacrée.
Votre mérite est donc immense, puisque Dieu vous a confié Sa vigne. Et l'on peut constater que la moindre amélioration, même infime, d'une graine, est d'un immense apport pour l'arbre qui poussera par la suite.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Le directeur du comité exécutif
Lettre n°53
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°53, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Vendredi 14 Adar I 5703,
Au grand Rav, aux multiples réalisations, le Cho'het N. M.
Je vous salue et vous bénis,
Nous avons bien reçu votre lettre, avec la liste des membres du groupe de Michna par coeur et du groupe de Tehilim.
Nous vous remercions de participer à nos réalisations et nous émettons le souhait qu'à l'avenir, vous redoublerez d'ardeur pour nous aider à rechercher le bien de tous.
Il y a peu de temps, la Michna à apprendre par coeur a été répartie par tirage au sort et vous trouverez ci-joint votre carte de membre. A tous ceux que vous avez inscrits au groupe de Michna par coeur, nous envoyons cette carte directement à leur adresse. Et nous transmettons également les noms de ceux qui appartiennent au groupe de Tehilim à Jérusalem.
Vous nous avez demandé d'envoyer les conversations avec les jeunes à trois personnes dont vous nous avez communiqué les adresses. Nous espérons qu'ils les reçoivent à temps. Vous trouverez ci-joint la facture concernant ces abonnements.
Nous espérons avoir des bonnes nouvelles de vos réalisations, depuis votre dernière lettre, dans les domaines d'actions de Ma'hané Israël et du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
La Paracha de cette semaine, Tetsavé, évoque l'obligation pour le Cohen d'allumer une lumière perpétuelle, jusqu'à ce que la flamme s'élève d'elle même. A l'heure actuelle, ceci a une implication sur le service de Dieu. Nos Sages expliquent que le Chandelier, entièrement fait en or, fait allusion au peuple d'Israël, ainsi qu'il est dit tu es toute belle, mon amie.
Le Cohen est celui qui a été choisi par Dieu pour Le servir, dans le domaine de la sainteté. Il lui appartient donc d'allumer ces lumières, d'illuminer la bougie de Dieu (qui) est l'âme de l'homme auprès de tous ceux qu'il connaît, puis de l'allumer encore, jusqu'à ce que la flamme s'élève d'elle-même et que la présence d'un guide ne soit plus nécessaire. Bien plus, ces lumières doivent briller jusqu'au matin, c'est-à-dire jusqu'à l'avènement du monde futur, qui sera entièrement matin.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Lettre n°54
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°54, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Fin du mois d'Adar I 5703](1)
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Au 'Hassid, actif et avisé, le Rav E.N.(2),
Je vous salue et vous bénis,
Vous vous interrogez sur le chapitre 17 du Tanya, selon lequel un impie ne peut accéder au service de Dieu avant d'avoir, tout d'abord, fait Techouva sur ses agissements passés. Est-ce à dire qu'il est concrètement incapable de mettre en pratique l'Injonction écarte-toi du mal et fais le bien? Ou bien faut-il comprendre que sa réflexion à la grandeur de Dieu ne donnera pas naissance aux sentiments qui lui permettront de mettre la Mitsva en pratique, auquel cas cette méditation doit être complétée par un sentiment de soumission à Dieu?
Vous optez pour la seconde explication en avançant que, dans d'autres domaines, par exemple celui du commerce, les impies sont capables de mener à bien une réflexion. Ils sont donc susceptibles d'avoir une compréhension qui induit le sentiment, mais sont punis par le fait qu'ils se retirent cette possibilité pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. De plus, si l'on prétend qu'ils sont incapables d'accomplir la moindre Mitsva avant d'avoir accédé à la Techouva, leur cas ne devrait pas être évoqué dans ce chapitre 17 du Tanya, qui a pour but d'expliquer qu'il est aisé de servir Dieu. Il eut fallu achever le développement sur cette accessibilité du service de Dieu, puis préciser ensuite qu'il ne concerne pas les impies n'ayant pas fait Techouva.
Vos propos ne sont pas très détaillés, dans votre lettre, mais vous semblez vouloir dire qu'il doit être aisé également pour les impies de servir Dieu et que leur cas est, de ce fait, traité dans ce chapitre, mais que des forces supplémentaires doivent toutefois leur être accordées pour que leur réflexion soit fructueuse.
Je suis d'accord pour dire que la seconde explication est la bonne, comme je le développerai, mais je pense que l'on peut objecter à vos deux preuves:
A) Les impies ne sont pas maîtres d'eux-mêmes et cette situation est une punition parce qu'ils ne respectent pas la Torah et les Mitsvot. Le fait qu'ils puissent avoir une attitude raisonnée dans d'autres domaines n'intervient pas ici. En effet, pourquoi seraient-ils punis dans le domaine commercial? Or, si l'on considère que cette punition n'est pas naturelle mais artificielle, ce que le Tanya ne dit pas, si elle devient pour eux une seconde nature, pourquoi n'interviendrait-elle pas également dans le domaine commercial? Ainsi, celui qui, par avarice, refuse de donner de la Tsédaka, n'aura-t-il pas, dans ses activités commerciales, une attitude montrant à quel point il aime l'argent?
B) Qui parle, dans ce chapitre 17, des forces supplémentaires qui sont accordées? Une idée aussi importante pourrait-elle être sous entendue dans le texte, impliquant que la facilité du service de Dieu ne concerne pas les impies? Y a-t-il réellement là une évidence?
De plus, ce chapitre souligne que l'ascendant de l'intellect sur les sentiments est le fonctionnement normal de la personnalité. Dès lors, que signifie l'affirmation de nos Sages selon laquelle les impies sont dominés par leur coeur, mentionnée dans ce chapitre? Une telle attitude ne va-t-elle pas à l'encontre de la nature? Le Tanya explique donc qu'elle est une punition.
Dès lors, comment le verset peut-il dire qu'il est aisé de servir Dieu, alors que l'intellect des impies ne dirige pas leurs sentiments, même s'il s'agit d'une punition? Le Tanya explique donc que le verset de la Torah constatant l'accessibilité du service de Dieu n'est pas dit à propos des impies. Car, pour eux, il n'est, certes, pas aisé de servir Dieu. Bien plus, ils ne peuvent le faire avant d'avoir accédé au préalable à la Techouva.
Du reste, le début du chapitre 18 montre que l'explication donnée a d'abord un caractère général et qu'elle est précisée par la suite.
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Une parenthèse peut être ouverte, concernant ce qui est dit ici, à propos des impies. Le verset constatant qu'il est aisé de servir Dieu peut être interprété à son sens premier, celui qui est indiqué dans ce chapitre 17, de même que dans le traité Erouvin et le Midrach Rabba, comme se rapportant à la Torah et aux Mitsvot, au service de Dieu de toute l'année, devant être assumé en L'aimant et en Le craignant, en étant proche de Lui, de tout son coeur, comme le dit le chapitre 17, ou même très proche de Lui,
de tout son pouvoir, comme l'explique le début du chapitre 18.
Un tel stade du service de Dieu n'est pas accessible aux impies. Transgressant la Volonté de Dieu, ceux-ci sont, en effet, plus bas que les forces du mal elles-mêmes(3). Bien plus, par leurs Mitsvot, ils leur ajoutent des forces, au moins de manière passagère(4). (...) C'est la raison pour laquelle on peut dire que leur vitalité est issue du domaine de la mort(5).
Mais, il est aussi une seconde interprétation, selon laquelle ce verset parle plus spécifiquement de la Techouva, que l'on peut aussi accomplir pour être proche ou même très proche(6). En pareil cas, il est bien clair que le verset parle spécifiquement des impies. La Techouva inférieure leur permet d'être proches, puis, grâce à la Techouva supérieure, ils deviennent très proches, offrant leur vie pour Dieu au delà de toute rationalité. Les discours 'hassidiques permettent de confirmer ces interprétations.
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Pour revenir à notre sujet, un impie, tel que le Tanya le définit, peut-il mettre en pratique le principe écarte-toi du mal et fais le bien? Il est clair qu'il en a la possibilité et l'on peut en voir la preuve la plus tangible dans ce qui se passe chaque jour, de même que dans les récits et propos de nos Sages.
Non seulement les impies peuvent mettre en pratique les Mitsvot pour lesquelles ils ne subissent pas les attaques de leur mauvais penchant, mais, bien plus, la pratique courante établit qu'ils peuvent aussi pratiquer les Mitsvot provoquant en eux un combat et nécessitant une réflexion approfondie, sans pour autant regretter leurs agissements du passé. En effet, peut-on prétendre que celui qui succombe à son mauvais penchant le suivra désormais en chaque point? Le Tanya lui-même affirme que ce n'est pas le cas, sauf lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui est puni pour avoir commis des fautes particulièrement graves.
Un commentaire du Tanya, reproduit en peu d'exemplaires et attribué au Rachag(7), interprète l'expression véritable impie par référence au terme d'impie figurant dans le premier chapitre du Tanya, où il désigne celui dont les mauvaises actions l'emportent sur les bonnes. Cette explication est surprenante. Le premier chapitre ne dit-il pas qu'il ne s'agit là que d'un sens figuré, mais nullement du sens propre? Une interprétation opposée est-elle concevable ici?
Il me semble donc que le véritable impie est celui qui n'éprouve jamais de remords. En effet, l'adjectif véritable désigne ce qui est toujours identique et ne change pas. Ceci est également vrai pour un impie, qui peut aussi s'emplir de regret sans pour autant que celui-ci soit suffisamment fort pour le conduire à modifier son comportement. Mais, cette question doit encore être approfondie.
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En tout état de cause, quelle que soit la signification de cette expression, il reste nécessaire de s'interroger. En effet, chaque faute, qui va à l'encontre de la Volonté de Dieu, instaure une barrière entre l'homme et le Saint béni soit-Il. Celui qui la commet reçoit alors sa vitalité des palais de l'impureté et de l'endroit de la mort. Il en est ainsi pour tous les impies. Mais peut-être l'assujettissement aux forces du mal est-il limité au moment de la faute, alors que, par la suite, intervient un rapprochement avec l'âme divine, sans qu'il ne soit fait référence à la Techouva?
Ainsi, si un obstacle empêche la Torah et les Mitsvot accomplies par cet homme de connaître l'élévation, son corps et son âme animale, en revanche, la reçoivent.
Il est expliqué par ailleurs que l'intellect dirige les sentiments du Beïnoni, de l'homme moyen défini par le Tanya, uniquement dans la mesure où celui-ci a tout d'abord étudié la Torah, qui instaure la paix entre le cerveau et le coeur, dans ta bouche et dans ton coeur. Dès lors, comment affirmer que servir Dieu est très aisé pour chacun? Précisément parce que tout homme doit être capable de maîtriser sa réflexion et, sur la base de celle-ci, de donner naissance au sentiment. Lorsqu'il n'y parvient pas, il s'agit, concrètement, d'une punition.
Une explication est développée dans un autre texte, selon laquelle le Juste est celui qui maîtrise son coeur, le Beïnoni, celui dont l'intellect dirige le sentiment et l'impie, celui qui est livré à son coeur. Ainsi, la base du service de Dieu du Beïnoni est la réflexion à la grandeur de Dieu, qui conduit à L'aimer et à Le craindre. Toutefois, cet homme doit, dans un premier temps, étudier la Torah, afin d'alimenter sa réflexion, de sorte qu'elle suscite effectivement le sentiment.
Néanmoins, l'affirmation selon laquelle il est aisé, pour le Beïnoni de faire naître le sentiment par la réflexion, est valable uniquement dans le cas général, car la Torah prend en compte la majorité. Mais, il est envisageable qu'une telle réflexion reste sans effet. Par ailleurs, le chapitre 29 du Tanya explique que le Beïnoni n'a jamais commis aucune faute, n'a jamais été un impie, pas même un seul instant. Cela signifie, en fait, que, dans son état actuel, il n'a plus aucune trace de ses fautes passées. Dès lors, rien ne peut l'inciter à transgresser la Volonté de Dieu.
A l'opposé, il est bien clair que celui qui a commis des fautes dans le passé conserve la possibilité de devenir un Beïnoni. Certes, cela semble contredire le sens simple de cette affirmation. Néanmoins, le Tanya dit bien, par ailleurs, que le Beïnoni peut se remémorer les fautes qu'il a commises et que chacun peut, à tout moment, devenir un Beïnoni.
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Par ailleurs, le Tanya n'exclut pas l'éventualité, qu'un véritable impie puisse parfois, à l'issue d'une réflexion et d'un combat contre son mauvais penchant, mettre en pratique, de manière tout à fait exceptionnelle, la Torah et les Mitsvot. Dès lors, la nécessité d'une étude préalable est donc uniquement le cas général. Une exception reste possible. Ou peut-être faut-il considérer que la Torah et les Mitsvot d'un véritable impie ne sont pas des actes du service de Dieu, dans la mesure où elles ont pour effet de renforcer le domaine du mal, tant qu'il n'a pas fait Techouva.
Pour compléter cette lettre, j'ajouterai quelques autres précisions sur ce chapitre de Tanya.
Pourquoi affirmer ici que la Torah est éternelle? Pourrait-on envisager qu'il en soit autrement? En fait, il s'agit ici d'établir que l'aisance du service de Dieu ne fut pas accordée uniquement à la génération qui entra en Erets Israël, mais qu'elle reste identique à chaque époque. Car, il eut fallu mettre en pratique la Volonté de Dieu en tout état de cause, même au prix des plus grandes difficultés.
De plus, ce qui est dit ici de l'amour de Dieu s'applique, de la même manière, à la crainte. Il est dit, en effet, qu'une réflexion judicieuse permet de la conserver en son coeur, tout au long du jour, afin de mettre en pratique le Précepte écarte-toi du mal et fais le bien, de respecter la Torah et les Mitsvot. Bien plus, la crainte est présentée comme l'étape première pour tout ce qui est livré au libre arbitre de l'homme. C'est ensuite seulement que l'amour de Dieu peut se révéler.
Il est dit que l'esprit doit consentir un intense effort intellectuel, chaque jour, pendant un long moment. C'est ainsi que la crainte peut s'éveiller dans le coeur. Combien plus en est-il ainsi pour ce qui est de l'amour de Dieu. Néanmoins, le Tanya affirme, dans ce passage, qu'il est aisé pour chacun de cultiver ce sentiment. On peut s'interroger à ce propos.
Il est expliqué, par ailleurs, que le cerveau insuffle la vitalité au coeur. C'est pour cela qu'il le dirige naturellement, permettant à l'homme de repousser le mal. Néanmoins, il n'en maîtrise que l'aspect superficiel et non le contenu profond.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
M. Schneerson
[Seconde version de cette même lettre]
Je commencerai par répondre à la dernière question que vous posez. Vous dites qu'il est question des impies, dans ce chapitre du Tanya, parce que, grâce aux forces qui confortent leur réflexion, il leur est effectivement aisé de servir Dieu
A mon humble avis, cette affirmation n'est pas exacte, car où est-il question dans ce chapitre 17, de ces forces extérieures fortifiant la réflexion? Peut-on imaginer qu'une idée aussi essentielle ne soit pas clairement mentionnée dans le texte?
En tout état de cause, l'aisance du service de Dieu ne concerne pas les impies, comme le Tanya l'affirme clairement dans ce chapitre. Néanmoins, l'affirmation concernant les impies a bien sa place ici et l'on doit la comprendre de la manière suivante.
Il est dit, tout d'abord, que l'intellect dirige naturellement les sentiments. Nos Sages affirment cependant que les impies sont victimes de leur coeur. Une telle situation n'est-elle pas contre nature, d'après ce qui vient d'être dit? Le Tanya explique donc qu'elle est une punition. Mais, s'il en est ainsi, en quoi est-il aisé de servir Dieu? Car, un impie, même s'il s'agit pour lui d'une punition et non d'un état naturel, ne peut pas mettre en éveil ses sentiments à partir de sa compréhension. Le texte conclut donc que le service de Dieu de l'impie n'est effectivement pas facile. Bien plus, cet homme ne peut s'y engager sans Techouva préalable.
De façon générale, le chapitre 17 décrit cette situation dans sa globalité, puis le chapitre 18 lui apporte quelques précisions(8).
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Pour ce qui est de la question proprement dite que vous posez sur le Tanya, la pratique courante et de nombreux récits de nos Sages prouvent que les impies peuvent effectivement mettre en pratique le Précepte écarte-toi du mal et fais le bien.
Non seulement ils conservent la possibilité de pratiquer les Mitsvot pour lesquelles ils ne font l'objet d'aucune attaque de la part de leur mauvais penchant, mais, bien plus, ils restent capables d'un grand effort, d'une lutte contre leur penchant, d'une profonde réflexion, même s'ils n'ont pas encore fait Techouva sur leurs agissements antérieurs.
En effet, peut-on prétendre qu'un
impie, victime de son mauvais penchant dans un domaine précis, devra nécessairement l'écouter dans tous les autres domaines? Le Tanya lui-même affirme qu'il n'en est pas ainsi, y compris dans ce chapitre, qui parle du véritable impie, puni du fait de la gravité de ses fautes.
Qu'est-ce qu'un véritable impie? On peut le déduire d'une explication antérieure du Tanya, selon laquelle l'impie est également saisi, de temps à autre, par les remords, qui l'empêchent de commettre les fautes les plus graves. En conséquence, celui qui n'éprouve jamais de remords, concrètement ou, tout au moins, potentiellement, est bien un véritable impie. Ou peut-être est-ce celui qui regrette ce qu'il a fait, mais pas suffisamment fort pour modifier son comportement(9). On peut encore s'interroger à ce propos.
Quelle que soit la définition retenue pour le véritable impie, la question se pose encore, car chaque faute commise, allant à l'encontre de Sa Volonté, instaure une barrière entre l'homme et Dieu. De même, celui qui la commet reçoit alors sa vitalité du domaine du mal et du lieu de la mort. Il semble donc, sur cette base, qu'aucune différence ne puisse être faite entre un impie et un véritable impie. Toutefois, peut-être n'en est-il ainsi qu'au moment où l'impie commet la faute. Tout de suite après cela, l'élévation lui est ouverte et il se rapproche de son âme divine. Le Tanya ne dit pas qu'une Techouva préalable est nécessaire et précise bien, par ailleurs, à l'instant précis où il commet la faute(10).
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Une autre remarque peut être faite(11). Dans ce chapitre 17, le Tanya explique pour qui il est aisé de servir Dieu. Mais, il n'exclut pas que, de manière exceptionnelle, un véritable impie puisse, au moyen d'une réflexion profonde, faire battre le mal en retraite. Certes, il est dit ici qu'il faut, au préalable, accéder à la Techouva, mais cela est uniquement une situation normale, ce qui n'exclut pas qu'il puisse y avoir des exceptions.
Peut-être le service de Dieu du véritable impie, qui n'a pas encore fait Techouva, n'est-il pas considéré comme tel, ayant pour effet de renforcer le domaine du mal.
On peut trouver une illustration de cela dans ce chapitre. Il dit que l'intellect du Beïnoni dirige ses sentiments. Et, il s'agit bien là d'une situation normale. Car, lui-même pourra parfois n'éprouver aucun sentiment, même à l'issue d'une intense réflexion.
Notes
(1) Cette lettre, qui ne porte pas de date, fait réponse à la question suivante posée à l'issue du Chabbat Terouma, 8 Adar I: Je m'interroge sur ce que dit le chapitre 17 du Tanya: «Les impies ne peuvent pas commencer à servir Dieu, s'ils n'ont pas, au préalable, fait Techouva». Ce chapitre veut-il dire qu'ils ne peuvent pas mettre concrètement en pratique le Précepte «écarte-toi du mal et fais le bien» ou bien qu'ils sont incapables de pratiquer la Torah et les Mitsvot par une réflexion à la grandeur de Dieu qui donnerait naissance à leurs sentiments? Néanmoins, la pratique peut leur être aisée, dans ta bouche et dans ton coeur pour l'accomplir, s'ils renforcent leur désir de se soumettre à Dieu, leur âme divine leur venant en aide pour cela, afin de parvenir à une véritable méditation. Selon cette seconde explication, selon laquelle les impies pourraient effectivement servir Dieu facilement si des forces supplémentaires s'ajoutaient à celles qu'ils possèdent, on peut comprendre pourquoi il est question de ces impies dans un chapitre qui a pour but d'expliquer à quel point il est aisé de servir Dieu. D'après la première explication, par contre, il eut fallu achever l'explication sur cette facilité de servir Dieu avant de parler des impies, qui n'en disposent pas. (2) Le Rav Elyahou Na'houm Shklar, Cho'het de Brooklyn, New York. (3) Qui assument la mission pour laquelle elles ont été créées. (4) Jusqu'à ce qu'ils fassent Techouva ou bien jusqu'à la venue du Machia'h (5) Ces forces du mal dont ils sont les victimes. (6) Selon son degré d'intensité. (7) Le Rav Chmouel Gronam Osterman, premier guide spirituel de la Yechiva Loubavitch. (8) Le Rabbi introduit, dans sa lettre, la note suivante: Peut-être le fait qu'il soit question des impies dans le chapitre 17, expliquant qu'il est aisé de servir Dieu, doit-il être interprété de la manière suivante. Au sens simple, il est dit ici qu'il est facile de mettre en pratique la Torah et les Mitsvot tout au long de l'année. Il faut, pour cela, aimer et craindre Dieu. Il est deux manières d'y parvenir, en étant «proche», comme l'explique ce chapitre 17, ou bien «très proche», comme le dit le chapitre 18. Mais, les impies n'ont pas accès à une telle forme du service de Dieu, d'une part parce qu'ils transgressent Sa Volonté et sont, de ce point de vue, plus bas que les forces du mal, d'autre part parce qu'ils renforcent, par leur Torah et leurs Mitsvot, le domaine du mal, au moins de manière passagère. Ainsi, ils tirent leur vitalité de l'endroit de la mort et c'est pour cela que leurs Mitsvot renforcent le domaine du mal. Mais, on peut comprendre autrement ce chapitre. Il peut avoir pour but d'expliquer que l'accès à la Techouva est aisé. Bien plus, celle-ci peut être réalisée de deux façons, permettant d'être «proche» ou «très proche». Il est clair qu'une telle interprétation s'applique également aux impies. Le chapitre 17 introduit la Techouva inférieure, qui permet d'être «proche» et le chapitre 18, la Techouva supérieure, transcendant la raison, qui rend «très proche». Et la Techouva inférieure doit précéder la Techouva supérieure. C'est la raison pour laquelle il est question des impies dans ce chapitre 17, qui explique comment être «proche». (9) Le Rabbi introduit, dans sa lettre, la note suivante: Dans un commentaire, tiré à quelques exemplaires et attribué au Rachag, le véritable impie est défini comme celui dont les mauvais agissements sont plus importants que les bons. Cette affirmation est surprenante. Le premier chapitre du Tanya ne dit-il pas qu'il y a là seulement un sens figuré et nullement un sens propre? Le contraire de cela peut-il être affirmé ici?. (10) Le Rabbi introduit, dans sa lettre, la note suivante: De ce point de vue, le Tanya évoque uniquement l'élévation de la Torah et des Mitsvot mises en pratique par celui qui a commis une faute. A l'opposé, son âme naturelle et son corps reçoivent spontanément cette élévation. (11) Le Rabbi introduit, dans sa lettre, la note suivante: Une partie de ce chapitre est commentée par différents autres textes 'hassidiques.
Lettre n°55
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°55, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Dimanche, premier jour de
Roch 'Hodech Adar II 5703
A l'estimable 'Hassid, aux multiples réalisations,
le Rav Meïr Zalman, docteur Muscat
B. P. 176, Marietta,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de mardi dernier et je suis surpris que vous nous fassiez un reproche, car nous n'avons jamais reçu de lettre ou de cotisation, de votre part. Je vous prie de bien vouloir adresser tout ce qui nous concerne exclusivement à notre adresse. Ainsi, votre requête sera pleinement satisfaite.
Les brochures que vous venez de recevoir vous ont été adressées à titre de spécimens et nous nous étonnions de n'avoir reçu aucune réponse de votre part, à ce sujet.
C'est donc avec joie que nous vous comptons désormais parmi nos abonnés. Avec l'aide de Dieu, vous recevrez toutes les parutions mensuelles et vous voudrez bien régulariser votre abonnement. Vous trouverez également d'autres abonnés car, ayant reconnu la valeur des conversations avec les jeunes(1), vous conviendrez sans doute qu'elles doivent se trouver dans chaque foyer juif.
Dans la brochure ci-jointe, vous pourrez prendre connaissance de l'oeuvre importante accomplie par le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, présidé par mon beau-père, le Rabbi Chlita, dans le domaine éducatif, de même que des différentes publications qui ont été réalisées. Nous vous envoyons également des spécimens de ce qui a été publié dernièrement.
Il est sûrement possible, dans votre ville, de diffuser ces publications et d'améliorer l'état de l'éducation. Nous souhaitons, en particulier, attirer votre attention sur les Messibot Chabbat, à propos desquelles un compte rendu vous a été adressé, par courrier séparé. Peut-être pouvez-vous en organiser vous-même dans votre ville?
Ayant eu de vos bonnes nouvelles, nous sommes convaincus que vous vous consacrerez de tout votre coeur à l'oeuvre du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. Nous serons heureux d'avoir connaissance de ce que vous avez accompli, dans votre ville, dans le domaine de l'éducation religieuse.
Lorsque Haman voulut tuer les Juifs, Morde'haï ne se contenta pas de demander à Esther d'intercéder auprès d'A'hachveroch. Il réunit lui-même les enfants juifs, comme le rapportent nos Sages et leur enseigna la Torah, en particulier les Lois qui seront applicables lorsque le Temple sera reconstruit. Et nos Sages affirment aussi que le Décret fut abrogé de cette façon.
Ainsi, lorsque le peuple juif vit un moment douloureux, les moyens les plus efficaces pour le sauver sont l'éducation juive, dans l'esprit de la Torah et de la tradition et le développement, dans tous les coeurs, de l'espoir en la délivrance, très bientôt et de nos jours, par notre juste Machia'h, un sentiment qui repousse complètement le désespoir, ce qu'à Dieu ne plaise. De cette manière, les Juifs deviennent les plus forts et pour les Juifs, ce sera lumière, joie, allégresse et honneur(2).
Avec l'espoir de recevoir très bientôt de vos bonnes nouvelles et avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Directeur du comité exécutif(3)
Notes
(1) Le texte de la lettre mentionne à la fois la version Yiddish et la version anglaise. (2) Selon le verset de la Meguila qui résume le miracle de Pourim. (3) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Lettre n°56
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°56, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1 Adar II 5703,
A la très chère présidente, madame B. Shifrin et aux
membres du département féminin de la caisse d'entraide de
Jembin, à Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Nous accusons réception avec reconnaissance de votre chèque de dix dollars au profit de l'école de filles Beth Rivka de Chester Street, qui appartient au réseau scolaire fondé par le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Nous émettons le voeu que cette aide ne soit pas exceptionnelle ou accessoire, mais, au contraire, qu'elle marque le début d'un intérêt et d'une collaboration perpétuels à l'oeuvre sacrée et capitale de l'école Beth Rivka, une institution dévouée à l'éducation religieuse des filles juives.
Très chères femmes, en cette période difficile, pour notre peuple d'Israël, nous devons nous souvenir de ce qui se passa à l'époque du premier Haman qui se dressa contre les Juifs.
Le salut divin et la chute de Haman furent alors provoqués par un homme et une femme, Esther et Morde'haï.
Esther fit abstraction de son confort personnel, du fait qu'elle n'était pas personnellement en danger. Elle n'hésita pas à risquer sa vie pour sauver ses frères et ses soeurs.
Mais, avant d'entrer en lutte contre le décret de Haman, elle dit à Morde'haï: Va, réunis tous les Juifs, afin de prier ensemble.
Nos Sages nous racontent que Morde'haï rassembla des dizaines de milliers d'enfants juifs et leur enseigna la Torah.
En ce temps de persécutions, un puissant Haman s'est de nouveau dressé, mais, assurément, il connaîtra également une fin amère. Alors, les Juifs auront lumière et joie. Toutefois, chacun d'entre nous doit agir pour qu'il en soit ainsi au plus vite.
Chaque femme juive doit adopter la devise: va, réunis les enfants et les jeunes Juifs, afin de les éduquer, dans un esprit d'abnégation, au Judaïsme et à la Torah. Nous autres, femmes juives, ferons que les moyens pour faire fonctionner les institutions ne manquent pas. Mais, que nos enfants soient des Juifs conscients, fidèles à la Torah d'Israël!
Un tel engagement est de nature à provoquer la chute rapide du Haman de chaque époque.
Très chères femmes, faites que vos filles imitent votre exemple, en recevant l'éducation juive qui convient, dans des écoles capables de la dispenser. Faites que ces institutions aient les moyens d'exister et d'augmenter l'effectif de leurs élèves, de sorte qu'aucune fille juive ne reste extérieure à cette structure.
Dans les écoles Beth Rivka, les filles juives reçoivent l'éducation qui leur permet de devenir des soeurs et des épouses fières et fidèles à l'esprit de la Torah, les mères de la génération qui vient. En conséquence, en aidant ces écoles, vous assurez l'avenir de nos jeunes et de nos accomplissements.
Par ce mérite, nous pourrons assurer très rapidement la chute du Haman actuel et recevoir joie et lumière véritables.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Pour le Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(1),
N. Mindel, secrétaire(2)
Notes
(1) du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. (2) Le Rav Nissan Mindel, par la suite secrétaire du Rabbi.
Lettre n°57
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°57, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Lundi Roch 'Hodech Adar II 5703,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à la lettre de ..., remarquant que le nom de Moché n'est pas mentionné dans la Parchat Tetsavé. En plus de la réponse imprimée par ailleurs(1), je vous présenterai une explication dans ses grandes lignes et ceci permettra de répondre à la question que les commentateurs posent sur le Baal Hatourim, celle qui figure dans votre lettre.
Voici ce que dit le Baal Hatourim, au début de la Parchat Tetsavé: Moché n'est pas mentionné dans cette Sidra, à la différence de toutes les autres, depuis celle rapportant sa naissance. Il a dit, en effet: «efface-moi du livre que Tu as écrit». Or, la malédiction d'un Juste, même conditionnelle, se réalise en tout état de cause.
On a objecté que Moché n'est pas mentionné non plus dans Ekev, Reéh, Choftim, Sidrot auxquelles on pourrait ajouter Tétsé et Nitsavim. On peut donc répondre que l'ensemble du livre de Devarim est introduit par voici les paroles que prononça Moché, ce qui porte bien sur l'ensemble du livre et justifie ce changement de formulation. Le Ramban donne la même explication.
Pour reprendre l'explication du Baal Hatourim, il est possible d'effacer uniquement ce qui a été écrit et existe déjà. Bien plus, nos Sages ajoutent que l'écriture doit en être faite sur un support qui se maintient dans le temps(...). Toutefois, pour ce qui concerne Dieu, aucune différence ne peut être faite entre ce qui est potentiel et ce qui est effectif.
Il en résulte que cette question n'en est pas une et, dans toutes ces Sidrot, il n'est pas nécessaire que le nom de Moché soit mentionné. Pour ce qui est de Tetsavé, en revanche, bien que cette Sidra soit le prolongement de la précédente, Terouma, introduite par le verset et Dieu dit à Moché, elle se conclut par l'Injonction de construire l'autel pour le sacrifice des encens, ce qui est une idée nouvelle. En effet, la Torah décrit d'abord les instruments du Sanctuaire et les vêtements des Cohanim, qui furent prêts le 25 Kislev ou le Roch 'Hodech Adar. Puis, est décrite l'inauguration du Sanctuaire, qui eut lieu à la fin du mois d'Adar. Et la Torah revient ensuite à la construction de l'autel pour le sacrifice des encens(2), qui fut conjointe à celle de tous les autres instruments. Une introduction particulière(3) était donc nécessaire ici(...).
C'est ainsi qu'il faut comprendre l'explication du Baal Hatourim. Cette introduction particulière a, en l'occurrence, été omise parce que Moché avait dit efface-moi de Ton livre. De ce fait, la Parole de Dieu ne lui fut pas directement accordée. Mais, l'on peut encore s'interroger, à ce propos.
Certains considèrent que la Parchat Tetsavé fut dite avant la faute du veau d'or. En ce sens, son nom fut effectivement effacé. Et, pour ceux qui pensent qu'elle fut dite après cette faute, il ne fut d'emblée pas écrit alors qu'il aurait, potentiellement, dû l'être(4).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Notes
(1) Qui n'est pas parvenue jusqu'à nous. (2) Qui devait pourtant être réalisée avant l'inauguration. (3) Mentionnant le nom de Moché. (4) La fin de cette lettre mentionne un certain nombre de références permettant de compléter cette analyse.
Lettre n°58
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°58, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Mardi 2 Adar II 5703
Brooklyn,
A celui qui se consacre à une tâche divine, le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Dans votre lettre de la semaine dernière, vous me dites qu'en enseignant à vos élèves le verset (Béréchit 41, 40) Tout mon peuple sera nourri (Ichak) sur ta parole(2), vous rapprochez le mot Ichak de Nechika, baiser, en vous appuyant sur certaines références permettant cette analogie, parce que vous ne souhaitez pas encombrer l'esprit d'un élève débutant avec une signification nouvelle d'un terme qu'il a déjà rencontré. Mais, me dites-vous, certains contestent cette manière d'agir, Rachi lui-même traduisant Ichak par sera nourri. Vous ne m'écrivez pas quel est l'objet de cette contestation, mais elle est sans doute basée sur le fait que Rachi donne une autre interprétation.
A mon sens, cela n'est pas une raison suffisante, car il s'agit, en l'occurrence, uniquement de comprendre le sens simple du verset et non d'établir la Hala'ha. Rachi, dans son commentaire, développe sa propre conception, portant lui-même témoignage que plusieurs interprétations peuvent être données d'un même verset. Son petit-fils, le Rachbam, rapporta que, selon ses propres dires, il aurait développé d'autres explications, s'il en avait eu le temps. Tout cela est une évidence et répond à la question de savoir s'il est possible de choisir l'interprétation d'un autre commentateur, lorsqu'elle contredit celle de Rachi.
Néanmoins, il est nécessaire de revenir sur le sens simple du verset tout mon peuple sera nourri sur ta parole. Pratiquement, tous ceux qui l'établissent interprètent bien Ichak au sens de sera nourri.
La traduction par baiser, introduite par Rabbi Avraham Ibn Ezra, est ici beaucoup plus lointaine, bien qu'elle se rapporte à la pratique d'embrasser le roi. Une telle interprétation, néanmoins, n'est donnée que par les commentaires qui s'écartent du sens simple(...).
Il me semble que l'on peut expliquer pourquoi cette signification est considérée comme plus éloignée du sens simple du verset. Tout d'abord, elle conduirait à le traduire ainsi: en fonction de ta parole, tout mon peuple m'embrassera ou bien par ta bouche, tout mon peuple sera embrassé, deux lectures que l'on retrouve difficilement dans les mots du verset, bien qu'on trouve l'équivalent de la dernière dans la Michna.
A mon avis, il faut donc traduire tout mon peuple sera nourri sur ta parole et dire aux élèves que la langue de la Torah a parfois un nombre réduit de références et qu'il est possible d'y trouver un terme employé une seule fois dans un certain sens, comme le souligne, en particulier, le Rambam.
Vous savez sans doute que Rabbi Saadya Gaon, le premier, écrivit un livre pour commenter les expressions rares que l'on trouve dans les manuscrits. Vous consulterez, à ce propos, le recueil bibliographique Otsar Israël.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Directeur du comité exécutif
Nous espérons disposer, ces jours-ci, de quelques calendriers. Nous en enverrons alors vingt exemplaires à l'adresse que vous nous avez indiquée.
Le Targoum, la version des septante et la vulgate traduisent Ichak par sera entendu, ce qui n'est pas une interprétation littérale, mais reste néanmoins plus proche du sens simple que le baiser, qui est un signe d'honneur, mais ne fait pas allusion au commandement.
Notes
(1) Le Rav Yossef Flyer, de Chicago. (2) Rapportant les propos du Pharaon à Yossef lorsqu'il le nomma vice roi de l'Egypte.
Lettre n°59
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°59, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[3 Adar II 5703]
Au Rav Y.O.(1)
Je me permets de m'adresser à vous pour formuler la requête suivante.
Un jeune homme qui s'appelle... travaille actuellement, pour l'armée, à Washington. Son père est un homme qui craint Dieu et lui-même est de nature agréable, se laisse facilement diriger dans le bon sens. Il peut se libérer, chaque jour, pendant un certain temps, de son travail.
On peut donc le convaincre de mettre chaque jour les Tefilin, de manger cacher, y compris sur son lieu de travail.
Ce jeune homme va vous rendre visite et je vous prie donc d'être proche de lui, physiquement et moralement, puis de me faire savoir les conséquences de l'influence que vous exercerez. Je vous en remercie d'avance.
Puisque nous évoquons le cas d'un soldat, peut-être pourriez-vous vous concerter avec d'autres personnes ayant la crainte de Dieu, afin de fonder un comité pour fournir de la nourriture cachère aux soldats de votre ville. Dans de nombreuses grandes villes, de tels comités existent déjà et ont pu préserver de nombreux Juifs d'une nourriture Taref.
Bien évidemment, nous sommes prêts à vous aider, dans la mesure du possible.
Pour conclure en évoquant la Paracha, une question m'a été posée ces jours-ci(2) à propos de la Parchat Tétsavé, à propos de laquelle deux avis existent. Selon le premier, elle fut dite avant la faute du veau d'or, selon le second, après celle-ci. Une discussion oppose, à ce propos les Sages de la Michna. Le Zohar, en revanche, considère que les dons pour le Sanctuaire furent eux-mêmes apportés avant la faute du veau d'or. On peut s'interroger, à ce propos.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Rav Yaakov Ozer Doubrov, de Washington. (2) Voir la lettre n°57.
Lettre n°60
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°60, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[4 Adar II 5703]
A l'occasion de ta Bar Mitsva, je t'adresse mes bénédictions pour qu'à partir de ce jour où tu deviens adulte, tu grandisses, sans cesse, dans tes études et ton comportement, afin que tes parents et tes grands-parents conçoivent de toi beaucoup de satisfaction et de plaisir.
A l'époque de Morde'haï, les Juifs se trouvaient en exil et Haman décida de les tuer. Que fit Morde'haï? Il réunit les jeunes Juifs et leur enseigna la Torah. C'est ainsi que le décret fut annulé.
Lorsque les Juifs se trouvaient dans leur pays, chacun dans ses possessions, Efraïm et Yehouda formaient un peuple unique sur la terre et le roi Chlomo, fils de David, était à leur tête. Il bâtit une demeure pour Dieu, mais nos Sages ordonnèrent que l'étude des élèves ne soit pas interrompue pour qu'ils participent à la construction du Temple!
La Torah est un arbre de vie pour celui qui s'accroche à elle. Sur le mont Sinaï, Moché transmit à tout Israël des Lois et des Préceptes. En respectant ses Mitsvot, nous résisterons à tous nos ennemis, en exil et, très prochainement, nous mériterons le dévoilement du grand jour de Dieu, lorsque le coeur des pères reviendra par les enfants et celui des enfants, vers leurs pères. Alors, Il nous libérera par Son Machia'h, qui s'appelle Mena'hem et consolera nos âmes.
Sois vigoureux et fort dans l'étude de la Torah et la pratique des Mitsvot!
Lettre n°61
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°61, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Vendredi 5 Adar II 5703]
Notre très cher ami, le Rav Moché Its'hak Hecht, nous a fait part, avec enthousiasme, de votre décision de mettre les Tefilin, chaque jour de semaine.
Du fond de mon coeur et avec un profond sentiment d'amour, je vous rends hommage pour cette très importante décision.
Une tête qui porte les Tefilin fonctionne de manière juive. Un coeur auprès duquel se trouvent les Tefilin ressent de manière juive. Une main attachée par les Tefilin s'écarte des mauvaises actions et en accomplit toujours de bonnes.
La Torah et les Mitsvot sont notre vie. Le fait que vous mettiez les Tefilin constitue un bonheur pour vous et pour votre famille, un bien pour tout notre peuple, un soutien pour le pays dans lequel nous nous trouvons.
Une Mitsva en attire une autre et une chaîne se trouve ainsi créée.
Nous vous souhaitons de poursuivre votre ascension morale, d'être en bonne santé et de connaître l'opulence matérielle.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Lettre n°62
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°62, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Adar II 5703,
A la distinguée famille Rabinovitch,
qui aura longue vie, Boston
Je vous salue et vous bénis,
Je viens, par la présente, vous exprimer ma profonde sympathie, à la suite de la perte du père et mari, le 'Hassid bien connu, le Rav Meïr David(1).
Il était pour nous un ami personnel et dévoué de toutes les institutions de mon beau-père, le Rabbi Chlita et son souvenir restera profondément gravé dans tous les coeurs.
Le bon Dieu vous consolera, parmi tous les endeuillés de Tsion et de Jérusalem.
Très chère famille Rabinovitch,
Il y a actuellement un grand manque de Tanya et l'impression d'une nouvelle édition serait particulièrement utile. Je vous propose donc de créer un fonds portant le nom de votre cher père et mari afin de rééditer le Tanya pour l'élévation de l'âme du défunt Rav David Meïr(2).
Il est inutile que je précise à quel point cela est important et l'immense plaisir que vous procurerez ainsi à l'âme du défunt. Notre ami, le Rav Israël Jacobson vous transmettra personnellement d'autres détails et j'espère que vous considérerez cette proposition avec le plus grand intérêt.
Avec ma bénédiction de longue vie et pour que Dieu efface les larmes de tous les visages,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Survenue le 2 Adar II. (2) Concrètement, c'est le fascicule 'Hano'h Lenaar, publié par les éditions Kehot en 5703 (1943) qui fut imprimé pour l'élévation de son âme.
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