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Iguerot Kodesh — lettres 987 à 1006

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°987

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°987, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Nissan 5711, Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Avraham ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille de Pessa’h. Entre temps, vous avez vous même sans doute reçu le fascicule édité à l’occasion de cette fête, avec la lettre qui l’accompagnait(2).

Je vous adresse ma bénédiction.

Ace propos, j’ai protesté, il y a quelques temps et je proteste encore maintenant contre la curieuse pratique consistant à ne pas répondre Amen à la bénédiction du Gomel(3), mais à dire uniquement “ Celui qui t’a prodigué le bien ”(4).

Je suis surpris qu’une telle manière d’agir se soit répandue. De fait, j’ai pu constater, dans plusieurs synagogues où j’ai prié, que l’on ne disait pas Amen.

Notes

(1)

Le Rav A.H. Naé, de Jérusalem. Voir, à son propos, la lettre n°764. (2)

La lettre n°971. (3)

Bénédiction que l’on récite après avoir traversé la mer ou le désert, après avoir recouvré la santé ou après avoir été libéré de prison. (4)

“ Te le prodiguera encore, à l’avenir ”. Cette formule doit normalement être dite après Amen.

Lettre n°988

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°988, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

Parmi les contraintes subites par l’homme, nos Sages mentionnent le fait que “ tu vis contre ton gré ”. De fait, la vie n’est pas une succession de plaisirs. En tout état de cause, elle ne peut être entièrement paisible ou même n’intégrer que les souffrances les plus légères. De temps à autre, il s’avère, de la manière la plus tranchée, que “ tu vis contre ton gré ” et que “ tout ce que Dieu fait est pour le bien ”.

Vous consulterez, à ce propos, dans le fascicule n°59, à la page 33, la lettre de mon beau-père, le Rabbi, du 12 Tamouz 5708.

Néanmoins, on peut constater que tout dépend, pour une large part, de l’effet que ces événements peuvent exercer sur la vie de l’homme, avec quelle vigueur il les accepte et comment il réagit. Qui est plus grand que le Rambam, dont la vie fut une succession d’ennuis, d’aventures, de souffrances, d’accidents totalement inhabituels ? Malgré cela, sa conception de la vie, qu’il expose dans son Guide des égarés, était particulièrement positive et optimiste. A l’opposé, différentes personnes dont la vie semble heureuse, n’exprime que très rarement leur satisfaction.

Une même distinction peut être faite dans la nature des hommes. Dans ce domaine, la ‘Hassidout vient en aide à chacun. Dès l’époque du Baal Chem Tov, on proclama l’importance du Précepte “ servez Dieu dans la joie ”. Même lorsque l’on recherche la Techouva, pour des fautes que l’on est certain d’avoir commises, on peut “ se réjouir, avec un côté du cœur et se lamenter, avec l’autre ”, comme l’explique longuement le Tanya.

Ce qui vient d’être dit s’applique, tout particulièrement, à ce qui n’est pas livré au libre choix de l’homme. A n’en pas douter, la ‘Hassidout donne les moyens, même par la logique, de se réjouir, au moins en réparant le passé.

Tout cela aurait du diminuer considérablement l’émotion, l’amertume et surtout la tristesse provoquées par ces événements. Vous consulterez, à ce propos, le chapitre 26 du Tanya. Les livres de nos Sages et le chapitre 22 d’Igueret Hakodech affirment que “ ainsi, Dieu accorde le bien et Il éclairera Sa Face pour lui, lui témoignant un amour évident, alors que celui-ci était auparavant voilé et caché dans une réprimande affirmée. Dès lors, la rigueur s’adoucit en sa source et la sévérité disparaît pour l’éternité ”.

Dans l’une de ses causeries, mon beau-père, le Rabbi, fait remarquer qu’il est dit, au début de ce passage : “ comme un père miséricordieux, sage et juste, qui frappe son fils ”. Le texte n’accorde donc pas à ce père le titre de ‘Hassid, alors qu’il dit, par la suite, “ devant son père, miséricordieux, juste et ‘Hassid ”. En effet, ce père frappe son fils et, même s’il s’agit, de sa part, d’une marque d’amour caché, il n’est pas possible, dans de telles circonstances, de lui accorder le titre de ‘Hassid.

Tous ces propos n’ont pas pour but de faire de la morale, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien plus, il n’est pas aisé de parler à quelqu’un en ces termes, surtout en sachant ce qu’il a enduré. Mon objectif est donc uniquement de rappeler l’enseignement de notre Torah, vous permettant d’être moins amer et de vous tranquilliser, au moins partiellement, jusqu'à ce que s’accomplisse la promesse, précédemment énoncée, d’Igueret Hakodech, selon laquelle “ Dieu accorde le bien et éclairera Sa Face pour lui ”, satisfaisant tous ses besoins.

Lorsqu’une modification interviendra, en la matière, vous ne manquerez pas de me le faire savoir, surtout si vous pouvez me donner de bonnes nouvelles, dans l’un ou plusieurs de ces domaines.

Avec ma bénédiction pour que vous puissiez, très bientôt, vous installer avantageusement,

Lettre n°989

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°989, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu vos lettres en leur temps et j’ai lu votre demande de bénédiction, avec tous les points qu’elle comportait, lorsque je me suis rendu près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre du 13 Nissan que quelques uns de vos problèmes ont déjà trouvé une solution et vous exprimez votre reconnaissance, à ce propos. Sans doute constaterez vous également une amélioration dans les autres domaines, en un bien visible et tangible.

Vous pensez souffrir du cœur. Il n’y a vraisemblablement là qu’une illusion, de votre part ou, tout au plus, une manifestation nerveuse. Pour vous reposer, vous consulterez sûrement un médecin compétent et vous vous conformerez à ses prescriptions.

Voici pour ce qui est des voies naturelles. A un stade plus profond, vous devez vous pénétrez profondément de la foi que chaque Juif possède, étant “ croyant, fils de croyant ”. Le Saint béni soit-Il créa le monde, il y a 5711 ans. A chaque instant, Il crée le monde à nouveau et le dirige, selon Sa Volonté. Il est la perfection du bien et désire naturellement le prodiguer aux créatures.

Il est donc bien clair que vos besoins personnels font partie de tout cela. Le Saint béni soit-Il est, en effet, le Maître de votre vie et de tout ce qui vous concerne. Il vous conduira là où vous le désirez, car Il agit selon la volonté profonde de chaque Juif. C’est la raison pour laquelle, lorsque l’on oblige quelqu’un à dire qu’il veut mettre en pratique les Préceptes de Dieu, on considère qu’il exprime effectivement sa volonté véritable.

Puisse-t-Il vous conduire avec un amour évident, avec bonté et miséricorde. Otez vous de l’esprit toutes les considérations sur votre état nerveux. Un ‘Hassid doit être en bonne santé, non seulement physique, mais aussi morale. Ainsi, s’accomplira, par son intermédiaire, la mission pour laquelle votre âme est descendue dans ce monde inférieur, matériel et grossier.

Avec ma bénédiction pour que, très bientôt, vous m’annonciez de bonnes nouvelles dans tous ces domaines et en vous saluant,

Lettre n°990

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°990, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre, en son temps et j’ai également eu de vos nouvelles par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre fidèlement aux besoins communautaires, le Rav Yossef Weinberg. D’une part, j’ai été satisfait d’avoir de vos nouvelles, mais, d’autre part, j’ai appris avec peine que vous avez des difficultés à vous adapter à votre nouvelle situation, que vous la considérez avec humeur, bien que celle-ci sera uniquement passagère, avec l’aide de Dieu.

Vous prenez sûrement pour référence la situation de l’endroit duquel vous avez été sauvé et, de temps à autre, vous pensez aux bontés de Dieu envers tous les Juifs, nous compris, puisque nous avons été épargnés par les terribles événements qui ont décimé les Juifs, ces dernières années.

Concernant votre situation actuelle, il ne fait pas de doute qu’avec le temps, vous pourrez vous organiser pour obtenir la satisfaction de vos besoins matériels et la libération morale. Vous serez alors satisfait de vous même et vous pourrez exercer une influence positive sur votre entourage. Ainsi, il sera évident que vous êtes un Juif et un ‘Hassid, que vous avez eu, pendant de nombreuses années, le mérite de vous trouver en relation avec mon beau-père, le Rabbi.

Vous avez reçu de lui tant de forces, non seulement pour supporter vos propre épreuves, mais aussi pour guider les autres dans l’esprit de la ‘Hassidout. Pour cela, vous devez diffuser les trois amours, celui de Dieu, celui de la Torah et celui d’Israël. Au sens le plus littéral, vous devez rendre votre vie et celles de votre entourage plus heureuses et plus chaleureuses, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, en général, conformes à la ‘Hassidout, en particulier.

Vous n’avez donc nullement le droit d’être découragé, du fait des lenteurs. Je suis convaincu que, peu à peu, votre situation va aller en s’améliorant et que vous pourrez m’annoncer de bonnes nouvelles, me confirmer que votre confiance et votre moral se sont affermis, que votre situation matérielle est d’ores et déjà meilleure, qu’elle sera même encore meilleure.

Je vous souhaite tout le bien et je vous exprime ma bénédiction pour que vous puissiez m’annoncer ces bonnes nouvelles, dans tous ces domaines, très rapidement. Bien évidemment, lorsque je me trouverai près du tombeau, je mentionnerai votre nom pour la satisfaction de tous vos besoins. A n’en pas douter, mon beau-père, le Rabbi, invoquera la miséricorde divine afin que vous obteniez tout ce dont vous avez besoin, matériellement et spirituellement.

J’attends de vos bonnes nouvelles.

Vous avez sans doute plus ou moins connaissance de la situation du Judaïsme dans votre ville et vous vous efforcez d’influencer positivement et de mieux connaître ceux que vous contactez, grâce à l’enthousiasme inhérent à la Torah et aux Mitsvot.

Lettre n°991

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°991, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

Aux responsables et aux donateurs de

l’association pour Maot ‘Hitin(1),

Paul River, Massachusetts,

auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avant Pessa’h, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et multiplie les accomplissements positifs, Rav Mechoulam Zalman Hacohen Shachter, votre participation aux Maot ‘Hitin(1) et vous en trouverez ci-joint le reçu.

Je vous remercie de transmettre mes félicitations et ma bénédiction aux donateurs, aux responsables et aux membres de leur famille.

Les Maot ‘Hitin sont liés à la proclamation qui est faite au début de la célébration de Pessa’h(2) : “ Celui qui a faim, qu’il vienne et mange, celui qui est dans le besoin, qu’il vienne et célèbre Pessa’h ”(3).

Ainsi, avant même de commencer le Séder, nous affirmons que nous satisferons les besoins de tous ceux qui en éprouvent. C’est uniquement après cela que le Séder peut commencer. C’est de cette manière que nous pouvons avoir le mérite de célébrer un véritable “ temps de notre liberté ”.

Voici donc ce que l’on accomplit avec la Tsedaka, en général et les Maot ‘Hitin, en particulier, qui apportent à soi-même beaucoup plus qu’aux autres. C’est, en effet, de cette manière que l’on se libère des tracas matériels et spirituels, que chacun en particulier vit un véritable “ temps de notre liberté ”, ainsi que, très bientôt et de nos jours, nous connaîtrons la liberté collective.

Alors, Dieu nous fera quitter l’exil, par l’intermédiaire de notre juste Machia’h, qui nous apportera la délivrance véritable et complète.

Avec ma bénédiction pour tout le bien matériel et spirituel,

Notes

(1)

La Tsedaka destinée à satisfaire les besoins spécifiques à la fête de Pessa’h. Voir, à ce propos, les lettres n°967, 968 et 980. (2)

Au début du Séder. (3)

Voir, à ce propos, les lettres n°982 et 983.

Lettre n°992

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°992, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, grand érudit, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires et multiplie les

actions positives, le Rav E.(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

Je vous joins la copie de la lettre que j’adresse au comité de sauvetage.

Je sais que vous entretenez une relation positive avec les institutions de mon beau-père, le Rabbi, en particulier pour ce qui concerne l’aide, le secours et la réinsertion des réfugiés, en Europe. Vous vous êtes personnellement rendu sur place et vous avez été le témoin oculaire de tout le bien matériel et spirituel qui découle de l’œuvre de notre bureau, à Paris(2).

Il me semble inutile d’en dire plus, pour quelqu’un comme vous et vous ferez donc de votre mieux pour que la subvention(3) soit effectivement accordée, au plus vite.

Je vous remercie beaucoup pour votre intervention rapide, dans ce domaine.

Avec ma bénédiction pour une prompte guérison,

Notes

(1)

Le Rav Efraïm Epstein. (2)

Dirigé par le Rav Binyamin Gorodetski. (3)

Demandée au comité de sauvetage.

Lettre n°993

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°993, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples qualités, le Rav David(1),

Grand Rabbin et président du tribunal

rabbinique de Tunisie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai entendu parler de vous par notre délégué et notre bureau en Europe et au Maroc(2). De temps à autre, j’apprends avec satisfaction que la qualité de l’éducation s’améliore, dans votre pays et que vous menez des actions positives, en la matière.

J’ai demandé au bureau du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h de vous envoyer quelques livres d’étude édités par nos soins et des ‘Houmachim(3) pour les enfants de votre pays. Vous les avez sans doute bien reçus et ils vous seront sûrement très utiles.

Je vous adresse le fascicule paru, à l’occasion de la fête de Pessa’h, juste avant cette fête.

Pessa’h a sans doute provoqué un regain d’intérêt pour l’éducation et son raffermissement, dans votre ville. Chaque Juif, au début de son repas, pendant cette fête, annonce et proclame : “ celui qui a faim, qu’il vienne et mange ”(4). Ces mots vont bien au delà de leur sens premier. Ils indiquent, en outre, qu’il faut apporter “ l’aliment de la guérison ”(5) et “ l’aliment de la foi ”(6) au fils unique du Roi, qui est malade et a faim, selon le Zohar, tome 2, page 183b.

C’est ainsi que l’on procure une immense satisfaction à notre Père, Qui se trouve dans les cieux, béni soit-Il. On sait que l’Attribut du bien est le plus puissant(7). Il permettra d’obtenir toutes les bénédictions réservées, pour ce monde et le monde futur, à tous ceux qui agissent et se consacrent à l’éducation positive des enfants juifs.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1)

Le Rav D.Bembaron. (2)

Par le Rav Binyamin Gorodetski, de Paris. (3)

Les cinq livres de la Torah. (4)

Voir, à ce propos, les lettres n°982, 983 et 991. (5)

La Matsa du premier soir. (6)

La Matsa du second soir. (7)

Et surpasse celui de la rigueur.

Lettre n°994

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°994, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

A l’homme agréable, qui craint Dieu,

responsable communautaire empressé,

le Rav Morde’haï Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre compte rendu sur la situation de la Tunisie, dans le domaine éducatif et je vous en remercie. Je recevrais avec plaisir, de temps à autre, de vos nouvelles, à propos des réalisations positives que vous introduisez, dans ce pays, pour assurer l’éducation des enfants juifs.

Comme vous me l’avez demandé, j’ai dit au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h de vous adresser un colis de livres à l’adresse du Rav Bembaron(1). Ces ouvrages vont sont sûrement parvenus dans de bonnes conditions et vous voudrez bien me confirmer les avoir reçus.

Nous venons de célébrer la fête de Pessa’h et nous nous approchons avantageusement du printemps. Or, le verset précise que Pessa’h doit être célébré pendant le mois du printemps. Concrètement, durant cette saison, les forces vives de la nature, restées cachées pendant l’hiver, au point de sembler disparaître complètement, réapparaissent soudain. Dès lors, il est établi que ces forces se sont voilées pendant quelques temps seulement pour mieux agir par la suite. Les arbres fleurissent, les champs se couvrent de légumes. Et, nos Sages disent que : “ celui qui se rend dans les champs, pendant le mois de Nissan et voit les arbres en fleur doit réciter une bénédiction(2) ”.

Il découle de cela une leçon pour nous tous. On peut se dire qu’une certaine période de notre existence n’est pas créative, n’apporte rien de nouveau. On doit savoir qu’une telle conception est, de façon générale, erronée, qu’une interruption a pour but d’ajouter des forces ou, pour reprendre l’image précédemment énoncée, d’assurer la floraison et de donner naissance à des fruits.

La fête de Pessa’h fait allusion à tout cela. Peu après l’amer exil de l’Egypte, exil du corps et de l’âme tout à la fois, au point que l’ange protecteur de ce pays dit : “ En quoi ceux-ci sont-ils différents de ceux-là ?(3) ”, l’élévation qui résultait de cet exil apparut à l’évidence. En cinquante jours, les enfants d’Israël quittèrent les quarante neuf portes de l’impureté, afin de recevoir la Torah de Dieu Lui-même.

Avec ma bénédiction pour que vous connaissiez la réussite dans le rapprochement des enfants juifs de notre Père Qui se trouve dans les cieux,

Notes

(1)

Voir la lettre précédente. (2)

“ Béni sois-Tu, Eternel notre Dieu, Roi du monde, Qui a fait un monde dans lequel il ne manque rien, y a placé toutes les créatures positives et les bons arbres, afin que les hommes en profitent ”. (3)

En quoi les enfants d’Israël diffèrent-ils des Egyptiens puisque les uns et les autres sont idolâtres et pourquoi ces derniers se noient-ils dans la mer Rouge, alors que les premiers la traversent à pied sec ?

Lettre n°995

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°995, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et s’acquitte

fidèlement de sa tâche, le Rav Y.Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Pour faire suite à notre conversation téléphonique, je vous joins une copie de ma lettre à monsieur Yossef Robinson(2), de même que les vingt chèques établis par monsieur Simon et monsieur Kaplan, qui se suivent, par leur étalement dans le temps. Ils sont rédigés de façon à être encaissés deux jours après ceux de Robinson, dès le sixième chèque, comme vous l’avez demandé, car, selon vos propres termes, la Tsedaka est prioritaire.

A ce propos, je voudrais vous rappeler ce que dit l’Admour Hazaken, dans Igueret Hakodech, au chapitre 21. Aussi précieuse que puisse être la Mitsva, l’empressement avec laquelle elle est accomplie reste déterminant. L’Admour Hazaken souligne tout particulièrement cette idée à propos de la Tsedaka. Voici ses mots : “ L’empressement de notre père Avraham nous protège, de même que nos enfants, pour l’éternité ”. Puis, il précise que “ l’acte de Tsedaka est le plus important, étant positif également dans ce domaine. Il faut donc lui accorder la priorité, dans toute la mesure du possible ”.

Je voudrais conclure en exprimant le souhait que s’accomplissent les termes de la Guemara, selon lesquels “ prélever, tu prélèveras la dîme : Prélève la dîme afin de t’enrichir ”(3). Et, celui qui conduit les autres à l’action surpasse celui qui agit personnellement. Celui qui introduit son propre effort pour que l’argent des autres parviennent à une caisse de Tsedaka a la préséance sur celui qui offre de son propre argent.

Votre participation à l’œuvre de mon beau-père, le Rabbi, en Afrique du nord, sera le canal véhiculant le bien visible et tangible et une bonne santé, pour vous, pour votre épouse et pour tous les membres de votre famille. Vous connaîtrez une grande réussite dans vos affaires, matérielles et spirituelles. Et, puisque l’on s’élève dans le domaine de la sainteté, vous aurez également le mérite d’intensifier votre participation aux accomplissements de mon beau-père, le Rabbi. Celle-ci se développera de plus en plus.

J’espère recevoir à tout moment de vos bonnes nouvelles et je vous adresse une grande bénédiction, matérielle et spirituelle,

Notes

(1)

Le Rav Yaakov Kats de Chicago. Voir, à son propos, la lettre n°822. (2)

Voir, à son propos, les lettres n°947, 1116 et également les lettres n°930, 945, 970, adressés au Rav Kats. (3)

Le verset comporte, en effet, une répétition que la Guemara interprète en constatant que Asser, prélève la dîme, est de la même étymologie que Achir, riche.

Lettre n°996

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°996, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

Parmi les nombreuses perles que l’on trouve dans la présente causerie(1), l’une des plus importantes, qui est mentionnée au paragraphe 15, est la suivante, qui sera quelque peu abrégée ici :

“ Auparavant, on savait que l’on devait “ être ”, être un Juif, être un homme qui craint Dieu, être un ‘Hassid. Aujourd’hui, on doit “ connaître ”, connaître la Torah, connaître la ‘Hassidout, de laquelle on se distingue en conservant une forte personnalité ”.

C’est également l’une des caractéristiques du compte de l’Omer, qui introduit les forces de l’intellect dans celles de l’émotion(2) et permet à la compréhension de diriger la personnalité. Ainsi, ce que l’on “ connaît ” intellectuellement, la partie révélée de la Torah, la ‘Hassidout qui est son enseignement profond, permet “ d’être ” au quotidien, de ne former, avec ses propres connaissances, qu’une seule et même entité.

Telle est également la finalité de la partie profonde de la Torah, dont le dévoilement commença à Lag Baomer, comme le dit cette causerie, au paragraphe 21. Elle proclame l’unité, montre que toute chose participe de cette unité. Car, la grossièreté n’est qu’une enveloppe apparente, que l’on doit affiner, dont on doit changer la nature. Il faut aussi mettre en évidence l’existence véritable de la matière, qui l’unit à sa spiritualité et à son âme.

C’est de cette manière que l’âme et le corps ne font qu’un, constituent un homme.

Le moyen d’obtenir un tel résultat est la partie profonde de la Torah, qui elle-même établit l’unité de la Torah, démontre(3) que ses secrets et sa partie révélée, c’est à dire son vêtement ou son corps et son âme, ou même l’âme de son âme(4) ne forment qu’une seule et même entité.

Combien plus en est-il ainsi à Lag Baomer, puisque celui dont nous célébrons la Hilloula en ce jour, Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, révéla lui-même ces secrets de la Torah, “ des mots sacrés qui n’avaient pas encore été dévoilés. Le Saint béni soit-Il et toutes Ses saintes armées viennent joyeusement écouter ces mots secrets ”(5).

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1)

Du précédent Rabbi, prononcée à Lag Baomer 5704, figurant dans un fascicule dont la présente lettre est l’avant propos. Voir Likouteï Dibourim, tome 4, page 1098. (2)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Les discours ‘hassidiques sur l’Omer expliquent longuement tout cela. On consultera également le discours intitulé

“ Je suis a mon Bien Aimé ”, figurant dans le fascicule n°57, de Lag Baomer 5704. ”. (3)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Kountrass Limoud Ha’hassidout, au chapitre 11 ”. (4)

Le Rabbi note en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 3, page 152a ”. (5)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 3, page 287b ”.

Lettre n°997

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°997, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre par laquelle vous me demandez si vous devez acquérir une affaire, en association avec une personne qui ne respecte pas le Chabbat, afin que le magasin puisse être ouvert, en ce jour, pour le compte de cette personne.

Vous savez sans doute que l’argent provenant d’une transgression du Chabbat sera perdu, au final et qu’il entraînera dans sa perte ce que l’on possède, par ailleurs. Pourquoi donc envisager de telles affaires, qui sont extrêmement proches de la perte et éloignées du bénéfice ?

Dieu prend en charge la subsistance de chacun. Il assurera donc la vôtre, dans la largesse et de manière cachère(1), afin que vous puissiez acquérir uniquement ce qui est sain et juif.

Je serais heureux d’apprendre que vous enseignez la Torah publiquement. De même, vous me réjouirez sans doute en m’apprenant qu’un plus grand nombre de participants assiste à vos cours et que ceux-ci intègrent également l’étude de la ‘Hassidout.

Je vous adresse ma bénédiction et je salue tous ceux qui participent à ces cours.

Vous trouverez ci-joint la causerie éditée à l’occasion de Lag Baomer, cette année(2). Vous la mettrez sûrement à la disposition du plus grand nombre.

Notes

(1)

Sans transgression, même indirecte du Chabbat. (2)

Voir, à ce propos, la lettre n°996.

Lettre n°998

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°998, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre en son temps et je viens de recevoir celle du 4 Iyar. Je constate, en la lisant, votre découragement et je le déplore. Il y a là, à n’en pas douter, une intervention de votre mauvais penchant, car le peuple juif, au cours de son histoire, a pris l’habitude de connaître des hauts et des bas. C’est en particulier le cas pour ceux qui craignent Dieu et, combien plus, pour les ‘Hassidim qui, de temps à autre, ont affronté des obstacles, des voiles, des épreuves. Mais, au bout de compte, il est certain que nous obtiendrons la victoire. L’Admour Hazaken affirme lui-même que, en faisant don de sa propre personne(1), il a obtenu que les ‘Hassidim connaissent la réussite(2).

Vous redoublerez donc d’ardeur, afin d’être un bon réceptacle, un canal adapté, qui permettra de mettre en application les termes de la mission qui vous a été confiée par mon beau-père, le Rabbi, celle de diffuser, dans votre ville et dans le pays où vous vous trouvez actuellement, la lumière de la Torah et son luminaire, c’est à dire la ‘Hassidout. Alors, il est certain que vous connaîtrez la réussite, une réussite considérable.

Comme je l’ai déjà écrit, il y a quelques temps, c’est en menant à bien cette mission que vous aurez également une vie heureuse, matériellement et spirituellement, de même que votre épouse, et des enfants bénis de Dieu.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles et en adressant ma bénédiction et mon salut à tous les vôtres,

M.

Schneerson,

Je vous joins la causerie éditée à l’occasion de Lag Baomer, avec la lettre collective qui l’accompagne(3).

Notes

(1)

Lorsqu’il fut incarcéré dans les geôles tsaristes et subit les attaques de ses opposants. (2)

Tout échec ne peut donc être que momentané et préparer une réussite encore plus considérable. (3)

La lettre n°996.

Lettre n°999

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°999, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous bénis et vous salue(1),

Vous me pardonnerez sans doute de vous écrire à propos de ce qui vous concerne personnellement.

A plusieurs reprises, j’ai entendu mon beau-père, le Rabbi, dire que l’on doit aimer un autre Juif, même s’il se trouve dans un endroit très éloigné, même si on ne l’a jamais vu. A ce propos, notre sainte Torah nous ordonne également : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”.

S’il existe une possibilité de venir en aide à quelqu’un qui se trouve en un endroit lointain et que l’on ne connaît pas, chacun et chacune a une obligation sacrée de le faire, doit rechercher le bien de son prochain, car “ tous les Juifs sont frères ”.

J’ai appris que l’on vous a, plusieurs fois, proposé des partis. Or, pour différentes raisons, vous les avez refusés.

Bien évidemment, on ne peut, à distance, formuler un avis sur une proposition précise. Je me permettrai, néanmoins, de formuler une remarque, d’ordre générale, à ce propos.

Le mariage est l’événement le plus essentiel de la vie d’un homme ou d’une femme. Il marque de son empreinte tout le reste de la vie. Il doit donc être le fruit d’une mure réflexion et ne peut être décidé à la hâte.

Pour autant, un homme, lorsqu’il considère tous les événements de sa vie, de grande ou de moindre importance, ne peut en saisir tous les paramètres, car il est, somme toute, très limité. Son intellect et sa pensée ne peuvent maîtriser les tenants et les aboutissants de chaque chose. Dans une certaine mesure, il est donc systématiquement nécessaire de mettre en avant sa confiance en Dieu, Qui accorde toujours une issue positive.

Il en est de même pour un mariage. Il est impossible de trouver un parti irréprochable, possédant toutes les qualités à la fois. Il est invraisemblable que l’on puisse prendre en compte tous les éléments, d’une manière exhaustive. Dès lors, si l’on s’accorde sur les points essentiels, il est bien souvent nécessaire de faire des concessions sur ce qui est accessoire et semble ne pas convenir. Du reste, il est très possible qu’il n’y ait là qu’une apparence, qu’en réalité, la conformité soit parfaite.

Selon certains, tout cela concerne uniquement le jeune homme et la jeune fille qui se rencontrent. Mais, cette conception est fausse car tous les Juifs sont frères. Le bien ou le contraire du bien, ce qu’à Dieu ne plaise, que connaît l’un d’entre eux rétroagit sur sa famille, sur ses amis et même sur ceux qui sont physiquement éloignés de lui.

Ceci a toujours été vrai, mais l’est encore plus, à l’heure actuelle, après les terribles persécutions qui nous ont ravi des dizaines de milliers de nos frères, les enfants d’Israël(2). Chaque foyer bâti maintenant est donc particulièrement important, surtout lorsqu’il y a bon espoir que celui-ci soit basé sur la Torah et les Mitsvot.

J’espère que vous pourrez me donner de bonnes nouvelles, dans ce domaine et je conclus en vous adressant ma bénédiction pour que vous vous installiez(3) prochainement, de manière positive, matériellement et spirituellement à la fois.

J’aimerais savoir si vous prenez part à la vie publique, dans votre entourage et, le cas échéant, de quelle manière vous le faites.

Notes

(1)

Cette lettre est adressée à une femme. (2)

Lors de la seconde guerre mondiale. (3)

Par le mariage.

Lettre n°1000

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1000, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous bénis et vous salue(1),

Je fais réponse à votre lettre écrite à l’issue du Chabbat Tazrya, par laquelle vous me demandez si vous devez accepter la proposition d’Agoudat Israël, qui vous confie une mission, pour la durée de l’été, avec une directrice enseignante du Beth Yaakov(2). Vous serez toutes les deux les déléguées des “ jeunes filles d’Agoudat Israël ”(3) en Europe de l’ouest, afin d’y fonder une branche du Beth Yaakov, de Batya et des jeunes filles d’Agoudat Israël. Vous devrez également collecter des fonds pour réaliser tout cela. Vous sollicitez mon accord, à ce propos.

S’il s’agit de fonder des branches du Beth Yaakov, cette initiative est très positive. En revanche, dans la mesure du possible, il faut éviter de collecter des fonds.

Vous me demandez si je vous donne mon accord pour un voyage en avion, dans la mesure où il est impossible de se déplacer par bateau. Le voyage se passera bien s’il se déroule par beau temps et si vous choisissez un grand avion.

Quant à la question proprement dite qui est posée, j’en suis un peu surpris, connaissant la situation en Terre Sainte. Il se trouve, là-bas, un grand nombre d’enfants qui doivent recevoir une bonne éducation, leur permettant d’acquérir la Torah et la crainte de Dieu. Chaque appui pouvant être apporté à l’action éducative local est précieux.

Bien plus, à chaque instant, à chaque heure, chaque jour, des enfants sont éloignés de leurs racines. Par la suite, il est difficile de les rapprocher de cette bonne éducation. En conséquence, au lieu de vous rendre dans un pays où l’aboutissement de vos efforts n’est pas acquis, où vous n’aurez peut-être rien à faire, où les cadres peuvent éventuellement être trouvés localement, pourquoi ne pas se préoccuper des centaines, des milliers d’enfants, qui se trouvent sur place, en danger de perdition morale, ce qu’à Dieu ne plaise ?

Tous ceux qui se trouvent dans ce pays(4) doivent donc ressentir une impérative et sainte obligation d’agir, dans toute la mesure du possible, pour le salut de ces âmes. Ils doivent convaincre d’autres personnes d’en faire de même. En effet, “ quiconque sauve une âme juive est considéré comme s’il avait préservé le monde entier ”. Or, il s’agit, en l’occurrence, de dizaines, de centaines, de milliers d’âmes.

J’aimerais savoir si les enseignantes et les membres de l’association qui se réunissent, de temps à autre, pour examiner les points inscrits à l’ordre du jour, évoquent également l’histoire du mouvement ‘hassidique et quelques notions appropriées de la ‘Hassidout. Je voudrais avoir connaissance, en particulier, de votre intervention personnelle, en la matière.

Vous transmettrez un salut chaleureux à vos parents et vous leur souhaiterez tout le bien, pour eux et pour tous les leurs.

Notes

(1)

Cette lettre est adressée à une femme, résidant en Terre Sainte. (2)

Une école pour les jeunes filles. (3)

Organisation pour les jeunes filles, affiliée à Agoudat Israël. (4)

En Terre Sainte.

Lettre n°1001

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1001, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Iyar 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous bénis et vous salue(1),

Je fais réponse à votre lettre du 13 Nissan, que j’ai reçu avec quelque retard et par laquelle vous me faites savoir que plusieurs partis vous ont été proposés et que vous avez du mal à prendre une décision, n’étant pas pleinement satisfaite. Vous parlez également de la proposition actuelle, pour laquelle les grands points(2) ont déjà été tracés.

Lorsque je me suis rendu près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’ai mentionné votre nom, pour que vous soyez bénie en tous vos besoins. Il invoquera sans doute la miséricorde céleste pour vous et, très prochainement, vous pourrez vous installer(3) comme il convient.

Pour ce qui est de vos doutes, prenez pour référence la construction d’une maison matérielle. Celle-ci est, bien sûr, décorée à l’extérieur, mais il importe avant tout de lui faire des fondations solides, avec des matériaux robustes, conformément aux besoins des personnes qui résideront là et non de la simple esthétique, à laquelle seront sensibles les passants.

Combien plus doit-il en être ainsi lorsqu’il s’agit de bâtir un foyer juif. Celui-ci doit avoir un fondement solide, qui sera la Torah pénétrée de crainte de Dieu. Notre Torah est qualifiée de “ Torah de vie ”, y compris au sens le plus littéral, puisqu’elle est le guide l’existence quotidienne. L’avis des passants sur l’esthétique extérieure n’est qu’accessoire par rapport à l’aspect essentiel qui vient d’être défini, même si la nature humaine veut que l’on se satisfasse de son sort, ou non, en fonction de ces réactions extérieures.

Vous êtes issue d’une famille ‘hassidique et vous avez sûrement été éduquée dans cette esprit. Il est donc inutile d’en dire plus et de justifier ces affirmations, dont vous êtes sans doute pleinement consciente. En y réfléchissant, vous pourrez vous expliquer à vous même votre position et votre opinion sur les partis qui vous sont proposés.

Dieu vous guidera sur le droit chemin, afin de bâtir un foyer juif basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont expliquées et illuminées par la ‘Hassidout.

J’espère que vous me donnerez de bonnes nouvelles, à votre propos.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1)

Cette lettre est adressée à une femme. (2)

Permettant de la finaliser. (3)

Par le mariage.

Lettre n°1002

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1002, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Pessa’h Chéni 5711,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Vous trouverez ci-joint le fascicule(2) édité à l’occasion de Lag Baomer, qui s’approche. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient le mieux.

Différentes raisons(3) justifient la joie et la célébration de Lag Baomer. Mais, nous devons nous en tenir au propos figurant dans les écrits du Ari Zal et cités par la ‘Hassidout(4), selon lesquels ce jour est celui du décès de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, la Hilloula de Rabbi Chimeon(5).

En effet, “ il parvint, à ce moment là, au début et au sommet de tous les niveaux. C’est pour cela qu’il enseigna(6) alors à ses disciples(7). Un reflet de la lumière du Machia’h brillait alors en lui ”.

Comme on le sait, tout cela se dévoile, de nouveau, chaque année, lorsque la même situation se présente.

Dans nos générations, dont la stature morale semble sujette à caution, il est permis et même nécessaire de révéler l’enseignement profond de la Torah, auparavant réservé à Rabbi Chimeon Ben Yo’haï et ses disciples(8). Et, c’est précisément “ par cette étude que l’on quittera l’exil avec miséricorde ”.

Heureux l’homme qui, en ce jour propice, celui de la révélation de la partie profonde de la Torah, se renforcera et raffermira son étude de cet enseignement.

Il le fera pour lui-même, en s’attachant à ses amis. Dans toute la mesure de ses moyens, il influencera également son prochain pour qu’il en fasse de même.

A la lumière de cette étude(9), nous recevrons la vie également par celle de la partie révélée de la Torah et nous percevrons Dieu en toutes nos voies . Nous Le connaîtrons et nous aurons conscience de ce qu’Il attend de nous, pour tout ce qui concerne la prière, l’étude de la Torah, l’accomplissement des Mitsvot et le comportement de tous les jours, dans chaque détail de nos actions.

Avec ma bénédiction et en saluant toute votre communauté,

M. Schneerson,

Notes

(1)

Cette lettre “ collective personnelle ” a été adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2)

Voir, à ce propos, la lettre n°996. (3)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la Michnat ‘Hassidim, au traité Iyar et Sivan, le Peri ‘Hadach sur Ora’h ‘Haïm, chapitre 493, le Marot Aïn, du ‘Hida, dans la partie recueil, les responsa Chem Aryé, partie Ora’h ‘Haïm, chapitre 14, le Sdeï ‘Hémed, recueil de lois, à l’article Erets Israël, chapitre 6 et le Péat Hassadé, à la même référence ”. (4)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Peri Ets ‘Haïm, porte du compte de l’Omer, chapitre 7, le discours ‘hassidique de l’Admour Hazaken, cité dans les responsa Divreï Né’hémya, partie Ora’h ‘Haïm, chapitre 34, paragraphe 7, le Siddour, à la porte de Lag Baomer. A cette même référence, Rabbi Né’hémya de Dubrovna dit : La Hilloula de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, à Lag Baomer, s’est répandue dans le monde entier, depuis plusieurs générations ”. (5)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 3, page 296b et également tome 1, page 218a. On a objecté que l’on jeûnait, à la date du décès des Justes. Mais, Lag Baomer est, en ce sens, particulier, puisque Rabbi Chimeon Ben Yo’haï lui-même demanda de se réjouir, à cette date, selon cette même référence, dans le Peri Ets ‘Haïm. Rabbi Yaakov Weil, cité par le Sifteï Cohen Yoré Déa, chapitre 344, paragraphe 9, tranche qu’en pareil cas, il faut se conformer à son avis. Ce point ne sera pas développé ici. ” (6)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Siddour, à la porte de Lag Baomer, à la fin du discours intitulé “ Tu as dressé ” et à la conclusion de cette porte ”. (7)

Le texte dit : “ les amis ”. (8)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Igueret Hakodech, chapitre 26, l’introduction de Rabbi ‘Haïm Vital à Chaar Haakdamot, le Chomer Emounim, première discussion, paragraphe 29, le Kountrass Ets ‘Haïm, le Kountrass Torat Ha’hassidout, au chapitre 10 ”. (9)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon la lettre du Rabbi Rachab, imprimée en additif au Kountrass Ets ‘Haïm, page 94 ”.

Lettre n°1003

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1003, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav Yehouda Leïb(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre par laquelle vous m’apprenez que votre mère, vous même et votre épouse avez déjà reçu des visas d’installation au Canada et vous apprêtez à vous rendre dans ce pays.

Puisse Dieu faire que le voyage se passe bien, qu’il vous conduise vers votre lieu de destination et que vous vous installiez de la manière qui vous convient, matériellement et spirituellement.

Avant ce voyage, vous organiserez sûrement une réunion ‘hassidique(2). Ainsi, vous n’oublierez pas la sentence de mon beau-père, le Rabbi, selon laquelle la distance géographique ne doit pas provoquer l’éloignement entre les ‘Hassidim, ce qu’à Dieu ne plaise. Même par la suite, on peut rester attachés. Bien plus, le lien entre tous peut être encore plus fort, grâce à l’arbre de vie que constituent l’enseignement de la ‘Hassidout et le comportement basé sur les pratiques ‘hassidiques.

Avec ma bénédiction pour un bonne installation,

Notes

(1)

Le Rav Y.L. Ceytlin. (2)

Pour prendre congé des ‘Hassidim de la ville qu’il quitte.

Lettre n°1004

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1004, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez que vous êtes un disciple du Juste et grand érudit, le Rav Yossef Dushinski et que vous avez donné son nom à votre fils, qui aura une longue vie.

Vous faites sans doute tout ce qui est en votre pouvoir pour suivre les voies prônées par ce Juste et grand érudit, le Rav Dushinski. De même, vous faites preuve de largesse envers les autres, en les rapprochant de la pratique juive. J’aimerais savoir, par le détail, ce que vous faites, en la matière.

Vous m’écrivez que la situation de la pratique juive est très faible, dans votre ville. Cela justifie que celui qui se trouve sur place s’emploie à transformer cet état de fait.

Vous faites remarquer que des émissaires plus brillants sont nécessaires pour atteindre un tel objectif. Mon beau-père, le Rabbi, explique, cependant que Dieu ne conduit pas un Juif dans un certain endroit uniquement pour assurer sa subsistance matérielle, mais aussi pour lui donner les moyens de subvenir à ses besoins spirituels.

Un Juif doit illuminer le lieu dans lequel il s’est installé et réside. Si vous commencez à agir en ce sens, si vous le désirez réellement, Dieu vous conférera la réussite et vous pourrez m’annoncer de bonnes nouvelles.

Vous trouverez ci-joint la causerie de mon beau-père, prononcée à Lag Baomer, qui vient de paraître. Vous la lirez sûrement et elle vous sera utile pour le service de Dieu.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles et avec ma bénédiction,

Lettre n°1005

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1005, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été désolé d’apprendre, incidemment, que vous n’êtes pas en bonne santé et vous trouvez à l’hôpital. J’attends de vos bonnes nouvelles et je souhaite savoir que vous allez mieux.

Vous avez eu le mérite d’être un élève de la Yechiva Loubavitch, de vous trouver en la présence lumineuse du Rabbi Rachab et de mon beau-père, le Rabbi, pendant de nombreuses années. Pour que votre santé s’améliore, vous devez, à mon humble avis, vous engager immédiatement à enseigner publiquement la ‘Hassidout, durant le Chabbat et au moins une seconde fois, pendant un jour de semaine. Et, peu importe combien de personnes participeront à ce cours ou bien quel est le niveau de leurs connaissances.

Bien plus, nos saints maîtres ont souligné que les âmes des auditeurs perçoivent la ‘Hassidout(1). Et, celle-ci possède également une autre qualité. Elle purifie l’atmosphère, qui, lorsqu’il est pur dans un certain endroit, même de dimension très réduite, rétroagit sur le monde entier.

En s’attachant à l’arbre de vie(2), vous vous révélerez le canal qui renforcera votre vitalité et améliorera votre état de santé, au sens le plus littéral, physiquement.

Je vous adresse ma bénédiction de prompte guérison et j’attends de vos bonnes nouvelles.

Le fascicule de Lag Baomer, qui vient de paraître, vous a été adressé, par envoi séparé, avec la lettre qui l’accompagne(3).

Notes

(1)

Même si leur intellect ne la comprend pas. (2)

Le Rabbi et la ‘Hassidout. (3)

La lettre n°996.

Lettre n°1006

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1006, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav Morde’haï Hacohen,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre bénédiction à l’occasion de mon anniversaire(1). Quiconque accorde une bénédiction est lui-même béni, de la bénédiction du Saint béni soit-Il, dont l’intérêt dépasse le capital et apporte une vie intègre et agréable, le calme de l’esprit et du corps.

La ‘Hassidout souligne clairement la qualité des commerçants, qui est double.

Tout d’abord, celui-ci fait du commerce honnêtement(2) et il accumule les accomplissements positifs dans le domaine de la Tsedaka(3).

Par ailleurs, il fixe un temps pour l’étude de la Torah, malgré les contraintes du commerce et des affaires. Certes, son étude est écourtée par rapport à celle de l’homme qui s’y consacre tout au long du jour. Il la mène, néanmoins, en s’arrachant à son activité professionnelle et, de ce point de vue, celle-ci est très précieuse.

Vous avez sans doute vous même un temps pour étudier la Torah, non seulement son aspect législatif, mais aussi la ‘Hassidout. Puissiez vous ouvrir ainsi le canal qui vous apportera la réussite dans vos affaires et tout le bien, matériel et spirituel.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Lag Baomer, qui vient de paraître.

Avec ma bénédiction pour vous et pour tous les membres de votre famille,

Notes

(1)

Le 11 Nissan. (2)

Appliquant ainsi les règles que la Torah énonce en la matière. (3)

Que ses gains commerciaux lui permettent de donner.

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