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Iguerot Kodesh — lettres 967 à 986

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°967

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°967, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Nissan 5711,

Brooklyn,

Aux élèves de la Yechiva A’heï Temimim,

Pittsburgh, auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Mon ami, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Chalom Posner, recteur de votre Yechiva, m’a transmis votre participation aux Maot ‘Hitin(1).

Je suis heureux de constater que vous n’oubliez pas vos frères se trouvant dans le besoin, se trouvant dans ce pays ou bien sur l’autre continent, que vous êtes prêts à leur venir en aide, dans la mesure de vos moyens.

Comme vous le savez, les enfants sont ceux qui introduisent le Séder par le Ma Nichtana(2). Il est dit ensuite que la Torah définit quatre catégories d’enfants, le sage et les autres.

Un enfant qui étudie la Torah ne peut être “ celui qui ne sait pas poser de question ” ou “ le naïf ”. Néanmoins, pour être qualifié de “ sage ”, il doit étudier la Torah avec crainte de Dieu, respecter Ses Commandements.

Mais, la sagesse n’a pas de limite et je vous souhaite donc de continuer à progresser dans l’étude, afin que l’on conçoive de vous beaucoup de satisfaction.

Vous voudrez bien transmettre à vos parents, et à tous les autres, mes souhaits pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

Avec ma bénédiction de réussite dans l’étude de la Torah avec crainte de Dieu,

M. Schneerson,

Notes

(1)

La Tsedaka destinée à assurer les besoins spécifiques de la fête de Pessa’h. (2)

En posant les quatre questions.

Lettre n°968

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°968, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Nissan 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav ‘Haïm Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

La fête de Pessa’h approche et de nombreuses demandes d’aides me parviennent, de la part de ceux qui sont dans le besoin dans ce pays, en Terre Sainte et en Europe.

Je sais que, chaque année, plusieurs institutions et des particuliers reçoivent, sur votre intervention, des montants conséquents, à titre de Maot ‘Hitin(2).

J’espère que, cette année aussi, vous renforcerez cette bonne habitude. En élargissant votre contribution et en la hâtant, vous mériterez des éloges.

Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse,

Notes

(1)

Le Rav H.C. Palmer. Voir, à son propos, les lettres n°89 et 105. (2)

La Tsedaka destinée à assurer les besoins spécifiques à la fête de Pessa’h. Voir la lettre précédente.

Lettre n°969

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°969, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Nissan 5711,

Brooklyn,

A l’association des jeunes femmes Loubavitch et,

à leur tête, la Rabbanit Mindel Kats,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu avec satisfaction votre lettre, de même que le don qui y était joint, afin d’être réparti entre les différentes institutions qui ont été fondées et dirigées par mon beau-père, le Rabbi. Vous trouverez ci-joint les reçus.

Vous poursuivrez sûrement votre action positive et vous ferez ce qui est en votre pouvoir pour soutenir largement nos saintes institutions. Vous forgerez ainsi les canaux véhiculant la bénédiction céleste et la réussite.

En cette période qui sépare Pourim de Pessa’h, les femmes doivent tout particulièrement méditer à l’importance de ces fêtes et aux enseignements qu’elles délivrent. Pourim et Pessa’h commémorent le salut et la délivrance. Une différence existe, cependant, entre elles.

La délivrance de Pourim intervint lorsque les Juifs se trouvaient en exil et, pendant quelques temps, ils y demeurèrent encore par la suite. A Pessa’h, en revanche, ils furent totalement libérés. Ayant été esclaves, ils devinrent des hommes libres.

Cependant, et je voudrais souligner ce point ici, dans un cas comme dans l’autre, la délivrance fut obtenue par l’intermédiaire des femmes. A Pourim, ce fut Esther. Quant à Pessa’h, nos Sages disent que la délivrance intervint par le mérite des femmes vertueuses, qui surent encourager et renforcer leurs maris, éduquer les enfants, former une génération juive fervente, malgré les difficultés et les obstacles de l’exil.

De toutes leurs forces, les femmes juives doivent perpétuer la chaîne en or, forgée par leurs mères et leurs grands mères, au fils des générations. Ainsi, leur action hâtera la délivrance complète, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse,

Lettre n°970

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°970, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Nissan 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et

se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yaakov Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous passerez sûrement ici la fête de Pessa’h, avec l’aide de Dieu et j’aurais donc le plaisir de discuter longuement avec vous, de vive voix. J’espère que votre famille s’accommodera de cette fête et je leur souhaite qu’elle soit cachère et joyeuse.

Je suis surpris que la contribution de monsieur Zaks ne nous soit pas encore parvenu. Vous l’inviterez sans doute à se dépêcher.

Comme je vous l’ai dit au téléphone, notre représentant en Europe, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Binyamin Gorodetski, est revenu ici, il y a quelques jours. Il a rapporté un compte rendu détaillé de notre activité en Europe et surtout en Afrique du nord. Dieu merci, la réussite est considérable. Malheureusement, la situation financière est très difficile, d’autant que le Joint(2) a diminué sa contribution à nos actions.

En conséquence, je voudrais savoir ce qu’il en est du prêt contracté auprès de notre ami, monsieur Yossef Robinson(3), qui est directement lié à sa participation à nos réalisations en Afrique du nord.

J’espère qu’en venant ici, avec l’aide de Dieu, vous apporterez de bonnes nouvelles, concernant l’action concrète.

Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse, pour vous et tous les membres de votre famille,

Notes

(1)

Le Rav Y.Kats, de Chicago. Voir, à son propos, la lettre n°822. (2)

Le comité américain pour l’aide aux réfugiés. (3)

Voir, à son propos, la lettre n°947 et, à propos de ce prêt, la lettre n°945.

Lettre n°971

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°971, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

On sait que nos ancêtres(1), lorsqu’ils quittèrent l’Egypte cessèrent d’être considérés comme des descendants de Noa’h(2), afin de recevoir la Torah et de percevoir la révélation divine(3). Il en fut ainsi dès le début de leur sortie ou bien lorsqu’ils quittèrent complètement ce pays(4).

C’est donc de cette épisode que nos Sages déduisent les lois de la conversion. Il est clair que l’on peut en conclure également ce qu’était leur situation morale. Le mal avait encore une forte emprise sur le côté gauche de leur cœur. En revanche, leur souhait et leur désir était de libérer leur âme divine, exilée de “ l’autre côté ”, celui de l’impureté de l’Egypte, afin de s’attacher à Dieu(5).

Il en est de même chaque jour. Un homme est tenu de se considérer comme s’il avait été libéré aujourd’hui même de l’Egypte, comme l’explique le discours ‘hassidique qui se trouve dans le présent fascicule. Combien plus doit-il en être ainsi pendant la fête de Pessa’h.

On sait que, chaque année, une fête, lorsqu’elle survient, met de nouveau en éveil ce qui doit être son contenu profond(6).

Chacun, surtout s’il n’est pas encore un Beïnoni(7), perfection vers laquelle il doit tendre, est donc tenu de libérer son âme divine, exilée dans le corps et l’âme animale. Bien plus, il lui faut élever cette âme divine bien plus haut que le corps et l’âme animale, s’attacher à Dieu par la Torah et les Mitsvot qu’il étudie et qu’il pratique.

Les jours de Pessa’h, et en particulier le premier soir de cette fête, ont une particularité positive(8), qui les distingue de tout le reste de l’année, y compris des autres fêtes. En effet, les Juifs se nourrissent alors de la Matsa, qui révèle l’Attribut de découverte intellectuelle(9) dans toute sa grandeur et permet de percevoir l’Essence de la Divinité, de Lui attacher son corps physique, de sorte que la vitalité que l’on tire des aliments matériels soit également divine.

L’effet s’en exerce donc sur l’âme divine et également sur l’âme animale, c’est à dire sur le mauvais penchant, dont les attaques deviennent moins fortes. Lorsque ce dernier commencera à se raffiner, il permettra à l’âme divine de croire, d’une foi entière, à ce qu’elle ne comprend pas, par son intellect.

*

*

*

Selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, dans sa causerie qui est reproduite dans ce fascicule, “ chaque instant est précieux ” !

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1)

Cette lettre est l’avant propos du fascicule édité à l’occasion de la fête de Pessa’h. Elle figure dans le Séfer Hamaamarim 5711, à la page 218. (2)

Des non Juifs. (3)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le commentaire de Rachi sur le traité Yebamot 46a. ” (4)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le commentaire de Rabbénou ‘Hananel dans les Tossafot Yechénim, au traité Yebamot 46a. ” (5)

Le Rabbi note, en, bas de page : “ Selon le chapitre 31 du Tanya ”. (6)

Le Rabbi note, en bas de page : “ On peut en trouver la preuve dans la Michna, à la fin du troisième chapitre de Guittin : “ On vérifie le vin... ”. On consultera, à ce propos, l’édition Semadar ”. (7)

L’homme “ moyen ”, défini par le Tanya comme le stade parfait du service de Dieu pour celui qui n’est pas un Juste. (8)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir la séquence de discours ‘hassidiques Veka’ha de 5637, au chapitre 60 ”. (9)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Une longue explication sur ce sujet figure dans le Chaar Haémouna de l’Admour Haémtsahi ”.

Lettre n°972

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°972, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de Pessa’h, que vous mettrez à la disposition de votre entourage, pour que tous l’étudient, afin d’en tirer un enseignement, de l’appliquer et d’agir en fonction de la conclusion qu’il énonce, pour soi-même comme pour son prochain. L’âme divine doit exercer son influence sur l’âme animale, tout comme on le ferait envers son prochain(2).

Ces propos, prononcés lors de la causerie de ‘Hol Hamoéd Pessa’h, qui est reproduite dans le présent fascicule, étaient adressés aux recteurs et aux directeurs de Yechivot. En outre, ils concernaient spécifiquement l’Amérique. Il s’agit, néanmoins, d’un enseignement très clair, pour quiconque(3) est susceptible d’exercer une influence, selon l’expression de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, dans cette causerie :

“ Vous devez être conscients de la responsabilité que la divine Providence vous a confiée.

Lorsqu’un jeune érudit de la Torah se trouve dans une ville, tous doivent pouvoir prendre conscience qu’un Juif intègre est présent en ce lieu.

Vous devez vous occuper de la jeunesse ”.

Ceci concerne les quatre catégories d’enfants(4), le sage et l’impie, le naïf ou bien le sot(5) et celui qui ne sait pas poser de questions, sans aucune exception, ainsi qu’il est dit : “ Je multiplierai(6) sa descendance ”.

En acceptant cette responsabilité et en l’assumant de la manière qui convient à chacun et à chacune, on peut attirer et réaliser la bénédiction qui est exprimée à la fin de cette causerie, selon laquelle Dieu accorde la réussite, pour mener à bien la mission et accomplir tout cela.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et en saluant toute votre communauté,

M.

Schneerson,

*

*

*

J’ai reçu(7), avec plaisir, le compte rendu(8) de notre délégué, le Rav B.G.(9), décrivant ce que vous avez accompli, en plus de ce que vous m’avez écrit directement. Et “ l’on doit connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté ”(10).

Dans notre situation actuelle, il nous est impossible d’exercer notre action auprès de tous ceux qui ont besoin d’une bonne éducation. En conséquence, il est clair que la priorité doit être accordée à ceux qui sont à même de recevoir la plus pure, c’est à dire, par exemple, ceux qui ne mêlent pas les études sacrées et profanes ou bien à ceux qui ne reçoivent aucune éducation.

Il faut apporter un soin particulier à former les maîtres et les éducateurs, par des cours adaptés.

*

*

*

Le Pessa’h se distingue de tous les autres sacrifices parce qu’il est essentiel que l’homme le consomme. Il souligne donc l’importance de l’action concrète, d’agir avec son corps matériel, dans sa vie physique(11).

C’est ce qu’explique l’introduction de ce fascicule, à propos de la Matsa, d’après la grande séquence de discours ‘hassidiques Veka’ha.

Notes

(1)

Cette lettre “ collective personnelle ” fut adressée à plusieurs personnes. Voir, à ce propos, la lettre n°481. (2)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, chapitre 29 et le discours intitulé “ cette Matsa ”, dans le présent fascicule, à la fin du premier chapitre ”. (3)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 29, paragraphe 14 et le Midrash Me’hilta Chemot, chapitre 15, paragraphe 21 ”. (4)

Dont il est question dans la Haggada de Pessa’h. (5)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon la version du Yerouchalmi Pessa’him, chapitre 10, paragraphe 4 ”. (6)

Le Rabbi note, en bas de page : “ Arbé, Je multiplierai, a la même valeur numérique que le mot Ben, fils, multiplié par quatre, selon le Chaar Halikoutim et le Likouteï Torah du Ari Zal, au début de la Parchat Bo, le Peri Ets ‘Haïm, à la porte du Chema Israël, chapitre 28 ”. (7)

Ce paragraphe fut ajouté à la lettre adressée au Rav Chlomo Matusof. Voir, à son propos, la lettre n°818. (8)

Voir, à ce propos, la lettre n°970. (9)

Le Rav Binyamin Gorodetski, de Paris. (10)

Ces réalisations doivent donc être multipliées. (11)

Voir, à ce propos, la lettre n°985.

Lettre n°973

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°973, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5711,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Aryé Zéev(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre télégramme, par lequel vous m’interrogez sur le second jour de la fête que l’on célèbre en exil(2). J’en suis un peu surpris, car cette question devrait être adressée à un Rav. Néanmoins, puisque vous vous êtes adressé à moi,

j’y répondrai ici.

J’ai vu certaines personnes se comporter comme s’ils résidaient en Erets Israël(3), dès lors que leur famille était restée en Terre Sainte et qu’elles mêmes avaient l’intention de retourner dans ce pays. Néanmoins, on s’efforcera que ce comportement ne soit pas public(4). Ceci contredit l’avis du Chaar Hacollel, à son début.

Vous devez savoir que mon beau-père, le Rabbi, ne m’a pas donné un enseignement tranché sur cette question, mais j’ai vu plusieurs personnes de Terre Sainte, venus passer les fêtes près du Rabbi, qui avaient adopté cette pratique et le Rabbi en avait connaissance.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Pessa’h et la lettre collective qui y est jointe(5).

Je conclus en vous adressant ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et pour connaître la réussite dans votre mission sacrée.

En saluant tous les vôtres,

Notes

(1)

Le Rav A.Z. Lipsker, de Terre Sainte. Voir, à son propos, la lettre n°910. (2)

Celui qui réside en Erets Israël et se trouve en visite à l’extérieur de ce pays doit-il célébrer un jour de fête ou deux ? (3)

Et célébrer un seul jour de fête. (4)

Qu’il n’y ait pas de transgression publique du second jour. (5)

La lettre n°971.

Lettre n°974

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°974, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de Pessa’h(1), qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, je vous adresse mes meilleurs voeux pour une fête cachère et joyeuse.

Chaque année, lorsque revient le temps de notre liberté, un Juif doit revivre et vivifier ce moment, au sens du Judaïsme. La finalité profonde de cette libération était la suivante : “ Lorsque tu feras sortir ce peuple d’Egypte, vous servirez l’Eternel sur cette montagne ”(2), c’est à dire le don de la Torah.

Il faut en ressentir l’empreinte, tout au long de l’année, dans l’existence quotidienne, en étudiant la Torah et en pratiquant les Mitsvot, de façon générale, en ressentant profondément, en particulier, la nécessité de développer une bonne éducation. Car, les enfants ont été et sont toujours les garants de la pérennité et de la liberté véritable de notre peuple.

Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse, à vous et à tous les membres de votre famille,

Notes

(1)

Une lettre identique fut adressée à plusieurs personnes. (2)

Chemot 3, 12.

Lettre n°975

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°975, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de Pessa’h qui approche(1), je voudrais vous exprimer mes souhaits pour une fête cachère et joyeuse.

Nos Sages soulignent que l’un des faits qui hâta la délivrance fut l’âpreté de l’esclavage. Celui-ci conduisit de la servitude vers la liberté. Bien plus, chaque fois que les enfants d’Israël n’avaient pas confectionné suffisamment de briques, des enfants juifs étaient scellés dans les murs, à la place de celles-ci . Ces enfants, murés vivants, pleuraient, hurlaient, sans qu’on puisse les sauver. Et, leur cri s’éleva vers Dieu.

Au delà des faits, on peut découvrir ici un enseignement lié à l’existence morale, concernant les enfants qui sont privés de maison juive, d’une vie juive emplie de la lumière que la Torah apporte, qui sont confiés à des maisons étrangères, des foyers égyptiens dans lesquels la pénombre règne.

Or, si l’esclavage physique est amer, combien plus l’est la servitude morale.

Nous allons célébrer le temps de notre liberté. Chacun et chacune d’entre nous doit donc se délivrer de tout ce qui conduit à s’embourber en Egypte, ce qu’à Dieu ne plaise. On doit, en particulier, s’efforcer, chacun et chacune selon ses possibilités, de libérer les autres Juifs de cette terrible servitude morale, de les conduire de l’obscurité vers l’intense lumière. On peut y parvenir grâce à une bonne éducation, entièrement liée au domaine de la sainteté.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

*

*

*

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chimchon Raphaël,

que l’on appelle docteur Weiss,

J’ai lu avec plaisir votre article dans le mensuel Hakérem(2). Vous consulterez le Goulot Alyot, qui commente la Michna sur laquelle porte votre analyse.

Notes

(1)

Une lettre identique fut adressée à plusieurs personnes. (2)

Mensuel sur l’actualité rabbinique. Il s’agit de la livraison d’Adar Richon 5711, à la page 46. Cet article porte sur l’eau du bain rituel.

Lettre n°976

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°976, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5711,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

érudit aux immenses connaissances,

le Rav Aharon ‘Haïm Halevi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu en son temps votre cadeau, le mensuel Hakérem(2) que vous éditez, et je vous en remercie beaucoup.

Puisse Dieu faire que vous multipliez vos actions pour la Torah, pour la grandir, l’embellir et la diffuser.

Il serait judicieux, dans un tel périodique de Torah, de consacrer une rubrique spécifique à Celui Qui donne la Torah. Certes, nos Sages disent que, “ depuis la destruction du Temple, le Saint béni soit-Il ne possède que les quatre coudées de la Hala’ha ”. Bien plus, ils soulignent que “ le Saint béni soit-Il pardonna ” certaines fautes, “ mais non le fait de se détourner de l’étude de la Torah ” et qu’Il dit : “ puissent-ils M’abandonner et conserver Ma Torah ”, car alors “ le luminaire qu’elle contient les ramène vers le bien ”.

Néanmoins, on ne peut attendre que le lecteur trouve ce luminaire pour être ramené vers le bien, ni qu’il ait connaissance des quatre coudées de la Hala’ha, qui sont la demeure du Saint béni soit-Il. Il faut lui offrir d’emblée le luminaire de la Torah, c’est à dire son enseignement profond, de sorte qu’il puisse y accéder directement. Il faut lui venir en aide pour qu’il prenne pleinement conscience du fait que les quatre coudées de la Hala’ha sont effectivement la demeure du Saint béni soit-Il.

Nos Sages disent, au traité Nedarim 81a : “ Ils ont abandonné Ma Torah en ne récitant pas une bénédiction avant de l’étudier ”. Rabbénou Nissim explique : “ Il est clair qu’ils l’étudiaient en permanence, mais ils ne disaient pas de bénédiction au préalable. En effet, elle n’était pas suffisamment importante à leurs yeux pour justifier cette bénédiction. Ils ne l’étudiaient pas “ pour Son Nom ”, ne la suivaient pas, ne la pratiquaient pas pour elle-même. Tels sont les propos de ce Rav et ‘Hassid ”.

Vous consulterez également l’explication que donne Rambam, dans l’introduction de son commentaire de la Michna, sur cet enseignement de nos Sages, “ depuis la destruction du Temple, le Saint béni soit-Il ne possède que les quatre coudées de la Hala’ha ”, de laquelle on peut apprendre la sagesse et le comportement qu’il convient d’adopter. Il dit : “ La science la plus raffinée est celle qui consiste à se représenter par l’esprit l’unité du Saint béni soit-Il ”.

Je vous adresse ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Pessa’h, qui vient de paraître.

Notes

(1)

Le Rav A.H. Tsimerman. (2)

Voir la lettre précédente.

Lettre n°977

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°977, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Nissan 5711,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

J’ai bien reçu vos lettres, l’une du 24 Adar Cheni et la seconde qui n’était pas datée. Me trouvant près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’ai mentionné votre nom, comme vous me l’avez demandé, pour la satisfaction de tous vos besoins. Vous voudrez bien me transmettre le nom de sa mère(2).

Parfois, ma réponse peut prendre du temps. Cela signifie seulement qu’elle a du retard. En revanche, je fais ce que vous me demandez au plus vite. La réponse, néanmoins, est conditionnée par mes nombreuses occupations, qui me prennent mon temps.

Vous me demandez de vous conseiller une pratique propice(3). Je n’ai pas l’habitude d’avoir recours à de telles manières d’agir. Néanmoins, vous pouvez faire vérifier vos Mezouzot, comme on doit le faire dans chaque foyer juif. Vous demanderez également à celui que votre lettre concerne de lire des Tehilim.

Vous m’écrivez que nous avons déjà suffisamment souffert, qu’il est grand temps que les besoins de chacun soient pleinement satisfaits, que tous soient en bonne santé et vous avez parfaitement raison. Je souhaite que vous puissiez me donner de bonnes nouvelles, en la matière.

Mais, je voudrais souligner ici le point suivant, bien que je ne sois pas certain qu’il concerne tout à fait votre situation.

De façon générale, la certitude de l’homme porte, dans de nombreux cas, sur ce qui le dépasse et le transcende. C’est, en particulier, vrai pour la foi en Dieu et la confiance que l’on place en le Créateur du monde, dans sa globalité et, plus spécifiquement du petit monde qu’est l’homme.

Notre génération a été confrontée à de terribles épreuves(4). Beaucoup de personnes en ont été affectées et se sont détachées de la matérialité. Je fais également allusion aux croyants. Pour quelques uns d’entre eux, la foi n’a aucune incidence sur leur existence concrète. Ceux-là pensent à Dieu, disent le Chema Israël et le Modé Ani. Bien souvent, ils ont même conscience de la signification des mots qu’ils prononcent. Puis, la journée s’écoule et l’on se dit que l’on est seul. Chacun en tire les conclusions qu’il entend, selon sa nature et son caractère.

Pour que les hommes vivent de nouveau leur foi, la solution la plus réaliste consiste à leur révéler leur tradition familiale, celle de leurs ancêtres, qui se trouve également, à l’état latent, dans leur esprit. Alors, ils comprendront que l’homme n’est pas seul, bien plus, qu’il est maître de son propre destin, jusqu’à un certain point, bien que l’essentiel dépende de Dieu. Le fardeau ne repose donc pas uniquement sur leurs épaules. Ils n’ont pas à considérer qu’ils sont responsables de tout à la fois, encore plus, qu’ils doivent être découragés, dans certains domaines ou certaines situations.

Lorsque les hommes s’unissent dans la foi et la confiance en Dieu qui, à n’en pas douter, sont profondément implantés en eux, ils connaissent la quiétude, s’accommodent avantageusement du fait que “ tu vis contre ton gré ”, s’acquittent pleinement de la mission qui est confiée à chacun, au cours de son existence.

Bien évidemment, chaque chose, en particulier ce qui touche à l’aspect profond de l’âme, doit bénéficier de l’aide du Tout Puissant. Dans ce domaine, le mérite des ancêtres vient en aide. Les enfants qui ont eu une famille, des parents profondément pétris de foi, pourront obtenir qu’ils en soient de même pour eux.

J’espère que vous me donnerez de bonnes nouvelles et je conclus en vous souhaitant, à vous et à tous les vôtres, une fête cachère et joyeuse.

Je vous adresse ma bénédiction pour que vous m’annonciez bientôt de bonnes nouvelles.

J’aimerais avoir des précisions sur votre famille.

Notes

(1)

Cette lettre est adressée à une femme. (2)

Celle d’un homme, à qui le Rabbi demandera plus loin de dire des Tehilim. (3)

Favorisant une bénédiction que l’on souhaite obtenir. (4)

Celles de la seconde guerre mondiale.

Lettre n°978

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°978, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Nissan 5711,

Brooklyn,

A mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid,

qui craint Dieu, le Rav Yossef ‘Haïm Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez annoncé le mariage de votre petite fille Rivka. Je vous adresse donc ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov. Le couple basera son foyer sur la Torah et les Mitsvot telles qu’elles sont présentées par l’enseignement de la ‘Hassidout. Les parents et les grands parents concevront de l’un et de l’autre beaucoup de satisfaction, matériellement et spirituellement.

Je vous souhaite Mazal Tov, de même qu’une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

Vous trouverez ci-joint le récépissé du colis par lequel je vous fais parvenir un cadeau de mariage.

Concernant votre question :

A) Dans quel texte le Tséma’h Tsédek évoque-t-il le fait de porter une montre pendant le Chabbat ? Je n’ai rien entendu, à ce propos et il me semble qu’il ne traite pas de cette question dans les livres qui sont imprimés. Peut-être existe-t-il une tradition orale, en la matière(2).

B) Comment le Chabbat peut-il bénir les jours qui le précèdent ? Ceci peut être comparé au fait que, dans différents domaines, la sainteté du Chabbat commence déjà à la veille de ce jour, parfois même dès le matin du vendredi.

Sur cette question précise, vous consulterez le Michnat ‘Hassidim, chapitre sur le mercredi, paragraphe 3, alinéa 2 et les références en correspondance du Chaar Hakavanot et du Peri Ets ‘Haïm. Vous verrez aussi le Siddour Yaabets , qui explique pour quelle raison on supprime la prière Vihi Noam du rituel du samedi soir, lorsqu’une fête survient pendant cette semaine. Ce texte précise que la sainteté de cette fête protège aussi les jours qui la précèdent.

Notes

(1)

Le Rav Y.H. C. Schneersohn. (2)

Par ailleurs, le Rabbi demanda lui-même de ne pas porter une montre pendant le Chabbat et les fêtes.

Lettre n°979

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°979, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Nissan 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris que vous n’étiez pas en bonne santé et que vous souffriez du pied. Je vous adresse donc ma bénédiction pour que vous recouvriez la santé, en général et soyez délivré de cette douleur, en particulier. J’espère que vous pourrez me donner de bonnes nouvelles, en la matière.

Vous savez sans doute ce qu’explique Igueret Hakodech, au premier chapitre. Ce texte dit que la foi(1) est qualifiée de “ hanches ” et de “ pieds ”, grâce auxquels le corps peut tenir debout. La fête de Pessa’h approche. Or, c’est précisément par le mérite de la foi que nos ancêtres quittèrent l’Egypte. C’est pour cela que nous mangeons de la Matsa, “ aliment de la foi ”, qui raffermit celle de chaque Juif.

Le corps et l’âme d’un Juif sont liés l’un à l’autre, comme l’explique le fascicule édité à l’occasion de Pessa’h. Or, tous deux sont nourris par la Matsa, “ aliment de la foi ”, en particulier les hanches et les pieds, matériels et spirituels(2). Je vous souhaite donc une prompte guérison.

Je vous adresse ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, pour que vous ayez une bonne installation, matérielle et spirituelle.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Pessa’h, avec la lettre collective qui l’accompagne(3).

Notes

(1)

Voir, sur la relation entre la maladie et la foi, la lettre n°334. (2)

Qui sont la foi. (3)

La lettre n°971.

Lettre n°980

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°980, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Nissan 5711,

Hilloula du Tséma’h Tsédek,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

Le Rav Y.(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

J’observe votre activité dans les différents domaines que vous a confiés mon beau-père, le Rabbi et je constate avec satisfaction que vous poursuivez tous vos accomplissements . Vous les multiplierez sans doute et, à n’en pas douter, Dieu vous accordera toutes les forces nécessaires, car “ la Saint béni soit-Il n’agit pas avec ruse envers Ses créatures ”.

Vous savez que la santé du corps juif dépend de la Torah et des Mitsvot. Les mettre en pratique ne peut donc nullement l’affecter, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien au contraire, les Mitsvot fortifient celui qui les met en pratique et tous les membres de sa famille.

Nos Sages enseignent(2), au traité Baba Kama 92b, que “ le vin appartient à son propriétaire. On remercie, néanmoins, celui qui le sert ”. Le Tséma’h Tsédek, dont nous célébrons la Hilloula, précise que ce principe ne s’applique pas à ceux qui n’ont pas le libre arbitre et sont uniquement “ comme la hache dans la main du bûcheron ”. Il est donc interdit de servir les étoiles et les astres, qui répondent bien à cette définition. Il n’en est pas de même pour l’homme juif, qui possède effectivement le libre arbitre. Pour ce qui le concerne, on peut bien “ remercier celui qui sert ”, même si telle personne aurait effectivement pu mettre en pratique la Mitsva sans son intervention. Vous consulterez, à ce propos, la longue explication figurant dans le Dére’h Mitsvoté’ha, à la Mitsva de la circoncision, fin du chapitre 3.

Combien plus tout cela s’applique-t-il aux Mitsvot que vous pratiquez, celle du Maamad(3), les Maot ‘Hitin(4), la responsabilité de la synagogue Loubavitch(5) et les publications. Dans les domaines spirituels, chacun peut exercer une influence sur son prochain. En l’occurrence, “ celui qui sert ” n’est pas uniquement un intermédiaire. Il mène sa propre action, convainc l’autre de mettre en pratique la Mitsva. Sa récompense est donc considérable.

Combien plus est-ce le cas en matière de Tsedaka, qui est également appelée “ acte de Tsedaka ”. Dans ce domaine, celui qui conduit les autres à faire est plus élevé que celui qui fait lui-même. Bien plus, il peut même contraindre à le faire et nos Sages disent que “ l’on oblige(6) à donner de la Tsedaka ”. Tout cela est expliqué dans le discours ‘hassidique intitulé “ et David Mon serviteur ”, qui se trouve dans le fascicule édité à l’occasion de Chavouot 5708, à la page 27(7).

Nos Sages font remarquer que celui qui donne de la Tsedaka en reçoit l’intérêt dans ce monde, alors que le capital lui est conservé pour le monde futur. Il doit donc, à fortiori, en être ainsi, pour celui qui conduit les autres à en donner et doit être un réceptacle, prêt à susciter la bénédiction de Dieu et l’assurance du Saint béni soit-Il, selon laquelle : “ De grâce, mettez Moi à l’épreuve en la matière(8) ” et “ Je vous accorderai une bénédiction, jusqu'à ce que vous ne puissiez plus dire : c’est assez ”, qui permet, au sens le plus littéral, d’obtenir enfants, santé et prospérité matérielle.

Dieu vous accordera, de même qu’à votre épouse, une bonne santé, l’opulence dans la quiétude et beaucoup de satisfaction juive et ‘hassidique de tous vos enfants.

Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse, de même qu’une bonne santé, toujours et tous les jours,

Notes

(1)

Le Rav Yo’hanan Gordon, de New York. Voir, à son propos, la lettre n°1022. (2)

Voir, à ce propos, les lettres n°864, 1053 et 1089. (3)

Voir, à ce propos, les lettres 919 et 966. (4)

La Tsedaka destinée à couvrir les besoins spécifiques de Pessa’h. Voir, à ce propos, les lettres n°967 et 968. (5)

Au 770, Eastern Parkway. (6)

Meassin, de la même étymologie que Maassé, l’acte, comme dans l’expression “ acte de Tsedaka ”. (7)

Séfer Hamaamarim 5708, page 225. (8)

Donnez de la Tsedaka pour obtenir une certaine bénédiction et vous constaterez que celle-ci est satisfaite.

Lettre n°981

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°981, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Nissan 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre écrite à l’issue du Chabbat, le 9 de ce mois, par laquelle vous m’apprenez que vous êtes bien arrivé au Canada et commencez à vous y installer. Que Dieu, Qui est Tout Puissant, fasse que votre installation soit favorable, matériellement et spirituellement, que vous puissiez fixer un temps pour l’étude de la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, dans la largesse et le calme, physique et moral. Et, vous ferez un effort particulier dans le domaine de la Tsedaka.

Toutefois, vous n’attendrez pas de parvenir au terme de votre installation pour fixer un temps pour l’étude. Car, la Torah, et surtout son étude systématique, est le réceptacle suscitant et contenant

tout le bien matériel et spirituel. Plus tôt ce réceptacle sera forgé, plus vous l’élargirez et plus vous attirerez et recevrez des bénédictions.

J’ai reçu en son temps votre Michloa’h Manot(2), une bouteille de bénédictine et je vous en remercie.

Je vous joins le fascicule édité à l’occasion de Pessa’h, avec la lettre collective qui l’accompagne(3) et je conclus en vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, une bonne installation, matérielle et spirituelle, très prochainement.

En saluant tous les vôtres,

Notes

(1)

Le Rav Chnéor Zalman Gurevitch. (2)

Les mets que l’on envoie à ses amis pour la fête de Pourim. (3)

La lettre n°971.

Lettre n°982

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°982, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Notre ami, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Binyamin Gorodetski(1) m’a dit que vous participiez activement et fidèlement au renforcement et à la diffusion de la Torah, en général, à l’œuvre éducative des institutions Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, en particulier(2). J’en ai été très satisfait.

J’ai bon espoir que vous redoublerez d’ardeur, en la matière, pour grandir et embellir la Torah.

Dans le Zohar, tome 2, page 183b, nos Sages, évoquant le fait de consommer la Matsa, rapportent que “ un roi avait un fils unique, qui était malade. Un jour, celui-ci eut faim et le roi ordonna : “ Qu’on lui donne un aliment de guérison ”. De même, lorsque les enfants d’Israël quittèrent l’Egypte, le Saint béni soit-Il souhaita qu’ils consomment un aliment de guérison ”.

Pessa’h approche et chaque Juif, au début du Séder, proclame : “ Celui qui a faim, qu’il vienne et mange ”. Au delà de leur sens littéral, ces mots font également allusion à la nécessité d’administrer le “ met de la guérison ” et le “ met de la foi ” au fils unique, qui est malade et a faim. De la sorte, on procure un immense plaisir à notre Père Qui se trouve dans les cieux.

Un bien considérable est réservé, dans ce monde et dans le monde futur, à tous ceux qui se consacrent à l’éducation judicieuse des enfants juifs, en particulier aux responsables, puisque, selon l’expression de nos Sages, “ le grand Prêtre est servi le premier ”.

Je voudrais vous exprimer ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, pour que vous ayez une fête cachère et joyeuse, un bien tangible, moral et physique. Très bientôt et de nos jours, sera exaucée notre requête, “ l’an prochain, nous serons libres, sur la terre d’Israël ”, avec notre juste Machia’h.

En vous souhaitant tout le bien, toujours et tous les jours,

Notes

(1)

Responsable du bureau européen d’aide aux réfugiés et des activités du mouvement Loubavitch en Afrique du nord. (2)

Cette lettre fut adressée à plusieurs rabbins et responsables communautaires du Maroc.

Lettre n°983

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°983, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Nissan 5711,

Brooklyn,

Aux membres de la communauté et aux responsables de

la synagogue de rite Ari Zal, à Montréal,

auxquels Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 29 Chevat. J’ai été satisfait d’apprendre que les paroles d’encouragement prononcées devant vous par le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Moché ‘Haïm Sapotshinski, ont reçu un écho favorable. De fait, je n’avais aucun doute, en la matière, car, commentant le verset “ je dors, mais mon cœur est en éveil ”, nos Sages disent : “ Je dors en exil, mais mon cœur est en éveil pour la Torah et les Mitsvot ”.

J’espère aussi, et c’est bien là le point le plus important, que cet écho favorable aura un effet concret, dans les trois domaines dont mon beau-père, le Rabbi, a maintes fois souligné l’importance, l’amour de Dieu, l’amour de la Torah et l’amour d’Israël.

Nous approchons de Pessa’h et vous connaissez sans doute le récit de nos Sages, à propos de la sortie d’Egypte. Les six cent milles enfants d’Israël devaient alors être tous présents. Si un seul d’entre eux avait été absent, ceci aurait affecté tous les autres, ce qu’à Dieu ne plaise.

Un enseignement en découle pour nous. Nous devons garder présente à l’esprit la nécessité de rapprocher chacun, homme ou femme, jeune ou vieux, de la Torah et du Judaïsme. Il faut investir toutes ses forces en cela car une telle action concerne non seulement la personne à laquelle elle s’adresse, mais aussi toutes les autres.

Une pratique, dès le début de Pessa’h, fait allusion à tout cela. Avant de commencer la célébration du Séder, on proclame : “ celui qui a faim, qu’il vienne et mange, celui qui est dans le besoin, qu’il vienne et célèbre Pessa’h ”. Il faut interpréter ces termes au sens littéral, faisant allusion à l’aide matériel, mais ils s’appliquent également à l’aide morale que l’on peut apporter aux autres. C’est seulement après avoir dit cela que l’on peut affirmer : “ L’an prochain, nous serons dans la terre d’Israël. Cette année, nous sommes esclaves, mais l’an prochain, nous serons libres ”.

Je souhaite à chacun d’entre vous et aux membres de votre famille un Pessa’h cachère et joyeux. J’espère avoir de vos bonnes nouvelles, dans tous les domaines. Très prochainement, nous aurons le mérite d’assister à la réalisation de la promesse selon laquelle “ l’an prochain, nous serons libres, en la terre d’Israël ”, avec notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, Amen.

Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse,

Lettre n°984

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°984, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre, en son temps et mes nombreuses occupations m’ont empêché d’y répondre jusqu'à maintenant. Et, de fait, vous n’avez nul besoin de ma réponse, puisque vous avez déjà obtenu celle de mon beau-père, le Rabbi, lorsque vous vous trouviez ici.

En tout état de cause, je vous répéterai ce que j’ai déjà dit plusieurs fois.

Vous devez savoir, une fois pour toutes, que la foi n’est pas une notion théorique, mais bien une valeur qui est à l’origine de toute l’existence.

Or, vous avez la foi, sans l’ombre d’un doute et vous croyez que Dieu dirige le monde. S’Il peut régir un milliard et demie d’hommes, il est clair qu’Il a le moyen, pour ce qui vous concerne, d’accomplir les termes du verset : “ Je l’ai fait et je le supporterai, je souffrirai et je serai sauvé ”.

Pensez donc, Dieu donne l’assurance que celui qui souffre sera sauvé. Comment pouvez vous imaginer qu’un non Juif de tel ou tel autre pays pourrait empêcher Dieu de tenir parole, ce qu’à Dieu ne plaise ?

Imaginez ce qui résulte de tout cela. Dieu a-t-Il besoin que vous vous préoccupiez de la manière dont Il conduit le monde et apporte une solution à vos problèmes ? Ou peut-être Dieu peut-Il trouver une issue positive sans que vous ne vous fassiez de soucis ?

Car, au final, vous devez vous rappelez que notre maître, mon beau-père, le Rabbi, vous a accordé sa bénédiction. Or, la bénédiction du Juste se réalise en tout état de cause et ce sera également le cas pour celle qui vous concerne.

Néanmoins, une alternative se présente à vous. Vous pouvez vous faire du soucis, tant que la bénédiction ne s’est pas réalisée, en vous disant qu’elle ne le sera peut-être pas du tout. Et, par la suite, lorsqu’elle se réalisera effectivement, vous serez confronté à un autre tracas. Comment avez vous pu vivre dans l’angoisse pendant tant de temps, inutilement ?

Mais, vous pouvez aussi marquer fortement votre foi et votre confiance en Dieu, Qui vous conduira sur le droit chemin, exaucera toutes les bénédictions qui vous ont été accordées. Puis, lorsque vous assisterez à leur matérialisation, vous vous direz : “ Comme j’ai bien fait de ne pas être soucieux ! Cette issue positive était réellement une évidence ! Il ne pouvait en être autrement ”.

C’est l’une des significations qu’il faut accorder aux bénédictions que mon beau-père vous a accordées. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, non pas d’une bénédiction, mais bien d’un ordre, celui d’être joyeux, car, avec l’aide de Dieu, les problèmes qui vous paraissent à ce point insurmontables, disparaîtront. Il n’y a donc pas lieu d’être soucieux. Vous pouvez vous réjouir et mettre en pratique l’Injonction “ Servez Dieu dans la joie ”.

Je vous souhaite un Pessa’h cachère et joyeux, d’être toujours en bonne santé et heureux. J’attends de recevoir très prochainement de vos bonnes nouvelles.

Vous trouverez ci-joint la causerie de Pessa’h 5703, qui vous intéressera sûrement.

Lettre n°985

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°985, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Nissan 5711,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la fête de Pessa’h qui approche, je voudrais vous souhaiter une fête cachère et joyeuse, ainsi qu’à tous les membres de votre famille(1). Vous aurez le mérite d’exercer une influence positive sur tout votre entourage, qui s’élèvera ainsi dans la sainteté, sur le chemin conduisant vers le Sanctuaire de Dieu.

Bien plus, c’est à Pessa’h que notre peuple put acquérir la statut d’Israël(2). Chaque année, lorsque surviennent les différentes fêtes, leur contenu apparaît de nouveau à l’évidence. Ainsi, Pessa’h, temps de notre liberté, délivre non seulement de la servitude physique, mais aussi du mauvais penchant.

La leçon de morale qu’enseigne ce jour est la suivante. Il faut multiplier ses efforts, dans tous ces domaines. C’est pour cela que la Matsa est appelé “ aliment de la guérison ”, selon le Zohar, tome 2, page 183b. Celle-ci raffermit la foi, comme l’établit également le Zohar, tome 2, page 41a.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité

à l’occasion de Pessa’h, qui, à n’en pas douter, vous intéressera.

Evoquant la consommation de la Matsa, j’ai reproduit, dans mon avant propos, le fait qu’à Pessa’h le corps est physiquement nourri par un aliment qui raffermit la foi en Dieu. De fait, le sacrifice de Pessa’h se distingue de tous les autres par le fait que sa destination essentielle est la consommation(3) de ses propriétaires et non celle de l’autel ou des Cohanim.

Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse,

M. Schneerson,

Notes

(1)

Cette lettre a été adressée à plusieurs personnes. (2)

C’est de cette événement que sont déduites les lois de la conversion. (3)

Par ceux qui l’offrent et non par les Cohanim. De même, il n’est pas brûlé sur l’autel.

Lettre n°986

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°986, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Nissan 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Voici le message que j’ai demandé à votre fils de vous transmettre :

“ Le’haïm, que votre père soit un ‘Hassid révélé. Il est déjà un ‘Hassid caché. Il a, Dieu merci, des enfants qui sont des ‘Hassidim. Mais, lorsqu’il sera lui-même un ‘Hassid révélé, il pourra aider ses enfants à en faire de même. ”

Voici ce que je voulais dire :

Je connais mon beau-père, le Rabbi et je sais qu’il était un Juste. Les propos et les actes des Justes sont vérité. Ils se perpétuent éternellement et, bien évidemment, ne disparaissent jamais.

J’ai entendu, à plusieurs reprises, mon beau-père parler de vous et de votre épouse. Il vous a dispensé, à l’un et à l’autre, de nombreuses forces, directement en échangeant avec vous, ou bien indirectement, selon des moyens qui lui sont propres, par exemple en lisant un Psaume. Je sais aussi l’espoir que mon beau-père, le Rabbi, plaçait en vos enfants. Et, l’on peut vérifier concrètement que celui-ci était de plus en plus fondé.

Me basant sur tout cela et sachant que l’action d’un Juste, en particulier d’un Rabbi, ne peut disparaître, je suis convaincu que vous posséderez concrètement tous les éléments positifs que mon beau-père souhaitait voir en vous. Du reste, cette promesse s’est déjà partiellement réalisée et je suis convaincu qu’elle s’accomplira dans son intégralité.

Bien évidemment, ces remarques ne concernent pas l’accomplissement des Mitsvot, au sens strict, que vous avez toujours maintenu, qui a toujours été présent dans votre foyer. Je fais ici allusion à ce qui dépasse le cadre de la Hala’ha. Ce qui peut être accompli, en la matière, n’a pas de limite. Aussi haut qu’une créature puisse s’élever, elle conserve toujours la possibilité de multiplier ses accomplissements.

Néanmoins, il est dit que “ le prisonnier ne peut se libérer lui-même ”. Quelqu’un doit lui venir en aide, pour qu’il y parvienne. L’Admour Haémtsahi, fils de l’Admour Hazaken, explique que l’intervention d’une autre personne dresse deux âmes divines contre une âme animale. Bien plus, celui qui apporte son aide est, en l’occurrence, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite personnel, qui est considérable, est complété par celui de ses saints ancêtres.

C’est donc là ce que je voulais dire. Vous êtes déjà un ‘Hassid caché et vous devez devenir un ‘Hassid révélé, en adoptant un comportement qui dépasse systématiquement la ligne de la Loi. Mon beau-père, le Rabbi, vous en a accordé la force, non seulement, comme je le disais, dans les propos qu’il a échangés avec vous, en votre présence, mais aussi quand il était seul, en lisant un Psaume dans son bureau. Vous n’avez pas encore pleinement révélé ces forces. De fait, il est impossible de faire un plein usage de la bénédiction d’un Juste.

C’est pour cela que j’exprimais le souhait que les bénédictions accordées par mon beau-père, le Rabbi, en votre présence ou non, s’accomplissent pleinement.

La plus haute bénédiction qu’un homme, et en particulier un Juif, puisse recevoir est la satisfaction qu’il conçoit de ses enfants. Nos Sages disent qu’un homme peut être jaloux de tous, à l’exception de son fils. J’ai donc dit tout cela et je l’ai expliqué. La bénédiction de mon beau-père, le Rabbi, doit s’accomplir en vous et vos enfants doivent être des ‘Hassidim révélés.

-2-

Pourquoi vous ai-je transmis ce message par l’intermédiaire de votre fils, qui était présent, lors de la réunion ‘hassidique ? Car, il est dit dans les livres que, lorsqu’un Juif accorde une bénédiction, que dix autres Juifs sont présents et répondent Amen, cette bénédiction est considérée comme émanant d’une communauté. Or, lorsque dix Juifs se réunissent, la Présence divine se révèle pleinement, selon le traité Sanhédrin 39a. Combien plus est-ce le cas en présence de plusieurs dizaines de Juifs, lors d’un repas du Chabbat ou d’une fête, lequel est une Mitsva, encore plus dans un endroit sacré, une synagogue ou une maison d’étude. Je ne voulais donc pas rater cette occasion.

Nous étions entre bons amis et le moment était particulier. J’en ai profité pour recueillir l’assentiment de tous ces Juifs, qui étaient pénétrés de l’esprit du Chabbat et de la fête, durant le troisième repas du Chabbat, lorsque se révèle “ la Volonté de toutes les volontés ”, comme nous le disons dans les cantiques du Chabbat et comme l’explique le Zohar. De la sorte, tous pouvaient donner leur accord pour que les bénédictions accordées par mon beau-père, le Rabbi, s’accomplissent pleinement.

L’un des points principaux est le suivant. Nous devons être des ‘Hassidim, dépassant la ligne de la Loi, recherchant le bien de l’autre, même s’il en découle un désagrément pour sa propre personne, ce qu’à Dieu ne plaise. C’est ainsi que les Tossafot interprètent le terme ‘Hassid, au traité Nidda 17a et, de même, au traité Chabbat 120a.

En saluant tous les membres de votre famille et avec ma bénédiction,

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