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Iguerot Kodesh — lettres 906 à 925

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°906

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°906, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

Rav Efraïm Eliezer Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Adar Richon et j’ai surtout été satisfait de voir que vous vous occupez toujours du Rav C., le Cho’het.

De fait, le traité Chabbat 12a précise que l’on déduit du comportement du grand Prêtre(2) l’interdiction de l’oubli. Car, le verset dit : “ Les lèvres du Cohen garderont la sagesse ” et il est bien question ici de chaque Cohen et non uniquement du grand Prêtre. Vous consulterez également le Zohar, tome 3, page 146b, selon lequel il en est encore ainsi, à l’heure actuelle, ce qui ne peut être dit du pectoral(3). Et le Zohar précise que c’est uniquement à cette condition que le Cohen peut bénir le peuple d’Israël.

Puisse donc ce retard avoir une issue positive, en un bien visible et tangible, ce qui est bon pour nous. Et celui qui prie...(4) est exaucé le premier. Ainsi, vous annoncerez vous même, au plus vite, des bonnes nouvelles, vous concernant personnellement.

Avec ma bénédiction,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1)

Le Rav E.E. Yallès, Rav de Philadelphie. Voir, à son propos, les lettres n°502, 926, 951, 958 et 1118. (2)

Le destinataire de cette lettre est lui-même un Cohen. (3)

Que portait le grand Prêtre. (4)

Pour son prochain.

Lettre n°907

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°907, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous vous souvenez sans doute, et je voudrais vous le rappeler encore une fois ici, que vous devez mettre en application ce que vous a dit et répété mon beau-père, le Rabbi : vous devez être toujours joyeux.

De même, vous vous rappelez sûrement de notre discussion. Nous constations que le monde n’est pas laissé à l’abandon, ce qu’à Dieu ne plaise. Dieu l’a créé et le dirige encore maintenant, à tout instant. Rien n’échappe à la divine Providence. Tous les Juifs, “ croyants, fils de croyants ”, sont animés d’une foi pure.

Par ailleurs, chacun sait que Dieu est la perfection du bien. Et tout ce qu’Il fait est donc pour le bien.

Vous devez avoir conscience de tout cela et y méditer, de temps à autre. Il sera ainsi plus aisé de comprendre de nombreux événements de votre vie et, point le plus important, d’avoir la certitude que, dans votre existence quotidienne, pour reprendre les termes du roi David, “ Dieu est mon berger ”. En conséquence, “ je ne manque de rien... car Tu es avec moi ”.

Je serais heureux que vous trouviez un peu de temps libre pour m’écrire quelques lignes, me dire comment vous vous sentez. J’espère que tout ira bien et que vous pourrez me donner de bonnes nouvelles, à ce propos.

Avec ma bénédiction pour tout le bien,

Mena’hem Schneerson,

Lettre n°908

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°908, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu des nouvelles de votre oncle par plusieurs de nos émissaires qui, de temps à autre, se rendent en Suisse, de même que par vos parents, qui se trouvent ici.

J’ai également eu l’occasion de faire sa connaissance et de m’apercevoir à quel point un caractère comme le sien a besoin d’amitié et de sympathie.

Il est sûrement inutile de vous préciser tout cela ou d’en montrer l’importance, du point de vue humain comme de celui de la Torah. Je me permets, néanmoins, de souligner l’immense Mitsva que vous accomplissez, avec votre épouse, en accordant à votre oncle plus que l’attention et l’amitié courantes.

Mon beau-père, le Rabbi, souligne que Dieu ne reste jamais en dette. Je suis certain qu’Il vous récompensera avec un grand succès, une vie heureuse et beaucoup de satisfaction de votre fils.

Avec mes voeux de bénédiction et de réussite pour vous et pour les vôtres,

Mena’hem Schneerson,

Lettre n°909

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°909, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Adar Richon 5711,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec satisfaction que vous aviez eu un fils, en un moment bon et fructueux.

Je vous adresse, par la présente, ma bénédiction pour que vous le fassiez entrer, en son temps, dans l’alliance de notre père Avraham, l’éduquiez à la Torah et aux bonnes actions, dans l’opulence matérielle et spirituelle.

Cette Mitsva, que les Juifs ont accepté joyeusement, introduira la joie dans votre foyer, comme le disent nos Sages, au traité Ketouvot 8b et comme l’explique le Ot ‘Haïm Vechalom, chapitre 265, paragraphes 27 et 29. Vous consulterez aussi le traité Moed Katan 9a, selon lequel on se réjouit alors de la révélation céleste.

La dernière version du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken dit, à la fin du chapitre 4 que la circoncision permet l’introduction de l’âme juive dans le corps. Il s’agit là d’un début, qui doit donc être joyeux, pour faire la preuve qu’il ne fait pas l’objet d’une contrainte.

La circoncision est également considérée comme un sacrifice, selon le Zohar, tome 1, page 95a. Or, celui-ci doit être “ selon votre bon vouloir ”.

Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov,

Mena’hem Schneerson,

Lettre n°910

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°910, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Aryé Zeev(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu la demande de bénédiction qui était exprimée dans votre précédente lettre, au jour de la Hilloula, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Il a suscité une grande miséricorde pour ceux qui sont attachés à lui et pour les ‘Hassidim, afin que ceux-ci obtiennent la satisfaction de tous leurs besoins. Il continuera assurément à le faire.

Il a lui-même écrit, à propos de son père, le Rabbi Rachab : “ tenez vous tous prêts ”, comme je le rappelais dans la lettre de la Hilloula(2). Vous consulterez, à ce propos l’explication du Baal Chem Tov sur l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ l’homme est jugé en conscience et sans sa conscience ”. Celle-ci est développée à la fin du second chapitre, dans le premier discours intitulé “ Je suis à mon Bien Aimé ”, qui figure dans le Séfer Hamaamarim. Et le côté du bien est beaucoup plus puissant.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1)

Le Rav A.Z. Lipsker. Voir, à son propos, la lettre n°973. (2)

La lettre n°884.

Lettre n°911

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°911, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

fidèlement aux besoins communautaires,

le Rav Moché Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, la demande de bénédiction que vous m’avez adressée pour vous même, pour votre épouse, pour .... et pour les membres de sa famille. Au jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, je l’ai lue près de son tombeau. A n’en pas douter, il suscite la miséricorde de Dieu pour tous ceux qui lui sont attachés, en général, pour vous, votre épouse et cette famille, en particulier et il continuera à le faire pour que vous viviez bien et que vos besoins soient satisfaits.

Et, Dieu exaucera pleinement les bénédictions du Juste, car ceux-ci sont plus grands que de leur vivant...(2).

Vous pourrez me donner de bonnes nouvelles et m’annoncer que tous ceux qui ont été cités auparavant vont mieux.

Vous m’indiquerez également la situation de monsieur ..., pour ce qui concerne le Judaïsme et la pratique des Mitsvot.

Vous connaissez la sentence du Baal Chem Tov, selon laquelle une âme descend ici-bas pendant soixante dix ou quatre vingt ans uniquement pour rendre un service, matériel ou spirituel, à l’âme d’un Juif ou d’une Juive(3).

Bien évidemment, il ne faut pas se contenter de le faire une ou deux fois, mais bien selon l’expression courante de nos Sages, que vous trouverez au traité ‘Houlin 87a, “ même cent fois ”.

Si vous essayez d’aider cette famille à recouvrer la santé, à assurer sa subsistance, vous devez vous intéresser aussi à sa situation morale et lui venir également en aide, dans toute la mesure du possible.

La Paracha de cette semaine constate que “ Aharon portait le jugement des enfants d’Israël sur son cœur, devant l’Eternel, en permanence ” et les actes des pères sont un enseignement pour les enfants(4).

Avec ma bénédiction et en saluant toute votre communauté,

M. Schneerson,

Notes

(1)

Le Rav M.Shayevitch. Voir, à son propos, la lettre n°880. (2)

Après avoir quitté ce monde. (3)

En l’occurrence, en demandant une bénédiction pour cette famille. (4)

Le destinataire de cette lettre est un Cohen.

Lettre n°912

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°912, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

On rapporte, au nom de l’Admour Hazaken, que “ l’on ne peut se battre avec des idées ”. Néanmoins, vous me faites part de votre situation et de votre désir de vous installer sur un autre continent. A mon avis, il serait bien mieux de vous rendre en Amérique du sud, plutôt qu’aux Etats Unis.

D’après les informations dont je dispose, il est plus facile de s’installer là-bas, car la plupart des immigrants viennent ici. Celui qui n’a pas d’enfants en âge scolaire est donc délivré de l’obstacle essentiel que pose une installation là-bas.

Je conclus en vous souhaitant une bonne santé et une installation fructueuse, matériellement et spirituellement.

En vous saluant et en vous bénissant,

Lettre n°913

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°913, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous sollicitez une bénédiction pour votre fils, qui se trouve à l’armée.

Je vous demanderais de lui écrire et de l’inviter à respecter scrupuleusement la Mitsva des Tefilin, en les mettant chaque jour. Vous lui adresserez également le message, ci-joint, de mon beau-père, le Rabbi. Vous m’indiquerez aussi le nom de sa mère et Dieu le protégera pour qu’il rentre à la maison sain et sauf.

J’aimerais savoir également s’il y a des cours publics, dans votre synagogue, une prière quotidienne, si l’on récite des Tehilim, tous les matins, après la prière.

Vous trouverez ci-joint un reçu, pour votre contribution au profit du bureau des actions confidentielles, caisse qui a été fondée par mon beau-père et vient en aide à ceux qui sont gênés d’avoir publiquement recours à la Tsedaka.

Le travail en Afrique du nord a commencé, selon les instructions que mon beau-père, le Rabbi nous a données, avant son décès. Il y a déjà là-bas une Yechiva supérieure, une Yechiva élémentaire, un séminaire de formation des maîtres, des Talmud Torah pour les garçons, des écoles pour les filles, des cours du soir.

Ce travail vient de commencer et nous devons disposer de montants importants pour le poursuivre. Dieu nous accordera la réussite.

Avec ma bénédiction et en saluant les membres de votre communauté,

Lettre n°914

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°914, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Kalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir le compte rendu détaillé relatif au Beth Rivka de Crown Heights et je formulerai ici quelques remarques, à son propos :

A) Vous me dites que l’on habitue les enfants à faire usage de termes hébraïques dans le langage courant, c’est à dire dans la langue du pays. Il semble contestable d’habituer l’enfant, dans son expression usuelle, à employer deux langues différentes.

B) Je ne comprends pas comment intervient l’hymne Adon Olam dans la prière du matin des enfants(2). Vous possédez sûrement “ l’ordre des bénédictions et des prières ”(3), que l’on a édité. Vous le consulterez à la page 2 et vous y trouverez les bénédictions du matin pour les plus petits.

C) Parmi les bénédictions que vous mentionnez, manquent les plus courantes, celle des fruits de l’arbre, celle des fruits de la terre, le Beri’h Ra’hamana(4).

D) Vous ne dites pas, dans votre compte rendu, si l’on apprend aux enfants les bonnes manières, c’est à dire une attitude correcte pendant les repas, l’entraide.

E) Avant la fin(5), il serait bon qu’une certaine pratique rappelle la prière de Min’ha, par exemple, la lecture du verset “ Ouvre Ta main ”(6) et des trois versets qui suivent Alénou, “ ne crains pas ”(7).

Vous savez à quel point mon beau-père, le Rabbi, a fait don de lui-même pour que les enfants reçoivent une bonne éducation, pour renforcer le Judaïsme, même par les pratiques les plus simples. Or, il aurait pu, pendant ce temps, se consacrer aux secrets de la Torah, y compris les plus élevés. Il y a là une leçon pour chacun d’entre nous et il n’est nul besoin d’en dire plus.

Vous vous renforcerez donc dans votre travail pédagogique, dans l’influence que vous exercez sur vos élèves, y compris au foyer de leurs parents, afin de les illuminer par la lumière de la Torah et des Mitsvot, avec, selon l’expression de nos Sages, des paroles émanant du cœur, c’est à dire, au sens le plus littéral, tenir des propos chaleureux.

Avec ma bénédiction de réussite pour votre travail pédagogique et pour vos préoccupations personnelles,

Notes

(1)

Le Rav K.Katlovitch. (2)

Celui-ci ne doit pas nécessairement être dit par les plus petits. (3)

Une brochure, parue aux éditions Kehot, qui présente un résumé de la prière pour les enfants. (4)

Que les plus petits disent à la place de la bénédiction suivant le repas. (5)

De la journée scolaire. (6)

“ Et rassasie toutes les créatures de Ta Volonté ”, verset qui figure dans la prière Achreï, récitée à Min’ha. (7)

“ la peur soudaine et le complot des impies. Imaginez des stratagèmes et ils seront détruits. Concevez des plans et ils ne se réaliseront pas, car l’Eternel est avec nous. Jusqu'à la vieillesse, je serais ainsi, jusqu'à un âge avancé, je supporterai. Je l’ai fait et je le ferai. Je supporterai et je serai sauvé, car Dieu est avec nous ”. Ces trois versets concluent la prière de Min’ha.

Lettre n°915

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°915, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

A nos amis, membres de notre communauté,

distingués ‘Hassidim, qui craignent Dieu,

résident à Paris et dans les implantations(1),

à qui Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Notre ami, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Binyamin Gorodetski, m’a appris que vous avez pris la bonne décision d’organiser une étude hebdomadaire de la ‘Hassidout, dans la salle du bureau(2), en deux groupes. Les ‘Hassidim de toutes les implantations y participeront et vous vous efforcerez sans doute de mettre en pratique le Précepte de diffuser les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, avec tout ce que cela implique, comme l’explique la lettre du 10 Kislev dernier. Il y a là une introduction, une préparation et un réceptacle pour la venue imminente du Machia’h.

Concernant la Che’hita, vous avez pris une bonne résolution. Ceux qui ont acquis une bonne expérience et ceux qui ne la possèdent pas encore, leur pratique étant insuffisante ou bien leur connaissance des lois n’étant pas encore parfaite, poursuivront tous leurs études, bien que certains exercent déjà la fonction de Cho’het. Les Rabbanim ‘hassidiques surveilleront tout cela.

Outre les lois et la pratique de la Che’hita, les responsa de l’Admour Hazaken au chapitre 9, celles du Tséma’h Tsédek, Yoré Déa, chapitre 12 et porte des additifs, 15-18, soulignent l’importance de craindre Dieu. Cette qualité est plus fondamentale chez le Cho’het que chez le Rav. Ainsi, nous mériterons la révélation du grand Cho’het, le Saint béni soit-Il Lui-même(3), comme le disent nos Sages, au traité Soukka 52a.

Je serais heureux d’avoir de bonnes nouvelles de vous tous, dans le domaine matériel, de savoir que vous assumez et ressentez la mission qui vous est confiée, avec vos épouses et vos enfants, que vous êtes tous liés et attachés au chef de notre génération, mon beau-père, le Rabbi, tête et cerveau de notre époque. Car, vous êtes des membres de cette génération, dont la tête assure donc le bonheur, spirituel et matériel à la fois, ne se contentant pas de satisfaire seulement quelques uns de leurs besoins.

Avec ma bénédiction et en saluant chacun d’entre vous,

Notes

(1)

De la région parisienne. (2)

D’aide aux réfugiés, à Paris, dirigé par le Rav B.Gorodetski. (3)

Qui, dans le monde futur, fera la Che’hita au mauvais penchant.

Lettre n°916

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°916, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du lundi de la Parchat Michpatim et à la demande de bénédiction qui l’accompagnait.

Vous devez avoir une confiance inébranlable en Dieu, Qui dirige le monde entier, sans aucune exception. Il vous protégera et vous renforcera. Il vous permettra, au final, de vous installer comme il convient, matériellement et spirituellement.

Il faut aussi forger les réceptacles qui conviennent pour contenir toutes ces bénédictions. Ceux-ci sont la Torah et les Mitsvot, en particulier la lecture quotidienne des Tehilim, selon leur répartition mensuelle, l’étude quotidienne de la Paracha avec le commentaire de Rachi, le dimanche jusqu’au Chéni, le lundi jusqu’au Chelichi et ainsi de suite, l’étude du Tanya, selon le cycle annuel déterminé par mon beau-père, le Rabbi.

Pourquoi n’envisagez vous pas de vous marier ?

Que Dieu vous aide à m’annoncer très vite de bonnes nouvelles.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°917

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°917, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos questions :

A) Dans la mesure du possible, vous étudierez l’ensemble de la Michna pour la date à laquelle vous cesserez la récitation du Kaddich. Le jour de la Hilloula, vous conclurez un traité talmudique.

B) Vous désirez vous rendre auprès du tombeau de votre père pendant l’année du deuil de votre mère. Or, ils sont enterrés à proximité l’un de l’autre. Vous vous tiendrez donc un peu à l’écart du tombeau de votre mère et vous direz les prières près de celui de votre père.

C) Quel est le texte qui doit être récité près du tombeau des parents, en général et, lorsqu’est placée la pierre tombale, en particulier ? Vous interrogerez, à ce propos, les Rabbanim ‘hassidiques qui se trouvent ici.

Avec ma bénédiction pour que votre étude des Préceptes de Dieu, qui sont droits et réjouissent le cœur, soit pénétrée de crainte de Dieu et fructueuse,

Lettre n°918

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°918, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris que vous aviez, Dieu merci, enfin obtenu un visa d’entrée au Maroc. Vous pourrez désormais fixer les détails de votre voyage avec le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Binyamin Gorodetski.

Puisse tout cela intervenir dans le moment qui convient, afin que notre mission au Maroc soit accomplie, que la lumière perpétuelle(2) éclaire ce pays, celle de la Mitsva qui, grâce à la ‘Hassidout, brillera de la manière la plus satisfaisante.

Pour cela, il faut préparer cette lumière dès la veille au soir(3), malgré les voiles, les barrières, les obstacles, les empêchements, et la conserver ainsi jusqu’au matin. De la sorte, il y aura d’abord l’obscurité, puis la lumière, comme l’explique le Torah Or, à la fin du discours ‘hassidique intitulé “ et toi, tu ordonneras ”.

Avec ma bénédiction de réussite et de bonne santé, pour vous et votre épouse,

M. Schneerson,

J’ai lu la demande de bénédiction que vous m’avez adressée au jour de la Hilloula, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.

Notes

(1) Le Rav C.Matusof. Voir, à son propos, la lettre n°818. (2) En hébreu Ner Tamid, comme la lumière du Chandelier qui, dans le Temple, brûlait en permanence. (3) Comme on le faisait, dans le Temple, pour le Ner Tamid.

Lettre n°919

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°919, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en leur temps, vos deux lettres, avec les deux chèques qui les accompagnaient, l’un pour l’impression d’un livre de mon beau-père, le Rabbi et l’autre pour le Maamad(2). Je vous en remercie beaucoup et vous joins les reçus.

Comme vous me l’avez demandé, j’ai cité votre nom et celui de votre épouse, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, pour la satisfaction de tous vos besoins. Il a sans doute invoqué la miséricorde divine et continuera à le faire, pour vous deux, afin que vous ayez une bonne santé et la tranquillité du corps et de l’âme et aussi pour que vous soyez joyeux.

En effet, vous venez de recevoir et d’accepter le mérite d’éditer un livre de ses discours ou de ses causeries. Ainsi, vous illuminerez de nombreux foyers, à travers le monde. En conséquence, il est légitime que vous receviez la lumière et la chaleur dans votre propre foyer. Il suffit, pour les obtenir, d’ouvrir grand les portes et les fenêtres.

On peut le faire, en étudiant les Tehilim, le ‘Houmach avec le commentaire de Rachi, le Tanya, quelques passages des discours et des causeries du Rabbi. C’est de cette façon que l’on ouvre son coeur et sa tête.

Vous me demandez quand envoyer le solde de ce montant(3). Je ne souhaite exercer aucune pression sur vous, mais plus nous l’obtiendrons rapidement et plus vite celui qui relit les épreuves, l’imprimeur et tous les autres pourront effectuer leur travail.

J’espère que, dans votre prochaine lettre, vous m’annoncerez que vous avez un meilleur moral, que votre état de santé s’est amélioré, ainsi que celui de votre épouse.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav H.Steiman. Voir, à son propos, la lettre n°882. (2) Les sommes collectées par les ‘Hassidim pour le Rabbi, qui, grâce à elles, finance les actions qu’il souhaite entreprendre. (3) Pour la parution du livre.

Lettre n°920

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°920, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Pourim Katan 5711,

Brooklyn,

A nos frères, les fils et filles d’Israël,

en particulier ceux qui résident à New York et sa région,

à qui Dieu accordera longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Certains milieux juifs, qui, pour l’heure, ont abandonné la Torah et les Mitsvot, sont exposés à une propagande intense de la part des missionnaires, qui souhaitent, de manière déclarée ou par une voie détournée, conduire ces personnes à abjurer, ce qu’à Dieu ne plaise. Ceux-ci s’attaquent, en particulier, aux enfants qui sont tenus éloignés de toute éducation juive.

Nos Sages disent que “ celui qui sauve une âme juive est considéré comme s’il avait sauvé le monde entier ”. Il en a toujours été ainsi et combien plus est-ce le cas,

à l’heure actuelle, lorsque des millions de nos frères et de nos soeurs ont été brutalement arrachés à nous et assassinés pour sanctifier le Nom de Dieu. Il est encore plus clair que chaque âme est, à elle seule, un monde entier. Il faut donc investir les forces les plus considérables pour maintenir son lien avec le Tout Puissant.

La responsabilité envers les enfants est tout particulièrement fondamentale. Ceux-ci sont appelés, à l’avenir, à bâtir des foyers juifs. Chaque influence néfaste exercée sur eux, surtout celle qui conduit à abjurer, ce qu’à Dieu ne plaise, a une incidence sur toute les générations futures.

C’est à cause de tout cela que j’ai été particulièrement satisfait de constater l’initiative qui a été prise, dans différents milieux juifs. Celle-ci vise à prendre des mesures concrètes pour lutter contre cette emprise négative, pour protéger ces âmes que l’on désire couper de leur racines juives.

Je voudrais saluer en particulier l’œuvre de sauvetage moral entreprise par le “ comité de protection et de développement de la bonne éducation ”, fondé par mon beau-père, le Rabbi, sous l’égide du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, qui a conçu un programme très précis afin d’atteindre cet objectif et qui œuvre d’ores et déjà en ce sens.

Le but de chaque Juif, homme ou femme, est sans doute d’apporter sa contribution à cette réalisation fondamentale et essentielle, dans toute la mesure de ses moyens. Le mérite de la Mitsva de sauver des âmes juives le protégera sûrement et il sera béni de tout le bien.

Avec ma bénédiction,

M.

Schneerson,

Lettre n°921

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°921, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Pourim Katan 5711,

Brooklyn,

A nos amis, les ‘Hassidim,

partout où ils se trouvent,

que Dieu leur accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Le Collel ‘Habad de Rabbi Meïr Baal Haness a été fondé par l’Admour Hazaken et constitué par lui avec abnégation. Par la suite, nos saints maîtres en ont assumé la présidence, en chaque génération. Ils ont porté tous leurs efforts à le raffermir et à le renforcer. Or, ces dernières années, le Collel ‘Habad se trouve dans une situation difficile.

Evoquant ce sujet, mon beau-père, le Rabbi, dit, entre autres choses, dans son dernier appel lancé au profit du Collel, dix neuf jours avant de quitter ce monde :

“ Chaque ‘Hassid est tenu de garder en permanence à l’esprit la Tsedaka de Rabbi Meïr Baal Haness que nos saints maîtres nous demandent de donner. Il y a là une obligation personnelle, pour chacun et pour chacune, en tout lieu et en tout temps, à chaque époque.

Nos maîtres ont accordé leurs saintes bénédictions à ceux qui apportent leur contribution à cette Tsedaka sacrée, qui est fixe et immuable, pour l’éternité. ”

Ces saintes paroles sont sans doute gravées dans le cœur de tous les ‘Hassidim et je n’entends ici qu’encourager ceux qui possèdent, de manière naturelle, cette qualité d’empressement, afin qu’ils s’engagent encore plus clairement dans le domaine de la sainteté.

Ceux qui, pour une quelconque raison, ne possèdent pas encore, chez eux, un tronc de Rabbi Meïr Baal Haness Collel ‘Habad s’en procureront un au plus vite et le fixeront dans leur maison. Ceux qui les détiennent, de même que les responsables de ce Collel, ceux qui agissent et ceux qui invitent les autres à l’action, renforceront leur contribution au Collel ‘Habad, afin que cette institution puisse assumer sa mission et son rôle, selon les besoins du moment.

Cette Tsedaka a le pouvoir de mettre en éveil les attributs de la bonté les plus puissants, pour chacun et chacune de ceux qui sont actifs. Tous recevront de grandes bénédictions, avec tous les membres de leur famille, afin de satisfaire l’ensemble de leurs besoins, matériels et spirituels.

Avec ma bénédiction pour tout le bien matériel et spirituel,

M.

Schneerson,

Lettre n°922

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°922, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Pourim Katan 5711,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, qui m’a été transmise par les membres de votre famille, dans laquelle vous me demandez si vous devez allonger ou écourter vos voyages, du fait d’une éventuelle augmentation du cours de la monnaie du pays.

A mon avis, vous ne devez pas modifier vos plans pour cette raison. Vous obtiendrez sûrement la totalité du profit que vous escomptiez de ce voyage, ou bien parce que le cours augmentera ou bien pour une autre raison. Que vous importe ?

De fait, pourquoi ceux qui ont le mérite d’avoir un sort enviable, de se tenir proche de la Torah et de la soutenir, de n’avoir qu’une place lointaine dans le monde des affaires doivent-ils s’approfondir et concentrer leur esprit sur les stratagèmes commerciaux ? C’est bien à eux que le verset dit : “ L’Eternel te bénira en tout ce que tu feras ” et ils en accomplissent les termes en forgeant un réceptacle, de manière ordinaire, pour gagner leur vie.

Leur force d’imaginer, de comprendre, de se concentrer et, bien évidemment, de s’attacher doit donc être réservée à la Torah et à la manière de la soutenir. Et, le Saint béni soit-Il saura introduire dans ces réceptacles ordinaires une grande réussite, matérielle et spirituelle, transcendant la manière normale. Et c’est bien ainsi qu’il en est concrètement.

Je vous joins une lettre pour le jeune homme à propos duquel vous m’avez écrit, car je ne connais pas son adresse. Je vous remercie de bien vouloir la lui transmettre.

Vous transmettrez mon salut à ceux qui appartiennent à notre communauté, c’est à dire, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, à tous ceux qui sont liés à la Torah et aux Mitsvot. Or, quel descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov ne l’est pas ? Et, puissiez vous connaître la réussite dans vos préoccupations personnelles.

Lettre n°923

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°923, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué et érudit ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Reouven(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu les trois tomes de votre livre, Michpeteï Bneï Adam(2), de même que votre lettre du 7 Adar Richon.

Vous évoquez, dans votre lettre et dans votre livre, au tome 2, page 224, les propos du Yam Chel Chlomo sur le traité Baba Kama 91b, à propos de l’interdiction de se nuire et de s’humilier pour des raisons financières.

Ce que dit le Yam Chel Chlomo concerne celui qui se moque de sa propre personne, mais non celui qui se nuit ou s’humilie par son travail.

Vous vous interrogez, en conséquence, sur le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois des dommages corporels et moraux, paragraphe 4, dans le Kountrass A’haron. Celui déduit de l’attitude de Rav, qui demanda à Rav Kahana de dépecer un animal et de celle de Yaakov, qui subit les difficultés climatiques(3) qu’il est permis de se nuire ou de se faire souffrir pour des raisons financières(4).

Je suis surpris par votre objection. Comment retrouvez vous une telle distinction dans les propos du Yam Chel Chlomo ? Comment établir un lien entre la moquerie et la négligence de l’étude, d’une part et le fait de s’imposer une souffrance, d’autre part ? Je ne possède pas le Yam Chel Chlomo et je ne peux donc vous en citer les termes.

Bien au contraire, considérez la raison pour laquelle il est interdit de se faire souffrir. Le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken dit que “ l’homme n’est pas maître de son corps et il ne peut l’humilier ou le faire souffrir ”. Ainsi, on ne peut s’imposer soi-même une souffrance, tout comme on ne peut faire souffrir quelqu’un d’autre.

Le Radbaz, commentant le Rambam, lois du Sanhédrin, chapitre 18, paragraphe 7, en établit clairement la raison. Il dit que l’âme de l’homme n’est pas sa propriété, mais bien celle de Dieu. Vous consulterez également le Rambam, lois du crime, chapitre 1, paragraphe 4.

Vous étayez votre avis en citant les versets “ tu mangeras du pain à la sueur de ton front ” et “ l’homme est né pour l’effort ”.

Il est clair qu’il faut se demander si telle est la pratique courante, si Dieu a demandé de faire usage de Sa propriété de cette manière, puisqu’Il a dit : “ pendant six jours, tu travailleras ”. En revanche, si l’on va au delà de cela, on détériore la propriété de Dieu sans Son accord.

Yaakov mit en avant les conditions climatiques et Rav demanda de dépecer un animal. C’est bien la preuve qu’une telle manière d’agir est inhabituelle, peu fréquente. Vous consulterez, à ce propos, le traité Baba Metsya 93b, qui rapporte une controverse portant sur une garde renforcée, le Midrash Tan’houma Mikets, qui explique que Yaakov, fuyant Esav, se rendit chez Lavan et y subit plusieurs difficultés, dont les conditions climatiques, le commentaire de la Torah du Tour, sur le verset Vayétsé 31, 39, précisant que Yaakov dépassa son obligation, en la matière.

Vous m’interrogez également sur les chapitres 1 et 22 du Tanya, qui disent, comme le Toureï Even 29a, que “ celui qui transgresse un Interdit léger de nos Sages est appelé impie. Combien plus l’est celui qui néglige une Injonction ”.

Vous êtes surpris par cette expression, “ combien plus ”, à propos de ce qui est qui est clairement établi par les traités Chevouot 12b et Zeva’him 7b, dans lesquels nos Sages disent : “ A celui qui transgresse une Injonction et ne le regrette pas s’applique le verset : le sacrifice des impies est une abomination ”.

La réponse tient en deux points :

A) Les traités Chevouot et Zeva’him traitent de celui qui a transgressé deux Injonctions, la faute proprement dite et le fait de ne pas la regretter.

La formulation de l’Admour Hazaken, au premier chapitre d’Igueret Hatechouva, à la page 91a, permet d’établir que, selon lui, la Techouva est une Injonction de la Torah, contredisant ainsi l’avis soutenant que la Mitsva consiste, pour celui qui regrette sa mauvaise action, à la confesser. Vous consulterez, à ce propos, le Min’hat ‘Hinou’h, au chapitre 64 et aussi le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de la confession et de la Techouva, le commentaire du Rav I.P. Perla sur le Séfer Hamitsvot de Rabbi Saadya Gaon, à la Paracha 42, le Zohar, tome 3, page 124a. Ceci ne sera pas développé ici.

Selon cet avis, la nécessité de se confesser s’applique durant toute l’année. Elle est, cependant, différente à Yom Kippour, car tous sont alors tenus de faire Techouva, selon le Rambam, lois de la Techouva, chapitre 2, paragraphe 7. De même, lorsque l’on offre un sacrifice, on doit confesser la faute que l’on souhaite ainsi racheter. C’est ce qu’explique le traité Zeva’him. L’Injonction de faire Techouva s’applique alors. A l’opposé, le Tanya et le Toureï Even disent que l’on est un impie dès l’instant où l’on a négligé une Injonction.

B)

On peut avancer une autre explication. Les traités Chevouot et Zeva’him indiquent seulement qu’un tel homme est un impie. Mais, l’on pourrait penser qu’un tel qualificatif reste léger, en pareil cas. Le Tanya explique donc qu’il est, bien au contraire, grave. C’est à ce propos qu’il dit : “ combien plus ”.

Note :

J’ai vu que, dans votre livre, vous traitez d’abord des rois, vous basant sur la fin du traité Horayot, qui dit que le roi a la préséance sur le grand Prêtre et le prophète. Or, dans ce chapitre, vous évoquez tout d’abord Moché, maître de tous les prophètes. Mais, l’on peut réellement s’interroger, à ce propos, car la qualité de Moché était la prophétie et non la royauté, comme vous le soulignez vous même au début de la page 2.

Ce chapitre des rois, s’il traite d’abord du plus élevé d’entre eux, doit parler, en premier lieu, du Machia’h.

Concernant la prophétie, un avis, exprimé dans le premier chapitre du traité Roch Hachana, considère que, parmi les rois, certains égalèrent Moché. En revanche, le Rambam dit, dans ses lois de la Techouva, chapitre 9, paragraphe 2, que le Machia’h sera un grand prophète, proche de Moché. Il semble donc adopter l’autre avis figurant dans le traité Roch Hachana, selon lequel aucun autre roi ne lui fut comparable.

Concernant la royauté, par contre, le traité Sanhédrin 93b dit que le Machia’h pourra rendre le jugement sur la base de son odorat et il expose même une action qui fut faite en tenant compte de cela. L’avis qui considère qu’un roi fut effectivement l’équivalent de Moché, en l’occurrence Chlomo, conviendra que ce dernier ne pouvait rendre le jugement qu’après avoir entendu les témoins. Le jugement olfactif lui est donc accordé(5) en tant que roi et non en tant que prophète, car ce dernier ne rend pas le jugement.

D’après la version dont nous disposons, on peut considérer que tel est le sens des deux explications que donne le Midrash Tan’houma, à la fin de la Parchat Toledot, à propos du Machia’h : “ Il comprendra et dépassera Its’hak ”, mais non Moché, qui est un plus grand prophète que lui et “ Il surpassera Moché ”, par la royauté.

Vous consulterez les notes du Rav C.Buber sur le Midrash Tan’houma, au paragraphe 34. Il signale que le Maharats ‘Hayot s’interroge, en se basant sur ce même texte, à propos de l’affirmation du Rambam, à la même référence, selon laquelle le Machia’h est uniquement “ proche de Moché ”. Vous consulterez également le discours ‘hassidique prononcé par mon beau-père, le Rabbi, à A’haron Chel Pessa’h 5709, qui figure dans le fascicule n°65. Celui-ci dit que, dans le monde futur, le Machia’h apportera l’enseignement profond de la Torah également aux Patriarches, à Moché, à Aharon. C’est aussi ce qu’indique le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, à la Parchat Tsav, au second chapitre du discours intitulé “ Il étendra la main ”.

Avec ma bénédiction de réussite pour obtenir l’aide de Dieu dans l’étude de la Torah, avec la tranquillité du corps et de l’esprit,

Vous trouverez ci-joint un chèque(6).

Notes

(1)

Le Rav R.Gluk. (2)

Textuellement, Jugements des hommes. (3)

Lorsqu’il travaillait chez Lavan, son beau-père. (4)

Pour gagner sa vie. (5)

Au Machia’h. (6)

Vraisemblablement en paiement du livre adressé par cet auteur.

Lettre n°924

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°924, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et

se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Avraham Dov(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, m’interrogeant sur le second tome du Zohar.

A) A la page 156a : “ Durant la semaine, à l’heure de Min’ha, l’Attribut de sévérité est suspendu dans le monde et ce moment n’est pas favorable ”. Or, il semble que nos Sages affirment le contraire, au traité Bera’hot 6b : “ On dira toujours scrupuleusement la prière de Min’ha, car c’est uniquement pendant celle-ci que Elyahou fut exaucé ”.

Voici ma réponse :

La ‘Hassidout fait état de cette question et en formule même une autre, d’après l’affirmation de nos Sages, au traité Avoda Zara 3b, selon laquelle “ pendant les trois heures qui forment le dernier quart du jour, le Saint béni soit-Il est assis et Il éprouve du plaisir ”.

L’explication peut être formulée ainsi. De façon générale, le moment de Min’ha est celui de la sévérité. Si l’homme prie alors, il emporte la victoire, devant le tribunal céleste, précisément quand l’Attribut de rigueur est en éveil. Il peut ainsi accomplir de grandes choses, car tout opposition disparaît. Bien plus, celui-ci répond également Amen.

Il n’en est pas de même à Cha’harit, lorsque l’Attribut de bonté se révèle. La prière agit, certes, mais elle ne peut encore transformer le monde. Par la suite, lorsque l’Attribut de rigueur est fort, avec les premières ombres du soir, une nouvelle accusation peut être soulevée.

Elyahou devait lutter contre ceux qui remettaient en cause le principe de la foi, en cumulant deux actes religieux(2). Il lui fallait réaliser une transformation et il put le faire précisément à Min’ha, prière qui exerce son effet lorsque le tribunal siège. C’est alors que “ le Saint béni soit-Il est assis et éprouve du plaisir ”.

Le Kedouchat Levi, à la fin de la Parchat ‘Hayé Sarah, note que, quand Its’hak disait la prière de Min’ha, “ des chameaux arrivèrent ”. Car, Dieu fait alors du bien à Israël(3). Vous notez vous même, dans votre lettre qu’il s’agit bien ici de chameaux et nos Sages enseignent, au traité Bera’hot 56b, que “ celui qui voit un chameau en rêve doit savoir que la mort a été décrétée contre lui par le tribunal céleste et qu’il en a été préservé ”. Il y a bien là une transformation, d’une extrême à l’autre.

Ce qui vient d’être dit a une incidence sur le service de Dieu et permet d’établir l’importance de la prière de Min’ha. Un homme se trouve alors happé par les préoccupations du monde, qui impliquent la rigueur, la transformation de la matière. Son âme divine se trouve donc dans l’étroitesse. Or, il s’interrompt, prie et s’unit à son Créateur. Il s’agit donc bien d’une transformation, d’une extrême à l’autre.

Un homme fait la preuve, en pareil cas, que les préoccupations du monde ne lui ont pas fait perdre l’esprit, que son âme divine est bien victorieuse. Il n’en est pas de même pour la prière de Cha’harit, que l’on dit avant de se rendre à son activité. La chute reste alors possible. Lorsque l’on sortira dans la rue, on pourra perdre l’élévation alors acquise.

Vous consulterez les discours ‘hassidiques intitulés “ les lumières de ‘Hanouka sont allumées à partir du coucher du soleil ”, de 5688(4) et “ L’homme doit dire scrupuleusement la prière de Min’ha ”, qui se trouve dans le fascicule n°15.

B) Vous dites également que la nuit est un moment de sévérité.

Voici ma réponse :

Il est vrai que le temps de Min’ha est celui de la sévérité, par rapport au matin. Mais, la sévérité de la nuit dépasse celle de Min’ha. On peut le déduire du Yerouchalmi Chekalim, chapitre 5, paragraphe 4 et vous consulterez aussi le Zohar, tome 3, page 222b, le Peri Ets ‘Haïm, à propos de la prière d’Arvit, 4a et le Siddour du Ari Zal, à la même référence.

Mais, le Zohar, pour ce qui fait l’objet de notre propos, précise quand siège le tribunal céleste. Or, “ le monde matériel est à l’image du monde céleste ” et, en conséquence, le tribunal des hommes ne siège pas pendant la nuit, comme le disent le quatrième chapitre du traité Sanhédrin et le Tour Choul’han Arou’h ‘Hochen Michpat, au paragraphe 5. A l’opposé, l’exécution de la sentence peut intervenir pendant la nuit, qui est même un temps propice pour cela.

C)

Le Zohar, tome 2, page 156a, dit que Moché quitta ce monde durant le Chabbat, au moment de Min’ha et vous vous interrogez donc sur l’affirmation de nos Sages selon laquelle il écrivit, au jour de son décès, treize Sifreï Torah(5).

Voici ma réponse :

Cette question a été posée par différents textes. Vous consulterez les Tossafot, au traité Mena’hot 30a, le Roch sur le chapitre Arveï Pessa’him, le Morde’haï, à la même référence, le Or Zaroua, dans ses lois de l’issue du Chabbat, le Séfer ‘Hassidim, au chapitre 356, le Colbo, à la loi 40, Le Tour Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 292, le Baït ‘Hadach, le Toureï Zahav et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à cette même référence, le Assara Maamarot de Rabbi Mena’hem Azarya de Fano, partie sur l’enquête, tome 2, chapitre 13, les responsa ‘Hatam Sofer, tome 6, chapitre 29, le Séder Hadorot 2488, le Taameï Haminhaguim, citant le Atéret Tsvi.

Toutes ces références permettent d’aboutir à trois conclusions : 1.

Il y a, en la matière, des Midrashim contradictoires et l’on trouve, à ce propos, une discussion entre les sages de la Michna, dans le traité Baba Batra 15a, que vous consulterez. 2.

Le décès de Moché commença à la veille du Chabbat pour se poursuivre jusqu'au jour sacré, au moment de Min’ha. On peut, à ce propos, se demander comment Moché écrivit(6) “ et on l’enterra ” avant que ceci ne se passe concrètement. Par ailleurs, il écrivit aussi(6) “ et il mourut ”, mais, à ce propos, il a déjà été expliqué qu’il avait alors perdu son apparence. D’après le Zohar, tome 2, page 89a, il donna son accord pour son enterrement et il parla ensuite par son âme. Vous consulterez également le Zohar, tome 1, page 27b et tome 3, page 280a. 3.

Le Séfer Torah fut écrit de manière inhabituelle, avec des larmes, selon le Assara Maamarot ou bien en animant la plume, d’après le ‘Hatam Sofer, citant le Chneï Lou’hot Haberit. Mais, il est difficile d’accepter qu’une telle manière d’écrire soit cachère. Car, Dieu lui dit : “ prends ce Séfer Torah ” et l’on pourrait donc penser qu’il en serait systématiquement ainsi.

D) Il est dit également que les portes de la maison d’étude furent fermées à cause du décès de Moché. Vous vous demandez donc comment l’on peut adopter une pratique ostensible de deuil pendant le Chabbat et pourquoi l’on en fait de même, à l’heure actuelle.

Voici ma réponse :

Nos Sages ont fixé que l’on suspend la maison d’étude d’un Sage qui quitte ce monde. Les deux affirmations(7) à la fois émanent d’eux. Pour reprendre votre argumentation, vous auriez du vous interroger à propos de la lecture de Tsidkate’ha(8) qui est, selon le Zohar et les propos de nos Sages, une formule d’acceptation de la sentence(9), que l’on ne peut donc réciter dès la veille du Chabbat, dans l’après-midi. Il s’agit, là encore, d’une décision spécifique(10).

Notes

(1)

Le Rav A.D. Hecht. Voir, à son propos, la lettre n°190. (2)

En mettant en pratique les Injonctions divines et, parallèlement, en servant l’idole du Baal. (3)

Faire du bien, Gomel, est de la même étymologie que le chameau, Gamal. (4)

1927, du précédent Rabbi. (5)

Ce qu’il ne pouvait faire, bien évidemment, pendant le Chabbat. (6)

Sur son propre compte. (7)

L’interdiction d’adopter une pratique de deuil pendant le Chabbat et la nécessité de le faire, pour un Sage, dans sa maison d’étude. (8)

Pendant la prière de Min’ha du Chabbat. (9)

De la part de celui qui est frappé par le deuil et qui, de ce point de vue, n’a pas sa place pendant le Chabbat. (10)

Et les Sages qui interdisent les pratiques de deuil pendant le Chabbat ont eux mêmes instauré la lecture de cette formule, pendant le Chabbat.

Lettre n°925

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°925, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Adar Richon 5711,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

comparable au Sinaï et déracinant les montagnes,

présentant la Torah et la commentant, recherchant

le bien de son peuple, le Rav I.A. Halevi(1),

Grand Rabbin,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, par différentes sources, que des élections pourraient avoir lieu en Terre Sainte.

En considérant la situation actuelle en Erets Israël et, en particulier, les résultats des élections municipales qui ont eu lieu dernièrement, de même que les informations que j’ai obtenues sur ce qui se passe et qui me paraissent exactes, il me semble que les partis religieux et ceux du Judaïsme orthodoxe ne sont pas suffisamment organisés pour que l’on puisse espérer que leur représentation à la Knesset soit meilleure, dans le cadre d’élections qui se tiendraient prochainement. C’est malheureusement le contraire qui est vrai.

Vous trouvant sur place, vous avez sûrement une connaissance encore plus claire de la situation et vous déciderez donc également que, pour le bien du Judaïsme orthodoxe et selon son optique, le moment n’est pas propice pour des élections générales, même si un certain parti pourrait peut-être en sortir vainqueur.

Je suis sûr que ces nouvelles sont seulement des stratagèmes et des menaces, pour que les problèmes liés à l’éducation trouvent leur solution, mais que l’on ne pense pas vraiment organiser des élections. A n’en pas douter, il n’en résultera aucune concession pour tout ce qui touche au Judaïsme.

Selon ces nouvelles, bien que cela ne soit pas encore parfaitement clair, telle est également la position du Mapaï(2) et l’on peut donc penser que ces élections n’auront pas lieu.

Il est inutile de préciser que, si ces élections sont inévitables, il est absolument indispensable qu’il y ait un front religieux uni(3).

En fonction de tout cela, je vous ai adressé un télégramme et je vous remercie d’avance de bien vouloir me communiquer votre opinion et me dire ce que vous faites, dans ce domaine.

Avec ma bénédiction,

De manière plaisante, je disais que la nécessité et le danger d’un front uni posent le même problème que la distinction entre le quantitatif et le qualitatif. On peut le déduire de ce qui est expliqué à propos des malheurs. L’Admour Hazaken dit, au septième chapitre d’Igueret Hatechouva, à la page 97b que plusieurs(4)... obscurcissent autant(5) et même encore plus.

On connaît l’explication du Ran, à la fin du dernier chapitre du traité Yoma et la décision hala’hique de l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 328, paragraphe 16. Le Léka’h Tov, du Rav I.Engel, au principe 15, cite plusieurs exemples, à ce propos.

Bien évidemment, plusieurs distinctions doivent être faites, à ce propos, mais nous ne les introduirons pas

ici.

Notes

(1)

Le Rav Its’hak Aïzik Halevi Herzog, grand Rabbin Ashkénaze d’Israël. Voir, à son propos, les lettres n°760 et 1031. (2)

Le parti travailliste. (3)

Voir, à ce propos, les lettres n°1032, 1043, 1047, 1098, 1109 et 1110. (4)

Fautes de moindre gravité. (5)

Qu’une faute grave.

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